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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 9 décembre 2021 58 minContradictoireActualité / polémiqueSantéDéfenseÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Contre-matinale #52 | Hidalgo-Montebourg, hôpital public, vente d’armes

Source d'origine 6 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 13 %Attaque 60 %Défensif 27 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 7:49OuverteRéponse directe

    Vous avez adressé un message d'inquiétude au peuple de gauche, pourquoi ?

  • 9:21RelanceRéponse partielle

    Anne Hidalgo a changé d'avis sur la primaire citoyenne, qu'en pensez-vous ?

  • 14:10ComplaisanteRéponse directe

    Comment vas-tu et quel temps fait-il à Rennes ?

  • 14:29OuverteRéponse directe

    Tu voulais nous parler d'une actualité d'Extinction Rebellion en Bretagne ?

  • 21:59OuverteRéponse partielle

    Comment a-t-on pu arriver à une telle situation à Châtellerault ?

  • 26:56OuverteRéponse directe

    Si je comprends bien, l'hôpital de Châtellerault a fusionné avec le CHU de Poitiers ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 7:28Invité politiqueFait
    « Je refuse la fatalité des cinq candidatures de gauche lorsque toutes les autres familles politiques sont quasiment réunifiées derrière la leur. »
  • 7:49Invité politiqueFait
    « Oui, j'ai adressé au peuple de gauche une sorte de message d'abord de grande inquiétude, car nous sommes, je crois, dans un péril politique. »
  • 8:04Invité politiqueFait
    « Le meeting de Villepin de M. Zemmour était une démonstration de force et nous voyons aujourd'hui l'extrême droite aux portes du pouvoir. »
  • 10:16PrésentateurChiffre
    « Les candidats dits de gauche cumulent 24% d'intention de vote au premier tour. »
  • 10:38PrésentateurChiffre
    « Il faut tout de même relativiser ces sondages, ces pourcentages intégrés la marge d'erreur entre 1,4% et 3%. »
  • 12:07PrésentateurFait
    « En gros, ceux qui n'atteignent pas d'ici quelques semaines, 8% dans les sondages n'auront pas de prêts. »
  • 15:22Invité politiqueChiffre
    « François Pinot, c'est un ultra-rich homme d'affaires et on estime sa fortune, enfin Wikipédia, entre 25 et 35 milliards d'euros. »
  • 27:29Locuteur non identifiéFait
    « le début de la dégradation a vraiment été déclenché par la tarification à l'acte »
  • 34:10Invité politiqueFait
    « la France vient au juste de sceller avec les Émirats arabes unis la vente de 80 avions rafales et de 12 hélicoptères »
  • 34:25Locuteur 5Fait
    « est-ce que la France peut rester passive dans la région ? non je ne crois pas »
  • 34:37InvitéChiffre
    « qui viennent d'acheter pour 17 milliards d'euros 80 rafales et 12 hélico »
  • 35:12Locuteur non identifiéFait
    « Disclose a obtenu des centaines de documents secrets issus du plus haut sommet de l'Etat »
  • 35:25Locuteur non identifiéFait
    « cette fuite sans précédent révèle les dérives d'une opération de renseignement clandestine en Egypte »
  • 35:44Locuteur non identifiéFait
    « va en réalité servir à bombarder des civils par centaines »
  • 35:48Locuteur non identifiéFait
    « dont la présidence de la République a été constamment informée »
  • 36:46Locuteur non identifiéFait
    « c'est aussi une puissance militaire elle a un siège de membre permanent au conseil de sécurité de l'ONU »
  • 36:53Locuteur non identifiéFait
    « elle est en intervention quasi permanente à l'extérieur donc en guerre depuis la fin de la seconde guerre mondiale »
  • 37:22Locuteur non identifiéFait
    « l'industrie militaire il y en a une partie faisait partie des anciens arsenaux d'État aujourd'hui plusieurs industriels sont possédés pour partie par l'État français »
  • 37:34Locuteur non identifiéChiffre
    « c'est le cas de Naval Group par exemple avec environ 60% des parts »
  • 38:12Locuteur non identifiéFait
    « c'est le cas par exemple de Patrice Kane qui est le PDG de Thales »
  • 38:30Locuteur non identifiéFait
    « c'est bien le gouvernement qui donne les licences d'exportation »
  • 50:57Locuteur non identifiéFait
    « sur la période 2011-2020 parmi les 5 premiers acheteurs de matériel militaire français on retrouve le Qatar, les Émirats Arabes Unis, l'Arabie Saoudite et l'Egypte »
  • 51:18Locuteur non identifiéChiffre
    « sur la même période représentent un peu moins de la moitié du chiffre d'affaires des exportations d'armement à l'export »

Temps de parole

  • Locuteur non identifié42 %
  • Présentateur38 %
  • Invité politique12 %
  • Invité5 %

1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:05
Présentateur

Salut à toutes et à tous et bienvenue sur le plateau du Média TV. Nous sommes le jeudi 9 décembre et nous sommes ensemble pour une bonne heure d'information, à un moment particulier de l'histoire de France où l'actualité s'accélère sur les fronts politiques et sociaux. Nous sommes le jeudi 9 décembre et nous sommes au deuxième jour de notre campagne de levée de fonds de fin d'année. C'est une campagne cruciale, déterminante, dont le succès nous permettra, j'espère, de commencer l'année 2022 sans crainte pour notre survie, car cette survie est chaque jour menacée. Du coup, je ne résiste pas à l'envie de vous diffuser notre premier clip de campagne que certains d'entre vous ont déjà vu hier.

0:46
Invité politique

Bonsoir Eric Zemmour. Bonsoir. Marine Le Pen, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin, vous êtes candidate à l'élection présidentielle.

0:52
Invité

Il ne faut certainement pas accueillir ces migrants, donc beaucoup sont potentiellement dangereux. On les laisse mourir de froid derrière les barbelés. Bien sûr que oui, mais bien sûr que oui. Il faut que la police tire à balles réelles. Ça ne rigole plus là. Reculez, reculez.

1:11
Présentateur

Salut à vous les matinaux qui nous regardez en direct.

1:13
Invité

Bonjour à toutes et tous, quel plaisir de vous retrouver.

1:16
Présentateur

Nous sommes sur le Média TV et c'est l'heure de la contre-matinale. Elle n'est pas Mimi, notre petite autopromo qui se termine par des messages encore plus mimi de ceux qui nous écoutent, nous regardent et nous aiment. En tout cas, tout ça, ça donne du courage pour se mettre à l'ouvrage. La contre-matinale du Média, épisode 52, c'est parti. Aujourd'hui, nous avons plusieurs sujets à développer. Avec notre journaliste Lisa Lap, nous parlerons de la casse de l'hôpital public en partant d'une actualité locale, la fermeture du service cardiologie de l'hôpital de Châtellerault dans le département de la Vienne.

Avec la journaliste indépendante Eva Thiebaud, nous oserons poser une question dérangeante. Le président de la République française, Emmanuel Macron, en ce moment donc, est-il structurellement, en raison de son statut de protecteur du lobby militaro-industriel de notre pays, un cynique marchand de morts. Bien entendu, nous parlerons aussi de l'actualité politique de ces dernières heures, les sorties d'Arnaud Montebourg et d'Anne Hidalgo en faveur d'une candidature unique de gauche. Quel jeu joue-t-il ? Quelles conséquences leur semi-retrait de la Cour seront-t-elles ? J'en dirai quelques mots, mais pour l'instant, c'est la titrologie.

