Réforme des retraites, grève, indemnité carburant et divisions au sein du parti Les Républicains... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Xavier Bertrand
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Xavier Bertrand. Bonjour. Il y a moins d'un an, vous meniez campagne derrière Valérie Pécresse, votre candidat à la présidentielle pour la retraite à 65 ans. Aujourd'hui, vous n'avez plus de mots assez durs pour dénoncer la réforme du gouvernement que vous trouvez, je cite, injuste et brutale. Qu'est-ce qui vous arrive ?
Est-ce qu'il faut une réforme des retraites ? Oui. Est-ce qu'il faut travailler plus longtemps ? Oui. Dans toutes les interviews que j'ai pu faire, j'ai toujours dit qu'il faudrait aller jusqu'à 64 ans, deux ans de plus. Mais qu'il fallait aussi de la justice. Pour ceux qui sont abîmés par leur carrière, par leur métier, et celles et ceux qui ont commencé à travailler plus tôt. Or, aujourd'hui, on a une réforme qui est terriblement comptable, et la justice, elle est quasiment inexistante. D'ailleurs, les Français ne s'y trompent pas.
Enquête après enquête, je pense que parce que le gouvernement est passé à côté de la pédagogie nécessaire, ils reconnaissent qu'une réforme est nécessaire, mais qu'il n'y a pas la justice au rendez-vous.
Donc c'est la durée de cotisation pour vous qu'il faut davantage encadrer ? Il faut fixer un maximum ? C'est 44 ans dans le texte du gouvernement ? Non.
Madame Born, ici, sur ce plateau, quand elle vient vous voir juste à la rentrée, dit « Non, non, on n'ira pas au-delà de 43 ans ». C'était faux. C'était faux. Et d'ailleurs, aujourd'hui, pour moi, il y a trois conditions pour rendre cette réforme plus acceptable, plus juste qu'elle ne l'est aujourd'hui. La première des choses, c'est que si vous avez eu 43 années de cotisation, vous devez partir à taux plein, sans aucune décote. Peu importe l'âge. Peu importe l'âge. Si vous avez fait 43 années de cotisation, vous devez pouvoir partir. C'est une question de justice. Parce qu'aujourd'hui, les sacrifiés sont ceux qui ont commencé à travailler entre 18 et 20 ans.
Et qui ne rentrent pas dans le dispositif des carrières longues. Qui ne rentrent pas dans le dispositif. Qui est devenu le dispositif des carrières longues terriblement compliqué. Pourquoi ? C'est quand même pour réduire le flou du robinet. Il ne faut pas se raconter d'histoire. Donc, aujourd'hui, pour moi, c'est que vous avez fait 43 ans de cotisation. Vous devez pouvoir partir à la retraite à taux plein. Juste un point pour bien expliquer. Nous parlons de ceux qui ont commencé à travailler entre 18 et 20 ans. Ils n'ont pas fait d'études supérieures. Ce ne sont pas forcément ceux qui sont le mieux payés. Et à ceux-là, on va dire, ah mais toi, tu vas faire un an de plus que les autres.
Elle est où la justice ? Donc, pour moi, c'est la première condition. Obligatoire. La deuxième, les régimes spéciaux.
Alors, attendez, on va quand même vous poser des questions. Parce que vous n'avez pas déroulé comme ça.
Je voulais vous présenter les trois conditions. Pour que cette réforme soit acceptable à mes yeux. Et aux yeux de nombreux français.
Alors, si on continue sur les régimes spéciaux. Dans cette réforme, le gouvernement veut les supprimer. Avec ce qu'on appelle la clause du grand-père. C'est-à-dire qu'elle ne sera appliquée, cette suppression, qu'à partir des nouveaux arrivants. Vous, vous êtes contre ça ?
Donc, ça veut dire qu'elle s'appliquera quand ? Dans 43 ans. Dans 43 ans, c'est-à-dire... C'est exactement ce qu'a fait Nicolas Sarkozy quand il a réformé les régimes spéciaux. Non, parce que les régimes spéciaux, et j'ai moi-même porté cette réforme, elle s'est appliquée tout de suite. Et elle avait permis de réaliser, sur toute la décennie, 4 milliards d'euros d'économies. Et nous avions eu nombre de jours de grève. L'époque, le service minimum n'existait pas.
