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speechyoutube.com· 26 avril 2025 63 min

"L'écologie contre-attaque !" Discours de Marine Tondelier à la Convention d'investiture de Pantin

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Marine Tondelier

Chers partenaires, que je considère aussi comme des amis, comme des camarades de combat, comme nous le sommes tous ici. Je vous dis souvent que je suis emplie de joie et très émue quand je vous retrouve, et c'est toujours vrai, mais je dois vous avouer que là, là, c'est encore bien plus fort que d'habitude, alors merci. Merci à toutes et tous que vous ayez voté pour moi ou pas. Merci à vous qui êtes là aujourd'hui, merci à celles et ceux qui ont toujours été là avant nous, et merci à celles et ceux qui seront là demain, demain, si tout va bien. Et s'ils ajoutent, si tout va bien, vous me voyez venir, c'est pour deux raisons.

La première, c'est que, pour que nous soyons là demain, il faut que notre famille politique résiste, résiste aux soubresauts mortifères qui font parfois la vie politique française. Mais là-dessus, je dois vous dire, je n'ai aucun doute. Je connais votre détermination, je connais votre résilience collective, et vous connaissez les miennes. Vous le savez, vous pourrez toujours compter sur moi. Mais pour que nous soyons encore là demain, il faut aussi que le vivant gagne, gagne contre les destructions à l'œuvre.

Et là-dessus, quelle que soit notre détermination ici, qu'on se le dise franchement, pas pour déprimer, mais parce qu'on mènera la bataille d'autant plus efficacement, que nous serons lucides sur les constats, les choses semblent bien mal engagées. Et un peu plus mal engagées chaque jour d'ailleurs. Climat, paix, développement humain, biodiversité, industrie, services publics, océans. Je pourrais continuer cette liste longtemps parce que nous sentons bien que tout est en train de glisser. Très vite. Aujourd'hui, plus que jamais, nous voyons concrètement les effets et de ce sur quoi les écologistes n'ont cessé d'alerter depuis des décennies. Vous vous rappelez de René Dumont en 1974 ?

Oui, ben vous, c'est normal. J'espère bien. Son col roulé en laine rouge. Son verre d'eau brandit. Et cette phrase restait culte et un peu vintage. Nous allons bientôt manquer d'eau et c'est pourquoi je bois devant vous un verre d'eau précieuse. Eh bien, il avait raison, René Dumont. Mais ça n'a pas suffi à l'époque. Non seulement il n'a pas été écouté, mais en plus il a été moqué, dénigré. Seulement, demandez-leur maintenant aux agricultrices et aux agriculteurs des Pyrénées-Orientales ce qu'ils pensent de la rareté de l'eau. Demandez-leur aux habitantes et aux habitants de l'Est de la France ce qu'ils ressentent quand ils voient le doux s'assécher en quelques semaines.

Demandez-leur aux 189 communes de France qui n'avaient plus accès à l'eau courante à l'été 2023. Demandez-leur à ces habitants de Picardie dont l'eau du robinet n'est plus potable à cause de l'agriculture intensive. Nous avons eu raison, depuis longtemps, avant tout le monde ! Mais que de temps perdu ! Tout ce que nous donnaissons sans relâche depuis des décennies est devenu malheureusement une réalité bien concrète. Personne ici ne s'en réjouit, évidemment. C'est même tout le contraire ! Quelle frustration ! Quel gâchis de se dire que tout cela a été su depuis longtemps ! Que nous n'avons cessé d'alerter, que nous n'avons cessé d'agir ! Que de temps perdu !

Il y aurait de quoi se décourager, mais ça, à nous écologistes, ça n'arrivera jamais ! Ne pensez jamais que vous aurez des écologistes à l'usure. Ce n'est pas le genre de la maison, et c'est même tout le contraire, n'est-ce pas ? Les problématiques environnementales, malgré toute notre détermination, se font trop rares dans les débats politiques et dans les médias. Ça me procure un sentiment vertigineux, façon fable de la grenouille, pas celle qui voulait se faire plus grosse qu'un bœuf, non, on parlera d'Éric Zemmour une autre fois, mais pas aujourd'hui, celle que l'on plonge dans l'eau bouillante.

Vous savez, si vous prenez une grenouille, et que vous la plongez dans un récipient d'eau très chaude, elle s'échappe d'un bond, par réflexe. Elle sauve sa peau. Mais si vous la placez, par contre, dans un récipient d'eau froide, et que vous portez cette eau progressivement à ébullition, alors la grenouille ajuste sa température. Elle l'ajuste en conséquence, elle s'habitue, elle s'engourdit, jusqu'au moment où la température n'est plus tenable. La grenouille ne peut plus s'adapter. Mais elle est aussi trop affaiblie pour s'échapper, et elle meurt. Elle ne l'a pas vue venir, que déjà c'était trop tard. Et nous sommes exactement dans cette situation.

Et vis-à-vis des montées du fascisme, et vis-à-vis des crises écologiques. Et face à ce phénomène, trop souvent, nous voyons des gens autour de nous se comporter comme des somnambules. C'est ça que je ressens, à longueur de journée. Nous vivons au milieu de somnambules. C'est d'ailleurs exactement ce que disait l'historien Christopher Clarke à propos du personnel politique qui, en 1914, n'a pas vu la guerre se profiler. Ou bien qui a refusé tout simplement d'ouvrir les yeux. Notre société est somnambule. Elle ne comprend même plus ce qui lui arrive.

Elle avance, les yeux fermés, elle somnambule, confortée dans cet état par des machins de sable qui pensent faire fructifier leur intérêt ou électoral, ou financier, en la maintenir endormie. Voilà notre problème. Et il est temps de les réveiller. Alors, préparez-vous, l'écologie contre-attaque ! Et c'est à ça que je vais consacrer ce discours. L'écologie contre-attaque. Et on va commencer par Bruno Retailleau. Je savais que ça vous ferait plaisir. Ça marche toujours, Bruno Retailleau. Bruno Retailleau est très représentatif de ce qui ne tourne pas rond dans notre société. Et jusqu'à son plus haut niveau. Il met chaque jour à l'agenda ses propres obsessions racistes.

