Christian Jacob
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 63 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:19OuverteRéponse partielle
Est-ce que la crise justifie tous les débordements ?
- 1:41RelanceRéponse partielle
Ça justifie pour vous qu'on s'en prenne à la fonction présidentielle ?
- 2:17OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on touche aujourd'hui aux échecs de l'Europe et à l'échec notamment d'une Europe libérale quand elle s'occupe d'agriculture ?
- 2:56RelanceÉludée
Pardon Christian Jacob, mais la fin des quotas laitiers, c'était il y a 10 ans.
- 3:57FerméeRéponse partielle
Et vous pensez vraiment que de demander la démission de Stéphane Lefolle ferait avancer les choses, vous l'avez demandé récemment ?
- 4:51OuverteRéponse directe
On a le sentiment d'un tonneau percé aujourd'hui quand on parle d'agriculture.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:40Invité politiqueFait
« Je me suis installé comme producteur de lait il y a 34 ans. »
- 0:47Invité politiqueChiffre
« Mon litre de lait en tant que producteur m'était payé à 2 francs, c'est-à-dire concrètement 30 centimes d'euros. »
- 0:57Invité politiqueChiffre
« Aujourd'hui, 34 ans après, le prix payé au producteur est à 27 ou 28 centimes du litre de lait. »
- 1:08Invité politiqueFait
« Avec des charges qui ont explosé, des coûts de mise aux normes qui ont été multipliés par 3 ou par 4, l'aliment, les frais vétérinaires, etc. »
- 2:31Invité politiqueFait
« Le reproche que je fais à l'actuel gouvernement et au président de la République, c'est d'avoir perdu le poids politique que nous avions en Europe. »
- 2:39Invité politiqueFait
« Le dernier conseil des ministres européens, le dernier conseil des ministres de l'agriculture, qui se passe très mal, qui se solde par un échec complet. »
- 3:30Invité politiqueChiffre
« Le ministre de l'Agriculture français est le plus mauvais élève des ministres français. Il a séché 40% des conseils des ministres sur l'année 2015. »
- 5:10Invité politiqueChiffre
« Quand on parle de soutien à l'agriculture, ce qu'il faut bien avoir à l'esprit, c'est que vous soutenez 16 ou 17% des actifs français. »
- 5:42Invité politiqueChiffre
« Le secteur agroalimentaire, c'est 10 milliards d'excédents, à peu près, dans notre balance commerciale qui est déficitaire. »
- 6:32Invité politiquePromesse
« Je pense qu'il faut maintenir ma loi et l'appliquer jusqu'au bout. »
- 6:43Invité politiqueFait
« Elle autorise la recherche sous contrôle public. »
Temps de parole
- Christian Jacob70 %
- Présentateur30 %
≈ 1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonjour Christian Jacob, président du groupe Les Républicains à l'Assemblée Nationale, mais aussi ancien exploitant et responsable syndical agricole, élu dans un département rural, c'est la Seine-et-Marne. Un président de la République sifflé, insulté au Salon de l'Agriculture, le stand du ministère de l'Agriculture, saccagé par des militants proches de la FNSEA. Est-ce que la crise justifie tous les débordements ?
L'agriculture connaît en ce moment une situation. Il y a eu beaucoup de crises en agriculture. Mais je pense que là, on est dans quelque chose qui dure et d'une violence inouïe pour les producteurs. Vous avez des gens, des paysans qui sont aujourd'hui au bout du rouleau. Je reprenais, je suis un ancien producteur de lait. Je me suis installé comme producteur de lait il y a 34 ans. Et je reprenais le prix qui m'était payé au litre de lait il y a 34 ans. Mon litre de lait en tant que producteur m'était payé à 2 francs, c'est-à-dire concrètement 30 centimes d'euros. Aujourd'hui, 34 ans après, le prix payé au producteur est à 27 ou 28 centimes du litre de lait.
