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interviewLe Média· 24 janvier 2026 19 min

49.3 : LA VAR DÉMASQUE LA DOUBLE TRAHISON DE LECORNU ET DU PARTI SOCIALISTE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

On l'avait perdu de vue mais revoilà le corn. Entre le cambriolage du Louvre en octobre et la crise agricole de janvier, le premier ministre s'est surtout fait remarquer par sa discrétion. Il communique peu, il n'accorde pas d'interview, ne fait pas de déclaration tonitruante.

Sébastien Lecornu se la joue modeste, un premier ministre normal, proche des gens. Sur son compte Instagram, Sébastien Lecnu s'affiche sur le marché de Vernon. panier et poireaux à la main, il salue les habitants de la ville où il a été maire de 2014 à 2015.

Un premier ministre qui se monte presque normal avant d'enfiler à nouveau son costume de premier ministre dès demain. Le budget 2026 arrive à l'Assemblée nationale. Mais quand il s'agit de rendre des comptes, le corn promet puis disparaît.

Quelles économies allez-vous faire pour justement rester dans les clous des 5 % ? puisque je partage la parole, je va partager la parole avec la ministre dection des comptes publics et je redirai un mot pour vous répondre après. Sont évidemment essentiel à la tenue de ces économie.

Merci beaucoup. Merci infiniment. Question là.

Non le cor. Voilà. Mais il est parti.

Je reviendrai. Encore un mensonge. Oups la boulette.

Le micro ouvert laisse entendre tout haut ce qu'un responsable des LR pensait dire tout bas. Le corps nu. Difficile de lui donner tort car même si cette esquive peut sembler anecdotique, elle est révélatrice du personnage.

Le corps nu promet la transparence mais s'éclipse dès qu'il faut rendre des comptes. Promettre puis disparaître. C'est exactement ce qui s'est passé avec le budget 2026.

Pour le faire passer, le gouvernement a finalement choisi le passage en force, espérant une adoption sans vote grâce à l'article 49 aligné à 3 de la Constitution. Sur ce passage en force, le corps nu n'a effectivement pas tenu parole, tout comme ces nouveaux alliés socialistes qui exigeaient que le budget ne soit pas adopté à coup de 493 avant d'annoncer que tout fait, il ne voterait pas de motion de censure. Il faut pas qu'il y ait le 493.

Je pense pas qu'il y a d'autres issues que l'article 493. Vous le savez, au football, la VARE VAR, c'est l'assistance vidéo à l'arbitrage. Et au médias, l'Are, c'est la vérification de la parole des politiques.

Dans ce nouvel épisode, on va s'intéresser aux explications bancales qu'on a pu entendre pour justifier le passage en force du budget 2026. Mais avant ça, un message du média pour vous rappeler que depuis plus de 8 ans, nous tenons bon dans un paysage audiovisuel toujours plus concentré et réactionnaire. Mais pour tenir, nous avons besoin de vous.

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Des ruptures, c'est ce que promettait le cornu en arrivant à Matignon. des ruptures, des vrais hein, pas de la com, pas du gadget, des ruptures de fonds de méthode de culture politique. Il l'a d'ailleurs dit en toisant François Bairou.

Souvenez-vous, il va falloir aussi changer, il va falloir des ruptures et pas que sur la forme et pas que dans la méthode, des ruptures aussi sur le fond. Des ruptures. Alors, voyons voir de quoi il s'agit.

Sur le péron de Matignon en octobre, Sébastien Lecnu annonce qu'il renonce au 493 pour son budget 2026. Pas une simple déclaration d'intention, non, son engagement se veut solennel. Il ne l'a d'ailleurs pas dit une fois, pas deux fois mais trois fois. d'abord sur le pai de Matignon, puis face au députés lors de sa déclaration de politique générale et encore à la tribune de l'hémicycle lors de la discussion générale sur le projet de loi de finance.

Trois annonces publiques, trois engagements clairs, il n'y aura pas de 493. Sauf que tout ne s'est pas passé comme annoncé. J'ai décidé de renoncer à l'article 49 à l'INA3 de la Constitution.

Sébastien Lecornu a finalement décidé de déclencher l'article 493 de la Constitution. J'ai renoncé à utiliser l'article 49 alinéa 3 de la Constitution. Sébastien Lecornu a dégainé le premier 493 pour faire passer sans vote le budget 2026.

