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InterviewFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 24 juillet 2023 40 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieTravail & emploiSolidarités & famille

Est-ce la fin des boutiques ?

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 44 %Attaque 26 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:48OuverteRéponse directe

    Faites-vous encore les soldes ? Est-ce toujours intéressant selon vous, surtout en période d'inflation ? Ou à l'inverse, pourquoi avez-vous déserté les magasins ?

  • 2:51OuverteRéponse directe

    Quel est votre sentiment par rapport au sentiment qu'ont beaucoup de Français de gâchis au niveau des vêtements, et notamment en période de soldes ?

  • 4:19OuverteRéponse directe

    Est-ce que ce sont des choses dont les Français parlent de plus en plus ?

  • 6:10RelanceRéponse directe

    Est-ce que c'était nécessaire cette semaine supplémentaire de soldes ?

  • 7:18OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il y a un désintérêt pour les soldes ?

  • 9:03OuverteRéponse directe

    Quelles sont les raisons de cette crise ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:11InvitéChiffre
    « Beaucoup d'enquêtes nous disent qu'en raison du contexte inflationniste qui pèse sur le pouvoir d'achat, un très grand nombre de Français, je crois que c'était trois quarts des Français, selon Cantar, en début d'année, sont obligés de renoncer à leur viré shopping. »
  • 4:30InvitéChiffre
    « 58% de Français qui pensent en 2023 qu'il faut que les magasins proposent des vêtements d'occasion, et c'était 85% un an auparavant. »
  • 5:06InvitéFait
    « la loi ALGIEC interdit les producteurs de vêtements de brûler, comme c'était le cas auparavant »
  • 24:15InvitéChiffre
    « le marché de la seconde main est évalué aujourd'hui environ 1,2 1,5 milliard d'euros en progression très forte ces dernières années »
  • 27:24InvitéChiffre
    « on chiffre à peu près à 14% des vêtements achetés qui sont des vêtements d'occasion »
  • 29:38InvitéChiffre
    « l'acteur que vous citiez fait près de 70% de part de marché sur ce marché de la seconde main »
  • 33:20PrésentateurChiffre
    « on chiffre à peu près 15% de journées qui sont faites chez soi »
  • 36:24InvitéChiffre
    « nous étions en fin d'année sur un an à une augmentation sur le marché de l'habillement de 2,6% »
  • 36:39InvitéChiffre
    « l'alimentation à du plus 14, 15 voire plus »
  • 37:42InvitéFait
    « le gouvernement a proposé d'ouvrir un travail sur ce sujet-là des loyers et du bail commercial à la rentrée du mois de septembre »

Temps de parole

  • Invité28 %
  • Présentateur26 %
  • Présentateur 220 %
  • Auditeur12 %
  • Auditeur 24 %
  • Auditeur 33 %
  • Auditeur 43 %

1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter. France Inter. Le téléphone sonne. Il y a celles et ceux qui cherchent un nouveau short ou une robe pour frimer cet été. Le maillot de bain que personne d'autre n'aura sur la plage quand certains en profitent pour anticiper la rentrée et faire de bonnes affaires sur le cartable ou le nouveau manteau du petit dernier. Le tout en essayant de calculer le rabais de tête dans le rayon. Et c'est pas facile, 80 euros moins 60%, c'est pas évident pour tout le monde. Les soldes indissociables de l'été, est-ce encore si vrai ?

A l'heure où les promotions se multiplient, où il suffit d'un peu de 4G pour acheter tout ce qu'on veut quand on le veut avec son smartphone et où les friperies ont la cote parce que c'est écolo. Faites-vous encore les soldes ? Est-ce toujours intéressant selon vous, surtout en période d'inflation ? Ou à l'inverse, pourquoi avez-vous déserté les magasins ? Et puis alors que les liquidations et les redressements se multiplient pour les enseignes de prêt-à-porter, vitons la fin des boutiques. Pour en parler, posez vos questions à nos invités jusqu'à 20h. Ça passe bien sûr par le standard d'Inter 0145 24 7000, par mail ou par l'application France Inter rubrique réagir. C'est le téléphone sonne.

Bonsoir, bienvenue. Et bonsoir Dominique. Oui, bonsoir. Vous êtes à Toulon et c'est vous qui levez le rideau de cette émission, si j'ose dire. Vous vous appelez donc de Toulon. On vous écoute pour votre question.

1:33
Auditeur

Oui, écoutez, moi ce n'est pas une question, c'est plutôt un constat. Je suis effarée de voir le nombre de boutiques qui vendent des affaires, des vêtements cheap and nasty, disaient les anglais, pas beau, pas cher, qui sont jetés très vite, changés. Il y a une montagne de fringues partout. Je suis bénévole au Secours Populaire. Il faut voir ce qu'on reçoit. Il faut savoir qu'il n'y a même plus de sociétés qui recyclent les vêtements, par exemple dans le Var. Donc vous imaginez où ça part pour la plupart. Et puis je suis désolée pour les gens qui travaillent dans les boutiques de vêtements, mais c'est un changement systémique qu'il nous faut.

Il faut arrêter, il faut acheter de l'occasion, il faut acheter moins. Voilà.

2:13
Présentateur

Merci Dominique. Au moins, le constat est posé. Et pour en parler, merci pour cette première question, pour en parler avec nous ce soir. Johan Petiot, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes directeur général de l'Alliance du Commerce, qui regroupe des grands magasins, des enseignes de l'habillement et de chaussures. Pascal Ebel, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes spécialiste de la consommation, directrice associée de Seaways, une société de conseil. Et puis un peu plus tard dans cette émission, nous serons en ligne avec Julien Paulet, directeur général de l'enseigne d'habillement ProMode.

