Fuel price hikes, Jean-Luc Mélenchon... The full interview with Olivier Faure
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
C'est Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti Socialiste, qui va nous rejoindre. À présent, Olivier Faure, qui est sous le feu des critiques au sein de son parti, après les alliances nouées lors des élections municipales avec les Insoumis. Bonsoir Olivier Faure. Bonsoir Marceloel. Soyez le bienvenu. On va en parler des Insoumis. On va parler de Jean-Luc Mélenchon aussi ce soir.
Vous aimez tellement en parler que c'est difficile d'échapper à un plateau où on n'en parle pas de lui. Ce qui me m'attriste un peu parce que je pense que la vie politique ne tourne pas autour de lui.
Bon. Une image d'abord, si vous le permettez. Vous étiez ce matin à l'hommage national rendu à Lionel Jospin. On a entendu votre réaction déjà ces derniers jours après la disparition de l'ancien Premier ministre socialiste, l'homme de la gauche plurielle, l'homme des 35 heures. Mais on a vu ce matin à peu près toute la gauche là-bas, à l'exception de Jean-Luc Mélenchon qui a dit qu'il avait été invité un peu trop tard et qu'il n'a pas pu s'y rendre. Finalement, c'est le seul endroit aujourd'hui où la gauche peut encore se réunir.
Je ne sais pas pourquoi vous dites ça. Parce que la réalité, c'est que dans ces élections municipales, je rappelle qu'il n'y a jamais eu autant de maires socialistes depuis les élections de 2008. Nous avons conquis plus de 123 villes. Nous avons près de 800 maires aujourd'hui qui sont socialistes, estampillés. D'autres qui sont dans la galaxie, qui sont proches de nous. Et donc nous avons réussi cet exploit. Pour quelles raisons ? Parce que nous avons réussi là aussi ce qui n'avait jamais été fait de toute sorte de la gauche. C'est une alliance dès le premier tour entre socialistes, communistes et écologistes. Ça n'était jamais arrivé.
Ce n'est pas cette alliance-là qui est critiquée aujourd'hui, y compris par certains de vos alliés ou ex-alliés au sein du Parti Socialiste. On va, si vous le permettez Olivier Faure, remonter un peu le fil avec Raphaël Grablis qui nous rejoint. Non pas des alliances au municipal, mais de vos relations avec Jean-Luc Mélenchon, de ce que vous en dites depuis plusieurs années.
Bonsoir Raphaël. On remonte en quelle année pour commencer ? On remonte en 2022. Je me suis arrêté à mai 2022 comme point de départ après la présidentielle catastrophique pour le PS. Anne Hidalgo arrive dixième au premier tour. Vous vous alliez à LFI pour les législatives avec la NUPES. Les images qu'on voit, c'est le 7 mai 2022 à la convention de la NUPES. Vous vous affichez auprès de Jean-Luc Mélenchon. Rapidement, en 2023, les premières tensions apparaissent avec l'affaire Quatennens notamment. Et puis tout bascule avec les massacres du 7 octobre.
LFI, dans un communiqué, parle d'une offensive armée pour évoquer les attaques du Hamas, que LFI refuse d'ailleurs de présenter comme organisation terroriste. Déjà à l'époque, des figures du PS vous demandent de rompre avec LFI. Après dix jours environ de débat, vous appelez finalement un moratoire sur votre participation à la NUPES, qui est donc mise en sommeil. Là, on arrive en 2024, c'est-à-dire le moment de la dissolution. Oui, donc nouvelle législative et nouvelle alliance avec LFI. Cette fois, c'est le nouveau front populaire. Un succès électoral, mais une alliance tout aussi éphémère. En 2025, vous refusez de censurer d'abord le gouvernement Bérou. Ensuite, le gouvernement Lecornu.
Nouvelle rupture avec LFI. Jean-Luc Mélenchon, fin 2025, évoque même dans un tweet un pacte, je cite, Macron fort et puis la rupture, elle est encore plus forte depuis février suite à la sortie de Jean-Luc Mélenchon autour du nom Epstein. Le 7 mars, une semaine avant les municipales, vous évoquez alors des expressions antisémites de Jean-Luc Mélenchon et, je vous cite, le franchissement de l'inacceptable.
