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InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 8 juin 2020 5 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéInstitutions & électionsSolidarités & famille

L'interview «Savoir comprendre» : Frédéric Potier - 08/06

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 10 %Défensif 50 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Frédéric Pottier, bonjour.

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Alors, vous dites, nous verrons les enquêtes à propos de ces échanges de propos racistes entre policiers sur les réseaux sociaux.

  • 0:27OuverteRéponse directe

    Demain, je reçois le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, à 8h30.

  • 0:33OuverteRéponse directe

    Vous dites, il faut absolument insister sur la formation des policiers.

  • 1:26OuverteRéponse directe

    Mais que leur dites-vous, alors ? Que leur dites-vous aux futurs policiers ?

  • 2:49OuverteRéponse partielle

    Alors, j'ai vu que le député La République En Marche, Florian Bachelier et Éric Dupond-Moretti, demandent de rendre public d'urgence les sanctions au manquement à propos des contrôles d'identité.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:24PrésentateurFait
    « Il faut que les sanctions soient exemplaires, dites-vous. »
  • 0:37PrésentateurFait
    « J'ai eu plusieurs jeunes policiers qui m'ont dit, moi, quand je suis entré dans la police, j'étais pas du tout raciste. Mais vraiment pas du tout. Et puis, petit à petit, j'ai changé. »
  • 1:03Invité politiqueFait
    « Je crois qu'on ne combattra le racisme qu'avec la police et qu'avec les policiers. »
  • 1:15Invité politiqueFait
    « Il y a 20 ans, les formations que nous, nous faisons dans toutes les écoles de police et de gendarmerie, elles n'existaient pas. »
  • 3:14Invité politiqueFait
    « On a quand même intérêt à faire toute la transparence sur ce type de questions. Sur le nombre de condamnations, sur la sévérité de ces sanctions. »
  • 3:31Invité politiqueFait
    « Comme tous les fonctionnaires, la sanction est proportionnelle à l'acte. »
  • 3:45Invité politiqueChiffre
    « C'était le nombre de saisines de l'IGPN. Je crois que c'était en 1868. »
  • 4:33Invité politiqueFait
    « Évidemment, il n'y a pas de hiérarchie entre les racistes. »

Temps de parole

  • Invité politique54 %
  • Présentateur46 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC. RMC 6h-9h. Vaud'un direct. Frédéric Pottier est avec nous, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT. Frédéric Pottier, bonjour. Bonjour. Alors, vous dites, nous verrons les enquêtes à propos de ces échanges de propos racistes entre policiers sur les réseaux sociaux. Nous verrons ce que vont donner les enquêtes. Il faut que les sanctions soient exemplaires, dites-vous. Demain, je reçois le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, à 8h30. Je lui parlerai de cela. Vous dites, il faut absolument insister sur la formation des policiers.

Et c'est vrai que j'ai eu plusieurs jeunes policiers qui m'ont dit, moi, quand je suis entré dans la police, j'étais pas du tout raciste. Mais vraiment pas du tout. Et puis, petit à petit, j'ai changé. J'ai changé. Parce que j'ai pas été vraiment formé comme il fallait à résister à cette tentation, en quelque sorte.

0:59
Invité politique

Les policiers font un travail extraordinairement difficile. Mais oui. Il faut les aider pour faire ça. Et moi, je crois qu'on ne combattra le racisme qu'avec la police et qu'avec les policiers. Et aujourd'hui, la police, les jeunes gardiens de la paix dont on a à disposition sur le terrain, je crois que leur formation aussi a été adaptée. Il y a 20 ans, les formations que nous, nous faisons dans toutes les écoles de police et de gendarmerie, elles n'existaient pas. Moi, je vais à Montbéliard, à Toulouse, à Sens, pour parler aux jeunes gardiens de la paix, leur parler de racisme, d'antisémitisme, de haine d'antisémitisme. Mais que leur dites-vous, alors ?

Que leur dites-vous aux futurs policiers ? Alors d'abord, moi, je leur dis d'être exemplaires. Pourquoi ? Parce qu'ils ont, eux, l'exercice de la force publique, ils ont ce monopole-là. Et donc, il y a un très haut niveau d'exigence à leur égard. Et un policier ou un gendarme qui se livrerait à des actes de violence volontaire ou à des propos racistes, eh bien, ils jettent l'opprobre sur l'ensemble de sa profession et sur l'ensemble de ses collègues. Et donc ça, il faut qu'ils en soient parfaitement conscients. Je crois que pour la grande majorité, c'est le cas. Et il faut aussi, et ça, nous le faisons avec d'autres formateurs, qu'ils aient des bons réflexes.

