Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewRCF — L'Invité de la Matinale (sur Site radio)· 17 mai 2026 17 minComplaisantActualité / polémiqueAgriculture & alimentationÉconomie & entreprisesEurope & internationalInstitutions & élections

« L'audiovisuel public est sous-financé depuis 15 ans », dénonce la députée Sophie Taillé-Polian

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:45OuverteRéponse directe

    Cette loi d'urgence agricole est-elle une réponse satisfaisante ?

  • 1:03RelanceRéponse partielle

    Alors, les avancées déjà ?

  • 1:44OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qu'il aurait fallu faire ? Que faudrait-il mettre dans une loi d'urgence agricole, selon vous ?

  • 2:26OuverteRéponse partielle

    C'est une bonne chose, ça ?

  • 3:17RelanceRéponse directe

    On peut vous opposer que les agriculteurs des autres pays du monde utilisent encore davantage de pesticides ?

  • 4:15OuverteRéponse directe

    Sophie Taillepaulian, si je vous entends bien, vous allez être assez d'accord avec cette tribune publiée dans Le Monde.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:22Invité politiqueFait
    « C'est un modèle à bout de souffle qui est sous perfusion des intrants chimiques, qui est vraiment sous l'injonction éternelle à l'ultra rentabilité, à l'ultra productivité, au mépris de la santé des agriculteurs, au mépris de l'environnement et au mépris de la qualité dans nos assiettes. »
  • 2:44Invité politiqueFait
    « Le gouvernement a d'ailleurs modifié les indicateurs pour le mesurer, mais la part des pesticides utilisés est en augmentation. »
  • 6:42PrésentateurChiffre
    « Un des plus importants de la zone euro. »
  • 6:51Invité politiqueChiffre
    « C'est ça. Et c'est quand même énorme. C'est des milliers de milliards d'euros. »
  • 8:16Invité politiqueChiffre
    « Il y a une niche fiscale qui a à peu près 5-6 milliards d'euros sur l'assurance-vie, sur les assurances-vie. »
  • 13:39Invité politiqueFait
    « Il est aujourd'hui sous-financé depuis presque 15 ans. »
  • 14:00Invité politiqueFait
    « La difficulté, c'est que l'audiovisuel public est au même niveau de financement, comme s'il n'y avait pas eu d'inflation dans ce pays, c'est magique. »
  • 15:10Invité politiqueFait
    « M. Bolloré, aujourd'hui, a des médias. Il a le relais H qui distribue la presse. Il a des maisons d'édition. »
  • 15:26Invité politiqueChiffre
    « Il a, aujourd'hui, entre ses mains, potentiellement, la possibilité d'influer sur à peu près un tiers du financement du cinéma français. »

Temps de parole

  • Sophie Taillé-Polian75 %
  • Présentateur22 %
  • Présentateur 22 %

3,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Ce programme est disponible grâce aux dons de nos auditeurs. Pour diffuser un message d'espérance, rendez-vous sur rcf.fr. RCF Notre-Dame. Luc Dubois, on vous retrouve pour l'invité de la matinale. Vous recevez ce matin Sophie Taillepaulian, députée écologiste et sociale du Val-de-Marne. Bonjour Sophie Taillepaulian. Bonjour. Et merci d'avoir accepté notre invitation ce matin. Cela faisait quelque temps que nous voulions vous recevoir car vous avez fait partie de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public dans l'opposition à Charles Aloncle. Évidemment, on va en parler. Nous allons aussi évoquer l'épargne des Français.

Il y a quelques mois, vous avez proposé de la taxer pour financer la réindustrialisation. Je vous vois tout de suite réagir. Vous réagirez tout à l'heure. Mais je vous propose de commencer par la loi d'urgence agricole. C'était une promesse du gouvernement pour répondre à la colère des agriculteurs il y a quelques mois. Sophie Taillepaulian, cette loi est-elle une réponse satisfaisante ?

0:53
Sophie Taillé-Polian

Non. Non, ce n'est pas une réponse satisfaisante. Il y a quelques petites avancées. Il y a aussi un certain nombre de choses qui vont véritablement dans le mauvais sens.