Il communique, il gesticule, il s'agite, mais il passe à côté des sujets existentiels dont je viens de vous parler. Comme s'il n'y aurait les vrais problèmes, ça lui donnait l'impression finalement de contrôler la situation, l'illusion d'avoir prise, l'illusion de résoudre des choses, l'illusion d'un homme politique, un vrai. Protéger pour quelqu'un comme Bruno Retailleau, c'est ficher, dénoncer, arrêter. C'est faire du chiffre. C'est nourrir chaque jour un peu plus le racisme quitte à faire monter petit à petit le Rassemblement National qui en plus n'avait pas besoin de lui pour ça. Bruno Retailleau a ses sujets préférés. Vous les connaissez ? Vous suivez l'actualité ? Il y en a deux.

L'islam et l'immigration. Un ouragan à Mayotte, il y va, pas pour parler du changement climatique et des phénomènes qui peuvent s'en suivre. Non, il va à Mayotte et il parle de l'islam et de l'immigration. Vous lui parlez de terrorisme d'extrême droite. J'ai essayé cette expérience sur France 2 très récemment. Le terrorisme d'extrême droite dont Interpol, une institution sérieuse, nous explique que c'est la deuxième menace sur nos territoires européens. Il n'a rien à dire. Il répond islam et immigration. Rien à voir, certes, mais vous savez, pour qui n'a qu'un marteau, c'est bien connu, tous les problèmes sont des clous. Séparatisme.

Bruno Retailleau, comme son prédécesseur Gérald Darmanin, n'a que ce mot à la bouche. Ça lui en fait un troisième. Mais le séparatisme, c'est eux. Il stigmatise sans relâche une partie de la population française. Oui, française. Ne leur en déplaise. Il veut interdire à certaines mamans des sorties scolaires au prétexte qu'elles porteraient le voile. exclure des mères volontaires investies de ces moments de découverte, de visite, de partage et donc enlever à des enfants, à des enfants, la joie, la fierté de ces moments de connexion que l'on vit avec sa maman quand elle accompagne une sortie scolaire.

Les priver de ce type de beaux souvenirs pour ne laisser que le goût amer et indélébile de l'humiliation. Mais dans le logiciel de Bruno Retailleau, ça n'est pas grave. C'est même, en quelque sorte, une forme d'avertissement. Ce qui attendra ces mêmes enfants plus tard est présent dans l'école maternelle. Parce qu'il veut aussi, figurez-vous, interdire à certaines jeunes filles de faire des compétitions sportives. Cette petite fille dont la maman n'avait pas pu accompagner la sortie scolaire, plus tard, si elle fait du sport, verra toutes ses camarades participer à la compétition, tous, sauf elle. Nouvelle humiliation.

Il nous parle de laïcité, mais ce qu'il faut, on n'a rien à voir avec la loi de 1905. Ce qui l'organise, c'est une forme de harcèlement, toujours envers la même religion, l'islam, toujours envers le même genre, les femmes. Ce qu'ils envoient aux femmes musulmanes qui portent le voile, c'est un signal, très clair. On va vous faire progressivement disparaître de l'espace public. Ce qu'ils envoient aux femmes musulmanes qui portent le voile, c'est une consigne, très claire. Restez chez vous. Oui, Bruno Retailleau est un séparatiste. Et que nous lui répondons-nous ? Lâchez la grappe aux femmes, lâchez la grappe aux musulmans, les doubles standards, ça suffit.

Donc la maison brûle, Bruno s'adonne à la diversion, à la provocation, et François, lui, a fait passer la politique gouvernementale de l'inaction climatique à la régression climatique. Belle performance. François Bayrou, un Premier ministre qui, dans sa déclaration de politique du début d'année, a quand même osé dire « l'écologie, c'est la solution ». Alors là, vous vous dites « ben quoi, Tondelier, tu pourrais être contente pour une fois ». Eh ben non, je ne suis pas contente et personne ne devrait l'être. Parce que sa solution, il l'a expédiée en 158 mots, avec un satisfait site sur les efforts de la France qui ne respecte pourtant aucun de ses objectifs climatiques.

Il a même réussi dans ce même discours, vous vous en rappelez, à ne jamais parler de biodiversité sauf, sauf, pour mettre une cible dans le dos, pour livrer en pâture les agents de l'Office français de la biodiversité. Agents de l'OFB pour qui je voudrais ici que l'on puisse faire une standing ovation. Levez-vous, on est avec vous, on pense à vous, vous n'êtes pas seuls et aucun écologiste n'est seul dans ce pays. Si pour eux. Je pense que cette profession n'avait jamais été aussi connue que depuis que François Bayrou en a parlé. Alors que leur métier, c'est de protéger notre avenir. Alors que leurs consignes viennent de l'État lui-même.

Pour quel autre corps de fonctionnaire cela s'est-il déjà produit ? D'être ainsi pris pour ci par un Premier ministre ? Aucun. Et ça n'est pas un hasard. Parce que cette attaque contre l'écologie de François Bayrou n'a pas été seulement verbale. elle s'est accompagnée de coupes budgétaires drastiques, plongeant ainsi sous son gouvernement le travail de sape initié par Michel Barnier. Il a un fan dans la salle. Et pour qu'il n'y ait pas de jaloux, c'était le travail de sape de Michel Barnier et de Gabriel Attal. Il a plus de fans. Avec eux, les budgets de l'écologie font aussi vite que la banquise. moins 50% sur ma prime Rénov' pour isoler son logement.

Moins 66% sur le leasing social pour acheter une voiture électrique. Moins 54% sur le fonds vert censé aider les collectivités à faire face aux changements climatiques. Et le plan vélo financé par Elisabeth Borne en 2023, lui, il est carrément tombé à 0 euro. La vérité, c'est que rien ne va ni sur les politiques environnementales, ni sur la justice sociale, ni sur les services publics. Quelle faillite politique, quelle faillite morale ! Alors, on va alors expliquer aux macronistes. Façons Gabriel Attal. Tu casses les services publics, tu abîmes le pays. Tu baisses les impôts des plus riches, tu creuses ton déficit.

Tu réduis les budgets de l'écologie, tu ne respectes pas les accords de Paris. Tu fais une dissolution surprise, on gagne les législatives ! Et Gabriel, et Gabriel, celle-là, c'est juste pour toi. Tu fais confiance à Macron, tu ne dépasses pas les 150 jours à Matignon. Et plus généralement, plus généralement, tu oublies de t'occuper des Français, les Français s'occupent de toi. Bref, rendez-vous aux prochaines élections. J'ai dit élection, ça a calmé tout le monde. Élection. Le mot est lâché. Et oui, nous avons des échéances électorales à préparer.

