Avec Manon, l'Europe que nous voulons
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonsoir. Bonsoir. Mes premiers mots seront bien sûr des mots de remerciement pour toutes les petites mains invisibles qui ont collé, qui ont affiché et qui nous permettent d'être nombreux aujourd'hui et de nous réunir et de faire passer nos messages loin des médias dominants.
Un grand merci à vous toutes qui a fait tout ce travail. C'est une évitante joie pour moi, pour nous d'accueillir à Amien, Anthony, Marina et surtout Manon. Surtout Manon.
Surtout Manon. Pas seulement parce qu'elle est tête de liste, pas seulement parce qu'elle court partout entre une matinale, un parking d'usine et un meeting. Pas seulement parce que à l'inverse de Bardella, elle bosse 30 fois plus de rapport que lui, des centaines de fois plus d'amendements de lui.
Mais Manon parce qu'elle tient bon parce qu'elle tient la ligne malgré les choses trappes, malgré les pièges, malgré les piqus, malgré les polémiques. Nous sommes fiers qu'elle porte le drapeau et qu'elle le porte où ? Alors, je voulais démarrer avec un article des échos de mon ami Bernard Arnaud.
Ouis. Je considère qu'il y a deux journaux marxistes dans le pays qui mettent au cœur la lutte des classes. Il y a les échos et l'humanité.
Et c'est un papier qui date de 15 jours et qui pour moi raconte nos 20 dernières années d'histoire. Pour la France titre, les délocalisations creusent le déficit avec l'Europe centrale et on ne l ceci. Les échanges avec les explets ont basculé dans le rouge.
Au fil des années, le déficit commercial de la France avec Zzone n'a cessé de se creuser pour approcher les 10 milliards d'euros en 2023. Qu'est-ce qui est particulièrement déséquilibré ? L'automobile, les biens d'équipement.
Ça s'explique par les délocalisations et on nous dit en Pologne notamment, la France est devenue le 3e employeur. En un peu moins de 20 ans, son stock d'investissement direct dans cette zone a presque triplé. Mais c'est les dernières lignes qui sont les plus intéressantes.
En revanche, cette stratégie de délocalisation lui permet aujourd'hui de rapatrier des dividendes substantielles. Les revenus tirés des investissements directs ont ainsi fait rentrer dans l'hexagone plus d'un milliard d'euros de Pologne, 740 millions de la République tchèque et 575 millions de Roumanie. Voilà notre histoire.
Voilà notre histoire récente. Voilà notre histoire de guerre des classes. Comme le disait Warren Buffet quand il était première fortune mondiale.
La guerre des classes existe. C'est un fait mais c'est la mienne, la classe des riches qui mène cette guerre et nous sommes en train de la remporter. C'est notre histoire avec les vaincus ici en Picardie dans notre pays, les magnétimaris et les vainqueurs qui sont à la une des échos.
Quand je lis les échos, vous savez, c'est des titres les dividendes atteignent des nouveaux records et on croirait qu'ils en sont eux-mêmes surpris. Si c'était ma fille qui écrivait, il y aurait des points d'exclamation au bout et des smiley. Vous voyez les bourses au sommet quand on voit comment ils se gavent, qui Brune le maire vient rationner ?
Nous, nos écoles piliers de la République qui s'éprit, nos hôpitaux piliers de l'État social. qui vont mal. Honte à lui.
Honte à eux qui ne gouvernent pas pour les gens mais pour l'argent. Honte à lui, honte à eux qui ne cherchent pas le bien des Français mais les câlins des financiers. Bon, Raphaël Buxman vient à demain à l'usine Mtex aussi.
Alors, calmez-vous. Ici, on n'est pas à Saint-Étienne, on a le sens de l'hospitalité picarde. Je vais vous dire ce que je pense de ça.
Tant mieux. Tant mieux si les Mtex, tant mieux si l'industrie, tant mieux si les ouvrivets Picard attirent les projecteurs de Paris. Et même, je vais vous dire ma fierté, notre fierté, il y a 20 ans, il y a 10 ans, il y a même encore 5 ans, il nous aurait raconté quoi les beaux monsieurs, les experts ?
