LE PEN : "Je ne suis pas dans une guerre de religion avec l'Islam"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:09OuverteRéponse directe
Est-ce que vous estimez qu'aujourd'hui, la colère sociale peut éclater dans notre pays ?
- 1:42OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous lancez le même appel et vous dites colère, il faut l'exprimer devant les préfectures, se rassembler ?
- 2:33RelanceRéponse directe
Mais avec votre taxe, le gouvernement le dit, ça aurait été beaucoup plus coûteux. Et en fait, finalement, ça aurait eu moins d'impact sur le portefeuille des Français.
- 3:11RelanceRéponse directe
Mais ce qui aurait été plus important, même CLCV, vous savez, c'est l'association de consommateurs, disant un parisien cette semaine, on n'aurait jamais eu un tel montant avec la baisse des taxes.
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Mais oui, mais sauf que beaucoup disent, tapent sur le président et le gouvernement en disant, c'est des chèques, on en fait trop ces derniers temps, c'est de la folie des pensières.
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Et vous-même, le 22 février, vous aviez fait une tribune dans l'opinion pour dire tout ce que vous pensiez du sérieux budgétaire. Vous parliez importance de la dette, vous parliez importance du déficit.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:39Invité politiqueFait
« Comme d'habitude, pas assez, trop tard, avec une forme d'escroquerie d'ailleurs, parce que ces 100 euros visent à compenser le prix des carburants. »
- 0:53Invité politiqueFait
« Non seulement le gouvernement considère que c'est une aide au pouvoir d'achat alors que ça n'est qu'une compensation, mais surtout, j'imagine que l'objectif, c'est de permettre aux gens d'acheter du carburant, qui donc va restituer à l'État, sur les 100 euros, 60 euros, puisqu'il y a 60% de taxes. »
- 1:28Invité politiquePromesse
« Il faut baisser massivement la TVA pour la mener à la TVA des biens de première nécessité, c'est-à-dire 5 au lieu de 20. »
- 3:42Invité politiqueChiffre
« 12 milliards d'euros. »
- 3:44Invité politiqueFait
« C'est-à-dire que pour un véhicule diesel, par exemple, c'est 200 euros par mois qu'on rend. »
- 3:56Invité politiqueFait
« Pour le chauffage, c'est 250 euros d'économie pour une famille moyenne. »
- 4:43Invité politiqueChiffre
« M. Sarkozy aussi, il a augmenté de 500 milliards la dette en un quinquennat, exactement comme Emmanuel Macron, 500 milliards de plus pour un quinquennat. »
- 5:10Invité politiqueChiffre
« Je vais récupérer 18 milliards d'euros sur l'immigration, 15 milliards sur la mesure qui consiste à réserver aux Français les allocations familiales et à accorder les prestations de solidarité, RSA, primes d'activité, APL, causes étrangers qui auront 5 ans d'équivalent temps plein sur le territoire national. »
- 5:48Invité politiqueChiffre
« Et ceci va nous permettre, avec l'expulsion des délinquants et criminels étrangers, d'économiser 18 milliards. »
- 16:23Invité politiqueChiffre
« Parce que le rapport sénatorial parle de 15 à 45 milliards d'euros de fraude. »
- 16:31Invité politiqueFait
« Je pense qu'on aura vraiment des bonnes surprises sur ce sujet. Car je pense que la fraude est beaucoup plus massive que ce qu'on veut bien dire. Mais pour ne pas avoir des batailles de chiffres, j'ai pris le niveau le plus bas. »
- 16:45Invité politiqueChiffre
« 15 milliards tout de même par an. »
- 21:41Invité politiqueFait
« La baisse de l'immigration entraîne la hausse des salaires. »
- 22:00Invité politiqueFait
« D'ailleurs, c'est si vrai, madame, que l'UMI, l'Union des métiers de l'hôtellerie et de la restauration, ils sont en train de réfléchir pour offrir éventuellement, enfin, c'est en tout cas en débat chez eux, un treizième mois aux salariés de cette branche, et une augmentation de 10% des salaires. »
- 33:56Invité politiqueChiffre
« Souvenez-vous du CICE, du crédit qu'on avait accordé aux entreprises. C'était considérable. 18 milliards, on a accordé aux entreprises. Combien ça a créé d'emplois ? 100 000 emplois en 5 ans. »
- 37:16Invité politiqueFait
« on a des résultats qui ne sont pas des résultats qui sont corrects »
- 37:30Invité politiqueFait
« nous avons fait de ces thèmes, des thèmes prioritaires parce que nous savions que c'était des thèmes qui pourrissaient la vie des Français depuis longtemps »
- 37:36Invité politiqueFait
« Nous l'avons fait pendant longtemps seuls d'ailleurs, je l'ai rappelé »
- 38:23Invité politiqueFait
« Les musulmans, en réalité, l'islam et l'islam politique, c'est pareil »
- 38:27Invité politiqueFait
« les musulmans qui ne sont pas des islamistes sont des mauvais musulmans, a-t-il dit »
- 38:38Invité politiqueFait
« il faut lutter contre l'islamisme »
- 39:47Invité politiqueChiffre
« des millions de Français sont privés de leur permis de conduire »
- 41:30Invité politiqueFait
« c'est presque un renforcement de la fermeté contre les délits qui sont des délits de mise en danger »
- 42:24Invité politiqueChiffre
« en 40 ans, on a réussi à obtenir sur l'immigration une unanimité des Français quasiment »
- 42:29Invité politiqueChiffre
« Il y a 85% des gens qui veulent maintenant qu'on règle le problème »
- 44:00Invité politiqueFait
« Il n'a pas appelé à voter pour Jean-Marie Le Pen entre les deux tours de 2002 »
- 44:09Invité politiqueFait
« Il n'a pas appelé à voter pour moi en 2017 alors qu'évidemment face à Macron, c'était moi la candidate qui luttait contre l'immigration »
- 48:16Invité politiquePromesse
« Je vais rétablir un ISF »
Temps de parole
- Marine Le Pen78 %
- Présentateur22 %
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Bonsoir, Marianne Le Pen. Merci beaucoup d'être notre invitée ce soir. Alors, il y a eu l'annonce de cette indemnité à inflation cette semaine sur le front du pouvoir d'achat. J'ai déjà à peu près entendu ce que vous aviez dit sur le sujet, mais est-ce que vous estimez qu'aujourd'hui, la colère sociale peut éclater dans notre pays ?
Oui, bien sûr qu'elle peut éclater. Pour une raison simple, c'est que le carburant est au-dessus des prix qui ont suscité en réalité la révolte des Gilets jaunes. Et qu'à côté de cela, tout augmente. Et beaucoup de Français, des millions de Français n'arrivent plus en réalité à boucler leur fin de mois. Et face à cela, le gouvernement fait mine de temporiser avec une mesure qui est à mon avis totalement inefficace. Comme d'habitude, pas assez, trop tard, avec une forme d'escroquerie d'ailleurs, parce que ces 100 euros visent à compenser le prix des carburants.
Non seulement le gouvernement considère que c'est une aide au pouvoir d'achat alors que ça n'est qu'une compensation, mais surtout, j'imagine que l'objectif, c'est de permettre aux gens d'acheter du carburant, qui donc va restituer à l'État, sur les 100 euros, 60 euros, puisqu'il y a 60% de taxes. Donc en réalité, ça revient à une aide de 40 euros. Tout ça, ce n'est pas bien. Ce n'est pas bien parce que le gaz, l'électricité, le fuel, parce qu'on ne parle pas beaucoup du fuel, mais c'est extrêmement important. Il y a beaucoup dans la ruralité de nos compatriotes qui continuent évidemment à se chauffer au fuel. L'électricité, ce sont des biens de première nécessité.
Et parce que ce sont des biens de première nécessité, alors il ne faut pas faire un chèque de 100 euros juste avant les élections. Il faut baisser massivement la TVA pour la mener à la TVA des biens de première nécessité, c'est-à-dire 5 au lieu de 20.
On va y revenir, mais Fabien Roussel, pour le Parti communiste, appelle par exemple à se retrouver devant les préfectures pour faire entendre la colère. Est-ce que vous lancez le même appel et vous dites colère, il faut l'exprimer devant les préfectures, se rassembler ?
