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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 13 août 2024 11 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & familleTravail & emploi

Emmanuel Macron "ne peut pas bloquer les institutions et le pays plus longtemps" Chloé Ridel

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Quel bilan vous tirez au PS et à gauche de cette quinzaine olympique ?

  • 1:28FerméeRéponse partielle

    Vous lui accordez le point au président sur ces Jeux ?

  • 2:09OuverteRéponse directe

    Vous y croyez, cette concorde ? C'est vraiment palpable ou c'est une fable ?

  • 3:06OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui vous disent que la gauche a été tiède sur les JO ?

  • 3:50FerméeRéponse directe

    Ça devient urgent de nommer un Premier ministre, une mauvaise idée selon vous ?

  • 4:50FerméeRéponse directe

    Vous, c'est votre candidate, Lucie Casté, ou rien ? Vous êtes toujours fermée à d'autres alternatives.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:31Invité politiqueFait
    « Moi, je veux que peut-être il reconnaisse que c'est François Hollande comme président de la République qui avait permis que ces Jeux soient adjugés à Paris »
  • 2:47Invité politiqueFait
    « le gouvernement a démissionné au mois de juillet, que le gouvernement a accepté cette démission et donc maintenant il faut avancer »
  • 4:32Invité politiqueFait
    « le président de la République doit reconnaître les résultats de cette élection, que par deux fois, aux élections européennes et aux élections législatives, les Français se sont exprimés pour sanctionner sa politique »
  • 5:01Invité politiqueFait
    « Je crois que ça n'est pas sérieux, que c'est une forme de déni dans lequel il est, et dont il faut qu'il sorte »
  • 7:30Invité politiqueFait
    « Emmanuel Macron a perdu, le Rassemblement national a perdu, et nous sommes arrivés en tête »
  • 8:38Invité politiquePromesse
    « le SMIC à 1 600 euros, c'est une mesure d'urgence pour le pouvoir d'achat des Français »
  • 10:37Invité politiqueFait
    « Comme président de région, sur la question écologique, il a subventionné des associations anti-éoliennes »

Temps de parole

  • Chloé Ridel74 %
  • Présentateur26 %

2,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Le 6-9 Et bonjour Chloé Rydel, porte-parole nationale du parti socialiste députée européenne, élue en juin dernier sur la liste PS Place Publique. Alors finie la trêve olympique, la crise politique devrait se rappeler à nous très vite. Avant de l'évoquer, quel bilan vous tirez vous au PS et à gauche de cette quinzaine olympique qu'on vient de vivre ? Quel bilan pour la France et pour les Français ?

0:23
Chloé Ridel

Ces Jeux étaient incroyables, incroyables, quelle joie, je pense qu'ils sont entrés dans l'histoire et je pense que ce matin on est des millions de Français à être fiers de ce que notre pays a donné à voir au monde pendant cette quinzaine avec une perfection dans l'exécution, avec des épreuves organisées au cœur de la ville et puis ailleurs sur le territoire, au pied de nos plus beaux monuments, avec une cérémonie d'ouverture qui a donné à voir le meilleur de l'esprit français, la beauté, la grâce, l'audace, l'inventivité, la folie même parfois. Donc je pense que ce matin il faut être plein de gratitude envers ceux qui ont rendu ça possible.

Je pense aux élus, je pense aux volontaires qui ont été salués hier lors de la cérémonie de clôture et à juste titre. Je pense aux travailleurs qui ont construit les équipements, aux forces de sécurité qui nous ont protégés et puis aux athlètes qui nous ont fait vibrer 64 médailles. C'est quand même incroyable et un résultat assez bon.

1:15
Présentateur

Alors justement, ceux qui ont rendu cela possible, vous dites, ce matin dans l'équipe, Emmanuel Macron s'adjuge une part de ce succès. Ceux qui n'ont pas cru dans les Jeux se sont trompés, déclare le chef de l'État. Il y a un perdant, c'est l'esprit de défaite. Vous lui accordez le point au président là-dessus, sur ces Jeux ?

