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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 21 février 2023 32 min

Régionalisme : une menace pour la République ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

et pour ce club spécial avec nous Benjamin Morel bonjour Benjamin merci beaucoup d'être avec nous constitutionnalistes et auteurs de ce livre la France en miettes régionalise l'autre séparatisme s'est aux éditions du Cerf et Frédéric Berry est avec nous bonjour merci d'être là président de la collectivité européenne d'Alsace Alex nous a rejoint et si vous êtes là messieurs c'est parce qu'on va faire un grand débat dans ce club autour de cette question le régionalisme est-il une menace pour l'unité de la République c'est c'est la thèse de votre livre Benjamin on va en parler exactement certains et on vend débattre avec Frédéric Berry évidemment mais d'abord Alex pour y voir claire un point il y a plusieurs collectivités dans le pays qui ont un statut particulier oui il y en a beaucoup alors d'abord on va aller en métropole ou certaines collectivités ont un statut particulier on va voir et bien les cas de Paris Lyon de l'Alsace et de la Corse d'abord la ville de Paris à cette particularité d'avoir à la fois les compétences d'une commune et d'un département la métropole de Lyon depuis quelques années regroupe les compétences du département du Rhône et de l'aire urbaine de Lyon et puis il y a la connectivité européenne d'Alsace récemment créée qui fonctionne comme un département mais avec des compétences supplémentaires relatives à la coopération transfrontalière la promotion du bilinguisme ou encore la politique touristique et puis la collectivité de Corse à un statut unique avec un exécutif une assemblée des compétences élargies sur l'éducation le développement économique les transports le logement ou encore l'environnement et Alexandre outre-mer les collectivités ont tout un statut particulier et oui là on est vraiment sur des statuts sur mesure pour chaque territoire mais on peut distinguer deux types de collectivités d'outre-mer d'abord ce qu'on appelle les régions et départements d'outre-mer c'est à dire des collectivités qui ont à la fois les compétences de d'une région et d'un département c'est le cas de la Guadeloupe de la Réunion et de Mayotte la Martinique et la Guyane font aussi partie de ces de cette catégorie mais on le statue de collectivité unique et puis ensuite vous avez des collectivités d'outre-mer plus autonomes il s'agit des îles Wallis-et-Futuna Saint-Pierre-et-Miquelon Saint-Barthélémy Saint-Martin et la française alors chaque territoire a quand même des statues et une autonomie différent et puis autre cas de figure la Nouvelle-Calédonie qui est bien est engagée dans un processus de décolonisation régie par l'Accord de Nouméa de 1988 à cet accord il prévoyait et bien un transfert de compétences importantes de l'État vers les nouvelles Calédonie et puis une série de référendum d'autodétermination qui se sont seuls dès ces dernières années par un maintien dans la République française il faut noter aussi que les institutions de Nouvelle-Calédonie partagent la souveraineté avec l'État ça c'est une particularité il y a aussi une citoyenneté néocalédonienne propre et l'État reste seulement compétent dans le domaine régalien merci Alex pour ce point on va y aller directement messieurs est-ce que ces statues particuliers se sont une richesse ou une menace pour l'unité de la République française alors si vous regardez tous les exemples européens moi ce que je fais un petit peu en tant comparatiste et bien vous regardez que les problèmes en termes de régionalisme on va revenir peut-être sur ce que c'est à dire que si j'ai pas de dire la région est en elle-même le problème ni d'ailleurs les identités régionales encore moins ce qu'on pourrait appeler les petites patries mais le régionalisme politique celui qui vise à un séparatisme vis-à-vis de la nation ils s'enrichit d'une chose en réalité c'est pas la décentralisation prenez l'Allemagne vous avez un pays très décentralisé mais de manière symétrique tous les Länders ont les mêmes compétences et ont un statut à peu près particulier à peu près égale vous pouvez avoir des variations dans les noms vous avez des vous avez des l'Ender qui vont avoir des appellations particulières mais grosso modo le statut est le même ce qui pose problème à l'étranger c'est ce qu'on appelle la décentralisation asymétrique c'est à dire quand vous avez un jeu qui va être un jeu de différenciation justement des statuts avec un élément si j'ai une identité plus affirmée j'ai le droit à un statut qui est un