Matignon : écartée, la gauche en appelle à la rue #cdanslair 27.08.2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:00OuverteRéponse directe
La colère de la gauche est-elle feinte ou réelle?
- 3:00OuverteRéponse directe
Pourquoi le président de la République n'a-t-il pas annoncé lui-même le choix du Premier ministre?
- 5:00OuverteRéponse directe
Est-ce que la gauche a vraiment une chance de former un gouvernement?
- 7:00OuverteRéponse directe
Pourquoi la gauche appelle-t-elle à la rue?
- 9:00OuverteRéponse directe
Quelles sont les options pour E.Macron après l'écartement de L.Castets?
- 11:00OuverteRéponse directe
Pourquoi les socialistes ne participent-ils pas aux nouvelles négociations?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00J.JaffréFait
« Nous sommes dans la crise politique la plus grave de toute l'histoire de la Ve République. »
- 4:00G.DaretFait
« Ils étaient flattés d'avoir été reçus en premier, qu'E.Macron ait reconnu qu'il fallait du changement sans forcément dire lequel. »
- 6:00C.Michel-AguirreFait
« Le problème, c'est qu'E.Macron n'a pas tranché pendant 2 mois entre ces 2 lectures. »
- 8:00F.DabiFait
« Les Français ont acheté la trêve olympique. Ils ont voulu l'apaisement après ces 2 campagnes électorales. »
- 10:00L.CastetsFait
« On est face à un président qui veut être à la fois président de la République, Premier ministre et chef de parti. »
- 12:00S.ChenuPromesse
« On va voir ce que proposera un tel Premier ministre. On mettra des conditions, l'immigration, la sécurité, le pouvoir d'achat des Français. »
- 14:00F.RuffinPromesse
« Il va falloir faire appel au peuple de France, se mobiliser partout, devant les préfectures, dans les grandes villes, pour se faire entendre et respecter. »
- 16:00J.JaffréFait
« Il faut toujours se méfier des juristes qui veulent corriger une Constitution. »
- 18:00F.DabiFait
« Ce n'est pas ce que les Français nous disent. Qu'est-ce que c'est que cette élection législative du 30 juin et du 7 juillet? »
- 20:00E.Allain-MorenoFait
« On connaît une crise d'attractivité très importante, comme vous le savez, sur tous les métiers de l'Education nationale. »
- 22:00F.DabiFait
« L'injustice, ce n'est plus de ne pas avoir de travail. Le chômage était encore à la rentrée 2018 la 1re préoccupation des Français. »
- 24:00C.Michel-AguirreChiffre
« Il y a 2 millions de familles monoparentales aujourd'hui. 25 % des foyers et 41 % de ces foyers monoparentaux sont sous le seuil de pauvreté. »
- 28:00F.DabiChiffre
« Il y a eu un baromètre. Elle n'était pas très connue... très fortement devancée par G.Attal, qui ferait plus l'affaire, et ensuite, c'est X.Bertrand. »
- 30:00C.Michel-AguirreFait
« On espère. Rires. - C.Roux: Le cri du coeur... - C.Michel-Aguirre: Ca fait un mois et demi qu'on joue au jeu de bonneteau, aux petits chevaux... »
Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
... - C.Roux: Bonsoir à tous.
Bienvenue dans "C dans l'air". C'est par communiqué hier soir que l'Elysée a balayé l'hypothèse L.Castets pour Matignon.
Au motif que le Nouveau Front populaire n'est pas en situation, selon l'Elysée, d'agir et d'offrir au pays une stabilité politique. La réaction de la gauche a été immédiate, brutale. "Coup de force, déni démocratique", F.Ruffin appelant même à écarter E.Macron, qu'il surnomme "le forcené de l'Elysée".
La France insoumise donne rendez-vous pour une mobilisation le 7 septembre. Les socialistes prennent leurs distances et E.Macron doit poursuivre ses consultations avec, demain, des représentants des LR mais aussi des personnalités censées aider à sortir de l'impasse.
Comment le président peut-il sortir de ce tête-à-tête avec les formations politiques qui, jusque-là, semble stérile? C'est la question à laquelle nous allons tenter de répondre ce soir. Avec nous pour en parler, J.Jaffré, politologue, chercheur associé au Cevipof.
G.Daret, grand reporter au service politique de France Télévisions. C.Michel-Aguirre, grand reporter au service France du "Nouvel Observateur".
Je renvoie à votre dernier article. F.Dabi, vous êtes directeur général opinion de l'institut de sondage Ifop.
Bonsoir. Merci de participer à ce "C dans l'air" en direct. Je vous montre cette une de "Libération", avec ce mot: "Le mépris".
La gauche est blessée, elle est clairement écartée par l'Elysée. C'est une colère qui est feinte ou elle est réelle? - J.Jaffré: Ce n'est pas une surprise totale, ce qui n'empêche pas la colère.
Le décalage est vertigineux. Le titre de "Libération", c'est "le mépris". Le décalage vertigineux entre la sortie vendredi des personnalités du Nouveau Front populaire, expliquant que c'était formidable, que le président les avait écoutées, qu'elles avaient pu dire tout ce qu'elles voulaient dire...
Et évidemment, ce communiqué qui tombe lundi soir et qui dit: "Pas question du Nouveau Front populaire." - C.Roux: Ca s'est passé par un communiqué de l'Elysée.
On peut juste dire un mot de ce que dit le président de la République pour justifier son choix? - J.Jaffré: Vous avez raison d'insister là-dessus.
A ma connaissance, c'est inédit. Normalement, le président annonce qui il nomme Premier ministre. C'est ce que tout le monde attend depuis déjà un bon moment.
Mais le fait de faire un communiqué de l'Elysée, et non pas du président de la République, au point d'ailleurs qu'à la fin du communiqué, on cite des propos du président de la République...
Ce qui signifie que les propos précédents ne sont pas dans la bouche du président de la République. C'est donc une situation assez complexe. C'est effectivement tout à fait anormal, tout à fait étonnant de venir dire ça.
Mais il faut bien dire que nous sommes dans la crise politique la plus grave de toute l'histoire de la Ve République. C'est-à-dire une situation sans majorité, sans gouvernement depuis 40 jours, sans possibilité de recourir au suffrage universel puisque la dissolution ne peut pas être reproduite avant un an et que le président en place ne peut pas se représenter puisque c'est son 2e mandat. Normalement, dans une crise pareille, on dit qu'il faut que les Français se ré-expriment.
Mais c'est impossible. Donc la crise s'approfondit de semaine en semaine. - C.Roux: Ce qui est étonnant, c'est le décalage entre le Nouveau Front populaire, L.Castets est sûre de son fait, considérant qu'elle est prête, qu'elle peut faire un gouvernement et trouver une majorité, et ce communiqué qui dit clairement: "J'ai écouté tout le monde, vous n'y arriverez pas et je ne veux pas d'instabilité politique dans le pays." - G.Daret: On était même surpris de l'attitude du Nouveau Front populaire à la fin de l'entretien avec E.Macron.
L'un des talents du président, c'est de dire aux gens ce qu'ils ont envie d'entendre. C'est ce qui s'est passé au cours de cet entretien. Ils étaient flattés d'avoir été reçus en premier, qu'E.Macron ait reconnu qu'il fallait du changement sans forcément dire lequel.
Ils étaient aussi particulièrement flattés que L.Castets soit mise dans cet entretien alors qu'elle n'a aucune fonction à la tête de ces partis-là. Tout au long de l'été, elle a joué son rôle de Première ministre putative.