Comment vous expliquez dans ces conditions, Olivier Faure, autant d'alliances avec les insoumis entre les deux tours ?
– D'abord, autant d'alliances, il faut quand même remettre les choses à leur juste proportion. Il y a 0,6% des candidats qui ont fait alliance au second tour avec la France insoumise. – Autant d'alliances dans les grandes villes, puisqu'il y en a une quinzaine, vous connaissez ? – Oui, mais la réalité, c'est que vous le savez, pour ce qui concerne les socialistes, il y en a eu six. Donc, vous pouvez raconter ce que vous voulez, mais si on revient à cette juste proportion, déjà, on relativise les choses. Ensuite, moi, ce que je dis, c'est que je ne suis pas irréconciliable avec l'ensemble de ceux qui votent insoumis. Je suis irréconciliable avec leur chef.
– Là, ce n'est pas des électeurs avec qui vous avez une alliance, ce sont des candidats. Alors, y compris, j'avais mis au défi quiconque de dire en quoi les deux candidats insoumis qui étaient en fait à Toulouse et à Limoges avaient tenu des propos qui rejoignaient ceux de Jean-Luc Mélenchon. Est-ce qu'ils sont antisémites ? Est-ce qu'ils ont pratiqué même une forme de hooliganisation de la vie politique ? Est-ce qu'ils sont de dangereux barbares ? Ou est-ce qu'au contraire, on avait là affaire à des gens qui avaient mené une campagne, qui avaient recueilli suffisamment de suffrages pour qu'on s'intéresse à ce qu'ils avaient fait ?
Après, ces choix-là, vous le savez, ce ne sont pas des choix qui sont des choix qui sont faits par la direction de Parti Socialiste.
– Oui, mais ça, c'est un peu facile. – C'est des choix qui sont faits… – Vous êtes le patron, vous dites, quelques jours avant, il n'y aura pas d'accord national, il y a des accords qui sont conclus dans plusieurs villes, vous dites, je les comprends, et ensuite, vous nous dites, j'ai laissé faire. C'est-à-dire qu'à aucun moment, vous ne vous êtes mêlé de ces accords-là.
– Vous ne pouvez pas me dire, vous avez dit, il n'y aura pas d'accord national, et puis ensuite, me dire, il y a des accords locaux. – Mais vous avez laissé faire. – Je vous dis qu'il n'y a pas d'accord national, pendant la semaine qui a précédé, vous avez entendu un certain nombre de cadres socialistes qui avaient dit, on verra au cas par cas, il y a des fois où ce sera imaginable, parce que la gauche, elle s'est toujours rassemblée sur un second tour. Ce que je dis, moi, c'est que ma position à moi, elle est effectivement très claire. Il n'y a aucune possibilité pour un accord national avec la France insoumise.
– Alors, est-ce que vous étiez dans ces civils, Olivier Faure, dans ces civils, est-ce que vous étiez pour ou contre ces civils ? – Si vous voulez la clarté, je vais vous dire, pour les prochaines échéances, qui sont des échéances présidentielles, puis législatives, il n'y aura pas d'accord avec national, donc avec la France insoumise. – Et il y aura des accords locaux. – Mais des accords locaux, qu'est-ce que vous racontez ?
– Boris Vallaud, l'un de vos opposants qui est en train de, enfin, l'un de vos soutiens, qui est en train de devenir peut-être l'un de vos opposants au sein du PS, dit « on ne nous croira pas la prochaine fois ». On a déjà fait le coup.
– Mais moi, ce que je vois, c'est que vous êtes en train de chercher à faire de la France insoumise le sujet majeur de la vie politique, alors que, enfin, je viens de dire à l'instant… – C'est vous, on l'a dit fort quelques jours avant le premier tour qui avait dit
Jean-Luc Mélenchon qui a des propos antisémites. C'est pas moi, ils ne sont pas les journalistes. – Mais Marc Fauvel… – Mais comment on peut dire ça et s'allier ensuite ? Ou laisser s'allier ensuite ?