Alors, je sais qu'il existe dans notre pays une obsession pour la présidentielle, que nombreux sont ceux qui y pensent et pas qu'en se rasant le matin, mais en ce jour de funérailles du pape François, permettez-moi de rappeler ce fameux proverbe du Vatican. Qui entre pape au conclave en sort cardinal ? Autrement dit, le favori sort rarement vainqueur. Et permettez-moi même un second message de service pour notre camp, celui du progrès, de l'écologie, de la gauche. Il est illusoire de penser que nous pourrons réussir l'élection présidentielle sans avoir réussi l'étape des municipales. Ne brûlons pas cette étape. Ne brûlons pas cette étape.

Chez les écologistes, nous en faisons même une priorité. Discussion avec les partenaires, formation, accompagnement des candidats écologistes et de listes citoyennes, mise en valeur du bilan de nos 100 maires écologistes qui démontrent que partout en France, l'écologie, ça change la ville et donc ça change la vie. Vraiment, que l'écologie, ça améliore votre quotidien, que l'écologie, ça rend même possible vos lendemands. Nous, nous vous présenterons tout ça demain. Et nous vous présenterons aussi demain un sondage exclusif dont les résultats confortent et nos actions municipales et nos ambitions électorales.

On vous expliquera aussi demain comment nous allons tout faire pour que les villes écologistes restent écologistes. Pour que les villes de gauche restent des villes de gauche. Évidemment. Et pour qu'un maximum de villes de droite basculent à gauche. Évidemment. Mais petite parenthèse, je dis évidemment, évidemment, mais je constate que sur cette troisième évidence, l'objectif qu'un maximum de villes de droite basculent à gauche, c'est pas forcément évident pour tout le monde apparemment. Ces derniers mois, j'ai sillonné la France en ciblant particulièrement à l'invitation de nos groupes locaux les villes de droite qui n'ont pas de raison de le rester.

Soit parce que leur sociologie électorale démontre que ce n'est pas logique qu'elles soient à droite, soit parce que l'analyse des résultats des dernières élections donnent beaucoup d'espoir, soit parce que leur contexte politique invite qu'une bascule est en préparation. À Lorient, à Mulhouse, à Cholet, à Nevers, à Guim, à La Roche-sur-Yon, à Limoges, à Toulouse, à Saint-Etienne, à Nice, à Metz, à Aubervilliers, à Clichy-la-Garenne, à Palaiso, à Roubaix, nous préparons ! Si votre ville ne figurait pas dans cette liste, appelez-moi. Ok, je viens, Vesoul, quand vous voulez. Nous sommes lucides. Nous savons que ça n'est pas possible partout.

Mais tant ces villes que je viens de citer, je sais que ça l'est puisque je suis moi-même allée vérifier. Alors j'entends ici qu'un tel voudrait partir tout seul, j'entends là-bas que tel ou tel parti ne veut plus être ensemble dans la même pièce, ce qu'on me dit parfois localement. Et sans déconner, je le dis à tous nos partenaires politiques et je le dis aussi à nous-mêmes, il n'est plus possible de priver des habitants de ce pays de politiques plus progressistes juste parce que nous ne serions pas capables de coopérer. Vous ne le faites pas pour vous, vous ne le faites pas pour nous, faites-le pour elles, faites-le pour eux !

Je pense que nous avons un mandat impératif de la salle sur cette opération. Et je vous en conjure. Et ce que je vais dire est valable tout à la fois en interne de notre parti et entre les forces politiques de gauche et écologistes. Valable aussi bien pour les municipales que pour toutes les élections nationales que nous aurons à préparer ensuite. Réservons nos flèches et nos attaques à nos véritables adversaires politiques. Ils ne sont pas dans notre parti, ils ne sont pas à gauche, ils sont en face ! On est différents. Je vous l'accorde, on est différents dans ce parti, on est différents. Avec les autres partis, nous sommes différents.

Mais on ne va quand même pas laisser ces différences créer des différents. C'est deux choses très différentes. On peut discuter sans agresser. On peut échanger sans attaquer. Ne perdons pas notre temps. N'organisons pas nous-mêmes la division. N'organisons pas nous-mêmes la diversion. N'hypothée qu'on pas nos chances, ça suffit, les buts contre son camp. Et ne soyons pas pitié les commentateurs sportifs de notre propre match. celui dont la seule chose qui est attendue de nous, c'est que nous soyons sur le terrain à mouiller le maillot tous les jours, à jouer chaque ballon comme si c'était le match de notre vie parce que oui, c'est le match de notre vie au sens propre comme au sens figuré.

Alors vous allez me dire et c'est logique, comment faire ? La réponse est élémentaire. En réalité, nous avons une seule chose à faire pour battre l'extrême droite. Une seule. Être meilleur qu'eux. Et ça n'est pas impossible. Nous y sommes d'ailleurs parvenus cet été. Vous vous rappelez ? Alors temporairement, certes, mais on l'a fait. On a été meilleurs et on a gagné. Et ça veut dire qu'on peut l'être à nouveau. Ça veut dire qu'on sait le faire. Ça veut dire qu'il ne tient qu'à nous. Alors certes, peut-être que cette dissolution surprise, ça nous a fait l'effet d'un plongeon dans l'eau bouillante. Peut-être que cet été, nos réflexes sont joués à plein.

Mais l'envie de se battre, l'envie de gagner, l'envie de rendre fier le peuple de gauche et le peuple écologiste, normalement, c'est comme le vélo. Ça ne s'oublie pas. Cela étant dit, chacun va prendre ses responsabilités. Comme d'habitude. Et en conscience. Les écologistes l'ont massivement confirmé dans ce congrès. Nous serons fidèles à la promesse de cet été. Et vous ? Merci. Une personne sera là. Vous serez là ou pas ? Voilà, ça va mieux comme ça. Donc, comme c'est réglé les municipales, je peux passer à la présidentielle. Évidemment que ça n'est pas très bien engagé. On ne va pas se mentir et évidemment que ça va être compliqué. Alors, vous allez me dire comment faire ?

