Pierre-Antoine Lévi : « Il y a des vocations parmi les enseignants, mais on les empêche »
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:08OuverteRéponse partielle
Pourquoi le gouvernement n'a pas su répondre aux angoisses de la jeunesse avant ?
- 1:24OuverteRéponse directe
La plateforme de 100 000 sollicitations permettra-t-elle de répondre aux attentes des lycéens ?
- 2:02RelanceÉludée
Le Premier ministre a-t-il condamné suffisamment les violences ?
- 2:13OuverteRéponse directe
Où est la gauche qui défendait les enseignants ?
- 2:57RelanceRéponse directe
Le Premier ministre a-t-il traité les problématiques des lycéens ?
- 3:35OuverteRéponse directe
Faut-il condamner les violences de toute nature ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:24Fait
« aujourd'hui, on a une colère qui s'exprime »
- 2:02Fait
« Deux minutes, plus de deux minutes, pas une seule condamnation de la violence. »
- 2:13Chiffre
« Mille policiers blessés, moins de 300 enseignants. »
- 2:57Fait
« la question qui a été posée effectivement, n'a traité que des violences policières et n'a absolument pas traité les problématiques que les lycéens veulent exprimer. »
- 3:35Fait
« Vous avez le droit de manifester, mais n'avez pas le droit de bloquer. »
- 4:10Chiffre
« 148 personnels de l'éducation nationale ont été blessés dans le cadre des événements, la plupart dans le cadre d'actions délibérées. »
- 6:17Promesse
« je souhaite également que le gouvernement entende nos mouvements des lycéens, apporte des réponses. »
- 6:58Chiffre
« 5,9 % des heures d'enseignement n'ont pas été remplacées dans les lycées, contre 8,6 % pour l'année précédente 2024-2025 »
- 8:26Fait
« Il y a une perte de chance très importante. »
- 8:59Promesse
« il faut absolument que dans tous les lycées de France, on ait des lycéens qui commencent les cours avec un professeur face à eux. »
- 9:40Fait
« On a également une question d'attractivité du métier. »
- 19:42Fait
« les crous sont débordés avec ce repas à 1 euro. »
Temps de parole
- ?100 %
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Pierre-Antoine Lévy, vous êtes sénateur union centriste et indépendant du Tarn-et-Garonne et nouveau président de cette commission de la culture, de l'éducation, de la communication et du sport ici au Sénat quatrième semaine de mobilisation pour les lycéens dont les représentants seront reçus aujourd'hui pour la troisième fois par Édouard Geffray. Édouard Geffray que vous avez longuement auditionné hier au Sénat, le ministre de l'Éducation nationale, le gouvernement qui fait face à la colère des lycéens et hier en conseil des ministres emmanuel macron a reconnu que la jeunesse exprime des angoisses légitimes pourquoi on n'a pas su y répondre avant ces angoisses ça fait C'est un petit moment que la jeunesse, aujourd'hui, exprime des angoisses. Des angoisses sur l'avenir.
Aujourd'hui, quand on parle d'intelligence artificielle, on a des lycéens qui se projettent dans 10 ans à cause de l'intelligence artificielle. Et ça, aujourd'hui, ça angoisse les gens. Vous avez également une angoisse avec le parcours sup, sur l'orientation, la problématique de transparence, de mixité sociale. Donc, aujourd'hui, on a une colère qui s'exprime. Alors, une colère et une violence qui s'exprime de cette jeunesse, raison pour laquelle j'ai voulu avec la commission auditionner le ministre, qui a répondu avec sincérité à toutes les questions. Il y en a eu de nombreuses parce que c'est une audition qui a duré plus de deux heures et aujourd'hui, il Il est temps maintenant de bien entendre cette jeunesse.
Et je crois que la plateforme qui a été mise en place, qui était décritée au départ, qui aujourd'hui a recueilli plus de 100 000 sollicitations, permettra peut-être de savoir exactement ce qu'attendent les lycéens aujourd'hui à répondre. C'est ça la vérité qu'il faut aujourd'hui défendre, c'est répondre à la colère des lycéens et mettre en place des moyens. Colère qui devient politique et un sujet évidemment pour l'exécutif, le chef de l'État hier qui a également déploré que les angoisses de la jeunesse soit exploité politiquement et transformé en violences urbaines avec des scènes inacceptables. Je le cite, message repris hier dans l'hémicycle du Sénat par le premier ministre Sébastien Lecornu en réponse à une question de la présidente du groupe écologiste, Mélanie Vogel.