– Mais écoutez, je vous ai répondu, je vous dis que ce n'est pas parce que je conteste le leader de la France insoumise qui a franchi toutes les lignes et qui l'a fait de manière répétée, récurrente et qui s'est rendue, en réalité, insupportable à tel point qu'il est devenu un boulet même pour ses propres candidats. Ce que je dis, c'est que moi, je ne renie pas le fait qu'il y a des insoumis qui sont aujourd'hui dans ce mouvement, des gens qui votent pour la France insoumise auxquels je veux continuer à parler. Et je leur dis quoi à ces insoumis ? Je leur dis, mais vous ne voyez pas que vous êtes avec un plafond de verre qui descend chaque fois à cause de Jean-Luc Mélenchon ?
Ça ne vous intéresse pas de voir que c'est un boulet qui vous empêche de porter, y compris votre message ? C'est ça ce que je leur dis. Parce que c'est trop… Enfin, qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse ? Qu'on dise que désormais, il y a plusieurs millions de femmes et d'hommes dans ce pays qui sont irratrapables, que désormais on ne pourrait plus leur parler ?
Ça n'est pas ma position. Mais, je prends un exemple précis. Nantes, c'est la numéro 2 du PS. Johanna Roland qui fait alliance avec les insoumis. Sur sa liste, il y a un candidat LFI qui le 7 octobre a refusé de condamner l'attaque du Hamas et qui l'a même justifié.
Mais, attendez, je ne sais pas, je ne connais pas ce monsieur.
L'affaire est sortie dans la presse entre les deux tours. Elle est forcément arrivée jusqu'à vous.
Non. Elle n'est pas arrivée jusqu'à vous. Non, elle n'est pas arrivée jusqu'à moi. Non, la résistance n'est pas le terrorisme. Marc Fauvel, je veux bien venir sur votre plateau, avec plaisir. Oui. Mais, quand même, vous avez d'abord eu une affaire qui était l'affaire de Rank qui a duré 15 jours, 3 semaines. Puis après, on a maintenant l'affaire des alliances. Avant le premier tour, c'était déjà la question. C'est devenu la question pendant le second tour. On est presque une semaine après le second tour. Et on parle de quoi ? On parle toujours des insoumis. Moi, je n'en peux plus. Je vais vous dire une chose. Je ne suis pas là pour parler des insoumis.
Si vous voulez qu'on parle des socialistes, si on parle des insoumis, ce n'est pas parce que ça vient de ne pas. Je vais finir ma phrase.
Juste parce que vous êtes en train de m'expliquer que j'ai une sorte de manie sur les insoumis. C'est le parti socialiste qui se déchire depuis plusieurs jours.
Je vais finir ma phrase en vous disant que dans un moment, et c'est valable aussi pour les socialistes dont vous parlez, nous sommes dans un moment de crise internationale. On a aujourd'hui le prix du pétrole qui ne cesse d'augmenter. Vous avez des gens qui, pendant toute la campagne des municipales, et ça, on n'en parle jamais, qui sont venus nous parler sur les marchés, dans les portes à portes, partout ailleurs. J'ai fait deux mois de campagne dans toute la France. Est-ce que ça vous intéresse de savoir ce que ces gens m'ont dit ? Est-ce qu'ils m'ont parlé des insoumis ? Ce qu'ils m'ont dit, Marc Fauvel, ils m'ont dit, nous vivons mal. Nous vivons mal.
Et nous avons des sujets qui sont aussi simples que le logement, le pouvoir d'achat, l'éducation, les services publics, tous ces sujets-là que personne ne veut traiter. Alors moi, je veux bien qu'à chaque fois qu'on vient à la télévision ou à la radio, on nous parle pendant une demi-heure de la France insoumise, et puis à la fin, on a peut-être une demi-question sur qu'est-ce qu'on fait sur le pétrole. Peut-être qu'on vous en parle.