statut de plus d'autonomie alors a priori entre gérer une compétence publique et avoir une identité affirmée il n'y a pas de lien direct entre une compétence santé et une identité priori on pourrait se dire que le lien est pas direct mais malgré tout si je veux affirmer mon identité je veux avoir plus de compétences et donc ce faisant c'est ce c'est cet élément qui va entraîner un qui fait qui est en effet désagrégation à la fois à travers une forme de concurrence interne entre les parties et ensuite entre des concurrences internes entre les régions et il y a un risque de désagrégation si vous regardez aujourd'hui ce qui se passe les Corses disent nous on veut un statut à la néocalédonienne et je pense que Frédéric Biry nous dira que le statut Corse est très enviable donc c'est ce jeu entre guillemets de course les uns avec les autres qui à terme devient dangereux dans les années 68 69 il disait la nation française est consolidée et aujourd'hui on doit s'appuyer sur la richesse et la diversité des spécificités territoriales pour construire une décentralisation qui a qui a du sens et aujourd'hui je crois pas qu'ils problèmes pour moi de d'identité aujourd'hui le combat que je mène pour l'Alsace c'est un combat pour améliorer l'efficacité de l'action publique pour revitaliser la démocratie et je pense que c'est à partir des réalités des territoires quand il y a un sentiment d'appartenance que nos concitoyens sont prêts à se réinvestir et aujourd'hui on voit bien la République est affaiblie si on veut la renforcer je pense que c'est par la proximité des territoires donc pour vous c'est pas un enjeu identitaire c'est une question d'efficacité alors après politique d'efficacité de politique c'est cela exactement et mais le sentiment d'appartenance a un territoire c'est ça qui peut amener les gens à se dépasser à s'impliquer dans la société dans la citoyenneté et c'est ça qu'il faut qu'on réussisse à reconstruire dans une société oui alors le sentiment d'appartenance il est pas du tout contenable bien au contraire c'est à dire la logique de la Petite Patrie telle qu'on l'entend historiquement c'est grosso modo et bien l'appartenance à un tissu politique culturel local qui fait que tout d'un coup vous avez envie de participer à cette grande patrie qui est la nation donc ça en soit c'est pas du tout condamnable et la décentralisation permet ça le problème en réalité c'est que en singularisant les statuts je crée une forme de concurrence identitaire et ça on le voit très très bien à l'étranger et avec cette concurrence identitaire et bien j'ai une identité qui de plus en plus devient antagoniste et aujourd'hui en effet quand vous parlez de Gaulle en effet de Gaulle à une approche de la décentralisation qui a une approche dirait relativement classique il crée des régions où il veut créer des régions ces régions ont les mêmes compétences et même compositions etc on est dans quelque chose de très très classique le problème c'est qu'actuellement on dérive justement vers quelque chose de nouveau où vous avez cette concurrence d'identité et vous avez qui plus est on y reviendra peut-être avec la Bretagne parce que la collectivité européenne d'Alsace est relativement exemplaire en la matière mais avec un usage parfois très détourné des symboles et aujourd'hui en effet à si vous regardez un certain nombre d'enquêtes la Corse par exemple et la région d'Europe pour lesquelles on vote le plus pour des parties régionalistes ou séparatistes plus qu'en Catalogne plus qu'en Écosse si vous prenez la Bretagne le taux de Breton qui se dit breton plus que français est passé en 30 ans de 15 à 40 %. donc on a des mouvements de fond en Alsace on a des sondages plus anciens mais on voit également qu'il y a une forme de montée à un moment si vous prenez les autres pays d'Europe il y a un moment où ça craque je parlais du taux de breton se disant plus breton français c'est exactement le même taux d'écossais qui se disait écossais plus que britannique au début des années 2000 avant qu'on rentre justement dans ce phénomène de surenchère donc oui là-dessus on n'est pas immunisée on va parler de la Bretagne dans quelques secondes mais vous entendez ce que dit Benjamin Frédéric Berry est-ce que ce que vous dites à savoir que pour vous ce qui prime c'est l'efficacité politique et l'efficacité économique ça ne va pas forcément dériver vers quelque chose de plus identitaire en tout cas moi je le ressens pas du tout comme ça en Alsace en Alsace on est très attaché à la nation française notre pays à la République et d'ailleurs toutes les décentralisations qu'on a mené en Alsace à l'époque Adrien Zeller etc ont