Une décalée et actue catho à la une de la Croix, on s'y attend, mais aussi de libération. C'est un peu plus surprenant. Notre-Dame de Paris, les enjeux d'une rénovation contestée titrent la Croix. Après l'incendie de la cathédrale, c'est aujourd'hui que le diocèse de Paris présente son projet d'aménagement liturgique que nous apprend la Croix, un aménagement à l'esprit plus participatif que rejettent pourtant les défenseurs de la tradition qui veulent s'en tenir à la fidélité de la restauration effectuée au XIXe siècle par l'architecte Eugène Violet-le-Duc. Bref, l'éternelle bataille des anciens et des modernes.

Même type de bataille rangée, toujours dans la sphère catholique, entre adversaires et partisans de la musicienne Anna von Hauswolf, organiste scandinave appréciée par les fans de pop et dead metal, mais accusée de satanisme. Doit-elle se produire ou non dans les éclises à Nantes et à Paris ? En tout cas, elle y a renoncé. Au vu des pressions, ce qui amène libération à titrer, concert annulé, les cathos ultra ressuscitent la censure. Obligation vaccinale, le grand débat européen titre le monde alors que la présidente de la Commission européenne trouve cette solution appropriée.

L'Autriche, la Grèce et la Pologne ont en tout cas déjà sauté le pas tandis que l'Allemagne met la question en débat au sein du Parlement. Samedi, cela fera 20 ans que la Chine est entrée dans l'Organisation mondiale du commerce et a donc intégré la mondialisation néolibérale. Et du coup, la Chine est présente à la une du monde justement, mais aussi des échos et de l'humanité. Les 20 ans qui ont propulsé la Chine titrent le monde qui inaugure une série en 5 épisodes avec un reportage sur Foshan, la ville-usine qui rêvait de haute technologie. 20 ans qui ont changé la Chine titre les échos en constatant que ces 20 dernières années ont consacré la Chine comme superpuissance mondiale.

Une superpuissance qui a à la fois provoqué des pertes d'emplois considérables et des baisses de prix de produits de consommation courante en Occident. S'il y en a un qui ne fête pas cet anniversaire de l'entrée de la Chine dans l'OMC, c'est le numéro 1 américain Joe Biden. Ce dernier organise en effet un sommet pour la démocratie dont sont exclus des pays comme la Chine, la Russie et la Hongrie, mais où sont présents des alliés des États-Unis dont les systèmes sont assez éloignés des standards démocratiques des pays comme le Pakistan ou les Philippines de Rodrigo Duterte. La conclusion de l'UMA se trouve à sa une. Sommet pour la démocratie, une guerre froide, version Joe Biden.

Le président États-Unis entend redéfinir la ligne de partage des relations internationales, écrit l'UMA, qui ajoute « pour contrer la montée en puissance de la Chine ». J'ai retenu deux titres aujourd'hui, celui de Mediapart, néo-nazi dans l'armée, l'insupportable laissé-faire du ministère, une enquête glaçante dont, je vous lis le chapeau, un militaire néo-nazi dont le cas avait été évoqué il y a huit mois par Mediapart, a été interpellé en novembre par des douaniers. L'armée, elle, ne l'avait sanctionné que de 20 jours d'arrêt.

Ce cas pose une nouvelle fois la question de la grande tolérance de l'institution vis-à-vis des militaires fascinés par le Troisième Reich, d'autant plus que Mediapart a encore découvert de nouveaux cas. Et aussi ce titre du média des luttes sociales, rapport de force. Si les travailleurs sociaux s'arrêtent, le pays s'arrête. Le travail social était en grève nationale avant-hier, à martini. 7 décembre, ils travaillent dans les univers du handicap, de l'hébergement, de la précarité, de la protection de l'enfance et leur revendication numéro un est la revalorisation des salaires extrêmement bas qu'ils ont.

Pour finir, ce dessin d'humour d'un de nos sociaux, dit dessin d'humour, nous a fait sourire. On y lit une info, 50% des logements loués en France appartiennent aux 3,5% les plus riches. Et on y voit un Richard porté par des forçats et dont le carrosse déborde de billets qui réagit. On peut parler plutôt de l'immigration. C'est plus porteur. Un sujet qui est très peu présent à la une de la presse d'aujourd'hui, notamment parce qu'il s'agit d'un feuilleton en accéléré qui a démarré en fin de journée, hier, c'est le coup d'éclat d'Arnaud Montebourg et de Anne Hidalgo qui étaient jusqu'ici des candidats à la présidentielle de 2022, et de des candidats assurés d'aller jusqu'au bout.

Tout commence par une adresse au peuple de gauche signée par Arnaud Montebourg et postée sur les réseaux sociaux en fin d'après-midi. « Je refuse la fatalité des cinq candidatures de gauche lorsque toutes les autres familles politiques sont quasiment réunifiées derrière la leur. » écrit Montebourg, qui se dit même prêt à offrir sa candidature. L'ancien ministre de François Hollande précise sa pensée plus tard sur France Info, avec la grande éloquence qu'on lui connaît.

7:49
Invité politique

Oui, j'ai adressé au peuple de gauche une sorte de message d'abord de grande inquiétude, car nous sommes, je crois, dans un péril politique. Le meeting de Villepin de M. Zemmour était une démonstration de force et nous voyons aujourd'hui l'extrême droite aux portes du pouvoir.

8:15
Présentateur

Montebourg sacrifie donc son ambition à un idéal plus grand que lui, un idéal qui s'appelle la gauche. Le même Montebourg mettait pourtant en cause il n'y a pas si longtemps le clivage gauche-droite, imaginant un arc souverainiste avec Xavier Bertrand, s'entourant de sarkozistes et plaidants pour un arrêt des transferts d'argent familiaux pour punir les pays refusant d'appliquer les obligations de quitter le territoire français. Quelques heures plus tard, c'est Anne Hidalgo, maire de Paris et candidate désignée par le Parti Socialiste, qui rend chéri et plaide pour la mise en place d'une primaire citoyenne à gauche.

8:52
Locuteur non identifié

Cette gauche fracturée,

8:54
Invité

cette gauche qui aujourd'hui désespère beaucoup de nos concitoyens, doit se retrouver, se rassembler, se rassembler pour gouverner. Et la conséquence que j'en tire, c'est qu'il faut organiser

9:06
Locuteur non identifié

une primaire de cette gauche, arbitrée par nos concitoyens. Je sais qu'ils seront très nombreux, très très nombreux à vouloir y participer parce qu'ils souhaitent retrouver l'espoir. Et moi, j'ai pris acte de cette situation.

9:21
Présentateur

Le problème, car il y a un problème, c'est que quelques heures plus tôt, sur France 2, Anne Hidalgo disait exactement le contraire.

9:29
Locuteur 5

Mais vous savez très bien qu'aujourd'hui,

9:33
Invité

une union qui serait perçue comme artificielle parce qu'il y a des candidats qui, depuis très longtemps, sont déclarés, ne fonctionnerait pas. Ce qu'il faut, c'est revenir par les questions de fond.

9:45
Locuteur non identifié

Quel est le projet qu'on propose aux Français ?

9:47
Présentateur

L'autre problème, c'est qu'Anne Hidalgo a été imposée comme candidate par une direction du PS qui a combattu de toutes ses forces l'idée d'une primaire ouverte comme celle de janvier 2017 qui avait vu la consécration de Benoît Hamon. Qu'est-ce qu'il s'est donc passé pour que Montebourg et Hidalgo, comme dans une chorégraphie, opèrent une telle virevolte ? Au média, nous en reparlerons. Mais on peut l'expliquer par trois facteurs. Les sondages, le temps et l'argent. Les sondages d'abord, notamment un sondage Elab pour BFM TV et L'Express dans lequel les candidats dits de gauche cumulent 24% d'intention de vote au premier tour. Mélenchon est en tête avec 8%. Yannick Jadot arrive après avec 7%.

