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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 29 septembre 2025 67 minContradictoireActualité / polémiqueBudget & impôtsInstitutions & électionsSolidarités & familleÉconomie & entreprises

Premier ministre : ceux qui s’y voient déjà… - C dans l’air - 30.08.2025

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:12OuverteRéponse partielle

    On est à 9 jours de la chute probable du gouvernement de F.Bayrou. Qui peut encore le sauver?

  • 2:00FerméeÉludée

    F.Bayrou peut-il encore sauver sa tête avec son pari du 8 septembre?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi le RN et le PS refusent-ils de voter la confiance à Bayrou?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Qui pour remplacer F.Bayrou à Matignon?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'un Premier ministre peut former une coalition aujourd'hui?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Qui est le plus premier-ministrable parmi les noms évoqués?

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

-Et maintenant Bion, ... - A.Casse: Bonsoir à tous.

Bienvenue dans "C dans l'air". On a vécu une drôle de semaine, avec un compte à rebours. On est à 9 jours de la chute probable du gouvernement de F.Bayrou.

Cela aiguise forcément les appétits. On le voit encore ce week-end, avec la rentrée politique des différents partis. Chacun affûte ses armes, son programme, et rêve de trouver celui ou celle qui incarnera l'après-Bayrou.

Certains appellent à bloquer le pays le 10 septembre prochain. "Premier ministre: ceux qui s'y voient déjà", c'est le titre de l'émission. Nous sommes avec O.Beaumont, chef adjoint du service politique au "Parisien".

S.Pierre-Brossolette, vous êtes éditorialiste au "Point". R.Garrat-Valcarcel, vous êtes également journaliste. "Le Point" titre avec ce sous-titre: "Le premier qui dit la vérité sera exécuté".

G.Slimane, vous êtes président de l'institut de sondage Odoxa. On va regarder ce que le président de la République a dit hier de la situation dans laquelle nous nous trouvons. "Ce n'est pas complètement fou, ce que propose F.Bayrou." Est-ce que F.Bayrou peut encore sauver sa tête? - O.Beaumont: Je ne pense pas.

Lui-même a bien compris qu'il n'arriverait pas à la sauver. Il est engagé dans une opération de communication tous azimuts auprès des Français pour essayer de faire passer un message, celui du martyr, celui qui aura essayé de tenir un discours de responsabilité face à des oppositions qui ne veulent pas les prendre par rapport à la situation budgétaire et financière du pays. C'est ce que pense F.Bayrou.

Il a tenté cette forme de coup de poker, qui nous a tout surpris, lorsqu'il a annoncé en conférence de presse en début de semaine qu'il engagerait la confiance du gouvernement devant la représentation parlementair le 8 septembre prochain. En faisant cette annonce, il pense que le RN et les socialistes ne la voteront peut-être pas. Finalement, l'effet boomerang et la surprise du chef se retournent contre lui.

C'est très étonnant, dans cette séquence, cette méconnaissance du fonctionnement politique et de la psychologie des personnalités. Il y a plusieurs enjeux qui vont venir, notamment les municipales ou les présidentielles. Particulièrement pour le RN ou les socialistes, qui ont beaucoup de bastions dans différentes villes, il y a une urgence à marquer leur différence vis-à-vis du gouvernement.

Ca ne peut pas passer par le terme de confiance. C'est un terme très engageant. - A.Casse: Vous dites que c'est raté.

On l'enterre depuis lundi. Y a-t-il une hypothèse où il peut encore y arriver? Un autre Olivier nous écrit. - S.Pierre-Brossolette: En théorie, le dernier mot de la phrase est juste.

Beaucoup de députés tiennent à leur place. Ils tiennent tellement à leur place qu'ils ne peuvent pas voter la confiance à F.Bayrou parce qu'ils pensent aux municipales, à la présidentielle et aux élections qui vont arriver.

C'est ce que F.Bayrou a mal évalué. Au départ, il a espéré que le RN lui donnerait un peu plus de temps avant de lui claquer la porte au nez.

Le pouce a été baissé très vite de la part de M.Le Pen, Par rapport à son ton d'avant l'été. Il y a eu un mauvais calcul et tout est arrivé très vite.

Le PS ne peut pas se permettre, dans l'état où il est, en tout cas dans l'idée d'O.Faure, de laisser le monopole de la gauche et de la défense des opprimés et des malheureux à LFI. Il faut ne pas passer de compromis avec F.Bayrou.

Ca, c'est pour la gauche. LFI est évidemment contre. Le PS joue un peu les toutous de LFI.

Le RN, de manière surprenante, a claqué la porte très vite. Il n'y a plus d'espace. "Ci-gît F.Bayrou." Dans la vie politique, et dans la vie en général, il y a toujours la petite part d'imprévu et de miracle. - A.Casse: Il ne devait pas être Premier ministre et il s'est auto-nommé à Matignon.

Il a quand même réussi un coup, au début. Est-ce qu'il ne va pas nous surprendre à la fin? - S.Pierre-Brossolette: Là, ça ne dépend pas de lui, mais d'une logique politique qui est à l'oeuvre.

Les socialistes sont très ennuyés. Une dissolution leur serait très défavorable. C'est vrai que c'est le premier pas vers une dissolution.

Je ne dis pas qu'elle arrivera tout de suite, mais si le Premier ministre suivant subit le même sort que F.Bayrou, il y aura des élections. C'est très ennuyeux pour le PS.

Je pense qu'ils reporteront leur réflexion avec le successeur de F.Bayrou, qui aura peut-être plus de chance d'y échapper pendant quelques mois. - A.Casse: On parlera tout à l'heure des probables successeurs de F.Bayrou.

Il est partout. C'est une tournée d'adieu interminable, peut-être. Il y a un rendez-vous très important demain: une grande interview sur toutes les chaînes d'info.

On pourra la voir dès 18h sur franceinfo. Que peut-il dégainer demain? - R.Garrat-Valcarcel: Je ne sais pas.

On n'est pas dans une dynamique de négociations. J'appuie ce que disait mon collègue. Il y a une vraie mécompréhension de comment fonctionne un système parlementaire chez F.Bayrou.

Il a inventé le vote de confiance où on négocie après. Ca ne fonctionne pas comme ça. Normalement, dans une démocratie, comme l'Espagne, on négocie des abstentions, des votes pour, pour essayer de passer le cap du vote de confiance.

Là, il demande la confiance et négocie après. Ca ne peut pas fonctionner comme ça. Il y a la question budgétaire, ce qu'il a présenté le 15 juillet, son alerte sur la dette, mais il se joue aussi autre chose pour lui.

Auprès des oppositions, il est déjà très décrédibilisé, pas que sur les questions de fond, mais également sur la forme. Des députés de gauche m'ont dit qu'ils se sentaient plus en sécurité avec S.Lecornu à Matignon qu'avec F.Bayrou.

Les socialistes ont négocié avec lui et l'ont trouvé extrêmement dilettante depuis 6 mois. L'affaire Bétharram a fait beaucoup de mal, à gauche, à F.Bayrou.

Fin juin, les socialistes disaient: "Il nous faudrait un autre Premier ministre pour qu'on puisse éventuellement avoir une négociation un peu sérieuse sur le budget." - A.Casse: Pour en revenir au RN et peut-être expliquer sa colère, quand F.Bayrou fait, mi-juillet, ses annonces sur le budget, M.Le Pen lui envoie une lettre.

Il n'y a jamais répondu. Il a répondu à G.Bouleau qu'en gros, c'était les vacances et que les oppositions n'étaient pas joignables.

Il est resté 6 semaines à Matignon cet été, qu'a-t-il fait? Rires. - O.Beaumont: Des vidéos. - G.Sliman: Mystère.

