Et s'il n'y avait pas de majorité... #cdanslair 02.07.2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:30OuverteRéponse directe
De quoi s'agit-il concernant les accusations de M.Le Pen?
- 2:00OuverteRéponse directe
Pourquoi M.Le Pen dit-elle cela?
- 4:00OuverteRéponse directe
Un mot sur G.Larcher et sa visite à l'Elysée?
- 8:00OuverteRéponse directe
Est-ce que cette tactique peut empêcher J.Bardella d'avoir une majorité absolue?
- 12:00OuverteRéponse directe
Quel scénario privilégiez-vous à ce stade?
- 16:00OuverteRéponse directe
Est-ce que les vidéos des candidats écartés par leur parti influencent la campagne?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00C.BarbierFait
« Elle soupçonne le président de la République de vouloir nommer une rafale de responsables dans la haute administration afin de gêner ou de bloquer ce que pourrait être un gouvernement RN. »
- 3:00N.Saint-CricqChiffre
« Il y a un nombre, 80, 90... Ca se fait tous les ans. »
- 5:00J.GarriguesFait
« Ce n'est pas inscrit dans la Constitution. Néanmoins, ce domaine réservé a existé. »
- 7:00C.BarbierChiffre
« Ca veut dire beaucoup. Il y avait 306 triangulaires au début. »
- 9:00N.Saint-CricqPromesse
« M.Le Pen a dit que faire l'appoint, ça devrait être possible. »
- 11:00J.GarriguesFait
« Il y a une hypothèse, celle de cette majorité relative des RN, puisant chez les LR de quoi constituer une majorité absolue. »
- 13:00O.BeaumontChiffre
« On est endettés à 3000 milliards d'euros. »
- 15:00C.BarbierFait
« Vous prenez le budget de 2024, vous le coupez en 12 tranches et ça vous donne les tranches de février, de mars... »
- 17:00O.BeaumontChiffre
« 108 articles auraient été rédigés au cours des 15 derniers jours pour influencer en faveur du vote RN. »
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-Tu le vaux bien. -Non, toi, tu le vaux bien. ... - C.Roux: Bonsoir.
Bienvenue dans "C dans l'air". A 5 jours du 2d tour, le ton monte déjà entre l'Elysée et M.Le Pen.
La cheffe de file du RN dénonce un coup d'Etat administratif et la nomination de préfets, de fonctionnaires entre les 2 tours des législatives pour "contrer les élections". L'Elysée appelle M.Le Pen au sang-froid et à la mesure.
De son côté, G.Attal dénonce la panique de Le Pen. Une montée en tension alors que les tractations touchent à leur fin.
Au total, 216 désistements à gauche et dans la majorité pour faire barrage au Rassemblement national. Est-ce que les électeurs vont suivre ces consignes de vote? Est-ce que cela pourrait empêcher J.Bardella de décrocher une majorité qui lui permette de gouverner?
Certains veulent croire qu'une autre cohabitation est possible avec une alliance des Républicains qui irait des Ecologistes jusqu'aux LR. Et s'il n'y avait pas de majorité? Avec nous pour en parler, C.Barbier, éditorialiste politique et conseiller de la rédaction "Franc-Tireur".
Avec nous ce soir, N.Saint-Cricq. Vous êtes éditorialiste politique chez France Télévisions et auteure de "L'Ombre d'un traître".
O.Beaumont, vous êtes grand reporter au service politique du "Parisien-Aujourd'hui en France". Enfin, J.Garrigues, vous êtes historien.
Vous êtes aussi président du Comité d'histoire parlementaire et politique. Bonsoir à tous les 4. Merci de participer à cette émission.
Je vous propose de revenir sur les éléments et les événements marquants de cette journée avec le journal de campagne. - Ces dernières 24 heures, un mot dans toutes les bouches... - M.Le Pen: Le désistement. - Entre 50 et 100 désistements. - Vous n'avez pas le droit de laisser le monde à l'extrême droite. - R.Glucksmann: Il faut impérativement empêcher le contrôle de ce pays par l'extrême droite. - O.Grégoire: J'espère que nous réussirons à bâtir une grande coalition. - Vous pensez que je suis venu vous déposer un CV? - La question, c'est: est-ce qu'une brutalité va s'ajouter à une autre brutalité? - Vous avez fait des calculs? - Visiblement, oui. - M.Le Pen: A partir du moment où vous avez 200 députés... - J.Bardella: J'ai besoin d'une majorité absolue. - E.Ciotti: J'appelle au grand rassemblement. - La candidate du Rassemblement national privée d'investiture après une publication sur les réseaux sociaux d'une photo. - J.Bardella: Mais ce ne sont pas des candidats qui représentent le peuple de France. - A gauche, comment ça va? - Basta. - Je vous le dis avec certitude, ce ne sera pas J.-L.Mélenchon. - M.Bompard: C'est son point de vue. - Nous sommes prêts à gouverner. - A demain. - C.Roux: On va en parler, de tout ce qui a été évoqué dans tout ce journal de campagne.
Revenons d'abord sur cette passe d'armes. Ce n'est pas encore le cas...
Des communications fermes du côté de M.Le Pen et de l'Elysée. M.Le Pen estime que c'est un coup d'Etat administratif qui est en train de se mettre en place.
De quoi s'agit-il? - C.Barbier: Elle soupçonne le président de la République de vouloir nommer une rafale de responsables dans la haute administration afin de gêner ou de bloquer ce que pourrait être un gouvernement RN et ses 1res mesures.
Ca relève beaucoup du fantasme et surtout de la stratégie politique. Le président nomme à des emplois civils et militaires. C'est la Constitution.
C'est soumis au contreseing du Conseil des ministres et peut-être à validation du Parlement. Tout cela est public. Ce n'est pas un coup d'Etat.
Ce n'est pas illégal. Ce n'est pas un coup de force. C'est peut-être une accélération, comme à chaque fois qu'il y a un changement... - C.Roux: Pourquoi dit-elle cela? - C.Barbier: Elle fait allusion à l'Etat profond, comme si on allait mettre des grains de sable dans les rouages de l'Etat pour éviter la volonté populaire d'être exhaustée.
Comme ils l'ont fait avant le 1er tour en disant que la responsabilité militaire du chef de l'Etat était honorifique, elle installe un bras de fer. Elle est déjà à la phase suivante. Il s'agira de faire pression sur le président, de l'affaiblir pour qu'il y ait une présidentielle anticipée. - C.Roux: Une réaction de l'Elysée.
C'est assez inhabituel dans cet entre-deux-tours de la campagne. L'Elysée appelle M.Le Pen au sang-froid et à la mesure. - N.Saint-Cricq: Chacun veut envoyer l'état de panique vers l'autre.