toujours apporté une valeur ajoutée à l'action publique nationale et c'est comme ça qu'on inscrit aujourd'hui notre démarche après incompatible d'être attaché à la République et de vouloir se singulariser et montrer son identité je pense qu'au contraire c'est une richesse c'est une richesse supplémentaire pour la nation française et dès lors qu'on reste attaché à la République c'est vrai que chez nous on est attaché à la République et on pense d'ailleurs que aujourd'hui avec la marque Alsace par contre par exemple on apporte un plus à notre pays on contribue à réduire le déficit de la balance commerciale on est aujourd'hui dans une territoire avec une singularité à la fois transfrontalière et européenne avec des 80 institutions internationales à Strasbourg donc nous nous on a une démarche à la fois porteuse de porteuse de la France porteuse aussi de l'Europe Benjamin est-ce que parce que le sous-titre de votre livre c'est régionalise l'autre séparatisme est-ce que être attaché à sa région vouloir la défendre ça empêche d'être attaché à la République est-ce que c'est forcément un séparatisme absolument pas et là encore une fois il faut distinguer plusieurs concepts d'abord il y a un régionalisme qui est un outil de décentralisation de démocratisation c'est celui que vous évoquez et on peut se retrouver mais fondamentalement le problème avec ça c'est qu'aujourd'hui les statuts particuliers la complexification des compétences font que la plupart des citoyens ont du mal à comprendre si je suis électeur en Alsace comprendre que la collectivité européenne c'est pas une collectivité à statut particulier mais un département incompétence particulière qui dispose de certaines compétences de la région bref l'enjeu identitaire devient saillant également parce que en matière de décentralisation à moins d'avoir fait un master de récent c'est compliqué ensuite vous avez je dirais une fin un Master 2 en Droit des collectivités territoriales très récent parce que ça change tous les trois ans de l'autre côté et bien ce qu'on va appeler les petites patries justement ce sont en réalité des identités locales qui vont être complémentaires de la grande prenez les différentes langues régionales etc la plupart du temps vous avez un taux d'interpénie d'interpénétration très fort avec les langues locales prenez par exemple ce qu'on pourrait appeler l'Alsacien mais en réalité au sud de l'Alsace on va parler plutôt je parle sous votre contrôle mais un moyen allemand au nord on va plutôt parler du français etc donc on a en fait toute une gradation de langues dans lequel le français l'allemand vont être plus ou moins pénétrant etc ça c'est évidemment quelque chose qu'il faut sauver le problème c'est quand vous dites bah voilà ça c'est la longue régionale ça il va falloir purger tous les apports du français et on va reconstruire une histoire on va l'idéaliser pour faire un ennemi c'est la France ça c'est une démarche idéologique cette démarche idéologique elle est portée elle a été portée historiquement par certains groupes dans toutes les régions françaises le problème aujourd'hui c'est que pour tout un tas de raisons parce que les vieilles générations qui étaient porteuses de ces cultures parce que également les collectivités qui avons voulu se légitimer et donc ont été chercher ce logiciel parce que c'était celui qui était le plus facile le plus pratique et le plus disponible et bien on reprit et on communiqué là-dessus et aujourd'hui en effet dans une partie de la population et bien il y a cette idée que l'Alsace c'est ça la Bretagne c'est ça le Pays Basque c'est ça et là ça devient dangereux parce qu'on est plus dans la petite patrie on est dans une démarche idéologique qui souvent a pas grand chose à voir avec les cultures originelles locales qu'au contraire on est tous et là en effet un il y a danger et il y a mort de culture alors deux remarques par rapport à vos expressions d'abord sur la simplification institutionnelle nous ce qu'on défend puisque vous évoquez les compétences de la collectivité européenne d'Alsace aujourd'hui on a rassemblé deux anciens conseils départementaux du Haut-Rhin et du bas donc on a des compétences départementales plus quelques compétences supplémentaires qui fait de nous collectivités statut particulier de fait pas de droit mais mais mais de fait mais aujourd'hui ce qu'on attend nous aujourd'hui c'est récupérer les compétences de la région et ce qui fait que pour nos concitoyens ce serait simple une seule collectivité avec des compétences croisées département région qui permet d'appréhender la politique publique à 360 à 360 degrés une administration de moins moins