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interviewFrance Culture (sur YouTube)· 20 juillet 2026 42 min

Ce qui reste de la RÉVOLTE IRANIENNE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour et bienvenue dans le magazine du weekend. Nous sommes ensemble et en direct jusqu'à 13h30 pour cette émission préparée par Mathilde Varin, réalisé par Marie Placé et à la technique Anthony Thomasson. 47 ans après la révolution de 1979, la République islamique d'Iran traverse une crise de légitimité sans précédent.

Dean au Kurdistan, la colère ne faiblit pas face à une répression sanglante qui a déjà fait des milliers de morts. Mais alors que le régime vacille, l'opposition est en quête d'un dénominateur commun. Pour une partie de la diaspora, l'unité passe par la nostalgie d'un passé impérial et une figure Raap, fils du dernier Chadiran déchu.

C'est comme une marque aujourd'hui. C'est comme une marque par la vie, c'est une marque. À cette figure s'oppose d'autres voix. celle d'une transition portée par la société civile et les minorités qui refusent de voir leur lutte confisquée par un chef providentiel.

Nul ne peut parler à la place des Iraniens qui se décideront leur avenir eux-mêmes à travers des élections libres. Entre désir de restauration monarchique et aspiration démocratique, la diaspora et les forces de l'intérieur cherchent un chemin incertain vers la transition. Iran à la recherche de l'alternative, le dessous des cartes sur un extrait parfait pour commencer cette émission consacrée à la société iranienne.

Prise en étu entre la répression des Mola et la guerre menée par Donald Trump et Benjamin Netanahu. Face au dilemme de cette nation, une troisème voix est-elle possible ? pour en parler avec nous en studio Azadekian, professeur émérite de sociologie à l'université Paris Cité et directrice du centre d'enseignement de documentation et de recherche pour les études féministes.

Bonjour. Bonjour. Et Tinouche Nazmju, j'ai bien prononcé, metteur en scène de théâtre, éditeur, fondateur et gérant de la librairie Per sans poche à Paris.

Bonjour. Bonjour. Merci à vous deux d'avoir accepté notre invitation.

Alors que les regards sont tournés vers les frappes, les missiles et les négociations, j'ai souhaité vous réunir aujourd'hui pour les braquer sur les Iraniens grands sacrifiés. À Zadekian, nous sommes au 142e jour de la guerre menée par les États-Unis et Israël en Iran. Le rythme des frappes iraniennes dans les pays du golfe s'accélère.

Le détroit d'Ormous est toujours au cœur du conflit. Ali Rameny, guide suprême depuis 1989, a été tué le 28 février dans des frappes américano-israéliennes. Ces funéraill ont eu lieu la semaine dernière.

Quel bilan faites-vous de ces 20 semaines de tension ? Écoutez, déjà la société civil iranienne est la principale victime de cette guerre imposée par Donald Trump puisque cette guerre à mon sens est à la fois illégitime et illégale au regard de droit international dans la mesure où les Iraniens étaient en train aussi de négocier euh avec les Américains. Euh le le 6 février, ils ont commencé les négociation et ça continuait.

Euh et donc selon les intermédiaires au mané par exemple euh et bien la négociation avançait bien. Euh or il y a eu ces frappes euh américaines et israéliennes contre l'Iran qui ont décapité euh le régime et n'ont pas réussi à effectivement renverser le régime islamique. C'est un régime, on le sait, dictatorial, répressif, mais qui en même temps a tenu tête au aux États-Unis et et à Israël et continue à tenir tête au détriment de la société civil iranienne qui a été, ne l'oublions pas, euh massacré lors de sa révolte mois de janvier.

Euh et euh donc néanmoins cette guerre qui euh euh était censée selon Donald Trump aider euh les Iraniens euh et bien euh a donné des résultats euh totalement euh inverses. C'est-à-dire on constate que les exécutions sommaires des opposants continuent, la répression continue mais en même temps euh et bien la guerre continue aussi. Et donc il y a beaucoup de civils et bien sûr de des de militaires qui sont tués tous les jours et y compris aujourd'hui puisque les Américains n'ont cessé de bombarder les parties sud du pays.

Tu déjà plusieurs aussi civils, pas seulement d'ailleurs des militaires et il y a des infrastructures donc iraniennes qui n'appartiennent pas au régime mais à la population iranienne qui ont été aussi détruites. On va dérouler tout ça. Tinou Tinou pardon Nazmju même question votre sentiment après ces 20 semaines de guerre je pense qu'il y a eu beaucoup de changements en Iran après les massacres du mois de janvier et puis également donc l'attaque des États-Unis et d'Israël.

Euh je pense que la société civile iranienne a beaucoup changé effectivement euh après des années en fait de réformisme, des années de euh ils ont supporté en fait ils ont désanné le le régime islamique. À un moment donné, ils ont ils ont senti une nouvelle génération qui est venue. On a on a très bien vu ça au moment de femme vie liberté en 2022 et ils ne veulent plus en fait de du régime islamique.

Et donc c'est ils ont jeté tout leur toute leur force, la force du désespoir en fait. Et c'est vrai que cette guerre est venue en fait tout chambouler. Peut-être effectivement si le mouvement avait pu continuer, le mouvement de contestation du mois de janvier euh avait pu continuer euh sa route après les euh les grèves dans le bazar, les manifestations, euh on aurait pu constater en fait de meilleurs de meilleurs résultats.

