MACRON EN GUERRE CONTRE LA DÉMOCRATIE
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qui est de ne pas laisser une forme d'inversion des valeurs s'installer et quand on croit en ce temps démocratique et républicain les meute ne l'emportent pas sur les représentants du peuple et la foule quelqu'un soit n'a pas de légitimité qui s'exprime souvent donc ça c'était mardi dans une grande réunion avec les élus du camp présidentiel les meute en un seul mot à mon avis ne l'emportent pas sur les représentants du peuple et la foule quelle qu'elle soit n'a pas de légitimité face au peuple qui s'exprime par ses représentants la foule n'a pas de légitimité Emmanuel Macron parle-t-il des manifestations non déclarées qui ont lieu dans différentes villes chaque soir depuis l'usage du 49.3 ou bien des grandes manifestations nationales qui ont eu lieu 9 journées de suite depuis le 19 janvier ou bien au sein de celle-ci quand ça a dégénéré en différents débordements dans son interview de mercredi il les oppose pour affirmer que les manifestations encadrées par les syndicats sont légitimes il y ait des manifestations organisées pour dire on est contre c'est légitime et je salue d'ailleurs l'esprit de responsabilité de l'ensemble des syndicats mais dans ce cas il devrait donner des suites à ce mode d'expression or si vous regardez du strict point de vue des résultats politiques le gouvernement ne fait pas de différence entre ces deux types de mobilisations et même mieux le mouvement des gilets jaunes avait presque montré que moins vos actions sont déclarées légitimes plus elles sont efficaces oui peut-être au fond de même que lorsqu'il dit j'assume bah il y a aucune conséquence de la même manière lorsqu'il dit vous êtes légitime et ben en fait il y a aucune conséquence cause toujours si bien qu'on finit par en déduire que cette façon de dire oui il y a des manifestations qui sont légitimes est une pure hypocrisie bon alors c'est pas la première fois qu'il a des sorties de ce genre je crois en la démocratie et la démocratie ne se fait pas dans la rue les Français ont voté donc je suis très serein être populaire ne m'intéresse pas mon pays doit avant tout être réformé là nous étions en 2017 lors de la mobilisation contre les ordonnances pour réformer le code du travail à vrai dire c'est une constante chez tout gouvernement confronté à une mobilisation sociale massive et à un conflit de légitimité de ce type ce sont toujours des variantes autour du ce n'est pas la rue qui gouverne du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin en 2003 c'est que la rue c'est une fraction du peuple ce qui dans la démocratie gouverne c'est le peuple et le peuple il est représenté à l'Assemblée nationale et au Sénat mais justement la rue ce n'est qu'une fraction du peuple ce n'est pas le peuple c'est-à-dire que la mobilisation sociale va être qualifiée de minorité d'un point de vue politique malgré le nombre colossal de manifestants réitérer 9 journée de suite malgré j'appuie unanime des syndicats et un soutien de l'opinion publique alors on fera remarquer que l'électorat de Macron est aussi minoritaire simplement dans l'urne à un moment ça a été la minorité la plus grande et ça va suffire néanmoins à ce que Macron se présente comme le représentant de la nation tout entière la démocratie représentative ne se tranche pas du tout dans la rue et elle n'est pas tranchée du tout par des foules même si ce terme qui a toujours été péjoratif peut continuer quelque chose de de positif nous empêatif encore une fois des des foules heureux ça existe des fous le festif ça existe il y a là un risque de laisser croire qu'il n'y a de légitimité que dans et par la procédure électorale or le mandat reçu s'il n'est pas impératif s'il laisse bien libre le président ou le député de ces délibérations et de ses décisions n'est pas pour autant un talisman qui immunise contre toute critique sinon autant supprimer directement tout espace public toute presse tous médias les tribune toute pétition puisque c'est dans cet espace public qu'on argumente pour essayer de déterminer l'intérêt général et on s'attend à ce qu'on puisse sinon convaincre au moins faire douter les dirigeants non selon l'historien et chercheurs en théorie politique Samuel Hayat les récentes déclarations du chef de l'État font peser trois menaces sur la démocratie d'abord il y a un risque de faire de la manifestation une simple foule irrationnelle et