Non, mais la colère, il faut l'exprimer en votant. Vous voyez, c'est un message que je développe auprès des Français depuis maintenant des années. Je leur dis que c'est en votant en réalité que vous exprimez votre colère dans une démocratie.
C'est en exprimant votre souhait de la rupture avec les 30 dernières années, de la manière dont on vous traite des choix qui sont faits et qui ont été faits depuis 5 ans par le gouvernement Macron, qui sont des choix extrêmement clairs, qui consistent en toutes circonstances à aider les plus aisés, c'est-à-dire ceux qui en réalité n'ont pas besoin de l'aide de l'État, et à laisser tomber, voire à rendre plus difficile encore la vie des classes moyennes et des classes modestes.
En aidant tous ceux qui gagnent moins de 2 000 euros avec ce chèque, on débattra encore une fois de la valeur du geste, mais ils visent les plus modestes de ce pays, le président de la République.
Oui, mais la réalité, c'est que ça ne compense pas du tout l'augmentation du carburant. Bon, d'abord, ça ne l'augmente pas. Et puis, pardon, mais prenons un exemple précis. Une mère célibataire avec deux enfants, une famille monoparentale, où la mère de famille gagne 2 100 euros, elle n'aura pas le droit aux 100 euros. En revanche, un jeune étudiant qui n'a pas de voiture et qui habite à Paris et qui gagne 1 800 euros, lui, il aura le droit au chèque de 100 euros. Donc, ça n'a ni queue ni tête.
Mais avec votre taxe, le gouvernement le dit, ça aurait été beaucoup plus coûteux. Et en fait, finalement, ça aurait eu moins d'impact sur le portefeuille des Français. Plus dispendieux, moins d'impact, à part un effet d'annonce. Ce qui aurait été plus important. Même CLCV, vous savez, c'est l'association de consommateurs, disant un parisien cette semaine, on n'aurait jamais eu un tel montant avec la baisse des taxes.
Mais c'est faux. C'est faux, je le dis clairement. Passer la TVA de 20% à 5,5, c'est rendre 12 milliards d'euros aux Français. 12 milliards d'euros. C'est-à-dire que pour un véhicule diesel, par exemple, c'est 200 euros par mois qu'on rend. Et si le couple en a deux, c'est 400 euros qu'on rend. Pour le chauffage, c'est 250 euros d'économie pour une famille moyenne. Ce sont, encore une fois, des économies qui sont très importantes pour les Français. Évidemment, ça a un coût. J'entends bien, mais la politique, c'est l'art des choix.
Mais oui, mais sauf que beaucoup disent, tapent sur le président et le gouvernement en disant, c'est des chèques, on en fait trop ces derniers temps, c'est de la folie des pensières. C'est encore Gérard Laché qui le disait dans le JDD aujourd'hui. Et vous-même, le 22 février, vous aviez fait une tribune dans l'opinion pour dire tout ce que vous pensiez du sérieux budgétaire. Vous disiez jusqu'à quand pourra durer le quoi qu'il en coûte voulu par Emmanuel Macron ? Vous parliez importance de la dette, vous parliez importance du déficit.
Vous avez parfaitement raison de rappeler ces propos que j'ai tenus et qui sont tout à fait raisonnables. Je vous signale au passage que M. Larcher ferait bien de ne pas oublier que M. Sarkozy aussi, il a augmenté de 500 milliards la dette en un quinquennat, exactement comme Emmanuel Macron, 500 milliards de plus pour un quinquennat. Écoutez-moi bien. Avec le projet présidentiel que je présente, l'ensemble de cet argent que je rends aux Français, je ne crée pas un impôt supplémentaire et je n'augmente pas la dette. Mais je fais des économies sur d'autres sujets pour financer précisément cette restitution aux Français de leur argent.
Les économies, elles sont extrêmement claires, ce sont des économies sur l'immigration. Je vais récupérer 18 milliards d'euros sur l'immigration, 15 milliards sur la mesure qui consiste à réserver aux Français les allocations familiales et à accorder les prestations de solidarité, RSA, primes d'activité, APL, causes étrangers qui auront 5 ans d'équivalent temps plein sur le territoire national.
C'est la même proposition qu'a formulée Éric Zemmour aujourd'hui, Marine Le Pen.
Non, pas exactement la même, mais je la propose depuis, encore une fois, de nombreuses années. Donc, notre position est claire sur ce sujet. Nous souhaitons faire des économies sur l'immigration. Et ceci va nous permettre, avec l'expulsion des délinquants et criminels étrangers, d'économiser 18 milliards. Mais c'est 18 milliards, je veux qu'ils repartent aux Français, c'est ça que je veux que vous compreniez.
Mais sur ces aides qu'il n'y aurait plus pour les étrangers, vous parlez des étrangers en situation irrégulière, régulière, parce que lui, c'est bien étranger en situation régulière, par exemple, Éric Zemmour.
Je veux dire que les étrangers en situation régulière pourront obtenir les APL, le RSA, la prime d'activité, s'ils peuvent démontrer qu'ils ont 5 ans d'équivalent temps plein de travail en France. Avant, ils n'obtiendront pas ces aides. Quant aux allocations familiales, elles seront strictement réservées aux Français, quelles que soient les circonstances. Mais donc, il va trop loin, par exemple, sur un tel sujet ? Mais je n'ai pas à dire s'il va trop loin. Il dit ce qu'il veut. Ce que je veux dire, c'est que notre projet, nous l'avons travaillé, chiffré, mesuré, et nous le présenterons en détail dans les semaines qui viennent.
Justement, 22 propositions, c'est ça, Marine Le Pen ? Ce sera 22 mesures ?
Oui, enfin, en réalité, nous mettrons en exergue sur l'ensemble d'un projet qui sera extrêmement complet et qui ne se porte pas que sur l'immigration, que sur l'insécurité, mais c'est vrai, sur le pouvoir d'achat, sur les TPE, PME, sur l'entreprise, sur l'entrée, notamment des jeunes en activité, parce qu'il y a une grande partie de mon projet qui est consacrée aux jeunes, parce que c'est essentiel pour notre pays, mais aussi toute une série d'autres sujets. Pardon. Mais il y a aussi l'aménagement du territoire, c'est essentiel pour rééquilibrer les territoires. Alors, il y a, encore une fois, des sujets qui tiennent au cœur des Français et auxquels il faut apporter...
Quand allez-vous présenter les mesures bouclées, les mesures définitives pour votre programme 2022 ?
D'ici quelques semaines, elles sont déjà bouclées, mais je me laisse le soin de les présenter au fur et à mesure.
Alors, continuons, justement, mais je reviens un instant quand même sur les taxes, c'est un sujet majeur du moment, puisqu'on va en reparler, vous voulez être la candidate du pouvoir d'achat. Les taxes, on les baisse définitivement sur les carburants ? Oui, définitivement. Même si les prix, finalement, baissent, on reste comme ça sur les taxes.
Définitivement, il est honteux, écoutez-moi bien, que l'État, à chaque fois que le carburant augmente, se fasse du gras sur le dos des Français qui n'en peuvent plus. Définitivement, parce que philosophiquement, je considère que le gaz, l'électricité, le fuel et les carburants sont des produits de première nécessité. Les gens en ont besoin pour s'éclairer, pour se chauffer, pour circuler. Circuler, avoir une voiture, dans l'immense majorité de notre pays, ça n'est pas un luxe, c'est une obligation. Car sinon, on ne peut pas travailler, on ne peut pas aller se soigner, on ne peut pas vivre tout simplement.
Mais à long terme, sur le long terme, parce que finalement, cette situation, elle va durer avec les énergies qui vont coûter plus cher, les prix encore en hausse. Comment vous faites face à l'équation qui vaut hausse des prix, mais en même temps, les Français et le monde entier de plus en plus concernés par la question de l'urgence climatique ? Encore une enquête Ipsos de 7 semaines, IFOP de 7 semaines, qui montre plus 16 points d'intérêt des Français, d'importance pour la question de l'écologie. Comment vous faites face à cette équation hausse des prix ?
Mais il n'y a aucun problème pour que l'on fasse. La France et son génie a déjà fait ce choix. Elle a fait le choix du nucléaire. Merci, le général de Gaulle.
Et merci Emmanuel Macron, qui insiste sur le nucléaire ces derniers temps, qui pourront même annoncer six nouveaux EPR.
