MACRON : DÉCRYPTAGE D'UN DISCOURS HORS SOL | CONTRE-MATINALE #32
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de la contre-matinale du Média aux côtés de notre chroniqueur David Guiraud. Bonjour David. Porte-parole jeunesse de la France insoumise. Merci à vous qui nous regardez en direct et d'être là. Merci à vous aussi qui nous regardez en différé. Merci à nos sociaux abonnés et donateurs et pour les autres qui veulent rejoindre la grande horde de nos soutiens, allez justement sur le media.tv.fr slash soutien. Et faites un geste si vous pouvez. Eh bien, c'est parti pour cette 32e matinale. Il est 7h11. Avec toi David, on parlera de l'actualité en particulier des annonces gouvernementales d'hier soir que tu as trouvées savoureuses, n'est-ce pas ?
On poursuivra avec notre cher chroniqueur c'est Emile qui va nous parler d'un homme riche et puissant qui a de grandes ambitions et qui ne finissent pas de grandir. Bien évidemment, il s'agit de Mark Zuckerberg qui lui aussi menace la démocratie et nos libertés. Jemile va nous rejoindre donc en fin d'émission. Eh bien, bien évidemment, on débute avec la titrologie. Une fois n'est pas coutume, on commence cette titrologie avec la presse indépendante. Mediapart ne pouvait pas être plus clair pour dénoncer une campagne électorale qui ne dit pas son nom mais qui n'échappe plus à personne.
Mais enfin, presque, sous prétexte de parler de la crise sanitaire, le président de la République s'est offert 30 minutes de monologue de campagne, déplore le quotidien cofondé par Edoui Plenel. Le chef de l'État s'est adressé solennellement aux Français mardi 9 novembre à 20h pour la deuxième fois, pour la neuvième fois, pardon, depuis le début de la crise du Covid-19 au prétexte de reprise épidémique. Quelques minutes sur la crise sanitaire avant d'évoquer la fin de son quinquennat qui devrait faire l'impasse sur la réforme des retraites.
Un discours de campagne sous forme d'allocution télévisée, insiste Mediapart, sans dépenser un sou, sans contradiction ni risque, et toujours dans une perspective d'une réélection bien à droite en 2022. Il y a bien plus important que le discours d'Emmanuel Macron, c'est ce que semble nous dire ce matin la presse mainstream. La Croix et l'Humanité préfèrent parler de la première journée nationale de la précarité énergétique et on s'en réjouit. Avoir froid chez soi, titre le journal catholique, quatre mots suffisent pour décrire une réalité glaçante que le quotidien d'inspiration communiste tente de quantifier. 12 milieux de Français peinent à se chauffer.
A cause notamment de la hausse des coûts de l'énergie, un Français sur cinq a froid chez lui ou se ruine pour se chauffer l'hiver. Le sujet n'est pourtant pas récent, rappelle La Croix, qui cite la fondation Abbé Pierre. Il y a 50 ans, les gens ne chauffaient qu'une seule pièce et allaient au lit avec une bouillotte. Une situation lourde de conséquences sur la santé des personnes exposées à la précarité énergétique qui souffrent plus souvent de pathologies hivernales et maladies chroniques. Les animaux sont à la une de libération qui nous offre un numéro spécial consacré à la faune, illustré par un bébé phoque au regard attendrissant et interrogateur.
Et c'est précisément l'objectif de se libérer des animaux qui s'interrogent notamment sur la vie sentimentale de ces millions d'espèces vivantes qui cohabitent avec nous et interrogent par la même occasion notre humanité. L'idée nous plonge dans les élevages industriels où une proportion importante d'animaux décède bien avant l'abattoir et enquête sur le monde opaque de la chasse française qui tue 22 millions d'animaux. Covid, travail nucléaire, le volontarisme lucide de Macron.
C'est le titre des échos, porte-voix des milieux patronaux, un titre qui semble donner raison à Mediapart puisqu'il sonne comme une promesse de campagne électorale sauf qu'elle est menée avec les moyens de l'État et le costume de chef d'État, ce que le quotidien contrôlé par Bernard Arnault, première fortune française, omet de souligner. Mais le Figaro, pourtant bien à droite, comme notre président candidat, n'oublie pas de le faire. Vaccin Macron ouvre la voie à la troisième dose obligatoire. C'est le gros titre que le quotidien a choisi, bien que le papier, lui, met l'emphase sur une allocution aux allures de discours de campagne.
Le monde, lui, s'intéresse à la pédocriminalité et fait remarquer le grand pas de l'Église de France dans la gestion de la crise due aux violences sexuelles ciblant les enfants au sein de l'Église catholique. Et viser l'annonce par la conférence des évêques de France de la reconnaissance d'une responsabilité institutionnelle de l'Église et d'une dimension systémique dans ces violences. Pour lutter contre, l'Église de France va créer une instance indépendante et un fonds d'indemnisation des victimes abondé par des biens mobiliers et immobiliers dont elle est propriétaire. Alors, pas d'amalgame, la photo au centre illustre une autre problématique.
Alors, ça aurait pu être celle du défaut de parité et de diversité au sein du milieu politique. Mais non, le monde revient sur les débats télévisés de lundi qui a opposé les candidats à la primaire de la République, des Républicains. Débat apaisé et tentation de l'extrême. Le journal décrit des militants qui, pour certains, ne cachent plus qu'ils sont séduits par le polémiste et businessman d'extrême droite Éric Zemmour. David, alors, j'imagine que tu as beaucoup de choses à dire sur ces unes qui ont été évoquées. Alors, pas tant que ça, en fait, en tout cas, par la presse mainstream, en tout cas, pour les titres qu'on a sélectionnés. On t'écoute, David.
Moi, il y a plusieurs choses qui retiennent mon attention. Honnêtement, ce que fait l'Église catholique en ce moment, c'est quand même quelque chose à noter. Parce que c'est la première fois, je crois, que cette institution reconnaît de manière aussi claire sa responsabilité. parce que quand elle parle d'indemniser les victimes, en fait, en vérité, c'est de dire nous prenons sur des fonds propres pour vous rembourser en disant nous sommes l'Église coupable. Et j'avais lu quelques extraits qui étaient tirés de la conférence des évêques où il parle de reconnaître le caractère systémique des violences sexuelles au sein de l'Église catholique.
Donc c'est vraiment quelque chose qui donne matière à réfléchir parce qu'on se dit moi, je pars du principe que ce n'est pas que l'Église catholique la pédocriminalité. C'est trop facile de dire que c'est juste l'Église catholique. C'est qu'en vérité, les prédateurs sexuels, même si je n'aime pas trop l'expression prédateur, mais que les gens qui sont des pédocriminels vont dans les endroits où il y a des enfants et vont dans les endroits où ils ont une posture d'autorité. Et moi, j'aimerais bien que maintenant, toute la société prenne le relais, prenne cet exemple-là de l'Église catholique dans lequel on le sait.
