Confinement : les scientifiques alertent... Macron persiste #cdanslair 01.03.2021
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Bonsoir à toutes et à tous, nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. Ce sont désormais deux lignes en quelque sorte qui s'affrontent par médias interposés. Celle de certains scientifiques, urgentistes, chefs de service et celle du président. Il réclame un reconfinement rapide quand le chef de l'État lui tient son cap et veut ajuster des mesures locales au cas par cas, défendre l'idée qu'il faut vivre avec le virus quand certains poussent l'idée d'un zéro Covid. La pression la plus compliquée à gérer pour l'exécutif vient peut-être malgré tout de l'étranger.
De ces images des pays voisins qui sont passés par la case d'un confinement strict et qui aujourd'hui planifient un retour presque à la vie normale. Pression aussi des chiffres de vaccination encore trop faibles en France quand des pays comme l'Angleterre affichent 20 millions de personnes vaccinées au moins avec une première dose et imaginent un retour à la normale au mois de juin. Alors combien de temps pouvons-nous tenir ? Que donnent les premières mesures ciblées localement ? Le président pourra-t-il tenir ce que certains considèrent comme un pari ? Confinement, les scientifiques alertent, Macron persiste, c'est le titre de cette émission.
Avec nous pour en parler ce soir, Bruno Jeudy, vous êtes rédacteur en chef du service politique de Paris Match. Je signale votre dernier édito intitulé « L'État jacobin à l'épreuve du Covid ». Sophie Orange est avec nous ce soir, vous êtes journaliste à RTL, vous suivez l'évolution de l'épidémie de Covid-19 depuis le début pour votre radio. Bruno Lina est avec nous ce soir, vous êtes virologue au CHU de Lyon, vous êtes également membre du conseil scientifique. Enfin, Olivier Faille, vous êtes journaliste au service politique du journal Le Monde. Votre dernier article est intitulé « Macron veut penser le Covid sur le temps long ».
Nous y reviendrons longuement ce soir, je signale aussi la sortie de votre livre « La conseillère » qui retrace le parcours de Marie-France Garraud, livre publié chez Fayard. Bonsoir à tous les quatre, merci de participer à ce « C'est dans l'air en direct ». On va commencer cette émission avec une phrase du président de la République, c'était aujourd'hui Bruno Jeudy. Il a dit « Il faut tenir encore quelques semaines, 4 à 6 semaines, il parlait du couvre-feu ».
Oui, il faut tenir, il faut tenir cette course qu'Emmanuel Macron a lancée lui-même le 29 janvier. Tenir dans son esprit, c'est tenir sur le couvre-feu plutôt que le reconfinement, puisque finalement c'est la décision qui a été prise et qui a été un tournant dans cette crise, en tous les cas dans la façon de gérer cette crise par le président de la République. C'est une décision qui à la fois est en rupture avec ce que lui conseillait son conseil scientifique. On se souvient du président Jean-François Delfraissy, qui d'ailleurs est silencieux depuis, volontairement je le dis. Il boude ?
Non, il a décidé plutôt de se mettre en retrait, il a vu les difficultés que ça avait créées, et puis tous les remous qu'il y a eu autour de ces prises de parole, et donc il a choisi de se mettre en retrait. Et donc le président, il y a une rupture qui s'est un petit peu établie à ce moment-là, avec une partie d'abord des membres du conseil scientifique, et puis plus globalement de la communauté scientifique, on le voit, qui elle, militait pour un reconfinement afin de faire baisser ce plateau qui reste élevé et qui place la France dans une situation singulière en Europe.
Mais le choix qui a été fait d'Emmanuel Macron, c'est de prendre en compte d'autres éléments que les seuls éléments sanitaires, c'est prendre en compte aussi les coûts économiques, psychologiques, les difficultés pour tous les Français. Et puis au fond, une forme aussi, on le voit dans les sondages, finalement, j'allais dire, le choix du président, c'est aussi le choix quand même d'une grande partie de la population qui préfère s'accommoder d'un couvre-feu plutôt que d'être dans un confinement strict. Alors on voit la doctrine évoluer, maintenant on va être au cas par cas, on a vu ce week-end les reconfinements par...
On va y venir pour voir si ça marche, mais je voudrais savoir, juste pour les gens qui nous regardent Bruno Jeudy ce soir, qu'est-ce qu'il faut comprendre de cette phrase-là ? Il faut tenir encore quelques semaines, 4 à 6 semaines, ça veut dire que dans 4 à 6 semaines, on ouvre ?
Ça veut dire que tenir, ça veut dire un couvre-feu d'abord de 4 à 6 semaines, je rappelle que nous sommes entre couvre-feu et confinement depuis quasiment la mi-octobre, ça fera presque 200 jours au passage, ce qui est une durée extrêmement longue, on a l'impression maintenant de ne plus sortir de ce tunnel, et c'est essayer de commencer à donner des perspectives, mais il est très prétent le président, il ne dit pas du tout ce qu'il y aura à la sortie, il ne dit pas, ça va être la bamboche, les restos vont ouvrir, les musées, le cinéma, partout, et tout ce qu'on pourrait espérer, tout ce qu'on attend avec impatience, non, il ne dit pas du tout ça, il dit 4 à 6 semaines, il faut tenir, il faut tenir sur le couvre-feu pour espérer s'épargner le reconfinement.
Olivier Faille, il paraît, alors ça c'est des confidences, en tout cas, des propos rapportés dans le canard enchaîné que le président Macron a eu cette phrase, il a dit j'en ai marre de ces scientifiques qui ne répondent à mes interrogations sur les variants que par un seul scénario, celui du reconfinement.
Non, c'est vrai que Bruno a eu raison de le souligner, c'est vraiment un tournant, presque quand même un tournant de son quinquennat, disent certains, ce qu'il a fait le 29 janvier en décidant de ne pas reconfiner, et c'est vrai qu'au début de la crise, il était un peu désemparé, Emmanuel Macron n'avait pas le choix que de s'appuyer sur les scientifiques face à ce virus inconnu, et étant donné que la crise dure depuis maintenant un an, c'est quand même très long, très éprouvant pour le moral des Français, et il y a aussi la perspective de l'élection présidentielle de 2022 qui se rapproche, donc Emmanuel Macron ne peut pas, entre guillemets, vendre aux Français seulement la perspective du sang et des larmes, il faut aussi qu'il leur donne des perspectives positives, et c'est pour ça quelque part que cette déclaration de ce matin est intéressante, sur les 4 à 6 semaines dont parle Emmanuel Macron.
Alors, moi j'ai eu l'occasion de m'entretenir avec l'Élysée depuis, qui a un peu, on va dire, précisé ou minoré les propos du chef de l'État, parce qu'on pourrait croire que dans 4 à 6 semaines, c'est la fin du couvre-feu, ou au contraire, un autre type de décision. On m'a bien fait savoir qu'il n'y avait pas de calendrier déjà préétabli, que ces 4 à 6 semaines, il est parlé plutôt de la vaccination, du fait que le déploiement de la vaccination pourra se faire vraiment pleinement à partir de ce moment-là, et qu'on pourra avoir des perspectives un peu plus positives à partir de ce moment-là.
C'est Jérôme Salomon qui, dans le JDD hier, en a parlé, en disant qu'à partir du mois d'avril ou de mai, peut-être qu'on pourra commencer à avoir de vrais effets de la vaccination. Donc voilà, l'Élysée a tenu à préciser quand même que c'était plutôt sur cette idée-là qui était abordée par le président ce matin.
Et on voit bien, Sophie Orange, qu'on est sur le fil. On va donner la parole dans un instant à Bruno Lina, qui nous donnera son avis. Mais on a des scientifiques multiples, on ne va pas tous les citer, mais les prises de parole, les gens qui nous regardent les entendent. Je pourrais citer Gilles Pialou, qui est chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital Tenon à Paris, qui dit un confinement est inévitable, on ne peut pas vivre avec ce niveau de pression sur l'hôpital. Des appels au reconfinement, des alertes des scientifiques, elles se multiplient. C'est pour ça d'ailleurs qu'on a choisi d'intituler cette émission comme ça ce soir.
C'est qu'on a l'impression que chaque jour qui passe, on a une peur des scientifiques face à ce qui nous attend, et face à cela, un exécutif qui tient son cap.
Ce scénario, il tient depuis plusieurs semaines. Ça fait depuis des semaines et des semaines que les scientifiques nous prédisent après les fêtes, une envolée des cas, elle n'a pas eu lieu. Qu'ils nous prédisent en février, une montée des cas, elle n'a pas eu lieu. Alors c'est sûr qu'on est basé aussi sur des critères d'alerte 50, 150, 200, 250 pour l'incidence qui correspondait à l'année dernière. À un moment, on n'avait pas de vaccin. On connaissait assez mal ce virus. Aujourd'hui, on peut considérer qu'un seul alerte à 250. Peut-être qu'on pourrait supporter finalement 300, 320 parce qu'on a les vaccins, parce qu'on a le couvre-feu.