Finalement, elle est remerciée avant même d'avoir été nommée. C'est ce qu'on a ressenti hier soir. Ce qu'on ressent dans cette colère, qui n'est pas feinte, je pense, c'est la colère de ceux qui ne pensaient pas une seconde arriver en tête de ces législatives, qui ont été surpris d'une bonne manière, qui s'y sont vus et qui retombent finalement tout en bas du podium sur lequel ils pensaient être à la 1re place.
Aujourd'hui, ils sont totalement bloqués. - C.Roux: Donc il n'y aura pas de Première ministre de gauche à l'issue de ces législatives? - C.Michel-Aguirre: En tout cas, pas tout de suite.
C'est difficile de dire qu'on est au bout de l'histoire. - C.Roux: On essaye d'avancer dans le scénario.
Vous considérez qu'on a avancé, hier soir? - C.Michel-Aguirre: Le fait est qu'une option a été balayée.
Ce qui pose problème, finalement, c'est le délai pour en arriver à cette conclusion. Au sortir des législatives, il y avait 2 manières de lire les résultats un peu confus. Une manière statique, qui était d'additionner les gens, les députés du groupe Ensemble, avec Les Républicains et Liot, et de se dire que l'Assemblée était plus nombreuse à droite, donc qu'on allait nommer un gouvernement de centre droit.
Ou alors, on avait une lecture dynamique, qui était de dire que le groupe qui avait le plus progressé, c'était le Nouveau Front populaire et donc qu'il fallait un gouvernement du Nouveau Front populaire. Le problème, c'est qu'E.Macron n'a pas tranché pendant 2 mois entre ces 2 lectures.
En ne tranchant pas, il a laissé le Nouveau Front populaire avancer, se réunir, choisir une candidate qui s'est préparée. Et au bout de 2 mois, finalement, il dit que c'est l'autre lecture. Mais dans les 2 cas, on n'a pas de certitude que le Premier ministre, même issu de ce bloc central élargi, ne tombera pas sur une motion de censure.
Tout dépendra, d'un point de vue arithmétique, de l'attitude du RN. Si un rassemblement de centre droit, du bloc central, devait être nommé et chuter, rien ne dit que l'autre lecture, donnant plutôt un avantage Nouveau Front populaire, ne reviendrait pas. - C.Roux: Sur la lecture qui a été faite d'E.Macron, avec du retard...
Est-ce que vous considérez qu'elle est conforme? "Ce n'est pas moi qui dis non mais vous n'êtes pas en capacité d'avoir une majorité..." - F.Dabi: Pour l'instant, ici et maintenant, il n'y a pas une pression de l'opinion publique qu'on peut qualifier de forte.
Les Français ont acheté la trêve olympique. Ils ont voulu l'apaisement après ces 2 campagnes électorales, et la 2e n'était pas prévue. Il y a une discussion chez eux sur ce que vous disiez, le résultat de ces élections.
Oui, la majorité a perdu. Oui, le RN a été stoppé, si je puis dire, au second tour. Mais il n'y a pas de vainqueur évident.
Il n'y a pas une pression de l'opinion publique, mais on arrive dans le money time, les prolongations, les arrêts de jeu, puisqu'on est dans un contexte de sports paralympiques. L'échéance, c'est la rentrée scolaire. C'est le moment où traditionnellement, les Français voient les politiques agir, se déployer, le président visiter une école, la ministre venir...
C'est aussi le moment où les impatiences et les frustrations s'expriment. Avant, on recevait sa feuille d'impôts, en septembre. Il y a des moments où on reçoit son solde à payer ou pas.
Il y a le pouvoir d'achat, toutes ces questions qui arrivent. Pour l'instant, il y a une sorte de non-malveillance vis-à-vis d'E.Macron.
Dans les enquêtes qualitatives que j'ai pu faire ces dernières semaines, ce qui m'a frappé, c'est qu'on lui reprochait moins de ne pas avoir encore nommé un Premier ministre que d'avoir dissous. L'acte lourd, ça reste cette dissolution incomprise, irréfléchie...
On ne voit pas de solution évidente à court terme. Ca crée de l'incertitude. Ca ne crée pas encore d'anxiété mais, de plus en plus, on va basculer vers une incompréhension et donc une inquiétude majeure des Français. - C.Roux: A fortiori puisque la gauche annonce aussi des mobilisations et en appelle à la rue.
Une mobilisation a été annoncée pour le 7 septembre. Vous parliez de la rentrée. On sera tout à l'heure en direct avec la représentante d'un syndicat enseignant.
C'est lunaire, de faire une rentrée des classes avec une ministre démissionnaire, qui doit gérer les affaires courantes. En tout cas, le président de la République a donc décidé de poursuivre ses consultations après avoir balayé l'hypothèse L.Castets et déclenché la fureur de la gauche.
Il a reçu ce midi F.Bayrou pour un tête-à-tête et enchaînera demain avec les représentants des Républicains. Un défilé d'élus qui ne permet pas, pour l'instant, d'entrevoir le début d'une sortie de crise. - Derrière les murs de l'Elysée, E.Macron à la recherche d'une solution, d'un nom pour Matignon.
Nouvelles consultations, cette fois loin des caméras. Hier, c'est par un simple communiqué que le chef de l'Etat a balayé l'option du Nouveau Front populaire. Indignation et colère des intéressés, qui refusent de participer à de nouvelles discussions et dénoncent un déni de démocratie. - L.Castets: On est face à un président qui veut être à la fois président de la République, Premier ministre et chef de parti.
Les institutions ne peuvent pas fonctionner comme ça. Ce n'est satisfaisant pour personne. Ce n'est pas respectueux des Français ni de la démocratie.
Le rôle du président de la République aujourd'hui serait de nommer un Premier ministre issu du groupe majoritaire à l'Assemblée nationale. Et ensuite, à ce groupe majoritaire à l'Assemblée d'aller chercher des accords avec les autres. C'est ça, le fonctionnement de la démocratie. - O.Faure: Le problème, c'est les Français, le vote.
Ils ne peuvent pas accepter qu'un vote ne leur donne pas la responsabilité. C'est pile, je gagne, face, tu perds. C'est la démocratie selon E.Macron et ses amis. - Le reste de la classe politique a vite tourné la page de l'hypothèse L.Castets à Matignon.
Un Premier ministre issu d'une coalition sans LFI, qu'en dit l'opposition? - S.Chenu: On va voir ce que proposera un tel Premier ministre.
On mettra des conditions, l'immigration, la sécurité, le pouvoir d'achat des Français. Si elles ne sont pas remplies... - V.Pécresse: Il va falloir mettre en place un gouvernement et la droite, en responsabilité, doit voter ce qui va dans le bon sens.
Elle l'a toujours fait. Elle l'a fait depuis 5 ans. - Mais E.Macron doit-il écouter les autres formations politiques pour nommer le prochain Premier ministre?
L'un de ses fidèles soutiens, F.Bayrou, exprime son désaccord tout en défendant un président dans son rôle de garant des institutions. - F.Bayrou: Le président de la République a voulu, a cru, de bonne foi, que dans un moment comme celui-là, très difficile, on pouvait inviter les responsables politiques à s'asseoir autour d'une table et à accepter un constat de la situation, pour dégager ensemble des priorités pour le pays.
C'est une faute de méthode de négocier un gouvernement avec les partis politiques. - Une partie de la gauche ne compte pas en rester là et mise sur la contestation dans la rue, comme ultime recours. J.-L.Mélenchon réclame une réplique populaire, rapide et ferme, tout comme le patron des communistes, F.Roussel. - F.Roussel: Il va falloir faire appel au peuple de France, se mobiliser partout, devant les préfectures, dans les grandes villes, pour se faire entendre et respecter.