ça a été dur quand même parce qu'il y a eu un tabou, il y a eu des mensonges, il y a eu une négation de la réalité, mais que dans beaucoup de corps de la société, en fait, la pédocriminalité existe et que les gens s'y mettent de la même manière que l'Église, c'est-à-dire de reconnaître quelque chose de systémique et qu'en plus, ce n'est pas perdre en honneur, ce n'est pas perdre en réputation. En fait, c'est plutôt gagner en honneur et en réputation symbolique que de dire, voilà, il y a eu ça et on veut l'utiliser. Bien sûr. Et moi, je pense que c'est plutôt ça. Bon, ça, c'est sur l'Église catholique. Les unes de... Je crois que c'est l'humain et la croix, c'est ça ?
Sur la précarité énergétique. En fait, moi, ça m'a fait marrer parce que ça me rappelle le débat Mélenchon contre Zemmour où Jean-Luc dit qu'il y a des gens qui se prennent des coupures d'électricité derrière.
J'y ai pensé. Je me suis dit est-ce qu'on va avoir une vérification des faits de BFM qui viendrait démentir cette réalité ?
Quand on parle des coupures d'électricité, on nous dit qu'on ne peut pas s'interdire par la loi. Et en fait, ce qu'il faut se rendre compte, c'est qu'au-delà de la précarité de tous les jours, il y a aussi des fournisseurs d'électricité qui se comportent comme des bandits vis-à-vis de certaines familles. C'est-à-dire que sous prétexte que certaines familles ne peuvent pas payer leur facture d'électricité et je ne sais pas à qui, ça fait plaisir de ne pas pouvoir les payer. Ce n'est pas rigolo de ne pas pouvoir les payer.
Ce qui se passe, c'est qu'au lieu de couper pour jouer avec la loi, on réduit de telle manière à ce qu'il n'y ait que quelques kilowatts, enfin, il n'y ait quelques watts par heure qui puissent vous éclairer. En fait, vous êtes obligés de faire des choix sinon les installations, elles sautent. Donc on en est là et je trouve qu'y compris dans tous les débats qu'il y a eu sur comment on aide les gens à sortir de cette précarité-là par rapport à l'augmentation du prix de l'essence, de l'électricité, du gaz, etc. Je crois qu'on était la seule force politique, peut-être que je me trompe, mais je crois qu'on était la seule, à proposer de faire en sorte que ça ne soit pas les Français qui payent.
Parce qu'en fait, si on fait un chèque aux gens, c'est le budget de l'État. Donc en fait, c'est nos impôts, on sait que ça va se retrouver quelque part là-dedans. Si on baisse les taxes, c'est pareil. Baisser les taxes, c'est une rentrée fiscale en mode pour l'État. Tandis qu'il y a quand même un enjeu, c'est de faire payer les fournisseurs. Enfin, je veux dire, il y a un moment, en fait, l'augmentation des prix n'est pas forcément corrélée aujourd'hui au coût des matières premières. Pas que. Par exemple, sur l'électricité, c'est pas ça. C'est autre chose. C'est notamment les règlements européens, etc.
Et en plus, des fournisseurs, je pense à l'essence sur Total, qui se mettent 7 milliards de dividendes sur l'année d'euros, vous allez passer à la caisse. Voilà, c'est tout. Et c'est pas méchant. C'est juste, vous allez contribuer pour faire en sorte que ça ne soit pas galère. Enfin bon, ça, c'est sur l'électricité. C'est vrai que... Mais il y a quelque chose qui m'avait touché sur la chasse. Je ne sais pas si vous aviez vu. J'avais vu ça passer sur Twitter. Je crois que c'était à côté de Reims ou de Rouen, sur les animaux. Il y a un endroit... Alors je le fais de mémoire, parce que j'avais pas... J'ai pas trop révisé ça.
Mais pour 2200 euros, on peut chasser des animaux, en plus des créatures magnifiques, des dindes, des cerfs, etc., qui sont encagés dans, je crois, plusieurs centaines d'hectares. Et en fait, pour 2200 euros... Alors moi, déjà, j'ai pas cette somme, mais bon, pourquoi pas. Pour 2200 euros, en fait, on peut tuer des animaux qui ont été élevés pour être tués. Et je trouve qu'il y a quelque chose qui tourne pas rond, quoi. Je veux bien que... Très clairement. Ouais, c'est ça. C'est-à-dire que moi, je veux bien avoir des débats sur la chasse. Est-ce qu'il faut l'interdire complètement ou pas ? Est-ce que les mentalités sont prêtes ? Bon, moi, je suis pas du tout fan de la chasse.
Mais à la limite, je pense qu'il y a plein de gens qui sont prêts à avoir un petit débat là-dessus. Mais par contre, se dire qu'on est quand même dans un moment où, en fait, il y a des gens qui payent des milliers d'euros pour juste tuer des animaux plus le discours des chasseurs, c'est souvent de dire « Mais vous savez, nous, les chasseurs, nous sommes les premiers écologistes. » Désolé, je prends l'accentre. C'est un petit clin d'œil
aux inconnus. Vous vexez pas.
Exactement, c'est ça. Vous vexez pas, les gens du chine. Mais on est les premiers écolos, on est les premiers régulateurs. Mais là, vous élevez des créatures. C'est-à-dire, en fait, vous les faites se reproduire artificiellement pour pouvoir les buter. C'est bizarre, quoi, comme dirait Thierry Henry. Moi, je trouve ça bizarre. Je trouve ça pas humain. Je trouve ça pas respectueux. Et en plus, c'est des créatures qui sont magnifiques. Enfin, je veux dire, là, on a vu des images. C'est beau. Enfin, tu vois, il y a tout un truc autour de l'innocence de ces créatures. Et ça touche les gens. Parce que c'est vrai que quand c'est les cochons, par exemple, les gens se disent « Oh, c'est des cochons.
Les cochons, c'est pas beau. » Même ça, en vrai, il y a question à se poser. Mais si on peut toucher les gens déjà par ce biais-là, de leur dire « Mais regardez, quoi, ces petites bêtes, elles n'ont rien fait. Elles sont là. Elles sont encagées. On les fait venir pour les tuer. » C'est ça leur seul but. C'est pas très sympa. Et puis après, à partir de cette question-là, on peut aller sur le fait de dire « Ces créatures magnifiques, elles sont sensibles. » Et toutes les créatures, en fait, énormément de créatures sont sensibles. Les cochons,
les baches. La libération se pose la question de « Est-ce que les animaux ont des sentiments ? » Oui, c'est ça. « Est-ce que les animaux souffrent ? Est-ce que les animaux ont peur ? »
Mais dans les images, tu le vois. En fait, ils sentent la mort. Quand tu vois les images de L214 ou autre, c'est-à-dire ces militants qui vont dans les abattoirs et tout, tu vois que les animaux sentent la mort. C'est-à-dire, il y en a qui sont dans l'abattoir, ils fuient. Ils essayent de fuir parce qu'ils sentent qu'à quelques mètres, il y a l'odeur de la mort. Enfin, je veux dire, la mort a une odeur particulière. Je pense. Moi, je ne peux jamais aller dans un abattoir.