Notre histoire parlementaire a été faite de rapport de force. Il est temps qu'elle devienne celle du compromis et c'est ce que je souhaite faire en renonçant à l'usage de l'article 49 ala 3 de notre constitution. Le 493 de retour à l'Assemblée nationale.

Sébastien Lecornul a donc utilisé cet après-midi pour faire passer sans vote le volet recette du budget. C'était un engagement majeur pris devant les Français puis devant la représentation nationale et répété à pas moins de trois reprises. Et pourtant 3 mois plus tard le cornu décide de faire exactement l'inverse.

Il trahit sa promesse en dégainant le 493. Mais face au journalistes, le Premier ministre tente de minimiser. Il transforme son engagement en simple paris.

Plus qu'un engagement, j'ai fait un paris. Le paris de se dire que il fallait gouverner différemment. Ce paris parce que c'était un paris hein, c'était de se dire qu'il fallait que le parlement aille jusqu'au bout.

J'ai conscience que je suis obligé de revenir sur ma parole. Après, c'est un paris qui emmené plusieurs personnes. Je vous rappelle que la bande du 493 était demandée par les forces politiques à l'Assemblée nationale et vous voyez bien que ces lignes évoluent depuis quelques jours.

Le cornu affirme que ce n'est qu'un paris. Non, c'est un mensonge tout simplement. Un engagement trahi parce que les mots ont un sens.

Et Sébastien Lecnu avait choisi des mots forts, très forts même. Devant l'assemblée en octobre, il ne parlait pas de Paris. Non.

Il parlait de révolution, de démocratie moderne, d'un changement de culture politique indispensable. On ne peut plus gouverner par la seule discipline d'un camp, mais par la culture d'un débat exigeant entre parlementaires portant au départ des convictions différentes. C'est une révolution tranquille du parlement.

Cette révolution doit commencer maintenant car c'est ce changement de culture que la démocratie moderne appelle. C'est ce que je souhaite faire en renonçant à l'usage de l'article 49 ala 3 de notre constitution. Je le redis, les débats devront aller jusqu'au bout.

Mais 3 mois plus tard, en dégainant le 493, le cornu renonce à sa révolution. Il renonce à la modernité, il redevient conservateur, ce qu'il a au fond toujours été. Donc retour aux bons vieux fondamentaux de la 5e République.

D'ailleurs, au début de cette même déclaration de politique général, le Cornu tenait un autre discours, un discours sur le changement, sur l'innovation, sur la nécessité de s'adapter au temps présent. Nous vivons et nous vivrons dans une époque de crise. Soit on les subit, soit on les utilise, soit on change, soit on saura changer.

Le dégagisme, c'est cela. Ceux qui ne changent pas, ceux qui s'agrippent au vieux réflexes, aux postures disparaîtront. En politique comme en tout, en France comme ailleurs, le basculement du monde ne s'arrêtera pas.

Ceux qui s'agrippent au vieux réflexes disparaîtront, disait le cornu. 3 mois plus tard, le premier ministre s'agripe au plus vieux réflexe de la 5e République, le 493. Sa promesse de rupture se dégonfle en un retour aux vieilles recettes.

Sa promesse de débat jusqu'au bout a abouti à un passage en force. Sa promesse de révolution tranquille se conclut par un retour aux bonnes vieilles pratiques, pas des plus démocratiques. Le cornu voulait incarner le changement mais sur le budget 2026, c'est bien le conservatisme qui l'a emporté, le bon vieux passage en force. qu'Élisabeth Born avait dégainé pas moins de 23 fois en 12 mois.

Il ne se passe donc à rien de nouveau sous le soleil de Matignon. Sébastien Lecnu devrait tout de même méditer la dage qu'il avait servi au députés. Soit on change, soit on sera changé.

Le cornu n'est pas le seul à avoir trahi sa parole. Ses alliés socialistes ont eux aussi changé de discours du tout tout. Il y a quelques jours, Boris Vallot, le chef des députés PS, est interrogé sur le 493 dégainé par le cornu pour faire passer le budget.

Va-t-il voter la censure ? Va-t-il exiger l'abandon de cet outil constitutionnel ? S'il y a utilisation de l'article 493, est-ce que vous voterez la censure derrière ?

Nous pouvons envisager en effet une une non censure. Ça veut dire que vous libérez le premier ministre de la demande solennelle que vous lui avez faite de ne pas utiliser de 493. Il se trouve qu'il y a des forces politiques qui depuis le départ n'ont jamais souhaité n'ont jamais même envisagé la possibilité du compromis.