Mais il faut comprendre effectivement que cette population là se bat depuis des années euh depuis plus d'une vingtaine d'années et qu'à chaque fois la répression se finit dans le sang. On va revenir justement sur ces différents événements. Mais avant ça, j'aimerais qu'on parle un petit peu he de la situation sur placean.

Quelle est la situation économique en Iran ? La guerre a fait bondir les prix en particulier des denrées alimentaires et le chômage aussi hein a beaucoup augmenté. Tout à fait.

Mais même avant la guerre, l'Iran était dans une crise économique profonde et de plus en plus d'ailleurs à la fois en terme de chômage, notamment le chômage des jeunes diplômés puisque l'Iran a énormément de d'universités et d'étudiants et donc néanmoins après la fin de leurs études, ils ne trouvent pas d'emploi. le bah le taux d'inflation était très élevé et aussi la le prix des devises avait énormément augmenté par rapport au à la monnaie nationale iranienne et c'est ça qui a fait que les commerçants du bazar pour la première fois sont descendus dans la rue et ont en fait dirigé ce mouvement de décembre 2025 euh et par la suite bon janvier 2026 la raison principale était justement la crise économique. Il y a selon les chiffres officiels et déjà avant la guerre, plus de 50 % de la population iranienne était sous le seuil de pauvreté et donc ce pourcentage a bien évidemment beaucoup augmenté depuis ainsi que le taux de chômage.

La guerre a fait que selon un certain nombre d'économistes iraniens, entre 2 millions et 4 millions de nouveaux chôs se sont rajoutés aux chô existants. fait justement de bombardement des infrastructures et des industries pétrochimiques, des industries sidérurgiques et j'en passé de dossier pharmaceutique et j'en passé d'autres et donc là ce sont les employés de ces industries qui ont été mises au chômage et je dirais sans solde hein quand je parle de chômage c'est sans sold et beaucoup de femmes qui travaillaient pour dans le marché informel de l'économie ce qu'on appelle le marché noir et et qui travaillait pour différents commerce. Or, beaucoup de ces commerces ont fermé pendant la guerre justement et les femmes ont perdu donc leur gagne gagne pas si vous voulez.

Et cette fois-ci, c'est le gouvernement iranien qui a décidé de faire de euh fermer internet et donc pendant plus de 80 jours voire 3 mois. Euh ce qui veut dire que plus de 13 millions d'Iraniens qui gagnaient leur vie grâce à internet et notamment Instagram ont aussi perdu très utilisé en Iran très utilisé plus de 70 % 80 % de la population a accès à internet en Iran et aussi sur Insta ils sont très très actifs au été en tout cas et donc beaucoup de ces gens ont perdu bien évidemment leur gagne pain et parmi lesquels énormément de femmes. Donc en fait, c'est une guerre qui a aggravé la crise économique déjà existante et surtout aussi avec le blocus des ports iraniens par les Américains. qui se passe aussi de nouveau aujourd'hui et bien les revenus pétroliers bien sûr de l'État diminuent et ça donne un prétexte je dirais euh au régime islamique d'Iran, de ne pas dépenser euh pour les secteurs euh euh social euh ou économique et cetera et dépenser davantage pour le secteur militaire et idologique.

Autre chose, je voudrais quand même insister, c'est pas une crise économique, mais en fait on a parlé de la mobilisation de la société civile depuis 2009, le mouvement vert jusqu'à aujourd'hui, bah c'était la rue qui a été investie par des opposants par la société civile iranienne. Or, la guerre a fait que cette même rue était maintenant est maintenant occupée par les partisans du régime. C'estàd que la société civile iranienne a perdu la rue pour pour l'instant.

Et oui oui, ça pose la question de l'avenir. On va y venir tout au long de cette émission. Selon les Nations Unies, 4000 personnes ont été arrêtées depuis fin février et plus d'une vingtaine ont été exécutées.

Pourtant, le régime semble renforcé par cette guerre. Beaucoup d'Iraniens, bien qu'opposant sont fiers de la résistance de leur pays face à la première puissance mondiale. Ce tiraillement est confirmé par des sondages, des sondages confidentiels.

Que révèlent ces documents auxquels vous avez accès à Zadéquian ? Oui, tout à fait. En fait, il y a un sondage euh récemment conduit en Iran.

Il faut pas oublier que le régime islamique d'Iran fait beaucoup de sondages après les résultats sont secret. Là, c'est monsieur Labi qui est le vice-président très proche de président Péch qui a révélé les résultats de ce sondage, non pas pour nous mais pour un certain nombre d'institutions, mais ça a été dévoilé. selon lequel la majorité écrasante des iraniens, c'est plus de 80 % contre ce régime, sont pour le le changement.

Autre chose qui est intéressant, c'est que seul 30 % de la population fait le Ramadan aujourd'hui contre alors que avant la révolution, 75 % des gens faisaient le Ramadan selon les sondages effectués. dans l'ensemble euh les Iraniens effectivement souhaitent euh le changement et il y a très peu euh juste même pas 10 % de la population qui se dit satisfaite de la situation et les autres effectivement sont ne sont absolument pas satisfaites dont euh 58 % si ma est bonne des personnes sont des aussi qui sont contre la politique étrangère menée par le régime islamique le rejet du gouvernement ne veut pas forcément dire être pour cette guerre et l'intervention étrangère. C'est toute la difficulté.