Ils nous auraient dit qu'ils allaient mettre en place une cellule de reclassement, de la revitalisation. Il nous aurait dit que finalement les usine c'était un peu dépassé, ça appartenait au passé, c'était des cheminées qui puent et qui polluent. Il nous aurait dit que finalement il y en avait pas tant que ça des délocalisations.
Maintenant les socialistes viennent, les ministres viennent et il nous parlent de souveraineté industrielle, il nous parle de concurrence desloyales, il nous parle de critique du libre échange. C'est notre victoire. C'est notre victoire politique, c'est notre victoire idéologique parce que nous avons tenu bon malgré l'abersité, parce que nous n'avons rien à lâcher.
Je vous dis ma fierté et je vous dis aussi mes désaccords évidents avec Raphaël Guxman. On avait eu un premier échange épistolaire puisqu'il avait dit bah ceux qui sont contre l'élargissement à l'Ukraine, ils ont qu'à voter Rassemblement national. Je lu dit attendez, c'est peut-être pas la peine de faire en plus ce cadeau là à Bardella.
Ça va assez comme ça. Et après, il a dit oui, j'ai raconté une annerie, ça arrive à tout le monde. Je lu en veux pas, moi aussi ça m'arrive hein.
Mais le problème c'est que dans sa lettre de réponse, il écrit une deuxième mamie. me dit bon de toute façon vous savez bien monsieur Ruffin ou François je sais pas comment il me dit que finalement des délocalisations vers la Slovaquie et la Pologne il y en a pas eu tant que ça le gars il il ose me dire ça à moi. Moi, j'étais fatigué d'écrire des lettres honnêtement, mais il ose me dire ça à moi ici dans une région qui a vu partir Goodor en Pologne, qui a vu partir Paris au siège de France en Roumanie, qui a vu partir le lave-linge de Wpool en Slovaquie, qui a vu partir le sèche-linge depoir Continental en Roumanie aussi.
Et évidemment quand on parle de tout ça, de ces noms, quand les échos parlent de ses chiffres de déficit commercial, de milliards, ce sont pas seulement des usines, ce sont pas seulement des emplois, ce sont des vies aussi. Ce sont des vies qui sont marquées, qui sont brisées mais même dans les boîtes qui continuent à tourner. Il y avait cet après-midi Valeo, il y avait Goudur.
C'est le couteau sous la gorge des salariés où on leur dit "Vous savez que on fabrique des pneus pour bien moins cher en Slovénie. Vous savez que on peut délocaliser en Roumanie avec ce chantage finalement qui est exercé en permanente qui exerce une pression qui met dans la dépression et qui conduit à la résignation. Ce ces délocalisations, ce chantage, cette Union européenne là, elle ne fait pas seulement du mal au salaires, elle fait du mal aux âmes.
Elle installe la peur dans le cœur des hommes, la peur pour soi, mais encore davantage la peur pour ses enfants. Une angoisse. Quel vont-ils devenir ?
Quelle va être leur place ? Voilà le mal qu'ils nous font. Cet après-midi, un gars me disait, il nous pisse dessus, il nous explique qu'il pleut.
Oui, parce que il faudrait pas croire que tout ce que je viens de décrire, c'est un malheur qui tombe du ciel. C'est une fatalité. Tout cela est voulu.
Tout cela est organisé. Ça n'est pas un accident de l'histoire, c'est depuis Jacques Deor, l'acte unique, le traité de Mastrich, les élargissements, la suppression des frontières, des barrières douanièr, la construction d'autoroute, des accords de lubre échange. Et finalement, vous savez ce que je décris là, les gens l'ont bien compris, ils l'ont bien senti.
Quand on se prend un coup de point dans la gueule, on sait d'où il vient, hein. Il y a pas besoin de long raisonnement pour ça. Et ça a donné quoi ?
Ça a donné le traité constitutionnel européen, le vote du 29 mai 2005, il y a près de 20 ans maintenant avec un nom à 55 % en France, mais un nom à 65 % ici en Picardie. un nom à 80 % chez les ouvriers, c'est un nom de classe, c'est un nom de masse. Et malgré ce nom clair qu'ont fait les élites, elles ont continué comme si de rien n'était avec cet immense divorce ou d'une démocratie qui va contre le démo sans le démo avec une concurrence partout qui est entretenue, une guerre de tous contre tous étendue au monde entier alors que il y a dans le cœur des gens, c'est marqué, c'est inscrit, c'est maintenant diagnostiqué un désir d'autre chose. aussi.