Il a beaucoup communiqué. - A.Casse: Est-ce qu'il préparait son coup? - G.Sliman: Je ne suis pas dans la tête des hommes politiques, mais j'ai un gros doute.

Cette situation est énorme. Il y a une hypothèse: "Je sais que je ne peux avoir que la défiance, que je vais quitter Matignon, et je prépare la statue du commandeur, de l'homme droit, juste, celui qui dit la vérité aux Français." Pas tellement pour gagner, mais pour espérer, dans 1, 3 ou 5 ans, redorer son blason du point de vue de l'opinion publique.

Ca s'est vu par le passé. On a vu des ex-Premiers ministres très impopulaires gagner cette profondeur et cette image dans l'opinion. Pour chiffrer les choses sur l'impossibilité dans laquelle se trouvent le RN et le PS de pouvoir dire oui...

Dans le sondage que nous avons publié hier pour "Le Figaro", on voyait que les trois quarts des Français, s'ils étaient députés, ne voteraient pas la confiance. Quand on regardait ce que nous disaient les électeurs par sympathie partisane, au RN, on est à plus de 70 % et au PS, à plus de 80 %, encore plus qu'à LFI. Comment voulez-vous, pour rebondir sur la question que vous posiez tout à l'heure, que ces partis politiques aillent à ce point contre leurs propres électeurs en disant: "Chiche, on te fait confiance, François"?

Ce n'est pas possible. - A.Casse: Qui pour prendre la suite à Matignon?

On vous emmène dans les coulisses de cette semaine politique. - Des syndicalistes massés face aux forces de l'ordre. - ON EST LA. - F.Bayrou a connu meilleur comité d'accueil pour l'inauguration d'une foire.

Un Premier ministre visiblement agacé. - F.Bayrou: Le bateau va couler.

Ca se comprend, c'est en français. - La dette publique, son cheval de bataille, toujours au coeur de la communication. - F.Bayrou: La dette, c'est l'esclavage des jeunes.

C'est eux sur lesquels on fait peser la légèreté ou la facilité des décisions qui ont été prises par les gouvernements successifs. - F.Bayrou occupe le terrain, tente de renverser la vapeur.

Ses jours à Matignon semblent comptés. Résumé d'une semaine sous haute tension pour le Premier ministre. Lundi, il prend tout le monde de court avec un pari risqué. - F.Bayrou: J'engagerai ce jour-là la responsabilité du gouvernement. - Le 8 septembre, les députés sont appelés à voter la confiance au gouvernement.

Hors de question, pour les oppositions, qui montent au créneau mardi sur les plateaux de télévision. - F.Bayrou tente une ultime manoeuvre, il rencontrera un ultime échec. - Il a choisi la fuite, l'esquive, la dérobade.

Il n'est pas dans l'action, mais dans la démission. - Mercredi, F.Bayrou, invité du JT de 20h, contre-attaque et blâme ses adversaires politiques. - Vous avez appelé les représentants des partis d'opposition, qui ne sont pas de votre parti, à venir vous voir à Matignon pour consultation.

Pourquoi ne l'avez-vous pas fait avant? - F.Bayrou: Ils étaient en vacances. - Réaction immédiate de M.Le Pen.

Jeudi, le Premier ministre vient chercher du réconfort auprès du Medef, l'un des rares soutiens pour son budget. - Je crains beaucoup pour la suite si rien n'est fait pour enrayer la spirale descendante. En France aussi, les décideurs politiques doivent dépasser leurs rivalités partisanes. - Comme un pied de nez, devant le même parterre de chefs d'entreprise, le même jour, LFI douche cet espoir. - Je terminerai par une petite plaisanterie: j'ai vu un sondage il y a quelques jours qui disait que 77 % des chefs d'entreprise étaient pour la démission du président de la République.

Ils ont moins un point commun avec LFI. - Vendredi, le président répond à LFI et écarte toute hypothèse de démission. - E.Macron: Le mandat qui m'a été confié par les Français et par personne d'autre est un mandat qui sera exercé jusqu'à son terme. - E.Macron réaffirme son soutien total à F.Bayrou alors que le PS lorgne déjà sur Matignon. - O.Faure: Je le dis, nous sommes prêts.

Acclamations. Nous sommes prêts à nous mettre au boulot pour redresser notre pays avec tous ceux qui le souhaitent, sur la base de notre projet et de notre méthode. - La rentrée s'annonce plus que mouvementée pour le gouvernement.

A la crise politique et au mouvement de blocage citoyen du 10 septembre s'ajoute désormais une nouvelle journée de mobilisation à l'appel de tous les syndicats le 18 septembre. - A.Casse: Olivier, sommes-nous dans la crise politique la plus grave de la Ve République? - O.Beaumont: De la Ve République je ne sais pas, mais on voit que les épisodes se suivent et se ressemblent.

Nous sommes dans une réplique sismique d'un tremblement de terre politique qu'on a connu en juin 2024 avec la dissolution annoncée par E.Macron le soir des élections européennes. Depuis sa réélection de 2022, il n'a plus de majorité absolue à l'Assemblée nationale.

Il n'est pas en capacité de faire adopter un budget. Sur différents textes de loi, c'est compliqué à chaque fois. Il y a la nécessité d'aller chercher des compromis.

On est dans une crise très forte, très puissante. On va sûrement échafauder différents scénarios qui pourraient se produire dans les semaines à venir, mais je ne vois pas comment, de toute façon, le pays pourrait s'en sortir avant une nouvelle élection présidentielle qui pourrait clarifier la situation. En juin 2022, les législatives n'ont pas clarifié le paysage politique.

Ca a même été encore plus flou qu'auparavant. - A.Casse: Vous êtes toujours très informé sur les coulisses.

Savez-vous à quel moment F.Bayrou s'est dit qu'il y allait et comment a réagi E.Macron? - O.Beaumont: Ils se sont parlé il y a une dizaine de jours au fort de Brégançon.

Très peu de membres du gouvernement étaient au courant de cette annonce faite lundi dernier en conférence de presse. Le discours du président de la République, on l'a vu dans ce micro tendu qu'il a accordé il y a 48 heures, c'est officiellement d'appeler les différents politiques à la responsabilité et à dire qu'il n'y a pas de vote gratuit. C'est ce que dit à nouveau S.Lecornu dans les colonnes du "Parisien" dans le journal de demain.

C'est la version officielle. Officieusement, E.Macron est à l'Elysée.

F.Bayrou a peu de chances de survie politique le 8 septembre. On commence à phosphorer sur qui pourrait être son successeur.

Je ne suis pas en train de vous dire qu'E.Macron a déjà une idée précise en tête, mais je sais ceux qu'il n'a pas envie de voir à Matignon. Il peut encore se passer beaucoup de choses. - A.Casse: Qui est-ce qu'il ne veut pas voir à Matignon? - O.Beaumont: Je ne crois pas que le président de la République cédera aux propositions du PS d'accorder un ministre issu de la gauche.

Encore moins de LFI. A ce stade, la dissolution n'est pas quelque chose qu'il envisage. Il veut maintenir un candidat du bloc central.

Sa nécessité pour lui est d'arrimer le parti LR avec lui et de trouver une personnalité idoine qui puisse garder cette formation politique avec eux et parler à une autre force politique majeure dans l'Hémicycle, le RN. - A.Casse: Qui pourrait remplacer F.Bayrou à Matignon?

C'est une question. - S.Pierre-Brossolette: Pour ce qui est d'E.Macron, je pense qu'il avait déjà condamné F.Bayrou depuis plusieurs mois, avant même les vacances.