Donc c'est vrai qu'il y a là deux lignes qui s'affrontent. Pour le moment, le président Macron tient bon. Les chiffres lui donnent raison, lui donnent raison jusqu'à une dizaine de jours. On voit très clairement que dans certaines régions, notamment l'Île-de-France, l'incidence augmente, plus 10, plus 10, plus 10 chaque jour. Ça veut dire que par exemple, à l'assistance publique hôpitaux de Paris, il y a 800 personnes, 850 personnes aujourd'hui qui sont en réanimation. En janvier, 25 personnes rentraient chaque jour en réanimation. Aujourd'hui, c'est 50. Donc voilà. Mais ça tient encore. Pourquoi ça tient ? Le couvre-feu, les vaccins.
Et puis aussi peut-être un phénomène qui est plus difficile à mesurer. Quand on annonce peut-être un reconfinement, peut-être que dans l'opinion, certains se ressaisissent en disant « Ah non, je ne veux pas y retourner, on va refaire attention ». Et du coup, au lieu de remonter, finalement, ça monte un peu moins vite. C'est un ensemble, il y a énormément de critères aujourd'hui qui sont à l'origine d'une décision, ce qui rend cette décision encore plus compliquée à prendre.
Bruno Lina, le président de la République, il n'écoute plus le Conseil scientifique ?
En fait, ce qui est très étonnant, c'est que moi j'aimerais bien qu'on revienne un tout petit peu en arrière. Alors allons-y. Et qu'on vous redise ce que le Conseil scientifique est et ce qu'il n'est pas. Et en fait, le Conseil scientifique, il est là pour éclairer, pour donner des informations, pour échafauder des scénarios, pour échafauder des hypothèses, de façon à ce que derrière, le monde politique, prenne une décision. Et ce n'est pas du tout au Conseil scientifique de faire ses choix. Et moi, chaque fois qu'on me demande ce qu'il faut faire, je dis que je ne sais pas, ce n'est pas moi de décider.
La seule chose que je sais faire, moi, c'est essayer de comprendre un petit peu comment ce virus évolue, quels sont, avec mes amis modélisateurs, santé publique, sciences et immunes sociales à l'intérieur du Conseil scientifique, d'essayer de comprendre un petit peu comment on peut se projeter par rapport à une évolution qui est quand même très imprévisible. On est très régulièrement pris par surprise avec ce virus. Et l'idée, c'est vraiment d'avoir, finalement, un panorama des possibles, qui soit le plus large et qui soit le plus étayé. Après, on ne peut, nous, être que dans notre rôle d'informer. On ne prend pas de décision. Par contre, on informe complètement.
C'est-à-dire que dans les scénarios qui sont dessinés, il y a des scénarios favorables. Et puis, il y en a des qui sont parfois ce qu'on appelle le scénario du pire et qui, aujourd'hui, ne peut pas forcément être balayé d'un revers de la main.
Vous avez raison de rappeler quel est le rôle de scientifique. Merci de l'avoir fait de manière aussi claire. Je me mets à la place des gens qui nous regardent et qui allument leur radio, peut-être RTL le matin ou leur télé, et qui entendent des spécialistes, des professeurs, je pense à Arnaud Fontanet, par exemple, qui estiment qu'aujourd'hui, l'exécutif est dans une prise de risque, que si on choisissait de reconfiner plus tard, on prendrait, au fond, le risque de devoir reconfiner plus longtemps. On a des épidémiologistes qui font des modélisations avec des scénarios qui sont très inquiétants, avec 50 000 cas par jour à la mi-mars. Vous voyez ce que je veux dire ?
C'est-à-dire, entre une parole scientifique qui est dans son rôle, qui est un rôle d'alerte, et un politique qui arbitre, vous voyez, je me mets à la place des gens qui nous regardent, je dis que ce n'est pas évident de se faire une idée sur la situation réelle dans laquelle nous nous trouvons.
Mais la situation est très difficile. Elle n'est pas difficile parce qu'elle est inquiétante, elle est difficile parce qu'elle est compliquée. Et au bout du compte, on a aujourd'hui, si vous regardez ce qui se passe dans le sud de la France ou à Dunkerque, ou en Moselle, et que vous regardez ce qui se passe du côté de Biarritz, eh bien, prenez une mesure nationale dans ces conditions. C'est forcément extrêmement compliqué. Donc, on voit bien qu'on est dans un moment où on a quand même appris énormément de choses. Et c'est ce qui a été dit. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on connaît mieux les modes de transmission de ce virus. On sait mieux quel est l'impact de la température et du climat.
On sait mieux que les Français, comme ça a été dit, assurent quand même un freinage de la circulation des virus par les mesures barrières qui est redoutablement efficace. Parce que ce virus, aujourd'hui, il n'a pas changé. C'est le même virus que celui qui a commencé à circuler en mars. La seule chose, c'est qu'il a effectivement évolué et que nous aussi, on a évolué. Et que cette évolution, aujourd'hui, elle nous place dans une situation où on a affaire à un virus avec le variant britannique qui a un potentiel de transmission qui est augmenté. Et on a un comportement collectif et individuel qui a tendance à freiner la circulation de ce virus. Qui va gagner ? Moi, je ne sais pas.
Mais ce qu'il faut qu'on voit, c'est qu'il y a ces deux axes qui sont divergents. Et à un moment donné, ça va pencher d'un côté. Soit ça pense du bon côté, soit ça pense du mauvais.
Ça veut dire, Bruno Lina, que quand j'imagine que tous les gens qui vous croisent vous posent cette question, est-ce qu'il faut reconfiner ? Vous dites quoi ?
Je ne sais pas.
Vous dites vraiment que je ne sais pas. Vous êtes bien le seul.
De nouveau, je ne vais pas vous dire que le conseil scientifique, il a des choses qu'il fait, des choses qu'il ne fait pas. Ce n'est pas à moi de décider s'il faut reconfiner. Ce n'est pas à moi de le faire.
Quand on voit ce qui se passe,
je suis capable d'expliquer, par contre, les conséquences de l'un ou de l'autre.
Alors, on va y revenir. Je reviendrai vers vous pour expliquer les conséquences d'un choix ou d'un autre pour les semaines qui viennent. Ce sera sans doute très intéressant. Sophie Orange ?
Je voudrais juste revenir sur ce qui se passe en Allemagne, par exemple. On observe beaucoup l'Allemagne, qui est confinée quand même depuis plusieurs semaines maintenant, deux mois et demi. On rouvre à peine les coiffeurs aujourd'hui, juste les coiffeurs. Mais en Allemagne, on n'est pas à zéro Covid après deux mois et demi de confinement.
On va en parler de l'Allemagne, parce que je disais que la comparaison était compliquée, surtout quand on voit certains pays qui donnent des signaux d'ouverture. En tout cas, pour l'instant, il tient sa ligne. Le président refuse d'envisager un reconfinement. Pourtant, la pression des scientifiques, de certains scientifiques, se fait de plus en plus forte. Certaines projections sont alarmantes et prévoient 50 000 cas par jour de Covid à partir du 15 mars. Et les patrons des services des urgences multiplient eux aussi les alertes. Mathieu Lignot, Nicolas Baudry-Dasson.
Emmanuel Macron en visite dans un centre de vaccination pour la première fois. A Bobigny, en Seine-Saint-Denis, le président fait son retour sur le terrain face à la crise sanitaire. L'occasion aussi d'être confronté aux difficultés pour prendre rendez-vous. Il m'est arrivé jeudi dernier d'appeler 37 fois le même centre de... On apprend chaque semaine des choses, donc il faut qu'on ajuste. Mais on va continuer à accélérer. La vaccination est clé. Vacciner et prendre des mesures locales, c'est la ligne d'Emmanuel Macron pour éviter un nouveau confinement généralisé. Mais Emmanuel Macron pourrait bien perdre son pari de ne pas reconfiner le pays. Les chiffres ne sont pas bons.
En une semaine, le nombre de cas détectés a augmenté de 12% et le nombre de patients en réanimation de 3%. Ce week-end, dans plusieurs villes de France, notamment à Paris, foules dans les rues, les parcs ou sur les quais. Des scènes qui donnent des sueurs froides aux autorités. Inquiétude aussi de certains médecins, ils sont nombreux à demander au gouvernement d'assumer des mesures sanitaires plus strictes. Nous avons des hôpitaux avec certains services de réanimation qui sont pleins. Nous avons des équipes dont on ne parle jamais. Les équipes médicales qui sont usées, fatiguées. Il est certain que si on ne bouge pas, si on ne fait rien, on ne tiendra pas longtemps comme ça.
En tout cas, on ne va pas continuer à vivre comme nous vivons. Parce que dire qu'on ne fait pas de confinement, c'est une chose. Mais en contrepartie, on a quoi ? En contrepartie, nous avons une vie qui s'arrête à 18 heures.