Il faut que les Français expriment leur colère, une nouvelle fois leurs souhaits et leurs besoins de changements. - La France insoumise appelle à une première manifestation le 7 septembre, à la veille de la cérémonie de clôture des Jeux paralympiques. - C.Roux: Nous allons revenir sur ce bras de fer qui débute avec le président de la République et cette gauche qu'on a entendue à l'instant.
D'abord, question. Si on fait écho à ce que disait F.Bayrou, qui dit que c'est une erreur de méthode, qu'est-ce qu'il veut dire?
Qu'est-ce qu'il espérait? - J.Jaffré: Un bras de fer s'engage maintenant entre E.Macron et les partis politiques.
C'est un grand classique de la Ve République. Le général de Gaulle a mené le combat contre les partis politiques au pouvoir en permanence. Là, E.Macron a consulté les partis.
Le bilan, c'est plutôt un échec. Ca permet à E.Macron, après, de se tourner vers les Français en leur disant qu'il a demandé aux partis d'arriver à faire des accords, de s'entendre, selon l'intérêt national et que ça ne se fait pas.
Vous aurez noté que maintenant, on parle des personnalités ayant l'expérience de la République et de l'Etat. Nous sortons des partis, pour trouver la solution! J'ai cru comprendre que c'était le sens du fameux communiqué de l'Elysée.
Le Premier ministre ou la Première ministre qui pourrait être nommé, un jour ou l'autre, quand même, pourrait précisément venir de ces personnes ayant une grande expérience du service de l'Etat et de la République. Le président de la République a constaté que les partis n'étaient pas au rendez-vous. Leur responsabilité, c'est de savoir s'ils veulent aller vers le sabotage politique, vers la censure d'un gouvernement qui viendrait...
Les députés du Nouveau Front populaire voteront évidemment la censure. Mais tout le jeu d'E.Macron, c'est d'éviter que la censure ne soit votée par les autres forces, y compris et surtout par le RN.
N'oublions jamais que dans cette Assemblée, si vous additionnez le Nouveau Front populaire et le RN dans un vote de censure ou dans un vote sur un texte, c'est une large majorité. Les autres sont battus. Si vous écartez la gauche aussi brutalement, ça veut dire d'une certaine façon que vous réclamez la neutralité du RN pour pouvoir gouverner. - C.Roux: Il peut l'assumer? - J.Jaffré: Très difficilement.
C'est là que le mot "responsabilité" revient. L'intérêt du RN, et c'est probablement le calcul d'E.Macron, ce n'était pas de dire qu'on ne veut pas le désordre dans le pays.
M.Le Pen le disait hier. Pour elle, E.Macron a mis le pays dans le chaos.
Eux, ils ne veulent pas le chaos dans le pays, donc ils évitent de renverser le gouvernement à tout-va, à condition qu'il ne franchisse pas les lignes rouges. - C.Roux: "Les partis de gouvernement ne doivent pas oublier les circonstances exceptionnelles de leur élection aux législatives.
Ce vote les oblige." A qui est-ce qu'il parle, E.Macron? - G.Daret: Il veut parler du front républicain.
Depuis le lendemain des législatives, E.Macron pense que la coalition transpartisane qui doit naître doit le faire sur la base du front républicain du 2d tour. Il est toujours dans cette stratégie de décantation.
Il essaie toujours de décrocher une partie du Nouveau Front populaire, les socialistes, les écologistes, LFI. On l'a vu, ça ne marche pas. Les socialistes et les écologistes, invités à venir discuter à nouveau dans le 2d cycle de négociations, ne sont pas venus.
C'est d'ailleurs ce qu'ils reprochent à E.Macron, de ne même pas leur avoir donné le prétexte d'une motion de censure. Nommer L.Castets, peut-être que le gouvernement du Nouveau Front populaire serait tombé.
A ce moment-là, certains socialistes et écologistes auraient constaté qu'il n'était pas possible de construire un gouvernement avec LFI et ils auraient peut-être pu discuter avec d'autres partis du bloc central. - C.Roux: Pourquoi il écarte cette option, de tester une candidature de L.Castets à Matignon?
Il craint quoi? La mise en place du programme? - G.Daret: Peut-être pas l'intégralité du programme.
Mais certains de ses adversaires expliquent que même si ça ne durait que quelques semaines, la Première ministre et le gouvernement du Nouveau Front populaire pourraient prendre un certain nombre de mesures contraires à ce qu'E.Macron a fait au cours de ces 7 dernières années, notamment sur la question des retraites. Aujourd'hui, une partie des socialistes pourraient être constructifs avec la majorité sortante et la droite.
Mais ils disent qu'ils n'ont même pas testé cette possibilité institutionnelle et qu'ils ne peuvent pas décrocher du Nouveau Front populaire sans être des supplétifs de la majorité sortante. Ils apparaîtraient comme des traîtres. - C.Roux: Est-ce qu'on ne lui reprocherait pas l'instabilité?
D'avoir choisi une Première ministre dont on savait très bien qu'elle n'avait pas de majorité? L'un des arguments de ce communiqué de l'Elysée hier, c'était de prôner la stabilité institutionnelle. - G.Daret: C'est ce qu'il joue depuis le lendemain du 2d tour des législatives.
Ce matin même, plusieurs responsables du RN ont dit que contrairement à un gouvernement du Nouveau Front populaire, ils ne censureraient pas automatiquement un gouvernement issu d'une autre force politique, que ce serait en fonction du discours de politique générale. Quand on voit le communiqué d'E.Macron, la conséquence majeure, c'est qu'il a uni et solidifié la gauche.
C'est un double échec. Le 1er échec, un des leviers de cette dissolution, c'était que la gauche n'aurait pas le temps de s'unir et que peut-être, les socialistes ou les gens du centre gauche, les sociaux-démocrates, pourraient rejoindre une future majorité de centre droit. Ca a échoué.
Là, le communiqué...
Même si on entend des protestations du côté du Parti socialiste, ça a uni la gauche et ça a créé les conditions d'un Nouveau Front populaire qui va être vent debout contre E.Macron. C'est peut-être là que ce communiqué acte une gauche complètement unie.
Alors qu'il y a des lézardes, au sein de cette gauche! Sur toute une série de sujets, il y a un décalage très fort entre ce que nous disent dans les enquêtes les sympathisants de gauche et les prises de position les plus emblématiques de LFI. Il y avait le repoussoir J.-L.Mélenchon, qui pouvait créer les conditions d'un éclatement de ce Nouveau Front populaire.
Pour l'instant, sur le court terme, ce communiqué resolidifie plus que jamais la gauche. Pour l'instant, du côté du PC et du PS, on ne veut pas participer à la 2e phase des négociations. - C.Roux: Unis, peut-être, mais pas sur la méthode.
Quand LFI appelle à manifester, lance un appel à la rue, les socialistes disent que ce sera sans eux. - F.Dabi: Pour l'instant, ce sont des divisions qu'on a vues très souvent.
Ce n'est pas inédit. Septembre 2022, grande manifestation de LFI avec des socialistes et des communistes sur le pouvoir d'achat, contre la future réforme des retraites. Septembre 2023, manifestation massive après les émeutes urbaines contre le racisme, les violences policières.
Le PS n'y participe pas. Là, du côté des sympathisants de gauche, s'ils ont le sentiment qu'il y a une élection confisquée, un déni de démocratie qui pour l'instant n'est pas le récit partagé par les Français, ça peut créer également une pression sur une gauche unie d'une manière partisane et une gauche unie dans la rue. - C.Roux: Sur la réaction de la gauche, on peut préciser qu'elle a été très violente, avec cet appel à la rue.