d'élus donc aujourd'hui on va dans le je pense dans le sens de la simplification de l'action publique donc ça c'est le premier point je voulais évoquer le deuxième par rapport aux langues nous on a la fois l'Alsacien et l'allemand on alsacien c'est un socle culturel historique qui fait le lien entre nos concitoyens et auxquels nous sommes particulièrement attachés pour ça qu'on a une petite très forte en la matière mais c'est un attachement de lien et à côté de cela on a l'enjeu du bilinguisme avec l'allemand parce que là on a nous nous l'espace de dynamique de notre territoire c'est l'espace drainant donc à la fois Suisse et le bas le bas de Wurtenberg et c'est à cet échelle là qu'on doit réfléchir aussi nos politiques publiques et c'est comme ça qu'on apporte une dynamique supplémentaire à la France et c'est comme ça que du coup on inscrit nous ces enjeux à la fois alsaciens et bilingue mais dans une démarche d'ouverture on n'est pas dans une démarche de on se referme sur nous-mêmes on est dans une démarche de construction vers l'Europe ou alors rapidement pour vous répondre sur les deux points alors concernant les collectivités à sais-tu particulier quoi qu'on dise et quoi qu'on veuille et même s'il y a des fusions entre les différents niveaux ça ne simplifie pas la plupart des de nos concitoyens comprennent le schéma des collectivités territoriales au niveau national quand vous avez une forme d'homogénéité sinon en fait la compréhension et le coût d'entrée qui est déjà très grand en matière décentralisation vous le savez et bien ne se fait pas et donc ce faisant vous avez un effet qu'un effet déceptif un effet de retrait si vous prenez les compétences des régions elles n'ont fait que croître depuis les années 80 le taux d'abstention n'a fait qu'augmenter tout bêtement parce que c'est pas lisible c'est pas compréhensible moi on peut se retrouver sur l'idée que par exemple il faudrait fusionner au niveau national région et départements avec une collectivité intermédiaire unique sur tout le territoire dont l'Alsace pourrait être parti parce que on va vite s'entendre sur la loi neutre la loi notre a été une absurdité et la fin de la région Alsace et sa fusion dans le Grand Est les régions exactement on a quand même un monstre avec le Grand Est ce qui est plus grand que la Belgique et la Belgique exactement est un pays fédéral la grande Aquitaine c'est la taille de l’autriche et c'est également un pays fédéral donc si vous voulez on est face à des choses qui de toute façon posent des problèmes et la collectivité européenne d'Alsace et je dirais la conséquence de ça et je suis d'accord vous en avez pas l'origine ensuite sur le fond fusionner c'est pas forcément un apport démocratique justement je disais là le grand est plus que la taille de la Belgique et donc on va fusionner des départements et on va avoir de plus en plus des collectivités intermédiaires qui sont quand même des collectivités de grande taille alors l'Alsace reste relativement à taille humaine si vous fusionnez les départements et la région bretonne là vous arrivez avec une collectivité extrêmement grande qui en fait est très jacobine d'une certaine façon parce que vous avez une seule et même collectivité extrêmement éloignée aujourd'hui quand vous prenez toutes les enquêtes il y a deux demandes des Français lisibilité les collectivités à statut particulier n'y participent pas proximité voire hyper proximité quand vous fusionnez vers le haut ça n'y participe pas non plus justement quand on parle de démocratie nous nous avons mené une action une consultation 160 000 personnes qui ont participé à cette consultation 92% des anciens le retour du d'Alsace à part entière donc on est complètement aujourd'hui dans cette logique démocratique et au regard justement des différences entre les territoires ça a du sens qui est des territoires qui soient dans une forme de différenciation qui n'est peut-être pas valable partout parce que effectivement les tailles font que les choses évoluées et on voit bien aujourd'hui que ces grandes régions notamment les régions XXL celles qui ont rassemblé trois anciennes régions on voit bien qu'aujourd'hui elles sont complètement artificielles nos concitoyens ne peuvent pas y adhérer on est dans des républiques technocratiques là on voudrait dans les républiques démocratiques donc on a on a à mon sens quelque chose à construire et on a toujours été pionnier en Alsace de la décentralisation on peut être laboratoire d'une d'une organisation nouvelle on va aller en Bretagne Benjamin si vous le voulez bien parce que vous me parlez de la Bretagne depuis tout à l'heure on va y aller je vais