Pluie de frappes américaines en cours contre l'Iran - 08/07
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
On va retrouver Axel Meunier du côté de Washington ce soir, Axel, parce que l'armée américaine confirme ce soir avoir lancé de nouvelles frappes contre l'Iran et Donald Trump promet ce soir de faire bien pire si l'Iran réplique.
Effectivement, après les frappes d'hier soir, Donald Trump avait prévenu qu'il y en aurait de nouvelles, de plus fortes ce soir. Pete XS, son secrétaire à la guerre, avait même estimé que l'armée américaine était en position de frapper. Et tout à l'heure, le CENCOM, c'est-à-dire le commandement central de l'armée américaine, a confirmé que les frappes avaient été menées et que le but de ces frappes, c'était clairement d'empêcher le régime iranien de bloquer l'accès au détroit d'Hormuz.
Alors dans le détail, d'après la presse américaine, les cibles qui ont été visées, ce sont des radars côtiers, ce sont également des positions de missiles anti-navirs, des systèmes de défense anti-aérienne, tout ça pour empêcher les Iraniens de travailler autour du détroit d'Hormuz, tout ça pour les empêcher de bloquer le détroit. C'était pourtant l'une des conditions du mémorandum d'entente, c'est-à-dire que l'accès par ce détroit soit facilité, soit totalement libre. On voit désormais qu'on revient quasiment au point de départ avec ces nouvelles frappes. Les Iraniens et les Américains repartent dans les hostilités. Pour autant, est-ce la guerre qui reprend ? Donald Trump le dit.
Non, ce n'est pas le cas. Tout cela va finir très vite. Mais alors comment ? Pourquoi aujourd'hui, ici à Washington, tout le monde s'inquiète de savoir si Donald Trump a réellement un plan d'action ? Que veut-il faire ? Il a sans doute aussi dit cette phrase parce qu'il estime que les marchés qui ont vu s'envoler les prix du pétrole ce matin après ces déclarations belliqueuses, eh bien ils avaient besoin d'être rassurés. Bref, on a le sentiment d'un déjà-vu, d'un retour à une situation d'il y a quelques semaines, voire quelques mois, quand les deux pays n'étaient pas d'accord et qu'ils continuaient à mener des hostilités. C'est la situation ce soir. Est-ce que ça va aller plus loin ?
Il faudra surveiller les demandes, les actions et surtout les déclarations de Donald Trump.
Axel Monnier en direct de Washington. Lisa Def, le récapitulatif ce soir de ce qui s'est passé ces dernières heures, justement. Ce que l'on sait, c'est que les États-Unis ont commencé à mener des frappes contre l'Iran pour empêcher les Iraniens de menacer la liberté de navigation dans le détroit d'Hormuz. Il y a eu plusieurs explosions entendues à Chabar, notamment à Konarak, à Bandarabas ou à Syri. Tout est au sud de l'Iran, donc à proximité du détroit d'Hormuz, évidemment. Un haut responsable américain dit que les attaques sont plus étendues et plus puissantes que celles d'hier. Les cibles ce soir incluent notamment les radars côtiers des gardiens de la Révolution.
Il y a aussi des positions de missiles antinavires et des systèmes de défense aérienne. Et à l'instant, un responsable américain affirme à CNN que oui, le cessez-le-feu avec l'Iran officiellement a au moins cessé temporairement. Oui, c'est ce que disait Trump cet après-midi. Le cessez-le-feu s'est terminé avec nous. Le général Sidos, Ulysse Gosset, Bertrand Gallichet, Elza Vidal, merci à tous les quatre de nous avoir rejoints ce soir avec cette actualité qui évidemment nous bouscule. Ulysse Gosset, est-ce que ce soir, Trump dit cessez-le-feu terminé ? On a cette pluie de frappes ce soir contre l'Iran. Est-ce que ce soir, c'est le retour de la guerre sous une forme ou sous une autre ?
Non, mais c'est la violation importante du cessez-le-feu. Souvenez-vous, c'était à Versailles le 17 juin dernier lorsque Donald Trump a signé ce fameux mémorandum. Ce n'était pas un accord de paix, c'était vraiment un protocole d'accord. Eh bien, cet accord qui prévoyait un cessez-le-feu de 60 jours n'a pas duré plus de 21 jours. Et donc, c'est la reprise des affrontements, durs d'ailleurs, puisque les Iraniens ont commencé les premiers en frappant trois navires au début de la semaine, dont un pétrolier saoudien. Ça n'a pas du tout plu à Donald Trump qui a donné l'ordre de riposter. Première riposte dans la nuit dernière et deuxième riposte ce soir, beaucoup plus importante.
