COP 29, plans sociaux, narcotrafic... Le 8h30 franceinfo de Franck Allisio
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Bonjour Franck Alizio, il y aura d'autres suppressions de postes, fermetures de sites industriels dans les semaines, les mois qui viennent, ça se comptera en milliers d'emplois supprimés, c'est ce que dit le ministre de l'Industrie, Marc Ferracci, automobiles, chimie notamment, la CGT réclame un moratoire sur les licenciements, est-ce que vous êtes d'accord avec ça ?
Déjà, si le ministre lui-même le dit, c'est que ça va être violent, et le dit aussi franchement. Deuxièmement, si on pouvait cesser de voir ce sujet, qui est un sujet maintenant qui date d'une bonne vingtaine d'années, puisque derrière c'est le sujet des industrialisations de notre pays, si on pouvait cesser de le voir par le petit bout de la lorniette ou par les effets et non les causes... Il n'empêche qu'il y a des gens qui vont perdre leur emploi, donc c'est un effet.
Et l'ERN pourrait s'associer à la CGT sur ce type de sujet ?
Évidemment que quand on est dans l'urgence, oui, il faut protéger les emplois. Ça veut dire quoi protéger les emplois ? Voir, on ne peut pas interdire les licenciements. On n'est pas dans une économie soviétique, on ne peut pas interdire les licenciements. 20 ans de politique de désindustrialisation, le fait que l'on soit les champions d'Europe des prélèvements obligatoires, le fait qu'on soit les champions d'Europe des impôts de production, le fait qu'on ne se résout pas depuis 20 ans, et là je parle autant en tant que français qu'en tant qu'européen, à un protectionnisme intelligent.
L'Allemagne qui est en crise a aussi trop de prélèvements obligatoires, c'est vraiment ça la seule cause ?
L'économie allemande, l'industrie allemande va beaucoup mieux que l'industrie française.
En ce moment, ce n'est pas vraiment le cas. La croissance allemande est inférieure à la croissance française.
Oui, mais vous avez vu d'où il part ? Vous avez vu le niveau d'industrie de l'Allemagne ? Non, je suis désolé, ce n'est pas comparable. Non, il y a deux solutions, et d'ailleurs l'exemple américain comme tous les grands pays, aujourd'hui les grands groupes de pays économiques, ceux qui fonctionnent, ceux qui marchent, ceux qui produisent encore de la richesse, ceux qui ont un chômage très bas, fonctionnent avec deux principes, une fiscalité qui aide et qui encourage à la production, qui ne massacre pas les entreprises, qui ne massacre pas l'industrie, et de l'autre côté, un protectionnisme intelligent.
Pour bien comprendre, Michelin, 1250 suppressions d'emplois évoquées à Vannes et à Cholet, vous concrètement, vous êtes au pouvoir, qu'est-ce que vous faites ?
Nous concrètement, on met en place une politique qui pourra porter ses fruits assez rapidement, mais qui redonne les capacités.
Je vous parle pour le cas de Michelin, c'est les 1250 emplois supprimés. Vous permettez que ces emplois soient supprimés, vous accompagnez, comment vous faites ?
On accompagne, on essaie d'accompagner pour limiter la casse sociale. Mais une fois qu'on est arrivé, évidemment, à une politique catastrophique qui a des résultats catastrophiques, on ne peut faire que des pansements.
L'une des questions, et c'est un sujet qui est récurrent, c'est comment on fait pour contraindre les entreprises qu'on aide à maintenir l'activité en France, voire à relocaliser ?
Conditionner. C'est ce qu'on appelle l'aide liée.
Ça a déjà été tenté, mais manifestement, ça n'est pas respecté.
Eh bien, il faut le faire respecter. C'est tout le problème de notre pays. C'est qu'on décide des principes et on ne les fait pas appliquer. Ce n'est pas qu'en cette matière. Donc oui, il faut évidemment conditionner l'aide publique à l'emploi. Ça, c'est évident. Autant aider nos entreprises, délivrer des aides publiques au service de notre économie, au service du maintien de l'emploi, au service de la production, c'est une bonne chose.
Le crédit d'impôt recherche, par exemple ?
Oui, on a toujours dit qu'on était favorable et qu'on le maintiendrait, évidemment. Oui, mais vous voulez le conditionner ? Ah oui, évidemment. Il faudrait le conditionner, oui.
Il y a des secteurs en particulier qu'il faut soutenir ? Je ne sais pas s'il y a des casse prévisibles dans votre région, par exemple ?