avoir besoin de VOUS Alex parce qu'en Bretagne la ville de Vitré a décidé de s'afficher en breton et les panneaux d'entrée de vie affichent désormais avec with règles voilà qui parle breton beaucoup mieux que moi en complet en complément français dans le cadre d'une charte signée le premier février manière de mettre en avant les spécialités régionales on regarde ce reportage de Marion Delpech aux portes de la Bretagne la ville de Vitré en Ille-et-Vilaine ces 18000 habitants sont château ou flotte le drapeau de la Bretagne et désormais ces cinq nouveaux panneaux de signalisation bilingue aux entrées et sorties de ville une action menée dans le cadre de l'adhésion à la charte pour le développement de la longue bretonne niveau 1 validé par les élus aujourd'hui plus que jamais les régions ont besoin de s'identifier nous voulons pouvoir mener à bien des actions pour être plus efficace plus lisible sur l'action publique donc tous les discours que l'on peut entendre aujourd'hui sur plus de centralisation qui est le cas ne nous convient absolument pas et c'est pour ça qu'on y travaille dans une région à forte identité comme celle de la Bretagne nous pouvons faire des propositions nous l'avons fait un certain d'entre nous sont allés rencontrer des parlementaires les sénateurs travaillent sur ces questions là et la Bretagne peut être un vrai exemple à Vitré le Breton est promu à l'école publique et priv auprès de 80 enfants à Rennes préfecture de la région c'est une nouvelle filière bilingue pour les primaires qui ouvrent tous les deux ans et de plus en plus de lieux culturels comme le musée de Bretagne propose des audioges en breton et en galop une initiative saluée par la conseillère au langue de la ville élu du parti Union démocratique bretonne située à gauche de l'échiquier politique la langue c'est aussi un facteur d'identité quant à un citoyen lambda par le français il sent que c'est sa langue et que c'était important et imaginez l'importance ce que l'école donne à la langue française donc on est tous français ici mais on est aussi breton et c'est à dire qu'il y a une partie de la population qui qui voit dans cette langue une langue qui périme et qui qui mérite de d'être transmise encore pour que les générations suivantes et cette mémoire historique culturelle et pourquoi pas politique décidé à s'engager pour redonner à la Bretagne des structures politiques économiques et culturelles le Parti Breton demande le transfert rapide de certaines compétences à la région c'est indéniable que beaucoup de sujets ont progressé sur la réunification sur le rapport à la langue aussi sur le logement sur toutes les politiques en réalité que l'idée est finalement qui ont aujourd'hui une majorité de Bretons sont convaincus ou de corps ou de basse ou de catalans ou d'Alsaciens c'est qu'en fait des politiques menées dans ces domaines-là seront plus efficaces si elles sont menées à partir du gouvernement régionaux plutôt qu'à partir de Paris comme c'est le cas actuellement une question plus que jamais d'actualité alors que les élus breton relancé ce mois-ci le débat sur le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne Benjamin vous les comprenez ces élus qu'on vient d'entendre et qui affiche la culture bretonne mais qu'on affiche la culture bretonne et même qu’on la sauve ça m'apparaît tout à fait essentiel la question c'est qu'est-ce qu'on sauve quand vous voyez madame le CALENNEC la mère de Vitré qui est très très fière de présenter un panneau en breton devant sa ville alors sans être extrêmement précis sur l'histoire la Bretagne voir en Bretagne on ne parle pas que Breton historiquement on parle de langues à l'ouest ou parler en effet le Breton fait vous parler des différents versions du breton du l'ENT etc qui sont en fait différentes déclinaisons locales déclinaisons locales que au début du 20e siècle et bien on va tenter d'unifier qu'est-ce qu'on va faire on va dire il y a une seule langue et tous les apports du latin du français on va les enlever et on va les chercher des mots du Gallois pour recréer en grande partie une langue et encore une fois ce n'est que l'ouest de la Bretagne à l'est donc dans la ville de Vitré on parlait le galop c'est une langue Dole assez proche du coup de l'ensemble des longues dogs donc le français et cette langue Dole elle va être jugée les nationalistes bretons comme étant pas très intéressante parce que justement trop proche du latin trop proche du français quelque chose qui permet pas d'affirmer la singularité de la collectivité du coup qu'est-ce qu'on va faire on va dire bah voilà cette ville elle a peut-être jamais parlé bretons elle n'a jamais