Eh bien, qu'est-ce que c'est que cette histoire ? C'est une sorte de suspense. Ne vous en faites pas. Réfléchissez en même temps. Comme ça, peut-être que quelqu'un aura une réponse. Qu'est-ce que c'est que cette affaire ? Ah oui, celle-là, on avait dit que j'improvisais totalement. Comment faire ? Le suspense de l'année. Alors déjà, je vais vous rappeler cette phrase qui est écrite sur mon bureau. Vous la connaissez maintenant, à force que je vous la répète. Je vous la prête. Ceux qui pensent que c'est impossible sont priés de ne pas déranger ceux qui essaient. Et nous, dans cette salle, on essaie. Et après la fable de la grenouille, je vais vous présenter mon nouveau théorème.

Le théorème de l'entonnoir. Un entonnoir, c'est très pratique. À condition de l'utiliser correctement. Vous imaginez bien que le bon usage de l'entonnoir, c'est donc de partir du bout le plus large pour arriver au plus étroit. Jamais l'inverse, sinon, ça ne marche pas. On a des fans d'entonnoir dans la salle qui ne savent pas encore ce que je vais raconter, mais à qui ça plaît beaucoup. Pour la présidentielle, c'est pareil. La partie la plus étroite, c'est la question de quelle personne sera candidate et de comment on la désigne. Évidemment qu'il faudra trouver une solution à ce problème, c'est essentiel, mais pitié, ne commençons pas par là.

Parce que si on commence par là, on est sûr de se planter. On est sûr qu'on n'y arrivera jamais. Commençons par la partie la plus large de l'entonnoir, l'envie de gagner déjà que normalement, nous avons tous en commun. Et puis, passons au problème suivant. Pas forcément évident, mais pas non plus insurmontable, parce qu'on n'y est parvenu cet été. Si nous avons envie de gagner, il nous faut penser à un projet commun, un programme. Et comme nous avons plus de temps que les 96 heures chronos de cet été, prenons le temps d'écouter les Français, d'associer la société civile et organisons tout cela ensemble.

Et alors, et alors et alors seulement, quand nous serons arrivés dans la partie basse de l'entonnoir, nous pourrons nous affronter à la partie la plus difficile du problème, aidée par les lois de la gravité. Et parce qu'il sera de toute manière trop tard et trop coûteux politiquement de s'en défaire, de se défausser, là, on pourra s'occuper de la désignation. Et puisque nous sommes tous pour la VIème République, assumons-le clairement. Désignons une équipe avec un candidat ou une candidate à la présidentielle, bien sûr, mais avec déjà un collectif solide pour gouverner, ensemble. Le mode de désignation que nous mettrons en place, il doit nous ressembler.

La primaire, c'en est un parmi les autres. Je vais être claire, ce n'est pas celle qui a a priori ma préférence. Ce n'est d'ailleurs en général le premier choix de personne, une primaire. Mais disons que si nous ne parvenons pas à nous mettre d'accord sur un des autres modes de désignation possibles, alors on devra se résoudre à l'organisation d'une primaire. D'une primaire ouverte, d'une primaire à l'automne de 1026 au maximum. Et la plus ouverte possible, même, parce que c'est une des conditions de la victoire, l'ouverture. Et si nous devons en arriver à organiser une primaire, j'ai une proposition à vous faire, à vous écologistes ainsi qu'à toute la gauche.

Parce que nous n'en pouvons plus donner collectivement l'impression d'une gauche qui ne s'intéresse qu'à elle-même, qui ne parlerait que d'elle-même. Alors j'ai une proposition à faire pour que cette primaire adresse un message à toutes les Françaises, à tous les Français. Oui, ce que vous pensez nous intéresse. Nous avons si souvent l'occasion de leur démontrer, c'est le moment. Cette proposition, c'est celle d'organiser une primaire, certes, mais une primaire des territoires. Ça veut dire quoi une primaire des territoires ? C'est simple, nos compatriotes, où qu'ils habitent, doivent se sentir concernés.

Chacun doit pouvoir apprécier, quel que soit son territoire, dans quelle mesure ce que les différents candidats, ce que les différents candidats proposeront concrètement pour leur quotidien, pour leurs besoins, pour leurs envies, pour leur avenir, leur convient. Pour partir d'eux, pas de nous. Depuis quand la gauche n'a pas pris le temps collectivement de s'adresser à chaque territoire. Pourquoi sommes-nous si surpris que leurs habitants s'intéressent de moins en moins à nous quand nous parlons trop rarement d'eux ? L'heure est venue d'y remédier ensemble.

Et c'est là qu'on fera reculer le Front National, en occupant le terrain, tous les terrains, en étant spécifiques pour chacun d'entre eux, en étant les plus concrets possibles, connectés à leur quotidien, lucides sur leurs besoins et riches en solutions. Concrètement, comment cela pourrait fonctionner ? J'imagine que nous aurons des discussions approfondies sur le mode de scrutin que cela implique, mais moi, je vais vous dire que ce n'est pas ça qui m'intéresse. Ce qui m'intéresse aujourd'hui, c'est un état d'esprit, l'état d'esprit qui me paraît indispensable si nous voulons que notre camp gagne en 2027.

Nous devons prendre le temps d'organiser des débats dédiés à chaque type de territoire, en plus des sujets régaliens. Par exemple, un débat dédié aux campagnes, avec les campagnes, qui représente 80% des communes françaises. Un débat dédié aux quartiers populaires, avec les quartiers populaires, c'est 1 500 quartiers en France où habitent 5,5 millions de personnes. Un débat dédié aux Outre-mer, avec les Outre-mer, qui couvrent une surface équivalente à 22% de la superficie de la métropole. Qu'on arrête de n'en parler que quand il y a une catastrophe naturelle. Et puis, un débat dédié aux montagnes aussi, avec les montagnards, qui représentent 30% du territoire de la métropole.

Un débat dédié aux littoraux, avec leurs 8 millions de résidents en permanence. Et un débat dédié oui, et avec les 5 Français sur 10 qui habitent dans des grandes villes. Le gros avantage de cette proposition, c'est que ça contribuerait à réparer ce que Macron a cassé. Parce que, c'est quoi au fond le jupitérisme ? C'est la verticalité, c'est le mépris des corps intermédiaires, des associations, des syndicats, c'est le mépris de celles de ceux qui font vivre la démocratie et que je salue. Ils doivent tous pouvoir trouver leur place dans l'élaboration du dispositif que nous proposerons.