Quand G.Attal a annoncé la suspension de l'assurance-chômage, on a eu de l'autre côté: "Vous voyez, ils paniquent. Ils cherchent n'importe quoi pour se faire aimer." C'est de bonne guerre.
C'est argumenté par la liste des nominations qu'il y a eu il y a un an, en juin, en juillet...
Il n'y a pas une valse cette année qui serait importante...
Il y a un nombre, 80, 90...
Ca se fait tous les ans. - C.Roux: Ce n'est pas n'importe quel poste. - N.Saint-Cricq: Ce qui est intéressant, c'est de voir demain.
On nous cite des préfets, des recteurs...
Sur la direction de la police nationale, on va voir si ça continue demain. On commence à se diriger vers quelque chose qui pourrait être plus stratégique, mais on est loin d'une espèce de "spoil system" où tous les fonctionnaires sont changés parce qu'ils ne sont pas de la bonne couleur...
Ca l'installe au pouvoir. - C.Roux: On parle du directeur général de la police nationale, qui est en poste...
M.Le Pen disait que c'était un poste éminemment stratégique. - O.Beaumont: Et le poste aussi du directeur général de la gendarmerie.
C'est assez commun qu'il y ait des vagues de nominations l'été. C'est arrivé avant E.Macron.
Demain, il devrait y avoir une dizaine de nominations. Ce n'est pas prévu que demain, ces 2 nominations. Ce sont des départs annoncés.
Ils doivent tous les 2 faire valoir leurs droits à la retraite à la fin de l'été. Quand on annonce ces nominations? Il y a un petit bras de fer en interne entre Beauvau et l'Elysée.
G.Darmanin dit que ce serait une pure folie d'annoncer la nomination à quelques jours des élections. - C.Roux: M.Le Pen a considéré que le poste de chef des armées... "C'est un titre honorifique.
Ce n'est pas lui qui décidera." - J.Garrigues: Ce n'est pas vrai par rapport aux précédentes cohabitations.
Domaine réservé, c'est une pratique. Ce n'est pas inscrit dans la Constitution. Néanmoins, ce domaine réservé a existé.
Les présidents de la République ont eu leur mot à dire dans les 3 cohabitations précédentes. Ils ont eu toujours leur mot à dire sur les affaires étrangères. Ils ont parfois pris le leadership là-dessus. - C.Roux: Ca écrit quand même une cohabitation, si cohabitation il y a avec le RN, qui sera dure. - J.Garrigues: Totalement.
Elle sera différente de celle qu'on a connue. On parlait de "cohabitation velours" pour les débuts de Mitterrand-Balladur. Je retiens le terme "coup d'Etat." Ce n'est pas J.Bardella qui attaque mais M.Le Pen qui se met à hauteur du président et qui emploie le terme "coup d'Etat".
On parle juste de prérogative présidentielle. C'est curieux. - C.Roux: Ca raconte quelque chose sur la façon dont M.Le Pen imagine les responsabilités...
Un mot sur G.Larcher. Le président du Sénat se rend à l'Elysée et a pris le soin d'expliquer qu'il allait évoquer le fonctionnement des institutions.
Il précise qu'il a accepté cette invitation comme président du Sénat et non pas comme responsable politique. Pourquoi toutes ces précautions? - N.Saint-Cricq: Pour montrer qu'il y a un léger danger.
Ca va dans le sens de la thèse et de la communication de G.Attal et du chef de l'Etat et d'un certain nombre de ministres. Il y a un danger pour les institutions...
Quand on parle de guerre civile, ça veut dire quelque chose. C'est pour montrer qu'il y a une poignée de gens sérieux qui sont là au cas où le coup d'Etat viendrait du RN. Il y a un peu de politique, quand même, sur l'état de force des LR...
Si cette majorité plurielle risquait de voir le jour, il y aura un rôle des LR important à jouer. - C.Barbier: C'est curieux que G.Larcher ait été consulté en moins de 10 minutes pour la dissolution alors que c'est prévu par les textes, et là, qu'il ait droit à un rendez-vous en présentiel à l'Elysée pour réfléchir à la suite... - C.Roux: Les candidats avaient jusqu'à 18h pour déposer leur candidature et acter officiellement les désistements.
Au final, pour ce 2d tour, 128 candidats de gauche se sont retirés et à peu près 80 pour Ensemble! et ses alliés pour bâtir un front républicain face au RN, qui dénonce de son côté la tambouille et les arrangements. - Après le coup de massue, la main tendue, celle notamment du Premier ministre, qui suspend la réforme de l'assurance-chômage, longtemps dénoncée par la gauche. - G.Attal: Je ne peux pas dire d'un côté que je souhaite que dans cette nouvelle Assemblée, il y ait des forces politiques différentes qui puissent travailler ensemble, échanger au service des Français et prendre un décret qui, vu les résultats, aurait été vu comme une forme de passage en force.
J'assume de suspendre cette réforme. - Favoriser le front républicain, pourtant, au sein même du gouvernement, les avis divergent. Avec ou sans LFI?
Rappel à l'ordre du président face à M.Le Pen en 2017 et en 2022: la gauche avait joué le jeu. ...
Malgré les hésitations sur le terrain, le compteur des désistements pour le second tour s'est emballé. Plus de 200 au total. - F.Bayrou: Ce que je sens aujourd'hui, c'est que beaucoup de forces qui, hier, étaient de manière acharnée dans l'opposition et agressives dans l'opposition, ne voulant même pas considérer comme des interlocuteurs ceux qui étaient dans la majorité au pouvoir, beaucoup de ceux-là réfléchissent. - Un barrage à l'extrême droite qui agace les premiers concernés. - E.Ciotti: Je crois que ça va provoquer une prise de conscience dans le pays.
Il est tellement ridicule, grotesque...
C'est l'alliance de la carpe et du hérisson. - M.Le Pen: Les désistements et les consignes de vote sont le pire des mépris à l'égard des électeurs. - Une fois l'Assemblée constituée, ce front républicain pourra-t-il se transformer en grande coalition de gouvernement?
Comment la délimiter? A 5 jours des résultats, chacun y va de son appel du pied. - X.Bertrand: Il faut proposer une voix et un espoir à chacun.
Chacun sera face à ses responsabilités. Ca veut dire avoir un gouvernement provisoire, jusqu'à la prochaine élection présidentielle, au maximum. - La coalition, quoi qu'il arrive, se ferait sans J.-L.Mélenchon, trop clivant, souligne l'ancien leader de la CFDT, L.Berger. ...
Pour les leaders du Nouveau Front populaire, une étape à la fois. La gauche est arrivée devant le groupe présidentiel dimanche soir. - O.Faure: Comment pourrais-je aujourd'hui considérer que je vais accepter d'être supplétif d'une majorité en déroute?