Non, mais vous citiez tout à l'heure l'automobile. C'est quand même extraordinaire que depuis une dizaine d'années, on soit allé aussi fort et aussi loin, sans précaution, sans préparer vers l'électrique, au détriment du thermique, alors qu'on savait très bien qu'en Europe, nous étions leaders sur le thermique et que sur l'électrique, ce serait la Chine. Donc, les conséquences, aujourd'hui, étaient évidemment prévisibles.
Marc Arachi, sur ce sujet, envisage un bonus écologique européen, un emprunt commun européen pour financer, dit-il, des mécanismes de soutien à cette filière.
Oui, mais pourquoi toujours des pansements sur une jambe de bois alors que les Allemands ont assez rapidement remarqué que ça allait contre leurs intérêts et donc ils ont freiné ? Je ne dis pas qu'il faut stopper définitivement, je dis qu'il faut s'adapter. Sinon, forcément, vous allez le payer en perte d'emploi. Vous allez le payer en casse sociale. Lorsque moi, en tant que rapporteur spécial du commerce extérieur à l'Assemblée nationale et pour le budget, on voit bien que notre déficit commercial est une catastrophe. Alors, on nous parle depuis des années d'attractivité du directeur, d'investissement direct, mais c'est en réalité la vente à la découpe de l'industrie française.
C'est la vente à la découpe de nos entreprises. Quand les gens viennent investir chez nous, en tout cas, ce n'est pas pour créer des emplois. Donc, tout ça est une formidable hypocrisie racontante. C'est depuis des années.
Manifestement, en tout cas, quand on parle de bonus écologique européen, l'emploi viendra de la transition écologique et ça nous amène à la COP de Bakou, la conférence climat annuelle de l'ONU qui s'ouvre demain en Azerbaïdjan. Des élus de tous bords appellent au boycott, dont chez vous, Stéphane Ravier. Pourquoi ne faut-il pas y aller, selon vous ?
Pour être précis, Stéphane Ravier n'est plus chez nous. Parce qu'il n'est plus ni au RN, d'ailleurs, ni chez Reconquête. Ce n'est pas grave, mais j'ai compris. En tant que vice-président du groupe d'amitié France-Arménie à l'Assemblée Nationale, bien évidemment, j'ai été choqué par le fait qu'il y ait la COP à Bakou. Évidemment que la situation n'est pas apaisée. Et évidemment qu'il y a encore deux poids et deux mesures sur cette affaire. Parce que qui aurait imaginé la COP se dérouler à Moscou aujourd'hui ? C'est l'équivalent de la Russie aujourd'hui, l'Assemblée Nationale ? C'est une dictature ? Mais évidemment. Mais évidemment. Évidemment que c'est l'équivalent de la Russie.
Évidemment que l'Arménie est un pays agressé. Évidemment que l'Arménie est dans la situation de l'Ukraine. Donc c'est toujours pareil. Deux poids, deux mesures en fonction. Là, soyons honnêtes, des intérêts américains et européens d'ailleurs, qui la Commission européenne a toujours détourné... Emmanuel Macron boycotte cette COP. Donc vous le soutenez.
Oui, oui, à minima évidemment. La chaise vide, c'est donc préférable, y compris pour les intérêts, défendre éventuellement nos intérêts sur le climat ?
Parce qu'il va y avoir des discussions quand même.
Ce n'est pas seulement le cadre qui compte.
En principe, on a toujours été contre le fait que ça se passe à Bakou. À un moment donné, il faut tirer les conclusions. Encore une fois. Qui irait tranquillement à Moscou si la COP se tenait à Moscou ? Le 8.30 France Info, Bérangère Bonte, Adrien Becq.
Et ce matin, Franck Alizy, au député RN des Bouches-du-Rhône, on parlait de la COP et de vos réticences à l'organisation de cette COP en Azerbaïdjan. Mais sur la question du climat, on a du mal à comprendre où est le RN. C'est vraiment une priorité pour vous ?
Oui. Sauf qu'encore une fois, je suis désolé, mais on essaie de voir les choses à la racine, de voir le problème à la racine. Le problème à la racine, on l'a toujours assez simplement dit parce que c'était la vérité. La vérité se dit simplement. C'est-à-dire que tant qu'on importera de l'autre bout du monde ce que l'on peut créer, ce que l'on peut produire, pardon, et consommer à proximité, et bien on aura... Et donc on aura beau inventer tous les spots de pubs
Donc soutien à la production locale ?