Le jupitérisme d'Emmanuel Macron s'est aussi traduit parmi tant d'autres trahisons par l'abandon de sa promesse d'une France plus girondine, plus décentralisée, qui s'appuie sur ses régions et sur la diversité de ses territoires. A la place, nous avons eu un jacobinisme brutal, arbitraire, injuste, passant à côté des réalités concrètes des Français. Et puis, son centralisme jacobin ne s'est pas traduit par davantage d'État. Au contraire, la voilà, la double peine que le macronisme a infligé à notre pays et à ses territoires. Une recentralisation, une verticalité absolue du pouvoir, combinée à une liquidation des moyens de l'État.

Le mouvement social des Gilets jaunes a été l'une des expressions de résistance face à cette brutalité. Et la réponse à ce mouvement social a été d'une violence inédite, inouïe. Nous n'oublierons pas. Nous n'oublierons jamais. Et c'est pour ça qu'on s'est battus avec Marie Pochon pour que les cahiers de doléances issus de ce mouvement soient rendus publics. Et je veux faire ici, à Pantin, le serment que non seulement ces cahiers de doléances ne seront pas oubliés, mais qu'ils seront même au cœur, au cœur des solutions, au cœur des propositions de l'écologie et de la gauche.

C'est aussi de cette volonté qu'est née cette idée d'une primaire ancrée sur les différents territoires, dans les différentes régions qui fondent l'histoire et la géographie de notre pays. Aucune de ces régions ne sera oubliée, car aucune française, aucun français ne le sera. Alors, je fais cette proposition aujourd'hui à notre mouvement écologiste à la gauche, et j'imagine bien qu'il y en aura d'autres. Ces propositions diverses, elles dialogueront ensemble, elles seront amenées à être combinées. Nous serons disponibles et mobilisés pour ça en tant qu'écologistes. Vous le savez.

Dès la semaine prochaine, et je m'adresse donc à nos partenaires, on vous invitera chacun à un échange avec notre direction nouvellement élue. Et alors, on pourra prendre le temps d'analyser ensemble, de discuter comme on le fait toujours, d'essayer de voir où vous en êtes, quelles sont vos idées, quelles sont vos propositions. Et on y arrivera parce qu'on n'a pas le choix. Nous entreprendrons tout pour établir un socle commun sur lequel bâtir de prochaines victoires de notre camp politique.

Mais là, et je m'adresse aux écologistes, cette recherche déterminée d'un cadre commun, ça ne doit pas nous éviter de répondre, en tant que mouvement écologiste, et dans les semaines qui viennent, à deux questions essentielles. La première, si effectivement nous parvenons à ce cadre commun, quel rôle souhaitons-nous que l'écologie joue dedans ? Et comment on s'organise pour cela ? On travaillera et on y répondra ensemble. Deuxièmement, si la gauche et les écologistes ne parviennent pas à mettre en place un cadre commun, que ferons-nous en tant qu'écologistes ? Et ça aussi, on doit l'anticiper et y travailler tout en mettant toutes nos forces dans la bataille pour que ça n'arrive pas.

Notre travail d'écologiste a toujours été d'anticiper, de nous préparer à tous les scénarios, même ceux que nous n'imaginons pas encore. C'est comme ça qu'on a été prêts cet été. C'est comme ça qu'on sera toujours prêts en toutes circonstances. Notre mouvement, il vient de connaître un mandat de transformation dont nous devons être extrêmement fiers parce que je sais que tout le monde ici y a contribué. Cette transformation, c'était une partie de la préparation. Certains chantiers sont à poursuivre, d'autres sont à terminer, mais en ce début de mandat, nous avons de nouveaux chantiers à vous annoncer. Premièrement, l'écologie va contre-attaquer sur le projet.

Dans notre monde devenu si complexe, on a besoin d'actualiser sans chasse son logiciel, de renforcer, de renouveler notre doctrine, notre manière d'appréhender un monde qui change constamment, d'être au plus près des réalités. Au début de cette année, on a installé une nouvelle instance, le pôle projet. Ce pôle projet y rassemble des élus qui soient maires, conseillers municipaux, conseillers départementaux, conseillers régionaux, sénateurs, députés, eurodéputés.

Ils rassemblent aussi nos conseillers thématiques, nos commissions thématiques, des experts extérieurs, des intellectuels, des associations, des ONG, pour nourrir notre réflexion, approfondir notre compréhension du monde et proposer des idées et des programmes qui répondent aux enjeux de ce siècle. Cet espace, ce sera pour notre mouvement à la fois un lieu d'élaboration intellectuelle et un outil de déploiement politique de nos idées. Dès la rentrée prochaine, lors de nos journées d'été qui auront lieu à Strasbourg. Merci pour Strasbourg. Mais je sais que les journées d'été sont un rendez-vous qui vous tient énormément à cœur.

Et bien sachez qu'en plus de tout le reste que vous retrouvez comme d'habitude, on vous fera une restitution des travaux engagés. On vous parlera retraite et temps de la vie. On vous parlera budget, on vous parlera intelligence artificielle, on vous parlera sécurité et protection. On vous parlera de comment on portera l'écologie sur tous les territoires. On vous parlera défense et on vous parlera diplomatie. Mais le projet des écologistes, on veut aussi le nourrir par le terrain, par le savoir citoyen. C'est la raison pour laquelle, d'ici la fin d'année, nous en serons une grande consultation populaire.

Une grande consultation populaire, ça veut dire que chacune, que chacun pourra partager des propositions, des actions, construire avec nous le projet écologiste pour faire face à un macronisme finissant et à une extrême droite qui attend son heure pour faire sombrer le pays dans le chaos. Les écologistes mettront d'ailleurs les territoires au corps dans leur contre-attaque. Pour la troisième année consécutive, nous organiserons à l'automne nos désormais traditionnels universités des ruralités écologistes. Juste avant ça, sortez les agendas, juste avant ça, au mois de septembre, on innovera et on lancera notre première université écologiste des quartiers populaires.