Ça m'intéressait qu'on en parle. Peut-être qu'on vous en parle. On va parler du pétrole. Peut-être qu'on vous en parle. Parce que le bureau national du PS qui a eu lieu il y a deux jours, vous n'avez pas parlé des prix du pétrole. Il a duré six heures, on a parlé, vous avez parlé de la stratégie du PS. Ce n'est pas moi, ce sont les socialistes qui parlent de ça.
Si vous voulez qu'on prolonge encore ces six heures.
Ah non, on n'aura pas le temps. Voilà.
On peut les prolonger autant qu'il le faut. Mais enfin simplement, ce que je vous dis, c'est que quand nous sommes un grand parti politique qui vient de remporter des élections municipales et que nous passons notre temps à nous déchirer sur des questions qui sont des questions accessoires en réalité parce qu'elles ne visent... Et d'ailleurs, vous le savez, ce n'est pas moi qui l'ai décidé. Et ensuite, tous les courants ont participé à cette histoire. Et donc, venir ensuite sur le procès de la direction, c'est tellement cousu de fil blanc. C'est la première fois...
Ça veut dire quoi ce que vous dites ? Ça veut dire que quoi qu'il arrive... Les autres courants qui ont conclu... Et c'est vrai que dans certaines villes... Et c'est vrai que dans certaines villes... Mais à chaque étape, il faut... Olivier, il faut que je termine juste ma phrase. C'est vrai que dans certaines villes, ce sont des gens qui, aujourd'hui, vous en font le reproche en interne au PS qui ont conclu des accords avec la France insoumise. Ce que vous dites, quoi ? C'est qu'ils font de la petite politique pour me sortir. Ils veulent ma tête aujourd'hui. Il y a eu un appel à la démission lancée par le maire socialiste de Saint-Ouen qui vous demande de partir.
Boris Vallaud, qui est un peu l'homme qui vous a fait premier secrétaire, dénonce aujourd'hui vos ambiguïtés. Vous dites ce soir, je suis premier secrétaire et j'y reste.
Mais je suis premier secrétaire élu par des militantes et des militants. Oui. À plus de 50%. Donc, ce mandat-là, je le tiens des militantes et des militants. Je vois bien qu'à chaque étape... Si vous voulez reprendre, parce qu'on a repris tout à l'heure l'histoire, mais enfin, vous avez des gens qui ont suivi à chaque étape. Il y a même des gens qui... Rappelez-vous le NFP. Ça va de Philippe Poutou à François Hollande. Carole Delga approuve, François Hollande approuve, tout le monde approuve. Il n'y a pas les phrases antisémites à ce moment-là. Je reprends les mots du BN du PS. Oui, il y avait déjà eu l'alerte avec le 7 octobre.
Et ça n'a pas empêché tous ces gens de dire « on fait le NFP » parce qu'il y avait une menace qui était une menace importante, qui était celle de voir l'extrême droite arriver au pouvoir. Vous venez d'éclipser ce qui a été l'élément majeur de ma journée. L'hommage à Lionel Jospin. Qu'a fait Lionel Jospin ?
Pardon, je vous ai posé la question sur Lionel Jospin.
Vous êtes parti sur Jean-Luc Mélenchon. Non, franchement...
Je veux dire, est-ce que c'est un endroit où toute la gauche se parle ?
Oui, c'est un endroit où toute la gauche se parle encore. Et ce que je vous dis, c'est que la gauche plurielle, c'était des gens qui avaient des positions très différentes. Très différentes. Que Lionel Jospin avait su mettre ensemble. Et puis, à un moment, cette gauche plurielle, elle s'est fracassée, elle s'est divisée. Et il y a eu 7 candidats de gauche au premier tour de l'élection présidentielle de 2002. Ça donnait quoi ? Ça donnait pour la première fois dans notre histoire l'extrême droite au deuxième tour d'une élection présidentielle. Depuis, c'est arrivé à trois reprises en tout. Jean-Marie Le Pen y compris. Et donc, la présence de l'extrême droite est devenue monnaie courante.