Est-ce que nous pourrions avoir une majorité ensemble pour revenir sur la réforme des retraites? Si c'est une majorité qui revient sur la loi immigration, je dis oui. Je ne veux pas être dans une situation où je devrais répondre aux injonctions des uns et des autres. - De son côté, LFI a déjà annoncé son refus de participer à une grande coalition.
M.Bompard insiste: si LFI vient à gouverner, ce sera pour appliquer uniquement son programme. - C.Roux: Nous allons revenir sur cette grande coalition.
Un mot sur les désistements. C'était jusqu'à 18h. Qu'est-ce que ça veut dire, quand on dit 216 désistements? - C.Barbier: Ca veut dire beaucoup.
Il y avait 306 triangulaires au début. Ca change beaucoup l'arithmétique du 2d tour. Vu de l'intérieur, quand on est dans le système, qu'on compte les bulletins, on fait de la tactique.
Si on est un simple citoyen, ça ressemble à de la tambouille. On voit des situations cocasses qui font rire tout le monde. Des électeurs LFI sont obligés de voter pour E.Borne, qui a fait la réforme des retraites, ou G.Darmanin, qui a fait la loi immigration.
Dans l'autre sens, il y a des électeurs issus de la majorité présidentielle qui vont devoir voter pour LFI, alors que LFI a mené un train d'enfer à l'Assemblée nationale. - C.Roux: C'est un front républicain fragile? - C.Barbier: Oui.
Les électeurs ne suivront pas aveuglément et en masse les consignes. Ca peut même être, dans certains endroits, un front républicain contre-performant. Même si, quand on regarde en termes tactiques, c'est de l'addition...
En termes éthiques, c'est de la compromission. On passe l'éponge d'année de pugilat...
C'est pour avoir un siège en moins au RN et un siège en plus pour la gauche. C'est compliqué politiquement. Quelques députés de plus pour le RN, ça peut faire une majorité absolue.
Pour LFI, ça ne le fera jamais. C'est le sujet. On fait passer les principes après les calculs.
Or, on a déjà vu, lors de la constitution du Front populaire, R.Glucksmann, après les européennes, passer sous les fourches caudines de J.-L.Mélenchon.
Les calculs avant les valeurs. Dans l'estime de la population, y compris de la population de gauche, ça peut faire des dégâts plus profonds. G.Attal, de la même manière, va du côté de Mélenchon...
Mélenchon a eu l'habilité de se présenter à 20h04 aux côtés de R.Hassan...
Dans l'esprit des électeurs... - C.Roux: C'est au cas par cas. - C.Barbier: Ils le font beaucoup.
Il y a eu très peu de cas où ça a été un veto. Ca a complètement fracturé la Macronie. E.Philippe et B.Le Maire ne sont pas sur la ligne de G.Attal ou d'E.Macron.
Coup double ou coup triple pour J.-L.Mélenchon.
Il a réussi à rester dominant dans l'alliance de gauche, il a réussi à diviser la Macronie et à se préserver comme personnage politique majeur. - C.Roux: La lecture politique, vous la faites avec brio.
Est-ce que ça veut dire que cette tactique, cette habileté, peut empêcher J.Bardella de s'installer dans le fauteuil de G.Attal avec une majorité absolue?
Est-ce que ces calculs, ces tactiques, ces arrangements peuvent avoir l'efficacité recherchée? - J.Garrigues: Sur le papier, oui.
C'est ce qu'anticipent un certain nombre d'enquêtes aujourd'hui. Mais rien n'est sûr. Surtout, il ne faut pas sous-estimer une autre enquête qui disait que dans l'esprit des Français, LFI était devenue aujourd'hui plus répulsive que le Rassemblement national.
Dans l'esprit d'un certain nombre d'électeurs, du bloc central ou des républicains, ça va être difficile de les convaincre de voter pour un candidat de LFI, et même de ce Nouveau Front populaire. Il est objectivement dominé par LFI. C'est très compliqué.
Le tri fait par un certain nombre de responsables du bloc central, c'est évidemment de séparer les socialistes et les communistes, la gauche plurielle, de LFI. C'est un tri que beaucoup d'électeurs vont avoir du mal à faire. Il y aura cet effet répulsif de J.-L.Mélenchon, même s'il est aujourd'hui quasiment dissident dans son propre groupe.
Vis-à-vis de ce Nouveau Front populaire, il peut y avoir des réactions étonnantes. - C.Roux: M.Le Pen a donné un chiffre: 260.
S'ils arrivent à 260, elle a dit qu'ils trouveront ce qui manque. - N.Saint-Cricq: M.Le Pen a dit que faire l'appoint, ça devrait être possible.
Ils considèrent qu'on peut détacher une quinzaine de LR qui souhaiteraient les soutenir. Du côté de Liot...
Ils pensent qu'ils pourraient aller piocher à droite, à gauche. Ils annoncent qu'ils sont en négociation. Ce sont des gens qui se connaissent, qui se voient localement.
Ce n'est pas si compliqué de dire: "Qu'est-ce que tu ferais, toi?" Ils se donnent une marge de manoeuvre tout en gardant un Bardella qui répète "majorité absolue", et elle, disant...
Ils ne veulent pas qu'on leur reproche...
Ils sont quand même extrêmement politiques. Ils ne veulent pas qu'on leur dise: "Vous avez voulu le pouvoir. Maintenant, vous vous défilez." Ca s'est bien passé avec les candidats qui ont obéi aux états-majors.
Il y a une sous-distinction entre les insoumis fréquentables et ceux qui ne le sont pas. Les gens peuvent considérer que s'ils se retrouvent au 2e tour avec LFI et le RN...
Ils ne voient pas pourquoi on les a enfermés dans cette espèce de duo qui peut être épouvantable pour eux. Ils peuvent s'abstenir ou faire le contraire de ce qu'ils seraient censés faire pour manifester quelque chose. J'en reviens à ma pensée initiale.
Le RN ne veut pas qu'on dise qu'ils sont des irresponsables donc ils marquent bien des choses de manière à dire et à renvoyer à E.Macron l'idée...
Majorité absolue? On ouvre un peu mais pas plus... - C.Roux: Un mot sur les divergences qu'on a vues passer au sommet de l'Etat entre le président et le Premier ministre, qui se sont finalement ralliés sur la même ligne, et une partie de la Macronie.
Vous parliez d'E.Philippe, de B.Le Maire, qui n'étaient pas sur cette ligne. - O.Beaumont: C'est ce qui est terrible pour E.Macron.
Il a provoqué la dissolution pour clarifier le paysage politique. Finalement, ça se fait à ses dépens. C'est encore plus compliqué qu'avant dans sa propre majorité.