Il disait à ses interlocuteurs: "A la rentrée, Bayrou, c'est fini." Il commençait déjà à y penser. - A.Casse: Peut-être pas aussi tôt. - S.Pierre-Brossolette: Il savait que c'était la fin.

La proposition que lui a faite Bayrou à Brégançon l'a plutôt arrangé. Ca a clarifié les choses assez vite. Par miracle, s'il gagnait son pari, tant mieux, et s'il s'en allait, tant mieux aussi.

Pour E.Macron, c'est plutôt une bonne affaire. Je pense qu'il va nommer quelqu'un comme S.Lecornu, qu'il voulait déjà nommer la dernière fois, ou G.Darmanin, qui en meurt d'envie et qui est un très bon politique.

Il faut quelqu'un de crédible dans sa capacité à négocier, à ouvrir les portes. Il faut dire qu'on peut voir en toute responsabilité ce qui peut être le plus petit dénominateur commun pour continuer la dissolution. Comment faire passer un budget?

Fait-on 70 jours en attendant que personne n'aille voter et on applique par ordonnances avec un accord tacite que personne ne mette de motion de censure? Ce n'est pas crédible. Ou est-ce qu'on trouve un accord pour que le PS s'abstienne?

Vu le programme que le PS vient de publier aujourd'hui, même s'il fait des concessions dessus, on part de si loin que je ne vois pas comment... - A.Casse: C'est 27 milliards d'économies avec des taxations sur les plus riches. - S.Pierre-Brossolette: La suppression des baisses de charges, la retraite à 62 ans...

Je ne vois pas comment un compromis est possible avec un parti de cette nature. Il y aura un tour de piste d'un prochain Premier ministre et il a de grandes chances d'échouer. - A.Casse: Je reste sur le "qui".

Qui pour remplacer F.Bayrou? S.Lecornu, qui s'est fait voler la place en décembre dernier par F.Bayrou?

C.Vautrin, qui a cru qu'elle serait Première ministre? B.Cazeneuve?

G.Darmanin? O.Faure, que vous éliminez?

P.Moscovici? M.Le Pen?

Y en a-t-il un parmi eux qui vous semble plus premier-ministrable que les autres? - R.Garrat-Valcarcel: Le plus probable, c'est que le prochain ou la prochaine Première ministre vienne de ce périmètre du socle commun, du bloc central, de l'ancienne majorité présidentielle.

La question du "qui" est peu pertinente. Ce serait la 3e itération d'un même gouvernement. Entre le gouvernement Barnier et le gouvernement Bayrou, on voit peu de différences.

Ils n'étaient pas soutenus par plus de groupes dans l'Hémicycle. Le plus probable, et les socialistes sentent que ça peut venir assez vite...

J'étais à Blois hier et avant-hier. Ils se retrouvent dans la même situation qu'en décembre ou janvier. Ils vont faire tomber F.Bayrou, à part si une guerre nucléaire se déclenche. - A.Casse: De la même façon qu'ils ont aidé F.Bayrou à tenir. - R.Garrat-Valcarcel: Il y a le risque qu'ils n'osent pas censurer à nouveau un nouveau gouvernement tout de suite.

Ils vont être acculés à la négociation avec un nouveau Premier ministre, une négociation où, déjà, la dernière fois, ils n'ont pas obtenu grand-chose. Les socialistes le voient venir gros comme une maison. Leurs députés sont plus remontés qu'en décembre.

J'attends de voir. Accepter un budget très difficile en décembre ou en janvier, c'est très compliqué. Mais ça paraît être le scénario le plus probable. - O.Beaumont: Les députés PS sont très remontés, mais ils n'envisagent pas une dissolution.

Ils savent que, dans les projections dont on entend parler ces dernières semaines et ces derniers jours, on sait que si les Français devaient retourner aux urnes, il y a fort à parier que le PS perdrait encore des plumes dans un certain nombre de circonscriptions. Je ne vois pas l'intérêt, pour eux. Il y a fort à parier que ce sera quelqu'un issu du bloc central, du bloc commun. - A.Casse: Croyez-vous au Premier ministre capable de former une coalition?

M.Barnier et F.Bayrou ont échoué. - O.Beaumont: C'étaient des profils différents.

Barnier a essayé de tordre le bras à E.Macron en s'imposant. Il a voulu donner sa chance à un ministre LR.

M.Barnier venait de très loin. Il avait un certain âge.

Il ne connaissait pas la vie politique, la brutalité du paysage politique du moment, en 2022. F.Bayrou, il tord le bras à E.Macron également en lui disant le 13 décembre au matin: "Si tu nommes S.Lecornu, j'annonce que le MoDem quitte l'alliance majoritaire parlementaire." S.Lecornu dit qu'il n'est candidat à rien et qu'il est très bien aux Armées, mais en coulisses, il s'active, il passe des coups de fil à un certain nom de sénateurs, qui reçoivent des appels de lui.

Il a aussi des connexions... - A.Casse: Il appelle le RN? - O.Beaumont: Je ne sais pas, mais il a rencontré M.Le Pen ces derniers mois plusieurs fois.

Ils ont de bonnes relations. Il y a des désaccords idéologiques de fond, mais S.Lecornu arrive à discuter avec le RN.

Il est issu des territoires. Il sait parler. Il connaît la France.

C'est un élu de l'Eure. Il a été président du département à 27 ans. Il adore la politique, la négociation. - A.Casse: Qu'est-ce qu'il a en plus de F.Bayrou?

Lui aussi, au début, on disait qu'il y arriverait, à part passer des coups au RN... - O.Beaumont: Gagner du temps.

Il faut tenir encore 6 mois. Après les municipales, la question du Premier ministre sera secondaire. Tout le monde sera déjà projeté sur l'étape de la présidentielle. - S.Pierre-Brossolette: On a prêté à tort des qualités de négociateur à F.Bayrou.

Il n'y a que lui qui se voyait en pacificateur. Il était déjà un peu un has-been. Il était rejeté.

Il avait une cote très basse pour commencer. C'était un Premier ministre impopulaire à la minute où il a été nommé et il n'a cessé de baisser. L'émetteur était cassé.

Le message ne pouvait pas passer. N'importe quel autre interlocuteur pour négocier avec d'autres forces politiques fera moins mal. Ce n'est pas le succès assuré, mais au moins, un jeune fringant qui a envie d'y aller et qui veut faire de la politique et passer un accord saura mieux s'y prendre que F.Bayrou, qui avait l'air un peu de croire que le miracle était arrivé parce qu'il était nommé, qu'il n'y avait plus besoin de ne rien faire et que le rêve était réalisé, qu'on ne se bougeait plus.

Dans les négociations avec le PS, le PS revenait sidéré. Ils arrivaient avec un budget en expliquant qu'il fallait négocier sur telle ligne et F.Bayrou disait: "Laissez tous ces chiffres, ça n'a aucun intérêt.

Une chose compte, voulez-vous que M.Le Pen arrive au pouvoir ou pas?" On ne négociait pas.

C'était un peu lunaire. - A.Casse: On examine toutes les hypothèses.

Il y en a encore une assez importante et peut-être probable, celle évoquée par T.Breton sur le plateau de "C dans l'air". - La dissolution, ça ne marche pas.

Dans la Ve République, il y a une 3e voie, la voie initiale. J'appelle le gouvernement et les responsables du premier parti à l'Assemblée nationale, le RN. Si cette option n'est pas utilisée, je ne vois pas d'autre issue. - A.Casse: C'est un propos assez rare dans le débat public. - G.Sliman: Pourtant, juste après la dissolution, de nombreuses enquêtes ont montré que ce qui irritait le plus les Français, c'était le sentiment du "cause toujours". "On nous a demandé de voter, on nous convoque pour voter à des législatives, on vote", avec un message compris comme étant: "On dit stop à E.Macron!" L'idée est de poursuivre avec les mêmes avec un gouvernement rétréci avec LR, qui était le parti qui avait quasiment le plus souffert de ces élections législatives, et avec Renaissance, la poursuite de la politique menée auparavant.