Et tout au long de l'année, tout au long de l'année, je continuerai à revendiquer d'aller parler au-delà du cercle des militants, même si je vous aime beaucoup, d'aller parler au-delà des passionnés, des convaincus, à franchir nos limites en multipliant des réunions publiques inversées partout où vous m'y inviterez. Avec ces réunions publiques inversées, on revendique de se rendre hors des sentiers battus, là où les politiques nationaux ne se rendent jamais, là où on commence par se taire, et oui, par écouter, 30, 40 minutes, les premières questions sont les plus difficiles, et puis il y en a une, deux, trois, on va en général jusqu'à 25.

Et une fois qu'on a écouté tout le monde, parfois même que les débats se sont créés au sein de la salle, entre un chasseur, un agriculteur, une maman qui en a marre d'avoir peur quand elle se promène en forêt, alors seulement on intervient et on répond. À Corelle, dans la Marne, à Carignan de Bordeaux, en Gironde, à Verneuil, en Bourbonnet, dans Lallier, à Pont-au-de-Mer, dans la Manche Ces réunions publiques inversées sont une vraie respiration politique. À chaque fois, certains participants viennent pour la première fois à une réunion politique. Pourquoi ? Parce qu'il se passe quelque chose dans leur village.

D'autres, qui ne portaient manifestement pas les écologistes dans leur cœur, mais à chaque fois, l'alchimie a opéré. Il y a encore, oui, nous le revendiquons et nous l'organiserons, des endroits dans ce pays où on a l'occasion de se mettre autour de la table avec des gens différents, qui viennent par curiosité, puis qui restent, qui osent prendre la parole. Je ne sais pas s'ils repartent tous convaincus, mais je sais qu'ils repartent tous contents. Et je le sais parce qu'ils repartent en nous remerciant. Alors je compte bien poursuivre ce tour de France et même l'intensifier parce que, oui, l'écologie contre-attaque. L'écologie contre-attaque, mais elle engrange aussi des victoires, déjà.

Et ces victoires, elles sont l'objet d'une campagne d'adhésion, de recrutement que nous allons lancer. Les tracts sont disponibles et vous allez repartir chez vous avec.

Et dans ces tracts, on valorise nos réalisations municipales, on valorise nos réalisations parlementaires, sur la constitutionnalisation de l'IVG, sur l'épifas, sur les revenus des paysans, sur la prise en charge des dégâts occasionnés par les retraits et gonflements argiles, sur la sécurité sociale de l'alimentation, sur la reconquête des « et » sur l'ajout de la notion de non-consentement dans la définition pénale du viol, sur le remboursement intégral des fauteuils roulant par la sécurité sociale et sur la taxation des plus riches. Tout ça, c'est grâce à vous. Merci. Chère Cyrielle, cher Guillaume, cher David, transmettez à l'ensemble des parlementaires de vos groupes nos félicitations.

Dites-leur à quel point nous sommes fiers et confirmez-leur que nous serons présents à chaque instant pour permettre toujours plus de victoires. Et à ce propos, à propos de cette taxe dite « Zuckman » adoptée en février à l'Assemblée et qui passera dans notre niche parlementaire du 12 juin au Sénat. Vous l'avez compris parce que ça vous avait été présenté cet après-midi. Nous lançons dès demain une grande mobilisation de terrain et on compte sur vous parce que oui, l'écologie contre-attaque. Je vais vous faire plaisir, je vais parler de lignes. J'ai vu que ça manquait à certains, je ne pense pas qu'ils parlaient des 5 kilos que j'ai pris pendant ce congrès. Donc nous allons parler de lignes.

Dans ce combat, on a des amis, on a des alliés, mais on en a beaucoup plus que nous le pensons. J'ai été moquée, oui, oui, pour avoir dit que nous devions arriver aux millions d'écologistes d'ici 2027. Mais, chers amis, nous sommes déjà plus d'un million d'écologistes dans ce pays. Des militants politiques, des militants associatifs, des avocats du vivant, des entrepreneurs, des amoureux de la nature qui sont émus quand ils se promènent en forêt au Quiriev devant les documentaires célébrant la vie sauvage.

Des paysannes, des paysans, des ouvrières, des ouvriers inquiets pour l'avenir de leur métier, des familles touchées par les maladies environnementales, des personnes en situation de précarité qui ont bien compris que la solution durable à leurs problèmes nécessite un changement radical de modèle et un nouveau pacte social juste et partagé. Tout cela sont des écologistes même si certains ne le savent pas encore. Nous avons beaucoup d'alliés, nous pourrions en avoir bien plus et je vais même aller plus loin. je suis convaincue que chaque Française, que chaque Français a dans un coin de sa tête un écologiste qui sommeille en lui. 66 millions d'un coup.

Qu'il y soit sensible ou pas, qu'il ait choisi de l'écouter ou pas, au fond de lui, nous sommes en 2025, évidemment que tout le monde sait. Peut-être au fond, mais tout le monde sait. et notre travail, c'est de réveiller cet écologiste qui sommeille. Alors, je vais être claire, il y en a qui savent déjà mais qui ne bougeront pas. Ce sont les 1%, les 1% qui ont intérêt à ce que rien ne change jamais. Mais cela nous laisse 99% de personnes réveillées ou prêtes à l'être. Voilà pourquoi je vous propose désormais de parler d'une écologie des 99%. L'écologie des 99%, cela signifie, nous sommes, nous, écologistes, les 99% contre les 1% qui ont intérêt à ce que rien ne change.

Parce que oui, il y en a qui profitent de la crise climatique et qui l'aggravent sans cesse. Oxfam le rappelait dans son rapport de 2023, les 1% les plus riches émettent autant de CO2 que 2 tiers de l'humanité. Les 10% les plus riches sont responsables de la moitié des émissions mondiales. Et vous savez le pire, c'est que chaque année, les émissions des 1% les plus riches annulent les économies carbone réussies grâce à l'équivalent d'un million d'éoliennes, soit plus que l'ensemble des éoliennes qui existent dans le monde. Non seulement ils sont le problème, mais en plus ils empêchent les solutions.