Madame, Emmanuel Macron se comporte comme une éolienne. Il tourne avec le vent, quand il y en a. La réalité, c'est qu'Emmanuel Macron, pendant tout son quinquennat, a fait la guerre au nucléaire. Il a fermé Fessenheim. Il a abandonné Astrid, le grand dispositif qui permettait précisément d'arriver à quasiment la gestion définitive des déchets. Il s'est engagé à la fermeture de 14 centrales nucléaires. Et au dernier moment, juste avant l'élection, il change d'avis. Eh bien, c'est grave de la part d'un dirigeant, car un dirigeant doit avoir une vision. Au général de Gaulle, il avait une vision. Cette vision a permis à la France d'obtenir un prix d'énergie le plus bas d'Europe.
Et c'est un avantage concurrentiel extraordinaire pour nos entreprises. Et c'est aussi, Madame Carre, il faut le comprendre, la raison pour laquelle l'Allemagne nous fait une telle guerre. L'Allemagne, depuis des années, fait la guerre au nucléaire français, car en réalité, le nucléaire français est un avantage compétitif pour les entreprises françaises. Et les Allemands ne veulent pas que nous puissions obtenir cet avantage compétitif. Donc il faut, au contraire de ce qu'a fait Emmanuel Macron, il faut réinvestir dans la filière nucléaire. Il faut relancer les ETR.
Il faut éventuellement réfléchir à cette petite centrale, même si je pense qu'elles sont plus utiles à l'exportation, en réalité, que sur notre propre territoire. Il faut ne pas abandonner ce qui a été un génie, un effet du génie français. Et là, nous aurons à disposition, à nouveau, de l'énergie à Bakou.
En revanche, sur les éoliennes, vous demandez un moratoire. Et vous demandez même le démantèlement des mâts déjà existants. C'est ça, je ne fais pas d'erreur sur ce point. Mais certains disent que, en fait, ce serait un mauvais calcul. Je vous explique pourquoi. Parce qu'on a un plan de neutralité carbone en 2050 pour la France qui fait qu'on va avoir un besoin beaucoup plus important d'électricité. En somme, nos EPR ne suffiraient pas. On a aussi besoin de ces énergies renouvelables. Et on en manquerait si on les démantelait.
Non, je ne pense pas qu'on en ait besoin. Mais de toute façon, le chantier de démantèlement des éoliennes va se faire sur un certain nombre d'années. Car ce que ne nous ont pas dit les dirigeants qui ont choisi l'éolien et les entreprises qui nous les ont vendues, c'est qu'ils n'ont rien prévu pour leur démantèlement. Et ils n'ont rien prévu, notamment pour recycler les éoliennes. En tout cas, ce qu'il faut, c'est arrêter tout de suite les projets qui sont en cours. Et notamment les champs d'éoliennes, mais aussi les champs d'éoliennes en mer, qui sont un véritable drame pour nos pêcheurs. Et il faudra engager, effectivement, le chantier de démantèlement.
Mais on va faire énormément d'économies en renonçant à l'éolien et aux photovoltaïques, qu'on peut d'ailleurs utiliser pour l'outre-mer, le photovoltaïque, parce que pour le coup, c'est rentable. On peut utiliser un peu dans le sud parce que c'est rentable, mais c'est absolument pas rentable le reste du temps. On va faire des économies de 100 milliards d'euros, car la mise en conformité du réseau à l'éolien et aux photovoltaïques est budgétée pour 100 milliards d'euros. Donc voilà 100 milliards d'euros dont nous allons pouvoir nous servir.
Je le disais, Marine Le Pen, vous avez un slogan récemment au Rassemblement National, en tout cas pour votre campagne, c'est rendre aux Français leur pays et leur argent. Vous voulez être la candidate du pouvoir d'achat. Pas d'erreur de ma part, là encore une fois. Il y a eu un sondage qui a montré encore cette semaine, un sondage élab, que c'est bien le thème principal pour les Français pour la campagne de 2022, mais c'est aussi un sondage qui montre qu'il n'y a pas de candidat qui convainc plus que l'autre dans cette campagne pour le pouvoir d'achat.
C'est-à-dire que l'ensemble, aucune des dix personnalités testées dans le sondage n'obtient la confiance de plus de trois Français sur dix sur le sujet. Et s'il y en a un qui est en tête malgré tout dans ces conditions, c'est Emmanuel Macron.
Mais vous n'avez pas échappé que la campagne démarre et que c'est le rôle d'une campagne présidentielle que de permettre aux uns et aux autres de présenter leurs solutions. Moi, quand je dis aux Français, je vais vous présenter un projet présidentiel que je vais détailler, dans lequel je vais rendre aux ménages français 200 euros par mois de pouvoir d'achat.
Alors ça passe par la baisse de la TVA sur le carburant, ça passe par la suppression de la redevance télé, puisque vous savez que je me suis prononcée pour la privatisation du service public, de l'audiovisuel, ça passe par la baisse du prix des péages, puisque je suis pour la renationalisation des autoroutes, ça passe par la pleine part fiscale pour le deuxième enfant, ce qui va, par exemple, je vous donne un exemple, pour une famille moyenne, eh bien c'est 550 euros de plus par an que va pouvoir obtenir, enfin économiser cette famille.
Ça passe aussi par une mesure, permettez-moi, mais à laquelle je tiens énormément, qui est le retour de la demi-part fiscale pour les veufs et les veuves, que M. Hollande a supprimé, s'attaquant ainsi aux plus faibles d'entre nous, que je trouve, j'ai trouvé, et je me suis beaucoup battue à l'époque, cette mesure indigne. Eh bien je vais rétablir cette demi-part. Et ça aussi, vous voyez, pour une veuve, par exemple, eh bien ça peut aller jusqu'à 550 euros de plus par an. C'est considérable. Il faut rendre du pouvoir d'achat aux Français, parce que l'argent qu'on leur capte, on leur capte de manière injuste.
On leur capte pour faire des dépenses qui sont des dépenses soit inutiles, soit nocives.
C'est une annonce, pardon, sur la demi-part que vous voulez réinstaurer. Oui, c'est une annonce ce soir, parce qu'en effet, vous aviez évoqué tous ces thèmes, ces propositions que vous avez énumérées à l'instant. Il y avait aussi des prix à taux zéro, d'ailleurs, pour les jeunes couples.
Oui, il y a des prix à taux zéro. Il y a aussi le train gratuit pour les 18-25 ans aux heures creuses. Ça aussi, c'est du pouvoir d'achat en plus pour les familles.
Vous aviez en effet dit que vous feriez d'autres propositions. C'était la semaine dernière, je crois, il y a 15 jours au grand maximum. Jordan Bardella l'a refait cette semaine. Donc c'est cette annonce ce soir, en plus d'une proposition. Mais il y en aura d'autres.
Il y en aura d'autres. Oui, il y en aura d'autres. Par exemple, le plafonnement des contrats d'abonnement de gaz et d'électricité, car ils ont augmenté de 70% dans les dix dernières années. Alors ça, vous voyez, ça coûte très peu à l'État. Ça va, en revanche, coûter un peu aux entreprises. Mais c'est normal, parce qu'il faut arrêter de voler les Français comme au coin d'un bois. Vous voyez, à un moment donné, ça suffit. Il faut arrêter de les pressurer. Qui vole les Français ? Ça suffit. Qui vole les Français ?
Mais on vole les Français parce qu'on leur prend de l'argent en ne leur permettant plus de vivre avec leur salaire pour dépenser, encore une fois, des sommes considérables dans l'immigration, dans l'éolien, dans des choses qui sont inutiles, voire nocives.
C'est qui le « on vole » ? Puisque vous dites qu'il faut aussi mettre les entreprises devant leurs responsabilités, les entreprises aussi sont responsables ?
Les entreprises sont quand même responsables des augmentations faramineuses qu'on leur a laissées mettre en place. Et puis qui volent, par exemple, ceux qui fraudent. Parce que la fraude aussi, c'est une économie importante pour peu qu'on accepte de lutter contre elle de manière ferme. Parce que le rapport sénatorial parle de 15 à 45 milliards d'euros de fraude. Vous voyez, moi, dans mon projet, j'ai fixé à 15 milliards. Je pense qu'on aura vraiment des bonnes surprises sur ce sujet. Car je pense que la fraude est beaucoup plus massive que ce qu'on veut bien dire. Mais pour ne pas avoir des batailles de chiffres, j'ai pris le niveau le plus bas.
