Langue corse : "c'est la volonté politique - de l'État - dont nous allons juger" affirme Gilles Simeoni
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Questions et réponses
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- 0:06OuverteRéponse directe
A l'ordre du jour, ce vendredi, la langue corse, avec d'abord le vote d'un soutien financier à l'association Scola Gours, à hauteur de 1,2 millions d'euros pour l'année 2026-2027.
- 0:15OuverteRéponse directe
C'est une réponse politique au récent départ du recteur de l'Académie de Corse ?
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Limogé, selon vous, pas à départ ?
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Concernant cette enveloppe à Scola Gours, la préfecture indique que vous seriez autorisé à financer 931 000 euros. Il manquerait donc 300 000 euros dans l'enveloppe. Comment comptez-vous faire ?
- 1:57RelanceRéponse directe
Des échanges sont prévus aujourd'hui, ce vendredi, sur le départ de Rémi-François-Paolin. Mais un recteur reste un représentant de l'État. Il ne prend pas de risques ou de décisions autres que celles encadrées par l'État, comme l'ouverture de 70 classes bilingues à la rentrée 2025. L'État ne s'engage-t-il pas assez sur cette question de la langue de Corse, selon vous ?
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Tous ces éléments ne vous rassurent pas ? Vous êtes toujours inquiet ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« vote d'un soutien financier à l'association Scola Gours, à hauteur de 1,2 millions d'euros pour l'année 2026-2027 »
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« la préfecture indique que vous seriez autorisé à financer 931 000 euros. Il manquerait donc 300 000 euros dans l'enveloppe »
- 1:10Invité politiqueFait
« un accord qui a été passé le mois dernier entre l'État, la collectivité de Corse et Scola Gours »
- 1:13Invité politiqueChiffre
« Un montant initial qui était prévu de subvention de 1,2 million d'euros »
- 1:26Invité politiqueFait
« l'État, à travers un rescrit du préfet, valide la plus grande partie de cette somme »
- 1:30Invité politiquePromesse
« en cas de différentiel entre le million d'euros et le montant validé par l'État, celui-ci prendrait en charge le différentiel »
- 2:46Invité politiquePromesse
« la convention pluriannuelle que nous devons signer aujourd'hui, si l'Assemblée de Corse en décide ainsi, elle généralise l'immersion dans l'enseignement public »
- 3:10Invité politiqueChiffre
« plus de 5,6 millions d'euros »
- 4:33Invité politiqueFait
« la discussion sur l'autonomie, où nous pensons que notamment dans le domaine de l'éducation, il y a des transferts de compétences à organiser »
Temps de parole
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R.C.F.M., l'invité de la rédaction. J.S.M.O.N.I., bonjour. Salut. A l'ordre du jour, ce vendredi, la langue corse, avec d'abord le vote d'un soutien financier à l'association Scola Gours, à hauteur de 1,2 millions d'euros pour l'année 2026-2027, c'est une réponse politique au récent départ du recteur de l'Académie de Corse ?
Les hasards du calendrier font que ces décisions qui avaient été prises, ou ces négociations qui sont en cours en ce qui concerne l'équilibre financier de Scola Gours pour l'année à venir, coïncident avec le départ, plus exactement le limogé du préfet Pauline, et donc forcément ça donne une dimension à l'examen de ce dossier qu'il n'aurait pas eu dans un autre contexte. Limogé, selon vous, pas à départ ? Je crois que le terme n'est pas trop fort. Bien sûr, on nous a dit et répété du côté du gouvernement qu'il s'agissait simplement d'un turnover administratif. Je crois que personne ne le croit en Corse, et je ne suis pas sûr qu'on le croit, y compris du côté de ceux qui le disent.
Concernant cette enveloppe à Scola Gours, la préfecture indique que vous seriez autorisé à financer 931 000 euros. Il manquerait donc 300 000 euros dans l'enveloppe. Comment comptez-vous faire ?
Ça fait partie de la difficulté à résoudre, je l'espère, dans les tous prochains jours. Rappelez d'abord qu'on est dans l'état d'un accord qui a été passé le mois dernier entre l'État, la collectivité de Corse et Scola Gours. Un montant initial qui était prévu de subvention de 1,2 million d'euros, volume global qui est nécessaire à Scola Gours pour boucler l'année à venir. L'idée, c'était que l'État, à travers un rescrit du préfet, valide la plus grande partie de cette somme. Et l'accord qui a été conclu le mois dernier, c'était qu'en cas de différentiel entre le million d'euros et le montant validé par l'État, celui-ci prendrait en charge le différentiel. C'est là que le bas blesse.
