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interviewÉlysée· 8 juin 2026 20 min

Prise de parole du Président Emmanuel Macron depuis l'usine de Goodyear à Amiens.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Emmanuel Macron

avec l'industrialisation, l'upgrade de l'équipement, l'upgrade de l'technologie, donc notre plant ici en France et Amiens peut compter avec le reste du monde. Et c'est été un transition, unlike les autres, à Goodyear. La plant était en train de marcher pendant la transformation. Et vraiment ce qui m'intéresse, c'est que nous avons les solutions digitales pour l'équipement, le plus de l'équipement, donc nous pouvons compter avec les produits premiums en Europe et au monde. Donc, encore une fois, nous remercions à vous, nous remercions l'administration pour nous aider avec cette industrialisation.

Et c'est vraiment à faire que Amiens continue à être un bon benchmark sur Goodyear pour nous, et pour nous être un leader sur l'Europe avec Goodyear des produits de Goodyear. Et ce n'aurait pas été possible sans vous et le soutien local. Donc, merci. Here goes the French. I apologize up front, right? So, je voudrais remercier l'équipe de Goodyear pour le travail et l'engagement, ainsi que le représentant public, de voir, puis l'attempe, de joie, à nous. Sorry. Merci. Merci le Président.

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Présentateur

Mesdames, thank you. Merci pour le français. Merci pour vos mots, monsieur le direct. Thank you, dear Mark. Thank you very much. Je salue nos parlementaires qui sont là, Madame la vice-présidente du Conseil régional, Madame la présidente du Conseil départemental, Monsieur le maire, mesdames et messieurs, à vos grades et qualités. Je salue nos préfets, évidemment, et je suis très heureux d'être parmi vous. Je voulais vous dire quelques mots pour, au fond, saluer et accompagner tout le travail qui est fait ici sur ce site et puis essayer d'expliquer ce qu'on est en train de faire pour réindustrialiser le pays et, en particulier, évidemment, la Somme et la Miennoie.

D'abord, en m'adressant à vous, moi, étant un enfant de la région, je sais aussi d'où on vient. J'ai vu beaucoup de jeunes qui viennent d'arriver ou sont en alternance, sont là depuis quelques années. J'ai vu aussi beaucoup de collaboratrices, collaborateurs qui sont là depuis 30, 35 ans dans l'entreprise. Et on sait qu'il y a eu des périodes difficiles, il y a une douzaine d'années, sur le site d'Amiénor aussi, des moments qui ont été très durs. Et je pense aussi à tous les collègues qui ont eu à subir les plans sociaux et je pense aussi à toutes les difficultés qu'on connaît dans notre industrie européenne et française.

Néanmoins, pourquoi on se retrouve là et qu'est-ce qui fait qu'on peut regarder devant et que sur ce site, vraiment, où on est, avec les réinvestissements qui sont faits, on peut regarder avec confiance et vigilance, mais aller de l'avant et vous pouvez être fiers. C'est parce que, ici même, on est en train d'investir, vous êtes en train d'investir et on est en train d'accompagner une transformation, une modernisation de l'outil industriel qui est le vôtre et de le faire pour pouvoir être pleinement compétitif, relever les défis d'aujourd'hui et de demain, continuer à produire et le faire dans la compétition internationale, et de le faire aussi dans des meilleures conditions de travail.

Je m'explique. Depuis, en fait, la sortie de Covid, et ce choix s'est fait en 2021-2022, Goudière a décidé de réinvestir sur ce site environ 160 millions d'euros, je parle sous votre contrôle, un collectif, pour justement digitaliser, robotiser, améliorer les choses. J'ai vu les premières machines déployées, et le gouvernement français s'est engagé à côté en investissant 45 millions d'euros, dans le cadre de ce qu'on appelle France 2030, vous en avez peut-être entendu parler, pour justement aider à moderniser l'outil de travail. Et l'objectif, c'est quoi ? C'est d'améliorer vos conditions de travail, c'est de permettre de produire plus, c'est là où vous avez cadence d'environ 135 000 jours.

Le but, c'est de passer à 150 000, et donc d'être plus productif grâce à cette modernisation, et de pouvoir tenir la compétition internationale. Et donc le choix qui est d'abord fait par le groupe et par le gouvernement français, c'est un choix de confiance dans le site d'Amiens et de confiance dans les technologies de demain pour réussir cette transformation. Et c'est comme à chaque fois dans une aventure industrielle, le mariage de plusieurs volontés. Et c'est aussi pour ça que je suis là, pour vous remercier et vous dire ma gratitude.