Il y avait une solution très simple, proposée par la gauche à l'époque et qui arrangeait, avec un peu de cynisme, E.Macron: nommer L.Castets.

La gauche s'était réunie et avait dit qu'il y avait cette personnalité. A la 1re motion de censure venue, au bout de 3 ou 4 semaines, elle ne pouvait pas rester à Matignon. Il y avait un petit délai.

Il y avait 3 semaines à "subir", si on se place du point de vue d'E.Macron, la présence d'un Premier ministre NFP. Ensuite, il avait le tapis rouge, E.Macron, pour dire: "J'ai choisi la 1re force politique au sens des groupes politiques, et ça n'a pas marché, donc je propose aux socialistes de faire un gouvernement de coalition avec des Renaissance et des LR." Aujourd'hui, cette hypothèse de gauche semble largement exclue.

On en revient aux propos de monsieur T.Breton. La 1re force politique aujourd'hui en France est le RN.

Quand on teste, dans le sondage évoqué hier pour "Le Figaro", les différents scénarios possibles, il y a un scénario qui ressort souvent dans les enquêtes: un profil non politique. Mais je me méfie beaucoup de ce résultat. Chacun se dit de son bord politique: "Au moins, ce n'est pas quelqu'un du bord d'en face", mais quand on met un nom, on a du rejet.

Quand on regarde les profils politiques, celui qui sort en numéro 1, c'est le RN avec plus de 40 % de Français qui disent: "Finalement, j'y serais favorable." 6 personnes sur 10 disent qu'elles ne veulent pas de ça, mais plus de 40 %, c'est mieux que les autres hypothèses. La 2de hypothèse en portrait chinois, ce serait plutôt B.Cazeneuve, une personnalité de gauche, mais hors NFP et alliance avec les insoumis.

Au fond du fond, vous avez l'idée de choisir quelqu'un qui serait issu de la Macronie. L'irritant pour l'opinion publique... - A.Casse: S.Lecornu? - G.Sliman: Les gens le connaissent très peu.

Son niveau de popularité est très faible. - A.Casse: Ca compte encore, aujourd'hui? - G.Sliman: Si vous vous tenez aux décisions d'E.Macron, non, ça n'a aucune importance, mais si on se dit qu'on a envie de pouvoir traiter avec des partis politiques, qui ont leurs électeurs...

Quand ils vont sur les marchés et qu'on parle des municipales, ils ne veulent pas se mettre à dos leurs électeurs. Le fait de faire des choix qui conviennent à la majorité, ce n'est pas plus mal. On évoquera le mouvement du 10 septembre, "Bloquons tout".

On a vécu ça avec les "gilets jaunes", le fait d'envoyer aux Français le message de "quoi que vous disiez, ça n'a aucune importance à mes yeux", ça peut vous exploser à la figure très vite. - A.Casse: Suivre l'opinion aujourd'hui, c'est nommer le RN à Matignon.

Question. - O.Beaumont: Ca ne fonctionne pas.

Si, demain, J.Bardella, puisque c'est lui qui est pressenti, est nommé, ça ne tient pas une semaine. Il y a une réalité parlementaire à l'Assemblée nationale.

Un Premier ministre RN est censuré la semaine d'après. Il est renversé. Et on repart dans un nouveau feuilleton politique. - A.Casse: Ne faut-il pas purger cette hypothèse, essayer de le faire et expliquer pourquoi ça ne marche pas? - O.Beaumont: C'est mécanique, une question d'arithmétique.

Le RN n'a pas de majorité absolue dans l'Hémicycle. L'addition des voix de LFI, du PS, d'une partie du bloc central, de Renaissance et de certains LR font que je ne vois pas comment, aujourd'hui, le RN puisse avoir le début d'une majorité et des grandes capacités de voter des lois. Je reviens sur ceux qu'on a connus.

La popularité, pour E.Macron, ça ne compte pas. J.Castex n'était pas connu.

E.Borne n'était pas connue non plus. La seule exception, c'est F.Bayrou.

Pour E.Macron, c'est une question secondaire. Malgré tout, ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain.

Ces gouvernements, depuis 2022, ont fait adopter un certain nombre de textes à l'Assemblée nationale. Ce sont des compromis. Dans n'importe quelle autre configuration politique, je ne suis pas sûr que ces textes auraient pu être adoptés.

Des rendez-vous majeurs étaient attendus, sur la vie chère en Nouvelle-Calédonie, sur la réforme du statut constitutionnel de la Corse, sur les JO...

Ca risque d'être balayé et reporté à une date inconnue, pour les semaines et mois à venir. Ces différents gouvernements, faits de bric et de broc, sont arrivés dans la configuration compliquée d'aujourd'hui à faire avancer quelques textes. - A.Casse: Quand on se penche sur l'après, et j'ai l'impression qu'il n'y a pas de portrait-robot de Premier ministre qui pourrait gouverner la France aujourd'hui... "20 minutes" s'amuse en disant aujourd'hui que seul T.Cruise pourrait nous sauver tellement la mission est impossible. - R.Garrat-Valcarcel: Elle est impossible car personne ne veut faire de compromis.

Quels compromis...

Ils font leurs propositions de budget et disent qu'il faut négocier. Mais sur quoi? Pas de réponse.

Quand vous demandez aux macronistes sur quoi ils seraient prêts à bouger, pas de réponse. Les positions sont extrêmement éloignées. Prenons un sujet simple, comme la question fiscale.

Les options des macronistes et des socialistes sont déjà très éloignées. Vous avez 3 blocs qui ne sont pas collés. Ils sont très éloignés politiquement.

C'est le sujet. - A.Casse: Vous faites le portrait d'une France bloquée aujourd'hui. - S.Pierre-Brossolette: C'est bloqué parce qu'il y a eu un résultat de la dissolution catastrophique.

S'il y avait de nouvelles élections, quelque chose se dégagerait parce que les Français ne voudraient pas revivre ce qu'ils viennent de vivre. On dit que ça risque de redonner la même chose. Mais une dynamique se fera en faveur ou en défaveur de l'un ou de l'autre. - A.Casse: C'est une majorité absolue, en cas de prochaine dissolution? - S.Pierre-Brossolette: On ne sait pas.

En tout cas, une majorité relative. - G.Sliman: On n'en sait rien. - S.Pierre-Brossolette: Ca ne peut pas être pire qu'aujourd'hui.

A la décharge de F.Bayrou, que j'ai quand même chargé précédemment, les postures étaient déjà acquises quand il a été nommé. Il a fait le forcing pour être nommé, mais les socialistes n'ont pas joué vraiment le jeu et n'étaient pas prêts à le jouer.

Personne ne l'était. Ils se sont donné une fois pour le budget. Le prétexte de l'échec du conclave, ça a été qu'ils s'étaient fait rouler.

Mais les socialistes savaient en entrant dans le conclave qu'il n'y aurait pas de solution et de retour à la retraite à 62 ans. Ils ont dit que F.Bayrou les avait roulés.

Mais ce sont des postures. C'est de la mauvaise foi. Ils veulent revenir à la retraite à 62 ans.

On voit la dette du pays au maximum, la France, sur les marchés au bord d'être déclassée, on paye plus cher que la Grèce et l'Italie, et on veut encore revenir à la retraite à 62 ans. C'est difficile. Il faut que les Français tranchent et donnent un quitus dans un sens ou dans l'autre. - A.Casse: C'est fort, ce que vous dites.