Anne Hidalgo est à 3%. Arnaud Montebourg à 2%. Philippe Poutou à 2%. Et Fabien Roussel du Parti Communiste français à 1%. Il faut tout de même relativiser ces sondages, ces pourcentages intégrés la marge d'erreur entre 1,4% et 3%. Se souvenir aussi qu'ils ne prennent en compte que ceux qui estiment à 80% au moins les chances qu'ils aillent finalement voter un biais qui amoindrit la représentation des jeunes et des classes populaires. Notez que 44% des sondés ne sont pas sûrs de leur choix. Et les sondés dont le vote est le plus cristallisé sont les partisans de Marine Le Pen à 73% et de Jean-Luc Mélenchon à 67%.

Par exemple, seuls 44% des 7% de sondés favorables à Yannick Jadot sont sûrs de leur choix. Hidalgo et Montebourg sont très en retard et le temps leur est compté. Après les fêtes de fin d'année, la campagne va s'accélérer, comme l'expliquait lors de son dernier meeting, Jean-Luc Mélenchon, dans une parabole aux références sportives. il parlait justement d'une course de fonds qui avait commencé depuis un certain temps et début janvier, la course de fonds va se transformer, disait-il, en sprint. C'est aussi dans le courant du mois de janvier que les banques vont décider ou non de soutenir les différents candidats déclarés à la présidentielle.

Les banques sont devenues frileuses depuis qu'elles savent que des gros partis peuvent, comme le PS en 2017, descendre au plus bas. Le PS qui aurait pu ne pas être remboursé de ses dépenses de campagne si Benoît Hamon n'avait pas atteint péniblement 5% des suffrages exprimés en 2017. Désormais, les banquiers regardent les sondages. En gros, ceux qui n'atteignent pas d'ici quelques semaines, 8% dans les sondages n'auront pas de prêts. Les Verts ont déjà reçu l'accord de principe du crédit coopératif. Les Insoumis galèrent, mais ils ont des discussions avancées, comme on dit. Ils ont expérimenté le financement participatif aussi avec un certain succès aux Européennes.

Montebourg est presque sûr de ne pas avoir de prêts. Et Olivier Faure est obligé de démentir notamment les informations du canard enchaîné sur les difficultés d'Anne Hidalgo sur le terrain du financement. Les banquiers demanderaient, selon un ancien socialiste devenu marcheur qui a parlé à Libé, trois sondages entre 8 et 9%. Mission impossible pour la maire de Paris qui ne cesse de s'effondrer dans les enquêtes d'opinion. La primaire citoyenne en vue d'une candidature unique est la seule possibilité pour Montebourg et pour Hidalgo d'exister à nouveau. L'espoir faisant vivre, ils peuvent toujours imaginer la gagner.

Ou alors marchander entre les deux tours s'il y en a deux, avec le gagnant, des circonscriptions en vue des législatives ou bien autre chose. Bref, on est loin, mais très loin, de l'esprit de sacrifice. Et il n'est pas certain que l'idée du tandem Hidalgo-Montebourg séduise au point de lancer un processus qui retardera la campagne active de plusieurs longues semaines alors que le temps est désormais compté. C'est d'ailleurs ce qu'a dit assez rapidement François Hollande qui aime à se présenter comme le mentor de Anne Hidalgo et qui pour une fois sera d'accord avec son vieil ennemi, Jean-Luc Mélenchon.

13:33
Invité

Une candidature d'union n'a de sens que s'il y a un programme commun. Si tous les candidats qui se désistent pour la personnalité qui pourraient les réunir partagent les mêmes propositions, les mêmes conceptions. Or on sait que ce n'est pas le cas. Ou si ça devait être le cas, ça aurait dû être préparé depuis très longtemps. Ça ne s'improvise pas. Donc je ne crois pas qu'il sera possible d'avoir une candidature unique de toute la gauche. Et je ne pense pas que par exemple M. Mélenchon veuille se mettre dans ce processus.

14:02
Présentateur

C'est désormais l'heure de la Minute citoyenne avec notre socio Jean Bourrieu de Rennes. Bonjour Jean. Bonjour Théo. Alors comment vas-tu et quel temps fait-il à Rennes ?

14:17
Invité politique

Je vais très bien mais exceptionnellement je ne suis pas à Rennes. je suis chez mon fils qui est paysan bio en Haute-Saône. Voilà. Donc le temps ce n'est pas très très très beau. Voilà.

14:28
Présentateur

Alors je voulais que tu voulais nous parler d'une actualité d'extinction rébellion et plus généralement des activistes climat et des activistes sociaux de Bretagne.

14:39
Invité politique

Oui en fait c'est une action qui est menée par le collectif de la Privalet qui regroupe déjà plein d'associations écologistes sur le secteur et qui s'est alliée pour cette action avec Extinction Rébellion Attaq Alternativa etc. Alors en fait c'est une action qui est engagée depuis un bon bout de temps et pas contre n'importe qui. D'abord contre le Stade Rennais le Stade Rennais dont vous savez peut-être qu'il est propriété de François Pinot c'est un François-Henri Pinot c'est-à-dire le fils de François Pinot.

Alors juste un petit rappel pour les gens qui ne connaisseraient pas bien François Pinot c'est un ultra-rich homme d'affaires et on estime sa fortune enfin Wikipédia entre 25 et 35 milliards d'euros il est né à Rennes alors c'est pour ça qu'il se retrouve propriétaire du Stade Rennais mais c'est aussi quelqu'un qui est PDG du groupe Kering qui est spécialisé dans le luxe et il est depuis 2003 PDG d'Artemis qui est une société familiale qui possède non seulement le groupe Kering mais aussi Château Latour Christie la compagnie du Ponant etc. et le Stade Rennais alors l'histoire c'est quoi ?

c'est que le Stade Rennais a déjà quelques terrains mis à disposition par la ville sur ce grand espace qu'est la Prévalée couvert de Prévalée c'est un grand espace avec beaucoup de zones naturelles qui fait partie de la ceinture verte de Rennes et que les écologistes avant qu'ils soient à la mairie voulaient faire une ceinture nourricière de Rennes avec tout le maraîchage de proximité etc.

et puis donc voilà que les gens le collectif de la Prévalée a appris il y a de près un an que le Stade Rennais voulait récupérer 8 hectares pour installer un stade d'entraînement et puis des équipements annexes comme il y a au foot voilà alors tout le monde a commencé à se mobiliser alors la difficulté c'est que on pourrait dire c'est le pot de terre contre le pot de fer parce que le Stade Rennais c'est quand même un pot de fer mais un deuxième pot de fer c'est la ville de Rennes et la ville de Rennes qui ne joue pas franc jeu et qui en fait négocie par derrière avec le Stade Rennais c'est pour ça que tout le monde se méfie maintenant de toute façon parce qu'on se retrouve avec des écolos qui maintenant sont élus Rennes et qui en fait font le contraire de ce qu'ils défendaient avant voilà ils ont tourné Kazakh comment ?