Et je ne suis pas certain que ce soit une vie qu'on puisse garder assis pendant longtemps. On est dans un niveau d'acceptation qui est incroyablement élevé. Incroyablement élevé. Et je trouve que bientôt 100 000 décès et cette pression hospitalière, je ne pense pas qu'on puisse... Ou alors, il faut le dire aux Français. Dire, voilà, c'est le prix qu'on paye à une économie moins contrainte et effectivement à moins d'impact sur les Français. Mais on est dans un entre-deux. On est en même temps, si je peux reprendre cette expression.
Une vingtaine de départements sont particulièrement surveillés. Et cette fois, Emmanuel Macron semble pouvoir compter sur le soutien des élus locaux. Comme Valérie Pécresse, elle n'est pas opposée à des restrictions locales et souhaite par exemple renforcer le télétravail en Ile-de-France.
Si on veut éviter un reconfinement massif,
il faut régionaliser les réponses, on l'a dit, mais il faut aussi les territorialiser, les localiser. Je pense qu'il faut qu'on essaye toujours de prendre des mesures proportionnées et qu'on essaye au maximum d'éviter, j'allais dire, les conséquences économiques, sociales, psychologiques d'un reconfinement dur. En Moselle, pas de confinement, mais une nouvelle contrainte pour les 16 000 travailleurs frontaliers avec l'Allemagne. À partir de demain, il faudra montrer un test antigénique ou PCR de moins de 48 heures pour franchir la frontière.
Ça y est, là, nous sommes donc à la frontière. De nombreux élus locaux dénoncent cette mesure. Aujourd'hui, bien sûr, il n'y a pas fermeture de frontière, mais si on regarde vraiment le fond des choses, pour moi, c'est une fermeture aussi. En Moselle, c'est le variant sud-africain
qui pose problème. Pour lutter contre la propagation de ces mutations du virus, renforcement des dépistages, notamment dans les écoles. Et pour cela, le gouvernement a une nouvelle arme, les prélèvements salivaires. L'objectif est de tester 300 000 enfants par semaine, d'ici la mi-mars.
Et cette question, Macron n'a-t-il pas eu raison de refuser un confinement alors que la population en a marre et que l'économie est en berne ? Sophie Orange.
À l'heure où on se parle, à la minute où on se parle, oui, on peut dire qu'il a raison, mais pendant combien de temps il aura raison ? Peut-être que dans une semaine, on va franchir la barre des 30 000 cas et après, des 35 000 cas, et ça peut aller très très vite. Et il pourra toujours dire qu'il a gagné quelques semaines ? De toute façon, chaque semaine gagnée est gagnée. Déjà d'un point de vue économique, à une semaine de confinement, coûte entre 2 milliards et demi d'euros. Pour la vie des Français aussi, même si on ne va plus au restaurant, même si on ne sort plus, même si à 18h, on doit être chez nous, on l'oublie. C'est vrai, Bruno, je le disais tout à l'heure, c'est presque 200 jours.
Mais voilà, chaque jour de liberté, entre guillemets, est gagnée, est gagnée. Mais jusqu'où ça tiendra ? Personne ne peut répondre aujourd'hui. C'est assez fascinant quand même de se dire qu'on ne peut pas répondre. On s'est fondé sur un modèle anglais, du variant anglais qui s'est développé au moment où à l'époque, les pubs étaient ouverts, où les anglais ne portaient pas de masque. On s'est fondé sur ce modèle-là, alors que nous, le variant anglais est arrivé à un moment où on portait les masques, où on était déjà en couvre-feu.
On parlait de différents scénarios tout à l'heure ensemble. Quels sont les deux scénarios que le président a aujourd'hui sur la table et quelles sont les conséquences de ces choix ?
Il n'en a plus que deux.
Ah, voilà, allons-y.
En gros, on peut parler de scénarios qui sont dans le domaine du raisonnable. Le premier, c'est de se dire que vous avez à voir progressivement une pénétration du variant britannique qui va augmenter. Ce variant, il a objectivement un taux de transmission qui est plus élevé. Pour faire une image assez simple, finalement, il faut deux fois moins de virus pour transmettre la maladie à quelqu'un. C'est à peu près ça.
Donc, ça veut dire qu'on a un potentiel de reprise épidémique qui est lié au fait que ce virus se transmet mieux et que toutes les mesures que l'on avait qui nous ont montré un certain contrôle de la diffusion du virus avec un niveau élevé, toutes ces mesures, elles étaient efficaces tant qu'on était avec une proportion de ce virus qui était inférieure à 50 %. Là, on a passé le cap des 50 % à l'échelle de la France. Dans certaines régions, c'est même plus que ça. Et les endroits où ces virus augmentent en proportion sont ceux où il y a la reprise épidémique. D'accord.
Donc, on voit quand même que quelque part, les modélisateurs qu'on critique beaucoup, nous avaient expliqué cela et ils nous disent « Attention, à toutes choses égales, si vous ne faites rien et que vous restez sur le même train de mesures, ce virus va entraîner une reprise épidémique. » Donc, la réponse derrière, c'est arriver à renforcer les mesures.
Et les deux possibilités, c'est de se dire « On est capable de renforcer les mesures sans aller jusqu'au confinement ou on aura besoin du confinement pour le faire parce qu'à un moment donné, on va retrouver une dynamique d'accroissement du nombre de cas qui va faire, il faut écouter ce que disent les gens, les hospitaliers, qui va faire que les services hospitaliers qui sont aujourd'hui sous tension, on ne peut pas faire abstraction de ça, qui sont avec un niveau d'hospitalisation qui est très élevé, ne pourra pas absorber une recrudescence de cas de façon très importante et très rapide.
Ça veut dire, Bruno Lina, pardon, je vous coupe pour être bien clair. Ça veut dire, il y a eu une époque où on regardait, et je pense que c'est toujours le cas, le nombre de personnes en réa et on disait « Là, on a atteint ce qu'on peut supporter ». Là, aujourd'hui, j'ai vérifié naturellement avant de venir vous voir, 3492 patients en réa. On a encore de la marge. Pourquoi est-ce que les responsables des services de réa sont en train de nous dire « Attention, on est à la limite de craquer » parce qu'ils anticipent ?
Parce qu'il n'y a pratiquement pas il n'y a pratiquement pas de déprogrammation. C'est-à-dire que toutes les autres activités de réanimation sont pratiquement maintenues. Si vous augmentez la proportion de patients qui vont rentrer en réanimation avec une infection au coronavirus, il va falloir commencer à redéprogrammer, arrêter d'hospitaliser les gens qui ont des maladies qui sont chroniques et qui auront besoin de réanimation. Et l'enjeu, il est là, au bout du compte. C'est-à-dire qu'effectivement, on est en capacité d'absorber encore de la réanimation en plus avec le coronavirus, mais ça se fera au dépend des autres.
Et ça, c'est vraiment le point de vigilance le plus important parce que ça entraînera des conséquences délétères qui sont ce qu'on appelle les effets de bord du coronavirus, qui sont le cancer est moins bien pris en charge, l'infarctus est moins bien pris en charge, les embolis pulmonaires sont moins bien pris en charge.
C'est là-dessus qu'il se joue l'arbitrage. Bruno Jeudy, c'est ne pas refaire ce qu'on avait fait au mois de mars parce qu'au mois de mars, on avait déprogrammé. On avait tout arrêté.
Bien sûr, de toute façon, l'Elysée, même si aujourd'hui, l'hypothèse du reconfinement général n'est pas sur la table, il ne se ferme aucune porte, il le répète. Si demain, il y a emballement de la courbe épidémique comme le décrivait Sophie tout à l'heure, c'est-à-dire que ça part à 50 000 cas, c'est sûr que là, le match sera plié pour reprendre votre expression sur ces deux lignes et cette course entre les deux lignes. Donc de toute façon, l'Elysée ne se ferme aucune porte.
Aujourd'hui, et c'est là où le président de la République, et c'est le choix qu'il a fait le 29 janvier, c'est qu'il a estimé que lors du précédent confinement à l'automne, les modélisations qui lui avaient été présentées, la situation alarmiste qui lui avait été décrite, c'est-à-dire les 7 000 ou 9 000 personnes qui devaient être hospitalisées en réa, les milliers de morts supplémentaires qui devaient arriver, tout ça n'est pas arrivé, tout ça ne s'est pas produit et le président en a tiré l'enseignement qu'il fallait se méfier, qu'il devait voir plus large et pas se contenter de ces seules données pour prendre sa décision.
Au fond, l'Elysée aujourd'hui est dans une course contre la monte entre d'un côté le redéploiement de cette campagne vaccinale qui va finir par monter en puissance, on en parlera sans doute et pour l'instant, ça reste très lent. On va y venir parce que ça suscite beaucoup de colère. Et très très très agaçant et on comprend que les Français soient très en colère compte tenu du fait que les objectifs ne sont pas atteints en février. La course aussi pour les traitements, on l'a vu, les traitements monoclonaux, est-ce que ça marchera ? l'Elysée fondent beaucoup d'espoir et j'impression qu'ils scientifiquent moins.