Et notre présence, une exception. Eh bien, je souhaite que nous puissions en finir avec cette exception. et que nous puissions retrouver la capacité à arriver au second tour d'une élection présidentielle et faire face à l'extrême droite. Et la battre, parce que je crois que notre pays n'est pas prêt à accepter Jordan Bardella ou Marine Le Pen à l'Elysée.
Est-ce que ça veut dire, Olivier Faure, que le Parti Socialiste aura nécessairement, quel qu'il soit, un candidat à l'élection présidentielle ?
Je souhaite qu'il y ait un candidat commun de toute la gauche démocratique et écologiste. Et donc, j'attends que chacun nous dise quels sont les moyens pour y parvenir.
Ça, c'est la primaire de la gauche qui est prévue en octobre ou pour l'instant, qui réunit pour l'instant les ex-insoumis comme François Ruffin ou Marine Tondelier pour les écologistes. Mais ça ne va pas au-delà où Clémentine... C'est vrai ? Oui.
Pour l'instant, ça ne va pas au-delà. Donc, soit il y a des gens qui la rejoignent, parce que je vois des gens qui disent que c'est une petite primaire. Mais ceux qui s'indignent que ce soit une petite primaire et qu'ils y viennent, ce sera une grande primaire. Ça, c'est pour Raphaël Luxman ? Ça, c'est pour tout le monde. C'est y compris pour moi. Il faut que tout le monde se range à l'idée simple. Pardon, je vais reprononcer son nom, mais ce n'est pas pour Jean-Luc Mélenchon, cette primaire-là. Non. Je viens de vous dire la gauche démocratique et écologiste. Jean-Luc Mélenchon a déjà dit ce qu'il en était pour lui. Il a dit qu'il y aura un candidat à insoumis.
Et d'ailleurs, il a dit qu'il y aura un pacte. Ce sera ceux qui me soutiennent à la présidentielle qui pourront être soutenus par les insoumis aux législatifs. Donc, cette affaire, elle est déjà réglée. La clarté, si vous la voulez, je la fais ce soir, je vous l'ai dit, et il l'a fait lui-même. Donc, vous avez, en fait, là, une équation qui est parfaitement résolue. Donc, maintenant, la question, c'est est-ce que tous les autres décident chacun, par esprit partisan, par volonté d'égo mal placé, par incapacité à s'entendre avec les autres ? Eh bien, dans ces cas-là, on aura la même chose que le 21 avril 2002. Vous aurez pléthore de candidatures.
Et à la fin, vous aurez, en fait, la droite et l'extrême droite qui s'opposeront. Et donc, nous serons dans une situation que nous avons déjà connu. L'extrême exception catastrophique si l'extrême droite, en plus, à l'issue, devait l'emporter.
Vous connaissez la phrase de la grand-mère de Martine Aubry quand c'est « Flou, il y a un loup », qu'elle avait dit il y a très longtemps lors d'un débat télé. Il y a un flou sur un autre cas au municipal. Vous allez voir, ça ne concerne pas les Insoumis. C'est le cas de Catherine Trottmann, élue à Strasbourg, après avoir fait alliance avec Horizon. Vous avez dit, entre les deux tours, au moment où elle a fait alliance, elle est exclue. Et une fois qu'elle a été élue, vous avez dit « Elle est socialiste ». Est-ce qu'elle est socialiste ou est-ce qu'elle ne l'est pas ?
J'ai dit qu'elle ne pouvait pas se réclamer du Parti Socialiste dans l'alliance qu'elle a conclue avec le Parti Horizon. Comprenez-moi bien. Comment voulez-vous justifier le fait que... Vous avez dit « Elle s'est placée en dehors du Parti Socialiste ».