Absolument. Ce sont les Iraniens qui subissent les bombardements. On oublie souvent, c'est pas voilà encore une fois la guerre.

Jusqu'à aujourd'hui, il y a plus de 3500 civils iraniens qui ont été tués du fait de cette guerre. Et on voit que ça continue. Comme je disais, les infrastructures qui sont dévastées bah appartiennent à l'Iran et combien de temps et de décennies il faut mettre afin de les reconstruire et tout ça.

Effectivement, même si c'est pas les Iraniens qui ont commencé la guerre mais les Iraniens ne sont pas d'accord avec les ingérences de l'Iran dans la région. Tout cet argent des revenus pétroliers qui sont dépensés pour entretenir lebola au Liban au Yemen et j'en passé d'autres. Est-ce que vous diriez aujourd'hui que la société civile, le peuple iranien est dans une impasse ?

Ah ben c'est dans la société civile iranienne, disons est dans une impasse dans la mesure où euh elle subit d'une part la répression, la corruption du régime, c'est politique. Personne n'a jamais demandé aux Iraniens s'ils étaient d'accord avec cette guerre ou non, ni avec la continuation de la guerre. Mais et bah les gens subissent si vous voulez cette guerre d'un côté et de l'autre euh des bombardements de Donald Trump.

C'est ces décisions absolument dévastatrice de de Trump et aussi de Natthaniao. Euh Natthaniao souhaite fragmenter l'Iran comme il le il le fait au Liban et en Syrie et ailleurs. Et Donald Trump euh justement je je rebondis quelles sont les composantes principales de cette société ?

Vous parlez de risque de fragmentation au niveau ethnique et religieux. Déjà, la moitié des Iraniens ne sont pas perses. Non, d'ailleurs plus de la moitié des Iraniens ne sont pas persué ethnique la plus importante et des Azér sont des Turcs iraniens.

Euh alors, vous savez que l'Iran c'est comme la France, c'estàd que pendant le recensement national, on n' pas le droit de poser la question quant à l'ethnicité. Mais nous on a contour de statistiques ethniques ? Écoutez, nous euh en 2002, je j'étais cresponsable d'une grande enquête nationale en Iran où on a contourné cet interdit en posant la question de la langue euh régionale ethnique qui est qui est parlée à la maison par des gens.

Et le recensement se fait tous les 10 ans. Et le recensement c'est tous les 10 ans à le dernier date de 2016. Et aujourd'hui, bon, on attend mais bon du fait de la guerre, on n' pas eu de nouveaux recensements.

En tout cas, selon notre enquête nationale, près de 25 % par exemple sont Azérf Azér sont chiites. Or il y a une minorité sunite en Iran, la majorité écrasant des Kurdes. Les baluches sont sunites, il y a un certain nombre de de des Arabes sont sunites et cetera. et les Turkmaines.

Donc le nombre des sunnites, moi je les estime à euh 17 % environ de la population. Mais tout ça ne ce ne sont que des estimations parce queencore une fois, on n' pas le droit même de demander aux gens s'ils sont sunnites ou chiites. On peut juste dire est-ce que vous êtes musulman, chrétien ou juif ou zoroastrien par exemple ?

D'accord. Tinouche Nazmju, cette diversité se retrouve dans votre librairie consacrée à l'Iran. 40000 références en Persant et en français.

C'est la plus grande d'Europe que racontent les livres que les Iraniens achètent aujourd'hui ? Et bien, vous savez que la situation en fait de la littérature et du de l'industrie du livre est très compliquée puisqueen Iran, il y a une très grande censure qui est changeante par rapport aux différents disons euh différentes interventions que l'État a euh sur l'industrie du livre. Parfois les censures sont beaucoup plus fortes.

On constate que les censures ont été beaucoup plus fortes depuis 3 4 ans. Ce qui fait qu'il y a beaucoup beaucoup de livres dans tous les domaines qui peuvent pas être publiés en Iran. Et euh et ces livres vous les rendez d'ailleurs accessibles, vous hein depuis 2012 de manière pas sous forme électronique.

Oui. Euh en fait on est plusieurs éditeurs à l'extérieur de l'Iran. Euh on se permet de de recueillir en fait les les manuscrits qu'on nous envoie, de les publier ici en forme en format papier et également en format électronique pour que les gens à l'intérieur du pays puissent euh puissent les les consulter.

D'accord. Et quels sont les livres les plus recherchés ? Il y a beaucoup depuis bah disons que depuis euh le dernier mouvement justement femme vie liberté, on a de plus en plus de de gens qui cherchent des livres philosophiques beaucoup sur les sur les dictatures.

Anna Har est une des philosophes qui est le plus lu, disons en Iran. Euh et également des livres d'histoire. En fait, les gerniens s'intéressent de plus en plus à leur histoire, les romans euh qui parlent effectivement d'aujourd'hui, les romans contemporains.