Et puis évidemment, l'autre courbe qui est la courbe des cas de contamination, du nombre de patients en réa et de ce taux d'incidence qui est scruté chaque jour. Et c'est cette course contre la monte et peut-être que ça ne passera pas ou ça passera à la mi-mars. On va vite avoir la réponse.
Pour cela, pour que ça passe ou que ça ne passe pas, en tout cas, il faudra avoir une bonne indication, Olivier Faille, de l'effet que peuvent avoir ces mesures de confinement qui sont prises au niveau local. On l'a vu à Nice, on l'a vu à Dunkerque avec cette idée qu'on confine le week-end, qu'on évite les relations sociales du week-end et que ça permet de passer entre les gouttes. Visiblement, il y a 20 départements qui sont en surveillance, rapprochés et qui pourraient faire l'objet de mesures de restrictions supplémentaires. En tout cas, Bruno Jeudy disait l'idée d'un reconfinement national n'est toujours pas sur la table. L'idée, c'est de continuer à faire de la dentelle.
Absolument. C'est vrai qu'il y a un conseil de défense mercredi. A priori, Jean Castex prendra la parole jeudi pour préciser ce qu'il va en être de ces 20 départements. Mais c'est vrai que la ligne désormais qui a été fixée depuis la fin janvier, c'est qu'en France, on ne fait pas de reconfinement préventif. Et ça, vraiment, Emmanuel Macron, il a fallu qu'il en convainque évidemment les conseillers scientifiques, mais aussi son propre Premier ministre, aussi Olivier Véran, le ministre de la Santé, qui l'un comme l'autre quand même préconisait ce reconfinement préventif.
Et effectivement, on brandit beaucoup le chiffre de 50 000 nouveaux cas par jour pour justifier d'un éventuel reconfinement national. Aujourd'hui, on n'y est pas encore. Et Emmanuel Macron, lui, il n'a qu'une envie, effectivement, c'est de gagner cette course contre la montre grâce au déploiement des vaccins.
Et aussi, il est dans l'idée déjà de se projeter sur l'après et réfléchir à la manière dont on pourrait réussir à vivre avec le virus, c'est-à-dire avec un niveau, je pense sans doute comme celui qu'on connaît aujourd'hui, c'est-à-dire environ 20 000 cas au maximum par jour, 20-25 000 cas par jour, et avoir une vie sociale, culturelle, économique, sportive, qui puisse un peu se refaire jour.
Et là, ça, c'est vraiment l'objectif, on va dire, de l'Élysée, de l'exécutif dans les semaines et les mois à venir, c'est de réussir à trouver les modalités de cette vie avec le virus parce qu'on se dit qu'il y a une campagne de vaccination mais peut-être qu'à l'ivier prochain, il faudra en recommencer une autre et qu'à nouveau, il y aura peut-être des mesures de freinage comme on dit qui seront à prendre. Donc, il faut réussir à trouver des modalités pour qu'on puisse coexister avec le virus, ces variants et les variants des variants.
Bruno Lina, est-ce que l'on a des données scientifiques sur les effets du couvre-feu, les effets du confinement le week-end ? Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, disait ce week-end dans le journal du dimanche « Le couvre-feu, ça marche ? »
Oui, on a des données qui expliquent que le couvre-feu, effectivement, a permis de freiner la transmission et de jouer son rôle dans la maîtrise de la circulation du virus. Maintenant, il est très clair que ce couvre-feu est moins efficace que ce qu'on a appelé le couvre-feu et le couvre-feu pardon, le confinement dur, le confinement dur tel qu'il était fait en mars avait eu une action extrêmement dure sur le virus puisqu'on était passé d'un R0 de 3 à 0,6. Donc vous voyez, c'était une réduction massive de la transmission qui avait duré plusieurs… le confinement avait duré pratiquement 8 semaines, donc c'était très très très long.
Et là, maintenant, ce que l'on essaye de voir, c'est que l'addition, comme je vous le disais, de petites mesures qui peuvent paraître petites à la lumière de ce qui s'est passé en avril-mai, reste avec un certain niveau d'efficacité. Mais effectivement, de temps en temps, j'entendais, je ne sais plus trop qui, disaient qu'il avait des sueurs froides.
Moi, je suis passé une ou deux fois dans Lyon, dans des espaces où il y avait des regroupements de personnes sans masque qui étaient certes à l'extérieur, mais sachant qu'on a un taux d'incidence dans le Rhône qui nous met sur une limite en termes d'action éventuellement en prenant plus pour freiner, ce n'est pas raisonnable que d'avoir ces regroupements. Enfin, c'est jouer avec le feu. Donc, qu'on le fasse dans certains endroits où effectivement la circulation est moins importante, pourquoi pas ? Ça fait partie de la liberté. Mais en région parisienne, en région lyonnaise et en région lilloise ou dans le sud de la France, ça semble très…
C'est une vraie prise de risque et si on pouvait éviter de le faire, ce serait pas mal.
J'ai besoin de votre expertise encore Bruno Lina sur cette déclaration de Jean Castex. Il a dit en gros certains appellent à une fermeture stricte mais en gros c'était ce qu'avait dit la maire de Paris, Anne Hidalgo, on ferme trois semaines, on fait un effort tous ensemble et puis après c'est fini. En réalité, le Premier ministre a laissé entendre que cette stratégie-là ne fonctionnait pas avec les variants.
Trois semaines, c'est trop court. D'accord. Voilà, trois semaines, c'est trop court. Si on veut vraiment avoir un impact sur une dynamique épidémique, c'est entre quatre et six semaines. Donc trois semaines, c'est trop court. Merci Bruno Lina. Après, ce sont des... Non, mais c'est ce que disent les modèles et c'est ce que dit l'expérience aussi, tout simplement. Bien sûr. On parlait tout à l'heure des Allemands, ça fait plusieurs mois qu'ils sont en confinement. Tous les pays qui ont voulu avoir des confinements durs avec une stratégie zéro Covid, ce que nous n'avons jamais fait en France, eh bien, c'est plusieurs mois. Donc aujourd'hui, bien évidemment, personne ne souhaite le faire.
Mais avoir l'impression qu'un confinement de courte durée peut être efficace pour passer un cap, ça, c'est un leurre.
D'accord.
Ça ne marche pas.
Pour faire suite à ce que disait Anne Hidalgo, qui a donné le sentiment qu'elle était favorable à un reconfinement avant de dire le contraire, en tout cas, de faire machine arrière, elle a dit aujourd'hui que le confinement le week-end, c'est une proposition inhumaine.
Elle n'en veut pas. Elle n'en veut pas. Pourquoi ? Parce qu'elle considère que les Franciliens travaillent toute la semaine et ils ont besoin de leur week-end pour décompresser. Après, on imagine mal quand même tous les week-ends du printemps avec autant de monde sur les voies sur berge. Parce qu'effectivement, il va falloir trouver un juste milieu. De toute façon, ce n'est pas elle qui décidera. Il y a effectivement cette méthode de concertation qui est désormais choisie par les élus.
Mais il y a d'autres outils que le confinement le week-end qui sont à la disposition du gouvernement, du chef de l'État pour l'Île de France, par exemple ?
Le confinement complet du lundi au dimanche. Là, le couvre-feu ou alors le couvre-feu à midi, mais ça semble assez peu...
Le couvre-feu à 17h avait été tenté en Guyane. Je ne suis pas sûr qu'à Paris,
ce soit une mesure suffisante. Mais effectivement, là, on est un peu au bout. Ça passe ou ça casse. Fermer les écoles qui est aujourd'hui quand même une digue que personne ne veut franchir semble quand même... Le gouvernement tient sur cette ligne-là. Combien de temps le gouvernement va-t-il tenir ?
Dernière extrémité, dit Jean Castex. Voilà, ce sera vraiment
le bout du bout du bout du bout. C'est-à-dire que les écoles resteront ouvertes jusqu'au bout. Mais c'est sûr que...
Ce serait une singularité française ?
C'est une singularité française, alors qu'une note de Terra Nova a noté, a montré que dans plusieurs études ont été réalisées qui montrent que la fermeture des écoles fait partie des mesures les plus efficaces pour limiter la circulation du virus. Donc, on sait que ça fonctionne. La France a choisi de ne pas fermer les écoles avec des résultats que l'on connaît aujourd'hui. Voilà, effectivement... C'est un choix politique. Ah, c'est un choix politique. C'est une mesure qui fait consensus, par ailleurs,
au niveau du monde politique. Autant ils peuvent s'écharper sur pas mal de domaines, tout le monde est d'accord. Autant sur l'école, il y a vraiment... Ça fait vraiment... C'est beaucoup de pays.