Et la mort est déjà présente même dans l'élevage industriel.
Mais bien sûr. Mais en fait, en plus, il y a des animaux qui meurent, d'autres animaux qui meurent devant eux. Enfin, je veux dire, dans les élevages intensifs, etc. C'est une horreur, ce truc. Alors, après que les gens... Qu'il y a un débat sur est-ce qu'il faut sortir maintenant de la viande, etc. Moi, encore une fois, je suis ouvert à ce débat. Je comprends. Moi-même, je consomme de la viande. Enfin, donc, je ne suis pas sur une posture hyper radicale, même si je pense qu'en vrai, il faut que je me... Même moi, que j'aille un peu plus loin. Et je pense que c'est ce que se disent beaucoup de gens.
Mais on ne peut pas accepter que des créatures, à partir du moment où on accepte le fait qu'elles soient sensibles, c'est-à-dire qu'elles ressentent des choses, de les traiter de cette manière-là. Et là-dedans, en plus, dans tous ces élevages et tout, il y a quand même aussi une autre question. C'est les gens qui travaillent dans les élevages. On n'en parle pas beaucoup, mais ces gens-là, il y en a énormément qui ont des problèmes psychologiques parce qu'en fait, tuer des centaines d'animaux à la chaîne toute la journée, c'est pas vrai que ça fait rien. Sur un corps humain, normalement constitué, c'est pas vrai que ça fait rien.
Il y a des conséquences psychologiques qui sont extrêmement lourdes. Et en plus, vu que c'est de l'abattage à la chaîne, il faut se dépêcher. Donc en fait, on tue des bêtes n'importe comment. Les gens sont mal payés. Enfin, il y a tout un truc comme ça, hyper malsain. Et notre système alimentaire repose sur quelque chose de malsain. Et c'est pas... Je dis pas ça pour faire culpabiliser les gens. Mais par contre, il faut s'en rendre compte, c'est malsain. Donc il faut que ça change.
Il faut aussi se responsabiliser quant à la consommation. De bien, on n'en peut pas, les fast-foods, les burgers, enfin, tu vois, tous ces types de restauration comme ça, rapide, où la viande est carrément le plat principal, en fait, tu vois, dans ces cartes-là. Et c'est mouvoir dans le même temps du mauvais traitement des animaux. Enfin, c'est tout ce paradoxe, tu vois. On va être les premiers à être hyper critiques quant au traitement des animaux dans ses abattoirs et de l'élevage massif. Mais il vient répondre à une demande de plus importante.
Mais en plus, on est tous un peu dans nos contradictions. Moi, par exemple, j'en fais partie. Alors moi, il y a des trucs... Je ne vais plus au McDonald's. J'y suis allé une fois récemment parce que c'était le dernier truc ouvert. Mais ça fait des années que je n'y vais quasiment plus, quoi. C'est-à-dire une fois tous les quatre mois. Et voilà, ça, c'est un choix personnel en me disant... Je ne sais pas pourquoi McDonald's. C'est juste celui où j'allais parce qu'à côté de chez moi, il y a un McDo. Bon, ça, ça fait partie des choix personnels. Mais quand je vais au kebab ou autre, ce n'est pas dit que la viande n'est pas moins... Enfin, meilleure.
Enfin, je veux dire, en tout cas que les animaux qui ont été abattus dans le cadre de l'obtention de la viande de mon kebab soient meilleurs. On n'en sait rien, en fait. Donc, il y a quand même aussi la question de savoir à quel moment on fait en sorte que tout ça soit tracé, lisible pour les gens. Et ça, c'est encore un objet d'avancée important. Et après, ouais, je pense qu'on peut aussi tous se mettre un petit coup de pied au cul. Ça, c'est pas totalement faux pour se dire au moins, on réduit notre consommation de viande. C'est pas forcément de dire on arrête. Mais bon, voilà, moi, quand dans la semaine j'ai mangé 5 fois de la viande, je me dis, bon, j'avoue, je le sais, en fait.
Maintenant, je le sais. Mais les consciences avancent de ce point de vue-là. Mais voilà, quand tu manges 5 fois de la viande dans la semaine, c'est vrai que d'une manière ou d'une autre, quand même, bon, bah, tu valides un peu un truc où on a besoin d'abattre des animaux à la chaîne pour que t'en manges 5 fois par jour, par semaine.
Alors que les nutritionnistes nous rappellent que ce n'est pas bon du tout
je suis un peu passif dans le sens où j'attends qu'on me donne clé en main le bon régime alimentaire annexe, quoi. Enfin, différent. Et en vrai, il y a moyen déjà juste de réduire sa consommation de viande, de manger un peu plus de légumes et que c'est pas forcément beaucoup plus cher. Mais encore une fois, moi, le seul truc, c'est que ça demande du temps en termes de cuisine, les légumes, contrairement à la viande. Non, mais c'est bête, mais c'est un truc.
Je sais que ceux qui nous regardent et qui nous écoutent se disent, mais ils vont parler. Vous avez faim. Voilà, ils vont composer des menus, ils vont nous proposer un planeur avec comment manger équilibré. Mais non, rassurez-vous, David va venir et est toujours aussi critique vis-à-vis de ce système qui est en place et du pouvoir en place et notamment du discours de Macron. Je pense qu'on t'attend beaucoup sur ce sujet-là, David Guiraud. Oui.
Alors, hier, le président de la République
a parlé
et enfin, en plus, je ne veux même pas faire une chronique drôle.
Mais oui, mais non.
Vous vous marrez, mais... Bon, alors, je reprends. Enfin, enfin, bon, quand je dis président, moi-même, j'ai un doute. Qui est-il ? Que fait-il ? Qu'est-ce qu'il représente à nos yeux ? Je vous assure que pour se concentrer et faire un truc très sérieux, très solennel, là, c'est pas facile avec Nadine. Quelle est la valeur de sa parole ? Est-ce qu'on peut lui faire confiance ? Toutes ces questions, elles se posent et elles se bousculent un peu parce qu'on a assisté hier au spectacle d'un homme qui se croit tout permis, qui se croit permis d'utiliser sa fonction, la fonction présidentielle, pour faire sa propre promotion comme ça avait jamais été fait auparavant.
Et moi, je veux qu'on soit clair, enfin, je le dis de manière tout à fait honnête, et sans aimer la Ve République, c'est jamais simple pour un président de la République en fin de mandat de continuer à gouverner tout en n'étant pas un peu déjà en campagne. Ça, je veux bien le reconnaître. Donc, quand il est allé à Marseille pour parler de sécurité, il y a quelques mois pour faire des annonces, bon, la ficelle est un peu grosse, on s'est dit, allez, pourquoi pas ? Quand il a parlé d'un plan de relance qui s'étale bien au-delà du mandat d'Emmanuel Macron, la ficelle est énorme, on s'est dit, allez, va, va, fais, c'est bon. Fais ton kiff. Va, allez, c'est bon.