En gros, il ne faut pas perdre trop de temps à imaginer qui sera le Premier ministre. La solution, c'est la dissolution. Elle est encore exclue par E.Macron.

A quelles conditions? - G.Sliman: 54 % des Français privilégient aujourd'hui la solution d'une dissolution contre 44 % qui seraient favorables à la nomination d'un Premier ministre.

Ce n'est pas neutre. En juin, F.Bayrou était déjà très impopulaire.

E.Macron aussi. Quand on testait les questions de dissolution auprès du public, les Français disaient: "Stop, ça ne marche pas, on ne veut plus d'une dissolution." Entre-temps, il y a eu les annonces sur le budget et des irritants agités par F.Bayrou, comme la suppression des jours fériés. "Le Parisien" a publié un sondage qui disait que 8 Français sur 10 ne voulaient plus en entendre parler.

Est-ce que la dissolution donnerait un résultat moins mauvais que le résultat actuel? C'est possible. Il y a aussi un sujet important qu'on oublie, un sujet de méthode.

Quand vous êtes au pouvoir et que vous perdez une élection, vous dites: "J'ai perdu cette élection." Vous assumez une défaite et vous dites ensuite que ce n'est pas vous qui allez choisir le Premier ministre. Ce n'est pas la responsabilité du président.

Il doit seulement le nommer. "Je ne vais pas choisir, je vais attendre que l'Assemblée nationale se débrouille pour me proposer quelqu'un sur un pacte commun de mesures pour tenir jusqu'à la prochaine élection." C'était la chose à faire l'an dernier.

En théorie, ce serait encore possible. Si E.Macron disait: "Je me rends compte qu'on ne veut plus de la politique que je mène, il n'y a plus de ligne rouge ou jaune sur les retraites ou autres sujets, je laisse l'Assemblée nationale se débrouiller et proposer un ministre..." - A.Casse: Pour l'instant, E.Macron dit non.

A quelle condition pourrait-il changer d'avis? Est-ce que nommer un Premier ministre, encore un, et voir qu'il est encore bloqué, voir un mouvement social qui monte, avec le rendez-vous de la semaine prochaine, le 10 septembre, mis bout à bout, ça peut provoquer une dissolution? - O.Beaumont: Il y a cette précarité politique depuis 3 ans.

Ce n'est pas quelqu'un de calme. Il a déjà payé pour voir. Les raisons sont multiples.

Vous venez de les effleurer. Sous ce mouvement qu'on va évoquer, et dont on ne sait pas trop à quel point il va prendre corps et durer dans le temps, il y a l'incapacité à pouvoir faire passer à nouveau un budget pour la France. On n'a plus les moyens d'attendre.

On le disait déjà il y a quelques mois, mais je le pense encore plus aujourd'hui, avec la situation financière et budgétaire du pays. Les regards extérieurs, aussi, ça va compter énormément. Les agences de notation vont compter énormément.

Et bien sûr, le blocus politique qui fait qu'à un moment donné, acculé par ces différentes zones d'attaque, de fronts, E.Macron pourrait éventuellement se résoudre à sa dissolution. Ce ne sera pas un seul facteur qui le conduirait à le faire, mais l'agrégat de plusieurs raisons. - A.Casse: Quel est l'état d'esprit E.Macron? - O.Beaumont: Celui que je viens de vous dépeindre. - A.Casse: Il avait dit, à propos de la dissolution: "Ce n'est pas un échec, mais ça n'a pas marché." Est-ce qu'il en est encore traumatisé? - O.Beaumont: Pas du tout.

Il y a 6 mois, on nous expliquait, à nous les journalistes, que le pari de la dissolution était réussi aujourd'hui. On voit qu'on en revient au même scénario un an plus tard. C'est un président qui vit de toutes les crises depuis qu'il a été élu.

Ce soubresaut en est un de plus. - A.Casse: Qu'il a créé lui-même. - O.Beaumont: Il ne faut pas mésestimer la configuration géographique, l'enfermement du palais de l'Elysée.

Le président de la République est très occupé sur les chantiers internationaux. Ca reste son pré carré institutionnel majeur, encore plus aujourd'hui. Il a ses respirations, ses différents chantiers.

Il y a ça, mais il y a aussi la guerre à nos portes, les menaces douanières. - R.Garrat-Valcarcel: Je crois qu'il faut se mettre en tête que s'il y a une nouvelle dissolution, ce serait une dissolution différente de la précédente.

Vous utilisez le terme de pari. C'était une dissolution à froid. Ca ne marchait pas très bien à l'Assemblée nationale.

Il y avait eu une grosse défaite électorale. On ne peut pas dire que la dissolution était la seule solution à ce qui se passait. Là, ce serait une réponse à un blocage politique.

Ce serait très différent. Le résultat serait forcément différent. On a un mode de scrutin qui, avec 3 blocs compétitifs, est devenu une sorte de roulette russe.

Le mode de scrutin majoritaire avec 2 tours a beaucoup d'effets de seuil, ce qui fait que de petits déplacements de voix peuvent déplacer beaucoup de sièges. On voterait à la proportionnelle, les changements ne seraient pas forcément énormes. Là, c'est une boîte à surprises.

C'est pour ça que c'est aussi risqué. - A.Casse: Autre date à l'agenda explosif de cette rentrée: le 10 septembre, 2 jours après la chute probable de F.Bayrou.

Le mouvement "Bloquons tout" voit déjà les anciens réseaux des "gilets jaunes" se réactiver et les politiques tenter de s'en démêler. Une équipe de l'émission a suivi ce mouvement le week-end dernier. - Le mode d'ordre est devenu viral sur les réseaux sociaux. - Le 10 septembre, bloquons tout. - Sur Telegram, TikTok, les appels à la mobilisation le 10 septembre prochain se multiplient. - Il faut que le pays tout entier soit bloqué. - Je ne veux pas avoir à expliquer à ma fille qu'elle a pas ses 5 semaines de vacances parce que je n'ai pas bougé. - Grève, confinement volontaire ou manifestations, arrêt de la consommation, des modes d'actions multiples pour un mouvement nébuleux qui fédère des contestataires d'horizons divers.

A Besançon, c'est autour d'un groupe d'irréductibles "gilets jaunes" que la mobilisation se prépare. - ON EST LA, MEME SI MACRON NE VEUT PAS, NOUS, ON EST LA. - Le 10, c'est un moment à saisir pour se battre contre les mesures inacceptables du gouvernement.

On va encore faire travailler 2 jours supplémentaires les gens. - Dans le groupe, de nouveaux venus ont répondu à l'appel lancé sur les réseaux sociaux. - Macron, Bayrou et toute la bande sont au service des grands capitalistes. - Exactement.

Je ne me suis jamais mobilisée jusqu'à présent. Je sature des mensonges du gouvernement. On nous dit qu'on va faire passer des politiques austéritaires alors que ce sont toujours les mêmes qui payent.

On est une société bien développée. On pourrait avoir la justice sociale, des écosystèmes luxuriants, mais tout est mal dirigé. Les flux financiers sont toujours dirigés vers les mêmes.

Ce n'est plus possible. -211 milliards d'euros sont donnés aux grands patrons sans aucune contrepartie, sans étude d'impact. C'est scandaleux.

Il n'y a pas le rapport de force nécessaire. S'il y en a un, on pourra arriver à changer les choses. - Parmi les participants, Pierre, soutien de la gauche.

Il n'a toujours pas dirigé que le NFP n'ait pas eu la possibilité de créer un gouvernement après les législatives. - Si les résultats des élections ne sont pas respectés, c'est compliqué. On a un responsable politique qui se permet de dire qu'il n'y a pas de gagnant à une élection.

