RETRAITES, CHÔMAGE : MACRON, DESTRUCTEUR DU MODÈLE SOCIAL FRANÇAIS
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 80 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« On met un pognon de dingue dans des minimas sociaux, les gens sont quand même pauvres. »
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« 44,3 milliards versés pour être très précise. »
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« En France, les dividendes distribués ont augmenté de presque 33 % au deuxième trimestre. »
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« 25 % des plus pauvres sont déjà morts à 62 ans dans notre pays. »
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« La France a décidé de ne pas créer une taxe sur les bénéfices exceptionnels des grands groupes. »
Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
On met un pognon de dingue dans des minimas sociaux, les gens sont quand même pauvres. Est-ce qu’on veut encore pouvoir financer une protection pour les Français et investir pour les Français ? Nous on dit oui.
Est-ce qu’on pense qu’il faut le faire en augmentant les impôts ? Nous on dit non. Et donc il faut travailler plus. 44,3 milliards versés pour être très précise.
En France, les dividendes distribués ont augmenté de presque 33 % au deuxième trimestre, soit un rythme supérieur à la moyenne européenne. On n’est pas mal en France. C’est par le travail et par plus de travail que nous pourrons préserver notre modèle social, nos retraites, la prise en charge des malades. 25 % des plus pauvres sont déjà morts à 62 ans dans notre pays.
Je refuse que ce soit des chiffres qui augmentent. Il y a quatre entreprises françaises qui figurent dans le top 20 des plus gros verseurs de dividendes du trimestre. Nous poursuivrons donc la réforme de l’assurance chômage à un moment où vous avez près de 400 000 emplois qui ne sont pas pourvus et nous engagerons une réforme des retraites.
Nous on est prêts, quel que soit le moment où le gouvernement décidera de faire cette retraite. On rappelle le contexte, contrairement au choix fait par d’autres pays, la France a décidé de ne pas créer une taxe sur les bénéfices exceptionnels des grands groupes. Ce qui est un scandale absolu et c’est la raison pour laquelle nous allons nous battre comme des chiens.
Le 22 septembre dernier, dans l’avion qui le ramenait de l’Assemblée générale des Nations-Unies, Emmanuel Macron a accordé un entretien exclusif à BFMTV. Le journaliste qui recueillait ses propos en a profité pour lui demander si c’était bien le moment de réformer les retraites, et “peut-être même de passer en force”. Réponse du chef de l’État, qui n’a pas formellement démenti la possibilité d’un passage en force.
La vérité, c’est qu’il nous faut travailler plus et produire plus de richesses dans notre pays si nous voulons protéger, avoir une politique de justice sociale et défendre le modèle social français, sa force et son avenir. Car ce modèle, selon Emmanuel Macron, est trop coûteux. Tout le système social, on met trop de pognon, on déresponsabilise et on est dans le curatif.
D’après lui, on ne peut pas le "financer par le déficit", parce qu’on ne peut pas "vivre à crédit" et parce que "nous sommes" déjà "un des pays qui a le plus grand déficit en Europe". On ne peut pas non plus le financer en levant "plus d’impôts", explique-t-il, parce que "nous sommes" déjà "parmi ceux qui taxons le plus en Europe". Encore plus favorable aux entrepreneurs, avec Emmanuel MAcron ?
Ca devient limite indécent, c'est-à-dire qu’on est devenu le paradis des entrepreneurs. C’est fantastique. Pourquoi vous dites “indécent” ?
Parce qu’on ne pouvait pas imaginer, vous vous mettez deux ans en arrière vous ne pouvez pas imaginer, on avait déjà des lois qui sont bonnes et qu’on arriverait vraiment à des lois qui soient exceptionnelles. Par conséquent, et toujours selon Emmanuel Macron, ce n’est "qu’en travaillant davantage", c’est-à-dire plus longtemps, "et en produisant plus de richesses” que nous pourrons préserver notre modèle social. Quelques jours plus tard, la Première ministre Élisabeth Borne va employer exactement les mêmes éléments de langage.
On a, en France, un modèle social unique au monde où on est remboursé de ses dépenses de santé, qu’on a accès gratuitement à l’école, que quand on a eu la crise du Covid on a tous été protégé. Tout ça, on ne pourra le financer durablement qu’à condition de produire collectivement plus de ressources pour financer notre système social et donc de travailler collectivement davantage. C’est donc la thèse officielle que le chef de l’État et son gouvernement vont essayer de nous vendre : s’ils réforment notre système de retraites, qui est avec l’assurance-chômage l’un des piliers du modèle social Français c’est pour protéger ce modèle dont il souligne qu’il est "unique au monde".
Pour le dire plus simplement : nous allons prendre un peu cher, mais c’est pour notre bien. La suite est assez facile à deviner : à partir du moment où la réforme des retraites est ainsi présentée comme le seul moyen de sauver notre modèle social, celles et ceux qui auront l’outrecuidance de s’opposer à cette réforme seront immédiatement présentés comme les fossoyeurs de ce modèle. Bien entendu : tout cela est faux, et mensonger.
En réalité, Emmanuel Macron n’est pas et n’a jamais été le protecteur du modèle social français. Comme on le sait, ce modèle est fondé sur l’idée que la redistribution et la solidarité entre générations financent la protection sociale, c’est-à-dire, notamment, l’assurance-chômage et les retraites, mais aussi, les aides au logement et la lutte contre la grande pauvreté. Est-ce que Macron veut préserver cette organisation?