Donc, le risque, c'est l'escalade. Est-ce que l'Iran va à son tour réagir ? Les Américains parlent de représailles après l'attaque de navires commerciaux. C'est une façon pour les Américains d'affaiblir les capacités iraniennes qui cherchent évidemment à garder le contrôle du détroit d'Hormuz. Et c'est là le nœud de ce qui se passe aujourd'hui qui contrôle le détroit d'Hormuz. Les Iraniens disent c'est nous. Les Américains disent nous voulons que la liberté soit totale. Et c'est la raison pour laquelle il y a eu ces attaques réciproques qui ont fait des morts côté iranien. Et ce soir, pas mal de dégâts sur les côtes de l'Iran.
Général Sidos, on a bien vu ces dernières heures, cette escalade, y compris dans les mots. Les Iraniens disant vous nous touchez une fois, on vous touche deux fois. Trump disant vous nous touchez une fois, on vous touche dix fois. Jusqu'où ça peut aller ? Et est-ce que ça peut nous entraîner et les entraîner jusqu'à la guerre précisément ?
Alors là, on reproduit un peu le modèle qu'il y a eu le 25 et le 28 juin déjà. C'est exactement le même modèle. Des bateaux qui passent pas très loin de la côte d'Omane. Les Iraniens qui tirent dessus parce que c'est pas leur couloir. Ils veulent pas que des bateaux passent là. Et les Américains ripostent. Et ça dure deux jours. Et ça dure deux frappes. Là, on est à la deuxième frappe. S'il y avait une troisième frappe, ce serait intéressant. Là, ce serait nouveau. Mais effectivement, je trouve qu'il y a une petite extension des zones de frappe. Le long de la côte iranienne. Pas très loin. Le port de Chabar n'est pas très loin de la frontière avec le Pakistan.
Et j'avais jamais vraiment entendu parler de ce port qui avait été frappé. Je l'avais repéré parce qu'en fait, il y a un éleoduc qui va vers la Caspiègne. Il y a une base aérienne. C'est une grande baie. Il y a des petits bateaux. Effectivement, il y en a beaucoup. Il y a une base aérienne. Donc voilà, c'est un nouvel objectif. C'est ça qui est intéressant. Plus l'île de Cargue qui a été frappée hier également.
Alors, l'île de Cargue, justement, il y a ces menaces américaines, Elsa Vidal, évidemment, dans la bouche de Trump, qui a menacé justement Cargue, encore une fois, cet après-midi. Alors, on reprend des vieilles logiques qu'on avait dans cette guerre il y a quelques semaines ou quelques mois encore. Menace contre l'île de Cargue. On peut frapper, tout raser, sauf le carburant, disait-il. On peut prendre l'île de Cargue.
Notamment, les villes et les ports qui sont frappés servent à l'exportation des hydrocarbures. Donc, le message est très clair. Si vous empêchez la navigation même dans le couloir d'Omane, alors vous perdrez votre capacité. Et bien sûr, il faut qu'il y ait le risque d'un dérapage et d'un dommage supérieur pour essayer de calmer cette vindicte quand même iranienne au terme des obsèques de l'ayatollah Khamenei, qui se sont accompagnés d'une exaltation sur le terme de l'Iran à remporter cette guerre. Et donc, peut-être, ce qui explique aussi une poussée dans le Détroit pour simplement encore renforcer cette perception victorieuse.
Et il est très important que les États-Unis puissent, du point de vue de Donald Trump, mettre un point à cette tentative de passage en force. Parce que c'est déjà reproché à Donald Trump, finalement, d'avoir signé un cessez-le-feu, beaucoup trop favorable aux Iraniens. Donc là, il tient aussi une bonne occasion pour rétablir un peu les deux plateaux de la balance.
– Rééquilibrer les choses, effectivement. Trump, qui est toujours aussi difficile à lire, Bertrand Gallichet, qui menace tous azimuts, encore une fois, cet après-midi, qui traite les Iraniens d'idiots, de rebuts, de malades. Il a employé tous les termes cet après-midi. Il dit, il va y avoir des frappes, ça sera terrible, mais ça ne va pas durer.