A.Quatennens, à qui on avait reproché son tweet, appelle de nouveau à marcher sur Matignon. On a entendu tout à l'heure les propos du député de la Somme qui dit qu'il va falloir écarter E.Macron.
F.Ruffin appelle E.Macron "le forcené de l'Elysée".
On sent que LFI a retrouvé le discours d'avant le Nouveau Front populaire? - C.Michel-Aguirre: La parole des élus de gauche reflète aussi la frustration que doivent ressentir les électeurs de gauche.
Malgré tout, ils se sont mobilisés, ils ont fait barrage, ils sont allés voter, ils ont fait des procurations. Ils ont montré en tout cas, pour leur part, qu'ils ne voulaient plus de cette politique d'E.Macron, de l'austérité budgétaire.
Ils ont l'impression de ne pas être entendus. Ce que dit LFI, c'est qu'il y a 2 options: soit la destitution mais on sait qu'elle est quasi impossible, soit la rue. Je voudrais préciser...
Tout à l'heure, je disais que la clé aujourd'hui était au RN. Mais la 2e clé se trouve au Parti socialiste. En vérité, depuis 2 ans, ce qu'essaye de faire E.Macron depuis sa réélection, c'est de détacher une partie des socialistes pour élargir son bloc présidentiel et essayer d'avoir ce qui s'approche le plus d'une majorité absolue.
Tout ce qu'il a fait depuis 2 ans visait à cela. Et tout ce qu'il fait depuis 2 mois ne vise qu'à coincer les socialistes. Aujourd'hui, il a encore une carte dans sa manche.
C'est de désigner à Matignon une personnalité issue du PS. - C.Roux: B.Cazeneuve? - C.Michel-Aguirre: Par exemple.
D'autres noms ont circulé cet été, comme celui du maire de Saint-Ouen...
D'autres noms circulent aujourd'hui. On évoque le profil de personnalités ayant une grande expérience du service de l'Etat. On peut penser à D.Migaud, actuel président de la Haute Autorité de la transparence de la vie publique, ou P.Moscovici, 1er président de la Cour des comptes.
Ils poseraient un problème déontologique ou existentiel au PS s'ils devaient être désignés Premiers ministres. Comment le PS, qui ne veut pas fondamentalement se détacher du NFP, pourrait s'associer à une motion de censure s'adressant à un Premier ministre issu des rangs socialistes? - C.Roux: Je voudrais citer P.Mennucci, ancien député des Bouches-du-Rhône.
Il dit qu'il va falloir choisir entre l'intérêt des Français et l'obsession présidentielle de J.-L.Mélenchon.
Le cas Mélenchon et son ambition pour la prochaine présidentielle peut peut-être motiver certains socialistes à se dire qu'ils ne vont pas forcément jouer pour ce combat-là en particulier? - J.Jaffré: Une des questions majeures, c'est: quand y aura-t-il un congrès socialiste?
Normalement, il doit être convoqué et c'est la grande crainte d'O.Faure. Une ligne anti-Mélenchon pourrait être majoritaire au sein de ce congrès et détacher le PS, pas du tout pour rejoindre Macron mais pour préparer une candidature présidentielle hors LFI.
Quelqu'un comme R.Glucksmann doit y penser de très près. Un mot, si vous me permettez, pour revenir sur une différence à gauche.
C'est la motion de destitution du président de la République dont vient de reparler J.-L.Mélenchon.
Là, nous sommes dans un écart maximal. Pour la motion de destitution, qui n'a aucune chance d'être adoptée, il faut 2/3 des suffrages dans chaque assemblée au départ, par rapport à l'ensemble des membres, pour qu'elle soit adoptée. Puis les 2 chambres doivent se réunir ensemble, comme une sorte de congrès, pour à nouveau voter aux 2/3.
On n'y est pas du tout. - C.Roux: Pourquoi il fait ça, alors? - J.Jaffré: D'abord, c'est un détournement des institutions.
L'ancien article 68 de la Constitution, en vigueur jusqu'en 2007, ne prévoyait la destitution du président de la République que pour les cas de haute trahison. Les juristes s'en sont mêlés en 2007. Il faut toujours se méfier des juristes qui veulent corriger une Constitution...
Ils ont dit qu'il fallait maintenant mettre un manquement grave au devoir de la charge. On pensait à P.Deschanel, président de la République en 1920, sortant en chemise de nuit parce qu'il était tombé du train pour interpeller un chef de gare, en ayant manifestement perdu ses esprits.
Si ces présidents de la République ayant perdu leurs esprits ne veulent pas démissionner, il faut pouvoir le faire. Mais là, l'article 68 tel qu'il est conçu par Mélenchon, est un article de destitution politique. Ca introduit la responsabilité politique du président de la République devant les parlementaires, ce qui est le contraire absolu des institutions de la Ve République.
La limite, c'est que le reste de la gauche ne veut pas en entendre parler. Tous ceux qui ont envie de devenir président de la République n'ont aucune envie qu'on puisse avoir la responsabilité politique du président de la République devant les parlementaires installés. On a donc là une ligne de fracture au sein de la gauche et dans la classe politique.
Pourquoi J.-L.Mélenchon le fait?
Parce que lui veut détruire la Ve République. C'est le fond de son affaire. Donc il veut abaisser la fonction présidentielle.
C'est pour ça qu'il continue. Si vous avez un débat à l'Assemblée avec toutes les télévisions, 4 ou 5 émissions de "C dans l'air" dans la semaine consacrées au sujet...
Ca porte profondément atteinte au président en place. - C.Roux: C'est ça qu'il essaye de faire. - J.Jaffré: A-t-il trahi sa charge?
A-t-il volé le suffrage universel en ne nommant pas une Première ministre issue du Nouveau Front populaire? Et on discute pendant 3 jours à l'Assemblée nationale... - G.Daret: C'est le programme de la semaine prochaine! - C.Roux: On a entendu parler de déni de démocratie.
C'est le cas? - F.Dabi: Ce n'est pas ce que les Français nous disent.
Qu'est-ce que c'est que cette élection législative du 30 juin et du 7 juillet? C'est un rapport de force complètement fracturé. Sur les 3 blocs, il y a à peine 20 à 30 sièges d'écart.
La question du déni de démocratie ne se pose pas. La question qui va se poser, c'est celle du délai. On est maintenant à plus de 45 jours.
On est encore loin des 140 jours de la Belgique...
Mais l'impatience des Français va se cristalliser sur le délai. Il y a une vidéo ancienne qui tourne depuis quelques heures, d'un F.Mitterrand en septembre 1977, 6 mois avant les fameuses législatives de mars 78 qui auraient dû normalement installer la première cohabitation.
Il dit que le président Giscard d'Estaing est libre de nommer qui il veut Premier ministre, y compris nommer une personnalité d'un parti qui n'est pas arrivé en tête. Bien sûr, c'est une ressource formidable pour le bloc macroniste. En tout cas, ce n'est pas une question de déni de démocratie ou d'élection confisquée.
Pour les Français, c'est la question du délai et de la rupture avec leur imaginaire à l'égard du politique. Le politique doit travailler, agir, changer la vie. - C.Roux: A votre avis, F.Dabi, les Français vont se tourner vers le président de la République à un moment donné en lui demandant de prendre des risques?
Il a voulu dissoudre, allons-y, il faut maintenant prendre une décision et nommer un Premier ministre, quel qu'il soit? - F.Dabi: On va être sur l'idée que le président doit agir, trancher ce noeud gordien, sortir de cette indécision.