Mais il y avait eu des contreparties, rappelez-vous, Xavier Bertrand.
Ah mais attendez, disons les choses... Qui est-ce qui parle de 4 milliards d'euros ? Ce n'est pas moi ce matin, c'est la Cour des Comptes, qui n'a jamais été clémente avec qui que ce soit. Jamais. La seule chose, c'est que si les gens partent plus tard à la retraite, il faut quand même comprendre que dans les entreprises publiques, on paye leur salaire pendant les années où ils ne sont pas à la retraite. Voilà exactement ce qui s'est passé sur les régimes spéciaux, 4 milliards d'euros d'économies sur la décennie. Les régimes spéciaux, aujourd'hui, ne peuvent pas s'éteindre dans 43 années au moins. Ce n'est pas possible.
Moi, ce que je souhaite, ça ne va pas se faire du jour au lendemain en un an, mais entre le faire tout de suite et dans 43 années, il y a un juste milieu. C'est ce que proposaient notamment les sénateurs, les républicains, autour de Bruno Retailleau, de dire qu'il faut qu'il y ait une convergence. Parce qu'autrement... C'est quoi la convergence ? Elle peut se faire sur 10 ans, elle peut se faire éventuellement sur un peu plus, mais certainement pas sur 43 années. Parce que la situation à laquelle nous allons arriver, elle est la suivante.
Un comptable à la RATP va partir à 59 ans, quand tout le monde va partir à 64 ans, et qu'une femme de ménage, j'en arrive à la troisième injustice profonde de cette réforme, qui n'a pas de carrière complète, va-elle partir à 67 ans ? 59 ans d'un côté dans les régimes spéciaux, 67 ans de l'autre, mais elle est où la justice ?
Mais vous dites quoi à un salarié de la RATP qui est actuellement salarié, qui n'est pas de nouvelles arrivant ? On va changer les règles du jeu entre-temps. En fait, ton régime spécial, tu n'en profiteras plus.
Mais attendez, et on fait comment aujourd'hui pour la réforme des retraites ? On impose bien à tout le monde des efforts, qui sont même perçus comme des sacrifices. La seule chose, c'est que la justice, c'est que ce soit, pour tout le monde, les mêmes règles qui s'appliquent. Les questions de pénibilité qui étaient connues à une certaine époque dans les régimes spéciaux, elles ne sont bien évidemment plus les mêmes. Et j'en arrive pour moi à la troisième condition. Après les 43 ans, pour plus de justice, après les régimes spéciaux, c'est la question principalement des femmes.
Aujourd'hui, une femme qui n'a pas tous ses trimestres, qui n'a pas eu une carrière complète, l'âge de départ à la retraite, c'est 67 ans. Ce n'est pas injuste, ça ?
C'est l'âge actuel, il ne va pas bouger.
Des carrières, oui, justement. C'est-à-dire qu'il y a une injustice profonde, ça ne va pas bouger, ce n'est pas grave. On regarde ailleurs. Pour ces femmes, qui sont souvent sur des emplois, comme le disait hier Laurent Berger, les emplois de seconde ligne sont souvent oubliés parce qu'on ne les rencontre pas souvent. Elles commencent à 5 heures le matin pour faire notamment le ménage dans des entreprises. Pour celles-là, je demande qu'elles puissent partir plus tôt. C'est-à-dire qu'on leur valide davantage de trimestres. Au-delà même des critères de maternité, les enfants qu'elles ont pu avoir. Plus tôt, c'est quel âge ? 65 ans. 65 ans, l'âge sans décote ?
Sans décote pour celles qui ont eu ces carrières complètement entrechoquées, fracturées, fractionnées. Et celles qui, aujourd'hui, quand elles entendent le décalage de 2 ans, se disent « de toute façon, pour moi, ça ne va pas changer, ça va toujours être 67 ans ». Ça, c'est une injustice profonde. Pour moi, cette réforme ne peut devenir acceptable que si ces 3 conditions pour plus de justice sont remplies.