On va parler des autres pays. Vous parlez du débat politique. Il y a des députés qui ont signé une tribune dans le journal du dimanche qui plaident pour rouvrir les restaurants. C'est-à-dire qu'au moment où on en est de dire qu'il faut prendre des mesures de restrictions supplémentaires pour passer peut-être entre les gouttes des variants, il y a une trentaine des députés qui signent une tribune en disant sur la base du volontariat, le 30 mars, il faut qu'on puisse rouvrir les restaurants.
Alors aujourd'hui, ce n'est pas du tout à l'ordre du jour. Jean Castex dit lui-même que c'est absolument impossible de pouvoir laisser penser que ça pourrait donner une date, un calendrier, alors qu'on est plutôt dans une situation de dégradation, je reprends ces mots, de la situation sanitaire dans de nombreux points du pays. Et surtout, il est venu à la télévision pour annoncer quand même d'abord que 20 départements étaient sous surveillance stricte, qu'il y avait reconfinement partiel et à Nice et à Dunkerque, vous l'avez dit, que franchement, la Moselle aurait dû être aussi dans le lot.
Donc, c'est impossible, ce serait assez incompréhensible d'annoncer du reconfinement et puis des réouvertures de restaurants. On ne peut pas annoncer
des réouvertures, faire de la dentelle, aller jusqu'au bout de la logique et rouvrir dans les endroits où le virus ne circule pas ?
La vraie question est là. C'est-à-dire qu'autant, c'est vrai, il y a eu ce cas par cas et le pouvoir a fini par lâcher sur cette fameuse territorialisation. Et ça, c'était quand même une brèche. Or, en métropole, ça n'avait jamais été fait. Ça avait été fait en territoire d'outre-mer, mais pas en métropole. C'est vrai que là, on pourrait se dire, dans les départements où les taux d'incidence sont extrêmement bas, je pense, encore une fois, au littoral atlantique, puisque c'est là, en général, que c'est plutôt le plus favorable, ça pourrait être imaginé. Sauf qu'on voit bien que d'un point de vue communication, c'est très difficile à vendre pour l'exécutif aujourd'hui.
Ouvrir les restaurants à Brest et confiner toute la côte d'Azur.
Fermer les Alpes-Maritimes, fermer Dunkerque, mais rouvrir...
Pour l'instant, c'est un effort encore compliqué pour cet état jacobin.
Sachant qu'en Bretagne, qu'on cite beaucoup comme un département exemplaire, on a à nouveau refranchi le seuil de 50, c'est un seuil d'alerte, et le variant anglais représente 50% des nouvelles contaminations. Donc même la Bretagne n'est pas sous surveillance, mais enfin est à surveiller.
Bruno Lina, très rapidement, ce sera-t-il responsable d'avoir une stratégie ajustée localement, pas pour fermer, mais pour rouvrir dans les endroits où ça va bien ?
Sur le moyen terme, ça me semble raisonnable. Sur le court terme, là non, ça ne me semble pas raisonnable parce qu'aujourd'hui on a trop d'incertitudes. Mais à partir du moment où on aura une cinétique de décroissance qui s'observera partout, eh bien tout le monde n'ira pas à la même vitesse et on peut imaginer effectivement que dans certains endroits finalement qui vont plus vite, si vous ne trouvez plus de virus, pourquoi vous allez fermer les choses si on ne trouve plus de virus ? Mais il faudra qu'on soit capable de montrer qu'il n'y a plus de virus. Ce qui est intéressant c'est qu'on a beaucoup d'outils maintenant.
On parlait des tests salivaires, on parlait de la surveillance des eaux usées, on parle de beaucoup de choses qui nous permettent vraiment d'avoir un panorama précis de ce qui se passe et en s'appuyant sur cela on pourra peut-être faire, alors ce ne sera pas de la dentelle, mais ce sera en tout cas des gros pavés.
Cinétique de décroissance dites-vous Bruno Lina, c'est ce qui est à l'oeuvre dans certains pays. La pression sur l'exécutif français viendra peut-être de l'étranger. Certains pays ont fait le choix de confiner et ils sont aujourd'hui en capacité d'envisager la reprise de certaines activités. L'Allemagne, la Grande-Bretagne, le Danemark, la Grèce, le Portugal lèvent peu à peu certaines restrictions. Romain Vesnenou et Christophe Roquet.
Dans cette école de Berlin, c'est le soulagement, un timide retour à la vie normale.
C'est fantastique d'être de retour. La classe m'avait manqué.
Rien ne peut remplacer le face-à-face avec les élèves.
Après deux mois de confinement, l'Allemagne a autorisé ses écoles à rouvrir lundi dernier. Petit groupe et protocole sanitaire strict pour des élèves ravis de se retrouver. Pendant le confinement, j'étais tout seule. Je ne savais pas comment travailler. Mes parents étaient au travail et je ne faisais que les déranger. Après les écoles, les coiffeurs ont pu rouvrir ce matin. L'Allemagne lève peu à peu les restrictions en vigueur depuis Noël. Pendant le confinement, le nombre de contaminations a fortement chuté pour se stabiliser à environ 8000 cas quotidiens. Inquiète face au variant, la chancelière Angela Merkel fait un nouveau pari, celui du passeport vaccinal.
Nous allons développer cette idée d'un passeport vaccinal. Le ministère de la Santé s'occupera des détails et établira la procédure avec la Commission européenne. Celle-ci estime à trois mois la durée nécessaire à la mise en place d'une telle opération.
Un pass pour aller au restaurant, au musée. L'idée séduit cette petite ville de Bavière qui de façon symbolique est prématurée délivre le précieux sésame aux personnes vaccinées. L'espoir pour ses habitants qui imaginent la fin du confinement.
J'aurai cette carte toujours sur moi et si un jour il y a besoin, je la montre, le retour d'une certaine liberté.
C'est une très bonne idée mais il faudrait que tout le monde l'ait. L'Allemagne mais aussi le Danemark, les Pays-Bas, la Grèce, le Portugal, tous ont fait le choix du confinement ces dernières semaines élèvent progressivement leurs restrictions. C'est aussi le cas du Royaume-Uni où les écoles rouvriront dès lundi prochain. Plus de 20 millions de Britanniques ont déjà reçu la première dose du vaccin. Alors pour Boris Johnson, tous les espoirs sont permis. A partir du 21 juin, nous passerons à la dernière étape de notre plan et dirons au revoir à la plupart des restrictions restantes. Nous autoriserons à nouveau les événements à grande échelle comme les conférences et les matchs de football.
Nous lèverons les limitations sur les mariages et nous rouvrirons les boîtes de nuit. Plus rapide encore que le Royaume-Uni, Israël où un tiers des habitants a déjà reçu deux doses du vaccin contre le Covid. Les cas positifs sont de moins en moins nombreux depuis janvier et la récompense a de quoi faire rêver. En montrant son badge vert, toute personne vaccinée peut désormais voyager, aller à la piscine ou même assister à un concert. C'est super cette solution de pouvoir sortir grâce à un passe vert. C'est un plaisir de sortir pour aller à un concert. C'est une joie d'être en plein air, de rencontrer des gens et de sentir que cette crise est peut-être derrière nous. L'optimisme, enfin.
A l'image de cette étude menée sur plus d'un million d'Israéliens. Le vaccin Pfizer réduirait les hospitalisations de 87% et les cas graves de 92%. Confiné pour endiguer l'épidémie, c'est aussi le choix de la Nouvelle-Zélande, mais de façon spectaculaire. Depuis hier, Auckland, un million et demi d'habitants, est confiné pour une semaine après la découverte d'un seul cas. stratégie zéro Covid qui fait ses preuves dans le pays puisque seulement 26 décès ont été recensés en un an de pandémie.
Est-ce qu'au final, plus que les alertes des scientifiques, Bruno Jeudy, ce ne sont pas ces images qui risquent de peser lourd dans la balance sur les épaules de l'exécutif ? Avec cette question, la France va-t-elle confiner au moment où les autres pays européens vont déconfiner ?
C'est vrai que les Français regardent beaucoup ce qui se passe sur les images de nos voisins. Quand les Italiens ont rouvert le musée, je pense à l'ouverture du musée du Vatican, il y a eu tout de suite le débat sur la rouverture des musées qui s'est posé en France parce qu'au fond, c'est vrai que c'est une question et le musée, c'est sans doute les endroits où on peut vraiment contrôler les jauges et pourquoi ils ne sont pas rouverts. Pourquoi on ne fait pas des essais ? Pourquoi on n'est pas un peu plus créatif aussi ?
Parce que c'est vrai qu'on ne va pas pouvoir comme ça encore pendant peut-être 60 jours priver les gens de musées par exemple qui n'est quand même pas un endroit où il y a eu beaucoup de clusters que je sache. Donc oui, ils vont regarder ce qui se passe. D'autre côté, vous avez absolument raison. Le calendrier annoncé par Boris Johnson, Angela Merkel qui donne des perspectives, des dates en avril pour l'ouverture des commerces non essentiels et même pour les hôtels et les restaurants, ils ont des dates en Allemagne. Alors ce n'est pas le cas sur toute l'Allemagne parce que ça marche par l'Ande. Mais c'est vrai que nous, on a eu des dates jusqu'en janvier n'ont pas été respectées.