Donc, il y a un intérêt effectivement grandissant pour pour en savoir plus. Ce qui me fait dire que la société iranienne est plus mûre aujourd'hui qu'auparavant, que 10 ans ou 15 ans quand j'étais en Iran où il y avait toujours cet intérêt, cet enthousiasme. Aujourd'hui, la société est vraiment arrivée, disons à un point où comme ils veulent tous le changement, ils veulent pouvoir bien le réfléchir.

Euh et on a vraiment des mouvements très importants à l'intérieur du pays. C'est très intéressant. effectivement internet a été coupé euh et pendant très longtemps, beaucoup de gens qui avaient des des chaînes YouTube qui avaient leur revenu par ce voilà n'ont pas pu s'exprimer mais dès que internet a été remis, on a vu plein plein d'émissions de de débat de discussion de de podcast sur l'histoire, sur ce qui s'est passé.

Donc voilà, c'est une société qui est très vivante, très vivante, très riche, très diverse. On s'en rend compte. Mais c'est une société qui est difficile aussi à raconter.

C'est difficile de restituer la la richesse iranienne. Moi, j'ai pu m'en rendre compte lors d'un voyage en en 2017. Comment vous l'expliquez ça ?

La difficulté de raconter dans sa complexité, sa diversité, même pour nous médias, il y a souvent une forme de de maniquéisme dans la manière dont on parle de l'Iran. Oui, parce que la comme on comme on vient de le dire, c'est une population très diverse également avec des opinions très diverses avec une culture. Il y a une culture commune mais il y a beaucoup beaucoup de différences dans les avis.

Nous, on le voit puisqu'on fait on organise chaque semaine euh des débats à la librairie qui s'appelle les débats d'avant la chute et il y a des gens vraiment effectivement qui qui pense de manière complètement complètement contraire, qui viennent, qui s'assoient. On a du mal puisque c'est un pays qui a quasiment toujours été sous la dictature. Cette espèce de discussion ne peut pas se ne peut pas se créer.

Ce qui fait qu'il y a beaucoup de choses qui sont cachées, qui restent cachées. Les gens pour s'exprimer sont obligés parfois d'être très extravagant. Ce qui fait que on a du mal à aller effectivement voilà exactement, ils sont dans la performance.

On a du mal à voir les nuances. Mais euh mais je pense que euh euh par les écrits justement et le fait que les écrits puissent être publiés sans la censure, euh c'est très intéressant. Je me souviens au tout début en 2012 quand on a créé la maison d'édition donc qui s'appelle Nodja qui s'appelle Utopia.

Nokoja, c'est le lieu qui n'existe pas. Voilà, c'est le lieu qui n'existe pas en français. Donc Utopia en grec et latin.

Et c'était très intéressant. On allait en fait, on avait donné cette proposition justement aux écrivains, aussi bien les écrivains confirmés que les jeunes écrivains de de nous donner à publier les livres qui étaient censurés à l'intérieur du pays. Et ils avaient très peur, très peur pendant des années, ils ont eu très très peur.

Donc, on a pu quand même recevoir les manuscrities des plus courageux. Mais moi, je m'aperçois depuis 5 ans, depuis 4 ans à peu près, 4 ans, 4 ans et demi, 5 ans, que euh quand il s'adressent à moi et que je leur demande "Mais est-ce que votre livre vous pouvez vous pouvez pas le publier à l'intérieur du pay ? Est-ce qu'il y a des problèmes de censure ?" Ils me disent "Mais ça ne nous intéresse même pas d'envoyer notre livre au bureau de la censure." Ça ça montre vraiment un changement en fait dans l'esprit.

Le fait de dire non à la censure. C'est-à-dire avant on s'arrangeait avec la censure, on s'autoensurait énormément. Aujourd'hui, ils me disent, on sait même pas si ce livre sera censuré ou pas parce que on veut pas en fait que le regard de la censure passe sur ce livre.

On transige plus, on l'envoie directement à l'extérieur du pays. Alors justement, ces ces échanges, vous les filmez hein, ces ces ces débats ces débats d'avant la chute, vous les filmez et vous les diffusez sur une chaîne Telégramie par environ 100000 personnes dont une majorité en Iran. Est-ce que vous pouvez nous dire un peu qui y participe, quels sont les profils ?

Il paraît que certains débats sont très animés. Oui, en fait c'est juste après le mouvement femme vie liberté de de semaines après le meurtre de Gina Massa Amini que j'ai décidé d'organiser ce ces débats, ces débats donc citoyens parce que il me semblait enfin l'expérience m'a montré au fur et à mesure tout de toutes ces années que la liberté d'expression était vraiment un élément essentiel qui manquait même dans la culture en fait iranienne. Donc ça m'a semblé intéressant d'organiser des débats le plus ouverts possible où tout le monde puisse venir s'exprimer, se mettre en danger aussi puisque il va avoir des des gens qui vont enfin des contradicteurs juste en face parler librement mais avec des arguments solides de pouvoir construire un débat et euh et donc voilà donc dès le mouvement enfin vie liberté, on avait des gens avec des euh des opinions complètement différentes qui venaient, qui s'exprimaient, qui s'engueulaient Et puis à la fin, on prenait tous un verre de vin ensemble et on discutait les gens qui s'étaient engueulés devenent des amis parce qu'en fait cette opposition, elle est très divisée.