Mais du coup, vous irez manifester après-demain ?
Non, je n'irai pas manifester.
Non, vous êtes contre la réforme, mais vous n'irez pas manifester avec ceux qui sont contre.
Parce que le rôle d'un responsable politique, c'est d'apporter des solutions, c'est de faire des propositions, des propositions qui sont tout à fait acceptables. Parce que vous voyez, ce que je mets sur la table aujourd'hui, ce n'est pas grand-chose pour le gouvernement, mais c'est énorme pour les millions de Français concernés.
Mais est-ce que vous comprenez, Xavier Bertrand ?
Ce n'est pas un effort qui est inaccessible.
Est-ce que vous comprenez et est-ce que vous soutenez ceux qui, après-demain, vont faire grève ou vont manifester ?
La grève est un droit reconnu par la Constitution, c'est vrai. Les abus du droit de grève ne le sont pas. Quand j'entends aujourd'hui sur votre antenne qu'il y a certains énergéticiens de la CGT, bien sûr, qui veulent couper le courant à des parlementaires, non mais dans quel monde on est là ? Pression, l'intimidation, non seulement c'est inacceptable, mais en plus c'est illégal. Et si de telles pratiques sont opérées, je demande au gouvernement de prendre les sanctions qui s'imposent et aux entreprises concernées de prendre les sanctions qui s'imposent. C'est-à-dire judiciaire, c'est le fond. La grève, oui. Les abus du droit de grève, non.
Xavier Bertrand, vous restez avec nous. Je vous ai coupé la parole. Salia, pardon.
J'avais une dernière question, mais je peux la poser après les titres.
Merci beaucoup. 8h40, le Fininfo, Marie-Maëlle, on poursuit juste après.
Ouverture du procès des Barjoles. Aujourd'hui, pour trois semaines, ce groupe, proche de l'extrême droite, soupçonné d'avoir voulu assassiner Emmanuel Macron en 2018. 13 personnes comparaissent à Paris pour association de malfaiteurs terroristes. La plainte pour complicité de crimes de guerre déposée contre Total Energy classée sans suite. Plusieurs ONG accusaient le géant pétrolier d'avoir permis la fabrication de carburant en Russie. Carburant ensuite utilisé par des avions pour faire la guerre en Ukraine. Près de 87 millions de voyageurs à Roissy-Charles-de-Gaulle et Orly.
L'année dernière, bonne nouvelle pour le groupe Aéroport de Paris, qui se rapproche un peu plus de sa fréquentation d'avant-crise. Les vols vers l'outre-mer, notamment, ont été très prisés. C'était une mesure portée par la fondation Brigitte Bardot. L'Assemblée nationale vote l'interdiction des colliers de dressage électrique pour les chiens et les chats. A la quasi-unanimité, 11 voix contre 5, celles de certains élus du Rassemblement national. France Info
Xavier Bertrand, vous disiez, juste avant les titres,
que quand l'État, vous ne voteriez pas la réforme des retraites du gouvernement, sauf que ce n'est pas du tout ce que dit le patron de votre parti, Éric Ciotti. Lui, il dit, on a topé avec le gouvernement, ok, on va la voter, cette réforme. Eh bien, on a une divergence.
On a une divergence, c'est très clair. Moi, je me bats pour plus de justice. Je crois profondément à la valeur travail, à ceux qui l'incarnent. Donc, je me bats aussi pour celles et ceux qui, incarnant le travail, ont le sentiment de vivre une injustice avec cette réforme.
Mais ça veut dire que vous allez mener une fronde en interne contre la décision de votre patron ?
Ce n'est pas une question de fronde en interne. Avec Nous France, mon mouvement politique, on a beaucoup travaillé cette question des retraites. Hier, j'étais encore à Paris à tenir une réunion publique. Ce n'est pas que des chiffres, une réforme des retraites. Ce sont des parcours de vie. Il n'y a pas deux parcours qui se ressemblent. Il n'y a pas deux carrières qui se ressemblent. Et si vous ne vous mettez pas à la place des personnes concernées à qui vous demandez des sacrifices, parce qu'un an de plus, c'est un an que vous allez passer à travailler ou ne passer pas avec vos proches pour vous.