Mais 15 milliards tout de même par an. – Et vous allez demander quoi aux entreprises, si j'en viens aux entreprises ? Puisque vous les citez immédiatement quand vous dites qu'on nous vole et qu'il faut mettre certains autour de la table.
– Non, non, mais je ne parle pas des entreprises en général. Je parle là, par exemple, des contrats d'abonnement des entreprises de gaz et d'électricité. Vous voyez, je vais leur dire, eh bien, il faut que vous baissiez à 30 euros par mois vos abonnements. Ce n'est pas possible d'avoir des abonnements qui sont…
– Mais comment vous pouvez leur demander et espérer qu'ils le fassent ? Vous les contraignez ? Comment ça se passe ?
– Mais pour ça, il n'y a pas de difficulté là-dessus. Croyez-moi, il n'y a aucune difficulté pour contraindre des entreprises à limiter le prix de leurs abonnements. Mais l'État a laissé faire, parce que l'État est fondé sur une philosophie qui consiste à dire que l'État n'a pas son mot à dire. Alors, bien sûr, l'économie, l'économie de marché, ce sont les entreprises. Mais l'État est aussi là, de temps en temps, pour réguler les excès, et notamment réguler les excès de la mondialisation.
Vous le savez, ça fait partie de mon projet, le patriotisme économique, la lutte contre la concurrence déloyale, dont je pense que ce sont des éléments majeurs qu'attendent les entreprises françaises, les entrepreneurs français, et notamment les TPE-PME, dont je vous ai dit qu'ils seraient le cœur de cible de mon projet économique. Tout pour les TPE-PME, artisans, commerçants. Les grands groupes n'ont pas besoin de l'État.
Je continue sur le pouvoir d'achat juste un instant, parce que dans les dépenses contraintes, comme on les appelle pour les Français, ce qui pèse très lourd aussi, ce sont par exemple les loyers. Est-ce que sur ce sujet-là, vous faites des propositions ?
Oui, je serai amenée à faire des propositions sur le logement, mais d'abord j'en ai une sur le logement social, qui est de réserver le logement social aux Français en priorité. C'est la priorité nationale que je veux, vous le savez, constitutionnaliser et faire voter dans le cadre du référendum sur l'immigration, que je soumettrai aux Français dans les semaines qui suivront mon élection.
Éric Ciotti, du côté des Républicains, dit cette semaine qu'il est aussi pour la préférence nationale, la priorité nationale, mais sur aussi l'emploi, dans le privé comme dans le public. Vous avez vu ça ? Oui. Vous êtes raccord avec lui ? Dans l'emploi aussi ?
Je suis raccord avec lui. Oui, il est assez raccord avec moi, car là encore, cela fait des années que nous réclamons ça. Est-ce que vous vous rendez compte tout de même ? Moi, je voudrais quand même qu'on s'arrête deux minutes pour s'apercevoir de qui sont les gens qui participent de cette classe politique. Pendant des années, pendant presque des décennies, nous avons été mis au banc de la vie politique, au banc de la société même parfois, parce que nous demandions l'arrêt de l'immigration, parce que nous demandions la priorité nationale. Nous avons été combattus, mais avec férocité, par tous les gens qui aujourd'hui viennent nous expliquer que c'est ça qu'il faut faire.
Alors, merci à eux de constater que nous avions raison. C'est grave qu'il nous ait fait perdre autant de temps. C'est ça, en fait, je regrette, moi, parce que l'air de rien, eh bien, ces 10 ans, 20 ans, 30 ans de perdus ont mis notre pays dans une situation extrêmement difficile. Si nous avions mis en place toutes ces mesures, il y a 30 ans, il y a 20 ans, voire même il y a 10 ans, nous n'en serions pas là. Mais après tout, après tout, si aujourd'hui ils prennent conscience qu'ils ont eu tort et que nous avions raison, tant mieux.
J'ai besoin d'avoir le plus grand nombre de Français convaincus de la nécessité de la mise en œuvre de ces mesures pour que les choses se fassent tranquillement, fermement et sereinement. Et donc, sur le fond, est-ce que vous êtes pour une priorité nationale pour l'emploi privé et public ? Oui, même si dans le public, il y a déjà beaucoup de secteurs où, en réalité, la priorité nationale s'applique, c'est-à-dire où il y a des secteurs qui ne sont pas ouverts, en l'occurrence aux étrangers. Mais je suis pour la priorité nationale au logement et à l'emploi et c'est d'ailleurs celle-là qui est indiquée dans le référendum que je veux voir voter.
On parle emploi, on parle entreprise, on peut peut-être parler salaire. Je ne crois pas avoir vu, Marine Le Pen, que vous demandiez une hausse des salaires. Pourtant, c'est au cœur des propositions un peu du moment, dans la campagne, et puis ça revient particulièrement depuis les annonces du gouvernement. Beaucoup disent que ce soit du côté des particuliers ou même du côté politique, mais la bonne réponse face au pouvoir d'achat, c'est d'augmenter les salaires. Pourquoi on ne le fait pas ? Et pourquoi vous ne le proposez pas ?
Alors, d'abord, le premier moyen d'augmenter le pouvoir d'achat, c'est ce que je vous ai dit tout à l'heure, c'est rendre 200 euros par ménage et par mois à tous les Français, en arrêtant la gabegie, le gâchis, les dépenses inutiles. Ça, c'est la première chose. La deuxième chose, c'est d'arrêter l'immigration. Car, comme ça a été le cas en Grande-Bretagne d'ailleurs, l'arrêt de l'immigration a entraîné une augmentation mécanique des salaires de 8,8%.
Il y a eu depuis vos propos, vous savez, des vérifications et plusieurs études qui ont montré que ce n'était pas forcément vrai l'impact de l'immigration sur la baisse des salaires.
Non, sur la hausse des salaires. La baisse de l'immigration entraîne la hausse des salaires. Parce que, d'ailleurs, pour une raison simple, c'est que c'est un effet d'offre et de demande. Plus on a de travailleurs qui acceptent de travailler à très bas coût, plus les salaires sont en réalité bloqués. Moins il y a de travailleurs qui acceptent de travailler à très bas coût, et plus les salaires augmentent.
D'ailleurs, c'est si vrai, madame, que l'UMI, l'Union des métiers de l'hôtellerie et de la restauration, ils sont en train de réfléchir pour offrir éventuellement, enfin, c'est en tout cas en débat chez eux, un treizième mois aux salariés de cette branche, et une augmentation de 10% des salaires. Pourquoi ? Parce qu'ils voient bien que c'est ainsi qu'ils vont pouvoir répondre. Et laissez-moi terminer. En revanche, je proposerai d'ici quelques jours une mesure qui visera à inciter les entreprises à augmenter les salaires jusqu'à deux fois le SMIC. Voilà. Je serai amené à l'annoncer d'ici peu.
Alors, mais, quand même, je suis poussée à vous demander comment vous faites ça ? Comment vous faites avec les entreprises ? Parce que le gouvernement, là, par exemple, en ce moment, depuis quelques semaines, essaye d'inciter les entreprises à dire qu'il faut augmenter les salaires, négocier par branche. Mais ce que je ne veux pas faire... Mais au-delà de l'incantation... Comprenez-moi.
Non, non, non, ce n'est pas l'incantation. Je suis en train de vous dire que précisément, je vous expliquerai comment je ferai. Donc, je vous expliquerai comment je ferai. Et moi, je tente d'en savoir plus. Ce que je ne veux pas, si vous voulez, c'est augmenter les salaires de manière forcée parce qu'il y a beaucoup d'entreprises qui n'y survivraient pas. Vous comprenez le problème ? C'est qu'augmenter les salaires, c'est augmenter les salaires, mais aussi augmenter les charges qui vont avec. Donc, beaucoup d'entreprises ne peuvent pas le faire car elles sont fragiles sur le plan financier parce qu'elles ont été fragilisées concernant leur disponibilité de fonds propres.