Il n'y a pas de réinvestissement qui est fait si l'entreprise ne croit pas dans les femmes et les hommes qui la font, et donc la qualité du travail qui est fait ici. Et donc personne n'aurait réinvesti ici si les femmes et les hommes qui font vivre ce site, qui le font tourner, n'étaient pas à la hauteur. Donc merci à vous, que vous avez déclenché cette confiance par votre travail de chaque jour. Et je veux aussi vous remercier, parce que je sais que par les accords qui ont été trouvés à travers le dialogue social, et en particulier l'accord sur les 5-8 qui a été conclu, vous accompagnez aussi d'efforts qui sont faits, d'organisation du temps de travail, tout ce choix. Donc merci à vous.

Deuxièmement, merci évidemment au groupe, à l'actionnaire, à l'entreprise, parce que vous faites confiance dans le site d'Amiens, dans la France, et vous investissez ici. Et donc merci pour tout le travail qui est fait. Je veux remercier aussi les élus qui sont là, l'ensemble des collectivités locales, la ville, la métropole, le département, la région, et évidemment à leur côté, les services de l'Etat, parce que c'est un accompagnement de chaque jour durant toutes ces dernières années, sur tout ce qui fait la vie d'une entreprise sur un site, la qualité de vie des collaboratrices des collaborateurs, les éléments de logistique.

Et là, comme je l'ai dit, on a mis 45 millions d'euros avec France 2030 pour accompagner cet effort. Et puis je veux remercier tous les partenaires. Tout ça vous montre une chose, c'est que la réindustrialisation est possible, parce qu'avec cet effort collectif, on croit dans l'avenir, où vous réorganisez le temps de travail et l'entreprise, où Goudieur investit, où on investit à leur côté, non seulement on maintient les un peu plus de 800 emplois du site, mais ça permet de réembaucher 120 collaboratrices et collaborateurs. Et donc là, il y a le travail, avec France Travail qui est lancé, pour les identifier et permettre de les recruter.

Et donc ce qui va permettre de continuer à augmenter les équipes du site et à faire qu'on va créer 120 emplois industriels sur ce site d'Amiens. Et ça, c'est formidable. Tout ça, j'essaie de l'expliquer, cette histoire, elle n'est pas écrite d'avance. Et donc c'est vraiment le fruit d'un investissement collectif, d'un engagement collectif dont on doit se féliciter. Mais c'est pour montrer qu'il n'y a pas de fatalité. Et tout ça, on le retrouve d'ailleurs dans les chiffres. Quand on regarde la Miennois, ces huit, neuf dernières années, on a fait baisser le chômage d'un peu plus de trois points. On a réaugmenté l'emploi industriel, en particulier en sortie de Covid.

Et pour la première fois depuis une quinzaine d'années, on a créé plus de sites industriels ou maintenu plus de sites industriels qu'on en a détruit. Ça ne veut pas dire que c'est simple. Partout, on l'évoquait avec les élus, il y a des sites qui sont en difficulté et on se bat. Mais on reconquiert, on redémarre. Mais ça ne se fait pas tout seul. C'est les réformes qu'on a faites, c'est votre engagement de chaque jour, c'est le fait qu'on arrive à convaincre des groupes industriels d'être là, même dans des périodes difficiles, et qu'on se retrousse les manches pour y aller. Maintenant, quand je regarde devant, qu'est-ce qu'on doit faire pour continuer de réussir ensemble ?

Et réussir cette bataille de la réindustrialisation à Amiens, dans les environs et au-delà en France. C'est un ensemble qu'on retrouve au fond, à la fois quand on parle de Goodyear, quand on parle de Rolizin, vous en avez peut-être entendu parler, de ce site industriel où on fait les acides aminés dans la Miennois, là aussi, qui est menacé, ou quand on veut se défendre sur les data centers. A chaque fois, c'est la même recette. Un, on doit réformer et être compétitif. C'est ce qu'on a fait en France ces dernières années. On l'a fait, ça parfois n'a pas toujours été simple, je m'en souviens assez bien. Ce formidable investissement, on va avoir un des plus grands data centers d'Europe.