Et il y en a eu beaucoup des moments récemment où, pour le dire gentiment, c'est un peu ambigu. Mais moi, hier, j'ai quand même le sentiment que tout ça est allé trop loin. Beaucoup trop loin. Ça va trop loin parce que, déjà, le discours de Macron, son annonce de discours, elle se basait sur la peur. La peur de la maladie, la peur qu'elle revienne, la peur d'une nouvelle vague, la peur que ça pouvait impliquer aussi sur nos vies en termes de restrictions, parce qu'on le sait maintenant, on l'a appris, que le gouvernement ne connaît que ça, les restrictions pour lutter contre le Covid. Et on attendait tous, un peu d'ailleurs, un discours sur le Covid.
Pour y voir plus clair, dans le brouillard, on dit de l'Elysée, rapporté par les « y paraît » des médias, et il s'avère qu'Emmanuel Macron a parlé du Covid. Oui, il en a parlé. Quelques minutes. Il en a parlé pour dire notamment ceci. Écoutez plus tôt. « À partir du 15 décembre, il vous faudra justifier d'un rappel pour prolonger la validité de votre pass sanitaire. » Les personnes qui ont moins de 65 ans voient aussi la protection conférée par le vaccin diminuer au fil du temps. D'ailleurs, au moment où je vous parle, plus de 80% des personnes en réanimation ont plus de 50 ans.
C'est pourquoi une campagne de rappel sera lancée à partir du début du mois de décembre pour nos compatriotes âgés de 50 à 64 ans. Voilà. Nouvelle règle. Il y a toujours des nouvelles règles. Toujours, toujours. Il y a toujours une nouvelle règle avec Emmanuel Macron. En fait, les promesses et les engagements, ça ne vaut plus rien. Et au fond, que vaut la parole du président ? Eh bien, elle ne vaut rien. Que valent ces engagements ? Ils ne valent rien. Le pass sanitaire, souvenez-vous-en, devait être une mesure temporaire. Il devait s'arrêter le 15 novembre. Il a désormais été prolongé jusqu'au 31 juillet. Pourquoi le 31 juillet ? Quel est l'intérêt sanitaire du 31 juillet ? On ne sait pas.
Le 31 juillet, pourquoi ? On ne sait pas. On ne sait pas parce que l'arbitraire règne. Et l'arbitraire doit continuer à régner. L'argument de la Macronie, il est simple. Le pass sanitaire, c'est comme ça, et puis c'est tout quoi. Voilà. Et puis, il y a l'aspect politique de la chose. Le pass sanitaire, on nous l'a répété partout, a accru les vaccinations. Et beaucoup croient spontanément à cet argument, même parfois dans mon organisation ou parmi mon entourage. Et moi, j'aimerais dire à tout le monde, de résister à cette fausse évidence. Je vais essayer de vous le prouver.
La régie, si vous pouvez passer l'image des courbes de vaccination, normalement, elle devrait apparaître sur votre écran, vous verrez qu'en noir, il y a la courbe des injections moyennes. Le discours de Macron qui annonce le pass sanitaire, c'est le 12 juillet. C'est au moment où il y a un pic en termes de vaccination. Et en fait, de quoi on s'aperçoit ? Il y a le discours. Pendant 15 jours, les vaccinations doublent, en moyenne, en gros, les premières doses doublent. Voilà, il y a un doublement des premières doses. Et puis, vous regarderez la courbe, ça s'effondre.
C'est-à-dire qu'en fait, même d'un point de vue politique, le pass sanitaire n'a pas fait en sorte d'augmenter drastiquement les vaccinations. Et moi, je lutte un peu contre cette évidence parce que l'argument de la Macronie, c'est quand même un peu celui du père de famille qui bat ses gamins. C'est-à-dire, il a rangé sa chambre parce que je lui ai boté les fesses. Mais rien ne dit qu'une campagne d'incitation au positif ou au moins une campagne bienveillante, même en étant ferme sur le ton, mais qu'une campagne bienveillante n'aurait pas eu les mêmes effets sur les gens qui étaient globalement, je le rappelle, 12 juillet, au moment où Macron parle, partis en vacances.
Donc il y a eu un peu de procrastination, mais il y a aussi le fait qu'en juillet, on nous disait que tout allait bien. Donc voilà, c'est le genre de choses que je remarque quand même et je dis, faites attention quand on vous dit que le pass sanitaire a forcément augmenté drastiquement les vaccinations. Il y a des gens qui se sont sentis forcés d'y aller, mais il y a des gens qui auraient pu être convaincus par la chose. Et vu qu'il y a une troisième dose qui arrive et qu'il y a cette fameuse nouvelle règle, en fait, on est en train de se retaper tous les mêmes débats vu que les gens n'ont pas été convaincus. Il va falloir les reforcer, les reforcer.
On nous avait aussi juré, rappelez-vous, que le pass sanitaire ne serait pas obligatoire. On nous avait promis qu'il ne concernerait pas les activités de la vie de tous les jours. La présidente de la commission des loyales, Brune Pivet, l'avait dit solennellement le 13 mai 2021 sur France 5, je la cite. J'ai tenu à inscrire noir sur blanc dans la loi qu'un restaurant, un cinéma ou un théâtre ne pourra pas l'exiger. C'est une question de liberté publique. Le Parlement, tenez-vous, le Parlement est extrêmement vigilant. Elle a menti. Sans aucune conséquence, d'ailleurs. Elle a menti parce que l'impunité politique est aussi une marque de fabrique de la Macronie.
Pas de démission, pas même d'excuses, rien. Même s'excuser, ils n'en ressentent pas le besoin. Et puis, sur le pass sanitaire, voilà que pour une partie de la population, les plus de 65 ans et les personnes qu'on dit atteintes de comorbidités, sympa pour définir les gens, pour être précis, eh bien pour eux, la troisième dose sera obligatoire sous peine de ne pas avoir ce fameux pass sanitaire.
Mon petit doigt me dit que ça sera bientôt notre tour et que tout cela risque de ne jamais s'arrêter puisqu'on va devoir vivre avec le virus tant qu'il n'est pas contenu à l'échelle mondiale, ce qui n'est pas le cas, notamment dans beaucoup de continents, et qu'il risque d'y avoir des rappels vaccinaux à faire chaque année. Alors, il faudra vivre aussi avec le pass sanitaire. En résumé, le pass sanitaire, c'est comme le Covid, en fait. Il mute. Tout mute. Tout mue. même la voix du président hier, c'est ce que j'appelle la politique du serpent. Et il n'y a pas que la crédibilité de la parole présidentielle qui s'effondre dans ces moments-là. C'est tout qui s'effondre avec.