Donc, moi, mon objectif, c'est d'augmenter les salaires. Je veux qu'ils augmentent. Je les trouve trop bas. Je le dis depuis toujours, mais je veux le faire de telle manière que ça n'entraîne pas des défaillances d'entreprises qui, en réalité, viendraient grossir les chiffres du chômage qui sont déjà très importants puisqu'on a les mêmes chiffres, en réalité, de gens qui sont au chômage aujourd'hui, qu'on ne les avait toutes catégories confondues, à l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron.
Mais jusqu'à deux fois le SMIC, c'est une large partie des salariés dans notre pays aujourd'hui. Oui, bien sûr, c'est le but. Donc, ce serait entreprendre une large négociation, mettre un grand nombre de partenaires autour de la table. Excusez-moi, je suis encore... Pas obligatoirement. J'essaye d'en savoir un peu plus.
Pas obligatoirement. Mais c'est normal, vous êtes dans votre rôle, mais je vous expliquerai tout ça d'ici quelques jours.
D'ici quelques jours. En tout cas, sur cette question de la hausse des salaires, François Bayrou disait il y a quelques jours que les promesses d'augmentation massive et générale sont des tentatives d'abus de confiance sans crédibilité. Les citoyens ne sont pas dupes.
C'est la raison pour laquelle je pense qu'il faut faire cela en accord avec les entreprises. Il ne faut pas que ce soit quelque chose de forcé. Il faut leur offrir, en réalité, aux entreprises, de quoi augmenter les salaires. Parce que beaucoup de chefs d'entreprise, il faut que vous le sachiez, voudraient bien pouvoir augmenter les salaires. Ils voudraient le faire. Mais l'augmentation d'un salaire, c'est l'augmentation de toute une série de charges qui fait que ça n'est pas accessible pour une entreprise. Mais ils ne souhaitent pas avoir des salariés, pour beaucoup d'entre eux, avoir des salaires qui ne leur permettent pas de vivre dignement.
Donc, voilà, objectivement, vous n'aurez pas très longtemps à attendre pour que je vous explique comment je vais faire. Mais je le ferai avec les chefs d'entreprise et pas, en quelque sorte, contre les chefs d'entreprise.
Sur le temps de travail, est-ce qu'il faudra travailler ? Plus, je ne parle pas de la retraite. Je parle d'horreur travaillé. Xavier Bertrand n'est pas contre un retour aux 39 heures, par exemple. Pour vous, en 2017, vous étiez plutôt pour si on passait par des accords de branche, là encore, sauf erreur de ma part, mais en 2022 ?
Non, mais de manière très claire. Moi, s'il y a des accords de branche pour repasser à 39 heures, je suis parfaitement d'accord. Mais 39 heures, payer 39. Pas ce que proposait M. Fillon, qui était, en réalité, 39 heures, payer 35. Non, c'est 39 heures, payer 39.
Sur la question de la pénurie de main-d'œuvre, on en parle un tout petit peu moins ces derniers jours, mais c'est le sujet, l'un des sujets majeurs du moment qui empêche certainement la reprise ou qui pourra l'empêcher, en tout cas. Faire appel à une immigration économique, à une main-d'œuvre étrangère. Vous citiez le Royaume-Uni, d'ailleurs, tout à l'heure. Le Royaume-Uni le fait. Face à l'urgence, le gouvernement britannique a accordé quelques 10 000 visas de trois mois des étrangers pour les chauffeurs routiers, des ouvriers dans certaines industries.
Est-ce que vous pourriez m'envisager ? Oui, mais la Grande-Bretagne est à un chômage minimum. Ce qui n'est pas notre cas. Nous, on a 6,5 millions de chômeurs, toutes catégories confondues. D'accord ? Donc, on n'est pas du tout dans la même situation que la Grande-Bretagne. Donc, il y a peut-être... Bon, d'abord, le dispositif que je vous ai annoncé et que j'expliquerai un peu plus tard va contribuer à l'augmentation des salaires. Si on augmente les salaires, par définition, on rend évidemment ces emplois plus attractifs. Je pense qu'il y a autre chose qu'on peut faire.
On peut prendre le budget de la prime d'activité, le budget global, donc on ne dépense pas plus, mais on considère que cette prime d'activité doit être moins importante pour les secteurs qui ne sont pas en tension et plus importante pour les secteurs qui sont en tension. Ça aussi, c'est une piste, à mon avis, intéressante pour permettre de rendre attractifs des métiers qui, aujourd'hui, ne le sont pas, parce qu'ils sont aussi, encore une fois, souvent difficiles et pas toujours bien payés. Et puis, il faut arrêter la concurrence déloyale. Vous voyez, on parle des chauffeurs. Enfin, écoutez, la concurrence, honnêtement, internationale sur la route, elle est spectaculaire.
Donc, c'est le problème du travail détaché. C'est le problème de la concurrence de ce même travail détaché sur notre territoire. Là aussi, il faut maintenant faire fermement, arrêter ces systèmes. 600 000 travailleurs détachés. Vous savez comment ça fonctionne, le travail détaché ? Le travail détaché, eh bien, il permet aux entreprises de faire venir des salariés à des salaires très modestes et les charges sont payées dans le pays d'origine. Les charges sont évidemment beaucoup moins importantes, du coup, dans le pays d'origine qu'en France. C'est donc un manque à gagner pour notre système de protection sociale.
Et en plus, ça crée une obligation presque pour les entreprises par secteur à avoir recours. Entendez-moi bien, dans un secteur, quand il y a 10 entreprises qui font la même chose et qu'il y en a 8 qui font appel au travail détaché, la 9e et la 10e sont obligées, en réalité, de faire appel à du travail détaché parce que sinon, elles ne sont plus compétitives et donc, elles ne peuvent plus faire face par rapport à cette perte de compétitivité. Donc, c'est un cercle vicieux. Il faut arrêter cette folie qui nuit à nos entreprises, qui empêche les entreprises de faire du patriotisme et qui, en plus, nuit aux salariés parce que ça contribue à maintenir les salaires très bas.
Je poursuis sur la question du travail, de l'économie encore un tout petit peu, mais vous avez vu dans l'atmosphère rentrer la question de la fonction publique et de la suppression, notamment, de 150 000 agents de la fonction publique. Ces propositions de Valérie Pécresse proposent même un tout petit peu plus. Là encore, j'ai re-regardé dans le rétro 2017 votre programme. Vous disiez, oui, pour une augmentation, vous, du nombre de fonctionnaires, mais de manière ciblée. Du coup, vous pensez quoi de ceux qui proposent leur suppression ?
Moi, je voudrais d'abord que ceux qui proposent une baisse massive des fonctionnaires nous disent où. Parce qu'ils ne disent jamais où. Qu'est-ce qu'on veut ? Moins d'infirmières ? Il n'y en a pas assez. Moins de policiers ? Il n'y en a pas assez. Moins de juges ? Il n'y en a pas assez. Donc, d'abord, il y a incontestablement une réorganisation de la fonction publique à mettre en œuvre. Et notamment considérer qu'il faut lutter contre la suradministration d'un certain nombre de secteurs. Lesquels ? Notamment l'hôpital et l'enseignement. Je veux dire, ce n'est pas normal qu'il y ait plus de 20% d'administratifs à l'école.
Ce n'est pas normal qu'il y ait plus de 20% d'administratifs à l'hôpital. Les médecins, ils sont là pour soigner. Les enseignants sont là pour enseigner.
Marine Le Pen présente. Vous réformez école et secteur de la santé pour enlever des postes dans l'administratif.
C'est-à-dire que je permets de voir augmenter le nombre d'enseignants, de voir augmenter le nombre de personnels soignants en évitant une suradministration. Et puis, Madame, pardon, mais on tape toujours sur les fonctionnaires, souvent sur les petits. D'ailleurs, c'est tellement plus facile de taper sur les petits fonctionnaires de catégorie C que sur les autres. Mais ils ont été paupérisés depuis 30 ans. Ils ont quand même subi le gel du point d'indice. Ils ont été malmenés, maltraités. Moi, ce que je voudrais, s'il faut limiter peut-être dans quelques endroits le nombre de fonctionnaires, c'est des fonctionnaires, des grands fonctionnaires.