17:16
Présentateur

ils ont tourné Kazakh

17:17
Invité politique

ils ont tourné Kazakh oui on pourra en parler dans d'autres dans d'autres situations voilà donc il y a un an un collectif a découvert que le Stade Rennais voulait s'étendre les élus les élus de la ville de Rennes ont dit mais non rien n'a changé rien n'engagé etc donc la mobilisation a commencé avec une première plantation rébellion c'est le titre de l'action il y a un an où 300 arbres ont été plantés sur une partie des terres convoitées par le Stade Rennais avec le soutien de la ville de Rennes et puis il y a une manifestation en ville en mois d'avril qui a abouti à l'occupation d'une petite parcelle à côté du Stade Rennais et qui depuis et ça tient toujours est devenu un jade alors pas une zade un jade c'est-à-dire un jardin à défendre voilà alors aujourd'hui la ville et le Stade Rennais vivent d'avoir un peu reculé ils ont parlé de 5 hectares plus de 3 hectares et demi mais en fait lors d'un comité de gestion qui existe depuis quelques temps entre les élus rennais le Stade Rennais et le collectif de la Très-Vallée ils ont découvert que les 3 hectares et demi c'était pour tout de suite mais que derrière étaient mis en réserve et on voit on sait ce que ça veut dire tourettes c'est pour ça que le 21 novembre a eu lieu une nouvelle plantation des lions avec à nouveau 300 arbres plantés sur des parcelles donc vous voyez bien il y a une association fournie les arbres d'autres les associations organisent toute l'affaire et les gens viennent de Rennes avec pelles et pêches pour prendre des arbres et accompagnés par les bénévoles aller les planter en même temps ils leur expliquent comment on plante des arbres toutes les règles etc.

voilà alors peut-être pour terminer et dire que l'ensemble des collectifs se sont réunis donc là il y a alternatibas et on fait le 7 septembre des propositions concrètes à la ville de Rennes avec la proposition d'autres terrains qui sont des terrains des terres pauvres donc qui ne permettent pas le maraîchage d'hérosique ou des terrains qui sont déjà artificialisés aucune réponse sur ces propositions alors que c'était vraiment des propositions concrètes qui permettaient de résoudre les difficultés voilà alors si je peux me permettre sur les titres que tu as annoncés tout à l'heure j'ai encore deux secondes c'était juste de dire que là on vient de voir un retournement des socialistes on a vu en même temps là vous n'avez pas parlé de Jadot seulement de Montebourg et de Hidalgo donc retournement des socialistes Montebourg ici on ne connaît pas on connaît des gens qui portent des maillots à rayure mais on ne connaît pas de soutien seulement de vous enfin moi je n'en connais pas et par contre Jadot les écologistes élus donc soutien de Jadot sont aussi dans le retournement de veste complet dès qu'il s'agit d'une action et je ne vous ai parlé que de celle-là ce matin mais on en a quelques autres sous le coude voilà

20:31
Présentateur

ok merci beaucoup Jean on en reparlera de toute façon et bonne journée en Haute-Saône

20:39
Invité politique

il y a une vidéo complète

20:41
Présentateur

le montage voilà ok d'accord quand elle sortira on en parlera elle est sortie d'ailleurs oui elle est sortie sur la page Youtube des correspondants des sociaux correspondants de Rennes qui est disponible sur Youtube voilà je rappelle que si vous êtes sociétaire donateur ulule ou contributeur au Kepal vous pouvez comme Jean nous alerter sur les sujets qui vous tiennent à coeur ou réagir à l'actualité évoquée dans notre contre-matinale en appelant le numéro qui s'affiche à l'écran 01 48 37 33 20 je répète 01 48 37 33 20 place désormais à la chronique de notre collègue et camarade Lisa qui nous parlera de la crise de l'hôpital public vue de l'hôpital de Châtellerault dans le département de la Vienne mais regardons un petit magnéto d'introduction

21:35
Invité

il y a à peu près 15 jours un peu plus de 15 jours une camarade du syndicat CGT de l'hôpital de Châtellerault m'a contacté le soir un soir à 19h en m'expliquant qu'ils sortaient de réunion et que la direction venait de leur annoncer que le service cardiologie de l'hôpital allait fermer en fait parce que par un manque de médecins en fait il n'y avait plus de cardiologue

21:56
Présentateur

alors on vient de l'entendre Lisa le service cardiologie d'une ville de 30 000 habitants Châtellerault entre Tours et Poitiers a fermé ce vendredi 3 décembre une fermeture qui n'est pas sans conséquence une mobilisation a eu lieu samedi matin dans la ville de Châtellerault et tu reviens sur comment un bassin de 50 000 habitants peut voir son seul hôpital dépérir

22:20
Locuteur non identifié

oui comme tu viens de nous le dire en fait c'est un phénomène qui arrive partout en France qui est assez connu finalement mais ici en fait on a une ville de 30 000 habitants tu l'as dit des communes dans les 15 kilomètres alentours qui forment en tout un bassin de 50 000 habitants on se situe entre Paris et Bordeaux entre Tours et Poitiers c'est Châtellerault et certains vont se retrouver donc à 50 kilomètres du service cardiologie le plus proche de chez eux on rajoute donc 35 à 55 minutes de route en plus on peut le dire c'est révélateur vraiment d'un abandon des populations rurales des villes moyennes et des services publics

22:54
Présentateur

alors comment a-t-on pu arriver à une telle situation en tout cas là-bas ?

22:58
Locuteur non identifié

en fait la direction elle se retrouve en pénurie de cardiologues celui qui était là jusqu'alors était en contrat précaire depuis 6 ans il demandait un poste fixe qui n'a pas été accordé et il a fini par trouver une place ailleurs le service a donc fermé le vendredi 3 décembre les soignants et soignantes ont été prévenus tout juste deux semaines avant en fait la fermeture j'ai rencontré notamment Marie-Johanna Fontenot elle est infirmière et a travaillé dans le service depuis 13 ans ça a été un coup de massue alors on s'en doutait un petit peu en fait on a eu des départs de 3 médecins depuis fin août il y a eu 3 médecins qui sont partis ils sont partis parce qu'on n'a pas su les garder aussi ça il faut le dire ils ne sont pas partis pour nous abandonner et du coup avec le départ de ces 3 médecins l'activité était compliquée au sein du service d'hospitalisation toujours par rapport à la sécurité des patients donc on se doutait on espérait qu'il y aurait une réunion un jour ou l'autre mais on espérait que le CHU de Poitiers joue le jeu et l'ARS joue le jeu pour nous permettre de nous envoyer des médecins il y avait donc un médecin généraliste spécialisé en cardiologie qui était là qui n'a pas forcément été rémunéré pendant plusieurs temps qui n'a pas forcément été apprécié à sa juste valeur aussi d'un point de vue médical donc il avait alerté à plusieurs reprises de la situation du service de la charge de travail qui était énorme les 2 autres médecins aussi ont déjà craqué moralement ont déjà averti le CHU de Poitiers l'ARS comme quoi il y avait énormément de travail qui n'était pas assez nombreux il y avait toujours autant de travail mais ils étaient tout seuls donc tout seuls pour le service de cardiologie les urgences les consultations et les autres urgences aux consultations qui s'ajoutaient

24:41
Présentateur

Alors Lisa on peut voir là qu'il s'agit d'un problème un peu plus compliqué qu'une simple pénurie ou alors une sorte de problème défectif avec l'allongement d'un an d'études de médecine en cardiologie