Nous sortons d'un débat parlementaire, rendez-vous compte, sur la question du pass sanitaire. nos députés élus de la nation ont discuté pendant des semaines. Ils ont débattu, parfois avec leur trip, et c'est normal, pour donner leur avis et exercer leur fonction de représentant de la nation et faire la loi. Cette discussion est à peine terminée. Elle a été terminée il y a peu. Et tout ça, pourquoi ? Pour que nos législateurs, nos députés, se voient eux aussi piétinés par l'arbitraire présidentiel qui débarque, face caméra, et nous impose des nouvelles conditions sur le pass sanitaire sans débat à l'Assemblée. Au final, il n'y a pas plus antiparlementaristes que le président lui-même.
C'est aussi une des leçons de cette allocution. Et puis, il y a certaines institutions qui ressortent salides de cette allocution aussi. La négligence de Macron vis-à-vis de notre hôpital public est coupable. Il l'a dit hier. Tout va bien. Tout va bien. Nous avons donné 200 euros à nos infirmiers et nos infirmières, eux qui étaient parmi les plus mal payés de l'OCDE. Donc ils vont mieux. C'est certain qu'ils vont mieux puisque c'est Macron qui le dit. Sauf que la réalité, elle est sous nos yeux. La réalité, c'est que les infirmiers n'ont pas été recrutés, qu'ils sont en burn-out et que les services hospitaliers se vident.
Dans les grands hôpitaux, nous disait récemment Libération, environ un lit sur cinq est fermé du fait du manque de personnel. Mais tout va bien. C'est Macron qui nous l'a dit. Hier, il les a d'ailleurs payés dans sa monnaie favorite, la reconnaissance. C'est utile. La reconnaissance, ça ne coûte pas cher. On vous paye en câlin. Et puis c'est bon. Mais pendant ce temps, la destruction de notre hôpital public continue. Alors il paraît, nous dit Macron, qu'on n'a jamais autant investi dans la santé, avec le Ségur de la santé. Ah bon. On va voir. En chiffre brut, on pourrait le croire, mais en réalité, Macron a investi sur dix ans.
Et, sur les 19 milliards annoncés, on en avait déjà 13 de prévu depuis novembre 2019. Malin. Et, j'aime bien ce « et ». Une partie de la somme de ces investissements est en réalité une simple reprise de la dette. C'est astucieux. Et, je n'ai pas fini, les fameuses restructurations hospitalières annoncées dans ces annonces vont baisser le nombre de lits disponibles pour certains en réalité. Par exemple, le projet d'hôpital Grand Paris Nord qui fusionne Bichat et Beaujol, des hôpitaux qui sont bien connus des Parisiens, va au final contenir 300 lits de moins. C'est habile. Mais, au fond, la question sanitaire, elle a vite été écartée hier du discours de Macron.
En fait, vu le temps qu'il y a consacré, on pourrait même dire que la question sanitaire n'était pas importante pour Emmanuel Macron hier. Ce qui était plus important, c'était de dire que tout allait bien, quitte à mentir. Écoutez un peu cet extrait. Quoi qu'il en coûte, couplé aux 100 milliards du plan de relance que nous avons décidé grâce à notre initiative européenne, non seulement nous a permis de résister à la crise, mais de rebondir plus fort aujourd'hui. Notre croissance dépasse les 6%. La France est en tête des grandes économies européennes. Le chômage est au plus bas depuis près de 15 ans.
Et nous sommes l'un des seuls pays du monde où le pouvoir d'achat a continué à progresser en moyenne et où la pauvreté n'a pas augmenté. Mais de quoi vous vous plaignez alors ?
Une regard droit dans les yeux.
Bah oui, mais de quoi vous vous plaignez ? Bon, j'ai déjà fait une longue chronique sur les mensonges de Macron, sur le chômage, sur la croissance. Je vous y renvoie, ça fera des vues pour le Média. N'oubliez pas de vous abonner. Et de donner. Et de donner. Hier, Macron a récidivé. Il nous explique encore que tout va bien. En fait, c'est peut-être même plus ça. Ça va trop bien. Il faudrait pas, bande de flémards, je sais pas où vous êtes, que vous vous y habituez, d'accord ? Avec des bobards énormes, comme quand il nous raconte qu'il y a 3 millions de chômeurs en France.
Alors, petite rectification, il n'y a pas 3 millions de demandeurs d'emploi, il y a 3 millions de catégorie A à Pôle emploi. Des demandeurs d'emploi, il y en a presque 6 millions. Et puis, surtout, puisque tout va bien, vous allez cracher du sang. Vous allez vous faire exploiter. Le discours d'Emmanuel Macron m'a choqué hier, personnellement. Il est d'une violence sociale qu'on a rarement atteint. C'est, je dirais, le crachat de trop, la gifle sociale. Alors, préparez de quoi vomir sans trop vous tâcher de bon matin et écoutez donc ce nouvel extrait. Notre économie crée des emplois comme jamais.
Au point que, dans des secteurs comme la restauration, les bâtiments travaux publics, les services, l'artisanat ou l'industrie, tous les entrepreneurs me disent peinés à recruter aujourd'hui. Au moment où 3 millions de nos compatriotes se trouvent encore au chômage, cette situation heurte le bon sens. Il y a une forme d'obscénité dans ce discours. C'est le mot, ouais. Car pour toutes les personnes qui se renseignent un peu, et c'est le cas du président de la République, qui n'est pas bête, on sait bien que le mythe des emplois non pourvus est faux. On nous dit qu'il y a des emplois non pourvus. Mais je vais prendre quelques chiffres.
77% des annonces sur Pôle emploi viennent de sites partenaires et non de Pôle emploi. Et selon la CGT, qui s'est un peu penchée sur ces annonces, sur 713 offres qu'elle a étudiées, 54% d'entre elles sont soit illégales, soit mensongères, soit bidons. La CGT recense énormément de doublons, voire pire, les mêmes offres d'emploi sont répétées par différents sites partenaires. Il y a aussi des offres inexistantes ou déjà pourvues. Selon la CGT, par exemple, le site Monster a affiché 100% d'offres inexistantes, alors lui, c'est un champion, sur les offres d'emploi étudiées. Il y a aussi des offres qui ne sont pas conformes à la réalité.
Des partenaires comme Jumblink, Calista, Aquila RH, je ne sais pas que ça existait personnellement ce Aquila RH, c'est des CDI ou des CDD de longues missions qui sont présentées comme étant des missions longues, alors qu'en vérité, c'est des contrats d'une semaine, mais rassurez-vous, renouvelables, tout est renouvelable dans l'emploi. En bref, le mythe des emplois non pourvus est une opération de propagande montée par des gens qui n'ont jamais fait un seul clic sur le site de Pôle emploi. Il y a 13 fois plus de chômeurs que d'emplois non pourvus en France. Alors, vous pouvez bien affecter tout le monde un emploi, si vous voulez, même de manière absurde. Ça ne résoudra pas le problème.