Donc, il faut bien comprendre que quand on vous demande un maximum d'efforts, il faut un maximum de justice. Et une réforme des retraites, j'étais rapporteur du texte en 2003, qui n'était pas simple à l'époque en 2003, parce qu'on avait demandé au public de passer de 37 ans et demi à 40 ans comme le privé. C'était une question de justice. Ensuite, 41 ans, mais surtout à l'époque. Surtout à l'époque. On avait permis à celles et ceux qui avaient commencé à travailler très jeunes de pouvoir partir à la retraite avant 60 ans. Non, mais ça, vous le dites à Éric Ciotti ? Toujours cette question de justice.
Vous le dites à Éric Ciotti ?
Je l'ai dit à Olivier Marlex, qui je me suis entretenu, avec également Bruno Retailleau, pour leur expliquer ma position. Et j'ai aussi de nombreux députés, des Républicains, qui me disent, on n'avait pas vu les éléments dont tu parles, et donc qui sont aussi sur cette ligne d'apporter un maximum de justice. C'est quand même la dél de la droite populaire de défendre aussi celles et ceux qui ont commencé à travailler. Très jeunes, on parle des salariés, on parle des ouvriers, des employés, et puis il y a les artisans également qui ont besoin d'être défendus dans cette réforme.
Xavier Bertrand, combien de députés sont aujourd'hui sur la même ligne que vous, sachant qu'il y en a 62 chez les Républicains, et que s'il en manquait une vingtaine, le texte ne serait plus assuré de passer ?
Attendez, le texte, tel qu'est prévu la procédure parlementaire, risque, je le dis, le gouvernement va se servir de l'obstruction de la France Insoumise et du Front National, pour que ce texte à l'Assemblée Nationale ne fasse certainement pas l'objet d'un vote.
Vous pensez qu'ils vont dégainer 49-3 ?
Non, parce que vous avez une procédure, excusez-moi, on est encore dans un sujet plus technique encore que sur la question des répètes, c'est-à-dire que vous avez vingt jours, si au bout de vingt jours l'examen n'est pas terminé, il va directement au Sénat, il n'est pas voté à l'Assemblée Nationale, donc le gouvernement d'une certaine façon a prévu son coup. Sauf que derrière, il faut bien voir que dans l'opinion, dans toute la France, il y a aujourd'hui ce sentiment d'injustice qui se développe. Vous me parliez du mouvement de jeudi.
Ce mouvement de jeudi, il était d'une certaine façon inévitable, totalement prévisible, parce qu'à la fois le gouvernement n'a pas vraiment cherché à convaincre les syndicats, notamment les syndicats réformateurs, ce n'était pas son intention, et d'autre part, tout ce qui vient se cristalliser, c'est tout le reste. La crise de l'énergie, le pouvoir d'achat, l'inflation, la crise dans les services publics, notamment la santé, et c'est tout cela. Et d'ailleurs, très franchement, cette réforme est indispensable, je l'ai dit, je le répète. Et qu'il faut travailler plus longtemps, je le dis, je le répète.
Mais en revanche, en termes de timing, sincèrement, il y a quand même d'autres priorités à traiter dans notre pays.
Vous mettez dans la tête des électeurs, des républicains qui se disent, il y a un an, on a voté pour la réforme à 65 ans. Depuis des années, le Sénat et le patron du parti disent maintenant que c'est 64 ans. On a un Xavier Bertrand qui dit, 64 ans, ça ne va pas. Et on a même un Aurélien Pradié qui est sur une autre aile du parti qui dit, non, non, il faut 62, 63, 65 sur un sujet aussi majeur sur lequel vous avez eu des années pour plancher.