On fait le choix du pas 493 n'existe plus. Les socialistes ont depuis des mois assumé leur responsabilité et le feront depuis le départ. Pourquoi pas clairement ?

Oui, parce que nous parce que nous parce que nous nous ne demandons rien. Nous ne demandons rien vraiment. Pourtant, c'est bien le même Boris Vallot qui quelques mois plus tôt demandait avec insistance l'abandon du 493.

Et pas qu'une fois. À l'Assemblée nationale en octobre, Vallot se montrait intransigent. Vous avez accepté une nouvelle règle du jeu renoncé au 493.

Nous l'acceptons puisque nous l'avons demandé avec toute la gauche d'ailleurs et Évalo ne s'est pas contenté de le dire à l'assemblée. Il l'a ensuite répété dans les médias avec la même fermeté. Nous allons nous engager dans le débat parlementaire avec une règle nouvelle que toute la gauche avait demandé qui était la suspension du 493.

Alors pourquoi Boris Vallot ne demande rien en janvier ? Peut-être a-t-il la mémoire courte ou la mémoire sélective ? En à peine 3 mois, le chef des députés PS est passé de "Nous demandons qu'il n'y ait pas de 493 à nous ne demandons rien." On pourrait appeler ça la cohésion version socialiste.

D'ailleurs, ce n'était pas juste Boris Vallot, c'était toute la direction du PS. Le 14 octobre, au sortir d'un bureau national exceptionnel, le Parti socialiste publie un communiqué officiel. Noir sur blanc, l'engagement est clair.

Les socialistes exigent un débat parlementaire libre et loyal avec l'engagement du Premier ministre de renoncer à l'usage de l'article 49 aligné à 3 de la Constitution. Une exigence claire, un engagement demandé à le corn, un engagement obtenu et 3 mois plus tard, le PS accepte le 493 sans broncher. Olivier Fort, premier secrétaire du Parti socialiste, n'en était pas en reste.

Fin 2025, il fustigait le 493 avec des mots très durs. Moi, ce que je veux, c'est des gens qui sont responsables devant les Français et qui à un moment prennent voilà prennent leur courage à demain. Mais le 493 c'est la politique pour les paresseux, pour les hypocrites, pour tous ceux qui ne veulent pas en fait prendre le responsabilité.

En fait, on dit c'est le gouvernement qui fait tout seul et puis après on voit qui vote ou qui vote pas. Non, c'est pas sérieux. La politique pour les paresseux, pour les hypocrites, des mots forts, des mots clairs.

Mais cette semaine, Olivier Fortit par annoncer que les socialistes ne censureront pas le gouvernement et ce malgré le 493. Nous ne censurerons pas le gouvernement. Est-ce qu'il y a pas un sujet de crédibilité de la parole publique ?

Bien sûr. Et là on est au mois de janvier pour qu'il un budget vous dites bon écoutez finalement on passe ça par perd des profits mais bien sûr qu'il y a un problème de crédibilité évidemment qui vous mais qui tout le monde toute la classe politique c'est le problème des postures et il y a trop de gens aujourd'hui qui sont dans la posture. Ce que nous avons refusé nous c'est d'être dans la posture et de chercher des solutions là où d'autres entretiennent des illusions.

C'est ça la grande différence entre les uns et les autres aujourd'hui. à la fameuse crédibilité de la parole publique. Olivier Fort reconnaît au moins le problème mais il renvoie la balle.

Ce ne sont pas les socialistes qui manquent de crédibilité. Non, ce sont surtout les autres ceux qui sont dans la posture. Sauf que dénoncer le 493 comme la politique des parisseux et des hypocrites puis l'accepter sans voter la censure, ça s'appelle comment exactement ?

Une solution ou une posture ? Il faut aussi rappeler que les députés socialistes se sont fait élire en 2024 sur la promesse de revitaliser le Parlement en abrogeant purement et simplement le 493 comme on peut le lire à la page 14 du programme du NFP le nouveau fond populaire. Chez les socialistes, n'oublions pas François Hollande, ancien président de la République, député PS aujourd'hui et champion toute catégorie du grand écart politique.

Il faut pas qu'il y ait le 493. Je pense pas qu'il y a d'autres issues que l'article 493. Du ne faut pas à il n'y a pas d'autre issu, le grand écart est parfait.

Mais attention hein, cette cascade est réalisée par un professionnel. Ne la reproduisez pas chez vous. Mais ce n'est pas tout.