Et quel est l'objectif de ces mensonges ? Eh bien, c'est toujours le même, c'est de vous faire payer la crise. C'est ça, au fond. C'est de faire payer la crise aux Français, à ceux qui galèrent, à ceux qui font tourner le pays, notamment, en pariant sur le fait que la peur, la confusion et les mensonges vont les désorienter assez longtemps pour pouvoir leur faire les poches. Et puis, pendant qu'on vous saigne à blanc, pourquoi ne pas profiter pour continuer la propagande ? Car c'est aussi l'exploit de Macron hier. Ne parlez au final que très peu du Covid et très beaucoup, beaucoup, beaucoup de sa candidature à la prochaine élection.
Rendez-vous compte qu'en presque 30 minutes de débat, hier, on a eu le droit à tout. C'était la grande braderie, c'était la grande épicerie, la foire, le marché, tout ce que vous voulez. On a eu le droit à tout. On a eu le droit à la justice, à la sécurité, à l'énergie, au nucléaire, à la sécurité, à la géopolitique. Tout, on a tout eu. Ça ne m'aurait même pas étonné qu'il se mette à présenter la météo de la semaine. Et puis, quand je vous parle de mensonges, ce n'est pas une posture, c'est l'essence même de ce gouvernement, les mensonges. Tout ce qui a été annoncé hier, rendez-vous en compte, est en pleine contradiction avec le programme politique d'Emmanuel Macron lui-même en 2017.
En 2017, Emmanuel Macron nous jurait de ne pas toucher à l'âge de départ à la retraite. Et là, voilà qu'il nous la propose dans le débat après avoir tenté en plus de l'imposer de force. En 2017, il parlait de ramener par exemple le nucléaire à 50%. Et voilà qu'il nous annonce la création de nouveaux EPR dans le pays. Emmanuel Macron arrive à se trahir lui-même. Emmanuel Macron, c'est César et Brutus à la fois. En conclusion, je m'arrête là parce que je suis un peu long. Il y a un nombre d'attaques sociales qui sont contenues dans ces annonces qui sont, à mon sens, d'une rare violence. Je le dis aux gens, n'ayez absolument pas honte jamais de vous mobiliser pour votre dignité.
La culpabilité qu'on essaye de faire reposer sur les épaules des gens qui se mobilisent, c'est le moteur numéro 1 de l'inaction en général. On se regarde et on se dit mais je ne suis pas un peu privilégié par rapport aux autres. Et à chaque fois, on regarde un peu en bas en se disant mais il y a pire que moi, il y a pire que moi, il y a pire que moi, il y a pire que moi. Ne vous laissez pas faire. C'est la seule chose que j'ai à dire.
Merci David Guirault. Alors tu as parlé des attaques sociales. On aurait pu aussi parler des attaques à notre intelligence, à notre capacité de raisonner, dire que l'économie crée des emplois comme jamais alors qu'on traverse toujours une crise sanitaire qui a poussé des entrepreneurs à devoir renoncer à leur activité, les restaurants à fermer leur commerce, les boutiques également, des personnes mises en chômage technique. C'est vraiment ce que tu disais obscène, indécent.
Oui parce qu'en plus, en fait, il dit que... On avait déjà fait une chronique mais la croissance augmente mais elle augmente par rapport à l'année dernière. Donc l'année dernière, en fait, on a perdu tellement de points de PIB que ça augmente. Bah oui, c'est un rattrapage en fait. Les stores étaient fermés des magasins, ils ont ouvert. Ça fait des points de croissance mais sur la vie des gens, ça ne change pas grand-chose.
Oui, bon ben, alors j'ai envie de dire qu'on va recevoir Gemil pour une chronique peut-être un peu moins... un peu moins triste mais non en fait, pas du tout. Non, mais ça c'est déprimant là. Je vais m'en aller
sous vos yeux, regarde,
je m'en mets comme un prince. Ouais, non, pas de magnéto, même pas en faisant live. Je vous laisse tranquille.
Merci David.
Non mais, bon, la transition, tu nous offres quand même une belle transition finalement David puisque tu nous as longuement parlé d'Emmanuel Macron, on parle de Mark Zuckerberg qui ont pas mal de points communs, n'est-ce pas ?
Oui, bah déjà, déjà bonjour à toi. Bonjour David au fond là-bas mais quand même et puis bonjour à celles des astuces qui nous regardent en replay peut-être ou en direct maintenant. Voilà, alors moi, je vais vous raconter une histoire. C'est l'histoire d'un homme, d'un homme blanc, bourgeois, plutôt jeune qui aime le pouvoir et les start-up mais pas vraiment les assemblées ni la justice. Il préfère décider de tout, tout seul et faire le show devant les caméras sans contradicteur pour décrire et nous imposer son projet. Pas de suspense ? Qui est-ce ?
Et non,
ça pourrait être le cas tellement ils ont le trait en commun mais il s'agit comme tu l'as dit de Mark Zuckerberg, le patron, gourou aussi lui, de Facebook, le plus important des réseaux sociaux, le troisième site internet le plus visité du monde après Google et YouTube pour ceux qui ne le savaient pas. Alors, si j'ai décidé de vous parler de Mark plutôt que de Manu alors que ce dernier est revenu encore une fois à nouveau Mirsabil hier en solo à la télé, c'est parce que le premier est lui aussi au cœur de l'actualité. Et aussi, il est bien plus puissant que le second dont on aura l'occasion de parler mille fois d'ici à 2022.
Alors, il y a 16 ans, naissait Facebook de l'autre côté de l'Atlantique et nous étions encore très loin de nous imaginer le monstre qu'il deviendrait. Si gros qu'il viendrait à jouer un rôle majeur dans l'organisation politique du monde et même une menace pour notre démocratie, les démocraties du monde. C'est Frances Haugen qui en parle le mieux que vous voyez à l'écran. Cet ingénieur ex-cadre chez Facebook, il luttait là-bas contre la désinformation liée à la politique depuis 2019.
Alors, deux ans plus tard, n'ayant pas réussi à résoudre le problème, la voici a changé radicalement de stratégie en faisant fuiter des milliers de documents internes à Facebook à destination des autorités publiques et des journalistes du monde entier. Elle accuse Mark Zuckerberg, donc son ex-patron, de, je cite, « trahir la démocratie pour protéger ses revenus ». En ayant notamment choisi, souvenez-vous, de désactiver après l'élection présidentielle états-unienne les dispositifs permettant de lutter contre la désinformation et la haine en ligne. Regardez.
Nous vivons dans un environnement où les informations sont pleines de contenus qui suscitent la colère, la haine, la division, cela diminue le civisme. Cela diminue notre foi en les autres, cela diminue notre capacité à vouloir prendre soin des autres. La version de Facebook qui existe aujourd'hui déchire nos sociétés et provoque des violences ethniques à travers le monde.
Petite relance.
J'étais tellement hallucinée par ce que je venais d'entendre. Quels sont les effets concrets sur la société d'Emile ?