Vous voyez, les copains du pouvoir, ceux qu'on place dans telle ou telle agence parce qu'il a raté les élections ou parce qu'il faut bien le recaser quelque part, le pauvre. Bon, ceux-là, effectivement, il faut agir. Mais s'attaquer toujours aux petits fonctionnaires qui sont ceux qu'on a applaudis aussi quand même. On a applaudi pendant deux mois parce qu'ils étaient derrière leur guichet.
Il y aurait une revalorisation avec vous et de leur qualité de travail et du salaire des fonctionnaires ? D'un certain nombre, oui, qui sont nécessaires, je le pense. Donc là encore, dans quel secteur vous vous renforceriez ? Vous avez dit hôpital, école, sur l'administratif, j'ai bien entendu. Mais quels sont les ministères, par exemple ? Je pense que, par exemple,
les deux secteurs que je vous ai cités méritent effectivement une revalorisation. Petit mot encore sur le contexte. C'est-à-dire le milieu hospitalier et l'enseignement.
Sur la question du travail, question un petit peu du moment de la semaine, c'est l'actualité, la grève à la SNCF. On est encore dans le week-end, des départs qui ont été un petit peu perturbés par cette grève à la SNCF. Sur le fond et sur la forme, le fond, revendications, conditions de travail, et bien sûr effectifs, salaires, et sur la forme, le choix de ce moment du départ en vacances pour les Français, vous en pensez quoi ?
Vous savez, j'ai toujours considéré que la grève se justifie, mais qu'elle s'effectue toujours au détriment des clients. Je suis pour la grève sous forme de gratuité des transports. Moi, je pense que ce serait beaucoup plus efficace vis-à-vis de la direction qu'une grève qui vise à empêcher les gens de pouvoir éventuellement rejoindre leur famille. Au-delà de ça, c'est quand même incroyable qu'on n'arrive pas à avoir un dialogue social dans notre pays qui soit un dialogue social de bonne qualité. Et c'est pour ça, merci de m'autoriser à le faire, que je suis pour la liberté syndicale. Je suis pour qu'on libère les syndicats. Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire qu'on puisse créer des syndicats comme on crée des partis politiques, que ces syndicalistes puissent se présenter, et s'ils font plus de 5%, et bien ils sont représentés et ils peuvent défendre les salariés.
Les syndicats aujourd'hui en France ne sont pas représentés ? Ils ne sont pas représentatifs ?
Ils ne sont pas représentatifs. C'est 8% de syndiqués au moment où nous nous parlons. Donc non, ce n'est pas représentatif. Et plus ça soit représentatif, et plus ça permettrait d'avoir un dialogue pour faire avancer les dossiers dans les secteurs où il est nécessaire qu'ils avancent. Là, pour le coup, vous voyez, je ne suis pas fascinée par l'Allemagne, mais pour le coup, la manière dont fonctionne le dialogue social en Allemagne m'apparaît beaucoup plus efficace que la manière dont il fonctionne en France.
Cette semaine, vous avez dit d'Éric Zemmour qu'il était plutôt ultralibéral pour être précise. Vous dites que le programme d'Éric Zemmour est marqué par un ultralibéralisme. Éric Zemmour serait le président des riches, selon vous ?
En tout cas, il n'offre, pour l'instant, de ce que j'ai entendu, que des vieilles mesures libérales qui ont été, somme toute, très inefficaces dans les 30 dernières années. Pensez à quoi précisément ? Je pense par exemple au débat consistant à dire s'il y a une désindustrialisation en France, c'est uniquement parce qu'il y a des charges trop importantes sur les entreprises. En réalité, ça n'est pas vrai. Parce que la Suisse, qui a des charges qui sont deux fois plus importantes, enfin un coût du travail, pas des charges, un coût du travail global, la Suisse qui a un coût du travail qui est deux fois plus important que le nôtre, est bien à 25% d'industrie et nous, on en a 12%.
Donc, ce n'est pas vrai. Ce sont des vieilles remèdes, des vieilles méthodes ultra-libérales, néo-libérales, vous les appelez comme vous voulez, mais qui ont démontré leur inefficacité. Souvenez-vous du CICE, du crédit qu'on avait accordé aux entreprises. C'était considérable. 18 milliards, on a accordé aux entreprises. Combien ça a créé d'emplois ? 100 000 emplois en 5 ans. Ça, ça ne fonctionne pas. Donc, il faut lutter.
Est-ce qu'il y a d'autres mesures qui vous permettent de dire aujourd'hui que son programme est ultra-libéral ? Vous pensez par exemple aux retraites ?
Vous pensez que l'État n'est pas une ambulance ? Je l'ai entendu parler de différents âges de la retraite.
64 ans aujourd'hui.
Oui, aujourd'hui, le curseur s'est arrêté sur 64 ans. J'ai envie de dire ouf parce qu'il avait dit que 67 ans, ça ne le dérangerait pas. Là encore, je pense que c'est une mesure qui est une mesure injuste. Il faut lutter contre le dumping social qui est généralisé. Il faut lutter contre la concurrence déloyale. Il faut lutter contre les accords de libre-échange pour relancer l'industrie dans notre pays. Il faut surtout mettre en œuvre du patriotisme économique, ce qu'on nous interdit de faire. Mais ils y viendront, comme ils sont venus sur l'ensemble des autres mesures que j'ai proposées. Ils finiront par venir au patriotisme économique.
D'ailleurs, un certain nombre de collectivités commencent à s'y mettre au patriotisme économique.
Ça fonctionne bien. C'est quoi la France d'Éric Zemmour s'il était président ? Ce serait une France, encore une fois, d'un président des riches, d'une crise sociale. Ça mènerait à quoi ? Vous l'imaginez ? Comment cette France d'Éric Zemmour ?
Pardon, mais rien que sur la retraite, est-ce que vous vous souvenez des centaines de milliers de personnes qui sont descendues dans la rue contre la réforme des retraites ? On continue dans la division, on continue à créer des conflits, on continue à taper toujours sur les mêmes. Toujours sur les mêmes, c'est-à-dire sur les classes moyennes, sur les classes populaires. On continue à faire ça. Parce que vous comprenez bien que moi, mon objectif, quand je vous dis la retraite, pour moi, c'est 40 annuités de cotisation. Et si vous avez les 40 annuités, vous pouvez partir à 60 ans.
Ça veut dire que ceux qui démarrent dans les travaux manuels, qui sont souvent difficiles, à 20 ans, ils peuvent partir à 60 ans. Mais ceux qui entrent dans la vie active à 25 ans pour devenir avocats, journalistes ou je ne sais quoi d'autre, eh bien eux, ils partiront à 65 ans. Ce n'est pas un problème. Ça règle d'ailleurs le problème, pardon ma proposition, de la pénibilité, qui est un véritable cauchemar de négociations entre les syndicats et qui pourrit la vie des chefs d'entreprise.
Je fais juste une parenthèse sondage. et il n'y en aura qu'une. Mais pendant des semaines, on a dit d'Alex Zemmour qu'il ne touchait qu'un électorat de l'élite CSP+. Mais cette semaine, on voit dans la dernière enquête Ipsos qu'il y a un large panel, en plus de 16 000 personnes, qu'il gagne du terrain sur le vote populaire. Vous voyez ça comme ça. Il dépasse un plafond là, en ce moment. potentiellement beaucoup d'irées.
En plus, il va sur votre terrain, Marine Le Pen. D'abord, ce n'est pas 16 000 personnes parce que dans ces 16 000 personnes, ne sont conservées que ceux qui sont archi, archi, archi sûrs d'aller voter. La note 10 sur 10, les autres sont écartées. C'est un biais qui est un mauvais biais. Voilà, je vous le dis parce qu'en réalité, seule une toute petite partie, enfin une petite partie des Français s'intéresse aujourd'hui à la présidentielle. Les gens vont rentrer dans la campagne au fur et à mesure de cette campagne.
Donc ça, c'est un biais qu'on peut utiliser en fin de campagne, mais qu'on ne peut pas utiliser à six mois de l'élection parce qu'on a des résultats qui ne sont pas des résultats qui sont corrects. Maintenant, qu'il y ait des gens, si vous voulez, qui sont excédés par la situation de l'immigration, qui sont excédés par la situation de l'insécurité. Oh, combien je les comprends puisque nous avons fait de ces thèmes, des thèmes prioritaires parce que nous savions que c'était des thèmes qui pourrissaient la vie des Français depuis longtemps. Nous l'avons fait pendant longtemps seuls d'ailleurs, je l'ai rappelé. Donc, ils sont excédés.