Sur cette première question de Dominique, qui met les pieds dans le plat, si j'ose dire, Johan Petiot, peut-être, quel est votre sentiment par rapport à ce sentiment, qu'ont beaucoup de Français parfois de gâchis au niveau des vêtements, et notamment en période de solde, de surconsommation peut-être ?

3:00
Invité

Alors, surconsommation, encore faudrait-il que tous les Français soient dans une situation de pouvoir surconsommer. Beaucoup d'enquêtes nous disent qu'en raison du contexte inflationniste qui pèse sur le pouvoir d'achat, un très grand nombre de Français, je crois que c'était trois quarts des Français, selon Cantar, en début d'année, sont obligés de renoncer à leur viré shopping, ce qu'on appelait la viré shopping, ce qui fait aussi partie plaisir de vivre, parfois, pour aller se promener dans un centre-ville et se faire plaisir le samedi quand vous êtes en famille.

Donc oui, on a un vrai problème de pouvoir d'achat, qui peut-être d'ailleurs, pour en venir au sujet d'aujourd'hui, redonne un véritable intérêt aux soldes, parce que les soldes, c'est avant tout un prix bas, en tout cas plus attractif que le prix en période normale, et c'est vrai que depuis de nombreuses années, on disait les soldes sont morts, les soldes sont morts, Or, cette année, on a eu un démarrage des soldes extrêmement puissant, extrêmement fort, et nous, on a fait un bilan après 15 jours, et le bilan est plutôt positif pour cette période de soldes d'été, très certainement dure à la poussée inflationniste, qui contraint le pouvoir d'achat des Français, et qui redonne de l'intérêt au prix que l'on peut trouver durant les soldes.

4:13
Présentateur

On va y revenir, bien sûr, sur le bilan des soldes, mais juste, Pascal Hébel, un mot, vous aussi, sur ce commentaire, et sur, encore une fois, l'impression de ce trop-plein de vêtements, est-ce que ce sont des choses dont les Français parlent de plus en plus, j'ai envie de dire ?

Oui, on voit vraiment que dans les enquêtes, on a de plus en plus de consommateurs, notamment, là j'ai un chiffre, 58% de Français qui pensent en 2023 qu'il faut que les magasins proposent des vêtements d'occasion, et c'était 85% un an auparavant, donc il y a une vraie prise de conscience qui est très forte en France, je rappelle des chiffres, les Français sont les troisièmes à se préoccuper le plus du changement climatique, derrière les Néerlandais, les Australiens et les Allemands qui arrivent juste à côté, donc on a vraiment cette prise de conscience qui est très très forte, dans un contexte où, en effet, il y a en plus des réglementations qui font qu'on n'a plus le droit de jeter des vêtements, rappelons-le quand même, la loi ALGIEC interdit les producteurs de vêtements de brûler, comme c'était le cas auparavant, donc il y a cette prise de conscience qui fait que le secteur de l'habillement, depuis plusieurs années, est en baisse, en fait, c'est quelque chose qui se voit depuis la dernière crise économique, 2008, mais rappelons qu'il y a quand même des populations qui, et c'est ceux qui cherchent le plus les soldes, c'est ceux qui ont des enfants, en fait, c'est quand on a des enfants qui grandissent, on a besoin de vêtements, et donc c'est pour cette raison que les soldes sont, en effet, un petit peu plus recherchés cette année, en raison de la baisse du pouvoir d'achat, du ralentissement du pouvoir d'achat lié à l'inflation.

Alors, je rassure tout de suite, Dominique, et celles et ceux qui pourront nous appeler sur cette thématique, on va dire, qui regroupe notamment la seconde main, on va en parler un peu plus tard dans cette émission, mais d'abord, revenons sur les soldes, ils ont été rallongés d'une semaine, parce qu'ils ont commencé, alors que la France vivait les émeutes, qui ont fait suite, je le rappelle, à la mort de Naël, cet adolescent tué par un policier après un contrôle routier, c'était le 27 juin, est-ce que, Johan Petiot, c'était nécessaire cette semaine supplémentaire ? Il dure jusqu'au 1er août, du coup, les soldes.

6:18
Invité

Oui, c'est ça, ça fait maintenant 3 ans qu'on était passé à 4 semaines, et là, donc, la ministre a proposé à la suite des émeutes, comme on l'avait dit, de prolonger d'une semaine.

Écoutez, nous, nous y étions favorables, non pas tant pour l'apport d'activité que ça risque de représenter, parce qu'on sait que ce qui marche dans les soldes, c'est généralement les 5, 10, 15 premiers jours, c'est la première période qui est la plus forte et la plus impactante, mais de nombreuses enseignes, nombreux commerçants voulaient quand même pouvoir profiter de l'argument, on va dire, commercial des soldes, encore une semaine pour peut-être avoir un argument de plus pour attirer un peu de fréquentation dans leurs magasins dans une période fin juillet début août, dont on sait que c'est souvent une période assez faible, en fait, très très peu dynamique, donc si ça peut permettre de dynamiser un peu l'activité début août, voilà pourquoi nous y étions tout à fait favorables.

7:04
Présentateur

Et vous le disiez, bilan plutôt positif, en tout cas par rapport à l'an dernier, on est d'accord ? Par rapport à l'an dernier, oui, en effet. Pascal Hébel, sur les comportements, je dirais, des Français sur les soldes, je lisais, sondage Opinion Way pour Marc Avenue, juste avant le début de ces soldes, 40% des Français attendaient les soldes d'été avec impatience, autre sondage IFOP pour Spartou, un quart des Français renoncent totalement aux soldes, est-ce que ces chiffres, ils sont nouveaux ? Est-ce que c'est ce que vous constatez, vous aussi ? Est-ce qu'il y a un désintérêt, finalement, pour les soldes ?