parlé bretons depuis le Moyen-âge mais on va sous-titrer les panneaux en breton et on va créer des écoles en breton le galop on va le mettre pour faire plaisir mais en réalité il est 25 fois moins financé par la Région Bretagne et de l'autre côté dans le pack d'avenir pour la Bretagne signé par Edouard Philippe et René et Loïc schizney Girard et ben il figure pas exactement et donc aujourd'hui on dit sauver des cultures et tant mieux il faut les sauver mais on les sauve pas à Vitré cette culture qu'on est en train de justement mettre en avant c'est pas la culture locale c'est une culture idéologisée reconstruite à des saints d'antagonisme national bien souvent parce que derrière il y a d'autres choses qui vont il y a certains langues mais il y a également une histoire une reconstruction historique et cette reconstruction historique elle a été forgée par des militants pour des militants et aujourd'hui en effet elle va permettre de promouvoir un esprit militant très très en réalité régionaliste dans un sens ethno régionaliste et séparatiste c'est ce que j'évoque dans le livre et ça c'est dangereux donc il faut bien différencier d'un côté forcément plus loin et pas on peut pas défendre sa langue régionale tout en se sentant attaché à la France et à la langue française si vous regardez ce qui se passe à Vitré qu'elle aurait été la bonne attitude mais de dire voilà ici on a toujours parlé galops une variante du galop et bien on transmet cette langue on transmet les vraies cultures qui ont été les cultures locales à l'endroit où elles ont vécu ce qui permet en fait une forme d'intercommunalité entre les générations parce que là les gamins qui vont apprendre le breton à Vitré ou à Rennes ils vont pas communiquer avec leurs grands-parents puisque par définition leurs grands-parents soient ils vivent en base Bretagne mais la plupart du temps s'ils viennent de Rennes bah ils parlait pas breton et donc ils vont communiquer entre militants et là on a un phénomène qui est un phénomène qui n'a rien de culturel et qui essentiellement politique et qui détourne l'argent qui devrait aller justement vers le sauvetage des cultures locales vers quelque chose qui est tout autre et qui est un phénomène politique moi je connais j'adore la Bretagne mais je la connais pas suffisamment pour pour décortiquer les mécanismes mais c'est en tout cas pas du tout ce que je ressens aujourd'hui en Alsace pour moi faire gagner les territoires c'est faire gagner faire gagner la France aujourd'hui on a en Alsace on a le on a l'Alsacienne on a aussi le Belge qui que nous portons de nous partons également bien évidemment qui est sur des territoires plus plus réduits donc forcément moins développé transmettre aux jeunes générations ce patrimoine linguistique ça nous semble ça nous semble important aujourd'hui si on veut revivifier la démocratie redonner envie aux gens de s'impliquer parce qu'aujourd'hui on voit bien que face à tous les enjeux de la démocratie on a besoin que les gens s'impliquent pour que les gens s'impliquent il faut qu'ils aient ce sentiment d'appartenance faut qu'ils aient envie de ce et je pense que à travers notre culture on a un socle commun qui donne envie aux gens de s'impliquer moi je vois là on a développé la marque Alsace on est le territoire ou les habitants consomme le plus les biens de leur territoire on est à 8 % je crois que la Bretagne est à 5 la moyenne est à deux ben on est fier de les gens sont fiers de la marque de plus en plus d'entreprises veulent avoir la marque et c'est c'est un outil de lien un outil de dynamique sur le territoire parce que dans ce que vous dites ça veut dire que les grandes régions mais pas que peut-être la déconnexion qui est ressentie par les Français envers leurs élus ça renforce le sentiment régionaliste clairement aujourd'hui on voit quand même le grand test nous à nier les identités de territoire à coups de millions de de communication sur on voulait grand-testiser les choses moi j'étais 80 jours à la rencontre des habitants je leur demandais est-ce que vous sentez grand Estienne ou grand espoir il souriait les gens et le fait qu'on ait voulue nier cet identité forte en supprimant la région Alsace ça a encore renforcé cette volonté d'une retour à une organisation institutionnelle qui a du sens parce que aujourd'hui c'est ça l'enjeu comment rebâtine une action publique a du sens et bien je pense que la bonne la bonne échelle territoriale c'est déterminant est-ce que ces grandes régions renforcer le régionalisme est-ce qu'il y a eu dans certaines anciennes régions le sentiment que leur identité était niait évidemment c'est à dire que alors c'est