1:03
Présentateur

Alors, les avancées déjà ?

1:04
Sophie Taillé-Polian

Écoutez, il y a notamment le fait que le gouvernement décide de parler enfin du foncier. Il y a des choses. Mais globalement, encore une fois, le gouvernement rate son objectif qui devrait être de réformer en profondeur le modèle agricole français. C'est un modèle à bout de souffle qui est sous perfusion des intrants chimiques, qui est vraiment sous l'injonction éternelle à l'ultra rentabilité, à l'ultra productivité, au mépris de la santé des agriculteurs, au mépris de l'environnement et au mépris de la qualité dans nos assiettes.

1:44
Présentateur

Sophie Taillepaulian, qu'est-ce qu'il aurait fallu faire ? Que faudrait-il mettre dans une loi d'urgence agricole, selon vous ?

1:48
Sophie Taillé-Polian

Écoutez, il faudrait soutenir véritablement et dans les grandes largeurs un modèle de ferme qui soit respectueux de l'environnement et des agriculteurs eux-mêmes. Et finalement, tourner la page de ce modèle qui est tourné vers l'exportation. Je crois qu'il faut revenir vers la consommation, vers les besoins des Françaises et des Français qui ont besoin d'aliments sains, de qualité et cesser cette course terrible à la volonté de toujours exporter davantage au mépris de notre souveraineté alimentaire et au mépris de la santé et de l'environnement.

2:26
Présentateur

On importe aussi beaucoup et le gouvernement, grâce à cette loi, pourra maintenant interdire des importations contenant des pesticides qui sont prohibés dans l'Union européenne. C'est une bonne chose, ça ?

2:36
Sophie Taillé-Polian

Ça, c'est également une autre bonne chose dans la loi. Mais il n'empêche que le recours aux pesticides est quand même extrêmement important. Le gouvernement a d'ailleurs modifié les indicateurs pour le mesurer, mais la part des pesticides utilisés est en augmentation. Alors même qu'aujourd'hui, on sait que les liens avec les cancers sont très forts et que c'est une véritable épidémie de cancer à laquelle, notamment, notre attention a été portée par le directeur de l'Institut Gustave Rossi, qui par ailleurs est dans ma circonscription à Villejuif, dit attention, on va être face à une épidémie de cancer. Et c'est notamment lié au sujet environnementaux.

3:17
Présentateur

On peut vous opposer, Sophie Taillé-Pollian, que les agriculteurs des autres pays du monde utilisent encore davantage de pesticides ?

3:24
Sophie Taillé-Polian

Peut-être, peut-être. Mais n'empêche que notre santé est en jeu. Et c'est un autre modèle qu'il faut promouvoir. En tout cas, il faut protéger nos agriculteurs de cette concurrence déloyale qui est organisée dans le cadre des traités de libre-échange. Et ça, c'est une chose que... Vous pensez à Mercosur ? Notamment. C'est quelque chose que les agriculteurs réclament. Et finalement, si on ne les mettait pas en situation de concurrence directe avec des pays qui utilisent un certain nombre de produits que nous, nous ne permettons plus d'utiliser, alors les choses iraient mieux. Donc, quand je dis nouveau modèle, je ne dis pas qu'il ne faut pas écouter ce que disent les agriculteurs.

Oui, cette concurrence déloyale à laquelle ils sont confrontés, ça doit cesser. Mais ça doit cesser parce qu'on doit orienter notre production vers l'intérieur et non pas vers l'exportation à coups de fermes-usines qui, évidemment, ne respectent pas notre santé ni les animaux par ailleurs. Et c'est un élément important.

4:15
Présentateur

Sophie Taillé-Pollian, si je vous entends bien, vous allez être assez d'accord avec cette tribune publiée dans Le Monde. Plus de 50 chefs étoilés qui alertent sur les fragilités du modèle agricole français. Ils appellent à basculer vers une agriculture plus durable, plus familiale, plus qualitative. Cet appel de la part de chefs étoilés, vous semble-t-il, Sophie Taillé-Pollian, de nature, a peut-être pesé sur les débats parlementaires ?