1:31
Chloé Ridel

Moi, je veux que peut-être il reconnaisse que c'est François Hollande comme président de la République qui avait permis que ces Jeux soient adjugés à Paris et puis à la maire de Paris, quand même. C'est la socialiste que vous êtes qui le dit. Voilà, c'est la socialiste que je suis qui le dit. Évidemment, je pense aussi à Stéphane Froussel, président du département de la Seine-Saint-Denis. Non, je pense que c'est un travail collectif et je suis d'accord sur le fait que la France ressort de ces Jeux avec une confiance en elle renouvelée et il s'agit de faire perdurer cet État le plus longtemps possible.

2:00
Présentateur

La France, les Français qu'on a vus rassemblés, unis derrière leurs athlètes, fiers de leur pays, après s'être divisés pendant la séquence des législatives. Vous y croyez, cette concorde ? C'est vraiment palpable ou c'est une fable qui va vite s'évanouir ?

2:15
Chloé Ridel

On verra bien, mais en tout cas, je pense que si on parle de politique à nouveau, j'entends que les Français sont en vacances, qu'on a vécu une année politique particulièrement dense avec les élections...

2:24
Présentateur

Beaucoup nous ont dit au micro, ça fait du bien ces JO, on n'entend pas les politiques, on n'entend pas les polémiques.

2:27
Chloé Ridel

Je comprends, je comprends cela, mais vous savez, le contexte dans lequel notre pays se trouve, le contexte mondial ne disparaît pas, il y a toujours la guerre à nos portes, il y a toujours une catastrophe écologique en cours avec la canicule un peu partout dans notre pays en ce moment, il y a toujours des services publics à financer, un budget à préparer, une rentrée scolaire aussi à préparer. Alors il faut bien quand même qu'on parle de politique, je rappelle que le gouvernement a démissionné au mois de juillet, que le gouvernement a accepté cette démission et donc maintenant il faut avancer.

2:56
Présentateur

On va en parler un dernier mot sur les jeux quand même, parce que la gauche a parfois été accusée ces derniers jours d'une certaine tiédeur vis-à-vis de ces jeux, de ne pas avoir été à fond dans la fête. Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui vous disent ça ?

3:07
Chloé Ridel

C'est totalement faux, mais alors totalement faux, je pense que c'est des faux procès, et on a l'habitude d'en faire à la gauche je trouve ces dernières années, mais en l'occurrence, pardonnez-moi de le dire encore, mais c'est quand même Madame Hidalgo qui a permis à ces jeux de s'organiser, qui a rendu aux Parisiens la Seine, mais aussi à tous les Français qui habitent le long de la Seine. Ce sont des dizaines de millions de gens, on a été présents sur les épreuves, assidus, on les a commentés, on s'en est réjouis. On a participé, tout le monde à gauche, de la grande joie qu'a suscité ces jeux.

3:38
Présentateur

Mais vous le disiez, la réalité va vite nous rattraper, réalité politique, ce gouvernement, ce prochain Premier ministre qu'on attend toujours. Emmanuel Macron en a promis un pour la mi-août, donc théoriquement dans les jours à venir. Ça devient urgent là, pour prolonger la trêve olympique, ce serait une mauvaise idée selon vous ?

3:54
Chloé Ridel

Bien sûr, mais qu'est-ce que ça veut dire ? Est-ce que la Constitution prévoit une trêve olympique ? Non, il y a eu une trêve olympique parce qu'effectivement on s'est concentré sur ce moment incroyable, et il fallait de l'unité et de la concorde pour notre pays dans ce moment-là, mais on peut la prolonger cette unité et cette concorde. Et en l'occurrence, je crois que c'est le nouveau Front populaire qui peut le faire. C'est notre programme qui redonnera demain dans la société sa place à chacun, qui fera que tout le monde sera respecté au travail, dans l'entreprise, dans les services publics, à l'école, à l'hôpital. Et donc, il faut se remettre à discuter de la formation d'un gouvernement.

Nous, on répète la même chose que nous disons depuis plus d'un mois maintenant, c'est que le président de la République doit reconnaître les résultats de cette élection, que par deux fois, aux élections européennes et aux élections législatives, les Français se sont exprimés pour sanctionner sa politique. Et donc, il faut qu'il nomme un Premier ministre issu de la Première Force à l'Assemblée nationale, qui est le nouveau Front populaire.

4:50
Présentateur

Donc, vous, c'est votre candidate, Lucie Castel, ou rien ? Vous êtes toujours fermée à d'autres alternatives.