Ca pose quelques questions. - Mais comment est né ce mouvement? Tout serait parti d'un café associatif du Nord, présent en ligne sous le nom d'Essentiels.

Un compte mêlant idées souverainistes et complotistes. Antisystème, méfiant vis-à-vis des médias, il se rêve en porte-voix d'une France égarée par les politiques. *-Comment ces gens ont pu croire qu'ils allaient pouvoir, en toute impunité, voler la population?

Aujourd'hui, le pays, sa seule richesse, c'est la main et la tête de ses travailleurs. - Retour à Besançon, opération tractage pour les militants du rond-point. - E.Macron et son gouvernement illégitime sont corrompus... - La mobilisation interroge. - On ne sait pas qui est derrière. - Même si beaucoup se reconnaissent dans les revendications. - C'est l'augmentation des prix, le pouvoir d'achat, pour tout le monde.

Je pense qu'on est tous concernés. - Le pouvoir d'achat à nouveau moteur de la contestation. - Beaucoup travaillent, imaginez ceux qui ne travaillent pas.

Maintenant, en retraite... - On est en retraite depuis le covid.

On n'a pas été augmentés. - C'est une crainte de voir une forme de récupération politique pour cette mobilisation du 10? - On ne les laissera pas faire.

On ne se laissera pas récupérer. - Selon un sondage, deux tiers des Français disent soutenir la mobilisation. Un soutien qui ne vaut pas participation. - A.Casse: On reçoit beaucoup de questions sur ce mouvement, qui est encore difficile à appréhender. - G.Sliman: C'est une inquiétude.

C'est nébuleux. Les origines du mouvement datent du printemps dernier. Ca rebondit grâce à F.Bayrou et son budget, horripilant les Français.

Il y a un point commun avec les "gilets jaunes". Beaucoup de ces personnes, des gens qui sont dans ces mouvements, sont d'horizons très différents, proches du RN, pour les uns, de la gauche, pour les autres, apolitiques pour d'autres. On a même vu un t-shirt anarchiste sur une des personnes dans votre sujet.

Si ces gens devaient mener une politique ensemble, ils ne pourraient pas le faire parce qu'ils ne sont pas d'accord. Mais il y a une adhésion sur leurs désaccords. Ils ne sont pas d'accord avec la politique menée.

Ils ne sont pas d'accord avec la méthode ni le budget proposés par F.Bayrou. On retrouve le ferment des "gilets jaunes" avec un irritant.

Il y avait plein d'éléments qui permettaient de voir que le pays était très en colère, mais il a fallu la petite étincelle sur la taxe sur les carburants. Là, l'irritant, c'était le vote du budget, la suppression des jours de congé. Peut-être que ça enlèvera du carburant à ce mouvement que d'avoir un F.Bayrou qui quitte Matignon et d'être dans une situation politique où on n'a plus le budget que proposait F.Bayrou.

Il y a une 2e limite à ce mouvement pour qu'il prenne. 63 % des Français soutiennent ce mouvement, mais la difficulté qu'ils auront et que n'avaient pas les "gilets jaunes", c'est qu'ils avaient choisi une action politique visible qui était non violente au début. Il portaient des "gilets jaunes" et étaient présents sur des ronds-points et les gens les voyaient en passant en voiture.

Dans les mots d'ordre de ce mouvement, on est plutôt sur une action chacun chez soi. - A.Casse: Il y a l'idée de se réunir et de bloquer de façon silencieuse. - G.Sliman: Ils auraient raison.

Les "gilets jaunes", mi-novembre 2018, au moment où ça émerge, on a 74 % de Français qui les soutiennent. Un mois plus tard, on est passés à des mouvements violents et les Français ne les soutiennent plus autant. Les Français ne pouvaient pas accepter ça. - A.Casse: Qu'est-ce qui vous marque dans ces paroles de Français en colère? - S.Pierre-Brossolette: Ca reflète la colère qu'on connaît depuis des mois ou des années sur le niveau de vie, le pouvoir d'achat insuffisant, les fins de mois qui ne sont pas bouclées.

Il y a eu l'épisode du covid. Beaucoup de gens ont été indemnisés à la fin. Ca a mis le couvercle sur une situation qui était, avant le covid, considérée comme insatisfaisante.

Ca ressort à l'occasion de l'idée qu'il va falloir faire des efforts. Que ce soit le budget Bayrou ou le budget d'un autre, les Français ont compris qu'on va peut-être pouvoir faire payer les riches mais que ça ne suffira sans doute pas et que tout le monde devra faire un effort. Il y a une panique sur l'idée de "on va encore me prendre le peu que j'ai, j'ai déjà du mal, ils ne comprennent rien là-haut".

Malheureusement, la situation n'a jamais été aussi désagréable pour ces personnes qui ont l'impression d'avoir un niveau de vie qui a été rogné, alors qu'on sait que la situation n'a jamais été aussi mauvaise sur le plan macro-économique et budgétaire et qu'il va falloir couper quelque part. Cet effet de ciseaux fait que c'est dangereux. Il y a d'abord ce 1er mouvement du 10 septembre.

Comment ça va prendre? Est-ce que ça va faire pétard mouillé à cause de la chute de F.Bayrou? - A.Casse: La chute de F.Bayrou le lundi peut-elle atténuer ceci? - S.Pierre-Brossolette: Ou c'est le moment de montrer qu'on est là, qu'on est fort.

Les syndicats sont méfiants. Ils ont préféré mettre leur journée le 18 septembre que de soutenir à fond ce mouvement du 10, qui n'est pas totalement contrôlé et contrôlable. S'il y a des dérapages et des violences, ils ne veulent pas être trop caution de ce mouvement.

Il va y avoir un effet de rappel le 18 septembre. La situation sociale est mauvaise. Espérons qu'aucune violence ne se greffe sur le mouvement du 10.

Les mouvements ne seront pas encadrés. Même si les partis politiques et même les syndicats, du bout des lèvres, soutiennent de loin, ce ne sera pas encadré. C'est un peu dangereux. - A.Casse: Question. - O.Beaumont: Contre tout.

Il y a un ras-le-bol généralisé. On l'entend autour de nous, auprès de nos proches, nos familles, nos amis, les gens qu'on rencontre sur le terrain pendant nos reportages. On l'a même vu sur les plages.

J'ai été sidéré par une scène sur la côte atlantique avec un avion bimoteur, avec un drapeau "Macron, démission". Des amis en Méditerranée l'ont aussi vu passer. On est dans une époque où on a des gens qui financent un pilote et un avion pour alerter sur les plages, là où les Français veulent un peu décrocher et sortir de cette anxiété permanente qu'ils subissent toute l'année. - A.Casse: Encore faut-il avoir les moyens de couper.

Certains n'ont pas eu de vacances. - O.Beaumont: Certains qui en ont eu ont été rappelés à l'ordre par cet avion qui volait.

Ca fait plusieurs années que c'est un marronnier chez les journalistes, avec l'idée d'une tension sociale. Mais là, il y a un cocktail particulièrement explosif. Les Français en ont ras le bol de leur situation, de leur pouvoir d'achat, de la classe politique aussi.

Depuis le début de l'émission, on critique beaucoup, et à raison, cette majorité et l'attentisme de F.Bayrou depuis qu'il est à Matignon, mais les Français portent un regard assez sévère plus globalement sur la représentation politique et sur l'image de nos députés et de nos parlementaires qui n'est pas très glorieuse quand on voit les séances de questions au gouvernement. Ils vont peut-être envoyer un message.

Le 10 septembre, F.Bayrou ne sera peut-être plus à Matignon. - A.Casse: On est allés rencontrer une viticultrice en Champagne, déjà en difficulté à cause des taxes douanières décidées par D.Trump.