On a attiré les japonais de Softbank, parce qu'on a été les plus rapides d'Europe. On a été vite. Et c'est un gigawatt, justement, de centre de données, donc de production de calcul, qui va permettre de moderniser notre économie qu'on va faire au Bosquel. Et ça, c'est pas abstrait, hein, parce que cette intelligence artificielle qu'on remet, c'est celle qu'on utilise sur des sites comme celui de Goodyear pour moderniser notre industrie. Quand vous entendez parler d'intelligence artificielle, c'est aussi l'intelligence artificielle. Donc réformer, simplifier, aller vite. Deuxièmement, c'est investir.

Ce qu'on fait depuis la sortie du Covid avec France 2030, après France Relance, ce qu'on veut faire au niveau européen et ce que les entreprises doivent faire, c'est ce qu'a fait Goodyear. Et puis, troisièmement, c'est protéger. Et c'est pas un gros mot. Et je le dis parce que votre secteur est touché comme d'autres, c'est qu'on est face à une compétition internationale qui ne respecte pas les règles du jeu. Quand on parle des pneumatiques, on a aujourd'hui une concurrence chinoise qui est très forte. Alors, parfois, elle existe parce que les Chinois ont beaucoup investi, sont modernisés, ont robotisé. Ben là, très bien. On doit être à la hauteur. C'est ce qu'on fait ici.

C'est ce qu'on fait dans tous les sites où on peut. Ça, on va pas débattre. On doit être compétitif, robotisé, produire. Mais il y a une concurrence qu'on n'accepte pas, c'est la concurrence déloyale. On doit jouer avec les mêmes règles du jeu. Et donc, quand vos concurrents chinois font beaucoup trop de subventions ou vendent à perte sur le marché, ou sont à des niveaux de prix qui sont pas possibles, pour la production, les règles du jeu sont faussées. On va pas se mettre à jouer avec une équipe à 13 sur le terrain et l'autre à 11. On est d'accord. Sinon, c'est plus le même championnat. C'est ce qui se passe aujourd'hui. Et donc, face à ça, on se bat au niveau européen.

On l'a fait déjà il y a quelques années sur les véhicules électriques, vous l'avez peut-être vu. On l'a fait sur l'acier. On est en train de le faire sur les pneumatiques et on a le résultat des premières enquêtes européennes pour mettre des mesures de protection. Et pour dire là, quand on a des concurrents qu'on a identifiés qui sursubventionnent leurs entreprises, on va leur mettre des tarifs. Mais on va faire qu'on rééquilibre les règles du jeu. Et donc ça, ça va avec. Je vous le dis parce que ces investissements ne vont pas régler tout le sujet.

Il faut qu'à côté, on protège notre industrie européenne, qu'on protège Goodyear et sa production parce que vous êtes soumis à une concurrence déloyale et qu'on a des concurrents aujourd'hui qui, malgré tout ça, vont continuer à vendre ce qui serait une vente à perte pour vous, pour nous, et ce qui n'est pas possible. Et donc là, on demande à l'Europe de sévir, de mettre en place ce qu'on appelle des clauses de sauvegarde, des tarifs. Et on se bat aussi pour avoir une préférence européenne. Et ça, c'est important que vous l'ayez en tête parce que c'est le combat qu'on mène depuis plusieurs années et il est clé en particulier dans l'automobile.

Ça veut dire que dans chaque voiture produite en Europe, on veut un minimum de pourcentage produit sur le sol européen. Les Chinois le font. Les Américains le font sur leur marché. Nous, en Europe, on est les seuls à ne pas l'avoir fait. Et ça, c'est de la naïveté. Et donc, pour défendre justement les pneus qui sont faits à Amiens, les batteries électriques qui sont faits à Douai, les composantes qu'on fait dans la région, on doit définir un pourcentage, une préférence européenne, un contenu européen. Et ça, c'est des réformes qu'on est en train de pousser au niveau européen quand on se bagarre quand je vais à Bruxelles.

Et c'est une vraie transformation parce que c'est ça qui rendra l'Europe compétitive. C'est pas du protectionnisme, c'est de la juste protection. On continue à être ouvert au monde, mais on dit on est ouvert avec les mêmes règles. Donc voilà la bataille qu'on est en train de conduire. Et ce qu'on est en train de faire au niveau des pneumatiques, c'est exactement la même chose. Je parlais d'Eurolysine qu'on fait sur les acides aminés pour l'alimentation animale. Eurolysine, qui est une belle entreprise de la région, qui est bousculée, on va investir. Il va y avoir une augmentation de capital d'environ 70 millions d'euros. On va monter au capital avec le groupe Avril. L'Etat sera là.