Un propos brutal, un propos excessif, outrancier, peut plaire à certains pendant un certain temps. Mais à un moment donné, les Français vont se dire « Bon, c'est bien, on a entendu des propos qui nous font plaisir, mais derrière... »
Non, mais vous avez parlé de propos brutaux et outranciers. Oui, ça peut. Et Zemmour, pour vous, tient des propos brutaux et outranciers. Oui, ça lui arrive.
Oui, ça lui arrive. Vous pensez à quoi ? Oui, ça lui arrive. Bon, je pense que les propositions provocatrices du type de celle des prénoms, que les propos qu'il tient en disant « Les musulmans, en réalité, l'islam et l'islam politique, c'est pareil. » Ça veut dire que les musulmans qui ne sont pas des islamistes sont des mauvais musulmans, a-t-il dit. Donc d'abord, je trouve que c'est une faute majeure que de coaliser les musulmans avec les islamistes. Pardonnez-moi, je trouve que c'est une faute politique pour le coup. Et je trouve ça outrancier. Parce qu'il faut lutter contre l'islamisme, mais on n'est pas dans une guerre de religion contre l'islam.
Enfin, en tout cas, moi, je ne suis pas dans une guerre de religion contre l'islam. Donc vous pensez que les gens à terme vont se lasser de cet effet outranciers ? À terme, les gens vont se dire « Bon, maintenant, qui est préparé pour régler ce problème ? » Et je viens leur dire « Je suis prête à régler ce problème. » Parce que le référendum avec le projet de loi sur l'immigration, il est écrit. Vous pouvez le consulter d'ores et déjà. Vous savez précisément sur quoi je vais vous demander de voter. Et ce vote aura une force incroyable pour pouvoir mettre en œuvre ces mesures parce que vous l'aurez, vous, peuple de France, validé.
Je reviens un instant quand même sur le vote populaire. Je referme la parenthèse sondage. Mais visiblement, Éric Zemmour donne l'impression de vouloir continuer sur ce terrain-là quand il propose la suppression du permis à point. Là encore, je l'ai fait. J'ai regardé dans les archives savoir quelles étaient vos propositions. En 2012, vous l'aviez proposé, la suppression du permis à point. J'en ai reparlé en 2017. Vous l'avez, oui, mais pas reproposé en 2017. En 2022, vous le reproposez ?
Oui, mais excusez-moi, je pense que le permis à point, aujourd'hui, a entraîné une circonstance qui est dramatique. C'est que des millions de Français sont privés de leur permis de conduire. Et ils sont privés pourquoi ? Ils sont privés parce que bien souvent, ils ont fait des péchés véniels. C'est-à-dire qu'ils ont commis des petits excès de vitesse, des excès de vitesse de moins de 20 km à heure. Et c'est ça qui leur fait perdre leurs moyens de travailler, comme je vous le disais tout à l'heure, leurs moyens d'aller se soigner, leurs moyens de visiter leur famille, leurs moyens de vivre. Donc ça, ça n'est pas possible. Donc je pense qu'il faut modifier ça en profondeur.
En revanche, écoutez-moi bien ce que j'ai à dire. Moi, j'ai trois enfants qui ont 23 ans et 22 ans. Comme beaucoup de parents, je peux vous dire que quand ils prennent la voiture, bien souvent, j'ai peur. Il y a une chose sur laquelle je serais d'une fermeté absolument totale. Ce sont les grands délits routiers. Vous voyez, la mise en danger de la vie d'autrui. Je ne mets pas sur le même plan la mise en danger de la vie d'autrui et des péchés d'inattention, des fautes d'inattention. Ah, j'étais à 100 km à heure au lieu de 80.
Ça, ça ne justifie pas qu'on retire à des gens leurs moyens de travail, leurs moyens de vie, leurs moyens pour aller acheter de la nourriture, leurs moyens pour s'occuper de leurs parents âgés. Ça, ça n'est pas justifiable. Pour bien comprendre, pas de suppression du coup, cette fois-ci, du permis à point ? On peut supprimer le permis à point. Mais que ce n'est pas un blanc-seing pour les délinquants de la route, que les choses soient claires. Ce n'est pas un blanc-seing pour ceux qui veulent être 50 km à heure plus au-dessus de la limite, pour ceux qui conduisent en ayant bu, pour ceux qui mettent en danger la vie d'autrui.
Voilà, je veux dire, à la limite, c'est presque un renforcement de la fermeté contre les délits qui sont des délits de mise en danger. Et effectivement, je pense qu'il faut laisser tranquille les gens qui ne font que des fautes d'inattention, qui ne mettent pas en danger la vie d'autrui.
Et politiquement parlant, est-ce que vous estimez qu'il tente d'aller sur votre terrain, de parler à votre électorat cette fois ?
Non, mais fondamentalement, la vraie question que je me pose, c'est quelle est la plus-value d'Éric Zemmour ? Parce que sur tous les sujets dont on a parlé, à part l'économie sociale, où nous avons manifestement une vision qui est radicalement différente. Je l'ai dit, il est entre Fillon et Macron. Bon, très bien. Mais sur tout le reste, c'est quoi sa plus-value ? Quelle est, donnez-moi une mesure présentée par Éric Zemmour, qui n'est pas déjà été présentée par moi-même lors des élections, dans le projet du Rassemblement national, dans le référendum sur l'immigration ? Il n'y en a pas une seule. Donc la vraie question, c'est quelle est la plus-value d'Éric Zemmour sur ces sujets ?
Moi, en revanche, je vois une moins-value. C'est qu'en 40 ans, on a réussi à obtenir sur l'immigration une unanimité des Français quasiment. Il y a 85% des gens qui veulent maintenant qu'on règle le problème. On a beaucoup travaillé pour obtenir cette unanimité. Ça n'a pas été facile. On a beaucoup sacrifié ceux qui l'ont fait. Et aujourd'hui, Éric Zemmour, par un certain nombre de propos dont le but est de faire du buzz, il recrée de la division là où il y a une unanimité. Et je trouve que c'est dommage parce qu'il faut qu'on tende à cette unanimité pour que les choses se passent encore une fois fermement mais tranquillement avec l'accord de tous.
Honnêtement, je ne pensais pas revenir sur ces propos-là mais le tout monte clairement là entre vous. Lui, quand il a parlé, vous savez, du fait que vous étiez enfermée dans un ghetto d'ouvriers et de chômeurs, vous avez déjà répondu. Il lui a répondu, de son côté, qu'il était victime d'un tous contre moi, si il n'y a pas Le Pen, c'est l'unité du tous contre moi. Alors déjà, je vous vois et vous agace assez sérieusement.
Non, mais je ne m'agace pas mais je ne comprends pas. Je ne comprends pas. D'abord, moi, Éric Zemmour, il dit que j'ai des divergences avec Marine Le Pen. Donc moi, j'exprime les divergences que j'ai avec lui. C'est normal. On est en concurrence. Il est candidat. Il ne veut pas le dire mais il l'est. Bon, il est candidat. Donc il n'y a pas de difficulté. C'est normal. C'est la démocratie d'être capable de dire voilà, lui, il pense ça et moi, je pense ça. Mais objectivement, ça fait un mois et demi qu'il ne cesse quand même plutôt que de faire des reproches à Emmanuel Macron, de me faire des reproches à moi. Et vous y voyez quoi alors ? Je ne sais pas. Je ne sais pas.
Je ne comprends pas pourquoi il fait ça. Je ne comprends pas pourquoi il fait ça. Vous savez, Éric Zemmour, il aurait eu mille occasions de venir soutenir les gens qui luttaient contre l'immigration. Il n'a pas appelé à voter pour Jean-Marie Le Pen entre les deux tours de 2002 alors que Jean-Marie Le Pen luttait contre l'immigration. Il est allé encore plus loin. Il n'a pas appelé à voter pour moi en 2017 alors qu'évidemment, face à Macron, c'était moi la candidate qui luttait contre l'immigration. En réalité, il n'a jamais appelé à voter pour personne de ceux qui luttaient contre l'immigration. Bon, le premier pour qui il appelle à voter, c'est lui-même.