– Oui, je crois que c'est cette dernière phrase qui est la plus intéressante, finalement, la plus significative, et c'est celle qu'il faut retenir. Pourquoi ? Parce qu'on voit bien quand même que ces frappes, elles sont punitives, c'est une riposte, c'est une façon d'amoindrir, finalement, les capacités de nuisance de l'Iran dans cette région du détroit d'Hormuz et au nord du golfe d'Omane, c'est-à-dire sud de l'Iran, là où il y a encore beaucoup de moyens, semble-t-il, de défense antiaérien et de moyens d'attaquer les navires qui passent.
Mais si on regarde la situation ce soir, finalement, d'abord, tous les pays de la région ont signalé qu'ils étaient contre une reprise des hostilités, il y a le Pakistan, il y a l'Inde, etc., sans compter les organisations internationales comme les Nations Unies, naturellement, qui s'en émeuvent. Mais si on regarde la situation, où en est-on en réalité ? Eh bien, Trump ne peut pas prendre le risque d'un nouveau blocage du détroit d'Hormuz.
Et je pense que c'est ce qui explique cette dernière phrase, parce qu'on voit déjà que le prix du Brent commence à remonter et surtout, les assureurs considèrent toujours que c'est une zone de guerre et tant qu'il y aura des attaques contre des pétroliers, eh bien, il n'y aura plus de tentatives pour franchir le détroit. Ça veut dire toutes les conséquences que l'on a connues jusqu'à présent. C'est extrêmement dommageable pour Donald Trump. Il est un peu coincé, finalement, ce soir.
Et on voit précisément que le pétrole avait bien baissé. On était descendu en dessous de 80 dollars le baril. Et avec ce qui se passe là, il a repris 6% aujourd'hui.
Oui, on approche à nouveau des 80 dollars. Donc, pour Trump, c'est embêtant, effectivement, parce que ça va rejaillir, évidemment, sur les prix du pétrole à la pompe aux États-Unis, mais aussi en Europe et en France. Donc, c'est problématique parce que cette guerre, elle coûte cher. Le Congrès américain a déjà demandé un surplus de 70 milliards de dollars pour financer cette guerre. Ce soir, on est dans un nouveau face-à-face, en réalité. Chacun montre ses muscles. Il faut rappeler que Trump a ordonné ses frappes alors qu'il était encore au sommet de l'OTAN, qui avait lieu en Turquie aujourd'hui. Donc, qu'est-ce qu'il veut, Trump ? Il veut montrer ses forces.
C'est lui le patron, c'est lui le boss, c'est lui qui dirige l'Alliance. Et du côté iranien, ce que disait Elza est très juste, les funérailles de l'Aïtana Khamenei, qui a été tué le premier jour de la guerre, pour l'Iran, c'est une forme d'acte de vengeance qui se déclare aujourd'hui en disant qu'on ne laissera pas les Américains contrôler Hormuz. Une dernière chose, vous parlez du prix du pétrole. Les Américains ont révoqué l'autorisation d'acheter du pétrole iranien. Et ça, pour l'Iran, c'est catastrophique.
C'est pourtant ce qui était prévu dans l'accord signé il y a 21 jours.
Oui, mais justement, le cessez-le-feu, c'est fini, sans doute va-t-il revenir, mais le business aussi est menacé. Ce qui, sans doute, veut dire que de chaque côté, après cet exercice de force, on va être amené à revenir à des propos plus raisonnables, du moins on l'espère, et peut-être à une accalmie. C'est ce que toute la région réclame.
Sauf qu'en attendant, et on voit ces images qui défilent, et on va les revoir, Général Sidos, ces images de frappes, de dégâts causés à l'intérieur de l'Iran, ce sont des frappes et des images qui sont postées par Donald Trump, repostées par Donald Trump. Il veut montrer ça ce soir. Il veut montrer ce que l'armée américaine est capable de faire à l'Iran ce soir.
L'armée américaine ne peut pas rester sans rien faire. Les États-Unis ne peuvent pas rester sans rien faire. Quand il y a un bateau du Qatar et un bateau saoudien qui sont touchés dans une zone qu'ils veulent contrôler, c'est celle du Project Freedom à l'origine, qu'ils ont tenté de contrôler. Donc c'est un petit peu leur zone, entre guillemets. Donc ils ne peuvent pas le tolérer, bien évidemment. Mais bon, jusqu'où iront les frappes ? Deuxième frappe, peut-être une troisième série, pourquoi pas ? Effectivement, là, ce serait une escalade intéressante à observer. Donc moi, j'attends la troisième série de frappes, mais je pense que ça s'arrêtera.