Au quotidien. Mais lorsque vous ne touchez pas à 80% du problème de la pollution, ben voilà, c'est une révolution.
Il y a aussi des entreprises polluantes en France, il y a aussi des vols en avion qui polluent. Par exemple, vous vous êtes opposé à la taxe, à la surtaxe sur les billets d'avion. Est-ce que ce n'est pas la preuve que vous relativisez un peu ?
Non, enfin, les billets d'avion, notamment sur le France-États-Unis, par exemple, ont explosé. Ça n'a rien changé. L'élasticité du prix n'a rien changé. Les gens continuent. Ça ne changera pas les choses à chaque fois. Il n'y a pas un caractère incitatif à prendre l'avion plutôt que le train, clairement. On peut se donner... Moi, je prends le train chaque semaine pour aller dans ma circonscription, pour aller à la Marseille. Mais tous les gens qui nous écoutent
savent que les tarifs sont
beaucoup plus élevés que ce de l'avion. Donc, non, je ne pense pas que ça marche. Je ne pense pas que la fiscalité soit la réponse à tous les problèmes. Je ne pense pas que la culpabilisation des Français plus largement d'Européens soit la solution à tous les problèmes. En revanche, je pense que oui, il y a une réflexion à faire. Mais lorsque les pollueurs, c'est tout sauf nous, parce que nous sommes les meilleurs élèves, ça ne sert à rien de faire de l'autoflagélation. On est un grand pays, on a une voie diplomatique, on a une voie économique. Donc, utilisons-la pour remettre en cause une forme de libre-échangisme qui, lui, pour le coup, est anti-écolo, anti-environnemental. Voilà.
Comment dire ? Pour reprendre une vieille expression de M. Montebourg, démondialisons ce qu'il faut pour, justement, revenir à un système d'échange, à un système économique plus respectueux. Pour remettre des droits de douane comme veut le faire
Donald Trump aux Etats-Unis, par exemple ?
Oui, évidemment.
Mais quitte à ce que les prix soient renchéris pour les consommateurs.
Il faudrait que l'Europe, vous venez de dire qu'il fallait renchérir les prix via la fiscalité. Moi, je préfère les renchérir via les droits de douane.
Vous savez combien il y a une importance des importations venues de Chine chez nous ? Beaucoup de personnes, y compris sans doute de vos électeurs, consomment des produits venus de Chine.
On n'a pas échappé que cette politique réussissait aux Etats-Unis sous Trump et sous Biden. La politique de droits de douane fait que le taux de croissance américain est dopé, la création d'emplois aussi. L'inflation aussi ? Oui, l'inflation. L'inflation a été également plus forte en Europe également.
Si on prend un autre exemple, pour rester sur les questions d'environnement, il y a un sujet qui va revenir, c'est l'agriculture avec une grogne agricole qui va revenir là. L'agriculture de demain adaptée au dérèglement climatique, on va vous poser la même question qu'à la ministre de l'Agriculture Amis Gennevard vendredi. Est-ce qu'il faut, par exemple, continuer à aider des viticulteurs dans le sud-ouest qui manquent d'eau alors que c'est déjà une culture très peu gourmande en d'eau ?
Oui, je pense que dans un premier temps, il faut continuer. Après, c'est une réflexion à avoir...
Vous dites en même temps, on n'anticipe jamais assez. Donc là,
la réflexion générale du RN, c'est quoi ? Sur l'agriculture de demain. L'agriculture est une force, je le vois dans ma région.
Comme l'automobile. Mais l'agriculture de demain, si vous voulez l'anticiper ?
Eh bien, il faut anticiper maintenant, il faut réfléchir maintenant. Non, on n'arrête pas d'aider maintenant, il ne faut pas d'aider... qu'on ne pourra plus assurer,
il n'y aura pas d'eau.
Ni maintenant, ni demain. Mais après-demain, en effet, il faut imaginer à 10 ans, à 15 ans ou à 20 ans. Mais en effet, on ne va pas laisser arriver la catastrophe, réfléchir à ce que l'on pourrait faire. Vous n'avez pas fait de réflexion à ce stade ? Non. Évidemment que, pour l'instant, à ce stade, nous défendons l'agriculture et nous voyons ce qu'on pourra.
Le RN n'a pas une réflexion sur ce que doit être l'agriculture dans 20 ans ?