4:55
Chloé Ridel

On a fait une proposition, le président s'est empressé, je crois, de la balayer en 10 minutes. Je crois que ça n'est pas sérieux, que c'est une forme de déni dans lequel il est, et dont il faut qu'il sorte, parce que constitutionnellement, il a le pouvoir de nomination. Il ne peut pas bloquer comme ça les institutions et le pays plus longtemps. Encore une fois, il y a un budget à préparer.

5:15
Présentateur

Toujours dans l'équipe, ce matin, Emmanuel Macron tire comme enseignement des jeux que les politiques doivent, dit-il, travailler ensemble. Ça a été, selon lui, le message des Français aussi lors des législatives. Travailler ensemble, ça veut dire, pour vous, par exemple, travailler avec lui, avec les macronistes, ça aussi, c'est toujours non ?

5:31
Chloé Ridel

Alors, nous, ce qu'on propose, c'est le Front populaire au gouvernement et le Front républicain à l'Assemblée nationale. C'est-à-dire qu'il faut que le groupe Ensemble pour la République, le groupe du président Emmanuel Macron, ne s'oppose pas, avec le Rassemblement national, à un gouvernement du nouveau Front populaire, ni plus ni moins. Et ensuite, bien sûr, qu'il faut discuter. Je pense que Lucie Casté a entrepris de le faire. Elle rencontre les présidents de groupes politiques. Et il faut qu'elle puisse discuter sur un programme, pour l'année qui vient, autour de quelques points clés de notre programme, qui d'ailleurs sont largement plébiscités par les Français.

Je pense au financement des services publics, je pense à la police de proximité, ou encore à la réforme du mode de scrutin avec la proportionnelle pour plus de démocratie. Un certain nombre de points qui peuvent faire consensus. Et donc, il faut aller discuter. Mais en fait, la base, c'est le front républicain à l'Assemblée.

6:20
Présentateur

Pas de gouvernement d'union nationale, comme l'espère. Vous, vous restez au PS, arrimé au nouveau Front populaire. Oui, nous avons toujours dit que... Ça ne va pas bouger.

6:27
Chloé Ridel

Mais si vous voulez, nous, nous sommes présentés aux Français, dans le cadre de ces élections législatives, avec un programme qui était clair, pour le coup. Et donc, nous allons tenter de l'appliquer. Évidemment qu'on ne pourra pas tout appliquer, qu'il faudra faire des compromis et consignes, etc. Mais c'est notre intention.

6:42
Présentateur

Mais avec quelle durée de vie a l'Assemblée un tel gouvernement ? Avec une si faible majorité, moins de 200 députés, c'est la censure peut-être assurée très rapidement ?

6:52
Chloé Ridel

Non, le but aujourd'hui, c'est de faire des choses utiles pour les Français, de mieux financer nos services publics, de rétablir de la justice fiscale dans ce pays. Et ça, c'est urgent, parce que notre mission, aujourd'hui, c'est de faire en sorte que le Rassemblement national, la prochaine fois, ne soit pas en situation de l'emporter, de le faire reculer, et de faire perdurer cet esprit de concorde qu'on a vu s'exprimer dans le cadre de ces Jeux. On a vu que quand chacun est respecté, quand il y a une union nationale, on peut faire de grandes choses. Et donc, c'est notre mission. J'espère que... Une union nationale, mais sur votre programme.

7:27
Présentateur

C'est la condition sine qua non.

7:28
Chloé Ridel

Autour de notre programme, parce que, je suis désolée, mais si on reconnaît les résultats des élections, Emmanuel Macron a perdu, le Rassemblement national a perdu, et nous sommes arrivés en tête, alors certes, sans majorité absolue, c'est la raison pour laquelle il faut discuter, il faudra que l'Assemblée nationale discute texte par texte, mais moi, je vais vous dire, je suis porte-parole du Parti socialiste, et lors de la précédente mandature, les députés socialistes n'avaient pas de majorité à l'Assemblée nationale.

Pourtant, dans nos niches parlementaires, nous avons chaque fois fait adopter nos textes, des textes de loi, à l'unanimité, et parce que nous avons travaillé avec chaque groupe, et donc c'est possible, sans renier les idées qui sont les nôtres, de faire adopter des lois de progrès pour les Français.