Avec des charges qui ont explosé, des coûts de mise aux normes qui ont été multipliés par 3 ou par 4, l'aliment, les frais vétérinaires, etc. Et donc, ces producteurs sont dans une situation qui est intenable. Les réponses, il n'y a pas la réponse clé qui va permettre de tout résoudre. Et donc, il y a plusieurs fronts où il faut effectivement agir sur le plan national, sur le plan européen, sur la préparation des accords internationaux. Et tout ça justifie effectivement une explosion des agriculteurs et un sentiment de détresse affreux.
On va en parler des solutions à cette crise. Ça justifie pour vous qu'on s'en prenne à la fonction présidentielle ? Si les agriculteurs n'étaient pas des agriculteurs, mais des étudiants, des syndicalistes, il y aurait eu des condamnations quasiment unanimes ce matin dans la classe politique ?
Personne ne se satisfait de situations de tension comme celles qui ont été vécues au Salon. Les agriculteurs eux-mêmes, vous savez, pour bien connaître ce milieu, quand ils réagissent comme ça, c'est qu'ils se sont poussés à bout. Mais encore une fois, ni les agriculteurs, ni personne ne peuvent s'en satisfaire. Mais c'est l'expression, c'est bien au-delà de la colère. C'est un désarroi, une tristesse, une violence, une crise qui est inouïe pour eux.
Est-ce qu'on touche aujourd'hui aux échecs de l'Europe et à l'échec notamment d'une Europe libérale quand elle s'occupe d'agriculture ?
Le reproche que je fais à l'actuel gouvernement et au président de la République, c'est d'avoir perdu le poids politique que nous avions en Europe. Il y a, vous savez, le dernier conseil des ministres européens, le dernier conseil des ministres de l'agriculture, qui se passe très mal, qui se solde par un échec complet. Mais le regret, c'est que ça n'ait pas été anticipé. Pourquoi le président de la République et ses prédécesseurs l'ont fait ? D'ailleurs, on peut citer bien évidemment Nicolas Sarkozy ou Jacques Chirac, mais aussi François Mitterrand.
Pardon Christian Jacob, mais la fin des quotas laitiers, c'était il y a 10 ans.
Oui, mais ça... C'était sous la droite. Mais ce n'est pas ça. Vous savez, le sujet est bien au-delà. C'est une des raisons de la crise aujourd'hui, la fin des quotas. Non, s'il suffisait de ça pour résoudre les choses, croyez-moi, c'est beaucoup plus compliqué que ça. Mais ce conseil n'a pas été préparé. Le président de la République aurait dû faire le tour des chefs d'État et de gouvernement. Rien n'a été fait. Le ministre de l'Agriculture, sur l'année 2015, je prenais un rapport qui vient d'être publié à l'Assemblée par Christophe Carreche, député socialiste, et Pierre Lequillet, député des Républicains, sur la présence de la France à Bruxelles.
Le ministre de l'Agriculture français est le plus mauvais élève des ministres français. Il a séché 40% des conseils des ministres sur l'année 2015. Ce n'est pas moi qui le dise, c'est un rapport, encore une fois, qui a été établi à la fois par Christophe Carreche et Pierre Lequillet sur la présence en France. Et donc, cette crise n'a pas été prise suffisamment au sérieux par le ministre de l'Agriculture et aussi par le Premier ministre et bien évidemment le Président de la République.
Et vous pensez vraiment que de demander la démission de Stéphane Lefolle ferait avancer les choses, vous l'avez demandé récemment ?
Pour ma part, je n'ai jamais demandé la démission de la ministre. C'était début du mois de l'évrier, si. Bon, peut-être, mais je l'ai demandé. Vous ne le demandez pas ce matin, en tout cas. Bon, voilà. Non, mais le sujet est plus compliqué que ça. Il est plus compliqué que ça. Et vraiment, le reproche au ministre aujourd'hui, c'est de ne pas peser, de ne pas avoir été suffisamment présent à Bruxelles sur un sujet comme l'étiquetage, qui est demandé par la profession agricole depuis longtemps. On sait que c'est compliqué à l'obtenir, mais ça veut dire que le ministre doit être totalement mobilisé. Et ce n'est pas quand tout est en train de brûler partout qu'il faut réagir.