4:36
Sophie Taillé-Polian

Je ne sais pas si ça va peser. On a beaucoup, beaucoup de collègues députés qui sont vraiment très organisés en lien avec les organisations syndicales d'agriculteurs, la FNSEA.

4:48
Présentateur

Qu'est-ce que vous entendez par là ? Organiser avec ?

4:50
Sophie Taillé-Polian

Je trouve qu'il y a une part de prise de pouvoir de la FNSEA dans nos ministères et aussi à l'Assemblée nationale, avec une vision qui est totalement biaisée. Une FNSEA qui est au service des grandes exploitations et qui malheureusement ne prend pas du tout en compte la réalité des petites exploitations qu'il faudrait sauvegarder. Cette tribune, je l'ai lue avec beaucoup d'intérêt hier dans les colonnes du Monde et je trouve effectivement qu'elle apporte cet éclairage. Alors évidemment, on ne va pas tous et toutes manger tous les jours comme quand on va au restaurant. Mais la qualité des produits pour notre santé, c'est essentiel et aussi c'est notre patrimoine.

5:26
Présentateur

Et d'ailleurs, ces chefs ont deux propositions concrètes. D'une part, une réduction d'impôts pour soutenir la transformation des fermes et d'autre part, un fonds abondé par le plan épargne retraite. Quelle est votre réaction à ces propositions ? Vous parliez du foncier tout à l'heure. Il y a un vrai sujet sur le foncier ?

5:39
Sophie Taillé-Polian

Oui, il y a un vrai sujet pour les agriculteurs et agricultrices, notamment les jeunes qui portent des projets agroécologiques, d'avoir accès à la terre. Et je pense que c'est extrêmement important de permettre l'accès aux fonciers et aussi d'éviter que les agriculteurs et agricultrices ne s'endettent trop. Parce que c'est aussi les raisons d'un modèle économique qui ne fonctionne plus.

6:02
Présentateur

Nous sommes avec Sophie Taillé-Pollian sur RCF Notre-Dame, députée écologiste et sociale du Val-de-Marne. Je parlais du plan épargne retraite. Parlons de l'épargne des Français. Faut-il la taxer davantage ?

6:12
Sophie Taillé-Polian

Alors non, il ne faut pas la taxer davantage. En tout cas, pas l'épargne populaire. Il y a une partie de l'épargne qui est entre les mains des ultra-riches. Et évidemment, nous considérons à gauche et dans le groupe écologiste et social que cette accumulation entre les mains de très peu de personnes, finalement, est tout à fait négative pour la société et pour l'économie. Je considère par contre que dans notre pays, il y a un taux d'épargne qui est extrêmement élevé.

6:41
Présentateur

Un des plus importants de la zone euro.

6:42
Sophie Taillé-Polian

Un des plus importants de la zone euro, environ 19%. En général, il faut être plus autour de 10-15% en moyenne.

6:48
Présentateur

10-15%, c'est-à-dire que 19% de nos revenus partent en épargne.

6:51
Sophie Taillé-Polian

C'est ça. Et c'est quand même énorme. C'est des milliers de milliards d'euros. Et donc, à quoi ces milliers de milliards d'euros servent-ils ? Ils servent à financer l'économie. Mais notre choix collectif devrait être de décider quel projet elle devrait financer. Et aujourd'hui, cette épargne, en raison d'incitations fiscales qui ne vont pas dans le bon sens, en raison de la philosophie des acteurs financiers qui ne cherchent que le rendement, eh bien, cette épargne, elle finance le CAC 40, elle finance les marchés financiers et elle ne finance pas l'économie réelle avec des projets qui peinent à trouver financement.

Donc, nous, nous considérons et moi, je considère qu'il faudrait orienter cette épargne vers l'investissement productif, peut-être un peu plus loin des rendements mirobolants. Mais, en tout cas, je crois qu'il y a beaucoup de Françaises et de Français qui aimeraient bien que, s'ils ont un peu d'épargne, ce soit plutôt au service de notre pays, de notre industrie, au service des rendements des fonds de pension.