Le préfet de Corse, exprimant la position du gouvernement, considère aujourd'hui que son engagement ne valait que pour un maintien de l'activité actuelle de Scola Gours. Nous, il nous semble évident qu'il fallait donner à Scola Gours les moyens de se développer normalement pour l'année à venir. Donc, j'espère que l'État va accepter de payer les 300 000 euros de différence.
Alors, des échanges sont prévus aujourd'hui, ce vendredi, sur le départ de Rémi-François-Paolin. Mais un recteur reste un représentant de l'État. Il ne prend pas de risques ou de décisions autres que celles encadrées par l'État, comme l'ouverture de 70 classes bilingues à la rentrée 2025. L'État ne s'engage-t-il pas assez sur cette question de la langue de Corse, selon vous ?
Il y a plusieurs niveaux d'engagement. Certains relèvent de temporalités différentes. Ce qui est certain, c'est qu'aujourd'hui, au-delà de ce qu'a pu mettre en œuvre de façon très engagée, le recteur Paoli se pose la question de la continuité de ce qui avait été arrêté, et également de l'état d'esprit de l'État. Donc, plusieurs marqueurs vont nous permettre de le savoir. Premièrement, quelle issue donner à la question qui continue de se poser pour ce Colagours ?
Deuxièmement, la convention pluriannuelle que nous devons signer aujourd'hui, si l'Assemblée de Corse en décide ainsi, elle généralise l'immersion dans l'enseignement public, car nous sommes attachés à ce que Colagours puisse continuer son action, et nous sommes tout autant attachés à ce que l'immersion linguistique soit, de façon progressive, la règle dans l'enseignement public. Cette convention, sur cinq ans, elle organise un soutien financier extrêmement fort de la collectivité de Corse, plus de 5,6 millions d'euros, et nous payons précisément pour que les enseignants puissent se former à l'enseignement immersif. C'est en tout cas l'objet principal de la convention.
Donc, il y a la signature de la convention, il y a aussi la façon de la mettre en œuvre. Est-ce que la nouvelle rectrice sera dans le même état d'esprit et dans le même volontarisme que le recteur Paolini ? Il faut l'espérer, au-delà des hommes et des femmes, qui incarnent l'État à un moment donné, c'est la volonté politique dont nous allons juger.
La nouvelle rectrice de Corse, justement, Nathalie Mons, qui est présentée par le préfet Rick Jalon comme une rectrice engagée dans la question du bélinguisme, qui aurait multiplié par 4 le nombre de classes bilingues en Martinique. Tous ces éléments ne vous rassurent pas ? Vous êtes toujours inquiet ?
Ce que je sais, c'est qu'en nommant Mme Mons, dans les conditions que nous venons de connaître, on ne lui a pas facilité la tâche, du côté du gouvernement et du côté de l'État. Je ne connais pas la nouvelle rectrice, j'attends de la rencontrer, je n'ai aucun a priori défavorable vis-à-vis d'elle, bien sûr. Je sais que c'est quelqu'un qui a été également engagé à travers ses fonctions et à travers ses travaux universitaires, autour notamment de la notion de l'égalité des chances dans le système éducatif.
Au-delà de la question de l'encore, je rappelle que le projet académique que nous avons co-construit avec le recteur Paolini est un projet d'excellence, qui vise à généraliser l'accès effectif à l'éducation pour toutes et pour tous, dans le rural, en montagne, quelle que soit l'origine sociale. Donc je ne dis pas que sur cette philosophie, nous serons d'accord avec la nouvelle rectrice. Et puis il y aura également, pour aller un peu plus loin, la discussion sur l'autonomie, où nous pensons que, notamment dans le domaine de l'éducation, il y a des transferts de compétences à organiser. C'est d'ailleurs une demande qui est portée également par des régions qui n'aspirent pas à l'autonomie.
Ça m'amène à cette dernière question. Le président de l'exécutif, Gilles Jovanand, je lui ai confié à notre micro ses craintes quant à la suite des relations avec l'État. C'est inquiétant pour la langue de Corse, mais aussi sur les autres dossiers, notamment l'autonomie, vous l'avez dit. Vous partagez ses craintes ?
Ce ne sont pas des craintes. C'est le constat que sur un certain nombre de dossiers structurants et stratégiques, il y a des difficultés qui sont des difficultés récurrentes. Et donc nous espérons qu'elles seront surmontées et surtout que ces difficultés n'expriment pas une forme de réserve ou de réticence par rapport à la logique d'émancipation que nous souhaitons mettre en oeuvre pour la course.
Gilles Séméon, et merci d'avoir répondu à nos questions pour RCFR.
Merci à vous.
Gilles Simeoni