Depuis le soir du 1er tour, il y a des divergences profondes, qui actent aussi la fin du macronisme. Les propos d'E.Philippe, qui est sur une ligne très dure, c'est-à-dire ni RN ni LFI, comme B.Le Maire...
Ce sont des propos tenus par des personnalités qui ont des ambitions pour la suite. Aujourd'hui, la consigne donnée par Matignon ne rentre plus en compte. Ils ciblent une erreur de la part de G.Attal, notamment.
C'est-à-dire d'amener à se retirer au profit de candidats LFI. Ils considèrent que c'est une stratégie mortifère. Pour eux, ça ne prendra pas.
Ces gens-là n'iront pas voter pour des candidats LFI. - C.Roux: Je me mets à la place des gens qui nous regardent et qui, depuis quelques heures, commencent à entendre parler X.Bertrand de gouvernement provisoire, d'Assemblée plurielle...
G.Attal a utilisé ces mots à dessein hier soir, chez nos confrères de TF1, avec l'idée qu'il y aurait des Premiers ministres de gauche qui pourraient porter cet attelage...
Est-ce que c'est ce qui est en train de se jouer en coulisses, une alliance des Républicains avec un spectre très large? - O.Beaumont: Oui.
L'exécutif sortant joue en défensive aujourd'hui. La seule stratégie aujourd'hui est d'empêcher le RN d'avoir la majorité absolue. C'est en passe de se concrétiser, au vu des nombreux désistements.
On peut supposer que le RN n'aura pas de majorité absolue au sein de l'Hémicycle. Mais qu'est-ce qu'on fait derrière? C'est là où les calculs ont lieu.
G.Attal, depuis Matignon, passe des coups de fil, y compris à des interlocuteurs des Républicains, des insoumis, des Ecologistes...
Ils essaient de bâtir, quoi, je ne sais pas, mais...
G.Attal n'emploie plus le mot "coalition". Ils veulent essayer d'agréger autour d'eux des figures du PS jusqu'à LR.
Je ne vois pas comment ça peut tenir, ne serait-ce que pour 2 ou 3 raisons assez simples. Il y a la question du pouvoir d'achat aujourd'hui, du budget, de la dette. On est endettés à 3000 milliards d'euros.
Il y a la question de la sécurité et de l'immigration. Ce sont des thèmes parmi les sujets de préoccupation des Français. Entre la gauche et la droite, ça ne tient pas du tout.
Il y a un budget à préparer. Le budget discuté et voté en fin d'année, c'est en ce moment qu'il devrait commencé à être discuté. Je ne vois pas comment ça pourra être fait demain dans le cadre d'un gouvernement tenu par un Premier ministre dont on ne connaît pas l'étiquette, qui aurait à batailler avec un ministre qui vient du PS, un autre qui vient de LR... - C.Roux: On a appris à faire ça.
B.Le Maire dit qu'on ne fait pas une coalition pour barrer une route mais pour ouvrir un chemin. Pour lui, sans majorité absolue, il faudra faire autrement. - J.Garrigues: Ca ne correspond pas à la culture politique française.
Ce genre de coalition a existé à plusieurs reprises, dans les moments les plus dramatiques de notre histoire, comme en 1914, ou l'affaire Dreyfus, ou après 44...
Ca ne correspond pas à la culture politique de la Ve République et ça ne correspond pas à ce moment d'extrême polarisation. Si on était en Allemagne, par exemple, où on aurait une social-démocratie tranquille, et de l'autre côté, des démocrates-chrétiens, avec une tonalité sociale, vous pourriez avoir quelque chose. Là, vous êtes en présence de 2 camps...
M.Valls parlait de gauches irréconciliables. On a 2 camps très différents.
Sur les questions économiques, sur le social, comme sur la question des retraites...
Comment résoudre cette contradiction majeure? Ca ne concerne même pas LFI, qui devrait, à mon sens, être mise de côté dans une telle alliance, mais ça concerne les socialistes, les Ecologistes, qui n'ont cessé de condamner la politique de transition écologique très insuffisante de Macron. - C.Roux: Mais qui appelle à voter pour des candidats Ensemble! pour faire barrage au RN. - J.Garrigues: Si cette mythologie du front républicain va au-delà de ses traditions, de la tradition de la polarité, on pourrait tenter quelque chose. - N.Saint-Cricq: C'est le rêve de F.Bayrou.
Il avait expliqué au chef de l'Etat en lui disant: "Tu fais la proportionnelle. Avec cette proportionnelle, ça fera émerger des groupes et non pas des coalitions. On pourra bâtir quelque chose." Pour faire des choses moins intelligentes que vous mais prendre simplement une calculette...
Si on additionne les projections...
Si on est à 30 LR, 100 Ensemble, en supposant que tous les LR reviennent, si vous rajoutez les socialistes...
Combien? 40. Les autres, vous allez les chercher où? - C.Barbier: Le gouvernement favorise les socialistes. - N.Saint-Cricq: On n'est pas sûrs du tout.
On n'a pas les 280. C'est joli, la majorité plurielle, sympathique, mais je ne vois pas où on les trouve. - J.Garrigues: Il n'y a pas besoin d'avoir la majorité absolue.
Il suffit d'avoir un gouvernement qui ne suscite pas une motion de censure. - C.Roux: Vous pouvez nous interroger grâce au QR code qui s'affiche sur votre écran.
Il suffit de le scanner et interroger les experts. Question. On entre dans la science-fiction. - C.Barbier: C'est ce qu'expliquait Jean.
S'il n'y a pas de majorité pour un gouvernement, il faut nommer un gouvernement qui n'est pas de majorité contre lui, qui s'appuie sur une majorité relative ou une grosse minorité à l'Assemblée mais qui, à aucun moment, ne donne l'occasion aux 2 oppositions de se réunir sur une motion de censure. Il faut choisir une personnalité neutre. - C.Roux: On entend parler de gouvernement de techniciens. - C.Barbier: Ca peut être aussi de vieux sages retirés de la politique qui sont dans une position Il y a un cas dans l'histoire de la IIIe République, G.Doumergue.
Il a été rappelé comme une espèce d'amortisseur des tensions idéologiques. - J.Garrigues: Ca s'est mal terminé. - C.Barbier: Mais ça a tenu un peu.
A l'époque, il n'y avait pas la possibilité de redissoudre. Sinon, un technicien. Vous prenez la secrétaire générale du gouvernement actuel.
Elle sait parfaitement faire fonctionner un gouvernement, faire des réunions interministérielles, bleuir les papiers qui circulent. Elle ne peut pas prendre de décisions politiques. La réforme des retraites, la réforme de l'assurance-chômage...
Il y a le problème du budget. Le budget, vous pouvez diviser l'article 47 de la Constitution, qui permet de le faire passer par ordonnance mais à identité du budget précédent, ce qu'on appelle les 12 douzièmes. Vous prenez le budget de 2024, vous le coupez en 12 tranches et ça vous donne les tranches de février, de mars...