Alors, moi, ce que j'observe en déclaratif, si les Français déclarent attendre toujours ou parfois les soldes pour acheter des vêtements, ça a un petit peu augmenté, c'est les trois quarts des Français, donc ça a augmenté de 3-4 points par rapport à 2019, en raison, en fait, vraiment du problème d'inflation. Il y a deux raisons pour lesquelles on fait les soldes. La moitié le font par plaisir, donc, en effet, le shopping, et l'autre moitié par nécessité, et c'est la part de ceux qui le font par nécessité qui est en train d'augmenter. Donc, cette année, on est dans ce moment où on a un petit peu plus besoin de faire des affaires.

Par contre, on a vraiment un rejet qui est de plus en plus fort de l'achat de vêtements neufs, en fait. C'est plutôt ça qui, aujourd'hui, est critiqué. Les Black Friday, enfin, toutes ces fêtes qui incitent à consommer plus, qui vont créer un petit peu plus de rejet dans les populations qui ont moins de difficultés économiques, en fait, et notamment du côté de ceux qui achètent le moins de vêtements, c'est les plus âgés.

C'est-à-dire que quand on a nos plats, car plein, on achète moins, et donc ceux qui n'ont déjà des choses chez eux n'ont pas cette nécessité de s'équiper, et donc c'est plus facile pour ces personnes-là d'être dans ce qu'on appelle la sobriété, de consommer moins, en vêtements notamment. On peut parler aussi du contexte, et là, je vais me tourner de nouveau vers vous, Yohann Petiot.

Si je fais une petite liste, ou grande liste, malheureusement, Camailleux, liquidation judiciaire, plus de 500 magasins fermés, 2600 licenciements, fin 2022, Sandmarina, liquidation judiciaire, 160 magasins, 600 emplois supprimés, Pimki, 250 emplois supprimés d'ici 2027, Koukai, redressement judiciaire, 26 magasins fermés aussi chez Burton, des difficultés chez Gap, chez Caporal récemment, Jennifer qui a demandé son placement en redressement judiciaire, ça fait beaucoup. Quelles sont les raisons de cette crise, Yohann Petiot ?

9:35
Invité

Il y a toujours des raisons propres à chacune de ces entreprises. Quand vous avez des difficultés, il faut d'abord regarder chez soi, et chacune de ces entreprises, il y a derrière des raisons financières, des raisons d'offres aussi. Certaines entreprises ont peut-être moins travaillé leurs offres, mais quand on a une succession de difficultés telles que celles qu'on connaît quand même depuis l'automne dernier, il faut quand même prendre un peu de hauteur et regarder ce qui se passe ou ce qui va mal sur notre secteur.

Et ce qui va mal sur notre secteur, c'est très simple, c'est que vous avez d'un côté une activité qui est extrêmement faible, nous on a fait le bilan sur le premier semestre, on est à 0% d'augmentation de chiffre d'affaires, donc une activité qui stagne par rapport à l'année dernière, et dans le même temps, vous avez des hausses de coûts extrêmement importantes, que ce soit en amont sur la production avec l'énergie, les matières premières qui ont fortement augmenté, que pour la commercialisation où on a les salaires qui ont augmenté, les loyers en magasin qui ont fortement augmenté.

Et donc, toutes ces entreprises-là font aujourd'hui face à un effet de ciseau, et donc elles ne peuvent plus faire face à leurs charges. Et donc, ce qui pose problème aujourd'hui en réalité, c'est le poids des magasins chez toutes ces enseignes. Et donc, ce que l'on voit, et vous l'avez très bien dit, c'est la restructuration des réseaux avec beaucoup de boutiques qui ferment, parce que le modèle d'une enseigne avec un réseau de proximité comme vous pouvez l'avoir peut-être, Camailleux, avec 600 magasins en France, ça, aujourd'hui, c'est extrêmement difficile à maintenir quand on a des coûts d'exploitation qui ne font qu'augmenter et une activité qui baisse.

Juste deux chiffres pour vraiment bien s'en apercevoir. Sur les dix dernières années, l'activité, le marché de l'habillement a baissé de 9%. Dans le même temps, c'est un chiffre de l'IFM, et dans le même temps, les loyers ont augmenté automatiquement de 18%. Et donc, on voit bien que ce n'est plus tenable, d'autant plus que les enseignes n'ont pas que le magasin à payer. Elles ont aussi une activité en ligne qu'il faut qu'elles développent. Donc, ça veut dire des investissements sur Internet, dans le marketing digital, sur les réseaux sociaux. Tout ça est extrêmement coûteux pour une enseigne.

Et quand on a une activité extrêmement faible comme on l'a maintenant depuis plusieurs mois et plusieurs années, il y a souvent des difficultés pour les entreprises qui ne peuvent pas faire face.

11:47
Présentateur

Si je vous entends bien, l'inflation, elle concerne donc le consommateur et aussi le commerçant. Exactement,

11:52
Invité

elle concerne aussi le commerçant. On a eu l'année dernière des pics extrêmement élevés de hausse de coût du transport maritime. Aujourd'hui, même si aujourd'hui, c'est redevenu à un niveau un peu plus normal, les dépenses d'énergie ont aussi été extrêmement élevées. Il faut bien comprendre que même s'il y a eu des mécanismes de soutien, par exemple, sur les dépenses d'énergie mis en place par le gouvernement, les enseignes, les réseaux n'ont pas pu bénéficier de ces aides-là dans leur très grande majorité. Donc aujourd'hui, oui, elles font face à une hausse des coûts qu'elles ont du mal à assumer quand l'activité baisse.