Parce que quand vous êtes dans une manifestation, quand vous êtes en intervention, c'est pas toujours facile.

2:02
Présentateur

C'est pas toujours facile, d'autant plus que le policier ou le gendarme qui est en intervention, il se fait insulter, il se fait caillasser, et il se fait traiter de tout. Et il y a de l'autre côté, face à lui, des hommes ou des femmes qui sont racistes dans leurs propos aussi. Il y a aussi des violences contre les policiers. Il faut aussi les dénoncer avec beaucoup de force. Et même dans leur vie quotidienne. Bien sûr. Et même leurs proches. Bien sûr. Qui sont insultés, enfin bon, avec des propos qui sont aussi racistes.

2:32
Invité politique

C'est pour ça que leur métier est vraiment extraordinairement difficile. Et qu'il faut qu'ils aient les bons réflexes, le sang-froid, la lucidité, pour ne pas se livrer à des propos qui seraient très regrettables, et qui jetteraient l'opprobre, je le redis, sur l'ensemble de leurs volets.

2:46
Présentateur

C'est très très difficile de garder son calme. Absolument. De garder son calme. Alors, j'ai vu que le député La République En Marche, Florian Bachelier et Éric Dupond-Moretti, l'avocat, demandent de rendre public d'urgence les sanctions au manquement à propos des contrôles d'identité. Vous avez les contrôles au faciès, les sanctions au manquement. C'est possible, ça ?

3:07
Invité politique

Je ne sais pas si c'est possible. Je ne suis pas policier moi-même et je n'appartiens pas à cette hiérarchie policière. Mais je crois qu'on a quand même intérêt à faire toute la transparence sur ce type de questions. Sur le nombre de condamnations, sur la sévérité de ces sanctions. Parce que lorsqu'il y a des actes très graves, ils sont aussi sanctionnés de manière très dure. Et ça ne va pas aller jusqu'à la révocation. Quand vous êtes révoqué de la police nationale, c'est une sanction très dure.

3:27
Présentateur

Est-ce qu'un policier qui se rend coupable d'un acte raciste doit être révoqué ?

3:31
Invité politique

Comme tous les fonctionnaires, la sanction est proportionnelle à l'acte. Et ça, c'est ou bien une sanction hiérarchique ou bien une sanction judiciaire. Combien de policiers sont révoqués chaque année pour propos racistes ? Je ne peux pas vous le dire. Par contre, il y a un chiffre qui était très intéressant dans votre journal. C'était le nombre de saisines de l'IGPN. Je crois que c'était en 1868. Ça montre bien qu'il y a une instance de contrôle. Ça montre bien qu'il y a des contre-pouvoirs au sein même de la police. Mais le contrôle existe. Mais est-ce que les sanctions sont réelles ? Moi, je crois qu'elles sont réelles. Je ne crois pas que l'IGPN soit particulièrement laxiste.

Simplement, peut-être qu'on n'en fait pas assez la publicité. Donc moi, oui, je pense que ça va dans le bon sens d'apporter un peu plus de transparence sur ces questions-là.

4:07
Présentateur

Alors, les propos racistes, j'étais stupéfait de lire sur les réseaux sociaux, encore une fois, les propos du président de la Ligue de Défense Noire Africaine. Vous savez ce qu'il dit ? Il dit « Arrêtons d'aller consommer chez les Blancs, dans les magasins de Maghrébins, dans les magasins de Chinois. Il faut aller dans nos magasins. » Si ces propos-là ne sont pas des propos racistes, je n'y comprends plus rien. Parce que le racisme est dans tous les sens.

4:32
Invité politique

On est bien d'accord. Évidemment, il n'y a pas de hiérarchie entre les racistes. Mais moi, je dénonce tous les types de racisme, tous les types de communautarisme. Et je crois que ce type de propos-là ne participe pas du vivre ensemble, sont anti-républicains. Et je crois qu'il faut aussi se méfier d'un certain nombre de raccourcis. On n'est pas aux États-Unis, on n'a pas la même histoire de la ségrégation raciale, on n'a pas le même rapport à la violence. Et tous ceux qui veulent importer en France les rapports de domination américains, je crois qu'ils ne nous font pas quelque chose d'intéressant.