Marc Fauvel, attendez, soyons très précis sur ce que je dis. Deux ans de plus, il les faut pour sauver le système des retraites. Mais avec une durée de cotisation bloquée à 43 par au-delà. Non seulement pour les retraités d'aujourd'hui, mais aussi pour celles et ceux qui, quand ils entendent parler des retraites, n'y croient même pas. Les jeunes, parce que si vous ne gardez pas ce système par répartition, où ceux qui travaillent aujourd'hui financent les retraités d'aujourd'hui, on perd aussi un élément fondamental du pacte social français. Mais ça veut dire qu'il n'y a pas de ligne aujourd'hui dans votre parti ? Moi, je vous propose une ligne. Oui, mais vous n'êtes pas le patron.
Une ligne qui demande, effectivement, des efforts et de la justice au même niveau, les efforts et la justice. Et je le répète, Mme Borne, ici sur ce plateau, je l'avais écouté, je suis un auditeur de France Info, avait dit, on n'ira pas au-delà de 43 ans, la preuve que si pour certains, et c'est une injustice qu'il faut lever. Et elle avait dit, je suis prête à faire évoluer le texte. Eh bien, allons-y, qu'elle fasse évoluer ce texte pour plus de justice. Et dans ces conditions-là, je n'hésiterai pas à reconnaître que cette réforme est devenue acceptable. D'accord.
Pour dire les choses autrement, et après on passe à la suite, vous souhaitez très clairement que les députés, les républicains, ne votent pas cette réforme.
Qu'on obtienne, ce que je viens de vous demander, plus de justice, avec notamment ces trois conditions. Il y a derrière d'autres points. Sur l'emploi des seigneurs, le texte du gouvernement ne peut pas se résumer à un index, alors ça ressemble à quoi ? Il faut quand même qu'on encourage vraiment l'emploi des seigneurs, et pas dans les discours. Aujourd'hui, dans une entreprise, combien de salariés sont formés après 50 ans ? Et quand on n'est pas formés après 50 ans, ça veut dire qu'on n'a pas forcément envie de vous garder jusqu'au bout ? Est-ce qu'il ne faut pas mettre en place une surcote plus importante encore pour ceux qui prolongent leur activité ?
Et puis, arrivé à un certain âge, pourquoi on demande de continuer à cotiser plein pot, notamment pour la retraite, pour le chômage, alors que ça permettrait également d'abaisser le niveau des charges pour des salariés âgés ? Il y a des propositions qui sont plus concrètes et plus complètes que le seul index du gouvernement. Et puis, sur l'emploi des seigneurs, il faut aussi le reconnaître, ça n'est pas seulement le relèvement de l'âge légal qui va faire progresser le taux d'emploi des seigneurs, c'est aussi très clairement l'attitude des entreprises. La pénibilité, tout est flou. Tout est flou. Vous ne pouvez pas dire qu'il y a une visite à 45 ans et une autre à 61 ans.
C'est plus régulièrement que cela qu'il faut voir si on est toujours...
C'est une prévention, c'est ce que dit le gouvernement avant, il y a une prévention.
Oui, mais c'est le gouvernement qui d'ailleurs avait supprimé des critères de pénibilité, donc pour leur faire confiance, c'est quand même compliqué. Mais en revanche, il faut permettre à ceux qui sont usés par leur travail de ne pas attendre la visite de 61 ans. C'est bien souvent avant qu'on est cassé par le travail.
Xavier Bertrand, selon le cabinet spécialisé à LTERES, les défaillances d'entreprises ont bondi l'année dernière, plus de 42 000, c'est plus de 50% par rapport à 2021, et ça concerne près de 140 000 salariés. C'est chez vous qu'il y en a le plus, dans les Hauts-de-France. Est-ce que vous le voyez ça sur le terrain ?
Depuis le mois de juin, j'alerte le gouvernement sur cette situation, due notamment à l'époque à la fois à l'augmentation des matières premières, aussi des difficultés de recrutement et surtout l'explosion de l'énergie. Je ne suis pas le seul à le faire, parce qu'on travaille de manière très très étroite avec le monde économique, les artisans, le monde de l'agriculture, les chambres de commerce et d'industrie, et on les interpelle, on les interpelle, mais pour l'instant, sans vrai résultat.
Pourtant, le gouvernement a fini ses dispositifs pour aider les entreprises face à la crise de l'énergie. Vous ne voyez pas un léger mieux ? Vous ne voyez pas que ça résiste un peu mieux ?