12:19
Présentateur

Il y a aussi de l'humain dans tout ça, évidemment, tous ces postes supprimés, ce sont des gens qui perdent leur travail et je me faisais une réflexion, on imagine qu'aujourd'hui, du coup, c'est plus forcément évident de trouver un métier dans ce secteur-là. Pascal, je ne sais pas si vous avez des constatations, là-dessus, mais est-ce que travailler dans le prêt-à-porter, ça devient compliqué à cause de cette situation ? Oui, en effet, comme il y a une destruction de l'activité économique depuis une dizaine d'années, au moins dans les commerces physiques, on a moins d'emplois.

Du côté d'autres secteurs qui prennent le relais, qui sont le e-commerce, c'est un peu l'inverse, c'est-à-dire que ce qui prend du poids aujourd'hui, c'est plus de 20%, c'est les sites. Donc, il y a des sites qui peuvent être, par exemple, sur les biens d'occasion où c'est des purplayers, c'est-à-dire qu'ils ne font que des sites internet, où on a un transfert d'activité, donc ce n'est plus tout à fait les mêmes métiers. Et puis, ce qui se développe beaucoup, c'est évidemment la seconde main, qui peuvent être dans d'autres types de magasins, qui sont aussi sur internet, et qui peuvent aussi se mettre en place dans des magasins classiques.

Donc, il y a surtout, en ce moment, mais ça fait quelques années qu'on a ces changements qui sont profonds, c'est de changer de type d'activité, d'aller vers plus de secondes vies, plus de secondes mains, et du digital qui a pris de l'ampleur avec le Covid. Eh bien, justement, le digital, vous en parliez, je crois que c'est l'objet de votre question, Dust. Bonsoir. Bonsoir. Vous nous appelez Déran, dites-nous. Comment ? Vous nous appelez Déran et dites-nous ce que vous vouliez nous raconter par rapport à internet, justement, et aux achats en ligne. Déran ?

14:03
Auditeur

Voilà. Eh bien, moi, j'appelle Déran, donc c'est quand même un petit village qui est situé dans la montagne, un peu, pas difficile d'accès, mais les boutiques sont au minimum à 25 minutes, une demi-heure, et la capitale, Toulouse, elle est à 1h, 1h10. Le problème que j'ai en ligne, en fait, c'est que je touche pas, je vois pas de mes yeux, je sens pas, pour certaines choses, si c'est des trucs en cuir. Enfin, disons que j'ai beaucoup de mal à me faire une idée du produit que je vais acheter. Alors, j'ai bien compris que maintenant, on peut renvoyer gratos et tout, et ça, je trouve pas ça très écologiste de faire des allers-retours parce qu'on est pas satisfaits de notre produit.

Et ce que moi, parce que je suis un peu ancien, ce que j'aime bien, c'est avoir un vendeur compétent, ce qui aussi est pas si facile à trouver, qui va m'expliquer les qualités et les défauts de ces produits et surtout pour en faire des comparatifs. Sur Internet, c'est beaucoup plus compliqué. Aujourd'hui, mes filles sont montées avec des copines justement à Toulouse pour faire les soldes, parce qu'elles aussi, elles ont beau de jeunes, elles se rendent compte que c'est compliqué d'acheter sur un écran. et je trouve regrettable ce que vos interlocuteurs ont commenté juste avant, de dire que les magasins sont en grande difficulté, qu'il y a de moins en moins de clients au milieu.

Et en plus, moi, j'ai des revenus extrêmement modestes. Mais par contre, quand je m'achète quelque chose, je veux quelque chose de qualité. Donc ça peut être de seconde main éventuellement si c'est vraiment de la très bonne qualité. Mais comme on disait mon ancien beau-père, je n'ai pas les moyens de vivre bon marché. Donc il est hors de question que j'achète 50 fois la chemise parce que ça s'use en très peu de temps.

16:02
Présentateur

On a bien compris. En tout cas, merci Dust pour ces commentaires. C'est intéressant ce que dit Dust sur les achats en ligne. Alors aujourd'hui, c'est à peu près 20% des vêtements qui sont achetés en ligne par les Français. Mais on n'a pas cette notion de conseil. Yann Petiot, est-ce que c'est, j'allais dire, ce n'est pas une branche à laquelle votre secteur peut se raccrocher ce conseil de côté humain du coup dans les magasins ?

16:29
Invité

Et d'ailleurs, lorsqu'on dit qu'il y a 20% de ventes qui sont réalisées en ligne, à contrario, ça veut quand même dire qu'on a encore 80% de l'activité qui est réalisée en magasin. Et par rapport à d'autres pays européens que ce soit en Angleterre, en Allemagne ou dans d'autres pays, le e-commerce reste quand même à un niveau assez modéré et notamment par rapport à Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis. Ce qui prouve quand même que les consommateurs français gardent un attachement fort pour leur magasin physique et ça, on voit que ça perdure quand même dans les années.

C'est extrêmement important et en effet, votre auditeur l'a très bien dit, quand on vient en magasin, c'est l'occasion d'avoir un conseil de la part du client de pouvoir essayer de produire, de pouvoir le toucher et de pouvoir en disposer tout de suite.

Et donc, le magasin n'est pas mort, il a encore des atouts qui sont extrêmement importants pour les consommateurs mais il faut qu'il se transforme, il faut qu'il arrive à avoir toute une profondeur d'offres alors non pas en magasin mais qu'on puisse lui montrer par exemple peut-être ce qui se fait sur Internet s'il ne l'a pas exactement en magasin, que les vendeurs soient véritablement formés pour répondre à leurs questions y compris sur les composants du produit parce qu'on voit qu'il y a une sensibilité à l'impact environnemental du produit qui est de plus en plus forte donc ça nécessite aussi plus de formation pour les vendeurs pour pouvoir expliquer d'où vient le produit comment il est fait quel est son impact comment il peut vivre une fois que vous l'avez acheté comment l'entretient aussi c'est une question extrêmement importante et je pense que les clients y sont sensibles aujourd'hui donc ça nécessite aussi de la formation pour répondre à ce besoin de conseil

17:50
Présentateur

Et ça on va y revenir mais justement vous parliez de transformation peut-être que lui avec son groupe a transformé déjà des choses on va lui poser la question Julien Paulet je me tourne vers vous bonsoir

18:02
Auditeur

Oui bonsoir

18:04
Présentateur

Directeur général de Promod on l'a dit beaucoup d'enseignes sont en difficulté dans le secteur de l'habillement et vous alors comment ça va j'ai envie de vous demander à ce niveau là par rapport à vos concurrents

18:18
Auditeur

Écoutez je vous remercie nous ça va bien il se trouve que comme M.