Oui, absolument. Ça, c'était avant qu'elle soit élue. Elle vous avait dit « Elle est toujours socialiste ». Mais ce que j'ai dit,
c'est qu'on ne peut pas se réclamer de notre parti politique en faisant en même temps une alliance avec le Parti Horizon. Pourquoi ? Horizon, c'est le parti d'Edouard Philippe. Vous imaginez que si désormais le Parti Socialiste disait « On peut s'allier avec la droite pour battre une candidate qui est une candidate écologiste alliée avec des insoumis comme elle l'avait été pendant tout son mandat. » Vous imaginez qu'on ne comprend plus très bien où nous sommes. Vous voulez me demander où je suis ? Moi, je vous dis, je suis socialiste. Et Catherine Trottman, elle est socialiste ? Et Catherine Trottman, elle est socialiste. Je ne peux pas dire le contraire. Donc elle n'a pas été...
Elle ne s'est pas exclue, comme vous l'avez explique. Elle dit qu'elle ne pouvait pas se réclamer du Parti Socialiste. Et d'ailleurs, je crois comprendre qu'elle ne s'en réclame plus. J'ai lu une interview d'elle où elle dit « Moi, je suis libre et je fais ce que je veux. » Écoutez, elle était libre. Elle est socialiste parce qu'il y a des gens qui sont socialistes dedans, dehors, etc. Je ne suis pas celui qui donne l'appellation contrôlée. En fait, il y a des gens qui appartiennent au Parti Socialiste et puis il y a des gens qui sont socialistes. Et Catherine Trottman, à l'évidence, c'est une grande dame. Elle a fait beaucoup de choses dans sa vie. Elle s'est battue contre l'extrême droite.
Elle a fait des choses que j'ai approuvées. J'ai commencé ma vie politique avec elle et je l'ai appelée longuement au téléphone la veille de la décision que j'ai prise en la prévenant, en lui disant « Catherine, je ne peux pas accepter l'idée que quelqu'un s'allie avec la droite pour battre un partenaire de gauche. » Voilà, je crois qu'elle l'avait compris, qu'elle l'a accepté aussi et elle a fait ensuite son choix, ce qui est à la fois respectable et en même temps, vous ne pouvez pas me demander à moi de me renier sur ce que je crois. Moi, je ne suis pas allié avec Edouard Philippe. Je ne veux pas avoir l'année prochaine.
Je serai avec celles et ceux qui se battront contre la droite et contre l'extrême droite. Vous nous disiez il y a quelques minutes
que les Français, quand vous les croisez, vous parlent pouvoir d'achat et vous parlent aussi, je pense, des prix des carburants qui ont explosé ces dernières semaines depuis la guerre au Moyen-Orient. Le gouvernement prépare un geste pour les gros rouleurs, on n'en sait pas plus, dans les jours qui viennent. C'est ce qu'annonce le ministre de l'Économie aujourd'hui. Est-ce que c'est la bonne solution pour vous, c'est-à-dire une aide ciblée sur ceux qui roulent le plus net plus large, une sorte de nouveau chéquier pour aider les Français à rouler ?
Non, et d'ailleurs, je me suis déjà exprimé à plusieurs reprises bien avant le gouvernement. Non, on ne peut pas avoir une mesure générale. Si vous avez une mesure générale, elle est à la fois très coûteuse et elle est très injuste parce qu'elle permet aussi bien à celui qui roule en Rolls-Royce qu'à celui qui roule avec une vieille Twingo, qui lui rappelle... Alain comme à l'autre...
On est un peu dans la caricature,
Rolls-Royce et Twingo. Oui, avec un SUV si vous voulez.