24:52
Locuteur non identifié

Tout à fait en fait on peut voir que c'est vraiment une question de moyens à Châtelrault déjà il n'y avait pas de chirurgie cardiaque comme la pose de pacemaker etc c'était surtout des bilans cardiologiques et de l'insuffisance cardiaque la direction elle entend assurer une continuité avec un spécialiste quelques jours par semaine mais pour Marie-Johanna qu'on vient de voir les conséquences sont très graves pour les habitants et les patients Les conséquences au quotidien c'est que les gens qui seront à mobilité réduite déjà il faut être clair ils n'iront pas au CHU de Poitiers il y en a déjà la moitié qui nous disent on n'ira pas à Poitiers on a assez vécu s'il faut rester chez soi on restera chez nous donc s'ils restent chez eux il n'y aura pas de suivi il y aura forcément un décès parce que vraiment la cardiologie vraiment les trois quarts c'est des pathologies chroniques donc c'est des maladies incurables qui se soignent pour avoir une qualité de vie à domicile mais en aucun cas on peut les soigner totalement donc il y a des gens qu'on voit une fois par an après une fois tous les six mois tous les trois mois tous les mois tous les quinze jours jusqu'à malheureusement des fois le décès voilà ils n'ont pas envie d'aller au CHU de Poitiers le CHU de Poitiers est déjà submergé de rendez-vous de patients de tout le bassin Poitvin nous on a déjà tout le bassin l'eau du nez autour de Loudun qu'on avait déjà à Châtellerault donc maintenant il va y avoir Loudun et Châtellerault à Poitiers c'est impossible on le voit déjà ils ne répondent plus au téléphone parce qu'il n'y a plus assez de créneaux ils ne peuvent plus se dégager pour venir sur le centre hospitalier aux consultations donc vraiment au quotidien ça va être une catastrophe vraiment une catastrophe il faut vraiment garder ça en tête que le problème cardiaque c'est vraiment un problème en France un problème de santé et que malheureusement on a plus de chances d'en avoir un dans nos proches ou soi-même mais pour les urgences cardiologiques il faudra aller au CHU de Poitiers donc prendre l'autoroute ou la nationale il y en a pour entre 35 et 45 minutes et ça peut avoir des conséquences dramatiques des personnes qui de toute façon n'arriveront pas là-bas ou des personnes qui ne seront pas transférées parce qu'il faut aussi avoir des ambulances il faut aussi que le SAMU soit disponible il faut aussi que l'hélicoptère puisse aussi voler donc ça va être vraiment dramatique vraiment l'hélicoptère des urgences dont parle Marie-Johanna il ne peut pas voler de nuit de nuit par exemple ou par temps de pluie et puis de toute façon il n'y en a qu'un

26:56
Présentateur

alors si je comprends bien l'hôpital de Châtellerault a récemment fusionné avec le CHU de Poitiers

27:00
Locuteur non identifié

oui c'est ça en fait l'hôpital de Châtellerault enfin l'hôpital Nord-Vienne parce qu'il a déjà fusionné avec Loudun une commune alentour oui a fusionné avec le CHU de Poitiers il y a un an environ c'est la troisième fusion qu'on compte pour le CHU de Poitiers l'argument de la fusion en fait était de sauver les soins de proximité mais ici on assiste vraiment à une logique de mutualisation le réseau des hôpitaux de proximité s'affaiblit peu à peu selon la CGT que j'ai pu rencontrer le début de la dégradation a vraiment été déclenché par la tarification à l'acte on en a beaucoup entendu parler où il y a une recherche vraiment de rentabilité financière par acte médical et il faut donc multiplier les actes pour être rentable le syndicat a alerté lors de la préparation de la fusion il y a un an en voyant que ça pouvait vraiment vider les hôpitaux de proximité de leurs actes techniques pour les renvoyer au pôle des grandes villes au début c'était le laboratoire voilà des choses techniques comme je l'ai dit mais la cardiologie ça marque vraiment le début en fait du transfert du soin et la CGT dénonce le fait qu'on enlève l'essence même du soin de proximité et que même si on veut bâtir des pôles d'excellence ce qui est très bien les populations hors grandes villes en fait elles se trouvent complètement lésées de ces choses là

28:08
Présentateur

on a parlé de l'éloignement des habitants mais est-ce que le CHU de Poitiers va pouvoir absorber les dits et les soins perdus à Châtellerault

28:17
Locuteur non identifié

en fait c'est bien ça la question et j'ai bien peur que non Poitiers qui absorbe de plus en plus l'activité des hôpitaux alentours et de proximité ne peut plus faire son travail correctement me confie d'ailleurs la CGT parce que les temps par exemple sont allongés ou les résultats d'analyse aussi les soignantes du service cardiologie ne savent pas comment elles vont faire pour soigner dans ces conditions là il y a déjà 5 arrêts maladie d'infirmière où la majorité ne peuvent pas être remplacées actuellement et au service cardiologie de Châtellerault on est passé de 21 puis 15 puis 10 lits en octobre en cardio toujours plein en fait et à Poitiers il est prévu 10 nouveaux lits d'intervention pour pallier la fermeture et c'est un problème vraiment qui concerne tous les hôpitaux de France et j'ai rencontré Julien Deloume il est secrétaire de l'union locale CGT de Châtellerault

29:02
Invité

le président du conseil d'administration de l'hôpital qui est le maire de Châtellerault nous a expliqué que c'est une chance pour notre hôpital et le député a vanté cette fusion aussi il faut savoir que notre député a voté les budgets on dame les budgets de financement des hôpitaux à la baisse avec la majorité avec la majorité présidentielle et c'est par cause de ces budgets à la baisse que notre hôpital est en train de dépérir et là on vient de nous annoncer aussi la semaine dernière qu'on avait 8 lits d'hospitalisation à domicile qui allaient disparaître samedi on pensait on pensait voir au moins le maire qui est président du conseil d'administration éventuellement le député mais personne n'est venu en fait personne n'est venu pour l'instant on n'a aucune réponse dans la presse bon bah voilà je vous dis il y a un an jour pour jour au conseil d'agglos le maire vantait la fusion nous on était là en opposition à lui dire que non cette fusion allait causer des pertes de lits dans notre hôpital et on constate aujourd'hui que c'est la vérité on a eu un épisode de grève en juin dernier aux urgences on a eu encore une maternité à Châtellerault j'espère qu'on va la garder parce que parce qu'une maternité pour une ville de 32 000 habitants c'est quand même quelque chose d'important surtout que toutes les maternités des hôpitaux un peu plus loin Loudin, Montmorillon etc.

ont fermé donc c'est quand même important de garder cette maternité mais voilà nous ce qu'on a peur en fait c'est que notre hôpital devienne un centre pour les personnes âgées enfin voilà où ils ne fassent plus que ça on n'a plus d'allergologues on n'a plus enfin voilà il faut aller sur Poitiers quasiment pour tout et après une fois qu'on aura dépossé celui de Châtellerault ce sera au tour de celui de Poitiers après on lui dira d'aller à Bordeaux

30:34
Locuteur non identifié

C'est ça aussi que pointe la CGT c'est que les territoires et les villes moyennes sont vraiment abandonnées et dans ce cas là il y a vraiment une absence d'une réaction des politiques locaux au pouvoir pour l'instant

30:46
Présentateur

Alors il faut dire que cette ville de Châtellerault on en a parlé il y a deux semaines dans le Média cette ville elle connaît les ravages de la désindustrialisation

30:56
Locuteur non identifié

Voilà Châtellerault en fait ça a connu 800 suppressions d'emplois en perte sèche en 2020 et la CGT faisait que de me le marteler un emploi en moins c'est trois emplois perdus en tout dans le territoire plus la perte des services publics et là on y assiste on assiste là à une conséquence concrète et après ça devient un cercle vicieux on écoute Julien

31:14
Invité

Donc oui c'est pas une si petite ville que ça c'est un grand centre industriel justement en fait si on avait des services publics développés à Châtellerault l'hôpital les pompiers enfin une bonne caserne de pompiers etc c'est parce qu'on a des industries sur le bassin et c'est ce qui fait aussi une partie de l'attractivité de notre ville c'est à dire que quand une entreprise comme Thalès ou Safran cherche des ingénieurs ces gens avant de venir ils vont quand même regarder s'il y a des hôpitaux à la hauteur s'il y a une maternité s'il y a des écoles s'il y a des lycées etc etc on s'aperçoit là que depuis des années la population de la ville baisse et en même temps le nombre de services publics baisse aussi et ça devient un vrai problème au niveau de l'attractivité prendre un rendez-vous chez un dentiste acheter l'eau ça devient la croix et la bannière quand vous avez une ville attractive moins de gens viennent y vivre donc moins il y a de population moins il y a de population moins il y a de services publics donc à un moment il va falloir arrêter cette spirale et je pense que pour arrêter cette spirale en fait il faut commencer par garder nos services publics