Quand on ne connaît pas, on ne se rend pas compte. On a l'impression que c'est un bloc. Très rapidement, quels sont les principaux courants Azadekian de cette opposition ?

Euh opposition à l'étranger, bah il y a euh euh il y a des monarchistes he bien sûr qui sont fidèles au fils du chat d'Iran. Ensuite, vous avez des mujahidines euh qui sont installées à surwoise et en partie en Albanie. Euh vous avez aussi des différents un éventail large éventail de de des républicains.

Ils sont républicains laïques, laïque démocratique et cetera. Euh donc qui euh constitue en fait euh là à ma à ma connaissance euh la majorité en fait des opposants iraniens euh à l'étranger. Euh bien évidemment à cela s'ajoute les groupes euh dites ethniques comme en particulier les Kurdes qui sont particulièrement actifs euh tant en Allemagne que aussi en France et et ailleurs.

Puis d'autres groupes ethniques des Baloues par exemple qui ont aussi le représentant euh à l'étranger. Alors ces groupes n'arrivent pas enfin ces opposants n'arrivent pas à s'entendre, on le voit. Bah, parfois, à mon sens, ça peut euh s'agir de de ce qu'on appelle la querelle des chefs, par exemple, mais mais parfois aussi des euh euh des différences idéologiques ou politiques tellement importantes que il ne parviennent pas à se réunir pour se battre contre le régime en place, d'où la longévité de régime islamique d'Iran puisque on retrouve plus ou moins le même schéma en Iran, même ou à ce à à ces personnes-là, s'ajoute bien évidemment les réformistes euh alors les réformistes radicaux, les réformistes modérés et cetera et et là aussi il y a des larges éventails des des opposants qui ne sont pour l'instant pas parvenus à se mettre d'accord.

Euh il y a des républicains aussi laïqu ont fondé leur propre euh disons formation récemment en Iran. Euh mais tout ça ça reste pour l'instant disons sur le papier pour pour ainsi dire. Euh alors un certain nombre de ces opposants par exemple, ça ça a été révélé que euh Ra pas la vie et ses soutiens sont soutenus par euh Israël, par Nethaniaou mais pas par Trump.

Ça c'est enfin on a tellement de documents publiés à la fois en France mais aussi aux États-Unis que par exemple dans le journal prestigieux journal atlantique qu'on connaît euh euh voilà enfin je pense que les données sont là euh donc et d'autres qui ne sont pas nécessairement soutenus par des forces disons étrangères. Euh quant à Trump, ben nous il nous soutient personne en fait. Il soutient il cherche quelqu'un à soutenir à l'intérieur de l'Iran.

Euh d'où le scandale récent d'ailleurs de Ahmed Njad, l'ancien président populiste iranien qui euh euh était visiblement euh la personne euh qui dont euh Trump et Nathania souhaitait éventuellement mettre en place euh suite à au début de la guerre en pensant que le régime allait s'effondrer. Et donc Ahmad Néjad, l'ancien président populiste, celui-là qui avait nié l'holocauste, hein, qui avait été qui était devenu qui voulait rayer Israël de la carte. euh absolument, mais qui était devenu le choix le le choix premier de Nathanahou et de Trump.

Mais tout ça euh ça n'a pas marché parce que c'est le régime islamique d'Iran, on on le vous l'a décrit, hein, c'est un régime répressif, dictatorial et corrompu, mais en même temps, c'est un régime institutionnalisé. Donc euh ce régime ne tient pas euh parce que il y a tel guide ou tel euh euh gardien de la révolution, on l'a vu d'ailleurs. Euh donc les institutions sont là et euh les gens sont remplacés les uns après les autres hein dans le cas de euh de leur ciblage par euh les Israéliens ou les Américains.

Et c'est ça aussi. Et puis l'absence d'une alternative politique viable et fiable. Oui, malgré tout ça encore aujourd'hui en Iran fait que ce régime perdure. [grognement] Justement, j'aimerais qu'on revienne sur le séisme qui a constitué la mort de Massa Amini qui a donné naissance au mouvement femme vie liberté.

On écoute l'hymne bareille pour en français écrit par Shervin Adjipour, 26 ans, interprété en français par un collectif d'artistes francophones. pour pouvoir dans les rues encore danser pour la peur qui nous [musique] glace d'avoir embrassé pour ma sœur pour ta sœur pour toutes nos sœurs pour chambouler nos cerveaux [musique][chant] prisonniers du passé pour la honte de ne pas pouvoir ramener le pain pour l'envie de mener une vie normale [chant][musique] tous les matins. pour cet enfant de la rue ses rêves oubliés mais qu'est-ce qu'un rêve nous a-t-il [chant][musique] demandé pour cet argent qui ne pousse encore que pour ceux d'en haut pour l'air pollue et qu'on [musique] respire toujours sans dire [chant] un mot pour val et ses arbres épuisés [musique] pourous [chant] en le 1er mars 2024 l'auteur avait été condamné à 3 ans de prison pour incitation et provocation à des émeutes visant à perturber la sécurité nationale et propagande contre le pouvoir que reste-t-il du mouvement femme vie liberté ?

Qu'est-ce qui a changé pour les iraniennes depuis 2022 ? Côté ce mouvement a eu énormément d'acquis hein. L'un de ces acquis c'est effectivement que les femmes, les jeunes femmes en particulier mais aussi d'autres refusent de porter le voile obligatoire en Iran.