7:49
Présentateur

Vous pensez que les Français sont prêts à gagner moins avec leur épargne si c'est pour financer le local ?

7:54
Sophie Taillé-Polian

Moi, je pense qu'il y a, oui, je pense. En tout cas, vous savez, aujourd'hui, dans notre pays, il y a une niche fiscale qui a à peu près 5-6 milliards d'euros sur l'assurance-vie, sur les assurances-vie. Et moi, je ne trouve pas cohérent qu'on aide fiscalement, puisqu'en fait, on réduit les impôts, pour aller dans les marchés financiers spéculer. Je pense que ce serait mieux que cette... Si une niche fiscale, il doit y avoir, alors, en contrepartie, que les Françaises et les Français, on finance notre industrie qui a bien besoin des projets utiles socialement.

8:27
Présentateur

Qu'est-ce qu'un projet utile socialement ? En quoi le marché financier ne permet-il pas d'aider des projets utiles socialement ?

8:32
Sophie Taillé-Polian

Alors, les marchés financiers n'ont qu'un type d'indice en tête. C'est le taux de rentabilité. C'est le taux de rendement de l'investissement, à terme. C'est ce qu'étend les gens aussi, on peut dire ça. Ce n'est pas du tout l'utilité sociale. Et vous avez des mécanismes terribles, notamment dans les gestionnaires d'actifs, qui placent de l'argent en s'endettant, font en sorte que l'entreprise, par ses bénéfices, rachète sa dette. Et puis après, ils revendent. Et c'est des suppressions d'emplois. C'est une logique purement financière qui n'est pas une logique d'économie réelle, qui est une logique d'enrichissement et d'accumulation du capital.

Et c'est toujours entre les mains de quelques-uns.

9:13
Présentateur

Mais l'enrichissement permet d'employer des gens et donc permet d'éviter du chômage.

9:17
Sophie Taillé-Polian

Eh bien là, non. Justement, l'enrichissement, il vient ponctionner sur l'entreprise le fait que d'autres s'endettent pour la racheter. C'est un mécanisme terrible qui conduit à ce que des entreprises fassent faillite, qui conduit à ce qu'on réduise des emplois au mépris de ce qui devrait être l'essentiel, c'est-à-dire ce qu'on doit produire. Vous savez, c'est le cas aujourd'hui dans ma circonscription, dans un média qui regroupe beaucoup de titres professionnels, finalement qui est géré par des financiers. Et on est en train de supprimer des postes de secrétaires de rédaction.

Non, alors c'est entre autres, mais c'est un groupe qui s'appelle Infopro Digital et qui a le Moniteur, Gégazette, énormément de journaux professionnels et où on remplace des secrétaires de rédaction, des journalistes par l'IA. Mais ce n'est pas du tout pour faire du meilleur journalisme. Et ce n'est pas du tout non plus parce que l'entreprise va mal. C'est aussi parce que les médias sont en difficulté. Non, pour le coup, ces médias-là ne le sont pas et ces entreprises vont bien parce que c'est une presse professionnelle qui a un auditoire certain.

10:22
Présentateur

Sophie Taillé-Pollion, vous me faites une transition toute trouvée puisque nous allons parler de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public. Vous étiez membre de cette commission qu'on a renommée la commission à l'oncle. À tête reposée, ça fait quelques semaines que le soufflet est retombé. Que retenez-vous de cette commission et que retenez-vous de positif de cette commission ? Question compliquée, Sophie Taillé-Pollion.

10:43
Sophie Taillé-Polian

Ah oui, question très compliquée parce que je ne retiens pas grand-chose de positif de cette commission. C'était une expérience assez pénible humainement. Pourquoi ? Parce que la manière dont le rapporteur a conduit les auditions de manière extrêmement biaisée était profondément désagréable. Et non seulement, parce que ce n'est pas une question uniquement de désagrément, mais ne correspond pas à ce que je crois être l'éthique d'un parlementaire dans le cadre d'une commission d'enquête où on doit veiller à traiter tous les angles d'un même sujet et ne pas prendre en compte que ceux qui nous intéressent.