non un mode d'expression du peuple ensuite c'est risqué de réduire la démocratie au seul résultat de la procédure électorale enfin c'est nié un pan entier de la démocratie ce qu'on appelle la démocratie sociale qui organise l'expression du peuple entendu comme ensemble des travailleurs les représentants professionnels sont élus par des millions de Français ils expriment donc leurs intérêts le président a dit qu'il écoutait leur point de vue mais que c'était un point de vue parmi d'autres mais c'est précisément le point de vue de ceux qui sont les plus concernés par la réforme on voit donc mal en quoi leur légitimité serait largement inférieur à celle de décideurs politiques dont la base électorale est composée de retraités et des franges les plus aisées du salariat dans cette même perspective le professeur de droit constitutionnel Dominique Rousseau remarque qu'un autre droit a été reconnu par le préambule de la Constitution de 1946 celui des travailleurs de participer à la détermination collective des conditions de travail ainsi qu'à la gestion des entreprises ces droits disent la volonté des citoyens et les travailleurs d'être associés à la formation des normes de leur vie sociale et professionnelle de voir leurs expériences concrètes de vie prise en compte dans la formation des lois mais Jupiter préfère les mépriser en refusant par exemple de donner suite à la lettre de l'intersyndicale qui proposait d'engager de nouvelles discussions bon on a compris que le président et sa minorité présidentielle affirme la légitimité des représentants politiques pour pouvoir mieux dénigrer le mouvement social mais ajoutons un dernier point à cela de quelle représentant parle-t-il des députés ou bien de lui-même car il n'est pas tout à fait clair qu'il respecte la légitimité des parlementaires l'exécutif ne cesse de piétiner le rôle du Parlement de chercher sans arrêt à le contourner c'était déjà vrai lorsque il avait la majorité absolue mais ça l'est encore plus dans la séquence de la réforme des retraites la Constitution de la Cinquième République donne à l'exécutif une boîte à outils formidable au service de l'accélération ou de l'élimination du débat depuis le choix du véhicule législatif par 47,1 jusqu'au 49.3 final en passant par le vote bloqué au Sénat ou l'oublie que l'assemblée a rejeté l'article 2 en première lecture sur l'index au Seigneur personne sur ses bandes a le monopole pour parler au nom du peuple et j'ai bien conscience de l'état d'esprit de notre pays et ajoutons à cette espèce d'anti parlementarisme présidentiel les propos étranges qu'il a tenu à plusieurs reprises dans l'interview de mercredi le faire de manière très concrète avec les élus sur le terrain avec les services de l'État et tout ne passe pas par la loi et on passe trop par la loi dans notre République pour aussi changer les choses pour nos compatriotes de manière plus tangible c'est tout ne passe pas par la loi Macron semble vouloir préparer à un nouveau mode de gouvernement qui passerait moins par la loi et qui passerait plus par de l'administratif ou en fait on sait pas exactement de quoi il s'agirait 200 brigades de gendarmerie pas besoin de loi pour faire ça moi être ouverte partout sur le territoire il demande donc au tumulte social de respecter la légitimité supérieure du Parlement du pouvoir législatif mais il est le premier à s'asseoir dessus finalement des légitimer de manière plus ou moins ambiguë la manifestation voir la mettre en péril par la répression policière c'est se rapprocher d'une conception de plus en plus in libérale de la démocratie j'en avais parlé dans ce lanceur les dossiers on appelle démocratie il libérale des régimes politiques comme la Hongrie ou la Russie dont les dirigeants sont certes élus par le peuple mais où les contre-pouvoirs sont insuffisants ou inexistants l'État de droit y est faible de même que la liberté de la presse la liberté de s'associer et la liberté de manifester tout un tas d'institutions et de pratiques qui équilibrent le pouvoir issu des urnes et garantissent à la minorité de ne pas être écrasé de ne pas être maltraité oui peut-être l'entêtement autour de cette réforme finit donc par menacer les institutions et les équilibres démocratiques non inégal étonnant dans ces conditions de sentir que le mouvement social change de nature et qu'il pose de plus en plus la question des institutions et de la démocratie à la semaine prochaine
Emmanuel Macron