La trêve olympique et la période estivale ont été des vrais souffles pour lui...
Depuis son 2d mandat, une critique qui n'avait jamais été associée à E.Macron a émergé auprès des Français, c'est l'inaction. C'est un terreau déjà fertile. - C.Roux: Question.
Les Français, qui ont voté à 2 reprises, ont quand même envoyé un message de changement? - G.Daret: Ca, c'est plutôt quelque chose qui est acté politiquement par E.Macron et sa majorité sortante.
G.Attal lui-même, dans un message envoyé aux députés de son groupe, poussait pour que ce soit un député ou un Premier ministre hors de la Macronie qui soit nommé. - J.Jaffré: Tant pis pour Bayrou! - G.Daret: Le chef de l'Etat et G.Attal ont conscience qu'il faut donner un sentiment de changement.
Le sentiment de changement, il s'incarne par le Premier ministre ou la Première ministre à Matignon. Le problème, c'est que le président de la République est prêt à nommer quelqu'un qui n'est pas issu du bloc central mais qu'il ne souhaite pas que ce Premier ministre revienne sur les mesures prises depuis les 7 dernières années. C'est là qu'il y a un débat profond aujourd'hui.
Le chef de l'Etat ne veut pas revenir sur ce qui a été fait les 7 dernières années et une partie du Nouveau Front populaire et de la droite dit que les élections ont montré que les Français attendaient un changement de personne mais aussi un changement de politique. C'est là qu'il y a un véritable blocage aujourd'hui. - J.Jaffré: Le jeu de bonneteau, c'est qu'on parle d'un Premier ministre en dehors de la Macronie, c'est effectivement le minimum.
Mais ça annonce plein de ministres de la Macronie qui seraient nommés derrière. C'est le Premier ministre qui ferait office d'incarnation du changement, ce qui permettrait de remettre des ministres issus de la Macronie. Le changement est une longue conquête! - C.Michel-Aguirre: En fait, toute la difficulté, et ce qui crée aussi de la colère, c'est qu'aujourd'hui, on a bien compris qu'E.Macron cherchait un Premier ministre qui ne serait pas de la Macronie pour poursuivre la même politique qu'auparavant et, si possible, avec des ministres macronistes.
Ce serait S.Séjourné pour les Affaires étrangères, S.Lecornu... - C.Roux: Quelle est l'autre option? - C.Michel-Aguirre: A part celle-là?
Soit c'est la crise, et de toute manière, on va en passer par là. On sent que c'est la carte vers laquelle on va aller. Même si, par aventure, on est sur un profil qui aurait un peu plus de poids politique, un D.Migaud ou un P.Moscovici, on ne les voit pas renverser la table budgétaire, par exemple.
Sur ce point central pour E.Macron, qui est de ne pas abroger la réforme des retraites, de mener une politique d'austérité budgétaire, ils rentraient dans les clous. La seule autre option, c'est que ce gouvernement soit lui aussi censuré et qu'E.Macron se retrouve coincé.
Il serait alors obligé de nommer un Premier ministre de gauche. - C.Roux: On va poursuivre cette discussion et revenir avec la représentante d'un syndicat enseignant sur cette situation lunaire.
Jamais dans l'histoire de notre pays un gouvernement ne sera resté aussi longtemps dans cette phase de gestion des affaires courantes. N.Belloubet a tenu ce matin, comme si de rien n'était, la traditionnelle conférence de presse de la rentrée scolaire, tout comme ses collègues du gouvernement, aux commandes mais sur le départ. - Bonjour, A.Oudéa-Castéra.
Vous êtes ministre démissionnaire des Sports, des Jeux olympiques et paralympiques... - Bonjour, G.Darmanin.
Vous êtes ministre démissionnaire mais toujours ministre de l'Intérieur et des Outre-mer... - C'est un terme qui a fait irruption dans l'actualité.
Des ministres démissionnaires suspendus à la décision d'E.Macron depuis 42 jours, un record depuis 1945. 42 jours et une machine politique qui, tant bien que mal, tourne toujours.
Parmi les ministres encore très actifs, ceux qui sont souvent rattrapés par l'actualité. Il y a 3 jours, déplacement express à La Grande-Motte pour G.Darmanin et G.Attal, quelques heures seulement après une explosion devant la synagogue. - G.Attal: Notre responsabilité à tous, c'est de le dénoncer, de lutter contre, d'être implacables.
S'en prendre à un Français juif, c'est s'en prendre à tous les Français. - Des sorties sur le terrain et un mot d'ordre: "Ce n'est pas tout à fait encore la fin." - G.Darmanin: Tant que je ne serai pas remplacé à mon poste, je serai non pas dans la nostalgie mais dans l'action.
Quand on est ministre de l'Intérieur, c'est jusqu'à la dernière minute qu'on est dans l'action. - Les ministres ont tous reçu leur lettre plafond, envoyée par G.Attal il y a une semaine. ...
Mais alors, à quoi bon? L'opposition y voit surtout une manière de garder la main. - M.Tondelier: Ce qu'on a vu cet été est inadmissible.
Un gouvernement démissionnaire est censé expédier les affaires courantes. Il n'a pas le droit de prendre des mesures urgentes et politiques fortes. Et ce gouvernement démissionnaire a préparé un budget avec des milliards d'économies dedans, qui va sabrer un peu plus les services publics, l'environnement, l'école, l'hôpital.
Il refuse d'aller chercher l'argent chez les plus riches. - Un ministre de l'Economie démissionnaire qui n'oublie pas de faire de la politique. Nouvelle proposition, plutôt consensuelle: défiscaliser les primes des athlètes médaillés des JO. - B.Le Maire: Ce n'est pas moi qui en suis chargé.
Mais je préparerai le dispositif pour que ces primes soient défiscalisées. Elles sont exceptionnelles et elles méritent un traitement exceptionnel. C'est le prochain gouvernement qui décidera, par un vote souverain, s'il suit la proposition que je fais. - Comme un air de fin de règne, pour celui qui sera resté 7 ans en poste à l'Economie.
Remerciements appuyés hier, à la rentrée du Medef. - P.Martin: Tu as été un artisan déterminé et déterminant de cette politique probusiness.
Merci! - Ambiance plus scolaire au ministère de l'Education nationale ce matin. A une semaine du retour des élèves, N.Belloubet fait sa conférence de rentrée presque aussi comme si de rien n'était. - N.Belloubet: Le rôle d'un ministre, c'est d'assurer jusqu'au bout la mission qui lui a été confiée, y compris lorsqu'il expédie les affaires courantes. - L'occasion aussi de faire passer un message... - N.Belloubet: Si vous me demandez si j'ai envie de continuer, la réponse est oui. - Une envie, mais qui pour la faire devenir réalité?
Il faudrait déjà un Premier ministre et ce n'est visiblement pas encore pour tout de suite. - C.Roux: Nous sommes en direct avec E.Allain-Moreno.
Bonsoir. Vous êtes secrétaire générale du syndicat des enseignants Unsa. Comment vous réagissez à cette conférence de presse du ministre démissionnaire qui dit que ce serait bien si le budget pouvait être sanctuarisé?
C'est une situation assez inédite pour une rentrée scolaire. - E.Allain-Moreno: Oui.
Bonsoir. C'est une situation atypique et inédite. On pourrait considérer qu'organiser une conférence de presse pour une ministre de l'Education nationale fait partie des affaires courantes, puisque la rentrée fait partie des marronniers de chaque année pour l'école.