Euh le but n'est pas de se battre contre le voile en soi, mais contre le port obligatoire du voile. Et donc on constate que aujourd'hui euh bien elles sortent pas seulement à ter mais dans ou dans certains quartiers mais aussi moi j'ai des témoignages des petites villes euh iraniennes où voilà les filles disent sortir sans voile alors que avant c'était pas possible et cetera. Donc il y a ça, il y a aussi, on a dit l'Iran est un pays multiethnique et multireligieux.

Et euh jusqu'à avant le mouvement famille liberté, moi je voyais beaucoup de perses n'étaient même pas au courant des discriminations subies par les minorités ethques religieuses. Euh ce mouvement qui était un mouvement à l'échelle nationale et euh au sein desquels les Kurdes et les balouches qui sont sunites et non ont joué un rôle prépondérant. Et bien ce mouvement a fait que il y a une conscientisation de la part de la majorité perscrimination subies par vraiment un avant et un après.

Il y a vraiment un avant un après. Et puis autre chose c'est que les corps des femmes ont été libérées. C'estàd que les femmes ont libéré leur corps.

On a vu énormément de scènes de de des femmes qui dansaient, chantaient dans la rue alors que le champ des femmes est interdit par la loi. Alors tout ceci étant dit les lois n'ont pas changé hein. C'està-dire que la la loi qui oblige les femmes à porter le voile est toujours là.

Euh mais pour l'instant, le régime a décidé de ne pas renforcer euh cette loi du fait euh de la résistance de la société iranienne. Et comme euh Tinou l'a précisé euh pour concernant la censure, euh il y a beaucoup de femmes qui disent aujourd'hui mais on on comprend même pas de la génération précédente même euh on comprend pourquoi on a on s'est laissé faire, pourquoi on a accepté de porter ce voile alors queon le voulait pas. Donc il y a au sein de la société dans sa grande majorité vraiment il y a une libération mentale en disant nous sommes la majorité donc c'est un nous d'imposer nos souhaits euh nos aspirations et cetera euh au régime à ce pouvoir euh quitte à se faire arrêter qui quitte à se faire même exécuter.

Donc la la résistance continue malgré tout. Tinouche Nazm vous éditez aussi les cahiers d'avant la chute que j'ai ici avec moi. C'est une revue qui met à l'honneur des textes d'intellectuels restés en Iran ou parti à l'étranger.

On vous a demandé de nous en lire un extrait. On vous écoute. Prenez votre temps. [rires] Effectivement donc les cahiers là je vais vous lire un extrait de euh de ce qu'on a publié euh dernièrement justement sur les massacres également du mois de janvier.

Euh en fait, il y avait tellement tellement d'événements sur ces deux trois derniers mois que on a euh on a publié euh juste un numéro spécial qui est très fourni sur les chroniques. C'estàd j'ai demandé aux écrivains euh les gens qui nous envoyaient des textes régulièrement de de m'écrire leur chronique au jour le jour de ce qu'il voyait en fait à l'intérieur du pays. On vous écoute.

Donc voilà donc mardied 16d 6 janvier à Obdon une petite ville du sud du pays. Les Don jette à terre et en l'air les sacs de riz denré pourtant si rare pour une population en détresse. Le ciel se couvre d'une danse de grain de riz blanc.

C'est un carnaval de souffrance. Peut-être qu'un jour dans la joie nous lancerons tous du riz vers le ciel et nous crierons ensemble vive la liberté. Mais le fragile cocon du rêve se déchire au bruit des clameurs.

Dans le bazar de Terran, on scande : "Pas d'eau, pas de pain, maudit soit cette vie de chien." Liberté, liberté, liberté. Romene assassin, dont règne touche à sa fin.

Est-ce le comptebour de la chute ? Lors de la délivrance est-elle proche ? À l'intérieur même de l'hôpital Sina à Hassanobod, on lance des gaz lacrymogènes.

Le dernier refuge est violé par les forces de l'ordre de la République islamique et la cruauté paraît dans toute sa splendeur. Une jeune fille sans armes se tient debout devant le canon à haut des unités spéciales. Cette seule image suffit à ruiner votre majesté factis.

À Kon, la statue de Rossem Suleimon est incendiée. À Shahon, [raclement de gorge] son effigie est renversé. On l'a appelé le boucher de la série un nom à sa mesure.

À Obodon, on rapporte que les forces de répression tirent à balle réelle et ce n'est que le commencement. On entend le la voix d'une mère qui crie "Mon enfant, Mohammed Jez relève-toi." Mais Mohammed Ja ne se relève pas et il y a d'autres vies.

Le hangar glacé avec son faux plafond tremble sous les cris de ceux dont l'âme brûle. Le sol était couvert d'â noir, les corps de ceux que nous aimions. Les témoignages des médecins dans les hôpitaux sont terrifiant.

Les blessures provoquées par les balles de guerre dans la tête, le cou et les yeux ont bouleversé tous ceux qui les ont vu. La froideur de ses corps endormi dans des sacs noirs engourdit mes mains. Un tremblement me saisit.

Il est fait de colère et d'impuissance. La machine de propagande du régime s'est mise en marche. Les gardiens de la révolution parcourent des rues à bord de véhicules militaires diffusant des lamentations religieuses et des champs de la guerre de 8 ans.