Vous ne pouvez ni faire des recettes ni rerépartir les dépenses. Il faudrait tenir jusqu'en juillet suivant, c'est-à-dire pendant la préparation du budget 2026 pour pouvoir dissoudre et avoir une Assemblée qui reprenne les rênes. On rentre dans une terra incognita juridique et politique. - C.Roux: Je vais vous demander aux uns et aux autres le scénario que vous privilégiez à ce stade.
Est-ce que c'est la science-fiction que vient de décrire C.Barbier, où on est au début de quelque chose, d'une crise institutionnelle? Sans se projeter sur les résultats...
Je me tourne vers l'historien. - J.Garrigues: C'est difficile.
Je ne suis pas prophète. Il y a une hypothèse, celle de cette majorité relative des RN, puisant chez les LR de quoi constituer une majorité absolue. C'est une vraie hypothèse.
Je ne sais pas si elle est préférable à une autre hypothèse, qui serait de fonctionner...
J'ai confiance dans les institutions. La Ve République et les institutions sont suffisamment souples pour permettre de faire fonctionner des choses différentes. Les cohabitations ont plutôt bien fonctionné. - C.Roux: Ce sera de toute façon une cohabitation. - J.Garrigues: Malgré tout, l'hypothèse d'un gouvernement minoritaire, en tout cas en majorité relative, de manière provisoire, ça pourrait fonctionner. - C.Roux: L'union des droites par les électeurs...
C'est N.Sarkozy qui avait évoqué ça dans une interview au "Figaro". C'est obtenir une majorité avec des LR qu'on irait décrocher... - J.Garrigues: Si vous additionnez les voix du bloc central d'Ensemble! et des LR, vous êtes quasiment à hauteur du Front populaire et pas très loin du RN.
Vous pouvez aller chercher du côté des autres gauches de quoi remplir votre cagnotte. - C.Roux: O.Beaumont, au sommet de l'Etat, du côté de ceux qui sont encore ministres pendant quelques jours, un scénario est privilégié?
Est-ce que tout le monde attend le résultat de dimanche soir avec beaucoup d'inquiétude? - O.Beaumont: Le scénario privilégié dans les ministères est qu'ils sont en train de faire leurs cartons.
Eux ne se projettent pas du tout dans les jours qui vont suivre ce contour de l'élection présidentielle. Quant à ce qui va se passer après, rien n'est sûr. Qu'est-ce qui va se passer après?
J.Bardella...
Si on est dans la situation où le RN n'a pas de majorité absolue, qui a les clés? J.Bardella.
Est-ce qu'il accepte ou pas de prendre Matignon? C'est un pari. Ils peuvent jouer le bras de fer avec E.Macron ou aussi se dire: "Tentons." - C.Roux: Quand on parle de bras de fer avec E.Macron, c'est le contraindre à la démission. - O.Beaumont: Oui.
Il a dit au lendemain du 1er tour au "Figaro" qu'il ne démissionnerait pas. C'est un vrai sujet d'inquiétude, y compris parmi les membres du gouvernement. Il avait bien dit qu'il n'y aurait pas d'enseignements nationaux des résultats européens.
Il a fini par dissoudre le soir même. Pour avoir eu l'occasion d'échanger avec lui et quelques confrères il y a quelques jours, il y a un pari cynique dans tout ça. Dans la tête d'E.Macron, il y a l'idée de se dire qu'au soir du 2d tour, si le RN n'est pas en capacité d'avoir une majorité absolue, le RN sera mort.
Il considère qu'un parti arrivé en tête au scrutin européen en faisant 2 fois plus que son second, qui n'arrive pas derrière à enclencher une dynamique suffisante, c'est la preuve que ce parti n'arrivera jamais à rassembler la majorité pour avoir les pouvoirs. Il pense que ce sera une cassure dans la dynamique à laquelle on assiste. - C.Roux: On peut imaginer qu'au lendemain d'un 2d tour qui envoie plus de 260 députés RN à l'Assemblée nationale...
Il y aura une pression très forte pour arriver à trouver une majorité. - C.Barbier: Avec un scénario peut-être intermédiaire.
S'il est à 15 ou 20 de la majorité absolue, il faut aller les chercher. Ca prend du temps. Le président peut constater qu'il n'y a pas de majorité évidente. "Nous enjambons les JO..." A la mi-août, on regarde si quelqu'un a été capable de rassembler. "Je convoquerai à ce moment-là les leaders de ces nouvelles coalitions pour voir si l'un d'entre eux peut former un gouvernement." Les Français seraient soulagés de se dire qu'on suspend le temps le 10 juillet et qu'on se retrouve le 15 août. - C.Roux: Après les JO. - C.Barbier: Y compris dans les partis politiques.
Je ne suis pas sûr que cette décision soit impopulaire. - N.Saint-Cricq: Les marchés peuvent bouger...
Les entreprises ne s'installent plus. Il y a une crise économique...
Il y a la possibilité aussi pour J.Bardella, pour se sortir de cette configuration sans avoir l'air de se planquer, de se dire, une fois qu'il est en cohabitation: "J'ai été empêché par, par, par..." de manière à ne pas neutraliser la candidature de M.Le Pen.
Le RN change d'avis, mais il change d'avis dans un sens où il y a de moins en moins de choses dont on se dit qu'il pourrait le faire vite. Il y a la possibilité que ce sera rendu plus facile par la neutralisation progressive du programme. Il dit que 2027 est le vrai rendez-vous. - O.Beaumont: A l'heure où on se parle, il n'est pas prévu d'expression particulière du chef de l'Etat. - C.Roux: Sur les réseaux sociaux, la campagne pour les législatives est partout.
Mélange de contenus officiels, de parodies, d'invectives, d'insultes...
Les états-majors organisés poussent les contenus qui peuvent faire le buzz et parfois décrédibiliser l'adversaire. - Ces dernières heures, cette vidéo d'une candidate du RN est devenue virale. - J'ai comme ophtalmo un juif et comme dentiste un musulman. - Un contenu visionné des milliers de fois, commenté et relayé par de nombreux politiques comme le communiste I.Brossat. ... - Ou l'écologiste S.Rousseau. ... - La campagne se fait aussi dans l'arène numérique et notamment sur TikTok et ses 21 millions d'utilisateurs par mois.
Un vivier d'électeurs, une arme de communication redoutable pour les politiques. ... ... - Fini les longs discours.
Place au format court pour faire passer des idées. C'est avant tout pour séduire et gagner des voix avec des contenus beaucoup plus légers. J.Bardella, 1,8 million d'abonnés, l'a bien compris. - Une vidéo a été vue sur TikTok.