En plus, madame N.Belloubet n'a pas annoncé de mesures particulières. La rentrée est largement préparée par les équipes qui n'ont pas attendu de réponse ou de résolution à ce qu'ils demandaient avant les congés.
Ca fait des semaines que les équipes des établissements ont préparé cette rentrée. Il n'était pas l'heure aujourd'hui d'en modifier les règles. Par contre, il est important d'avoir une expression ministérielle pour une rentrée scolaire.
Politiquement, c'est important. - C.Roux: Qu'est-ce que ça change, le fait de ne pas avoir de ministre en charge pour les proviseurs, les chefs d'établissement, les enseignants?
Vous arrivez facilement à vous passer du ministre de l'Education nationale? - E.Allain-Moreno: Sur une rentrée qui a déjà été préparée depuis plusieurs mois par les équipes de terrain, comme je l'ai dit, qu'ils soient enseignants, personnels de direction, inspecteurs ou administratifs, sur le jour de la rentrée, ça ne change pas grand-chose.
La ministre n'a rien annoncé de nouveau ce matin. Par contre, symboliquement, une rentrée scolaire qui se déroule sans pilote rue de Grenelle, en particulier dans un contexte où on vient de vivre 2 ans avec une page de ministres de l'Education nationale importante, avec une année dernière très intense avec beaucoup de paradoxes et beaucoup d'annonces d'un côté et très peu de mesures réelles et concrètes utiles pour les élèves et les personnels...
En ce sens, c'est fort dérangeant. On a des dossiers urgents qui sont restés en attente l'an dernier et qui nécessitent qu'il y ait un pilote rue de Grenelle. Ces dossiers ne peuvent plus attendre. - C.Roux: Lesquels, par exemple? - E.Allain-Moreno: On connaît une crise d'attractivité très importante, comme vous le savez, sur tous les métiers de l'Education nationale.
Davantage quand c'est des enseignants. Quand ils manquent devant les élèves, ça se voit vite. Cette crise s'est creusée ces dernières années, en particulier depuis la réforme de la formation initiale de J.-M.Blanquer...
Mais il y a aussi une dégradation des conditions de travail et une dévalorisation salariale importante. Ces mesures urgentes attendues depuis longtemps avaient été promises par G.Attal l'an dernier quand il a pris ses fonctions rue de Grenelle.
Il avait mis comme priorité de résoudre la crise d'attractivité sur ce ministère. Mais très vite, cette priorité a été assez évacuée par le choc des savoirs, au grand désespoir de toute la profession. Il y a eu ensuite un enchaînement de ministres que vous connaissez, qui ont contribué à complexifier le travail qu'on pouvait faire avec la ministre de l'Education nationale.
Un an après avoir annoncé ces priorités, on fait le constat qu'aucune mesure n'a été prise, même pas la réforme du recrutement et de la formation initiale. C'était pourtant le dossier le plus abouti en juin. Il est urgent.
Ca permettait de recruter à bac+3 et de former pendant 2 ans les futurs enseignants. - C.Roux: On comprend que la rentrée se passera bien parce que ça a été fait en amont mais que tous les dossiers urgents que vous venez d'évoquer ne peuvent pas se permettre d'attendre plus longtemps un arbitrage.
Merci. - E.Allain-Moreno: Je mettrais un petit bémol.
Les moyens ne sont pas au rendez-vous. On manque cruellement de personnels et de postes. Je préfère nuancer.
Merci. - C.Roux: C'était parfaitement clair.
Merci encore. Où sont les ministres démissionnaires? Certains sont dans les médias, certains font des conférences de presse parce que c'est la rentrée... - G.Daret: Ils sont dans leur circonscription, leur lieu d'élection pour ceux qui sont élus, leur ministère...
J'ai échangé en fin de semaine dernière avec un ministre qui a des fonctions éminentes et qui me disait lui-même que c'était lunaire. Ils n'ont aucun contact. De temps en temps, ils appellent à l'Elysée et le 3e sous-conseiller leur répond.
Parfois, il y a une petite visioconférence avec quelqu'un à Matignon...
Pourtant, ce sont des dossiers où il y a des décisions importantes à prendre en matière de pouvoir d'achat, de santé, de sécurité...
Ce ministre me disait que c'était une situation extrêmement curieuse. Sur le plan du fonctionnement, ce n'est pas prévu dans la Constitution. Le secrétariat général du gouvernement s'était senti obligé de faire une note pour expliquer ce qu'on avait le droit de faire en situation affaires courantes par rapport à un gouvernement classique.
Ces ministres continuent d'occuper leur logement de fonction puisqu'ils sont toujours factuellement en fonction, comme pour G.Attal. Sur le plan financier, la question est souvent posée.
Ceux qui ont été réélus députés ne touchent que leur indemnité de député. Ca crée presque un peu de jalousie. Ce ministre me disait avec sourire: "Je ne suis que député et je ne touche que mon indemnité de député.
Mon collègue qui ne s'est pas fait réélire touche son indemnité de ministre. Je ne suis pas malheureux par rapport à l'ensemble des Français..." Mais ça accrédite cette idée d'être dans cette situation lunaire. - C.Michel-Aguirre: J'ai un autre exemple qui va illustrer cette situation ubuesque.
J'ai préparé pour cette semaine cet article sur le budget que vous avez eu la gentillesse de citer au début de l'émission. J'ai eu T.Cazenave au téléphone.
C'est le ministre démissionnaire des Comptes publics, chargé du Budget. Il a été élu député dans une circo de Bordeaux. Il y a un certain nombre d'annonces que je n'ai pas comprises dans les dernières semaines et sur lesquelles je voulais avoir des éclaircissements.
Il m'a très gentiment répondu. Il m'a expliqué que les dernières annonces sur les finances publiques...
Il m'explique notamment que le processus de préparation du budget se poursuit et qu'après l'envoi des lettres plafonds par G.Attal à la mi-août, lui prépare ce qui s'appelle le tiré à part, que les députés qui animent les questions budgétaires lui réclament. C'est en gros la compilation des lettres plafonds, donc des dépenses prévues par le gouvernement pour le budget 2025.
On notera un certain goût de la fonction. Il me dit: "Je prépare le tiré à part qu'on va remettre cette semaine aux députés qui nous le réclament pour préparer le budget." - C.Roux: Vous avez parlé de bombes à fragmentation... - C.Michel-Aguirre: Compte tenu du calendrier, il faut que le projet de loi soit sur le bureau de l'Assemblée nationale le 1er octobre.
Il faut que ça passe en Conseil des ministres le 23 septembre. Il faut que ce soit envoyé au Haut Comité des Finances publiques le 12 ou le 13 septembre. Donc, dans le meilleur des cas, si on avait un Premier ministre nommé ce week-end, il aurait 10 jours pour faire un budget, en même temps qu'il serait en train de faire son casting pour son gouvernement et en même temps qu'il serait en train de préparer son plan de redressement des comptes à moyen terme qu'il doit présenter à la Commission européenne entre le 20 et le 30 septembre.
Vu les enjeux...
Pour nous, financièrement, ils sont très importants. Chaque jour compte. - C.Roux: J.Jaffré, votre réaction à la fois sur ce qui vient d'être dit sur l'Education nationale, avec la valse des ministres de l'Education nationale, cette situation où on fait la rentrée en se disant que ce coup-ci, ça va passer mais que pour le reste, on attend des arbitrages, et puis la question budgétaire...
On peut se dire que ça roule. Il y a un ministre de l'Intérieur qui va surveiller les Jeux paralympiques. - C.Michel-Aguirre: Les hôpitaux, c'est pareil.