Ce que je veux dire, c'est qu'en fait, il y a ceux qui ont d'abord gros réservoirs, ceux qui ont un petit réservoir, il y a ceux qui ont un gros réservoir et qui peuvent payer davantage et il y a ceux qui ont un tout petit réservoir mais pour qui c'est devenu existentiel parce que ça veut dire que pour aller au travail, pour emmener les enfants faire du sport, pour aller faire ses courses, je suis en vue d'une circonscription que vous connaissez peut-être qui est juste au-dessus de Molin, en fait, dans ce qu'on appelle la ville nouvelle de Sénard et où si vous n'avez pas de voiture pour aller travailler, vous ne pouvez pas faire grand-chose. Il y a le RER, il y a le RER, il y a le RER,
Si vous étiez au pouvoir,
Olivier Faure, vous feriez sans doute à peu près la même chose ? J'ai dit, j'ai dit à plusieurs reprises, j'ai invité le gouvernement à prendre une mesure ciblée, un chèque qui soit destiné uniquement à celles et ceux qui sont à la fois de gros rouleurs et qui sont parmi les plus modestes. Il ne s'agit pas d'arroser tout le pays avec des subventions dont nous n'en avons plus les moyens. Donc effectivement, il faut cibler. Maintenant, j'attends de voir ce que fera le gouvernement et reconnaissez une chose, c'est que je ne suis pas sectaire et donc quand le gouvernement fait quelque chose qui correspond à ce que je crois juste, j'approuve. Quand je suis en désaccord, je le dis aussi.
Voilà, c'est ma philosophie, elle est assez simple, je pense qu'il faut travailler pour les Françaises et les Français et justement, arrêter de parler exclusivement avec des étiquettes mais de parler aussi ce qu'il est possible de faire pour les Français. Quand, pour en venir au municipal, quand dans une ville, on a le choix... Oui, c'est moi mais je ne vous parle pas d'alliance.
Là, je vous dis, quand on a le choix entre un maire qui dit je ne veux pas encadrer les loyers, je ne veux pas faire de l'argent social, je préfère payer une amende, qui ne veut pas réviser les tarifs à la cantine, qui ne veut pas faire en sorte que la ville soit plus végétalisée, eh bien, moi je dis qu'à un moment, il faut aussi s'occuper de la vie quotidienne des gens et qu'on ne peut pas exclusivement résumer la vie politique à quelques alliances. Moi, j'en ai assez, je suis chef de parti mais je ne suis pas partisan.
Je considère qu'à un moment, il faut d'abord s'intéresser aux gens et c'est comme ça que nous les retrouverons parce que l'autre phénomène de cette élection municipale, dans cette élection qui n'avait jamais et qui a toujours été plutôt considérée comme une élection maîtresse. Il y avait la présidentielle et les municipales où tout le monde se mobilisait.
Élection procurée des Français.
Exactement. Et la réalité, c'est qu'aujourd'hui, on s'aperçoit que malheureusement, la tendance est à la baisse de participation et de cela, personne ne peut se satisfaire. C'est une alerte pour tous les politiques, pour moi, pour les autres. Il faut que nous retrouvions un autre sens du débat et que nous arrivions à convaincre que nous avons encore des possibilités pour rendre la vie plus belle, plus juste, plus humaine et que la politique n'est pas impuissante. Autrement, nous serons simplement là à nous écharper sur je ne sais quelle polémique et à la fin, nous dégoûtons tout le monde.
Merci Olivier Faure. Je retiens ce que vous venez de dire. Je retiens aussi ce que vous avez dit il y a quelques minutes, c'est-à-dire je suis premier secrétaire et je ne compte pas laisser la place aujourd'hui. C'est ce que vous répondez.
C'est pas ce que j'ai dit comme ça. Je le traduis dans ma bouche
comme ça, mais je ne compte pas organiser un congrès pour remettre tout ça aux urnes.
Mais vous imaginez le ridicule de cette histoire. En fait, nous sommes dans une situation où nous venons de gagner.
C'était une conclusion que je tentais. Oui, mais puisque vous me relancez,
je vous dis quand on a gagné 800 villes, quand on a Paris-Lyon-Marseille, qu'on a gagné des villes comme Amiens, comme Saint-Etienne, comme Pau, la ville de l'ancien Premier ministre François Bayrou, et vous voudriez que nous ouvrions, enfin vous voudriez Moi, je ne veux rien. Certains voudraient ouvrir une crise qui invisibilise ce résultat. Moi, je crois qu'au contraire, il faut le valoriser et dire qu'il y a aujourd'hui une force qui peut battre l'extrême droite l'année prochaine, c'est ce rassemblement de la gauche, des écologistes et des communistes. Merci.
Olivier Faure