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interviewCNEWS· 12 juillet 2026 4 min

Tanguy : «Si la France n’est pas capable de construire des places de prison, on ferme la boutique»

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

— Malheureusement, oui, ce n'est pas une caricature. Le pays est dissiguré par ce genre de comportement, d'institutions qui ne défendent plus notre image collective de la France, l'image que les Françaises et les Français s'en font légitimement. Et des voyous, des criminels, des barbares qui sont relâchés peuvent commettre leurs méfaits. Donc la solution, en l'occurrence, elle est très simple, c'est qu'il faut suffisamment de places de prison, et de places de prison différentes, avec des peines de tout cas qu'habit, soit détention provisoire, soit courte perne, soit longue peine, soit ultimement... — C'est que ça, le problème, Jean-Philippe ? — C'est le problème fondamental.

Parce qu'on peut critiquer les juges, il y a beaucoup de choses à dire sur l'état de la magistrature. Mais quand vous avez une justice clocharde, moi, je vois Amiens, il y a une prison à Amiens, elle est occupée à 260 %. — 260 % ? — 260 % en moyenne. Donc le procureur, chaque matin, il regarde combien il peut en mettre en prison et il doit faire un choix.

0:52
Jean-Philippe Tanguy

— Déconstruire des places de prison, ça demande du temps. Il y a eu plusieurs plans qui se sont succédés, mais ça augmente très, très lentement.

1:00
Présentateur

— C'est exactement la même réponse que sur le référendum. Il n'y a pas de place de prison parce qu'il ne voulait pas de place de prison. Aujourd'hui, une part considérable de l'administration de la place... — Non, mais ce que je veux dire, c'est que vous n'allez pas vous faire des prisons en trois semaines. — Non, non, mais je vais vous y répondre. Il n'y a pas de difficulté. Moi, j'ai fait mes études avec une partie de ces gens. C'était des gens qui étaient au Génépi, par exemple, des gens qui détestent la prison. Donc il y a vraiment un sabotage de l'intérieur, de la volonté de construire des places de prison.

Deuxièmement, c'est lié à la simplification, à la dénormalisation que l'on veut faire, parce que construire des prisons aujourd'hui, c'est un enfer normatif en soi. Et quatrièmement, c'est pour ça que j'ai insisté sur les différents types de places. C'est-à-dire qu'on peut très bien aménager très rapidement des établissements qui peuvent déjà exister, des anciennes casernes, des anciens monastères. Je vous rappelle qu'il y avait une prison qui était un ancien...

1:44
Invité

— Vous voulez faire des prisons dans des anciens monastères.

1:46
Présentateur

— Pour des toutes petites peines. C'est-à-dire pour des gens qui... Pour des petites peines. C'est-à-dire que vous pouvez... — C'est vraiment l'avocation de l'ancien monastère ? — Non, mais c'était une boutade, parce que vous savez qu'il y avait Clairvaux. — Vous vous souvenez pas de Clairvaux ? — Oui, oui. — Bon, voilà. C'est pas grave, tout va bien. Vous savez, c'est juste que vous avez des établissements où vous pouvez faire des cellules. Ça s'appelle pareil, d'ailleurs. C'est pas grave.

Ce que je veux dire, c'est qu'on a axé très rapidement à des lieux qui peuvent être des lieux privatifs de liberté pour des gens qui sont pas dangereux, qui doivent faire une semaine, un mois de prison, ce qui permet de libérer des places qui sont aujourd'hui occupées par des gens dangereux.

2:17
Invité

— Est-ce que ça change le logiciel de la violence ? Est-ce que le fait de faire des peines courtes, ça fait une sorte de... — Bien sûr. — Bien sûr, c'est-à-dire que... — De taser, de coup de taser, j'allais dire fictif, en tout cas, pour les jeunes qui disent « Tiens, finalement, j'ai peut-être fait une connerie, je recommencerai plus. »

2:34
Présentateur

— Eh bien, je regrette de ne pas avoir eu l'idée de cette formule, M. Devineau. — C'est quoi, la formule de taser ? — Oui, voilà. C'est exactement ça. C'est-à-dire mettre un coup d'arrêt à tout jeune ou tout délinquant, tout criminel qui fait une première faute, un premier délit, un premier crime. Il est immédiatement arrêté, il est immédiatement stoppé dans sa dérive et il a une forme d'autorité qui l'arrête et qui le remet sur le droit chemin, s'il doit être. Parce qu'évidemment, pour les jeunes qui font une première faute, le but, c'est la réinsertion, évidemment, contrairement à certains de criminels dont il n'y a plus rien à attendre, des pédophiles, des meurtriers.

3:02
Invité

— Parce qu'on dit souvent aux Pays-Bas, ça fonctionne, mais les Pays-Bas, c'est une autre culture.

3:05
Présentateur

C'est pas exactement la même... — C'est pas non plus le bout du monde. C'est pas le Japon ou la Corée. — J'entends bien, mais... — Moi, je suis né à Boulogne-sur-Mer. Bon, c'est les voisins, les Pays-Bas. On a nos amis belges entre les deux. Enfin, c'est quand même pas le jour à la nuit.

3:17
Invité

— Il y a plus de discipline, quand même, dans les pays, j'allais dire, nordiques que dans les pays latins. Enfin, c'est à nouveau, ça.

3:23
Présentateur

— Généralement, les criminels sont des marginaux au sein de leur propre culture, y compris sur la discipline. Si vous voulez, c'est que vous pouvez être Suisse, vous pouvez être des Pays-Bas, vous pouvez avoir la rigueur germanique ou je ne sais quoi. Quand vous êtes un meurtrier, vous êtes un meurtrier.

3:33
Invité

— Des prisons dans des endroits qui ne servent pas à grand-chose.

3:37
Présentateur

— Très rapidement, voilà. Et ensuite, déployer des places de prison suffisantes. Mais c'est un... Excusez-moi, si la France n'est pas capable de construire des prisons, bon, on arrête, on ferme la boutique. On va arrêter de dire n'importe quoi aux gens. — Sous-titrage Société Radio-Canada