Je me souviens, le 20 janvier, il y avait une clause de revoyure avec les restaurateurs, il y a eu la clause de revoyure avec les stations de ski. Bon, là, la station de ski, l'affaire est pliée. Mais c'est vrai que depuis janvier, il n'y a plus rien. Il n'y a plus de perspective et c'est sans doute ça qui manque aujourd'hui dans la stratégie du gouvernement et d'Emmanuel Macron qui aujourd'hui est dans l'incapacité au fond à se donner des marges de manœuvre puisqu'il est dans cette course contre la monte. On a choisi, nous, de tenir sur le fait qu'il n'y aurait pas de reconfinement.
On est dans un couvre-feu et donc dans le choix de vivre avec peut-être ce plateau haut comme l'appellent les scientifiques.
Olivier Fay, du coup, c'est difficile de communiquer quand on est aux responsabilités en ce moment en disant on va tenir mais il n'y a pas de perspective. Encore une fois, il n'y a pas ces échéances qui sont annoncées par le gouvernement tout simplement parce que quand on a essayé d'annoncer des échéances on a eu du mal à les tenir, c'est ça ?
Voilà, même par rapport que les gens puissent dire qu'il y avait des retards.
Cet élément de comparaison européen était très intéressant parce que début janvier quand il y a eu un calage au démarrage de la campagne vaccinale en France au sein des exécutifs on s'est rendu compte qu'il y avait une eurovision du vaccin et qu'il y avait des éléments de comparaison qui étaient assez terribles à subir au quotidien et donc aujourd'hui on a le sentiment effectivement qu'Emmanuel Macron et le gouvernement sont sans cesse en train de courir après le virus et en même temps c'est le cas depuis un an et de courir en essayant de fixer des échéances des échéances positives et donc il y a cet échéance par exemple du passeport vaccinal qui pourrait être quelque chose d'assez formidable on se dit que une fois qu'on est vacciné on peut circuler comme on veut on pourrait rouvrir des commerces on pourrait rouvrir je ne sais pas de quel type d'activité culturelle ou sportive mais ça se heurte à une difficulté qui est quand même majeure c'est qu'en France le vaccin pour l'instant n'est pas là pour tout le monde et qu'il y a une très petite minorité de la population qui s'est vaccinée donc cette perspective là elle est assez difficile à établir et c'est d'autant plus difficile quand on voit vous l'avez montré en votre sujet que dans certains pays d'autres pays européens ce passeport commence à se mettre en place et qu'il commence à y avoir une réouverture des activités mais comme le disait un ministre assez récemment c'est vrai que c'est très difficile de s'engager sur cette question du passeport vaccinal car si on dit par exemple à Mauricette qu'il fallait boire un verre au bar et pas à un jeune on risque d'avoir des émeutes assez vite
alors le concept a un tout petit peu bougé ces derniers jours puisque Clément Beaune secrétaire d'Etat aux affaires européennes a expliqué que ça pouvait être un passeport lié à la vaccination mais aussi à des tests PCR négatifs
voilà ce serait une forme un peu plus accessible finalement parce qu'il y a plus de personnes qui passent des tests aujourd'hui qui sont vaccinées mais après attention parce que ce passeport vaccinal qu'elle sent s'il a au moment où on n'est pas sûr à 100% loin de là que ce vaccin empêche d'attraper le Covid ce n'est pas prouvé encore on imagine que ce sera le cas mais on manque encore d'études fiables sérieuses scientifiques pour le dire donc finalement ce passeport vaccinal on n'est pas totalement sûr de l'efficacité de la vaccination on sait que ça empêche les formes graves on sait que le vaccin empêche les formes graves empêche la mortalité mais on peut être vacciné et attraper le Covid donc c'est la limite quand même de ce passeport vaccinal mais pareil pour les tests on peut être testé négatif et deux trois jours après être positif voilà après tout ça c'est peut-être être aussi en attendant que la vaccination se développe aujourd'hui on vaccine à peu près 100, 130, 140 000 personnes par jour donc en un mois on vaccine quand même deux millions de personnes donc voilà ça va monter en puissance
on va revenir sur la vaccination Bruno Lina sur ses perspectives c'est vrai qu'on en manque de perspectives en France puisque la stratégie qui est celle de l'exécutif aujourd'hui c'est de dire et peut-être que ce sera au bout du compte la bonne stratégie mais c'est de dire il faut tenir il faut tenir quasiment jour après jour jeudi après jeudi conférence de presse après conférence de presse là où d'autres ont choisi peut-être des stratégies un peu différentes c'est-à-dire mettre en place par exemple on a parlé de l'Allemagne ou de la Grande-Bretagne qui n'était pas la même situation que nous mais un confinement strict un peu dur avec désormais des perspectives même si elles sont tardives pour la Grande-Bretagne de dire écoutez le 21 juin levé de toute restriction sociale
oui on en reparlera le 21 juin vous êtes ravageoire
Bruno Lina il n'y croit pas
vous n'y croyez pas non c'est pas ça c'est-à-dire que si ça se trouve ce sera possible le 15 juin et si ça se trouve ce sera le 15 juillet c'est toujours la difficulté tout le monde veut les journalistes et les politiques veulent des dates veulent des chiffres des faits tranchés c'est impossible de le faire enfin raisonnablement qu'est-ce qui se passe de magique entre le 19 juin et le 23 juin qui fait que le 19 juin c'est impossible et le 23 juin ça le devient c'est là où il faut qu'on ne pas enfin je ne veux défendre personne dans cette affaire mais les signaux positifs qui sortent à l'étranger c'est en fait des choses qui existent déjà en France la réouverture des classes le fait qu'on peut sortir un peu plus dans la rue parce que finalement le confinement s'arrête donc il y a cette dimension-là à voir aussi il y a un certain nombre de choses qui sont en cours aussi d'évaluation il y a des tests qui vont être faits pour voir comment reconduire des événements sportifs des événements culturels comment est-ce qu'on peut rouvrir les musées dans de bonnes conditions il y a un travail de fou qui est en train de se faire actuellement et qui va nous permettre lorsqu'on sera dans une situation et c'est ça qui compte quand on sera dans une situation de décroissance du nombre de cas pour voir comment est-ce que dans ces conditions-là on peut assouplir un certain nombre de règles qui permettront effectivement à ce moment-là de retrouver un espace de liberté qu'on a perdu en ce moment mais là où il me semble qu'on doit travailler c'est sur la vaccination parce que très clairement on commence à avoir des essais même avec 3 millions de vaccins en France on commence à avoir des effets on voit par exemple qu'en réanimation les tranches d'âge des personnes qui sont en réanimation elles ont 10 ans de moins qu'il y a quelque temps c'est bien parce que les personnes les plus fragiles les plus âgées sont vaccinées et ne font plus d'infection Je vous taquine Bruno Lina
mais ce que vous êtes en train de dire peut-être qu'il faut s'y arrêter un instant vous nous dites quand on se compare réellement c'est-à-dire sans posture au final la situation française n'est pas pire que celle de l'Allemagne que celle j'ai cité le Danemark le Portugal ou de la Grande-Bretagne vous iriez jusque-là ?