Je revois moi cette mère pleurant son enfant. Que regardes-tu déesse de la souffrance dans tes vêtements noirs ? Tu serres tes mains l'une contre l'autre et tu pleures.

Cherches-tu, ton enfant bien-aimé, comment ton cœur batt-il encore du sang coule de tes yeux ? Merci beaucoup Nazm. On ressent he cette mélancolie, ce splin qui se mélange à la colère.

Est-ce que ce splin les Iraniens le portent en eux ? Oui, il le porte. il porte depuis très longtemps et mais je pense vraiment ce que je vois aujourd'hui d'après les témoignages qu'on a tous les jours euh aussi bien d'anonymes que de gens qui se qui qui parlent en leur nom qu'on reçoit moi je pense que je pense pas que que les Ianiens soient dans une impasse.

Je pense qui aussi bien peut-être que on a on a dû passer par tout ce temps des des réformes et cetera de l'espérance qui était peut-être vaine et futile mais on a dû passer par là. La guerre également en fait a à a forger d'autres choses dans dans l'esprit des gens. Aujourd'hui, moi les Ianiens que je vois, ce sont des gens qui savent qu'ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes.

Ils savent que de toute façon rien ne pourra venir les sauver. Et euh moi je vois beaucoup de poches de résistance secret aussi bien culturel, aussi bien sociétal, des gens qui se qui se mettent en marche. Donc je pense aussi que le régime islamique s'est affaibli de toute façon après cette guerre.

Et pour vous, c'est une question de temps. Bien sûr. Ouais, c'est une question de temps parce que comme on l'a dit en fait, le changement dont on a dont on a parlé c'est fait dans les esprits pour la révolution en fait s'est fait à l'intérieur des têtes des iraniens au moment de femme vie liberté.

C'était vraiment l'acquis. Les gens ont su que moi j'ai vu même des gens en fait qui étaient qui étaient avec euh la République islamique qui défendaient le régime islamique pendant des années euh en prenant que voilà c'était c'est pas forcément une dictature qu'on peut changer après la mort de Mass Gino Amini. Moi j'ai vu beaucoup de champ changer euh parce que c'était insupportable parce que le fait de voir des enfants tués comme ça dans la rue était insupportable.

Donc euh je pense que ce changement s'est fait vraiment dans la tête des Iraniens et aujourd'hui ils ont la force de dire oui, ils ont la force de dire non et ils agissent. On l'a vu d'ailleurs pendant les de jours euh les deux femmes au jour du début du mois de janvier, ils n'avaient pas peur d'aller dans la rue. Ils ont ils ont sacrifié leur vie pour une liberté.

Donc ça c'est vraiment quelque chose quand même d'assez rare en ce monde. Oui. Je vous souiez intervenir à Écoutez moi je je disais que cette société aujourd'hui est prise en étu en fait entre d'un côté les bombardements de Trump et de l'autre régime qui continue à la à la réprimer.

Je pense que tant que la guerre continue, la société iranienne continue à résister certes mais résistance culturelle aussi. Vous savez, il y a dans beaucoup de librairies atérants, les gens se se se réunissent pour lire des livres ensemble et et de et de là créer aussi des liens culturels, du moins et sinon sociaux entre eux. Donc, il y a énormément de choses qui se passent à ce niveau-là aussi.

Mais tant que la guerre continue, je ne pense pas que cette société puisse réellement monter en puissance de nouveau comme ça a été le cas. la société civil iranien était en évolution et aujourd'hui malheureusement je ne vois pas moi cette évolution là donc il faut absolument parvenir à une paix afin que la société civil iranienne puisse de nouveau monter en puissance et je voudrais aussi faire vous vous vous parler d'un dans de d'une recherche qui a été effectuée par quelqu'un que je connais par un sociologue jaune sociologue iranien auprès des enfin auprès d'eux non mais sur plus d'un milliers de personnes qui sont qui sont morts, c'estàd qui ont été tuées lors de massacre de de janvier. Et il bon, je j'ai pas le temps d'entrer dans les détails de sa méthodologie, mais en tout cas ce qu'il montre, c'est que ces gens-là euh étaient euh très en colère mais effectivement savaient pourquoi ils étaient contre ce régime, y allit.

Pourquoi ? parce que beaucoup de ces personnes avaient des pages Instagram et sur leur page justement au moins la moitié 500 d'entre eux et avant d'y aller et depuis longtemps il écrivaient [rires] ce qu'il pensait et cetera. Donc c'était pas juste c'était en connaissance de cause contrairement à ce que certains opposants l'ont dit, c'était pas juste une réaction par rapport à des appels de Trump ou de Rapalaville, le fils du Chatan, mais c'est parce que ces gens-là effectivement sont vraiment contre ce régime et sont pour le changement et au au prix comme on l'a dit de risquer en fait leur vie. ils savaient ce qu'il est en train euh ils étaient en train euh de faire et ça je pense que c'est très important à le dire et ça montre aussi encore une fois la résistance de cette société civile iranienne et ses luttes.

Et pour finir cette émission, j'aimerais rendre hommage à Marjan Satrapi disparu le 3 juin 2026 à l'âge de 56 ans. Peut-être l'avez-vous connu ? Oh, c'était une amie à moi.