Absolument pas. Bien au contraire, depuis qu’il a été élu président de la République, il n’a jamais cessé de l’attaquer. D’abord, au tout début de son premier quinquennat, en 2018, il a baissé les aides au logement, les APL, de 5 euros par mois.
Dès le début, donc, il s’est courageusement attaqué aux plus pauvres. Et en même temps, la même année, il a supprimé, pour les plus riches, l’impôt de solidarité sur la fortune, l’ISF, et instauré une "flat tax", c’est-à-dire un prélèvement forfaitaire unique sur les intérêts du capital. Officiellement, il s’agissait de favoriser l’investissement.
Heureusement qu’on a supprimé cette aberration de taxer la réussite quand elle réinvestit sur notre tissu productif. Mais l’an dernier, quatre ans après l’adoption de ces réformes qui avaient évidemment été présentées comme nécessaires, France Stratégie, un organisme d’évaluation et de prospective rattaché à Matignon, a constaté, comme l’avait alors relevé Le Monde, que ces réformes n’avaient pas eu d’effet sur l’investissement. En revanche, elles ont très considérablement accru la concentration des dividendes chez les plus riches.
Emmanuel Macron a également durci les règles d’indemnisation du chômage, et soumis ses bénéficiaires à des contrôles toujours plus sévères, comme pour mieux installer dans l’opinion l’idée selon laquelle les chômeurs et les chômeuses sont des fraudeurs et des profiteurs en puissance. Puis enfin, il veut désormais conditionner le versement du RSA à une contrepartie : pour bénéficier de cette aide, qui les maintient loin sous le seuil de pauvreté, les allocataires devront désormais effectuer 15 à 20 heures d’ "activité" par semaine. Donc, insistons : Emmanuel Macron et son gouvernement ne protègent pas le modèle social français : ils l’abîment.
Ils prennent aux pauvres pour donner aux riches. Et ça, c’est exactement le contraire de ce que notre modèle social est censé faire. Mais leur affirmation selon laquelle ce modèle ne pourra être préservé que s’ils réforment les retraites présente un double avantage.
D’abord, elle leur permet, comme on l’a dit tout à l’heure, de disqualifier quiconque protesterait contre une réforme profondément antisociale, qui, d’après Le Journal du dimanche, qui n’est pas exactement un brûlot bolchevik, va se traduire par une perte de revenus pour une part non négligeable de la population, en particulier chez les femmes et chez les ouvriers. C’est contraire à la logique ambiante de l’esprit, comment dirais-je… socialo-marxiste, qui prédomine. Ensuite, cette propagande permet au gouvernement de nous imputer à nous, collectivement, une responsabilité qui n’est pas la nôtre, et de faire payer par les salariés la protection d’un système de retraite qu’il pourrait parfaitement pérenniser en faisant d’autres choix budgétaires.
Voici par exemple une intéressante petite histoire. Au printemps 2021, le gouvernement français a annoncé que l’Égypte venait de lui acheter 30 nouveaux exemplaires du Rafale, l’avion de combat du groupe Dassault, dont le développement a coûté, soit dit en passant, plusieurs dizaines de milliards d’euros à l’État français. Ce nouveau contrat égyptien, d’un montant de 3,7 milliards d’euros, a évidemment été présenté comme un magnifique succès commercial.
Mais comme l’avait alors révélé le site Disclose, l’Égypte, pour payer ces avions, a dû contracter un prêt sur dix ans auprès de plusieurs banques françaises. Et ce prêt a été garanti, à hauteur de 85 %, par l’État français. De sorte que si l’Égypte, qui traverse de graves difficultés financières, ne peut pas honorer ses paiements : ce sont les contribuables français qui paieront finalement ces Rafale, dont le coût représente un tiers du montant du déficit des retraites, estimé à 10 milliards d’euros.
On pourrait donc imaginer que pour protéger le modèle social unique au monde auquel ils semblent tellement tenir, quand ils ne sont pas occupés à le détricoter, Emmanuel Macron et Élisabeth Borne décident de ne plus garantir les prêts contractés par des acheteurs d’armes françaises. Ils pourraient même décider de limiter leurs investissements dans le développement d’avions de guerre qui seront ensuite vendus à des régimes tyranniques : cela leur permettrait d’économiser quelques autres milliards d’euros. Ils pourraient aussi se décider à lutter pour de bon contre l’évasion fiscale, qui coûte chaque année 80 milliards d’euros à la France, c’est-à-dire 8 fois le montant du déficit des retraites en 2021.
Et bien sûr : ils pourraient rétablir l’impôt sur la fortune, dont la suppression fait perdre à l’État quelques 3 milliards d’euros de recettes fiscales tous les ans, c’est-à-dire un tiers du montant du déficit des retraites. Puis enfin : ils pourraient taxer les superprofits, comme le font déjà plusieurs pays d’Europe, notamment l’Espagne, où le gouvernement espère engranger sept milliards d’euros en deux ans grâce à impôt exceptionnel. Mais il est vrai que de telles mesures risqueraient de fâcher les clientèles auxquelles Emmanuel Macron, président des riches, n’a jamais cessé de faire des cadeaux depuis son élection.
On comprend dans ces conditions, qu’il soit beaucoup plus simple pour lui et ses ministres de proclamer que le sauvetage du modèle social français impose plutôt de faire payer les plus pauvres. Qu’allez-vous faire d’eux ? Rassurez-vous, ils ne courent aucun danger.
Au contraire, ils vont travailler. Que voulez-vous qu’il leur arrive de mieux ? Mais vous m’avez promis qu’ils seraient libres.
Le travail, c’est la liberté.