On voit J.Bardella manger un hot dog. Il n'y a même pas de texte.
On laisse les algorithmes faire leur magie. Dans les commentaires, quelqu'un dit qu'on ne verrait pas Macron faire ça. Ce qui va se passer, dans les publications d'après, même si on n'est pas en train de parler politique, les gens vont dire: "Qui a vu J.Bardella manger un hot dog?" - Ces derniers mois, la popularité du président du RN a même explosé, bien plus que celle de ses principaux opposants. - L'audience de J.Bardella sur TikTok.
C'est depuis mars et ça, c'est juin. A partir de mars, il y a une montée rectiligne, droite. Ca veut dire que, sauf accident, ça a été aidé soit par des bots, des automates qui vont propulser J.Bardella sur TikTok, soit par des campagnes publicitaires de la part du candidat.
En aucun cas, cette courbe est naturelle. Si c'est trop, on va réaliser que ça a été fabriqué en grande partie artificiellement. - Sur les réseaux sociaux, tous les coups sont permis.
Les images d'agressions violentes se multiplient. Autre exemple: cette vidéo cumulant des millions de vues. Un morceau au racisme décomplexé vantant les idées de J.Bardella.
Des comptes souvent anonymes mais très politiques. - C'est rare d'avoir des personnes qui vont s'amuser à utiliser les visages de personnalités politiques, de leur donner des mots imaginaires, de créer des morceaux, de faire des edits ou des filtres pour mettre un chat à côté d'eux...
Généralement, il y a pour but de dénigrer la personne ou de la rendre plus sympathique. Quand on a une musique anti-immigrés et qui fait l'apologie de J.Bardella, on est sur un acte politique. - La présence des politiques sur les différents réseaux sociaux est devenue incontournable.
Aux Etats-Unis, D.Trump, qui avait voulu bannir TikTok, s'est finalement résolu à créer un compte début juin. - C.Roux: On peut ajouter le rap qui s'appelle "No Pasaran" qui commence par "Jordan, tu es mort." - N.Saint-Cricq: Il y a un certain nombre de réflexions sur M.Maréchal qui sont lamentables...
Sous prétexte d'antifascisme, c'est une façon de cracher sur des femmes. - C.Roux: Ca crée du vote? - C.Barbier: Ca crée du buzz, un engouement.
Ca brasse les foules. De là à mener aux urnes ceux qui...
Ca ne convertit pas. En revanche, les stratégies marketing telles qu'on l'a vu avec le hot dog, ça marche. Ca fabrique une adhésion presque hypnotique aux algorithmes et aux messages qui vous reviennent régulièrement.
Ensuite, c'est un personnage que l'on suit. J.Bardella se retrouve être en K.Kardashian de la politique française.
Sans savoir ce qu'il dit exactement et de quel parti il est, il a une notoriété. On peut se mettre à écouter des messages. Là, vous pouvez convertir des électeurs.
Les réseaux sociaux permettent de court-circuiter les médias. On prend des propos et on les dissèque. On organise un débat démocratique.
On les passe dans une sorte d'essoreuse du débat public. Vous êtes maître de votre message et vous le jetez...
Ca peut devenir viral. - C.Roux: Question.
On a vu passer quelques vidéos des candidats qui sont en passe d'être élus, pour certains. Certains ont été écartés par les instances du parti. C'est un travail que font les réseaux sociaux? - J.Garrigues: Ce sont des machines à fabriquer de l'extrémisme.
Les réseaux sociaux sont des endroits où vous avez une surreprésentation du discours extrême, outrancier. On peut le vérifier chaque jour. C'est la logique algorithmique qui donne à manger à ceux qui ont envie de cet extrémisme, cette caricature.
Ca peut être aussi la valorisation de tel ou tel personnage. On sait que J.Bardella doit une partie de sa notoriété notamment à TikTok.
Ce qui me frappe, c'est cette acculturation au discours extrême, à l'absence de débat et à l'esprit critique. C'est très fort. - C.Roux: Des images de violence qu'on voit beaucoup... - J.Garrigues: On sait très bien l'influence que ça peut avoir.
On se souvient de papy Voise pour l'élection de 2002. On était encore dans une préhistoire médiatique. C'était la télévision qui avait amplifié ce fait divers.
Aujourd'hui, c'est tous les jours et constamment. On sait bien à qui ça profite. Ca profite aux 2 extrêmes.
Si on regarde un peu en fil continu ces réseaux sociaux, ça profite aux 2 extrêmes et à ceux qui savent les manier. - C.Roux: Tout le monde joue le jeu.
Le parti Ensemble! propose des contenus de la même manière. - J.Garrigues: C'est l'appétence de ceux qui sont sur ces réseaux sociaux, notamment des jeunes qui ont besoin de choses un peu fortes...
C'est plutôt de l'extrémisme. - C.Roux: Il y a cet aspect, avec cette courbe...
Dans votre journal, on apprenait aujourd'hui que selon un média suédois, des articles visant à influencer le vote en faveur du RN ont été relayés par des robots prorusses. On le saura peut-être après comme on l'a su après pour D.Trump. - O.Beaumont: 108 articles auraient été rédigés au cours des 15 derniers jours pour influencer en faveur du vote RN.
Une soixantaine sont clairement à connotation négative à l'endroit d'E.Macron. On voit que c'est clairement ciblé.
Ce n'est pas nouveau, l'ingérence russe. On sait qu'elle a été très forte lors de l'élection de 2022. Il y a aussi des citations de personnalités publiques qui sont déformées, erronées.
On va jusqu'à une phrase de Beyoncé qui dit qu'E.Macron est la marionnette du Royaume-Uni. F.Cluzet aussi parodié dans ses propos.
On voit bien la difficulté pour la personne qui réceptionne les articles, qui ont l'odeur, la couleur, d'un article écrit par un journaliste professionnel, parfois avec l'habillage d'un média traditionnel...
C'est difficile d'avoir le recul critique et de ne pas savoir où est le faux du vrai. C'est très bien fait. Ces articles sont très retweetés, très relayés.
Ca fait effet boule de neige. - N.Saint-Cricq: On a ça en France, mais on l'a vu au moment de la présence française au Mali.
Il y avait des vidéos faites par des Russes qui montraient à quel point on était des colonialistes immondes, qu'on violait des femmes, qu'on massacrait des enfants. Ca a un impact mondial. Ca touche en 12 secondes des populations qui ne sont pas forcément très au courant, comme les jeunes.
On peut leur raconter n'importe quoi s'ils n'ont pas de culture politique, historique. Il y a à la fois Une diffusion massive, erronée et une possibilité d'ingérence totale. Quand on lit les articles...
Ce n'est pas quelqu'un qui a écrit qu'E.Macron est une horreur...