Je dirais que c'est difficile de comparer et finalement la comparaison on la fera dans 2 ans parce que dans 2 ans on aura le panorama complet de tout ce qui s'est passé on saura juger mieux des erreurs et des succès et on pourra dire voilà un tel ou un tel s'en est mieux ou moins bien sorti vous savez on a donné l'Allemagne en exemple pendant très longtemps il y a quand même eu un peu plus de 60 000 morts en Allemagne quand même donc on voit que finalement il y a malgré un certain nombre de mesures qui ont été efficaces on ne peut pas passer à côté de cette épidémie sauf d'avoir des mesures extrêmement coercitives quand on vit sur une île comme la Nouvelle-Zélande est capable de le faire
qui passe là en stratégie de zéro Covid mais ce qu'on ne pourrait pas faire nous
non ils ont les moyens de le faire dans le sens où il y a eu très peu de cas dès le début et ils ont fermé les frontières et vous savez que dans une île c'est quand même beaucoup plus facile que quand on a des frontières avec 6 ou 7 pays comme autour de nous et avec qui on a d'ailleurs beaucoup de plaisir à partager donc ce qui est important aujourd'hui c'est de bien comprendre qu'on est dans une situation où effectivement on a des atouts considérables dans nos mains que la situation d'où sortent l'Allemagne le Portugal l'Italie le Danemark les Pays-Bas c'était pas du tout la même que ce que l'on avait nous au mois de janvier peut-être qu'on a juste décalé dans le temps nous le problème ou on l'a évité mais ça de nouveau je ne sais pas
ça il faudra attendre quelques mois ou peut-être même quelques années pour tirer les leçons des stratégies des uns et des autres parlons quand même oui dites-moi
les perspectives on est dans enfin je ne veux pas dire qu'on est en phase de sortie du tunnel mais si vous regardez bien on a eu deux épisodes de confinement un confinement dur un confinement allégé et aujourd'hui un questionnement sur le confinement ça prouve bien quand même que d'une certaine façon les choses évoluent ce qui est embêtant c'est la durée mais en termes d'impact de ce qui est fait on voit qu'on est sur quelque part un soulagement enfin les contraintes sont moins fortes et on peut prendre le pari sans prendre beaucoup de risques au fil des mois ces contraintes vont être progressivement de moins en moins fortes c'est une certitude
ils réclamaient la possibilité de vacciner et aujourd'hui ils traînent plutôt les pieds les généralistes ne sont que 20 000 à se porter volontaire pour injecter le vaccin AstraZeneca à leur patient de plus de 50 ans atteint je le rappelle de comorbidité ils dénoncent une logistique compliquée à mettre en place Mélanie Nunes Mza Vinsan Maxime Logier et David Lemarchand
alors notre porte réfrigérée se trouve ici et on a le sésame
ici on a trois petits flacons des vaccins AstraZeneca commandés mais encore inutilisés chaque flacon pourrait pourtant permettre de vacciner 10 personnes depuis une semaine ce vaccin attend toujours qu'un médecin vienne le récupérer
nous on a eu qu'une seule demande de généralistes après j'imagine que c'est pas forcément évident non plus pour eux c'est effectivement peu alors que la demande elle est réelle la demande est importante
une demande croissante alors que les médecins généralistes sont de moins en moins nombreux à vouloir vacciner leurs patients la semaine dernière ils étaient 29 000 volontaires cette semaine moins de 20 000 se sont fait connaître auprès des pharmacies pour se procurer des doses soit une chute de 31% seulement quelques jours c'est le cas du docteur Jean-Frédéric Rabhi il refuse de se porter volontaire depuis qu'il a reçu les instructions de vaccination elle précise notamment que le vaccin a une durée de vie très limitée
le vaccin doit être effectué dans les 6 heures qui suivent le retrait du flacon donc 6 heures après être chez le pharmacien on doit avoir terminé le flacon et ce n'est pas la seule contrainte pour ce médecin de 75 ans il faut s'inscrire chez le pharmacien on doit choisir le pharmacien aller chercher une dose pour 10 personnes donc avoir les malades qui vous attendent en randonnion donc les faire venir tous à la même heure donc un quart d'heure par malade ça fait 10 quarts d'heure ça fait pas mal pour le dernier attendre donc c'est pas possible
et pour éviter de devoir vacciner dans les 6 heures certains praticiens se sont dotés de réfrigérateurs spécifiques
il y a la sonde qui dit précisément 5,4 degrés 5,4 degrés
c'est dans la fourchette entre 2 et 8 degrés il y a deux flacons vides qui sont les flacons que nous avons utilisés vendredi et samedi
avec leur numéro de lot
deux flacons qui lui ont permis de vacciner 20 personnes en moins de 48 heures la cible actuelle puisqu'on manque de doses est quand même relativement restreinte puisque c'est 50-64 ans avec une comorbidité donc si j'ai sous la main quelqu'un qui a 45 ans et une pathologie lourde
et bien officiellement il ne rentre pas dans les critères d'éligibilité donc il faut que je m'interroge
pour savoir si je vais perdre une dose parce que j'ai trouvé personne ou si je vais le faire à cette personne qui n'entre pas totalement dans les clous la réponse elle va être que je vais ne pas perdre la dose ce médecin hésite aujourd'hui à renouveler l'expérience trop contraignante selon lui car au-delà de la procédure technique il faut aussi convaincre et rassurer les patients face au vaccin AstraZeneca comme le docteur Jean Pelamont il estime que le médecin généraliste a un rôle essentiel auprès des futurs vaccinés
on me posait des questions parce qu'on parlait beaucoup d'AstraZeneca on a beaucoup parlé des effets secondaires mais en fait je leur ai dit que je leur prescrivais systématiquement du paracétamol et j'ai eu aucun souci avec les 10 personnes que j'ai vaccinées
alors que faire pour accélérer la campagne de vaccination le gouvernement pourrait s'appuyer sur les 21 000 pharmacies que compte le pays bonjour bonjour Anne-Denis 80% d'entre elles vaccinent déjà des patients notamment contre la grippe dans la pharmacie d'Isabelle Noditsa les clients aimeraient pouvoir se faire vacciner ici très prochainement
ils nous disent que c'est notre rôle parce que c'est vrai qu'ils sont aussi habitués à nous voir délivrer des vaccins l'approvisionnement la pharmacie via les grossistes tout le monde sait le faire on sait faire le transport on sait les conserver après nous à notre niveau
on sait vacciner donc voilà il n'y a pas de raison que ça ne puisse pas se faire on attend juste les feux verts à un feu vert une autorisation de vacciner qui pourrait être donnée avant la mi-mars selon certains syndicats de pharmacie
et cette question les médecins entre guillemets traînent la patte 10 doses reçues mercredi soir fallait-il annuler mes autres consultations de fin de semaine chez Serrazad Gironde il habite en Gironde et médecin
alors les médecins avancent plusieurs arguments pour justifier ce petit retard à l'allumage on va dire bon déjà certains sont en vacances c'est un fait leur remplaçant beaucoup de travail ils n'ont pas forcément le temps de s'inscrire d'aller à la pharmacie et puis après c'est vrai que ces fameux 10 patients qui correspondent à un flacon qui donne 10 doses il faut les appeler il faut regrouper ces rendez-vous en une matinée parce que c'est toujours mieux d'utiliser ce vaccin dans la journée le jour où il est ouvert donc c'est une petite logistique à mettre en place le patient lui-même est-il concerné c'est difficile de savoir si soi-même on rentre dans cette case de 50-64 ans avec comorbidité donc les choses vont se mettre en place
les comorbidités c'est identifié non ?
oui il y a une liste mais cette liste elle est difficile à lire c'est des noms médicaux un peu compliqués scientifiques mais clairement le gouvernement s'attendait à la première semaine à 70 000 médecins qui passent commande il n'y en a eu que 29 000 et ça a baissé la semaine d'après pourquoi ça a baissé la semaine d'après ?
on verra cette semaine en fait les médecins vont passer commande à la pharmacie le lundi le mardi le mercredi le pharmacien compile tout ça envoie à 23h un mail aux autorités et le vaccin est livré la semaine d'après donc on saura mercredi soir jeudi matin cette semaine s'il y a à nouveau de moins en moins de médecins ce qui serait quand même un vrai problème s'il y a de moins en moins de médecins qui veulent vacciner avec ce vaccin qui reste qui est mal né c'est un vaccin mal né la AstraZeneca qui est efficace où il y a des effets secondaires qui se soignent avec du paracétamol il dure deux jours c'est sans doute pas très agréable quand on les a mais voilà mais ce vaccin est efficace il doit rentrer aujourd'hui dans cette stratégie globale de vaccination
Olivier Faille est-ce que le gouvernement tient ses objectifs en matière de vaccination il y a eu beaucoup de chiffres qui ont été donnés sur les objectifs de vaccination à la fin de chaque mois à la fin du mois de février ensuite au mois de mars et avec cet objectif majeur qui est de dire on vaccinera tous les français avant la fin de l'été est-ce qu'on les tient ?