Petiot l'a dit juste avant chaque enseigne a son histoire ses circonstances chez Promod Promod c'est une entreprise française familiale indépendante qui a toujours géré avec beaucoup de sérieux et de précautions son développement qui a su aussi faire des choix de transformation assez fort il y a déjà 5-6 ans pour s'adapter aux nouvelles donnes du marché aux attentes du consommateur et très clairement on a identifié chez Promod depuis les années 2010-2015 un changement de consommation on était vraiment dans un type de consommation de masse on est désormais sur une consommation plus précise plus raisonnée et puis aussi plus circulaire avec des enjeux écologiques qu'on a voulu mettre au coeur de notre projet de transformation donc voilà on essaye tous les jours de faire moins et mieux on pense que même si on reste une enseigne accessible et c'est extrêmement important pour nous de rester accessible pour nos consommatrices et bien on produit moins de vêtements on essaie de lutter contre la surproduction les promotions aussi pour vivre mieux avec moins de quantité vendue

19:41
Présentateur

Alors justement pour revenir au sujet originel des soldes est-ce que c'est encore un moment important pour vous parce que de ce que je comprends vous dites les promotions bon peut-être bof finalement

19:52
Auditeur

Oui parce que comme certains intervenants l'ont dit précédemment en fait je pense que les clients on a marre d'avoir des produits jetables ça n'a jamais été le cas chez Promod on s'est toujours battu pour avoir des produits de qualité et aujourd'hui les soldes malheureusement ont tendance à les soldes et les promotions en général ont tendance à dévaloriser le produit quand on se bat pour mettre beaucoup de savoir-faire dans chacun de nos produits on n'a pas envie de les voir dévaloriser à moins 50 moins 70% donc tout l'enjeu est d'avoir suffisamment de stocks pour pouvoir servir au mieux nos clientes tout au long de la saison mais de piloter ces stocks de la manière la plus juste possible pour arriver à la période de soldes qui doit servir de régulateur par rapport à nos quantités sur une saison avec le moins de stocks possible et je dois avouer que c'est quelque chose qui est c'est une vraie transformation dans la manière de faire du commerce dans les années de 90-2000 on était vraiment dans un mode de consommation avec le toujours plus toujours plus de quantité dans toujours plus de magasins et c'était pas très grave si on arrivait à la période de soldes avec beaucoup de stocks parce que la promotion avait un rôle vraiment accélérateur sur les ventes c'est beaucoup moins le cas aujourd'hui et nous on a du coup réduit de manière assez drastique les quantités vendues en soldes enfin pendant la période de soldes parce que ça ne correspond plus à ce que la cliente attend en fait

21:29
Présentateur

vous avez aussi réduit Julien Paulet il faut le dire votre nombre de magasins ces dernières années comment ça s'est passé pourquoi vous vous êtes recentré réorganisé vous aussi en quelque sorte

21:43
Auditeur

oui en fait on a sauté chez Provo de pouvoir pivoter notre business model donc ce business ce business model de masse vers un business model plus de précision plus circulaire avec donc vraiment le développement durable au coeur de nos préoccupations ça ça implique des vrais changements de paradigme et on a été une marque très internationale et on a estimé que se recentrer sur un périmètre plus court nous permettait de mieux maîtriser nos charges et être plus agile pour faire pivoter notre business model donc effectivement on a réduit de manière assez drastique notre nombre de magasins et on est présent aujourd'hui avec 400 magasins dans 5 pays

22:33
Présentateur

toute dernière question rapidement Julien Paulet vous mettez l'accent sur ce côté circulaire cette mode peut-être plus responsable durable est-ce que vous pensez que globalement dans votre secteur il y a un changement de modèle à opérer

22:48
Auditeur

oui très clairement on entend beaucoup de statistiques qui expliquent que la mode a un impact significatif sur l'environnement pour moi le plus important déjà est de ne pas surproduire il n'y a rien de plus polluant qu'un produit qui ne sert pas ou qui n'est pas attendu par un client et ensuite les marques peuvent avoir différentes stratégies nous notre stratégie est de faire un produit le plus qualitatif possible pour qu'il soit le plus durable dans tous les sens du terme à la fois durable respectueux l'environnement mais aussi durable dans le temps et pour que ce produit puisse avoir plusieurs vies et on propose d'ailleurs chez Promod à nos clientes de pouvoir renvoyer leurs produits enfin nous renvoyer leurs produits qu'elles ne portent plus et qu'on remet en vente dans certains de nos magasins via des corners de seconde main

23:43
Présentateur

et bien merci beaucoup Julien Paulet directeur général de Promod et on y vient à ce sujet de la durabilité et de la seconde main on a beaucoup de questions par mail sur l'appli France Inter et aussi au standard Yann Petiot sur ce changement de modèle et sur la seconde main justement vous voyez vous parmi vos adhérents des initiatives qui se multiplient comme ça ?