8:07
Présentateur

Vous avez dit « autour de notre programme », ça veut dire qu'au PS, vous seriez peut-être ouvert à des compromis, à des concessions sur les propositions les plus fortes de l'Alliance de Gaulle. Je pense au SMIC à 1 600 euros. Lucie Casté elle-même a reconnu qu'il fallait discuter des modalités de mise en œuvre. Mais ils sont d'accord, les insoumis, avec vous, là-dessus, faire des concessions ?

8:25
Chloé Ridel

Donc, elle parlait de discuter avec les partenaires sociaux, c'est bien naturel. Mais en l'occurrence, le SMIC à 1 600 euros, c'est une mesure d'urgence pour le pouvoir d'achat des Français. On peut s'accorder tous autour de cette table pour dire qu'avec 1 600 euros, c'est quand même un minimum pour vivre dignement dans notre pays. Et ça, c'est par décret. Donc, ce n'est pas l'Assemblée nationale qui va disposer sur ce sujet. Mais c'est vrai qu'on a des points forts dans notre programme que Lucie Casté porte à titre personnel de par les engagements qui sont les siens, notamment le financement des services publics, de l'hôpital, de l'école.

Et ça, si vous voulez, c'est quelque chose qu'on va porter de façon forte. Le rétablissement de l'impôt sur la fortune aussi. Et donc, il faudra voir les modalités dans le détail et discuter, bien entendu.

9:02
Présentateur

Le choix de Lucie Casté au cœur de l'été, juste avant les Jeux, le choix d'une inconnue par le NFP, c'était le bon choix pour justement peser dans ces négociations qui arrivent ?

9:15
Chloé Ridel

Mais c'était un choix de consensus. C'est pas le premier choix.

9:19
Présentateur

Il y a eu plusieurs, non ? Vous n'étiez pas d'accord avec les autres membres du NFP ?

9:21
Chloé Ridel

Oui, absolument, c'est normal. Il y a eu des discussions, il y a eu deux semaines de discussions. Enfin bon, dans une coalition, je ne vais pas vous rappeler les exemples que nous pouvons voir ici même en Europe de gouvernements qui mettent des mois et des mois à se former. Là, nous avons une coalition, nous avons décidé au consensus sur ce nom, sur Lucie Casté, qui a une expérience, qui a un engagement très fort sur les services publics.

Et nous pensons, en l'occurrence, que la question des services publics et l'enjeu de leur meilleur financement, de leur meilleure accessibilité partout sur le territoire, est aussi un des enjeux prégnants pour lutter précisément contre la montée de l'extrême droite et de la colère que cela exprime dans notre pays.

9:57
Présentateur

Mais c'est un nom qui n'est pas en vogue à l'Elysée. En tout cas, on l'a bien compris, il y en a d'autres qui reviennent en revanche autour du chef de l'État. On parle de Xavier Bertrand, on parle d'un socialiste, Bernard Cazeneuve, racine socialiste. Qu'en dites-vous ce matin ?

10:11
Chloé Ridel

Mais Xavier Bertrand, moi je m'interroge parce que quelle est sa légitimité d'abord ? Ce monsieur, il faut savoir que le groupe LR, c'est 47 députés à l'Assemblée Nationale. Le nouveau Front populaire, c'est 193. Donc quelle légitimité ce monsieur aurait-il pour gouverner ? Et puis quand on regarde son bilan, on peut voir que comme ministre de la Santé, il a fait prospérer la suppression de lits d'hôpital. C'est 47 000 lits d'hôpital supprimés. Comme président de région, sur la question écologique, il a subventionné des associations anti-éoliennes par exemple. Et Bernard Cazeneuve ? Il faut lutter et il faut faire la bifurcation écologique.

Donc le signal que ça envoie, pour moi, n'est pas bon.

10:49
Présentateur

Et rapidement, Bernard Cazeneuve, ça pourrait plus convenir ?

10:50
Chloé Ridel

Bernard Cazeneuve, la seule chose que j'ai à dire, c'est que ça n'est pas le candidat du nouveau Front populaire. Ça n'est pas le candidat du nouveau Front populaire. Donc le président de la République doit respecter une situation qu'il a lui-même créée par ailleurs et doit respecter le résultat des urnes et le fait que nous ayons notre mot à dire dans le gouvernement informé pour la France.

11:09
Présentateur

Merci Chloé Rydel. Bonne journée.