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interviewFrançois Ruffin· 9 janvier 2026 3 min

De la joie au travail ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Maintenant, le seul moment où on vient nous voir, c'est pour mettre des sanctions, des mises à pied quand on fait une faute. Nicolas, on est devant le site Arcelor montater dans Loise et on vient de passer une grosse heure avec les salariés à l'intérieur de la boutique. Toi, tes grands-parents, ils bossaient déjà ici.

C'est ça. Mes grands-parents, ma grand-mère et mon grand-père travaillait ici. Ma grand-mère était femme de ménage ici.

Mon grand-père travaillit à la minoire. dans la discussion qu'il y a eu. Alors, il y a une discussion sur le nombre d'emplois puisqu'on est passé de 1600 emplois quand tu es rentré à maintenant 500 emplois mais surtout des bâtiments qui sont un peu laissés à l'abandon sans entretien.

Il y a une phrase, il y a un moment où j'ai demandé mais qu'est-ce qu'il y a comme joie ? Parce que moi je considère que le travail ça doit être fait de difficulté, de fierté, mais on doit aussi éprouver de la joie au travail. Et le gars disait "Bah moi la joie, je l'éprouve maintenant quand je sors et que je pousse le corniquer." Alors que avant on avait la joie d'être en équipe et de pouvoir faire son métier.

Bah ouais. Bah, on a vu que le le moral a largement baissé depuis quelques années. Donc le site a a diminué de moitié.

Ce gars avec qui avec qui vous avez parlé tout à l'heure, il a subi ça. Il a subi ça. Il a vu le site réduire, il a vu sa ligne fermer et puis ces dernières années, on voit bah on voit les outils les outils qui se dégradent, qui fatiguent.

On voit des bâtiments comment qui sont fatigués aussi. Chaque jour de pluie, on regarde on regarde la pluie dans les bâtiments, on voit nos comment nos productions qui sont qui sont abîmées par la pluie, donc les clients pas forcément contents. On a des gens qui essayent de faire leur boulot, qui travaillent nuit et jour ici he le weekend, les jours fériers et c'est pas c'est pas forcément simple tous les jours.

Puis il y a il y a même il y a les salaires puisque un gars raconé quand je suis rentré en 89 en fait en mettant les primes tout bout à bout, j'étais à trois fois le SMIC. Maintenant comparé avec le plus jeune qui est rentré là, il est rentré à 1,4 fois le SMIC. Donc c'est quasiment deux fois moins.

Même des trucs, c'est l'informatique où les salariés pensaient que ça allait être un allié, que ça allait les aider dans leur travail. En fin de compte, comme on a supprimé les secrétaires, ils se retrouvent à faire de plus en plus de tâches de secrétariat, à remplir des cases et tout ça. Les les gens qui a qui on un métier précis par exemple comme la maintenance avait à cœur de faire leur métier, donc électricien, mécanicien et aujourd'hui se retrouvent à faire de la saisie informatique derrière faire un travail plus administratif voire même de comptabilité.

Donc euh il s il s'y retrouvent plus et à force il se déconnecte euh des outils. Avant, il disait euh quand on avait terminé notre boulot euh le cadre il nous a c'est bien, tu as bien bossé. Maintenant le seul moment où on vient nous voir c'est pour mettre des sanctions, des mises à pied quand on fait une faute.

Pour le site, on a on a une personne qui qui gère les RH alors qu'avant on avait on avait un service complet et on avait au moins 6 ou h personnes qui qui géraient les RH. C'était c'était un service complet. Donc ça veut dire aussi des décisions qui de plus en plus sont prises par le siège de loin par des gens qui connaissent pas la situation.

Exactement. Décon déconnecté de des besoins du site lui-même, donc des directives. Et ça c'est valable pour les RH comme pour tout le reste de du fonctionnement de l'usine.

Écoute, d'abord on a un train qu'il faut pas rater et ensuite moi j'ai pris plein de pages de notes donc je vais faire un petit papier à partir de ça. Mais merci beaucoup pour pour le temps que vous nous avez consacré. Yeah.