C'est d'abord la jeunesse et les minorités qui en payent le prix fort. Dépression, cyberharcèlement, isolement, suicide, ce n'est pas réjouissant, la chronique n'est pas forcément plus drôle. Mais la victime la plus large reste la démocratie. Le réseau Facebook, conçu pour être aussi addictif qu'une drogue comme la cigarette, se révèle, alors peu regardant sur le contenu, les contenus qui sont partagés, est devenu un nid à complot, une machine à haine, au même titre que d'autres médias, tu me diras, en ligne comme à la télévision, qui caresse tous le même objectif, sacro-saint, le profit financier. C'est beaucoup pire que Twitter, tu crois ?
Ça peut, ça peut, pire ou moins pire en tout cas, ça se vaut quelque part. Ils nourrissent tous le buzz et les ressentiments, ils incitent les utilisateurs et les utilisatrices à passer davantage de temps devant les écrans, devant les plateformes pour s'y exprimer, ce qui augmente les recettes publicitaires des dix médias et leur pouvoir, peu après la fuite des milliers de documents internats à Facebook, c'est tout l'Empire Zuckerberg qui a cessé d'émettre pendant près de six heures le 4 octobre dernier. Une panne géante, historique, comme un signal d'une dérive d'un quasi-monopole.
Alors mais comment illustres-tu ce quasi-monopole et en quoi est-ce problématique ?
Eh bien tout simplement car Facebook, alors la loi du capitalisme prédateur faisant, n'a cessé de racheter des tas d'autres entreprises influentes comme Instagram pour un milliard en 2012, WhatsApp pour 20%, 22 milliards, qui dit plus en 2015 ou encore Oculus, une société qui crée de la réalité virtuelle, on y reviendra juste après, pour une broutille, 2 milliards de dollars en 2014. Une telle concentration d'outils régissant tant de secteurs socio-économiques et donc politiques dans les mains d'un seul homme, eh bien ne semble à la même personne.
Marc occupe un rôle très particulier dans l'industrie de la tech, il détient plus de 55% de toutes les actions avec droit de vote chez Facebook. Il n'y a pas d'entreprise aussi puissante qui soit contrôlée de manière aussi unilatérale. Au final, la responsabilité revient à Marc et il ne rend de compte à personne.
Marc Zuckerberg aurait été russe, chinois, musulman ou chef d'un parti ou d'un gouvernement dit communiste ou socialiste que le monde libre serait devant debout pour dénoncer et combattre à raison une situation dangereuse. Mais c'est un ami américain, tout va bien. Au lendemain de la panne géante de début octobre, Frances Haugen déclarait que, je cite, « Pendant cinq heures, Facebook n'a pas pu être utilisé pour creuser les divisions, déstabiliser les démocraties et rendre les jeunes filles et jeunes femmes mal dans leur peau. » Fin de la citation. La lanceuse d'alerte enchaîne depuis alors plusieurs semaines les plateaux télé et les auditions parlementaires.
Elle a été entendue au Parlement européen ce lundi. Regardez plutôt.
Facebook choisit chaque jour le profit plutôt que la sécurité. Ce réseau a joué de sa capacité à masquer son comportement réel en laissant notre sécurité se dégrader à un niveau inacceptable. Devant elle, des dizaines de députés européens. Ils comptent sur son témoignage pour donner un coup d'accélérateur au projet de régulation des géants du numérique. Cette loi doit être forte et son application ferme. Sinon, nous perdrons cette occasion unique de faire s'aligner l'avenir de la technologie avec celui de la démocratie. Elle a quand même beaucoup de courage.
J'imagine qu'elle doit recevoir pas mal de menaces de mort.
Énormément, je pense. D'ailleurs, on va revenir déjà sur ce point. Le 5 octobre aussi, dernier, il y a quelques jours, elle s'exprimait notamment devant le congrès étatsunien. Regardez aussi.
« Je suis ici car je crois que les produits de Facebook nuisent aux enfants, attisent les divisions et affaiblissent notre démocratie. Ils savent comment être plus sûrs, mais ils ne feront pas les changements nécessaires parce qu'ils font passer leurs profits astronomiques avant les gens. »
Une multinationale qui a parfaitement conscience de la notivité aiguë de ses activités mais qui ne fait rien pour y remédier, ça me dit quelque chose, je ne sais pas toi, mais ça me fait penser à Total qui savait elle aussi depuis les années 70 son impact mortel sur le climat et donc sur nos vies mais qui a préféré travailler à le cacher. Toujours le même refrain, leur profit avant nos vies et ça n'est plus possible. Alors Frances Haugen est attendue aujourd'hui, ce mercredi 10 novembre à l'Assemblée nationale française d'ici même à Paris. Son audition se fera juste avant l'examen de la proposition de loi destinée à améliorer la protection de l'enseur d'alerte en France.
Et quelle serait la solution pour faire face à cette menace qui grandit, Jamie ?
Eh bien Frances Haugen le dit elle-même, il suffit, il faudrait instaurer des lois contraignantes. Contraignantes, on insiste bien. C'est donc aux institutions étatiques, aux démocraties, aux élus, donc quelque part au peuple aussi, d'opérer le bras de fer. Mais à mes yeux, cela semble bien délicat de confier à ces mêmes élus cette mission qui... Je recommence, pardon. C'est bien délicat de confier cette mission aux mêmes élus qui ont justement permis l'émergence de ces superpuissances privées par idéologie anti-État.
Cette douce croyance aveugle où l'État social serait l'incarnation du mal et qu'au contraire, une société composée d'individus libres d'entreprendre serait la garantie d'une paix infinie. Alors on assiste pourtant là au cauchemar opposé depuis des années dans tous les secteurs où le plus gros rachète sans arrêt le plus petit, concentrant fortune et pouvoir. Alors je disais au début de cet édito que Mark Zuckerberg est plus puissant qu'Emmanuel Macron. Pourtant, le président français jouissant de la 5ème république est pourtant plus puissant dans son pays que ne l'est le président étatsunien dans le sien mais marque les bas tous à plein de couture.
Alors, à l'instar de Jeff Bezos, Bill Gates et autres Elon Musk, le patron de Facebook se rêve lui aussi leader d'une révolution à l'échelle de l'humanité façon Steve Jobs.
Aujourd'hui, nous allons parler du metaverse. Je veux partager ce que nous imaginons comme possible. Les expériences que vous aurez, la économie créative que nous allons construire et la technologie qui doit être inventée, ainsi que comment nous allons tous faire ça ensemble. En l'époque où j'ai commencé Facebook, c'était général des textes que nous avons mis en computers. La prochaine plateforme et medium sera encore plus immersive et un Internet où tu es dans l'experience, pas juste looking à ça. Et nous appelons ça le metaverse. Et vous allez pouvoir faire presque tout ce que vous pouvez imaginer.
S'il y a un ami et famille, travailler, apprendre, jouer, acheter, créer, ainsi que de nouvelles catégories qui ne s'intéressent pas à ce que nous pensons des computers ou des phones aujourd'hui. Hey, tu viens ? Oui, tu dois trouver quelque chose à te dire.