C'est des trucs faits automatiquement par des IA. On peut les diffuser partout. - C.Roux: C'est nouveau dans cette campagne des législatives?
Est-ce que ça crée une fièvre, pour reprendre le titre d'une série suivie par beaucoup de personnalités politiques...
Ca crée un climat particulier, abrasif, éruptif dans sa campagne plus qu'habituellement. - N.Saint-Cricq: Forcément.
Vous avez des extrêmes. Quand on voit J.Bardella manger un McDo et dire qu'il aime la compote...
A la limite, ça peut faire voter les jeunes. - C.Barbier: L.Fabius aime les carottes râpées. - N.Saint-Cricq: C'était dans "Paris Match".
Les plus âgés comprendront. C'est assez dramatique dans les accusations. Ca peut devenir...
La puissance de la déferlante...
Je ne sais pas bien comment on peut lutter contre ça. - C.Roux: On ne connaît pas l'influence à date que ça peut avoir. - O.Beaumont: Surtout, ça infuse dans les discussions, dans les cellules familiales, entre amis.
Ca part juste d'un principe de réalité. Tout le monde aujourd'hui, peut-être les retraités à part, est présent de près ou de loin sur les réseaux sociaux. - C.Roux: Les retraités sont très présents sur les réseaux sociaux. - O.Beaumont: Entre Facebook, Instagram, TikTok, la palette est large.
Tout le monde a accès à des informations. Une campagne se joue beaucoup plus là-dessus. Souvent, les politiques réagissent en premier sur X.
Ca infuse le discours toute la journée. - C.Roux: On a vu que sur les plateaux télé, ça pouvait être très tendu, très brutal entre les personnalités politiques.
Pour l'instant, ils n'en sont pas venus aux mains. Le ton est fortement monté ces dernières 48 heures. Il y a aussi les tribunes, les feuilles qui s'échangent parfois sur les réseaux sociaux...
Il y a la prise de position de startupeurs qui s'engagent contre le RN et se désolidarisent du Medef. Il y a cette tribune des sportifs qui appellent à voter contre l'extrême droite dans "L'Equipe". On parlait de ce clip de rap.
Il y a des équipes d'historiens, de chercheurs...
Ca pèse dans cette campagne? - C.Barbier: Je ne crois pas.
Mais dans un moment où l'électeur s'est tellement emparé de ses propres passions pour voter qu'il n'est pas accessible aux arguments de corporations qui ne sont pas les siennes. Chacun de ces regroupements apparaissent comme homogènes autour de ses intérêts et déconnectent de l'intérêt de ceux qui votent pour les extrêmes. Regardez la sociologie de ceux qui votent au premier tour.
Regardez vers quel parti ils votent. Ils seraient partis vers les extrêmes. Par leur propre désespoir, inquiétude, colère, ce sont des gens qui se sont déconnectés du cercle de la raison.
Ceux qui ont réussi, économiquement, financièrement veulent montrer le droit chemin. Nous sommes dans une République. Les intellectuels engagés, on en a besoin.
L'effet de levier électoral, je n'y crois pas vraiment. Peut-être sur une partie de la jeunesse...
Les sportifs, pas sûr. - C.Roux: Une tribune avec Y.Noah, Akhenaton, le chanteur d'IAM et Squeezie, un youtubeur bien connu. - J.Garrigues: Je ne suis plus du tout sûr que ça ait la moindre influence.
On n'est plus du temps de J.-P.Sartre ou de M.Foucault. - N.Saint-Cricq: Tout le monde a défendu H.Clinton contre D.Trump. - J.Garrigues: Le clivage est devenu un clivage central dans le débat public.
Ces tribunes viennent de groupes qui sont perçus comme les représentants des élites. Pour le reste des gens, pour l'électeur du RN, c'est toutes ces tribunes qui incitent à voter contre qui ne font que les victimiser. - C.Roux: Ce soir, les tractations se sont terminées à 18h.
On aura d'ailleurs des projections un peu plus fiables dans les jours qui viennent de la part de nos amis sondeurs. Dans la Somme, les macronistes se sont désistés au profit de F.Ruffin, l'insoumis en difficulté.
Est-ce que les électeurs suivront? - Un rayon de soleil pour une humeur maussade. - On va s'accrocher. - Dimanche, F.Ruffin a obtenu 7 points de moins que son adversaire d'extrême droite.
La gifle est sévère pour les militants. - Je suis effondrée. Pour moi, le RN, c'est le pire. - F.Ruffin: Je viens simplement pour transmettre un état d'esprit.
On va gagner. - Rester optimiste alors que la France est déchirée, fracturée, dit-il, par un président qui a fait l'erreur de s'obstiner sur la réforme des retraites, mais pas seulement. - F.Ruffin: La gauche devait apporter une réponse à ça, d'assurer aux Français la stabilité, d'assurer aux Français une protection, de les rassurer.
Pendant tout ce temps, on n'a pas rassuré. J'y reviendrai avec plus de fermeté, plus de clarté à partir de dimanche 7 juillet. - Dans cet entre-deux-tours, F.Ruffin joue la carte de la modération.
Ces militants prennent moins de précautions. - Si le Front populaire perd, ce sera de la faute de J.-L.Mélenchon.
C'est clair pour moi. - Dans la circonscription, la candidate du RN a recueilli plus de 40 % des voix. N.
Ribeiro N.Ribeiro s'en prenait à la personnalité de F.Ruffin lors du débat du premier tour. - Vous préférez la communication que défendre vos besoins.
La gauche n'offre pas d'alternative. Elire monsieur Ruffin, c'est donner le pouvoir à monsieur Macron. C'est pour l'union des droites que je me présente, sous la bannière du RN.
C'est une opportunité unique d'avoir un changement. - Le changement, c'est le mot qui revient dans la bouche de beaucoup de ces électeurs. Cette femme vote pour le RN depuis plusieurs élections. - Je vote pour le RN pour avoir un peu plus de liberté, du changement sur beaucoup de choses. - Les retraites ne sont pas assez élevées, le pouvoir d'achat...
On en a marre. - De quoi? - D'être taxés sur tout. - Il y a l'électricité qui va augmenter de 12 %.
Je ne sais pas si vous vous rendez compte, mais c'est énorme pour un petit salaire de 1000 euros. L'essence...
On en a tous besoin. Quand on n'a pas de voiture, on est perdus. On habite dans une toute petite commune.
Il n'y a pas que ça. - Dans une Picardie largement acquise à l'extrême droite, l'un des derniers bastions de la gauche pourrait basculer. C'est pour cette raison que la candidate de la majorité s'est retirée.
Mais le front républicain peut-il fonctionner? - Le gouvernement demande qu'on fasse barrage à l'extrême droite. Je n'ai pas trop envie de voter pour F.Ruffin.