Il y a des urgences terribles. - J.Jaffré: Le pire, c'est qu'on n'a peut-être encore rien vu.
S'il y a un nouveau Premier ministre ou une nouvelle Première ministre...
Vous avez visé ce week-end. Votre optimisme m'épate. Imaginons que ce soit vrai.
Il faut ensuite composer le gouvernement. Ca peut prendre du temps. Il faut que des gens acceptent de venir, des équilibres...
Pendant ce temps, il faut que le nouveau Premier ministre garde les ministres démissionnaires en fonction. Il faut toujours un ministre pour diriger son administration et gérer les affaires courantes du ministère. Donc le nouveau ou la nouvelle Première ministre serait entourée de tous ces ministres démissionnaires.
La situation ubuesque dont vous parliez, nous n'avons encore rien vu. Il y a 2 risques dans cette affaire. Il y a le risque de la dégradation de l'image de la politique auprès des Français. "On a voté, on n'est pas entendus, il n'y a pas de conséquences, ça ne sert à rien." C'est une idée ancrée depuis le référendum de 2005 et ces législatives n'améliorent rien.
Aussi, comment se fait-il que des hommes politiques et des ministres puissent cumuler des fonctions avec un risque de conflits d'intérêts politique permanents? J.-N.Barrot est ministre des Affaires européennes et président de la commission des affaires étrangères à l'Assemblée nationale.
Il pourrait donc demander, comme président de la commission des affaires étrangères, l'audition de J.-N.Barrot, ministre des Affaires européennes et des Affaires courantes.
On touche aux limites de la politique. - C.Roux: F.Dabi, je vais vous donner la parole C'est promis.
On parlait des Français. Ils peuvent se demander à quoi ça sert de voter. On peut aussi se demander s'ils vont perdre patience après avoir voté.
Qu'attendent-ils de ces manoeuvres politiques? Nous sommes allés à la rencontre de familles qui se préparent à la rentrée. Le sujet de préoccupation n'a pas changé.
Quelle que soit la nouvelle équipe gouvernementale, elle devra faire face à l'urgence sociale. - Bien loin des grandes manoeuvres politiques, à quelques jours de la rentrée, la préoccupation est ailleurs pour cette famille. - Ca, c'était 2 trucs en promo.
Tu en as toujours besoin. Tu prendras avec les fournitures que tu as déjà. - A 17 ans, il va rentrer en terminale.
Comme chaque année, l'achat des fournitures représente une lourde dépense dans le budget serré de Carole. Elle élève seule son fils sans pension alimentaire. - On ne va pas acheter un nouveau cartable.
Ca va peut-être faire 150. Je table sur 150. Après, malheureusement, il faut acheter un ordinateur.
On fait une cagnotte en ligne de famille pour l'acheter. Je n'ai pas le droit aux allocations de rentrée. Je suis en dehors des clous.
Je gagne trop, mais je ne gagne quand même pas assez. Je n'y ai pas droit. - Carole et son fils vivent en banlieue parisienne. - Il y a de quoi faire des pâtes.
Tu veux des carbos? - Pour essayer de joindre les deux bouts, cette maman célibataire cumule 2 boulots, dont 1 à plus de 100 km de chez elle. 45 à 50 heures de travail par semaine pour gagner 2500 euros chaque mois. - Je vais au-dessus de Chartres.
Je fais l'aller-retour dans la journée. Le lundi soir, je suis crevée. - Le fait de la voir bosser en permanence, ce n'est pas facile.
Chaque fois, le matin, tu la vois, le soir, elle est fatiguée...
Mentalement, c'est lourd. - J'ai un peu honte de ne pas m'en sortir à mon âge. J'ai un peu honte d'être dans cette situation, complètement.
J'ai eu une vie, avant, professionnelle, qui était différente. Financièrement, j'étais beaucoup plus à l'aise. Là, j'ai honte et je n'en parle pas. - A 55 ans, elle a l'impression que ses efforts ne sont pas récompensés.
Elle calcule tout, se prive beaucoup, et quand cela ne suffit pas... - On a tout ça à vendre. - Elle fait du tri dans les placards. - Il y a des paires de chaussures...
On va les nettoyer. - On peut les vendre à 20 balles. - 20 balles, c'est combien de copies? - C'est parfois dur de se séparer de certains souvenirs? - Je me suis séparée d'une bague.
Elle valait de l'argent. C'était super compliqué, à ce moment-là. J'étais au RSA.
J'étais vraiment dans la galère. - Carole vote encore aux élections, mais avec de moins en moins de conviction. Elle se sent oubliée, ne croit pas aux promesses du gouvernement. - Je ne crois pas que ça fasse partie de sa priorité, les classes moyennes. "Serrez-vous encore plus la ceinture." J'ai quand même 55 ans.
Je ne me dis pas que ça va aller mieux demain. Je me dis que ce sera encore plus compliqué. Donc je me demande comment je vais m'en sortir. - Je vois ma mère comme quelqu'un de fort, capable de se relever même s'il y a un rocher qui lui tombe dessus.
Je la connais. Je sais qu'elle serait capable de ça. Je demande juste qu'au vu des heures de travail que fait ma mère, elle puisse vivre correctement.
C'est une requête que je fais aux gens haut placés. - Un combat largement partagé. Selon un récent sondage, les difficultés liées au pouvoir d'achat représentent la 1re source d'inquiétude des Français. - C.Roux: Ce reportage replace bien les urgences là où elles sont.
Quand on a parlé de Meccano politique pendant toute la 1re partie de l'émission, cette réalité n'a pas changé. - F.Dabi: Elle touchera beaucoup plus les Français que les Meccano électoraux, même si les Français vont finir par vouloir un gouvernement.
C'est un reportage chimiquement pur. Il reflète ce que disent beaucoup de Français dans nos enquêtes. L'injustice, ce n'est plus de ne pas avoir de travail.
Le chômage était encore à la rentrée 2018 la 1re préoccupation des Français. Elle n'est maintenant que la 12e ou la 13e. Aux législatives, c'était la 10e.
L'injustice, c'est un travail qui paye mal. Ca a été le carburant majeur du mouvement des "gilets jaunes", avec en plus des facteurs aggravants avec les familles monoparentales. On voit l'absence du père.
Je ne sais pas quelle est la situation exacte de la personne qu'on a vue avec son fils, mais ça marque énormément les Français. Septembre est le mois de l'impatience. Les Français vont se tourner vers le pouvoir d'achat.
On est dans cette situation inédite. Il y a un gouvernement qui n'est pas nommé, démissionnaire, en fin de vie. On a quand même vu les ministres pendant la période olympique.
On a beaucoup vu le ministre de l'Intérieur, qui a été jugé plutôt efficace. La ministre des Sports, A.Oudéa-Castéra...
On est dans ce moment de blocage. Il y a la question du pouvoir d'achat, de l'éducation, qui est la 2e préoccupation des Français derrière la santé... - C.Roux: On n'avait pas exactement le même ordre sur ce qui vient de s'afficher... - F.Dabi: Mais ce sont vraiment ces sujets de santé, d'éducation et de pouvoir d'achat qui ont fortement surpassé la question de la lutte contre le chômage.
Ca aurait pu être vu comme un satisfecit pour les 7 années de Macron au pouvoir. Les Français ne lui ont pas crédité cette question du chômage. - C.Michel-Aguirre: Ce sujet des familles monoparentales est majeur.
Il y a 2 millions de familles monoparentales aujourd'hui. 25 % des foyers et 41 % de ces foyers monoparentaux sont sous le seuil de pauvreté. C'était un sujet dont la précédente Assemblée venait tout juste de s'emparer.