Alors cette annonce date du 28 octobre. Je vois que tu as été très inspirée.
Ah, ça fait vachement rêve.
Alors ça date d'il y a quelques jours mais elle n'est pas si nouvelle cette annonce puisque Facebook parlait déjà d'un projet similaire appelé Horizon qu'on avait abordé en vidéo sur ma chaîne en 2019, donc il y a deux ans. La vraie nouveauté ici, c'est le changement de nom du groupe Facebook par Meta qui en grec ancien veut dire au-delà. rassemblant alors toutes les activités de Zuckerberg venant clairement concurrencer son concurrent direct Alphabet, le nouveau nom depuis cinq ans maintenant du groupe Google qui planche lui aussi sur d'autres domaines qu'Internet comme la santé et l'intelligence artificielle. C'est réjouissant.
Avec ce projet de création d'un univers virtuel au-delà du réel, Mark Zuckerberg en fait ambitionne un véritable projet de société trans-étatique sur le long terme. Des mots complexes mais qui veut dire beaucoup de choses très précisément car l'avènement d'un réseau pareil où les frontières entre réel et virtuel seraient gommées pratiquement viendraient bouleverser tous les secteurs de la société sociaux comme économiques et donc politiques.
Donc c'est un sujet à prendre vraiment sérieux.
Oui tout à fait évidemment car des sommes colossales par milliards sont investies depuis des années et ne se limitent pas à Facebook puisque d'autres acteurs dans le monde sont dans la même course. Par exemple la Corée du Nord en Corée du Nord une coalition publique-privée a même été déjà réalisé pour créer leur propre métaverse local et éviter toute dépendance future aux acteurs étrangers pour ne pas dire états-uniens. En France aussi certains comme Jean-Michel Jarre appellent à une urgence je cite de faire un métaverse français. L'artiste y voit lui un enjeu de souveraineté culturelle. C'est pas bête.
Nous avons récemment tous vécu des bouleversements majeurs entendez bien dans notre vie personnelle comme professionnelle politique citoyenne avec l'avènement de l'internet simple. Imaginez alors les impacts incroyables que déclencheront ces métaverses qui grâce à des interfaces neuronales et à l'électromyographie c'est-à-dire des technologies sur lesquelles ils travaillent pour pouvoir jouer avec nos signaux électriques dans tout notre corps permettra à la technologie d'entrer en nous pour la première fois et tout ça sous surveillance et le contrôle bienveillant désintéressé bien évidemment de gouvernements ou de milliardaires comme Mark Zuckerberg.
Grand philanthrope.
Bien évidemment on les connaît bien. Il n'en faut du coup pas plus pour imaginer et penser à l'univers de Matrix ou encore au merveilleux film Le Congrès je préfère cette référence où l'héroïne Robin Wright qui joue son propre rôle d'actrice de cinéma se voit proposer d'être entièrement scanné de son physique jusqu'à ses émotions afin d'être virtuellement possédé par les studios de cinéma pour lesquels elle travaillait et ainsi c'est le deal profiter plus vite de sa retraite.
Mais quelques années plus tard dans ce film on découvre que cette technologie s'est démocratisée partout dans le monde où l'humanité s'est vautrée dans ce piège virtuel oubliant tout ce qui se faisait d'elle justement une humanité.
Cet endroit n'existe pas il ne s'agit que d'un fantasme Tu es super enfin on a dit la sûre évidemment Vous êtes la sixième aujourd'hui La sixième quoi ? La sixième Robin Wright Que choisissez-vous ? 2013 le film il est en retard là Marc ?
Tu vois il est en retard je vous conseille vraiment de voir ce film moi quand je sortais du cinéma à cette époque j'étais complètement bouleversé c'est rare que les films mais celui-ci c'est le cas Bon la vie ce n'est pas un film hollywoodien avec un scénario écrit d'avance dans lequel on serait pour lequel on serait prisonnier on ne pourrait pas s'échapper non non au contraire l'histoire s'écrit chaque jour avec autant de petites mains que nous sommes d'individus voilà et que rien jamais ne se passe comme prévu ne l'oubliez pas collectivement nous pouvons être et nous devons être maîtres de notre destin et leur faire la nique d'ici là bonne journée quand même
Merci Demile bonne journée essaie de passer une bonne journée quand même avec tout ce lot d'informations qui sont très rassurants
mais il y a de l'espoir quand même
oui l'espoir une fois de plus tu parlais effectivement du pouvoir qu'on a entre les mains donc peut-être déjà moins consommer on parlait de moins consommer de la viande moins consommer les réseaux sociaux
par exemple il y a du pouvoir individuel je veux dire de moins consommer de la viande mais le fait que quand on s'additionne on devient un collectif et là ça devient politique bien plus prononcé et on peut écrire à la place de ces personnes de ces richissimes personnes l'histoire à leur place parce que ce projet là je tiens à préciser le projet de Metaverse on nous a consulté à quel moment en fait parce que c'est pas juste un gadget c'est pas un nouveau jeu vidéo c'est pas ça le projet c'est vraiment de faire un nouvel internet aujourd'hui internet n'est pas un gadget sans internet il n'y a plus de médias il n'y a plus d'informations il n'y a plus même d'économie des parentés d'économie d'Étienne sont détenus par internet donc avec ce projet là c'est un projet qui n'est pas démocratique qui est antidémocratique et ne serait-ce que ça c'est quelque chose qui devrait révolter tout le monde
moi je suis curieuse de savoir ce que vont donner les auditions de cette lanceuse d'alerte
oui aujourd'hui à l'Assemblée effectivement
on suit ça de très près on reviendra sur ce sujet parfait et bien merci cher Matineau de nous avoir suivis bien sûr vous retrouvez le replay de cette édition et de toutes les autres la chaîne YouTube également en podcast on le rappelait aussi en début d'émission de manière très subtile David Guirault l'a fait on a besoin de votre soutien on a besoin des likes on a besoin de vos dons pour vivre le média qui est un média indépendant et qui travaille également à plus d'inclusion et qui justement aussi tient à cette démocratie à ce process démocratique
et toi c'est un coup exactement on vient de dire tout à l'heure que c'est des milliards qui sont investis pour créer un truc qu'on ne contrôlerait pas alors il ne nous faut pas des milliards nous quoique si vous en avez allez-y
Bertrand est à côté ne dissuette pas les gens à donner des milliards
tout ça coûte tout ça coûte voilà
donc tout sur vous vous trouverez donc le lien vers la cagnotte en description de la vidéo alors demain est un jour férié nous avons choisi aussi de prendre une petite pause ici au Média et donc vous retrouverez vous me retrouverez moi j'allais dire Théophile mais non moi vendredi à l'animation de cette matinale en compagnie de Jemil et bien voilà le rendez-vous est donné vendredi reposez-vous comme vous le pouvez pour ceux qui travaillent il y en a qui travaillent quand même le jeudi bon courage à vous merci de nous suivre et à très bientôt et à très bientôt
David Guiraud