Pour finalement en être dans un état d'esprit où on cherche à démontrer ce qu'on voulait démontrer au début.

11:26
Présentateur

Il y a eu un succès d'audience quand même, ça a semblé intéresser le grand public. Comment vous percevez ça ?

11:33
Sophie Taillé-Polian

Écoutez, il y a eu beaucoup de buzz autour de cette commission, aussi parce qu'on a convoqué des gens très célèbres. Alors aujourd'hui, dans notre parlement, on utilise un peu ces commissions d'enquête pour se faire mousser en invitant des stars du showbiz. Et je ne suis pas sûre que le travail parlementaire en ressorte grandi.

11:53
Présentateur

Il y a quelques jours, le député Charles Aloncle, député UDR affilié à Éric Ciotti, lui-même allié à Marine Le Pen, a déposé une proposition de loi afin de prévenir les conflits d'intérêts pour les dirigeants de l'audiovisuel public. Est-ce que vous pensez qu'il y a des conflits d'intérêts dans l'audiovisuel public ?

12:07
Sophie Taillé-Polian

Je pense qu'il y a potentiellement des conflits d'intérêts dans toutes les entreprises publiques et qu'il est bon de les encadrer. Mais avec cette PPL, on voit bien que la montagne n'accouche que d'une souris. M. Aloncle propose un dispositif qui, en fait, ne marche pas. Il propose d'étendre à l'audiovisuel public un dispositif qui ne marche pas. On a aujourd'hui, et ça c'est vraiment un enjeu très très grave, des conflits d'intérêts dans la fonction publique, dans la très haute fonction publique, avec des départs dans le privé, des retours dans le public.

Il y a plusieurs rapports parlementaires qui l'ont mis en avant, avec une forme, finalement, de confusion de l'intérêt public et des intérêts privés. Et à mon sens, c'est toute la question des conflits d'intérêts, de la place des fonctionnaires par rapport au privé qui se pose. Donc là, on est vraiment dans l'anecdote.

13:01
Présentateur

Il faudrait être fonctionnaire toute sa vie ?

13:03
Sophie Taillé-Polian

Mais écoutez, peut-être pas fonctionnaire toute sa vie, mais je crois que quand on choisit d'être fonctionnaire, on a aussi à cœur des valeurs, une envie de servir pour l'intérêt général. Or, il arrive, vous voyez, quand il y a des anciens responsables du Trésor qui partent et qui deviennent avocats fiscalistes pour aider celles et ceux qui le peuvent à trouver les meilleures niches fiscales, je ne suis pas sûre qu'on soit dans le bon état d'esprit.

13:28
Présentateur

Si on revient à l'audiovisuel public, Sophie Taillé-Pollion, est-ce que vous pensez qu'il y a un problème avec l'audiovisuel public, même si cette commission d'enquête l'a mal identifié ?

13:36
Sophie Taillé-Polian

Il y a un problème avec l'audiovisuel public dans notre pays. Il est aujourd'hui sous-financé depuis presque 15 ans. Il y a eu des licenciements à tour de bras. Malgré tout, il maintient ses audiences, mais c'est de plus en plus difficile pour lui de remplir ses missions. Vous savez, c'est comme toujours, il y a quand même de l'argent public, et c'est important de vérifier où il va, et des missions en face. La difficulté, c'est que l'audiovisuel public est au même niveau de financement, comme s'il n'y avait pas eu d'inflation dans ce pays, c'est magique. Or, quelles sont les missions de l'audiovisuel public ? D'une part, c'est l'information.

Et aujourd'hui, nos chaînes publiques, c'est elles qui emploient le plus de journalistes. Il y a une part de journalistes d'investigation. Et comme la presse est sous pression économiquement, c'est hyper important qu'on garde un endroit où on a les moyens pour faire de l'investigation, de l'enquête. Deuxièmement, il y a bien sûr aussi la culture.