En tout cas sur l'AstraZeneca ce qui est frappant j'ai vu ce graphique qui a été publié récemment dans la presse c'est qu'on a un nombre de doses qui est assez conséquent mais le nombre de doses réellement administrées lui est très faible ce hiatus est assez terrible pour l'exécutif parce que que fait-on de toutes ces doses qui ne sont pas administrées et c'est vrai que pour Emmanuel Macron le pari pour le coup c'est vraiment un pari qu'il a fait que toutes les toutes français adultes qui le souhaitent se voient proposer une dose de vaccin d'ici à la fin de l'été est vraiment vraiment paraît paraît politiquement très périlleux en fait c'est essentiel pour lui de réussir parce que son élection risque de se jouer en partie là-dessus et pour le coup il a une pression politique qui est très forte on a vu récemment qu'en privé en off Nicolas Sarkozy notamment qui a marqué l'actualité aujourd'hui pour d'autres raisons en raison de sa condamnation judiciaire mais que Nicolas Sarkozy critiquait très fortement la manière dont la vaccination se passait en France en disant en substance moi j'aurais mis en place d'immenses vaccinodromes tout de suite et là la vaccination serait allée très très vite et on sait on sent que ce sujet là peut être très compliqué pour Emmanuel Macron de la même manière que l'inversion de la courbe du chômage avait été aussi une promesse de François Hollande qui l'a beaucoup marquée qui l'a marquée politiquement au fer rouge cette promesse là de vacciner chaque Français d'ici à la fin de l'été effectivement si on voit que ce n'est pas tenu dans les semaines et les mois à venir ça va être très compliqué à gérer pour lui
Il faudrait 530 000 doses par jour pour vacciner tout le monde d'ici à la fin août 2021 ça vous surprend Bruno Lina ses réserves à la fois sur le vaccin AstraZeneca lui-même et puis le fait que ça avance à pas l'an du côté des généralistes
Je crois que la logistique à mettre en place pour un cabinet est effectivement compliquée et c'est ce qu'expliquait un certain nombre de généralistes et j'en ai eu quelques-uns au téléphone en direct aussi c'est vrai que si on n'a pas un équipement de froid comme le montrait le médecin avec la sonde qui permet de garantir que le réfrigérateur reste bien à la bonne température on est obligé de faire ces vaccinations en série mais ce que j'observe aussi c'est qu'il y a quand même une demande très forte puisque les centres de vaccination notamment dans mon hôpital ici ils sont pris d'assaut et ils essayent d'ouvrir au maximum des plages de vaccination avec finalement des gens qui acceptent assez bien le vaccin AstraZeneca d'autant plus que dans la tranche d'âge qui est aujourd'hui ciblée par la vaccination les effets secondaires ne sont finalement pas si importants que ça c'est les plus jeunes qui font des réactions essentiellement donc c'est compliqué moi je donnerais encore un petit peu de temps mais c'est vrai que c'est un petit peu dommage que d'avoir tout le monde qui râle parce qu'on ne vaccine pas assez et ceux qui veulent vacciner ils n'y arrivent pas bien ils disent finalement non je ne le ferai pas parce que c'est trop compliqué et il fallait absolument éviter des vaccins au drôme et finalement c'est peut-être que c'est la seule solution qui marche donc on voit que c'est là encore quelque chose qui est difficile à faire sur les pharmacies juste un petit mot une des raisons pour lesquelles les pharmacies ne le font pas c'est que pour l'instant on surveille de près le risque d'effets secondaires graves et notamment le choc anaphylactique et il faudrait que les pharmaciens soient en capacité de faire ils ont des défibrillateurs ils ont de l'atropine mais qu'ils soient aussi formés pour les premiers gestes si jamais il y avait un choc anaphylactique
et puisqu'on parlait de l'AstraZeneca la Haute Autorité de Santé se prononcera demain pour savoir si on peut l'utiliser chez les plus de 65 ans ce qui est le cas dans d'autres pays et en particulier notamment on en parlait de la Grande-Bretagne nous revenons maintenant à vos questions Une question pour vous Bruno Lina à quoi sert le Conseil scientifique si le Président de la République ne tient pas compte de ses avis ?
Le Conseil scientifique il donne des informations il est clair et après le Président de la République et l'exécutif fait ce qu'il veut de ces informations on n'est pas dans une relation de conflit on est dans une relation de confiance et on essaye de passer des informations et on essaye d'alerter le mieux possible donc le Conseil scientifique ce n'est pas moi qui vais juger s'il a encore un intérêt ou pas ce sera le Président de la République
Puisqu'en cas de confinement le problème majeur est la garde des enfants pourquoi ne pas avoir reconfiné pendant les vacances ?
Ça a été une des préconisations c'est-à-dire que dans le débat qu'il y a eu au sein du gouvernement certains effectivement il y a été avancé éventuellement l'idée d'élargir les vacances de profiter de cette période finalement aussi pour faire une sorte de semi-reconfinement ou quasi-reconfinement cette solution n'a pas été retenue par le Président de la République le 29 janvier je crois qu'en fait il tient sa ligne et l'école est vraiment quelque chose d'assez symbolique c'est la singularité française en Europe il faut le dire encore une fois pour le coup il y a consensus je dirais même que pour Jean Castex c'est presque aussi symbolique pour lui par rapport à son prédécesseur qui avait fermé les écoles lors du premier confinement 55 jours de confinement
à quoi servent les mesures locales lorsque l'on peut traverser la France en moins de 5 heures avec le TGV et contaminé partout Olivier Faille
pour l'instant c'est juste l'évidence qu'on n'a pas envie de reconfiner partout donc pour l'instant on est obligé de s'adapter avec des mesures locales qui permettent de tenir à bon en mal la situation effectivement après il y a toujours la possibilité de voyager mais bon avec le couvre-feu on va quand même dire que les choses sont un peu restreintes déjà
Pourquoi ne pas laisser les régions s'organiser pour lutter contre cette pandémie ? Sophie Orange
Ce sera un peu compliqué si chaque région en tout cas notre système n'est pas un système à l'allemand si chaque région faisait sa petite tambouille dans son coin effectivement il faut tenir compte des frontières il faut tenir compte de la région voisine de savoir quelle est sa situation aujourd'hui le choix est de concerter de rencontrer de dialoguer et puis au final c'est le gouvernement qui décide
Avec davantage de concertation quand même vis-à-vis des élus ce qui était un reproche qui était fait au gouvernement
Ça marche quand même un peu mieux que lors du premier confinement où là c'était quasiment la guerre ouverte le deuxième ça a été extrêmement compliqué là on voit bien qu'il y a quand même une progression alors on a vu aussi que le maire de Dunkerque ne voulait pas être reconfiné on a reconfiné en Moselle ils voulaient être reconfinés ils n'ont pas été reconfinés donc on voit aussi que c'est parfois compliqué mais qu'à un cas la concertation on se met en place difficilement parce que ce n'est pas une habitude française et puis en plus c'est vrai qu'Emmanuel Macron n'a pas cherché aussi forcément l'assentiment des grands élus locaux dont il se méfie notamment les présidents de région
Même en région Provence-Alpes-Côte d'Azur tous les élus n'étaient pas d'accord à 50 km d'écart donc c'est un peu compliqué la concertation Dès tout à l'heure
Bruno Minard à un moment donné c'est le rôle du politique et du chef de l'État c'est-à-dire tranché arbitré La stratégie actuelle de Macron n'est-elle pas de privilégier l'économie sur la santé des Français malgré la flambée des contagions ?
Et pourquoi pas ? Il a coûté cher le premier confinement couvre-feu c'est vrai que ça coûte moins cher l'économie est quand même un peu moins à l'arrêt c'est un élément qui est pris en compte même si l'exécutif le répète et c'est le cas d'ailleurs la santé prime avant tout mais le choix a été fait de prendre en compte d'autres éléments que les seuls éléments sanitaires d'ailleurs on le voit le fait notamment sur la campagne de vaccination si on prend au global on voit bien que les plus âgés reprochent les ratés de la campagne de confinement Emmanuel Macron mais les plus jeunes se félicitent on le voit dans les sondages du fait que le président n'est pas reconfiné
Pourquoi ne pas rouvrir cinéma, théâtre, opéra, musée avec toutes les mesures sanitaires nécessaires peut-être Bruno Lina sur ce sujet là on peut prendre des mesures suffisamment strictes pour rouvrir des musées des théâtres, des cinémas ou est-ce que c'est trop tôt ?
Il faut le prendre dans un contexte c'est toujours pareil si vous voulez quand on rouvre les musées les théâtres, les cinémas on crée des mouvements on crée des regroupements il faut qu'on apprenne à gérer une file d'attente il faut qu'on apprenne à gérer la jauge à l'intérieur il faut qu'on voit ça va mettre plus de gens dehors dans la rue donc voilà il faut bien le comprendre dans quelque chose qui est assez global finalement maintenant comme je vous le disais il y a des travaux en cours pour justement arriver à reprendre ces activités dans de bonnes conditions à un moment donné tous ces espaces vont réouvrir c'est une évidence
comment expliquer que je ne parvienne pas à obtenir un rendez-vous pour le vaccin de ma mère de 98 ans Clément qui habite dans les Pyrénées
Atlantiques ça c'est un grand mystère enfin le mystère on le connaît c'est qu'il n'y a pas assez de doses donc il n'y a pas assez de rendez-vous une dame dans le reportage disait 37 fois pour avoir un rendez-vous moi j'ai appelé des dizaines et des dizaines de fois pour confirmer un rendez-vous voilà clairement aujourd'hui il y a des listes d'attentes les rendez-vous ouverts sont en priorité pour les personnes qui sont sur liste d'attentes mais c'est quasiment impossible de prendre rendez-vous
la période de vaccins était prévue de personnes vaccinées était prévue fin février c'était Olivier Véran qui l'avait dit alors les chiffres avaient échangé avec Gabriel Attal mais ça n'a pas été atteint 3 millions hier soir
merci à vous tous c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 23h55 merci à vous tous d'avoir participé à cette émission et un merci tout particulier à Bruno Lina qui sera à chaque fois disponible malgré un quotidien et un agenda très chargé merci à vous professeur Lina et bien tout de suite c'est à vous
Emmanuel Macron