Pourquoi nous sommes là ? Nous sommes là pour le dire avec clarté et avec manon. L'Europe du grand marché c'est non.
L'Europe de la concurrence libre et non faussé c'est encore l'Europe du libre échange à toutva. L'Europe ouverte à tous les vents, c'est toujours non. Ce nom doit raisonner avec clarté.
On peut pas recommencer avec une gauche qu'on ne comprend pas, avec une gauche qui cultive le flou et c'est qu'il y a un loup. La retraite à 60 ans après 40 annuités, c'est oui ou bien c'est non. Le marché de l'électricité, c'est oui ou bien c'est non.
Les accords de libre échange, c'est oui ou bien c'est non ? Et je viens le dire ici avec gravité, avec un profond désir d'unité parce que quand on a une extrême droite qui va flirter avec les 40 % quand on a les nazis qui défient la Paris quand chaque jour l'hypothèse d'une Marine Le Pen qui entre à l'Élysée devient plus probable, il y a pour nous une nécessité d'avrer à l'unité. Il faudra l'unité.
Il faudra des gauches réconciliés mais réconciliés dans la clarté. réconcilié pas comme hier avec à la bouche mon ennemi c'est la finance pour ensuite les gaver de cadeaux des milliards en pleuvoir. Pas comme hier renégocier les traités pour ensuite se coucher le doigt sur la couture du pantalon devant Angela Merkel, signer le TSCG et enterriner l'austérité.
Pas comme hier un discours enflammé à Florange pour ensuite lâcher sous les dorures de l'Élysée. Perdre les s'ouvriers, ce n'est pas grave. pas comme hier se prétendre de gauche en revendiquer l'héritage mais pour mieux de le dilapider pour mieux le liquider et tout ça pourquoi pour mettre Macron à l'Élysée.
Et un Macron qui fait quoi ? Qui fait la courte échelle à Marine Le Pen et au RN. Je sais pas.
Il va y avoir un débat la bard des à tal d'ailleurs ce matin Valérie Aer sur Estelle c'est elle qui en parlait le mieux. Elle disait le premier ministre va discuter pardon débattre avec Jordan Bardella. Discuter c'est le mot parce qu'au fond il parle le même langage fort avec les faibles, faible avec les forts.
On pourrait jouer un petit jeu là qui a dit "Je veux porter pour le pays un état d'esprit qui se résume en trois mots : la croissance, la croissance, la croissance. Ça n'est pas Emmanuel Macron quand il était rapporteur de la commission pour la libération de la croissance avec Jacques Atali. C'est Jordan Bardella qui a dit il n'y a pas d'autre solution que de déverrouiller les contraintes qui pèsent aujourd'hui sur la croissance.
Toujours Jordan Bardella qui a dit "On m'avait savoir que je devais rassurer les milieux économiques." Jordan Bardella qui a dit "Les prix planchés au niveau français c'est une trappe à pauvreté parce qu'on est dans une économie ouverte." Jordan Bardella qui a dit il faut supprimer les impôts de production pour récréer de l'emploi.
Jordan Mardella. Je le dis aux salariés, aux citoyens de mon coin et d'ailleurs. Vous voulez que pour les impôts les petits payent petits et que les gros paient gros ?
C'est de la gauche que ça arrive. Vous voulez que comme hier on aille vers les congés payés, les retraites, la sécurité sociale, le SMIC ? C'est de la gauche que c'est venu. [Applaudissements] Ce n'est jamais de là, ce n'est jamais de l'extrême droite que viennent les progrès pour les ouvriers et pour les employés.
Alors avec Leila pour retrouver un endroit où il y aurait de l'espérance qu'on pourrait importer en France, la semaine dernière on a franchi les Pyrénées. On allit voir si on pouvait y trouver du prégré puisque en Espagne ces 5 dernières années, le SMIC a augmenté de 54 % contre 17 % en France. En Espagne, on a diminué les contrats précaires à l'inverse de l'en France où les contrats auto-entrepreneurs ont été multipliés.