Alors oui, nous voulons l'écologie des 99%, celle qui rassemble, celle qui mobilise, parce que ceux qui ont intérêt à ne rien faire sont une infime minorité qui pourtant pèse de tout son poids dans notre monde. Et ça n'a rien d'une fatalité. Comme le rappelait Étienne Delabaud ici dans son discours de la servitude volontaire, ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. Alors relevons-nous, remobilisons-nous et mobilisons autour de nous. Vous allez en entendre parler de l'écologie des 99%, mais on va parler aussi d'une écologie qui tend la main. Non, on ne pointe pas du doigt, nous. Quoi qu'en disent nos détracteurs, nous tendons la main.

C'est notre manière de faire de l'écologie politique et c'est d'ailleurs la seule manière d'en faire. Justice sociale, justice environnementale. L'écologie qui tend la main, c'est celle qui développe les ordonnances vertes à Strasbourg pour les femmes enceintes. L'écologie qui tend la main, c'est une maison des femmes à Besançon pour que les femmes victimes de violences soient accueillies et accompagnées en toute sécurité. L'écologie qui tend la main, c'est aussi les vacances pour tous à Poitiers ou un service d'accompagnement gratuit favorisant la mobilité des seniors contre leur isolement à Tours.

L'écologie qui tend la main, c'est celle qui met en place le 100% bio et local dans les cantines dorées dans le Morbihan. L'écologie qui tend la main, c'est l'ouverture d'un hôtel d'entreprise ESS dans le quartier populaire Saint-Michel à Bordeaux. L'écologie qui tend la main, c'est une centrale solaire citoyenne à Luxurode qui produit chaque année l'électricité dont a besoin le village. L'écologie qui tend la main, c'est 100% de logements sociaux rénovés ou en cours de rénovation à Lille-Saint-Denis. L'écologie qui tend la main, c'est celle qui assure la gratuité des premiers mètres cul de dos à Lyon. Ça vous paraît punitif à vous tout ça ? Moi non plus.

L'écologie qui tend la main, des dépenses en moins pour vivre mieux, l'équivalent en gain de pouvoir d'achat d'un 13e mois écolo. Voilà ce qui est au cœur de l'écologie que je défends. Cette écologie des 99%, cette écologie qui tend la main. Et cette écologie n'est pas annonciatrice de mauvaises nouvelles. En tant qu'écologiste, nous devons veiller à cela. Sinon, on sera juste vu comme des oiseaux de mauvaise augure. Nous parlons beaucoup des finitudes et nous avons raison de le faire. Limites planétaires, épuisement des ressources, effondrement des espèces, raréfaction de l'eau.

Nous parlons beaucoup des finitudes et nous avons raison de le faire, mais l'écologie, ce n'est pas que penser nos finitudes. L'écologie, ce n'est pas que les fins, c'est aussi l'infini. C'est l'infini des relations. Et pour comprendre cela, eh bien, il faut revenir à ce qui fait la base de l'écologie. Avant même d'être politique, l'écologie, c'est une science. la science qui étudie les interdépendances, les interactions des êtres vivants entre eux et avec leur milieu. C'est sans doute pour cela que notre capacité à dialoguer avec tous nos partenaires est instinctive. Elle n'a rien au hasard, elle vient de loin. Et ces relations-là, ces interdépendances, sont d'une richesse infinie.

Elles ne sont pas que prédation, chaînes alimentaires, parasitage. Elles sont aussi symbioses, solidarité, entraide, créativité. C'est ça aussi, l'écologie, c'est s'adapter, c'est la résilience, ce sont des solutions, c'est le désir et la force de la vie et ça se défend avec enthousiasme, avec le sourire et avec vous. Bref, oui, nous avons une ligne politique. L'écologie, précisément, telle que je viens de vous la décrire, est adossée à un plan d'action qui vous a en partie été annoncé. Mais on a aussi une ligne stratégique, tout aussi claire.

Et alors, je vais le dire une bonne fois pour toutes, à toutes celles et ceux qui nous sommes de choisir entre deux partenaires de gauche comme s'il était impossible et même souhaitable de ne travailler qu'avec l'un ou qu'avec l'autre. Non, nous ne choisirons pas. Peut-être que des partenaires choisiront à notre place. Nous ne le souhaitons pas. Mais peut-être que certains choisiront à notre place en s'isolant, en refusant de travailler avec les autres. Mais nous, nous ne choisirons pas. Et je peux vous le dire en toutes les langues si vous voulez. Mais j'en parle que d'eux. Et le fait de ne pas choisir, ce n'est pas un renoncement. Ce n'est pas de l'indécision.

Ce n'est pas un manque de ligne. C'est précisément une affirmation stratégique. C'est notre ligne. Nous ne choisirons pas. Et ce n'est pas seulement notre ligne. Il se trouve que c'est l'aspiration profonde du peuple de gauche et de l'écologie. Celle qui s'est exprimée dans un grand élan de participation et de soutien cet été. Vous vous rappelez quand nous avons démontré par l'exemple que les gauches même fâchées, les gauches irréconciliables, ça n'existe pas. Donc oui, nous écologistes avons une ligne stratégique. Et cette ligne, c'est l'antifascisme. Et sincèrement, dans la situation dans laquelle nous sommes, ce n'est même pas vraiment un choix à faire.

C'est un réflexe qui doit tous nous mettre en mouvement. Regardons la situation en face. Il y a 80 ans, en avril et en mai 1945, les derniers camps de concentration et d'extermination nazi étaient libérés. Commençait alors une longue prise de conscience de l'ignominie absolue dont le régime nazi et ses complices s'étaient rendus coupables. Il a fallu des décennies pour que l'inimaginable devienne dissible et audible pour que nous prenions conscience de ce qui avait été commis. Et de ce cauchemar réel est né un rêve. Celui d'une mémoire conservée qui nous inspirait un espace de paix et de valeur qui nous prémunirait pour toujours de la bête immonde.

Ce rêve, c'est ce que nous avons tenté et tentons de bâtir ensemble avec l'Union européenne. Mais au moment où je prononce ces mots, nous constatons que ce dont nous pensions être préservés pour toujours se réveille avec une puissance jamais connue depuis un siècle. Les forces obscures du néo-nazisme, du néo-fascisme, du néo-pétainisme se répandent. Au révisionnisme historique se mêle un révisionnisme politique qui aujourd'hui banalise l'extrême droite, relativise la menace absolue qu'elle représente. On l'a dit aux portes-pouvoirs, aux portes du pouvoir, mais enfin, elle en a déjà franchi le seuil.