François Hollande quand il était dans l'opposition dénonçait le 493 avec une fermeté qui prête aujourd'hui à sourire. Regardez plutôt cette archive de 2006. Le 493 est une brutalité.

Le 493 est un déni. Brutalité, dénie, les mots sont puissants. Pourtant, pendant son propre quinquena, son gouvernement a utilisé le 493 à six reprises, six fois pour imposer la loi Macron en 2015, malgré les divisions au sein du PS et pour imposer la loi travail en 2016.

Malgré des mois de manifestation et de grève. À l'époque, le 493 n'était apparemment ni une brutalité ni un déni. Mais aujourd'hui, Hollande retrouve soudain ses convictions démocratiques jusqu'à ce qu'il faille laisser passer le budget 2026.

Là, curieusement, le 493 redevient acceptable. Pourquoi ? Parce qu'il a un agenda à peine caché.

D'ailleurs, la solution, c'est effectivement l'article 493. Mais pour que le gouvernement ne soit pas renversé, il faut qu'il fasse des concessions. Et des concessions à qui ?

Au groupe socialiste, puisque c'est lui qui est prêt à s'engager dans cette démarche. C'est un gouvernement qui gouverne, une opposition qui reste opposition mais qui veut par responsabilité qui a un budget, que la France est un gouvernement jusqu'en 2027. Le temps de se préparer.

Le temps de préparer. Préparer quoi ? la présidentielle de 2027 parce que le Parti socialiste a un gros problème.

Il n'a pas de candidat ou candidate crédible. Raphaël Gluxman peine à convaincre. Alors Hollande et les classiques du PS cherchent par tous les moyens à gagner du temps.

Il laisse passer le 493. Il laisse le corps nu gouverner tant bien que mal et en coulisse il prépare 2027. Peu importe les cohérences, peu importe les demandes exprimées 3 mois plus tôt, peu importe le programme électoral sur lequel les députés PS se sont fait élire.

L'essentiel, c'est de ne pas censurer, de ne pas provoquer de nouvelles élections législatives. Le but est de gagner du temps pour trouver, si possible un candidat capable de concurrencer la France insoumise. Résultat, le Parti socialiste qui exigeait pourtant noir sur blanc le renoncement au 493, qui dénonçait cette procédure comme une brutalité et une politique pour les paresseux, l'accepte finalement sans trop branché.

Promesse trahies, parole bafoué, mais les calculs électoraux eux sont assumés. Que la France est un gouvernement jusqu'en 2027, le temps de se préparer. Cette affaire autour du budget 2026, ce n'est pas qu'une petite anecdote de la vie politique.

Ce qui s'est passé, ce n'est pas juste une trahison ponctuelle. C'est la normalisation du mensonge en politique. C'est l'acceptation dans une large partie de la classe politique que finalement les promesses ne comptent pas vraiment, qu'elles n'engagent que celles et ceux qui veulent y croire.

Ce matin, les deux motions de censure déposées par LFI et le RN ont été rejetées à l'assemblée. Cela veut dire que la partie recette du budget 2026 est adoptée. Sébastien Lecnu vient d'engager par un deuxè 493 sa responsabilité.

La responsabilité de nouveau du gouvernement sur la base de l'article 49 de la Constitution sur la partie 2 des dépenses du projet de loi de finance pour 2026. Les engagements pris noir sur blanc ne sont que de simples outils tactiques. Des leviers pour négocier en coulisse des éléments de langage.

Sébastien le cornu a renoncé au 493 avant de l'utiliser. Le Parti socialiste exigeait l'abandon du 493 avant de l'accepter et François Hollande dénonçait le 493 comme une brutalité avant de le justifier. La parole politique en sort encore une fois affaiblie. décrédibilisé, totalement dévalué.

Le mensonge politique devient la norme et la démocratie, la démocratie représentative en sort meurtri. Car lorsque la parole du pouvoir devient finalement arbitraire, elle risque de préparer le terrain à un pouvoir qui le sera tout autant. Quand les mots ne veulent plus rien dire, qu'ils n'ont plus de valeur, que peut-il rester si ce n'est que de l'autoritarisme et de la force ?

Voilà, c'est terminé. Merci d'avoir suivi ce nouvel épisode de l'avare politique. Dites-nous ce que vous en avez pensé en laissant un commentaire.

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49.3 : LA VAR DÉMASQUE LA DOUBLE TRAHISON DE LECORNU ET DU PARTI SOCIALISTE — Olivier Faure · Pourquijevote