Elle s'inquiète fortement de l'instabilité politique dans laquelle nous sommes. - Dans le sud de la Champagne, au coeur de ces terres vallonnées et hachurées par les vignes, c'est le début des vendanges. - Il y a de beaux raisins ici. - Déjà la promesse d'une bonne récolte.

Pourtant, cette année, cette viticultrice s'apprête à réduire sa production pour anticiper une baisse des ventes à cause des taxes douanières imposées par les Etats-Unis. - Je déplore le fait que le commissaire européen jette l'éponge un peu vite pour défendre les vins européens. 15 % sur le vin, c'est grave.

En France, le secteur des vins et spiritueux, c'est le 2e secteur excédentaire en exportation, derrière l'aéronautique. - Un coup dur. Cette vigneronne exporte 10 % de ses bouteilles de l'autre côté de l'Atlantique.

Cette année, les difficultés s'accumulent. - Des contentieux... - Après un été difficile pour le tourisme, certains hôteliers et restaurateurs n'ont pas pu payer le champagne qu'elle leur a vendu. - Dans les zones touristiques du littoral du Sud, il y a eu beaucoup de touristes, mais ils n'ont pas consommé.

Tout est plein avec plein de bouchons, mais il n'y a personne dans les restaurants ni dans les bars à vin. Les gens n'ont pas consommé. - Le champagne face à un trou d'air.

Pour cette productrice indépendante, le sentiment d'être abandonnée. - On crée des emplois, une économie locale et non délocalisable. Si notre secteur est en difficulté ou s'il disparaît, c'est tout cet écosystème économique qui disparaît.

C'est aussi, plus largement, la vie en ruralité en France. - Ce domaine familial a déjà traversé son lot de crises. Philippe, le père qui a fondé l'entreprise, n'est pas optimiste, la faute à l'instabilité politique qui paralyse le pays, selon lui. - A moins d'un miracle, je ne crois pas qu'on va vers du bon.

C'est ingouvernable et ça va le rester, peu importe le Premier ministre, à moins qu'ils sortent quelqu'un qui fasse l'unanimité de tous les côtés. - Une situation qui fait écho à d'autres. - Celui-là est vraiment très bon. - Cette famille est venue de l'autre côté des Alpes pour déguster du champagne et acheter quelques bouteilles.

L'instabilité politique française n'est pas sans leur rappeler la situation qu'a longtemps connue l'Italie. - On était un pays moins puissant avec des régions bien plus pauvres que les vôtres. Maintenant, c'est nous qui sommes le moteur de l'Europe.

Vous devriez mettre en oeuvre une politique un peu différente. C'est un peu dur au début, pour la classe la plus pauvre, mais petit à petit, on y arrive. - Alors que la rentrée se profile, une nouvelle tempête inquiète cette vigneronne: les blocages du 10 septembre. - Ca me rappelle beaucoup le moment des "gilets jaunes".

Ca a fait beaucoup de mal aux commerces de proximité et de centre-ville, à l'économie en général. Ca a été réglé à coups de millions, qu'on n'a plus. On ne pourra pas le régler si ça prend de l'ampleur. - L'absence de visibilité alors que le secteur du champagne n'est plus à la fête.

En 2024, la production française a reculé de plus de 9 %. - A.Casse: C'est intéressant, ce que dit cette viticultrice, avec la peur du retour des "gilets jaunes". - R.Garrat-Valcarcel: On a vu à quel point ça avait été handicapant pour pas mal de secteurs économiques.

On se souvient des commerçants des Champs-Elysées, qui étaient régulièrement choisis comme scène des actes des "gilets jaunes" le samedi. Le gouvernement en avait marre. Ce n'est pas vraiment du commerce de proximité, mais c'est une activité touristique.

Le fondateur de l'entreprise dit qu'il ne voit pas comment on peut avoir une stabilité. On est dans une sorte de combat, avec une nécessaire stabilité, mais il y a un sujet démocratique. On entendait dans le reportage précédent, au-delà de la question du pouvoir d'achat, qui est majeure, l'idée que voter ne sert plus à rien.

On a l'impression qu'on fait une politique pour laquelle on n'a pas voté. C'est un peu le cas. De 2017 à 2022, E.Macron avait une majorité absolue à l'Assemblée nationale.

Le bloc macroniste au 1er tour des législatives, c'était combien? 33 % avec quasiment 50 % d'abstention à l'époque. Je ne sais pas si c'est l'acmé, mais on arrive à un point assez loin dans la crise démocratique où il y a une politique qui est appliquée de façon stable quand il y a une majorité absolue mais qui ne correspond pas à ce que voudraient la majorité des gens. - A.Casse: Plusieurs crises s'ajoutent. - S.Pierre-Brossolette: C'est sur fond de crise économique.

Sans celle-ci, la crise politique serait moins grave. La dette augmente et ça angoisse tout le monde. Ca rogne sur les marges de manoeuvre des politiques publiques.

Quand vous avez la dette qui devient le 1er budget de France devant l'Education nationale et qu'on dit qu'on ne peut pas payer les profs et les infirmières parce qu'il faut payer les intérêts de la dette...

Là-dessus arrivent l'histoire Trump et les droits de douane. Cette pauvre dame avec ses 15 % sur les vignobles, c'est une catastrophe. Déjà, la situation était tendue.

Arrive en plus la situation internationale. Le débouché politique n'existe pas. - A.Casse: J'en reviens à ce que dit cette viticultrice, le fait que l'Etat n'a plus les moyens de répondre à une nouvelle colère. - S.Pierre-Brossolette: L'argent a été dilapidé.

Ce n'est pas simplement sous Macron, mais depuis plusieurs gouvernements, à chaque malaise social, on accordait une subvention, une rallonge. La dette n'a fait qu'augmenter. Maintenant, on en est à une limite où c'est difficile de mettre une rallonge pour calmer la colère sociale.

Les caisses sont vides et les dettes sont très hautes. - A.Casse: Ce n'est pas que la faute des boomers. - G.Sliman: C'est l'allusion aux boomers de F.Bayrou.

Le problème fondamental sur la colère, c'est ce sentiment de déni démocratique. Ce qu'il y a de cocasse, c'est que dans nos sondages, quand on voit les Français nous dire qu'ils aimeraient que Bayrou tombe, on leur dit dans la foulée: que se passerait-il comme conséquences économiques? Ils sont convaincus que les conséquences seraient terribles, mais ils ont besoin d'un souffle démocratique.

Ca avait aussi fait exploser ce mouvement des "gilets jaunes". L'allusion de cette vigneronne sur la situation des "gilets jaunes", c'est 11 milliards d'helicopter money, d'argent, qui ont été donnés, plus le projet de loi qui avait mis dans la rue ces gens-là qui a été retiré. Ce qui agace les gens, c'est de se dire: "Tout ça pour ça.

Pourquoi il n'a pas anticipé pour dire qu'il resterait droit dans ses bottes et qu'il mènerait ses réformes?" Ensuite, il l'a retirée et il a donné de l'argent pour faire passer la pilule. Ce qui est important aujourd'hui, c'est de revenir aux fondamentaux et de se dire qu'il faut un gouvernement qui donne un minimum le sentiment aux Français que l'ensemble d'entre eux a été écouté. - A.Casse: On passe maintenant à vos questions. - O.Beaumont: Non.

On est dans un vrai moment politique. Une personnalité qui n'aurait pas l'expérience du compromis et de la discussion ainsi que la connaissance des rouages des organisations politiques françaises se prendrait très rapidement les pieds dans le tapis. - A.Casse: Question. - S.Pierre-Brossolette: S'il y avait un profil à nommer, ce serait plutôt un Draghi.