24:09
Invité

Oui oui elles sont extrêmement nombreuses aujourd'hui il y a beaucoup d'initiatives on estime que le marché de la seconde main est évalué aujourd'hui environ 1,2 1,5 milliard d'euros en progression très forte ces dernières années pourquoi ?

parce que ça répond d'abord enfin ça répond à deux demandes du consommateur d'abord celle du prix parce que les produits de seconde main sont souvent à un prix plus bas que les produits neuf et puis ça répond aussi aux préoccupations environnementales des clients qui comme on l'a dit ont une conscience environnementale plus forte donc oui les enseignes agissent beaucoup sur ce sujet elles agissent de manière différente avec leur identité certaines le font uniquement sur internet d'autres le font en magasin avec des corners de seconde main d'autres le font encore uniquement sur leurs produits parce qu'elles croient en leurs produits qu'elles font plus durable et donc elles veulent conserver leur identité de marque en reprenant leurs produits en les proposant à la vente d'autres proposent des corners où ils offrent tout produit donc il y a vraiment aujourd'hui beaucoup de choses qui sont mises en place elles le font soit en propre soit avec des partenaires aussi c'est aussi un autre modèle je pense que ce qui est important aujourd'hui parmi toutes ces innovations ça va être d'arriver à trouver un modèle économique qui soit rentable si on veut qui soit viable aussi pour les entreprises et donc aujourd'hui il y a beaucoup d'innovation je pense que ça va être amené à se stabiliser quand on aura trouvé un bon modèle qui puisse être gagnant-gagnant gagnant à la fois pour le client pour l'environnement et aussi pour les entreprises qui le mettent en oeuvre

25:33
Présentateur

bonsoir Véronique

25:34
Auditeur

oui bonsoir

25:36
Présentateur

vous êtes Zappo et la seconde main c'était votre sujet justement

25:40
Auditeur

oui oui moi je fais de la seconde main enfin j'achète des habits de seconde main depuis 1990 ah oui par des soucis effectivement pour la protection de l'environnement et puis après je fais aussi je couds quelques vêtements à moi ou mes vêtements je les transforme aussi donc c'est pas très difficile franchement et ce que je voulais dire aussi c'est qu'il me semble que ce phénomène de mode c'est d'être toujours à la mode les gens et bien ils veulent toujours acheter pour être cette année la couleur machin c'est la mode alors qu'en fait je crois qu'il faut changer le regard et c'est-à-dire trouver son propre style et puis aller vers ça mais pas changer pour changer quoi parce que c'est là où il y a du gaspillage et où on voit bien quand on travaille dans un milieu où il y a beaucoup de femmes souvent se changent tout le temps et voilà il y a quelque chose c'est pas grave si on remet des vêtements qu'on a déjà portés voilà ou qui sont raccommodés aussi parce que moi je raccommode mes vêtements et c'est pas une honte au contraire c'est parce que je veux protéger l'environnement

26:53
Présentateur

et bien merci Véronique et Pascal est belle je me tourne vers vous est-ce que la mode justement ce n'est pas désormais ne plus être à la mode oui alors en effet il y a une partie de la population mais il y a vraiment une fragmentation au sein de la population française c'est pas tout le monde qui choisit de n'acheter que de l'occasion mais ça existe en effet c'est plutôt un quart de la population qui va être dans cette démarche-là pour des raisons en effet écologiques la première raison ça a été dit tout à l'heure d'acheter des vêtements d'occasion c'est quand même le budget donc en ce moment ça se porte très bien on chiffre à peu près à 14% des vêtements achetés qui sont des vêtements d'occasion donc ça pèse de plus en plus il y a des enseignes qui se sont très fortement développées et c'est bien parce que tous les acteurs se mettent à aller sur des ventes de vêtements d'occasion qui a en effet un succès aussi fort donc il y a vraiment cette prise de conscience qui est en effet écologique mais on a une partie et les plus jeunes en font partie c'est ça qui est un petit peu paradoxal qui vont acheter sur ce qu'on appelle la fast fashion c'est à dire d'acheter des vêtements qui coûtent très très peu cher sur un site internet chinois qui fait beaucoup de croissance et qui représente aujourd'hui une partie de plus en plus importante notamment au niveau mondial parce qu'il y a ce besoin qui est quand même assez humain de changement en fait c'est à dire qu'un jeune qui rentre dans la vie a besoin de s'identifier par rapport aux autres donc les adolescents ont ce besoin d'appartenir à un groupe donc il faut ressembler aux autres donc la mode en fait partie et après c'est plutôt un peu plus tard en fait que finalement on va prendre ce changement en allant vers des achats de vêtements d'occasion ou de meubles d'occasion ou de tout autre bien il y a une histoire de génération il y a beaucoup de commentaires là-dessus notamment sur l'application Valérie par exemple qui nous dit je porte encore des vêtements qui ont plus de 20 ans je pense que la qualité fait la durée et un style chic est indémodable voilà pour la petite citation et puis Guillaume qui nous dit je faisais les soldes l'été et hiver chaque année puis un jour en voyant mon armoire débordée je me suis dit arrête cette folie ça fait presque 3 ans que je ne me suis pas acheté de nouveaux vêtements et j'ai toujours largement de quoi m'habiller Johan Petiot pour vous et pour votre secteur est-ce qu'il n'y a pas eu un effet réaction sur la seconde main dans le sens où il y a des acteurs qui se sont installés notamment une application célèbre Vinted pour ne pas la nommer qui revendique plus de 12 millions d'utilisateurs en France où les particuliers vendent leurs propres vêtements et achètent à d'autres particuliers vous avez eu une adaptation par rapport à ces nouveaux acteurs qui sont rentrés sur le terrain et sur la seconde main