évidemment particulièrement vrai pour l'Alsace mais si vous regardez les Laurent les Lorrains ou les champignons des noix c'est la même chose exactement et je peux vous dire que l'Auvergnat que je suis naguère aimée d'être fusionné avec le Ronald et que la capitale naturelle de cette nouvelle grande région devrait être Clermont-Ferrand donc évidemment on a tous extrêmement mal vécu lorsque nous avons été fusionnés ce qui était une forme de négation d'identité même quand les identités sont relativement récentes parce que les les entites administratives malgré tout à terme charrie une forme d'identité mais je pense que là-dessus on peut être d'accord la suppression de la région Alsace a été une absurdité et qui plus est à stimuler le sentiment identitaire mais la création de collectivités là-dessus plutôt que le retour au statut quantité et à mon avis un danger ensuite vous évoquez la question de la démocratie mais cette collectivité à statue particulière elle a quand même été rejetée en 2013 et cette collectivité vous parliez de la consultation que vous avez faite mais cette consultation c'est le nombre de voix qui a pas été voir il y a pas eu de problème n'a pas été pas tout à fait la même qui montre que ça n'intéressait pas forcément les Alsaciens au point de la mobilise aussi parce que ce qui était proposé un organisation c'était quand même une usine à gaz et aujourd'hui on est dans quelque chose de très simple nous on a organisé le l'Alsace en territoire donc on a redonné le pouvoir décisionnel aux élus en proximité ce qui a changé complètement la donne et puis le fait qu'on qu'on à l'époque on parlait pas du grand test parce que sinon le vote aurait été bien évidemment complètement complètement modifié et puis je vais juste revenir sur les marques parce que aujourd'hui avec en faisant une région Grand Est on a enlevé la marque champagne oh la marche champagne c'est quand même beaucoup plus important que la marque que la marque grand est oui de mots alors sur les sur la démocratie tout de même c'est-à-dire que moi je suis d'accord sur le fait qu'en effet le grand test a changé la donne mais fondamentalement l'idée que on remet en cause le résultat des référendum a été souvent le cas prenez l'accord en 2003 référendum les corps disent non on arrive à une collectivité test du particulier idem pour le grand idem pour le pour l'Alsace donc là il y a malgré tout un enjeu démocratique qui me semble assez problématique sur les marques je suis d'accord avec vous mais attention c'est à dire que souvent la marque Alsace la masse la marque Bretagne etc véhicules également une conception de l'identité qui souvent est très très caricatural et favorise cette diffusion d'un logiciel qui est parfois un logiciel assez problématique donc oui pour la promotion des territoires attention tout de même à ce qu'on en fait moi j'envoie une image de qualité pour la France on va voir alors il y a des collectivités qui ont déjà un statut particulier on en a parlé mais Alex il y a des territoires qui tentent de faire évoluer leur statut mais oui avec des projets de fusion ou de dissociation à direction d'abord les départements savoyards avec et bien la question de la fusion des deux départements de Haute-Savoie et de la Savoie qui revient souvent dans les débats et en 2019 au moment de la création de la collectivité européenne d'Alsace et bien le département de la Savoie a proposé à la Haute-Savoie de fusionner pour former un grand département savoyard aux compétences élargies mais pour l'instant la Haute-Savoie a refusé à reporter le débat aux prochaines années on va aller maintenant au Pays Basque où il existe depuis longtemps un mouvement pour la création d'un département basse alors qu'aujourd'hui et bien le Pays Basque forme avec le Béarn le département des Pyrénées-Atlantiques ce département basque a souvent été une revendication des indépendantistes mais depuis la fin de l'organisation terroriste ETA et bien ce projet est de plus en plus partagé au-delà des indépendants des indépendants d'istes basques et en attendant et bien une très grande communauté d'agglomération du Pays Basque s'est formé avec les 158 communes basques cela fait 315 000 habitants une grande communauté d'agglomérations mais sans les compétences d'un département et certaines collectivités veulent plus d'autonomie il y avait plus d'autonomie c'est le cas de la Bretagne puisqu'on printemps 2022 et bien conseiller régional de Bretagne a voté un vœu à destination de l'État pour organiser d'ici à 2024 d'abord une consultation sur la réunification de la Bretagne c'est à dire le retour de la Loire-Atlantique dans la région