Il y avait un projet de loi transpartisane et la dissolution a tout arrêté. J'ajouterais un bémol. Pour l'instant, on ne voit pas les effets mais on va rapidement les voir dans la croissance économique.
Toutes les décisions d'investissement de l'Etat et des collectivités locales sont au point mort. - J.Jaffré: Moins pour les collectivités locales.
Elles ne dépendent pas...
Elles sont autonomes. - C.Michel-Aguirre: Mais elles dépendent aussi des dotations qui leur sont accordées par l'Etat.
Avant l'été, B.Le Maire avait demandé aux collectivités de faire 2 milliards d'euros d'économies. Cette espèce d'attentisme peut avoir des conséquences sur tous les secteurs économiques qui dépendent de la commande publique.
Je pense en particulier au logement, au BTP. Dans une période d'incertitude, les chefs d'entreprise gèlent les décisions d'investissement tant qu'ils n'ont pas de visibilité, donc on va voir les conséquences, qui pour l'instant sont neutres, et on les aura dans les chiffres économiques rapidement. - C.Roux: Question.
Vous avez en partie répondu à cette question sur le monde économique. - C.Michel-Aguirre: Il y a les services publics mais aussi tous les secteurs économiques en lien avec l'Etat. - J.Jaffré: Derrière, c'est la confiance économique, la confiance dans un avenir...
C'est ça, la condition de l'investissement pour tous les entrepreneurs. On a bien vu dans ce reportage le mot terrible de la personne interrogée: "J'ai honte." Mais elle n'a pas à avoir honte.
C'est ce qui nous fend le coeur. - F.Dabi: Et elle n'a pas le droit de toucher l'allocation de rentrée scolaire, qui a été versée mi-août.
C'est, je crois, 2 milliards d'euros par an. Ces fameuses classes moyennes Sont "trop riches", avec d'énormes guillemets, pour être aidées. C'est dramatique. - C.Roux: On revient à vos questions.
Question. - F.Dabi: Il est autour de 30 %, légèrement au-dessus par rapport à avant la dissolution.
Il y a eu l'acte lourd de la réforme des retraites. - C.Roux: L'effet JO est fini? - F.Dabi: Ca a réactivé quelques atouts qui étaient décernés au président Macron, qui avaient disparu lors des séquences précédentes. - C.Roux: Question. - G.Daret: Il est parti à Bruxelles, normalement, en tant que député européen.
Ce serait vu pour l'instant comme une provocation à l'égard du Nouveau Front populaire, dont il s'est rapidement séparé. Sur France 2, il avait proposé le nom de L.Berger en disant que c'était peut-être celui qui pourrait mettre tout le monde d'accord. - J.Jaffré: Ca n'a pas eu un écho prodigieux. - G.Daret: On verra si ça ressortira dans les jours à venir.
Ces personnalités issues de la gauche, ça va être encore plus compliqué pour E.Macron de les nommer. Ce qui s'est passé hier les a totalement braqués.
Les socialistes disent que ce qu'il a gagné, c'est qu'ils censureront tout gouvernement non issu du Nouveau Front populaire. - C.Roux: Question. - J.Jaffré: Elle inquiète tout le monde.
Ce qu'a déclenché le président avec la dissolution de l'Assemblée, c'est le fait qu'il n'arrive pas à trouver de solution. C'est un facteur d'inquiétude, y compris pour la classe politique. La classe politique s'intéresse aux élections futures.
On parlait de R.Glucksmann...
Est-ce que l'élection présidentielle aura lieu en 2027? Est-ce qu'elle sera avancée? Ca empêche une partie...
On citait Glucksmann, mais on pourrait parler des Républicains aussi. - C.Roux: Ils seront reçus demain. - J.Jaffré: Chacun est dans cette situation où, si E.Macron ne chute pas en termes de popularité, il ne bondit pas en termes de clarification du paysage politique. - C.Michel-Aguirre: M.Le Pen, ça ne la dérange pas trop de voir E.Macron semer le chaos. - C.Roux: Question. - F.Dabi: Je ne le pense pas. - C.Roux: Question.
Cette question est intéressante. Dans ses communications sur le réseau social X, J.-L.Mélenchon a évoqué les organisations, les appelant à se soulever à ses côtés. - F.Dabi: Il avait échoué en 2022.
Il voulait lancer cette grande marche du pouvoir d'achat et les syndicats n'avaient pas suivi. Idem en 2023 pour les violences policières et contre le racisme. Là, ce sera aussi un baromètre de l'intensité de cette crise.
Si toutes les formes sociales manifestantes sont présentes dans la rue, et pas seulement dans des partis de gauche... - C.Roux: Mais vous voyez une sorte de colère?
Après ces appels à la mobilisation, est-ce que ça peut donner une météo un peu inquiétante sur le front social? - F.Dabi: Pour l'instant, pas vraiment.
On est toujours sur une pression modérée. Après la rentrée, s'il ne se passe rien, ça va monter. Les élections ne sont pas soldées alors qu'elles ont été finies électoralement le 7 juillet. - C.Roux: Encore une question pour vous. - F.Dabi: Il y a eu un baromètre.
Elle n'était pas très connue... très fortement devancée par G.Attal, qui ferait plus l'affaire, et ensuite, c'est X.Bertrand. - J.Jaffré: Elle s'est installée comme une personnalité nouvelle qui compte dans le paysage politique.
C'est une ex-éventuelle Première ministre. - C.Roux: Question. - C.Michel-Aguirre: En l'état, rien.
On est dans une situation de proportionnelle. La seule chose qu'on peut dire, c'est que si la proportionnelle avait été appliquée aux législatives, probablement que le Premier ministre serait du RN, puisque le parti qui a rassemblé en volume le plus grand nombre d'électeurs, c'est le RN. - G.Daret: Ca revient comme un argument politique pour essayer de convaincre ceux qui défendent cette proportionnelle d'essayer d'intégrer cette éventuelle coalition.
Le camp présidentiel va peut-être la remettre sur la table. - C.Roux: Question. - C.Michel-Aguirre: On espère.
Rires. - C.Roux: Le cri du coeur... - C.Michel-Aguirre: Ca fait un mois et demi qu'on joue au jeu de bonneteau, aux petits chevaux...
C'est comme les dessins... - G.Daret: Portrait-robot. - C.Michel-Aguirre: On imagine qu'à la fin, un visage... - J.Jaffré: Ca aboutit à la situation où, finalement, quand nous aurons un ou une Première ministre, beaucoup de Français diront qu'il faut lui donner sa chance, qu'il faut que ça fonctionne, qu'il ne faut pas s'amuser à le ou la censurer.
Le long temps d'attente que nous avons eu peut avoir des effets politiques. - C.Roux: Question. - F.Dabi: Il a le droit de le faire, je pense. - G.Daret: Je crois qu'à partir du moment où le gouvernement est démissionnaire... - J.Jaffré: Il est libre, dans sa fonction.
Parfois, il en donne le visage. - C.Roux: On a lu quelques récits pendant les vacances.
Ils ne se parlent plus du tout. Question. - J.Jaffré: En tout cas, il y a une partie de brutalité politique dans cette façon de faire.
Notre téléspectateur parle de cynisme, j'en resterai donc à la brutalité. - C.Roux: Vous pouvez participer à l'émission en scannant le QR code en bas de l'écran.
On se retrouve demain en direct. Cette émission sera rediffusée ce soir aux alentours de 22h30. Très belle soirée.
Emmanuel Macron