14:33
Présentateur

Justement, la culture, je vous propose d'en parler avec le Festival de Cannes. Une pétition contre Vincent Bolloré fait des remous, publiée par Libération la semaine dernière, signée par 600 producteurs, exploitants de cinéma, cinéastes, techniciens, comédiens. Le patron de Canal+, Maxime Saada, président du directoire de Canal+, hier, lors d'un déjeuner, a affirmé qu'il ne voulait plus travailler avec les signataires de cette tribune. Quelle est votre réaction, Sophie Taillé-Pollion, ce matin ?

14:58
Sophie Taillé-Polian

Mais je trouve ça extrêmement grave. Ces pétitionnaires, quand ils le fait, ils ont alerté sur un danger qui est réel, qui est le danger de la concentration, entre les mains de quelques milliardaires, et notamment la de M. Bolloré, d'une immense partie de tout ce qui relève de la fabrique de l'opinion. M. Bolloré, aujourd'hui, a des médias. Il a le relais H qui distribue la presse. Il a des maisons d'édition. Il a, aujourd'hui, entre ses mains, potentiellement, la possibilité d'influer sur à peu près un tiers du financement du cinéma français. Le premier financeur qu'elle accuse. Et il se positionne pour, maintenant, les salles de cinéma. Le problème, c'est qu'à un moment donné, M.

Bolloré, s'il veut mettre tous ses outils au service de son projet politique, on sait qu'il va le faire. Il le fait déjà, avec un certain nombre de médias, dont il a changé totalement la ligne éditoriale, au profit de ses idées personnelles. Donc la concentration, c'est quelque chose qui doit être évité. D'ailleurs, dans notre loi, c'est inscrit. Pour qu'il y ait le pluralisme. Et ce que disent ces personnes qui pétitionnent, et ils ont raison de le faire, c'est « Attention, le pluralisme peut être en danger. Attention, n'attendons pas que les choses soient transformées profondément pour agir.

» C'est la raison pour laquelle, moi, j'ai déposé une proposition de loi contre la concentration dans les médias, dans le domaine de l'édition aussi.

16:17
Présentateur

Sophie de Taillé-Pollian, dernière question. Vous soutenez François Ruffin, candidat à la primaire de la gauche, déterminé à se présenter seul si cette primaire n'avait pas lieu. Y aura-t-il une primaire de la gauche avant 2027 ?

16:27
Sophie Taillé-Polian

Je l'espère, comme beaucoup, comme la plupart des personnes de gauche dans notre pays.

16:32
Présentateur

Tout le monde dit qu'il l'espère, mais elle n'advient pas.

16:34
Sophie Taillé-Polian

Oui, parce qu'il y a des personnes à l'œuvre qui vraiment essayent de l'empêcher. Et je trouve que c'est tout à fait dommage. Une partie des socialistes, dont je n'ai toujours pas compris ce qu'ils reprochent à la primaire, qui a quand même permis de faire gagner François Hollande, il faut, parce que les partis sont trop faibles aujourd'hui, ils sont trop nombreux et trop faibles, il faut que le peuple de gauche tranche sur quel est le meilleur candidat pour les représenter. Si nous partons divisés, nous perdrons. Ce ne serait pas grave si aujourd'hui dans notre pays, et c'est la première fois dans l'histoire, le risque de l'arrivée de l'extrême droite au pouvoir n'était pas réel.

Donc attention, il faut quand même se ressaisir.

17:13
Présentateur

Merci beaucoup Sophie Taillé-Pollian. Je rappelle que vous êtes députée écologiste et sociale du Val-de-Marne. Merci d'avoir été ce matin sur RCF Notre-Dame. Clara, je vous laisse la parole pour la suite de la matinale. Oui, merci à vous Pierre-Hugues Dubois pour cette invitée de la matinale. Vous parliez un petit peu de la loi d'urgence agricole. On va rester un petit peu dans le thème de l'agriculture, dans notre chronique culture à 8h45, puisque Jean Pruvot va nous parler des abeilles ce matin dans le mot de la semaine. Mais avant, on va jeter un coup d'œil à la météo plus près de chez vous.