Vous les avez regardés, les formulaires du gouvernement ? Je pense qu'il faut avoir fait VAC plus 15 pour pouvoir tout comprendre. D'ailleurs, je le lis très clairement, ils ont réagi, mais tard et très tardivement. Sur la question de l'énergie, il n'y a pas que les boulangers qui sont concernés. Il y a aussi tous les métiers de bouche, tous les artisans qui utilisent des machines, du matériel. Il y a aussi ces entreprises qui sont à plus de 10 salariés. Alors, à 11, on n'a pas le droit d'être aidé. Alors, je sais qu'aujourd'hui, l'heure n'est plus au quoi qu'il en coûte. Mais ce que je voudrais juste, c'est qu'on fasse un peu un raisonnement de bon sens.
Demain, avec le coût de l'énergie, vous allez avoir le résultat des entreprises, les bénéfices qui vont s'évanouir. Il n'y aura plus de rentrées d'impôts sur les sociétés comme aujourd'hui. L'augmentation du coût de l'énergie fait deux heureux, les énergéticiens et l'État, qui touchent la TVA sur le surcoût de l'énergie. Et si demain, l'entreprise disparaît, plus de rentrées sociales, plus de rentrées fiscales. Alors, ça vaut la peine d'aider vraiment. Je propose une mesure qui a été lancée par les artisans dans ma région, par Laurent Rigaud, le président de la Chambre des métiers. Trois tiers pour le surcoût d'énergie.
Un tiers pour l'entreprise, que d'ailleurs, dans ces conditions-là, la région pourrait aider, l'entreprise. Un tiers les énergéticiens et un tiers l'État. Pour nos boulangers, mais pas seulement pour nos boulangers.
Un mot sur l'aide au carburant, qui est en place depuis hier. Plus de 800 000 demandes faites par des Français. Ça peut concerner jusqu'à 10 millions de personnes. 100 euros pour les travailleurs qui utilisent beaucoup leurs voitures. Ça, c'est le bon dispositif. C'est du bon, quoi qu'il en coûte, ciblé. Et pourquoi ils oublient les classes moyennes ?
Est-ce que ça coûte trop cher ?
C'est la moitié des Français, la moitié des travailleurs.
10 millions de personnes.
Moi, je vais vous dire une chose. Dans la région des Hauts-de-France, depuis des années, nous mettons en place une aide au carburant pour ceux qui doivent prendre leur voiture pour aller travailler. Sauf que nous prenons deux SMIC sans les primes. C'est-à-dire qu'on prend en compte les classes moyennes. Là, c'est toujours le même.
Là, c'est jusqu'à 1300 euros.
1300 euros, c'est-à-dire que vous êtes à 1310, vous n'y avez pas droit. Et pourtant, vous utilisez votre voiture. Pour être précis, c'est 1314. Donc, 1310, vous n'y avez droit. D'accord. Merci de cette précision. Donc, à 1320, vous n'y avez pas droit. On la verse, y compris à quelqu'un qui gagne, par exemple, 2500 euros. Ah bah oui. Bah attendez, les classes moyennes, c'est toujours celles et ceux qui sont aujourd'hui à se dire, bon, bah les aides ne sont pas pour moi. Et je l'ai vu lors des rencontres, là, en ce début d'année. Les gens sont vent debout en disant, bah nous, on n'y a pas droit. Alors que c'est toujours la question des effets de seuil.
Moi-même, dans la région, je mets en place un effet de seuil. Mais je pense qu'il faut bien comprendre aujourd'hui que les classes moyennes n'en peuvent plus. Ce sont toujours celles à qui on pense pour les impôts, les taxes, les cotisations. Mais quand il s'agit d'être aidés, alors là, elles sont complètement oubliées. Dans ma région, je n'oublie pas les classes moyennes. Dans l'ADN de mon parcours politique, de Nous France, au mouvement, il y a justement ce combat pour les classes moyennes. J'arrêterai pas de les défendre.
Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, invité de France Info jusqu'à 9h. Le fil Info à 8h51. Voici Marie Maheu.