En Espagne, on a instauré le congé menstruel. Ça n'est pas le paradis mais c'est mieux qu'ici. Et surtout l'Espagne s'apprête sous 15 jours à reconnaître la Palestine comme état.
Je j'ai rencontré avec Laila, l'ambassadeur de Palestine à Madrid et je lui ai dit "Ma douleur, ma douleur que la France ne soit pas aux avant-postes au côté de l'Espagne, au côté de l'Irlande, au côté de la Belgique, au côté de la Norvège, au côté de la Slovanie pour défendre les droits humains, les droits des palestiniens, pour défendre ce principe moral simple qui nous guide depuis le 7 octobre. Une vie vaut une vie. Les larmes d'une mère palestinienne valent les larmes d'une mère israélienne.
L'ambassadeur m'a répondu : "Ne luttez pas pour les Palestiniens. Luttez encore moins contre les Israéliens. Lutez pour l'humanité.
Et bien sûr, nous devons lutter ici parce que si la France voulait, la France pourrait. La France, membre du Conseil de sécurité des Nations- Unies, pourrait porter une résolution en son nom pour un incesser le feu à Gaza pour un arrêt des colonies en Si Jordanie. La France qui accueille les Jeux Olympiques cette année pourrait proposer au comité international des mesures de sanction, de rétorsion.
Comme pour les athlètes russes, ni hymne ni drapeau israélien. La France, membre de l'Union européenne, premier partenaire commercial d'Israël, pourrait remettre en cause l'accord d'association. Il nous faut il nous faut une France insoumise en Europe pour une Europe insoumise dans l'ordre du monde.
J'étais en Espagne avec Leilla qui était reçu comme une quasi ministre pour ce qu'elle avait porté au niveau européen à Bruxelles sur les travailleurs Uber s'inspirant de la le rider en Espagne. Et je vais vous dire une petite confidence que j'avais dit à Leilla il y a 5 ans puisque on se connaît bien. Je lui dit "Mais qu'est-ce que tu vas faire dans cette galère d'aller à Bruxelles dans ses immeubles de fer et de verre ?" Et je craignais qu'elle y s'y perde et qu'elle n'y perde son âme.
C'est l'inverse. Elle s'est accrochée à un dossier, elle a secoué le cocotier. Elle est parvenue à prendre ce qu'il y avait de meilleur en Europe.
Et elle a combattu les lobbyes, elle a combattu Macron aussi et plus ou moins imparfaitement. Mais là, elle l'a emporté. Elle l'a emporté, première surprise au Parlement européen.
Elle l'a emporté, enfin, pour moi, c'était impensable avec la Commission européenne [Applaudissements] et grâce à Leila et à bien d'autres bien sûr, ce sont des millions de travailleurs uber en Europe qui on l'espère, il faudra encore de la lutte. Vous savez, c'est pas parce que c'est écrit dans une loi que ça devient des choses tout de suite. C'est évident que non, mais il y a la possibilité pour eux d'avoir le droit à la sécurité sociale, d'avoir le droit à des congés, d'avoir le droit à des retraites, d'avoir droit à tout ce que les firmes ne voulaient pas leur octroyer.
Bien voilà l'Europe que nous voulons. L'Europe de Leila qui arrache la présemption de salariat, l'Europe de Manon qui obtient la transparence sur les multinationales. L'Europe de Marina qui bataille contre le marché de l'électricité.
L'Europe d'Anttony qui défendra l'argent avant les gens. Il nous reste un mois. Un mois pour aller chercher les copains. 3 semaines.
D'accord. Ah, je me suis planté. [Applaudissements] Merde !
Bon, alors je reprends comme ça, on fera une coupe au montage. L'Europe d'Anttony qui défendra les gens avant l'argent. Pardon, un écouté.
Il nous reste un mois, un mois pour aller chercher les copains, les cousins, les collègues dans les vestières du club de foot, au repas du dimanche, au cours de Zumba. En moi, pourquoi ? Un mois pour envoyer des vigrues.
Un mois pour semer des graines d'espoir, des graines qui germeront demain. De l'espoir pour la gauche, de l'espoir pour la France. Et si on fait tout ça, à la fin, c'est nous qu'on va gagner.
à la fin. C'est nousion Sop. [Applaudissements]
François Ruffin