29:35
Invité

oui bien sûr l'acteur que vous citiez fait près de 70% de part de marché sur ce marché de la seconde main c'est extrêmement fort et donc on voit qu'il est extrêmement installé et donc oui les enseignes ce que je disais tout à l'heure ne sont pas en reste et ces dernières années elles n'ont fait qu'innover sur la seconde main avec tout un tas de modèles mais je pense que ce qui est important dedans c'est qu'elles y vont avec leur identité elles ont un atout fort que n'a pas Vinted elles ont le conseil déjà c'est leur métier de vendre de la mode d'ailleurs lorsqu'on écoute le dirigeant de Vinted il dit je suis d'abord une application technologique avant d'être un vendeur de mode alors je pense que les enseignes les marques ont cet atout là de conseil auprès de leurs clients de réassurance vis-à-vis du produit parce que quand elles reprennent le produit et qu'elles le revendent ça veut dire qu'elles l'ont contrôlé elles l'ont lavé et donc c'est aussi une réassurance apportée au consommateur qui va acheter de la seconde main donc il faut juste maintenant arriver à trouver un modèle qui soit comme je disais tout à l'heure gagnant-gagnant gagnant pour l'entreprise qui doit vivre et qui doit investir et gagnant pour le client

30:39
Présentateur

et sur les vêtements qui durent un peu plus longtemps on va aller à Saint-Nazaire voir Catherine bonsoir c'est le sujet que vous vouliez évoquer en fait j'ai envie de partager deux points de vue le premier c'est que j'ai l'impression qu'il y a une fracture du porte-monnaie qui joue beaucoup entre le luxe et la consommation du plus grand nombre donc ça pour moi c'est clair et dans tous les domaines et la deuxième chose je voudrais dire que j'ai retrouvé la qualité uniquement dans les deuxièmes mains dans le sens où vous considérez que les vêtements que vous pouvez acheter dans les neufs dans les magasins sont de moins bonne qualité non c'est le contraire c'est à dire que je me suis rendu compte que j'arrivais à trouver des vêtements de qualité au niveau du tissu au niveau du style etc uniquement dans les deuxièmes mains oui est-ce que justement Yohann Petion on va en reparler juste après de cette question et d'abord peut-être sur le premier point parce qu'elle est belle sur la fracture qu'évoquait Catherine entre le luxe d'un côté et la consommation du plus grand nombre est-ce que c'est vrai est-ce que ça se vérifie du côté des gens plus aisés on continue d'acheter autant qu'avant alors que c'est pas le cas du côté des gens qui ont moins de revenus oui il y a vraiment une fragmentation qui s'est créée post-Covid et qui est liée en fait à deux phénomènes il y a à la fois l'épargne qui a pu être faite du côté des plus riches et en plus il y a cet effet d'une inflation qui touche plus fortement les plus modestes parce que ça touche le poste logement avec l'énergie et le poste alimentaire donc en fait si on enlève ces dépenses qui sont obligatoires ce qui reste notamment pour acheter du vêtement il y a beaucoup plus d'écarts aujourd'hui qu'avant donc il y a vraiment une fragmentation qui fait que on a de plus en plus de gens qui ont plus de difficultés et ça se voit dans l'offre parce que ce qui fonctionne aujourd'hui c'est vraiment le très haut de gamme le luxe qui marche très très bien et ce qu'on appelle le low cost le très bas prix et ce qui en effet toutes les entreprises ce qui ont fermé ce sont celles du milieu de gamme en fait on appelle ça l'effet sablier quand il y a un ralentissement économique ce qui marche très bien c'est le luxe parce que là il n'y a jamais trop de baisse de pouvoir d'achat et ce qui est très bas prix donc c'est un peu ce qui se passe et on peut mettre finalement la seconde main du côté de ce qui est moins cher et qui finalement permet de continuer à s'équiper donc il y a un petit peu ce panorama entre les différents consommateurs qui fait que le moyen de gamme est beaucoup moins intéressant aujourd'hui et on est quand même dans un moment où structurellement on est quand même sur un marché de l'habillement qui va continuer de baisser parce qu'il y a un troisième phénomène qui est quand même le télétravail c'est à dire qu'avec le télétravail on chiffre à peu près 15% de journées qui sont faites chez soi plutôt que sur le lieu de travail donc ces effets de mode ils baissent quand en fait c'est ce que disait tout à l'heure l'auditrice sur je veux changer tous les jours pas m'habiller de la même façon comme on passe plus de journées chez soi on n'a plus ce problème là et donc il y a d'autres marchés qui se développent sur notamment plutôt du sportwear des choses plus plus faciles à porter quand on est chez soi Johan Petiot sur la question de la qualité des vêtements rapidement parce qu'on a encore des questions au standard mais sur la qualité des vêtements ça revient souvent dans les réflexions est-ce que justement ces entreprises et ces enseignes de milieu de gamme qu'évoquait Pascal Ebel travaillent de plus en plus sur la question de la qualité pour revenir dans le jeu

34:10
Invité

oui bien sûr et qualité n'est pas toujours synonyme de prix élevé tout ça pour dire qu'il y a aussi des enseignes qui sont sur du bas prix et qui ont des produits qui attachent un soin extrêmement important à faire des produits qui soient durables des basiques qui soient durables notamment pour les enfants par exemple j'ai une enseignante mais donc ça oui en effet elles y travaillent de plus en plus d'ailleurs on est en train aujourd'hui de travailler avec toutes les enseignes à définir ce qui est véritablement un produit durable physiquement quels sont les tests qu'il faut faire pour arriver à dire quelle est sa durée de vie et donc ça oui si on veut que le produit de demain ait une seconde vie il faut d'abord qu'il ait une première vie et qu'il soit pensé dès sa conception de manière extrêmement durable et solide