À Rouen, l'incendie dans un entrepôt de batterie au lithium est circonscrit. C'est ce que confirme ce matin sur France Info, le préfet de Normandie et de Seine-Maritime. Il n'y a pas non plus d'émanations dangereuses. À deux jours des mobilisations contre la réforme des retraites, la CGT du secteur de l'énergie envisage des coupures d'électricité ciblées contre les permanences des élus qui la soutiennent. Une pression et une intimidation intolérables pour Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France et invité du 8h30 France Info. Dans le Val-de-Marne, trois adolescents des mineurs placés en garde à vue après la mort d'un lycéen.
Hier, poignardé aux abords de son lycée, le procureur de Créteil évoque la piste d'un phénomène de bande entre quartiers rivaux. La tempête Gérard s'éloigne, mais une nouvelle baptisée Fienne arrive par le sud-ouest et la Corse. 17 départements en vigilance orange, dont les Hauts-de-Pyrénées, le Gers, les Landes et les Pyrénées-Atlantiques. Pour vent violent, 15 000 foyers étaient toujours privés d'électricité hier soir. France Info
Le 8h30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel Xavier Bertrand, pour faire face à la situation à l'hôpital, Emmanuel Macron annonce qu'il veut mettre fin à la tarification à l'acte à l'hôpital, c'est-à-dire qu'un prix est fixé pour chaque maladie et chaque soin apporté et une enveloppe correspondant à ce prix est versée chaque année à tous les hôpitaux. Vous étiez l'un des artisans de la mise en place de la tarification à l'acte en 2004, même si c'est votre prédécesseur, Philippe Dousteblasi, qui l'a créé. Emmanuel Macron veut donc l'arrêter aujourd'hui. Avec le recul, est-ce que vous considérez que c'était une erreur ?
Non, non. Parce que moi, je croyais à la tarification à l'acte, mais pas à 100% de l'activité de l'hôpital. Parce que l'hôpital, c'est une activité qui se fait 365 jours sur 365, qui accueille tout le monde et qui, en plus, participe à des activités de recherche pour les CHU. Donc, la tarification à l'acte, pour moi, n'était pas à 100%. Et quand j'étais ministre, j'avais mis en place, pardonnez-moi encore une fois, des techniques, ce qu'on appelait les MIGAC, les missions d'intérêt général et d'aide à la contractualisation. Donc, je n'ai pas été pour le 100% de tarification à l'activité.
Donc, ce qu'a dit le président de la République, c'est que normalement, on va revenir à un système qui ressemble plutôt à cela. Mais la priorité de l'hôpital, c'est quoi ? C'est déjà qu'on redonne du temps médical. Aujourd'hui, et qu'on rende à nouveau l'hôpital attractif. Et les Grenelles n'ont pas suffi. Mais on nous réglera le problème de l'hôpital, que si on n'oppose pas les hospitaliers aux libéraux, comme ça a été fait, notamment aussi, encore une fois, sur ce plateau, par Mme Borne. C'est l'ensemble des choses. C'est-à-dire qu'est-ce qu'elle a fait ?
Non, elle a dit que la grève des médecins généralistes était irresponsable en période de fête.
Ses propos étaient irresponsables. Parce que vous la souvenez, vous, la grève des médecins libéraux ? On n'oppose pas les uns aux autres. Mais en plus, leur grève...
Ceux qui réclament la consultation à 50 euros, c'est-à-dire le doux d'aujourd'hui.
Oui, mais vous savez pourquoi ? Ce n'est pas pour gagner deux fois plus. Parce qu'ils disent, avec ça, on va pouvoir embaucher... Voilà. Embaucher qui ? Des assistants, des assistantes, qui vont pouvoir les décharger de leurs tâches administratives. Voilà quelques mois, je vais dans un hôpital, et un médecin généraliste, un jeune, était venu travailler dans un hôpital de proximité. Donc, il n'y a pas tout à fait les mêmes contraintes. Il dit, aujourd'hui, je veux passer du temps pour soigner. J'ai fait des études pour soigner, pas pour remplir de la paperasse. La priorité, elle est là aujourd'hui. Avant même la question de la tarification. Sauf qu'on n'a absolument aucune certitude.