Parce que Trump, effectivement, bizarrement l'a dit, ça ne va pas durer. Et le ministre de l'affaires étrangère iranien a téléphoné au Premier ministre Qatari pour dire qu'il faut baisser la tension. Je vous donne la parole dans un instant, El Zabital.
Simplement, en général, sur ce qui est visé par les Américains, alors on fera le bilan de dernière frappe, mais sur les bilans de ces dernières heures, ce que disait le secrétaire d'État à la guerre, c'était de dire, en gros, on a visé tout ce que les Iraniens pensaient avoir reconstruit autour du détroit d'Harmouz. Des postes radars, des postes de contrôle, etc. Tout ce qu'ils pensaient avoir reconstruit ces 21 derniers jours, voilà ce qu'on a silué ces dernières heures. La logique militaire américaine, elle est là ce soir.
Oui, mais ce qui est le plus surprenant, c'est que les Iraniens aient la capacité de se renouveler sans arrêt. Ça fait quand même deux, trois mois que ça frappe régulièrement, et en particulier dans la zone d'Harmouz, toujours sur les mêmes sites militaires. Attention, les Américains précisent bien, Sainte-Comme précise bien, batterie de défense antiaérienne, site radar, site d'observation, petit bateau, etc. Et ça continue à frapper, ça frappe, ça frappe. Soit les Iraniens ont des réserves gigantesques, soit les Américains tapent progressivement, je dirais, pour garder quelque chose sous la main, pour dire j'ai encore quelque chose à détruire.
Il y a un drôle de jeu qui se fait entre les deux, en fait. Il y a un dialogue, en fait, qui semble faire partie des négociations. Oui, un dialogue des armes en ce moment, mais la négociation, curieusement, continue. Et la question qui est posée à Genève, et la question qui est posée, c'est qui va l'emporter et qui va décider, finalement, de se remettre à négocier sérieusement ? Elsa ? Une phrase pour dire que pendant la guerre, avant le cessez-le-feu, Sencom revendiquait la présence de 11 navires de guerre dans la région. Actuellement, Sencom revendique la présence de plus de 20 navires de guerre.
Donc c'est un paradoxe, tout de même, qu'on se trouve dans une situation d'accumulation d'armes pendant le cessez-le-feu, bien plus que pendant la guerre.
Et pendant, d'un mot, Bertrand Gallichet, pendant que les négociations, malgré tout, continuent ? Qu'à un cas ? Il y a un dialogue qui se poursuit entre les deux ?
Oui, le dialogue se poursuit, mais avec un problème pour les Américains, c'est qu'ils ne savent pas trop, finalement, et toujours pas, qui pilote l'Iran aujourd'hui. Et la réalité, c'est que, vous savez, il y a des groupes qui sont rivaux, qui sont concurrents entre les gardiens de la révolution, l'entourage du guide, s'il est toujours vivant, plus tous ceux qui sont, finalement, au cœur de la machine économique iranienne et qui perdent de l'argent à cause du pétrole aujourd'hui et qui parient sur l'avenir. Et c'est aussi ce qui fait penser, quand même, que les négociations avec ces interlocuteurs-là ou d'autres vont finir par reprendre de façon beaucoup plus sérieuse.
C'est que personne n'a intérêt, finalement, à une escalade et que, pour l'instant, cette escalade, elle reste limitée. On le voit malgré les effets d'annonce du côté des Américains. Ulysse, vraiment, d'un mot ? Le Charles de Gaulle n'est plus sur zone. Le président l'a confirmé. Le Charles de Gaulle, le porte-avions français, va rentrer dans sa base. Mais il y a toujours des frégates françaises et des chasseurs de mines qui vont continuer à déminer le golfe.
Lisa, Def, on refait le point sur les frappes des dernières heures ? Oui, les États-Unis ont donc frappé l'Iran pour empêcher les Iraniens de menacer la liberté de navigation dans le détroit d'Hormuz. Plusieurs explosions ont été entendues, notamment dans les villes de Chabar, à Konarakh, à Bandarabas ou encore à Syriq. Tout ça, ça se trouve au sud de l'Iran, à proximité du détroit d'Hormuz. Les cibles ce soir incluent notamment les postes radars sur les côtes des gardiens de la Révolution, dépositions de missiles, antinavires et des systèmes de défense aérienne. Et selon plusieurs responsables américains, ces attaques sont plus étendues et plus puissantes que celles d'hier.
Et la situation est très évolutive, puisque Donald Trump dit déjà ce soir que si l'Iran réplique, la situation sera bien pire.