Bretagne donc une région à 5 départements et puis aussi pour dessiner un modèle d'autonomie de la Bretagne une autonomie réglementaire et législative c'est ce qui est écrit dans ce vœu du conseil régional avec bien sûr des transferts financiers de l'État et des nouvelles relations budgétaires et puis enfin il y a la Corse Emmanuel Macron durant la dernière campagne présidentielle c'est montré ouvert à un statut d'autonomie pour la collectivité de Corse les discussions ont commencé entre l'État et les nationalistes qui dirigent la collectivité de Corse le ministre de l'Intérieur Gérald de Darmanin était d'ailleurs ce week-end en Corse et maintenant il attend les propositions de l'exécutif Corse sur ce projet d'autonomie c'était la Une de Corse-Matin hier Frédéric Berry la Corse c'est un modèle à suivre pour l'Alsace ah bien évidemment je regarde avec avec attention avec une différence quand même c'est que nous nous on est profondément attaché à la France ce qui est pas forcément le cas partout en plusieurs fois qui se posent chez nous il y a pas de courant sur ce sur cette question tout le monde est et particulièrement clair si vous voulez ce qui est important et la Cour des comptes le relevé par exemple sur le RSA on a besoin d'aborder les politiques publiques à 360 degrés si aujourd'hui on peut s'attaquer les que les départements peuvent s'occuper des méfières du RSA mais peuvent pas s'occuper de la formation ils ont pas le droit de s'occuper de l'économie donc on peut pas aborder la problématique dans son ensemble et aujourd'hui il faut que les collectivités puissent retrouver un pouvoir d'agir et pour moi le pouvoir d'agir c'est le droit les moyens et la maîtrise des moyens financiers c'est ces trois composantes là qui sont essentiels et c'est pour cette raison que moi j'appelle de mes des évolutions législatives en la manière ce qui permettrait de d'améliorer le la qualité l'action publique et la conclusion Benjamin le régionalisme ça va prendre de l'ampleur dans le pays alors si on prend tous nos voisins européens à l'exception de l'Allemagne qu'un modèle très symétrique encore une fois ça a pris l'ampleur donc soit on considère qu'on est un petit Isola une sorte de petit village gaulois ou tout ce qui atteint le monde ne nous atteint pas soit on considère que ce qui a produit des conséquences fâcheuses à l'étranger en Espagne en Belgique en Italie en Royaume-Uni va également nous arriver parce qu'on prend exactement le même chemin justement avec cette approche différenciée avec des velléités qui en fait parce que j'entends tout à fait votre point de vue de dire grosso modo on est très républicain et je vous en fais absolument pas à la fois le reproche et je crois sincère profondément mais ce que ce qu'on constate à l'étranger c'est qu'au bout d'un moment à force d'appuyer sur ce logiciel et de créer un effet de comparaison entre région et bien les républicains ceux qui sont attachés à l'unité nationale finissent fragiliser prenez pas le Jacobi encore il reprend juste avant son départ du pouvoir revendications des nations statut du résident etc etc il finit dévorer comme le labour partie a fini dévorer par le SNP en Écosse donc on voit ce jeu augmenter à la fois dans mimétisme entre régions et dans cette surenchère entre parties et là il y a un vrai vrai danger c'est-à-dire que à terme on sait de manière quasiment statistique parce qu'on a des statistiques où ça mène est-ce que ça peut faire sur les nations corps aujourd'hui il faut voir que Simeoni est embêté la jeunesse Corse qui s'est rebeller l'année dernière je rappelle d'ailleurs que quand le Conseil régional de Bretagne vote son vœu ont des moments où la collectivité de Corse mais ce sera pas en berne en faveur divan Colonna donc je trouve que c'est tout de même d'un peu mauvais goût mais lorsque Siméoni est dépassé par sa jeunesse sa jeunesse elle a été formée dans l'amphithéâtre à quoi Viva à l'université de Corte c'est le nom d'un plastiqueur du FLNC vous pouvez ensuite difficilement considérer que vous pouvez tenir une jeunesse qui a été formée ainsi et en 20 secondes Frédéric Berry sur les le risque cessationniste moi je n'y crois pas les régions allemandes ont beaucoup plus de pouvoir et beaucoup à agir mais que que les régions en France ça ne remet pas en cause le rattachement à l'Allemagne symétrie justement et on refera un débat merci Monsieur d'avoir été avec nous on va regarder la presse régionale reste avec nous [Musique] et Alex elle a une de la presse régionale la visite de Joe Biden à Kef ah oui le prix [Musique]

Régionalisme : une menace pour la République ? — Louise Morel · Pourquijevote