Je ferai des propositions dans quelques mois sur les questions de santé, parce qu'aujourd'hui, c'est la priorité des priorités. Et regardez aujourd'hui ce qui se passe également sur l'imprévision, notamment du gouvernement, en pharmacie. Les médicaments qu'on ne trouve pas. Mais attendez, on n'est quand même pas un pays de seconde zone. La France est un pays qui est leader en matière de santé.
Parce qu'ils sont fabriqués en Chine. Ce n'est pas seulement qu'ils sont fabriqués en Chine.
C'est qu'à force de demander des efforts qui sont aujourd'hui impossibles, nombre de fabricants, on en pense ce que l'on veut, vendent à d'autres pays. Hier, j'en parlais encore à une pharmacienne, vendent à l'Allemagne, à l'Angleterre, à l'Italie, avant de vendre à la France. Puisqu'au bout d'un moment, il faut savoir si on décide d'affecter des moyens à notre santé. Pour moi, la réponse est claire, c'est oui. Puisqu'on parle notamment des maux de crâne, la situation chez les Républicains.
Salia Mraklian.
Oui, qui est compliqué, puisque le nouveau patron de votre parti, Eric Ciotti, est en train de réfléchir à la direction des Républicains, qu'il souhaite mettre en place. Est-ce que vous lui avez fait part de votre envie de faire partie de cette direction ?
Non, je fais partie des Républicains, mais je n'ai pas l'intention de faire partie de la direction, d'occuper des postes à responsabilité chez les Républicains. Et moi, je me battrai pour qu'à l'intérieur des Républicains, ce soit un mouvement qui redevienne central, et certainement pas un mouvement qui devienne marginal. Vous ne repartirez plus du mouvement comme vous l'aviez fait ? Non, j'y suis, j'y reste. Ça, c'est définitif. Mais je ferai vivre aussi mes idées au travers de mon mouvement, Nous France.
C'est un mouvement où j'ai de nombreuses personnalités qui appartiennent pour certains aux Républicains d'autres pas, et avec lesquels j'entends faire vivre des propositions dans le débat d'idées, et pour pouvoir, dans les années qui viennent, être utile aux Français.
Dans les années qui viennent, c'est votre préoccupation, c'est aussi la préoccupation d'Éric Ciotti, qui a dit les choses clairement pendant sa campagne. Si j'accède à la présidence du parti, ce sera Laurent Wauquiez en 2027, le candidat naturel des Républicains. Vous êtes sur la même ligne que lui ?
C'est son choix, lui. Et il a gagné. Il a gagné le parti. Ce n'est pas le président du parti. Ce n'est pas tout à fait passé exactement comme il le pensait. Je pense qu'en plus, aujourd'hui, il ne leur est vraiment pas la question de la désignation du candidat à l'élection. Et je pense que pour tous les mouvements politiques, aujourd'hui, se remettre au travail, imaginer des solutions nouvelles, aider les Français, je pense que c'est ça la priorité.
Il y a une question d'incarnation quand même. Laurent Wauquiez, il peut être cet homme-là, celui qui va redonner espoir à la droite, et qui va la conduire à la victoire en 2027 ?
Écoutez, ça ne va pas être un scoop, et je vois avec votre sourire que vous savez bien que ce n'est pas mon candidat.
Votre candidat, c'est vous ?
Écoutez, on est aujourd'hui en 2023, début de l'année. Une année qui est très difficile. Les Français n'en peuvent plus, alors on ne va pas recommencer à rentrer dans les joutes de personnes et dans les combats de personnes. Déjà qu'en politique, je sais pertinemment, et je le mesure tous les jours, ce que les Français pensent des politiques. En pensant qu'on n'est pas capable de se mettre à leur place, de comprendre leur vie, de leur proposer des solutions, eh bien ça, ce message, je l'ai reçu depuis bien longtemps en étant élu à la tête de la région, et je ne dévierai pas de cette ligne. Qu'on soit utile, utile aux Français. Et ça, je peux vous dire que ça fait déjà une bonne journée.
Merci à vous, Xavier Bertrand. Merci de votre invitation.
Xavier Bertrand