En Italie, ils ont eu quelqu'un qui venait de la société civile, qui avait du sens politique et qui a fait consensus pour redresser le pays. A-t-on une personnalité en magasin de ce niveau? Je ne suis pas sûre.

Est-ce qu'on serait prêts à l'accepter? En Italie, ça allait très mal et Draghi les a sortis de la mouise. On cherche un peu notre Draghi français.

T.Breton est trop marqué politiquement. - A.Casse: Question. - R.Garrat-Valcarcel: Les politiques ont répondu en partie aux sollicitations, malgré tout. - A.Casse: Tout ça pour le confort de certains partis politiques et pour le confort des boomers, a dit F.Bayrou. - R.Garrat-Valcarcel: Les boomers, ce sont aujourd'hui ceux qui votent.

C'est même la base électorale exclusive du bloc central. - A.Casse: C'est une erreur politique? - R.Garrat-Valcarcel: Il y a un sujet qui monte dans l'opinion sur des jeunes générations actives qui triment.

Quand on regarde le graphique du budget de l'Etat et de la Sécurité sociale, on voit bien que les retraites, un transfert de richesses des actifs vers les inactifs, et les frais de santé, plus importants pour les personnes âgées, sont massifs. Ca étrangle une partie des actifs, qui voient leurs avantages peu à peu réduits. La question n'est pas tellement de dire que les boomers profitent d'avantages pour lesquels ils n'ont jamais travaillé, mais ils ont acquis un patrimoine, parfois, qui fait qu'aujourd'hui, leur situation paraît très enviable par rapport à des actifs qui ont du mal à se loger. - S.Pierre-Brossolette: Surtout, on a indexé la retraite.

Les retraites étaient très faibles il y a 30 ou 40 ans. Peu à peu, les gouvernements successifs ont, à juste titre, pour beaucoup de petites retraites, augmenté ces petites retraites, puis indexé ces retraites au point que les retraités actuels ont des meilleurs revenus que les actifs, net de dettes. Objectivement, ils sont plutôt gâtés par rapport aux générations qui arrivent.

Dire que les boomers ont bénéficié de cette situation, oui, ils ont travaillé pour, mais, aujourd'hui, ils ont une situation que n'auront pas les générations suivantes. Dire la vérité là-dessus, c'est sans doute une maladresse politique, mais c'est une vérité...

Quand on dit la vérité, on se fait exécuter, une fois de plus. Ce n'était pas très habile de F.Bayrou, mais c'est une vérité. - G.Sliman: Compte tenu de l'accumulation d'annonces, et encore celle-ci, je ne peux pas m'empêcher de penser qu'il est en train de construire sa statue du commandeur.

Est-ce vrai ou faux? Vous avez tout dit. Statistiquement, le niveau de vie des retraités aujourd'hui est supérieur.

Qui est responsable? Les boomers ou les politiques? Les politiques, évidemment.

Pourquoi ont-ils mené des politiques qui favorisaient à ce point les retraités par rapport aux actifs? C'est souvent l'électorat qui se déplace et c'est l'électorat qui a fait E.Macron.

Au 2d tour de la dernière présidentielle, si les boomers n'avaient pas voté, comme dirait F.Bayrou, c'est M.Le Pen qui aurait été présidente de la République.

Le niveau de vote des retraités sur le bloc central est colossal. - A.Casse: Question. - O.Beaumont: Ca relaie la réponse que j'aurais pu faire sur la question précédente.

On a l'impression qu'on a un F.Bayrou sans filtre depuis quelques semaines. Il reproche aux oppositions de partir en vacances parce qu'il est resté à Matignon.

Il ne s'est pas passé non plus grand-chose à Matignon...

Il attaque les boomers, qui sont sa base électorale. - A.Casse: Il se saborde lui-même. - O.Beaumont: Il n'a pas envie d'être censuré sur un budget.

Il y a une dimension romantique et historique chez F.Bayrou qu'il ne faut pas négliger. Il a un modèle, Mendès-France, qui était sorti comme ça, en 1955, quand il était président du Conseil.

Mendès France avait un parler vrai. F.Bayrou revendique ça. - A.Casse: Mais pas de destin présidentiel... - O.Beaumont: C'est la IVe République.

Mais F.Bayrou a encore dans un coin de sa tête d'être candidat en 2027. Il a besoin, pour ne pas sombrer dans l'oubli, de sortir avec panache.

Il faut absolument qu'il sorte là plutôt qu'au moment de la séquence budgétaire sur une censure. C'est ce qui est arrivé à M.Barnier. - A.Casse: Question. - S.Pierre-Brossolette: On trouvera toujours quelqu'un. - G.Sliman: Ce n'est pas vraiment l'intérêt des principales figures majeures qui briguent 2027, dont J.Bardella, que d'être Premier ministre en ce moment, même si on lui dit qu'on lui laisse les mains libres parce que la situation économique du pays est tellement compliquée qu'il deviendra impopulaire juste avant la présidentielle.

Mais on trouvera des noms de personnes qui se diront qu'elles seront très contentes d'être à Matignon. - S.Pierre-Brossolette: Ce sera un Premier ministre sacrificiel.

C'est une équation économique impossible. Il faut se rendre impopulaire si on fait le boulot. - A.Casse: Question. - R.Garrat-Valcarcel: Ca n'a aucune logique parlementaire.

Certes, le RN, c'est le 1er groupe à l'Assemblée nationale... - S.Pierre-Brossolette: Après une dissolution... - R.Garrat-Valcarcel: Mais c'est le 3e bloc de l'Assemblée.

Il n'a pas nommé la gauche quand elle avait 193 députés en septembre. Qu'est-ce qui l'amènerait à nommer le RN, qui représente un bloc de 140 députés? Au-delà de la question du RN en soi, il y a une logique parlementaire qui m'échapperait complètement. - A.Casse: Question. - G.Sliman: Jusqu'à présent, sous la Ve République, hors cohabitation, le Premier ministre est le 1er collaborateur du président de la République.

Là, que ce soit F.Bayrou, même si d'aucuns pourront lui reprocher de n'avoir pas fait grand-chose, ou M.Barnier, ils ont eu un peu plus les mains libres par rapport à E.Macron que ne l'avaient les Premiers ministres d'E.Macron quand il avait tous les pouvoirs. - A.Casse: Question. - S.Pierre-Brossolette: Sûrement.

Encore pire que ça, être ministre. Le nombre de ministres qui sont venus et repartis sans même qu'on ne se rappelle leurs noms...

C'est très frustrant. Je pense à E.Borne, qui fait sa rentrée au ministère de l'Education.

On a l'impression que c'est lunaire. L'annonce des plans pour le bac pour la rentrée...

On ne sait même pas si elle sera là dans 15 jours. C'est devenu un métier terrible. On va finir par les plaindre. - A.Casse: Question. - O.Beaumont: Il n'y a pas de personnalité socialiste qui fasse consensus aujourd'hui pour Matignon.

Il suffit de se souvenir de l'épisode, il y a un an, l'été dernier, quand la gauche a essayé de proposer un nom. L.Castets venait de nulle part. - A.Casse: L'hypothèse B.Cazeneuve a été tuée.

Question. - R.Garrat-Valcarcel: L.Wauquiez a dit aujourd'hui qu'il fallait consulter les militants LR pour savoir si LR devait voter la confiance.

Il y a des ministres LR dans le gouvernement. On marche sur la tête. - A.Casse: Question. - G.Sliman: En cas de dissolution?

Peut-être. Le plus probable, c'est qu'il y aura une majorité relative. - A.Casse: Merci à tous les 4 d'avoir été nos invités.

Rendez-vous lundi dans "C dans l'air" avec C.Roux.