34:53
Présentateur

Didier bonsoir oui bonsoir vous êtes à Nice on écoute votre question

34:58
Auditeur

oui alors moi je reviens complètement au début de ce qui était dit au début de l'émission à propos des prix et des tarifs de l'énergie tout ça il se trouve que hier je me suis retrouvé à faire des soldes tout à fait un petit peu par hasard et j'ai pu acheter deux paires de chaussures alors l'une était annoncée au départ à 64,99 et l'autre à 69,99 bon les 99 m'amusent toujours beaucoup moi chez les commerçants et en réalité elles étaient soldées à 15 euros chacune ce qui fait que en réalité si vous êtes aussi bon en maths que moi il y a 100 euros qui ont disparu quelque part qui étaient dans la poche du vendeur enfin du magasin alors moi j'entends bien que les commerçants ont les prix de l'énergie qui ont augmenté le problème c'est que les miens aussi ont augmenté pourquoi je paierais les prix de l'énergie l'augmentation de l'énergie du commerçant et personne ne vient payer les miennes donc à un moment moi aussi je suis obligé de faire les soldes et voilà quoi c'est le serpent qui se mord là quelque part

36:05
Présentateur

en gros Yohan Petiot et j'imagine que c'est un petit peu ce qu'il y a derrière la question est-ce que les prix du reste de l'année ont augmenté et donc mécaniquement les soldes aussi

36:14
Invité

oui alors bien sûr les prix ont aussi augmenté sur notre secteur mais dans des proportions beaucoup plus limitées que ce qu'on connaît dans le secteur de l'alimentaire ou dans le secteur de l'énergie si on regarde l'INSEE qui fait les chiffres de l'inflation sur l'année 2022 nous étions en fin d'année sur un an à une augmentation sur le marché de l'habillement de 2,6% ce qui est très faible lorsqu'on est sur l'alimentation à du plus 14, 15 voire plus donc on sait que dans notre secteur oui il y a eu une augmentation parce que tous les coûts comme je l'ai dit ont augmenté que ce soit la matière première que ce soit le salaire que ce soit l'énergie que ce soit le transport donc oui il faut qu'on puisse en remettre une partie dans les prix de vente aux consommateurs mais on sait aussi que la sensibilité prix des clients est très forte et que donc on ne peut pas jouer on n'a pas capacité à passer toutes nos charges dans le prix final donc il y en a une partie qui reste assumée par les entreprises et beaucoup d'entreprises ont vu leur marge diminuer du fait de l'inflation qu'elles vivent sur leurs propres coûts

37:14
Présentateur

rapidement il y a une question notamment sur les loyers et les centres-villes beaucoup de français se font la réflexion des centres-villes qui se vident est-ce que ça continue justement avec l'augmentation des loyers en centre-ville il y a des magasins qui ne peuvent pas s'installer quand bien même ils le souhaiteraient pardon

37:30
Invité

oui bien sûr il y a ceux qui ne peuvent pas s'installer il y a ceux qui sont obligés de fermer parce qu'ils ne peuvent plus faire face à leurs charges donc oui ça devient un vrai problème c'est un problème que l'on met maintenant sur le devant de la scène depuis plusieurs mois le gouvernement a proposé d'ouvrir un travail sur ce sujet-là des loyers et du bail commercial à la rentrée du mois de septembre c'est extrêmement important parce que si on veut demain qu'il y ait des commerces aussi de proximité que ces enseignes-là puissent ne pas être uniquement dans les grandes villes dans les métropoles mais qu'elles puissent aller dans les villes moyennes il faut qu'on puisse avoir un magasin rentable et aujourd'hui les coûts d'exploitation et notamment des loyers et de la fiscalité qui pèsent sur le magasin sont trop élevés pour leur assurer une rentabilité économique

38:11
Présentateur

Je reviens pour finir parce que c'est bientôt la fin et ça passe vite parce qu'elle est belle avec vous sur la seconde main est-ce qu'on ne peut pas aller vers un marché spéculatif maintenant peut-être aussi de la seconde main c'est-à-dire sur Vinted j'achète pour revendre ou des friperies qui peut-être pratiqueraient des prix assez élevés alors que le principe de la seconde main c'est aussi en théorie d'être un peu moins cher Alors on voit ça sur les pièces de luxe essentiellement que ce soit sur les sacs à main plutôt haut de gamme il y a des sites spécialisés en fait qui d'ailleurs garantissent que le bien c'est pas de la contrefaçon donc il y a en effet du côté de la seconde main des gens qui sont dans je vends plus que j'achète en fait et c'est vrai qu'il y a des spécialistes on a vu beaucoup ça arriver de gens qui peuvent essayer de gagner un peu d'argent en étant des revendeurs et c'est un profil assez particulier c'est pas la majorité de ceux qui sont sur le marché de la seconde main on a quand même plutôt plus de vendeurs qui ont envie de vider leur placard et en effet de réinjecter dans l'économie globale dans l'économie circulaire ce qu'ils ont dans leur placard mais on peut avoir sur des pièces rares mais plutôt des pièces de collection et dans d'autres secteurs plus que dans le secteur du vêtement c'est plus les sacs à main qu'on observe ce phénomène Yohann Petiot vous avez 20 secondes je lui ai posé la question en début d'émission vit-on la fin des boutiques vous nous avez dit non en gros il y a de la place pour tout le monde les magasins vont continuer d'exister pour un moment

39:42
Invité

oui bien sûr heureusement qu'ils vont rester heureusement pour l'emploi heureusement pour les territoires heureusement pour les salariés heureusement pour les clients il faut juste que le magasin se transforme pour répondre véritablement aux nouvelles attentes mais bien sûr qu'ils vont rester

39:55
Présentateur

ce sera le mot de la fin merci à toutes et à tous merci Yohann Petiot Pascal Hébel et merci à Julien Pollet directeur général de Promod d'avoir été avec nous ce soir juste après les infos Affaires Sensibles sur Inter