32:07
Locuteur non identifié

donc c'est loin d'être une actualité insignifiante

32:10
Présentateur

en gros c'est la santé publique dans son intégralité qui va mal dans ce cas

32:15
Locuteur non identifié

oui à Poitiers qui est un des rares CHU qui n'est pas déficitaire en France il y a pourtant un nouveau projet supprimé 30 lits en hospitalisation à domicile dans la Vienne où l'on passerait de 110 à 80 l'argument ce n'est pas rentable on compte d'autres fermetures de lits par exemple en rhumatologie là en ce moment on compte 80 fermetures de lits dans toute la Vienne et même si ce sont des fermetures momentanées cela montre vraiment les difficultés et surtout la logique de rentabilité de l'hôpital public aujourd'hui

32:40
Présentateur

merci beaucoup Lisa de nous avoir amené à Châtellerault

32:44
Locuteur non identifié

merci à vous

32:45
Présentateur

dans la douce France loin du béton de Montreuil je lance désormais dans la dernière partie de notre matinale je recevrai la journaliste indépendante Eva Thiebaud spécialisée dans les questions relatives à l'industrie à l'armement à l'énergie et aux implications géopolitiques de ces secteurs l'état français est-il de manière structurelle un complice actif de crimes contre l'humanité au Moyen-Orient la récente tournée d'Emmanuel Macron dans le golfe Persique remet ce débat à l'ordre du jour la poignée de main entre le président français et le prince héritier saoudien Mohamed Ben Salman accusé d'être directement responsable de l'assassinat atroce du journaliste Jamal Khashoggi en a rajouté à la polémique la sortie des Egypt Papers qui prouve la complicité objective de la France dans des assassinats ciblés de l'armée dirigée par le maréchal Sissi alimente le malaise comment expliquer cette constance dans le soutien à des tyrannies et si les intérêts du lobby militaro-industriel français étaient indissociables de ceux des pétromonarchies du Golfe par ailleurs accusés de financer des régimes autoritaires un peu partout dans le monde et même de pactiser avec l'international djihadiste on en parle avec la journaliste indépendante Eva Thiebaud je le rappelle mais avant ça magnéto

34:08
Invité politique

la France vient au juste de sceller avec les Émirats arabes unis la vente de 80 avions rafales et de 12 hélicoptères on écoute le chef de l'état à ce sujet

34:18
Locuteur 5

c'est le plus gros contrat militaire à composantes françaises de notre histoire celui que nous signons là est-ce que la France peut rester passive dans la région non je ne crois pas

34:28
Présentateur

notre envoyé spécial Wassima Lamar à Dubaï quels sont les objectifs de ce voyage dans le Golfe

34:34
Invité

d'abord économiques notamment aux Émirats qui viennent d'acheter pour 17 milliards d'euros 80 rafales et 12 hélico cette longue poignée

34:45
Locuteur 7

de mains entre le président français et le prince héritier d'Arabie saoudite Mohamed Ben Salman les deux hommes sourire aux lèvres qui se sont longuement tenus le bras avant de pénétrer à l'intérieur du bâtiment pour un entretien puis un déjeuner cette visite d'Emmanuel Macron c'est la toute première d'un leader d'un grand pays occidental depuis l'assassinat en 2018 du journaliste saoudien Jamal Rashogi

35:08
Locuteur non identifié

Disclose a obtenu des centaines de documents secrets issus du plus haut sommet de l'Etat note de l'Elysée de la direction du renseignement militaire du ministère des armées cette fuite sans précédent révèle les dérives d'une opération de renseignement clandestine en Egypte nom de code Sirli mission surveiller le désert occidental à la frontière avec la Libye Débutée en 2016 au nom de la lutte antiterroriste cette coopération va en réalité servir à bombarder des civils par centaines des crimes d'Etat dont la présidence de la République a été constamment informée

35:51
Présentateur

Alors bonjour Eva je rappelle que tu es journaliste spécialisée dans les questions d'armement des questions industrielles et d'énergie des questions en fait qui sont finalement interdépendantes on va le voir je vais commencer par te poser une question un peu provocatrice Emmanuel Macron l'Etat français et le complexe militaro-industriel français sont-ils condamnés à être des complices de tyrans et de crimes contre l'humanité ?

36:18
Locuteur non identifié

Alors déjà bonjour et merci de ton invitation c'est peut-être un peu fort de présenter les choses de cette façon-là mais ce qu'on peut peut-être dire pour commencer c'est que la France elle a fait le choix d'être une puissance militaire donc on parle souvent de la France comme le pays de la gastronomie le pays de la culture le pays des droits de l'homme bien sûr mais on en parle peu mais c'est aussi une puissance militaire elle a un siège de membre permanent au conseil de sécurité de l'ONU c'est une puissance nucléaire elle est en intervention quasi permanente à l'extérieur donc en guerre depuis la fin de la seconde guerre mondiale et pour assurer cette puissance militaire elle a besoin d'armes et pour être indépendante il faut qu'elle fabrique ses propres armes pour assurer sa souveraineté militaire donc quand on dit ça on comprend bien que forcément l'État et l'industrie militaire sont très liés ça se traduit par le fait que l'industrie militaire il y en a une partie faisait partie des anciens arsenaux d'État aujourd'hui plusieurs industriels sont possédés pour partie par l'État français c'est le cas de Naval Group par exemple avec environ 60% des parts

37:37
Présentateur

Naval Group qui a eu une aventure malheureuse avec l'Australie c'est ça ?

37:42
Locuteur non identifié

Tout à fait Naval Group qui fabrique des bateaux de guerre et des sous-marins et qui effectivement a eu une aventure malheureuse avec l'Australie Nextair par le biais d'une autre entreprise est aussi donc Nextair qui fabrique des véhicules des véhicules militaires et des chars qui est aussi possédé à 50% par l'État français ce qu'on peut dire aussi c'est que certains grands dirigeants d'entreprises sont aussi liés à l'État c'est le cas par exemple de Patrice Kane qui est le PDG de Thales Thales qui est une entreprise qui fait plutôt de l'électronique embarquée par exemple à bord des Rafales qui est un ancien haut fonctionnaire enfin le fait que le gouvernement et l'industrie militaire soient très liés se traduit à travers le fait que c'est bien le gouvernement qui donne les licences d'exportation les licences d'exportation qui vont permettre aux industriels de transférer leur matériel vers un pays X ou Y donc in fine c'est l'État qui décide

38:47
Présentateur

donc on peut parler de complexes militaro-industriels comme aux Etats-Unis

38:50
Locuteur non identifié

ça y ressemble

38:52
Présentateur

alors donc c'est l'État qui décide c'est l'État le vrai maître de la stratégie de vente d'armes de la France et il se trouve que la France en fait n'équilibre son industrie de l'armement que via l'exportation et que les pays dans lesquels elle exporte c'est souvent des pays du Moyen-Orient en particulier du Golfe qui sont loin d'être des modèles en termes de respect des libertés des droits de l'homme

39:21
Locuteur non identifié

tout à fait alors à la différence des Etats-Unis qui n'ont pas besoin d'exporter la France est complètement dépendante de ses exports et ce qu'il faut rappeler c'est que ses exports ce ne sont pas seulement des ventes ponctuelles à un moment t d'une arme quand on quand on vend 80 rafales ou des sous-marins on rentre dans un processus d'engagement de partenariat fort entre les deux pays parce qu'une fois qu'on a vendu les rafales derrière il faut assurer la maintenance de ses avions l'électronique doit être mise à jour il faut vendre les munitions pour alimenter ses armes souvent avec les ventes il y a aussi des programmes de compensation donc des offsets puisque les pays acheteurs demandent à ce que les pays vendeurs et les entreprises vendeuses s'impliquent dans l'économie locale donc vraiment c'est des partenariats très forts