Et donc on va monter parce qu'on fait confiance et qu'on veut défendre la souveraineté alimentaire. Puis en même temps, on va se battre pour dire la concurrence déloyale sur les acides aminés quand elle vient de la Chine et qu'elle est sursubventionnée. On met des tarifs, on met des clauses de sauvegarde. Voilà ce que je voulais vous dire. Mais au fond, ce qui est en train de se jouer ici est pour moi une parfaite illustration de la bataille pour la réindustrialisation partout en France. On tient mieux que beaucoup de nos collègues parce qu'on a réinvesti plus tôt, parce qu'aussi on a souffert, nous, il y a 15-20 ans, plus que d'autres.

Mais ces dernières années, on remonte tout doucement la pente. Pas assez vite, à mon goût, parce qu'on a aussi du vent en face. On a eu la guerre en Ukraine, l'inflation importée. Maintenant, on a la guerre au Proche et Moyen-Orient qui nous fait monter les prix, qui pèsent aussi sur votre pouvoir d'achat, qui pèsent sur la compétitivité des entreprises. Mais malgré tout ça, on continue à créer de l'emploi industriel. Malgré tout ça, on arrive à écrire des pages comme celle qu'on écrit aujourd'hui avec Goudière, là où beaucoup de nos voisins ferment tout simplement des usines dans votre secteur. Donc on va tenir, plus que tenir, on va continuer d'avancer.

Mais moi, je voulais essayer de vous expliquer tout ça ce matin, mais surtout de vous dire que rien de cela n'est possible si l'effort n'est pas collectif et la confiance n'est pas collective. Et donc je finirai par là où on a commencé. Rien de tout ça n'est possible s'il n'y a pas des femmes et des hommes comme vous qui se battent pour bien faire comme vous l'avez fait toutes ces dernières années, qui passaient des accords comme vous l'avez fait pour les 5-8 et qui menaient ici aussi une production de qualité, qui arrivent à convaincre l'entreprise de réinvestir et le gouvernement d'être à vos côtés.

Comme vous, je crois dans l'industrie, je pense que c'est des métiers formidables qui créent de la valeur ajoutée, qui permettent ensuite à notre modèle social de tourner parce qu'on ne peut pas redistribuer si on ne crée pas de richesse. Et ce sont des métiers qui évoluent. Les plus anciens ici me disaient qu'ils ont vu quand même les conditions de travail s'améliorer.

Et la robotisation, la modernisation, l'intelligence artificielle et le robot dans l'usine, c'est ce qui permet aussi d'avoir des meilleures conditions, de féminiser les emplois industriels, mesdames, et d'améliorer aussi pour qu'il y ait moins de troubles musculo-squelettiques et des conditions de travail qui soient améliorées. Tout ça, au fond, c'est une histoire de progrès. Elle n'est pas écrite d'avance, mais c'est notre investissement collectif. Voilà. En tout cas, je suis très reconnaissant à vous, à Goudière, aux services de l'Etat, aux élus, à tous ceux qui ont permis cela.

Et nous, on va continuer de se battre pour que la page qu'on écrit aujourd'hui d'investissement, de confiance dans l'avenir, de réindustrialisation, continue de se faire, évidemment pour l'Amiénois, pour la Somme, qu'on aime tant. C'est évidemment aussi l'enfant du pays qui vous parle, mais pour tout le pays. Parce que la France a une formidable page de réindustrialisation à écrire. Mais on peut être fier de ce qui a été fait ces dernières semaines et ces derniers mois, qui est le fruit de travail de ces dernières années, mais des data centers, en passant par le pneumatique, de ce qu'on fait sur la robotique, etc., on continue d'avancer ensemble.

Et on va se battre pour avoir une Europe qui investit à nos côtés, qui protège mieux notre industrie et nos collaboratrices et nos collaborateurs, et qui nous permette en particulier de nous protéger contre la concurrence déloyale. Merci à toutes et tous, en tout cas pour votre accueil aujourd'hui. Merci pour tout le travail fait. Vive Goudiur, vive Amiens, vive la République et vive la France !