Oui, on a une réflexion sur ce que doit être l'agriculture dans 20 ans. Mais pour l'instant, notre priorité, c'est garantir nos agriculteurs, garantir ce que l'on réfléchit à ce que l'on pourra produire de manière compétitive. Mais l'idée, c'est avant tout défendre les intérêts français et le faire en accord, évidemment, avec le respect de l'environnement.
On parlait de Donald Trump il y a quelques secondes. Il a donc été élu, élu une deuxième fois. J'allais dire, on a du mal à comprendre si vous êtes heureux ou pas de cette victoire ? On n'a pas à être heureux ou non. Mais pourtant, Marine Le Pen, elle l'a été en 2016. Félicitations au nouveau président des Etats-Unis, peuple américain qui est un peuple libre. Ils ont donné un président qu'ils ont choisi dans celui qu'un système voulait leur faire valider. Elle était heureuse en 2016, Marine Le Pen. Pourquoi vous l'êtes plus ?
On l'a dit en termes un tout petit peu plus choisi, un tout petit peu plus différent, mais c'était la même idée.
Elle n'a pas réellement idioté. Il faut dire le même.
Elle a félicité Donald Trump. Elle s'est félicité d'un vote populaire sans précédent. Est-ce que le Trump de 2024
est aussi fréquentable que celui de 2016 et 2020 pour vous ?
Elle s'est félicité d'un vote populaire sans précédent. C'est une claque pour l'adversaire. Ces 312 grands électeurs, c'est une très large victoire. Les 7 Etats convasculés. Le vote populaire qu'ils n'avaient pas d'ailleurs en 2016. Donc c'est un choix clair et net des Américains qui devraient s'interroger aussi sur ce qu'a été les 4 ans de Biden. Est-ce que c'est idéologiquement... Mais est-ce qu'en même temps
Donald Trump ne fait pas un peu le chemin inverse de vous quand il remet en cause l'avortement alors que Marine Le Pen le défend. Donald Trump qui a des propos aussi misogynes quand Marine Le Pen capte le vote des femmes. Est-ce qu'il ne fait pas le chemin inverse du Rassemblement National ?
Je ne pense pas du tout que ce soit sa position sur l'avortement et ses positions misogynes qui ont dû le faire gagner. Je me demande si ce n'est pas
un élément d'explication du fait que vous êtes peut-être un peu moins on va dire enthousiaste à l'idée de sa victoire cette fois.
On a toujours eu des ce n'est pas nouveau on a toujours eu des préventions par rapport au personnage aux positions du personnage celles que vous avez évoquées et d'autres le personnage et ce qu'il est c'est pour ça qu'on a toujours pris une distance maintenant le bilan économique le bilan général politique d'ailleurs y compris diplomatique de M. Trump de 2016 à 2020 était bon était bon pour les Etats-Unis c'est normal que les Américains votent en fonction des intérêts des Etats-Unis il y avait un bon bilan
Il nous reste très peu de temps on n'a pas beaucoup entendu le RN sur l'incident diplomatique de jeudi à Jérusalem avec l'arrestation de deux gendarmes français sur le site de pèlerinage de l'Eleona de manes français pourquoi ce silence ? ça ne vous a pas choqué ?
Vous parlez de ce qui s'est passé à Jérusalem avec le ministre je pense que Marine Le Pen a dû s'exprimer vous vous en pensez quoi ? écoutez j'ai été plus marqué par ce qui s'est passé à Amsterdam pour tout vous dire
ça ne vous choque pas que des policiers israéliens viennent arrêter des policiers français dans un domaine qui appartient à la France ?
moi je considère qu'il faut que la France soit défendue de partout je reste plus choqué par ce qui s'est passé à Amsterdam dans une partie de Jérusalem un pogrom dans une capitale européenne me choque davantage maintenant je suis quand vous mettez deux événements comme ça il y a un événement qui est plus important que l'autre voilà c'est clair c'est net il ne s'agissait pas de les comparer c'est précis oui mais vous me parlez d'un événement vous ne me parlez pas de l'autre alors qu'il y a un événement qui est très très important à Amsterdam et un événement diplomatique qui a son importance mais qui selon moi beaucoup moins important
c'est trop compliqué de critiquer Israël sur ce fait là ?
non mais il n'y a pas de soucis il n'y a pas de soucis à critiquer M. M. Netanyahou il n'y a pas de soucis à critiquer sa politique mais il y a quelque chose de très grave qui s'est passé à Amsterdam c'est le plus important selon moi
merci Franck Alizio député Rassemblement National des Bouches du Rhône d'avoir été l'invité du 8-30 merci Bérangère Bonte
Franck Allisio