Il fallait anticiper ça. Rien n'était anticipé sur les baisses de charges. Un certain nombre de choses viennent d'être faites qui vont plutôt dans le bon sens. Mais simplement, ça n'est pas suffisant parce qu'une réactivité bien trop tardive.
On a le sentiment d'un tonneau percé aujourd'hui quand on parle d'agriculture. On a beau baisser les charges, on n'y arrive pas. Les agriculteurs n'y arrivent pas.
On n'a pas baissé, alors on les a baissés là. On les a baissés de 7 points. Oui, oui, mais attendez, il y a un mois. Il y a un mois, donc voilà. Ce n'est pas la mesure à doit être prise. Il y en a eu plusieurs durant ce quinquennat. Mais vous savez, quand on parle de soutien à l'agriculture, ce qu'il faut bien avoir à l'esprit, c'est que vous soutenez 16 ou 17% des actifs français. Parce que c'est à partir de l'activité de production que l'on a les industries agroalimentaires et le réseau de distribution. Il n'y a pas d'exemple d'industrie agroalimentaire qui tienne dans la durée s'il n'y a plus d'activité de production.
Donc le soutien à l'agriculture, c'est un soutien qui va, je vous dis, à 16 ou 17% des actifs en France qui travaillent dans le secteur agroalimentaire. Le secteur agroalimentaire, c'est 10 milliards d'excédents, à peu près, dans notre balance commerciale qui est déficitaire. Et ça, ça profite à l'ensemble de l'économie du pays. Donc c'est vraiment faux de vouloir dire que quand on soutient l'agriculture, ça concerne 4% des actifs français qui sont agriculteurs. C'est ridicule de présenter les choses comme ça. Ça soutient entre 15 et 20% des actifs français.
Christian Jacob, l'agriculture, il en sera question sans doute avec les questions des auditeurs dans quelques minutes. Je voudrais vous entendre d'un mot sur les gaz de schiste, nouvelle manifestation assez importante hier contre les recherches sur les gaz de schiste. Vous avez été l'auteur en 2011 d'une loi qui interdit en France, qui est toujours en vigueur, qui interdit en France la fracturation hydraulique. Et en même temps, vous êtes dans un parti dont l'un des responsables, Luc Châtel, dit qu'il doit être celui des gaz de schiste. Je voulais savoir si vous vous sentez à l'aise avec ces deux positions.
Moi, je me sens parfaitement à l'aise. Je pense qu'il faut maintenir ma loi et l'appliquer jusqu'au bout.
On interdit, on continue à interdire la fracturation.
Mais cette loi permet deux volets, c'est-à-dire l'interdiction de la fracturation hydraulique, mais en même temps, elle autorise la recherche sous contrôle public. Et ce volet-là n'a jamais été mis en application. Je n'ai cessé de le dire au gouvernement, il ne faut pas être dans l'obscurantisme. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on parle des gaz de schiste sans savoir exactement qu'est-ce qu'il y a comme réserve, est-ce qu'ils sont exploitables ou non. Donc, moi, je suis contre la fracturation hydraulique parce que je pense qu'il y a beaucoup trop d'incertitudes autour de ce procédé. Mais en même temps, il faut autoriser la recherche sous contrôle public.
et ce volet n'est pas appliqué et c'est cela que je regrette. Donc, oui à des forages si un jour on trouve
une autre méthode moins polluante. À l'application de la loi telle qu'elle est aujourd'hui. Merci, Christian Jacob. Vous revenez. Dans quelques instants, le standard de France Inter est ouvert. 01 45 24 7000. Vos questions sur l'agriculture, sur les gaz de schiste, sur la loi Elm Khomri. On n'en a pas encore parlé, mais il en sera bien sûr question dans quelques instants. Ou encore sur les primaires. Tiens, tiens. Chez Les Républicains. Il est 8h30. Voici la revue de presse. Sous-titrage ST' 501
Christian Jacob