Mais il n'y a pas que ça. Il va encore plus loin. Il dit encore ces dernières heures que vous êtes dans le tiers le plus à gauche du pays. Vous faites comme les communistes dans les années 60, puissants, portants, mais vous ne débouchez sur rien. Vous n'aimez pas l'électorat LR ou CSP+, vous les détestez même. Et en gros, vous condamnez vos électeurs à ne pas arriver au pouvoir. Voter Marine Le Pen, ça ne sert à rien. On est encore monté d'un cran.
Non, mais les attaques contre moi, comme toutes les autres d'ailleurs, elles sont gratuites. La plupart sont d'ailleurs des vieilles attaques recyclées, des LR qui m'ont attaqué sur ce sujet pendant des années et des années, comme si le fait de rendre du pouvoir d'achat aux Français en arrêtant une immigration qui coûte une fortune, c'était être de gauche. Non, c'est être juste. Ce n'est pas être de gauche. En fait, j'ai l'impression qu'il a envie de recréer un clivage gauche-droite, mais on n'est plus dans un clivage gauche-droite. Je veux dire, quand je propose la privatisation du service public, je suis quoi de droite ? De l'audiovisuel ?
Quand je propose la renationalisation des autoroutes, je suis quoi de gauche ? Mais je me moque de savoir si c'est de droite ou de gauche. Moi, je veux que ce soit de France. Mon objectif, c'est de servir la France et les Français.
Honnêtement, Marine Le Pen, ce soir, on ne voit pas comment est désormais ne serait-ce qu'envisageable l'idée d'un rassemblement entre vous. Est-ce que c'est le soir ? Franchement, on n'acte que d'alliance, il n'en aura jamais. Le 14 octobre dernier, encore sur la telle, vous disiez, nous serons amenés à un moment donné à un autre à faire le rassemblement. Vous n'allez même pas voir la réconception de la politique, Marine Le Pen.
Je vais vous dire à quel moment ? Le soir du premier tour, parce que la Ve République veut ça. Elle veut qu'il y en a deux qui vont être choisis pour être au second tour. Et évidemment, au deuxième tour, on écarte. Et donc, il faudra écarter celui qui a une politique éminemment nocive pour le pays, qui s'appelle Emmanuel Macron. Dans l'intégralité des domaines, il a affaibli notre pays. Donc, c'est là que le rassemblement se fera. Mais pourquoi utiliser la même tonalité qu'Emmanuel Macron ? On a eu un quinquennat, objectivement, avec un pouvoir qui méprise, avec un dirigeant qui insulte. Il ne faut pas y revenir. Il ne faut pas y revenir.
Marine Le Pen, vous êtes même dans vos rangs parfois présentés comme, malgré tout, trop à gauche. Même Robert Ménard dit que vous avez des réflexes de gauche avec notamment cette proposition de la retraite à 60 ans, 40 annuités. Vous avez tenté de vous ouvrir un peu à la droite au CSP+, avec des propositions, les TPE, PME, vous avez ouvert dans vos rangs. Mais visiblement, ça ne fonctionne pas. Et ma question, je vais y venir.
Mais vous avez tort. En quoi j'ai tort ? Mais vous avez tort. Vous fondez encore une fois sur des sondages d'opinion qui n'évoquent que les avis des gens qui sont sûrs d'aller voter. Vous avez une surreprésentation du fait dans ces sondages des personnes âgées, des CSP+, donc tout cela est faux. Je suis en tête chez les chefs d'entreprise de TPE, PME, Madame, dans les sondages. En tête. Je suis en tête chez les gens qui travaillent. Ils ne sont pas tous de gauche. Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Il faut arrêter cette tonalité de mépris.
Moi, quand j'entends parler du ghetto des ouvriers et des chômeurs, je retrouve la tonalité de mépris dont je pense que les Français n'en peuvent plus. On a le sentiment d'entendre parler de ceux qui ont réussi et de ceux qui ne sont rien. Stop avec cela. On a besoin de cohésion sociale. Je dis à tous ceux qui nous écoutent, on n'aura pas de cohésion nationale si on n'a pas de cohésion sociale. On ne peut pas vivre heureux tout seul. C'est ça. que je veux leur dire. Et je leur dis aussi dans mon projet, tout le monde trouvera une amélioration de sa vie. Tout le monde. D'abord parce que les grands sujets de l'insécurité et de l'immigration, tout le monde en souffre.
Quel que soit son niveau de salaire, tout le monde en souffre. Et je réglerai cela. Mais même dans le fonctionnement que je vais proposer de l'économie, dans l'impulsion que je vais opérer pour la jeunesse, tout le monde y trouvera son compte. Est-ce que vous allez rétablir oui ou non l'ISF ? Je vais rétablir un ISF. Mais je vais supprimer l'IFI. Et je vais vous dire pourquoi. Parce que l'IFI, c'est une prime à la spéculation et c'est une sanction de l'enracinement et de la transmission. Donc, il faut un ISF qui soit en réalité une sanction de la spéculation, mais qui préserve le patrimoine des Français.
C'est la raison pour laquelle je réfléchis à une exonération de la résidence principale, mais aussi de ce que j'appelle la résidence unique. Parce qu'il y a beaucoup de gens, figurez-vous, ils achètent un patrimoine, ils font un prêt pour acheter un patrimoine, mais ils ne peuvent pas y vivre. Parce qu'ils sont obligés de vivre dans des grandes villes où ils ne peuvent pas acheter, ils n'en ont pas les moyens. Eh bien, moi, je veux qu'ils ne soient pas sanctionnés de cela. Parce que là, c'est la quadruple peine quand vous avez un bien dans lequel vous n'habitez pas.
vous payez un loyer là où vous vivez, vous payez un remboursement d'emprunt, vous payez la taxe d'habitation parce que c'est considéré comme une résidence secondaire, vous payez la taxe foncière qui ne cesse d'augmenter et en plus, vous payez la taxe sur les plus-values à 33%. Donc, je souhaite que la résidence unique, le concept de résidence unique soit équivalent au concept de résidence principale pour ceux qui, encore une fois, n'habitent pas leur résidence principale.
Il y avait un papier de challenge sur cette éventualité d'une proposition de votre part sur l'ISF et dans vos rangs, ça semblait coincé du côté de certains en disant encore une proposition qui ne va même pas nous ramener un électeur du côté de la droite, on va encore parler à la gauche.
Vous comprenez qu'il y a une grande majorité de Français qui sont pour parce qu'ils ont un sentiment d'injustice profond, y compris des classes moyennes, y compris des CSP+. L'objectif, c'est de ne pas faire un impôt qui soit confiscatoire, c'est de faire un impôt qui soit juste et qui permette aussi de financer notamment la grande politique pour les familles que je veux voir mettre en oeuvre. Et je vais vous dire que moi, j'ai parlé à des gens qui payaient l'ISF et quand je leur ai dit il faut faire un effort aujourd'hui parce que nous avons une grande politique à destination des familles à financer, il faut que nous fassions des enfants parce que c'est ou l'immigration, nous a dit M.
Bayrou, ou la natalité. Eh bien moi, mon choix, c'est la natalité, c'est d'aider les familles françaises à avoir des enfants, à les élever dans de bonnes conditions. Eh bien, ceux qui payent l'ISF m'ont dit Banco, on est d'accord avec cela.
Alors, question encore un peu politique, après on va parler d'Europe, vous êtes dans une grande séquence européenne, vous rencontrez Victor Orban demain, on va en parler, juste dernière question sur un volet très politique, vous parlez d'un gouvernement d'union nationale, c'est ce que vous appelez de vos voeux aujourd'hui, avec qui vous faites un gouvernement d'union nationale ? Avec ceux qui croient en la France, avec tous ceux qui croient en la France. Mais vous identifiez déjà des personnes qui représenteraient ce gouvernement de l'union nationale,
ils viendraient d'où ? Je ne vais pas avoir de problème pour en trouver, il va falloir que j'en choisisse, c'est ça surtout. Ils viendraient de tous bords, dans ceux que vous avez en tête ou avec lesquels vous êtes peut-être en contact, de gauche, de droite ? Oui, bien sûr, parce que c'est le principe de l'union nationale. Le principe de l'union nationale, c'est qu'on arrête avec des divisions qui sont encore une fois... ...
Marine Le Pen