C'était une amie. Oui. Euh j'ai euh alors euh je savais euh elle avait pris sa décision de partir, elle me l'avait dit à ma reprise au téléphone.

D'accord. J'ai essayé de la dissuader ça mais elle me disait depuis euh le décès de son de sa moitié de son époux, elle ne pouvait plus vivre et elle me disait que la vie était devenue une souffrance pour elle. Bon, elle a résisté et cetera, mais finalement, moi je lui ai parlé quelques semaines avant son départ et elle me disait "J'en peux plus et je veux plus rester, je veux partir." Et bon, elle c'était sa décision.

Mais en fait, c'est une grande artiste mais c'est aussi quelqu'un qui a beaucoup fait depuis la France pour le mouvement finie liberté. C'était une artiste, c'était une féministe et elle aimait l'Iran, elle n'arrêtait pas d'en parler. On a même discuté de la guerre, hein, je l'ai j'ai eu l'occasion de le dire déjà, alors même que elle était désemparée, elle voulait partir mais elle était toujours, je veux dire concernée par la guerre contre son pays natal.

Euh bon écoutez ça son départ laisse un vide que personne d'autre ne pourra remplir. À mon avis sa thrapie était quelqu'un d'unique en tant qu'artiste, en tant que que féministe, en tant qu'amie. Pour moi, je l'ai voilà, je l'aimais beaucoup.

On va l'écouter justement en 2020, elle se confiait dans Avoin de Virginie Bloc Léné et réalisé par Marie Lore Siboulet. On écoute un extrait de l'épisode 4 consacré à l'Iran. à partir de la période islamique, ça veut dire000 pendant 1300 ans, on a été envahi par tout le monde.

Donc quand vous y vivez dans un pays qui a été autant envahi, il y a ce truc où vous savez historiquement, vous savez que tout passe et à un moment ça ils vont partir et puis ça va devenir autre chose. Donc ça nous met dans cet état de résignation qui s'explique beaucoup par l'histoire euh de ce pays. Il y a eu quand même un coup d'état dans les années 50.

Après, il y a eu une révolution. Après, il y a eu une guerre. Il y a eu 4 millions d'Iraniens qui sont partis de l'Iran.

Il y a eu tellement de gens qui sont partis. On a donné tellement de vie en fait qu'à un moment donné, est-ce que une famille qui a déjà perdu un oncle, est-ce qu'il a aussi envie de perdre un fils et et un mari ? Et au bout d'un moment, on est obligé de se dire "Bon, voilà, ça ça passera." Mais je pense que tous les pays comme ça avec des très longues histoires, une histoire longue en tous les cas, je pense qu'il y a ce truc de résignation.

Oui. Et moi ça je je je l' en moi c'estàdire je me bats tant que je peux me battre contre quelque chose ça dant qu'il y a un petit espoir que finalement je vais peut-être m'en sortir mais il y a des choses et si je peux rien faire bah je fais rien. J'attends.

Azadana vous êtes très ému. Merci d'avoir partagé ces ces cette émotion avec nous. Euh alors on vient de l'entendre he attendre puisque finalement tout passe.

Est-ce que ce ne serait pas ça finalement la 3e voix pour le peuple iranien Tinouche Nazmo. [souffle coupé] Je pense comme on l'a dit en fait que ça passe effectivement par euh par les artistes et par ceux qui sont très actifs en Iran. Je voulais rajouter également bon Zadek a tout dit à propos de Mar Jean.

Je pense que c'est c'est ça ça parle de ce qu'il a dit. ça parle d'elle-même. Mais je veux rajouter en fait que dans les mouvements dont on a parlé au début du mois de janvier, il faut pas oublier qu'il y a qu' avait effectivement de de gens des activistes, des gens qui écrivaient et cetera, mais on a par les témoignages, on voit que la population a suivi, c'est-à-dire celui ce qu'on appelait la population grise pour une grande partie ont suivi.

On a des constatations où quand les jeunes descendaient dans la rue, on voyait des familles en fait avec leurs enfants dans les bras qui venaient et qui manifestaient. Donc c'est pour ça que je dis il y a il y a un mouvement culturel, il y a un mouvement intellectuel qui va en avant et derrière il y a une population qui a vu toutes ces années c'est de ce demi-siècle disons après la révolution islamique et qui veut qui veut changer les choses. Voilà.

Donc une attente mais pas du tout passive, c'est une attente enflammée. On sent en tout cas la ferveur. Azadekian.

Je vous laisse le mot de la fin très rapidement. Il nous reste quelques secondes. Écoutez, voilà, on l'a dit he la société iranienne est largement làisait aspir à la démocratie, à l'égalité entre les hommes et les femmes, euh à la liberté dont le nom est chanté partout, partout, partout en Iran.

Euh et là, il faut il faut la laisser faire, il faut arrêter. Cette guerre meurtrière est vraiment inutile. Merci beaucoup Azadekian, professeur émérite de sociologie à l'université Paris Cité et merci à vous Tinouche Nazmom, metteur en scène de théâtre, éditeur, fondateur et gérant de la librairie Perpoche à Paris.

Merci à vous de nous avoir suivi à samedi prochain et bonne suite de programme sur France Culture.