Je suis contre les extrémistes de quelque nature qu'ils soient. - Un choix cornélien et crucial. Les sympathisants macronistes ont le pouvoir de faire pencher la balance d'un côté ou de l'autre. - C.Roux: C'est précisément ce que vous nous disiez tout à l'heure.
Ca ne va pas de soi. - C.Barbier: Il faut faire un effort sur soi-même.
Il faut comprendre les enjeux. Est-ce si décisif que ça, un RN de moins, un LFI de plus? Si F.Ruffin est élu grâce à ce report des voix macronistes... - C.Roux: Question. - C.Barbier: S'il y a un bon report, l'addition fonctionne sur le papier.
Il faut qu'il y ait ce bon report. Ce ne sera pas pour lui un triomphe. Il va arriver à l'Assemblée et les mélenchonistes vont l'accueillir en lui disant qu'il s'appelle François Macron. "Tu es un LFI, quand même un tout petit peu pollué, sous caution." Il y aura les LFI purs et durs qui seront passés au premier tour et ceux qui ont été sauvés par E.Macron.
Ceux-là seront quand même suspectés d'être des LFI rattrapés. - C.Roux: C'était déjà le cas. - C.Barbier: Ca va permettre à Mélenchon de continuer à disqualifier ceux qui sont un peu rebelles dans son camp.
Est-ce que ça poussera F.Ruffin à faire sécession et à ne pas s'inscrire au groupe LFI, mais au groupe PS ou non-inscrit? Est-ce que ça le poussera à récupérer 15 LFI dissidents et à faire un groupe?
On le verra à partir de la semaine prochaine. Je ne parierais pas dessus. Je pense que la force d'attraction centripète du mélenchonisme est telle qu'ils passeront sous le joug et qu'ils retourneront dans la chapelle. - N.Saint-Cricq: Il y a un degré d'obsession qui rend les choses physiques... - C.Barbier: R.Garrido mise au ban du groupe il y a quelques mois, humiliée par une purge il y a 15 jours, se retire. - N.Saint-Cricq: Elle n'est pas en position de gagner.
La Macronie a aidé Ruffin dans la seconde où ils ont connu ça...
Je ne peux pas imaginer une seconde que l'idée d'empoisonner Mélenchon ne soit pas derrière ça. - J.Garrigues: S'il y a quelqu'un à LFI et même dans les statuts Nouveau Front populaire qui peut être le candidat du rassemblement de tout ce qui ne serait pas Mélenchon, c'est bien F.Ruffin.
Il a une très bonne image. Il parle du travail. Il en parle depuis des années, ce que la gauche n'a pas su très bien faire.
Il a des atouts dans sa manche. - C.Roux: Nous revenons à vos questions.
Question. - C.Barbier: Le remplacement d'un certain nombre de fonctionnaires pour faire un coup d'Etat.
L'ôter préventivement à une majorité RN, ce qui ne correspond à rien...
Vous pouvez nommer des recteurs de police, ce ne sont pas des gens qui seront fondés à dire non à un ministre ou à ne pas appliquer une loi qui aurait été votée. - C.Roux: Question. - N.Saint-Cricq: Il n'y a pas d'injonction à recevoir. "Mon vote, c'est mon moment de démocratie." - C.Barbier: Si le vote blanc était compté parmi les exprimés, il y a des circonscriptions RN, LFI, où le vote blanc arriverait en tête. - O.Beaumont: Il n'y a qu'à regarder la participation de dimanche dernier.
Je pense que ça va être encore très haut. - C.Roux: Traditionnellement, au second tour, il y a plus de participation qu'au premier? - C.Barbier: Ca arrive.
Ca va dépendre de ceux qui n'ont pas voté au premier tour et qui auraient voté RN s'ils avaient voté. Ceux-là peuvent se dire qu'il faut y aller. - J.Garrigues: La précédente dissolution, en 1997, on était passés de 67 à 71 % au second tour. - C.Roux: Question. - N.Saint-Cricq: Qui décrète le barrage au RN?
Il y a un problème démocratique. Faire barrage au RN, je comprends bien les raisons morales. Je comprends tout, mais la démocratie, c'est quand même que les gens qui votent aient le droit de voter et de s'exprimer.
Ce n'est pas d'autres qui leur disent le bien, le mal, le vrai...
De quel droit on dirait ça? - C.Roux: Question. - O.Beaumont: Il a intérêt à débattre avec J.-L.Mélenchon.
C'est son "idiot utile". - N.Saint-Cricq: C'est L.Berger qui l'a dit. - O.Beaumont: C'est pour chercher à installer J.-L.Mélenchon et à continuer à le mettre dans le débat, dans l'humeur du moment.
C'est fait à dessein. - C.Roux: M.Tondelier est très audible dans cet entre-deux-tours. - O.Beaumont: Elle sait ce qu'est la lutte contre le RN.
Elle est depuis très longtemps à Hénin-Beaumont. - N.Saint-Cricq: Elle a l'air honnête.
Elle fait partie des personnalités comme R.Glucksmann qui ont l'air de croire à ce qu'ils disent. - C.Roux: Question.
On est encore dans l'inconnu. Sur quels textes peuvent-ils se mettre d'accord? - C.Barbier: Si c'est le cas de figure d'une majorité introuvable, on rentre dans une phase totalement inédite de la Ve République que certains interprètent comme étant la fin de la Ve.
Ca ressemble à un retour à la IVe doublée d'un président demonétisé, y compris dans son propre camp. Ce serait la fin de cet équilibre voulu par le général de Gaulle. - C.Roux: Question. - J.Garrigues: Ca s'est fait avec M.Draghi.
C'est une hypothèse de transition. S'il s'agit d'aller jusqu'à une éventuelle prochaine dissolution, de faire travailler les poutres à gauche et à droite...
Effectivement, on pourrait avoir un gouvernement... - C.Roux: Question. - C.Barbier: Ils s'en sont mal portés.
Pour les affaires, c'était formidable. Ils s'en sont mal portés dans 2 domaines, et la scission entre Flandre et Wallonie s'est accrue. Ca a donné Molenbeek.
Pendant ce temps, l'Etat se délite. Il n'y a plus de chef, plus d'autorité. - C.Roux: Question. - J.Garrigues: Forcément.
Il faudrait qu'elle aille plus à gauche. A droite, on a un peu épuisé toutes les ressources. - C.Roux: Merci à vous tous.
C'est la fin de cette émission. Il est l'heure de retrouver A.-E.Lemoine et toute l'équipe de "C à vous". - A.-E.Lemoine: Au programme, 3 élections décisives en Grande-Bretagne dans une ambiance délétère.
Aux Etats-Unis, la capacité de J.Biden à se maintenir dans la course. La constitution d'un front républicain en France
Emmanuel Macron