40:22
Présentateur

en fait en réalité quand on vend beaucoup d'armes à un pays on devient structurellement naturellement et pour longtemps son allié

40:29
Locuteur non identifié

alors allié au moins partenaire en tout cas un partenaire fort oui et c'est pour ça qu'on pourrait se dire tiens ça pourrait être intéressant de vendre ce genre de choses aux autres pays d'Europe par exemple ou à des démocraties mais le problème c'est que là si on parle des avions de guerre beaucoup de pays en Europe ont préféré acheter le F-35 américain donc un avion de chasse américain comme la Belgique le Danemark l'Italie la Norvège donc tous ces pays là ils ont préféré acheter le F-35 plutôt que l'option française donc Rafale ou l'option européenne Eurofighter

41:03
Présentateur

Eurofighter c'est EADS c'est une entreprise spécifique

41:07
Locuteur non identifié

c'est un consortium avec Airbus BAE et Alenia voilà

41:14
Présentateur

alors pourquoi les Européens préfèrent acheter des armes américaines est-ce que nos Rafales sont peu compétitifs finalement

41:21
Locuteur non identifié

ce sont en fait des questions de stratégie toujours ces pays là comptent toujours sur les américains et sur l'OTAN pour assurer leur défense et donc c'est pour cela qu'ils préfèrent acheter les avions américains dans le cadre de leur partenariat stratégique avec ce pays là

41:42
Présentateur

et pourquoi les tyrannies du Moyen-Orient aiment bien acheter la cancaillerie française

41:46
Locuteur non identifié

et bien du coup comme la France ne trouve pas beaucoup de débouchés en Europe en tout cas elle va se tourner vers d'autres partenaires d'autres acheteurs potentiels et il se trouve que les pays du Golfe et du Moyen-Orient puisque c'était aussi le cas de l'Egypte sont intéressés par cette cancaillerie comme tu dis les pays du Golfe ce sont des pays qui ont beaucoup d'argent ce sont des pays qui sont stratégiquement très intéressants pour la France mais pour tout le monde puisque puisqu'il y a des partenariats avec ces pays là dans le cas des Émirats Arabes Unis il y a aussi une base militaire française qui est sur place ça permet d'avoir des liens avec des pays dans une zone stratégique en termes énergétiques clairement

42:38
Présentateur

donc pourquoi ces pays là qui sont finalement les alliés des États-Unis ne font pas comme les pays européens et n'achètent pas majoritairement des armes américaines pourquoi ils achètent aussi des armes françaises

42:52
Locuteur non identifié

ils achètent aussi des armes américaines ils achètent toujours des armes américaines malgré le fait que Joe Biden avait parlé de suspension au moment de son arrivée au pouvoir c'est intéressant aussi pour ces pays là de diversifier leurs partenariats et d'avoir plusieurs sources plusieurs sources de plusieurs partenariats différents

43:18
Présentateur

tu connais bien ce complexe militaro-industriel comment tu as vécu les révélations de disclos sur les Egypte papers est-ce que tu as été surprise est-ce que tu as été choqué et on rappelle que voilà la France a vendu à l'Egypte des technologies qui lui ont permis de procéder à des assassinats ciblés de petits trafiquants de cigarettes et d'autres choses au lieu de faire la lutte contre le terrorisme est-ce que c'est quelque chose qui est surprenant quand on s'intéresse à ce domaine de l'industrie de l'armement

43:51
Locuteur non identifié

j'avoue que j'ai trouvé ces révélations très intéressantes je trouve que le travail qu'a fait Disclose est très intéressant et est-ce que j'ai été surprise on ne peut pas dire ça mais je suis curieuse j'aimerais en savoir plus en fait parce que il y a évidemment la question des assassinats extrajudiciaires qui est une vraie question très problématique mais comment se fait-il que l'état égyptien ait envie de bombarder des trafiquants dans le désert entre l'Egypte et la Libye ça me donne envie de creuser en tout cas

44:38
Présentateur

alors tu as écrit dans Orient 21 un article intitulé du Yémen aux ventes d'armes une entente indigne entre la France et les Émirats arabes unis on se rend compte par exemple justement dans cet article des interactions entre l'industrie pétrolière le monde de l'énergie et l'industrie militaire est-ce que tu peux nous en parler un peu de cet article sur justement le Yémen et justement la base militaire mais qui est aussi disons une base totale dans ce pays

45:08
Locuteur non identifié

oui alors donc au Yémen où c'est la guerre depuis plusieurs années parce que donc les outils qui sont initialement situés dans le nord du pays et qui sont une une un espèce de partie militaire qui a envahi et chiite et assez radicaux qui ont envahi le nord du pays puis sont partis vers le bas et le détroit de Bab el-Mandeb donc qui est extrêmement stratégique puisqu'ils contrôlent l'entrée dans la mer Rouge par lequel transite une bonne partie du pétrole et des et des et des biens qui viennent d'Asie du coup pour contrer ces outils comme le gouvernement légitime était un petit peu faible l'Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis et d'autres pays mais essentiellement l'Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis sont entrés en guerre pour soutenir le gouvernement le gouvernement soutenu par la communauté internationale dans ce contexte l'Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis n'ont pas tout à fait les mêmes objectifs et un des objectifs des Émirats Arabes Unis c'était de contrôler le sud du Yémen et pour ce faire elle a elle a contrôlé différents différents points comme le port d'Aden mais aussi il y avait un autre site stratégique intéressant qui s'appelle Balaf et en fait ce port c'est une usine de Total une usine de liquéfaction de gaz donc le gaz est produit dans le centre enfin ouais centre du Yémen acheminé par Pipeline liquéfié dans cette usine et ensuite il est exporté depuis cette usine de Balaf voilà c'est Total qui est l'actionnaire principal de cette usine de Balaf avec 40% en départ et il se trouve et cette usine a été arrêtée au début de la guerre mais elle a été réquisitionnée par le gouvernement yéménite puis occupée enfin une partie a été occupée par les forces émiriennes pour en faire une base militaire donc c'est un sujet qui est apparu je crois en 2018 donc à la fois parce que l'ONU a signalé cette base militaire mais aussi prison secrète à l'époque et il y a eu un gros travail de plusieurs ONG dont l'Observatoire des armements pour montrer plusieurs témoignages de personnes qui se sont fait torturer sur ce site donc à Balaf

47:44
Présentateur

et pourquoi tu parles d'entente indigne entre la France et les Émirats Arabes Unis en quoi Total ou la France sont disons compromis dans cette affaire

47:56
Locuteur non identifié

et bien donc on comprend que sur une partie de ce site dont Total est l'actionnaire majoritaire il y a une base militaire émirienne et au moins à un moment donné une prison secrète donc il a semblé notamment à plusieurs députés qui pouvaient être intéressants d'enquêter sur ce qui se passait réellement sur cette base enfin je veux dire où des actes de torture ont été commis alors que Total est l'actionnaire principal donc ça pourrait être quand même intéressant de faire à minima une enquête sur ce qui se passe or pour le moment on a l'impression que c'est silence radio que les liens qui existent entre la France et les Émirats Arabes Unis sont tellement forts que en tout cas publiquement la France n'a jamais rien dit n'a jamais enquêté n'a jamais rien fait sur cette question là

48:56
Présentateur

De François Hollande à Emmanuel Macron quel est le rôle systémique de Jean-Yves Le Drian dans les relations entre l'État français et le fameux complexe militaro-industriel national