Et pourtant, une forme de torpeur semble nous maintenir dans des considérations tactiques, dérisoires, alors même que nos démocraties basculent, que la régression réactionnaire, raciste et totalitaire prenne l'ampleur. Je vais vous dire les choses simplement. Et je veux l'affirmer en notre nom à tous. Pour ce qui nous concerne, nous écologistes, avoir le sens du tragique de l'histoire, ce n'est pas ce qu'on plaire dans des concours d'éloquence, ce sont des actes. Parce que face à la bâtiment, la seule ligne claire qui vaille se renume en un mot, antifascisme. Voilà notre programme. Voilà notre programme, notre stratégie, notre ligne et ce que nous sommes fondamentalement antifascistes.

Merci Imède pour cette improvisation et pour ce grand moment d'autogestion finalement dont ce parti a le secret. Et je pense que maintenant c'est comme ça clair pour tout le monde. Voilà ce que l'écologie a toujours été. Sans ambiguïté, sans oui-mé, sans circonvolution, antifasciste, voilà notre cap clair. Puisque le poète a toujours raison comme l'affirmait Aragon, citons-le, quand les blés sont sous la grêle, fou qui fait le délicat, fou qui songe à ses querelles, au cœur du commun combat. et donc oui, face à la menace existentielle, notre devoir de mémoire et notre devoir d'espoir nous hurlent la même exigence. L'unité de la gauche, de toute la gauche et en son cœur, l'écologie.

Et cela concerne aussi bien la France, aussi bien l'Europe, chers vous-là, que le monde. Parce que oui, nous faisons face aujourd'hui à une véritable internationale fasciste. Elle a ses réseaux, elle est bien organisée et l'un de ses chefs, oui, occupe le bureau Oval à Washington. N'applaudissez pas Donald Trump. Parce qu'avec Trump, chaque jour apporte son lot d'absurdité et de danger. La situation est trop grave. Parce qu'à la crise climatique et politique, s'ajoute une crise géopolitique sur laquelle nous devons là aussi être très clairs et très fermes. Les trois crises sont liées.

Parce que les coupes budgétaires de François Béroud, celles qu'il s'apprête à réitérer, au nom de quoi sont-elles souvent justifiées ? Au nom de la situation géopolitique ? Au nom de l'Ukraine ? Et bien sûr qu'il faut tenir compte de cette situation. Bien sûr qu'il faut aider l'Ukraine. Bien sûr qu'il faut faire des efforts. Mais pas en dépit du bon sens. Pas sur le dos des plus vulnérables et pas sur le dos de l'écologie. Peu pas envisager uniquement la guerre sans interroger ces causes. Ce qui intéresse Trump ou Poutine en Ukraine, ce sont des ressources, ce sont bien des terres rares, ce sont encore et toujours des questions qui sont des questions écologiques.

Donc oui, nous pensons qu'il faut agir, évidemment, mais dans notre arsenal, nous ne pouvons pas nous contenter de n'avoir que des bombes et des munitions. Il nous faut aussi de l'écologie. Il nous faut de l'isolation de nos maisons. il nous faut des énergies renouvelables, il nous faut de la souveraineté industrielle pour arrêter de financer leur guerre par nos dépendances. Et avec l'écologie, et avec l'écologie, et ce finirait par là, il nous faut le pacifisme. Évidemment, il y a toujours deux manières d'envisager le pacifisme. Soit le refus absolu de la violence qui condamne par principe toute intervention militaire soit la préférence pour la paix.

Ce qui suppose de tout faire pour empêcher les conflits armés, d'agir diplomatiquement, d'analyser les causes profondes. Mais ce qui nécessite aussi la possibilité d'un recours à l'intervention militaire, notamment dans les situations d'agression. Nous, les écologistes, nous ne sommes jamais trompés de pacifisme. Nous savons que refuser par principe toute violence, c'est se retrouver désarmé face à des adversaires qui, eux, n'hésitent pas à l'utiliser. Le refus du conflit, cela équivaut ici à donner la carte blanche à l'impérialisme. Dans ce domaine, comme dans d'autres, nous refusons l'inertie et l'aveuglement.

Le pacifisme, notre pacifisme, ce n'est pas la passivité, c'est l'affirmation renouvelée d'une volonté de paix. Et si la paix nécessite des mesures fortes, alors il faut les prendre. Parce que la lâcheté, ce n'est pas dans notre ADN et l'encompromission non plus. Nous refusons sur ce point, comme sur d'autres, le double standard. Oui, je vais être très claire, encore et encore, tant qu'il le faudra. Nous voulons, nous, en terminer avec ce double standard scandaleux qui conduit à condamner la Russie pour invasion de l'Ukraine et à fermer les yeux sur le génocide en cours à Gaza. les morts des uns sont aussi intolérables que les morts des autres.

Pas de double standard, pas de différence de regard, pas de différence de jugement. Quand c'est introce, quand c'est injuste, quand c'est criminel, nous le disons, nous le condamnons et nous nous y opposons. Face à ces crises géopolitiques, démocratiques, climatiques, nous avons, nous, écologistes, une responsabilité historique, celle d'être à la hauteur, de ne pas succomber à notre tour à l'inertie, de ne pas devenir comme tant d'autres des somnambules. Et si vous doutez parfois, pensez à ce que disait Jean Jaurès. L'histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements. Mais elle justifie l'invincible espoir.

Alors oui, soyons attentifs aux leçons de l'histoire. Soyons surtout pleins d'espoir pour la suite. Dans les ténèbres que l'on sent mentés partout autour de nous, pensez au poisson des abysses qui vit dans l'obscurité totale à 2000 mètres sous l'océan. Il a appris au cours de sa longue évolution à générer sa propre lumière. Oui, si l'histoire nous enseigne bien des choses, la nature le peut aussi. Savoir tirer les leçons de l'une et de l'autre, être à l'écoute des deux, cela a toujours été au cœur de l'identité de ce parti, ce parti à la tête duquel je suis si heureuse et si fière d'avoir été réélue grâce à votre confiance.

Alors, ne lâchons rien, contre-attaquons pour que vive l'écologie, pour que vive l'Europe et pour que vive la France. Sous-titrage Société Radio-Canada

"L'écologie contre-attaque !" Discours de Marine Tondelier à la Convention d'investiture de Pantin — Marine Tondelier · Pourquijevote