49:07
Locuteur non identifié

Jean-Yves Le Drian il est parfois présenté comme le VRP des industriels de l'armement il raconte bien la continuité de la dépendance de la France à ses exports d'armement puisque qu'il s'agisse de François Hollande en effet ou ensuite d'Emmanuel Macron les ventes de matériel militaire vers des pays les pays du Golfe et du Moyen-Orient se sont poursuivies tout le long avant il était ministre de la Défense sous François Hollande et aujourd'hui ministre des Affaires Extérieures sous Emmanuel Macron

49:50
Présentateur

mais il est toujours le ministre des ventes de d'armes parce qu'en fait c'est assez intéressant parce que Jean-Yves Le Drian est aussi de manière structurelle sous Hollande et sous Macron le monsieur France-Afrique et ça veut quand même dire quelque chose est-ce que certains analystes disent en tout cas que les Etats-Unis veulent la perte de gros groupes français d'armement notamment d'assaut est-ce que c'est vrai ou c'est juste une manière de nous mobiliser autour de ces industriels

50:18
Locuteur non identifié

je n'ai pas l'impression je pense que les Etats-Unis sont tellement puissants et que Lockheed Martin est tellement puissant que la concurrence que pourrait mener d'assaut est marginale à mon sens

50:38
Présentateur

alors si la France pratique une diplomatie militaire vertueuse si elle cesse d'alimenter les dictatures du Moyen-Orient est-ce que son industrie d'armement est condamnée à mourir par exemple sans ces exportations vers ces pays est-ce que le rafale est rentable

50:53
Locuteur non identifié

alors ce qu'on peut dire c'est que sur la période 2011-2020 parmi les 5 premiers acheteurs de matériel militaire français on retrouve le Qatar les Émirats Arabes Unis l'Arabie Saoudite et l'Egypte je n'en oublie pas et que les pays du Golfe et du Moyen-Orient en général en fait sur la même période représentent un peu moins de la moitié du chiffre d'affaires des exportations d'armement à l'export donc clairement il y a une dépendance structurelle à ces pays-là en termes d'export et en effet le fait que les entreprises d'armement l'industrie de l'armement soit aujourd'hui un secteur privé l'oblige à être rentable et donc à partir du moment où elle doit être rentable elle doit exporter et à partir du moment où elle doit exporter pour le moment elle est coincée vers ces pays-là et il y a une dépendance claire qui est problématique notamment parce que ces pays-là n'ont absolument pas les mêmes valeurs que celles qui sont défendues par ailleurs par la France tu as parlé tout à l'heure du meurtre de Jamal Khashoggi qui clairement symbolise montre la cruauté du régime saoudien mais les Émirats Arabes Unis ont un enfin en 2017 il y a eu des enquêtes qui ont montré un réseau de prisons secrètes au sud du Yémen des Émirats Arabes Unis enfin ces pays-là ne sont clairement pas des amis des droits de l'homme

52:31
Présentateur

ils ne sont pas des amis des droits de l'homme et puis disons que leur agenda est souvent flou en termes justement de lutte contre le djihadisme et alors on parle beaucoup en France d'islamo-bauchisme on se répète de ça mais on a vraiment l'impression qu'il s'agit d'un islamo-affairisme quoi avec ces pays-là est-ce que la France n'est pas en contradiction quelque part avec les valeurs qu'elle prétend défendre et notamment la stratégie qui consiste à combattre le djihadisme et qui a déjà fait des morts sur le territoire français

53:04
Locuteur non identifié

oui alors il y a eu cette enquête là qui est sortie récemment dans le JDD qui montrait les liens au Yémen entre les Émirats l'Arabie Saoudite et le djihadisme oui mais en fait c'est un problème plus général c'est la question de quelles sont les valeurs en fait qui sont défendues par la France ce sont des valeurs

53:30
Présentateur

qui sont vraiment défendues par la France au-delà des mots

53:32
Locuteur non identifié

c'est ça et comment est-ce qu'on fait parce que du coup on voudrait vendre notre modèle démocratique mais finalement quand nos actes quand les actes de la France sont dans une telle contradiction avec ces valeurs comment est-ce que comment est-ce que ce modèle-là il pourrait finalement séduire je veux dire que les personnes qui se retrouvent sous les bombardements elles peuvent avoir conscience en fait du décalage en fait entre ce qui est annoncé les droits de l'homme et puis la réalité de ce qui se passe

54:09
Présentateur

alors la France a longuement armé l'Irak de Saddam Hussein depuis l'a laissé tomber quand les Etats-Unis ont sifflé à la fin de la récréation la fin de l'ère Saddam la France est-elle vraiment une puissance indépendante des Etats-Unis ou alors en fait notre petit commerce militaire dans les limites que nous fixe le géant américain

54:28
Locuteur non identifié

c'est sûr qu'il y a toujours une dépendance aux Etats-Unis ne serait-ce que par le biais de la réglementation ITAR donc qui donne au quand il y a du matériel qui vient des Etats-Unis les Etats-Unis peuvent choisir de le livrer ou pas par exemple de puces électroniques ou de choses qui vont venir à l'intérieur donc de toute façon il y a une dépendance aux Etats-Unis quoi qu'il en soit après je pense que la France a quand même une certaine indépendance c'est-à-dire

55:00
Présentateur

si on n'est pas gentil si on livre des armes à des pays que les Etats-Unis ne veulent pas en guise de rétention ils peuvent arrêter de nous livrer des armes à nous des pièces alors c'est assez préoccupant parce que justement ces dernières semaines on parle de pénurie en fait de pièces d'armement pour l'armée française pas l'exportation et en fait finalement la réponse des autorités françaises ce que les alliés peuvent nous les fournir mais en fait dès lors que justement les fournitures à l'armée française elles-mêmes dépendent des pays étrangers ça augmente une sorte de soumission aux Etats-Unis je comprends bien

55:39
Locuteur non identifié

en fait il y a de nombreux liens d'interdépendance et de nombreux liens de dépendance effectivement mais de toute façon oui il y a une dépendance aux Etats-Unis c'est évident il y a une dépendance aux exports on crée de la dépendance aux pays acheteurs c'est une situation complexe et multifactorielle

56:02
Présentateur

Merci beaucoup Eva Thiebaud je rappelle que tu es journaliste indépendante tu travailles notamment pour Orient 21 et pour le monde diplomatique sur la question de l'industrie de l'armement la question de l'énergie et la question disons des interactions géopolitiques que tout ça apporte merci d'avoir été avec nous aux médias est-ce que tu avais quelque chose à rajouter

56:23
Locuteur non identifié

j'avais écrit des articles pour Médiacité qui est un média d'investigation locale de longs articles sur la production d'armes en région et parce que tout ça semble parfois un petit peu nébuleux et du coup c'est intéressant de montrer ce qui se passe sur le terrain et comment les industries locales aussi participent à ce qui se passe à l'étranger

56:43
Présentateur

Médiacité qu'il faut soutenir il faut soutenir le média parce qu'il faut soutenir en gros la galaxie des médias indépendants la contre-machinale du média c'est fini pour aujourd'hui je vous le rappelle encore au risque de me répéter nous avons engagé notre collecte de fonds de fin d'année qui est d'une importance cruciale pour notre survie si vous le pouvez participer à nous sauver donnez-vous la force de continuer donnez-nous la force de continuer en allant directement sur la plateforme Oquipal ou alors sur campagne.lemédiatv.fr demain matin à 7h vous retrouverez ma collègue et camarade Nadia et moi de mon côté je vous dis à lundi je vous dis à lundi

57:22
Locuteur

je vous dis à lundi