Deux minutes, plus de deux minutes, pas une seule condamnation de la violence. Deux minutes, pas une seule condamnation de la violence.
Mille policiers blessés, moins de 300 enseignants. Où est la gauche qui défendait les enseignants et les proviseurs ? Où est la gauche ? Même pas un mot pour condamner des tirs de mortiers sur des salles de classe vous êtes d'accord avec lui est-ce que détourner parce qu'on entend ça depuis le début du mouvement détourner un peu le fond du sujet et pointer systématiquement la gauche l'extrême gauche, la France insoumise c'est pas un peu une manière pour le gouvernement de ne pas se mettre face à sa responsabilité ? Écoutez je crois que ce qu'on a pu constater hier dans l'hémicycle du Sénat c'est que la question qui a été posée effectivement, n'a traité que des violences policières et n'a absolument pas traité
les problématiques que les lycéens veulent exprimer. Le Premier ministre a répondu avec, on va dire, avec franchise, puisque aujourd'hui, comme il l'a dit lui-même, il n'a pas d'agenda politique et donc il est un petit peu en roue libre dans ses réponses. Il l'a montré à plusieurs reprises mais je crois que les écologistes hier auraient dû aussi manifester de la solidarité envers les policiers qui ont été blessés, envers les enseignants qui ont été blessés et envers les lycéens. Il y a plus de 200 lycéens qui ont été blessés, quasiment 1 000 policiers, plusieurs centaines d'enseignants. Ça, c'est inacceptable. Et vous estimez qu'il résume ça à une question de maintien de l'ordre Elle maintient de l'ordre aujourd'hui une question de règle de proportionnalité.
Je veux dire que vous avez le droit de manifester, mais n'avez pas le droit de bloquer. Mais aussi il faut que la violence ne s'exprime pas de cette manière. Parce qu'aujourd'hui quand on voit des tirs de mortier fait par des jeunes, c'est quand même grammatique. Vous avez des étudiants, des lycéens qui veulent venir rentrer en cours parce qu'il y en a qui veulent venir bosser, il y en a qui veulent venir étudier, on les empêche de rentrer. Alors il y a des violences policières effectivement et je crois qu'il y a des enquêtes de l'IGPN, il y en a 18 à ce jour, toute la lumière sera faite sur ces violences et l'IGPN dira si elles sont disproportionnées mais j'aurais bien aimé aussi entendre le groupe écologiste condamner les violences de toute nature.
Et vous avez donc longuement auditionné hier le ministre de l'éducation nationale, Edouard Jeffrey, Alex on va voir ça avec vous. Devant les sénateurs, le ministre qui a d'abord fait le bilan des blocages des lycées et des violences. Sur les 3700 lycées de France, le ministre de l'éducation nationale a indiqué que 160 lycées étaient toujours fermés, soit parce qu'ils ont été partiellement détruits, soit pour cause de menaces de violences envers ses établissements et son personnel. Et d'ailleurs Edouard Jeffrey est revenu sur le bilan des blessés du
148 personnels de l'éducation nationale ont été blessés dans le cadre des événements, la plupart dans le cadre d'actions délibérées. J'ai des proviseurs aujourd'hui qui ne peuvent plus habiter leur logement de fonction parce qu'avec leur famille, ils ont été menacés. On en est là quand même. Pierre-Antoine Lévy, le ministre, estime qu'il n'y a pas eu d'onde de choc dans ce mouvement lycéen par rapport aux enseignants blessés. Est-ce qu'il y a une forme de banalisation de cette violence qui concerne l'éducation nationale, qui concerne les enseignants ? Écoutez, ça fait maintenant la quatrième semaine, je crois qu'on était au cinquième acte de ces manifestations lycéenne, on a tendance effectivement à banaliser la violence alors qu'aujourd'hui elle s'exprime de toutes les manières.
Vous avez parlé en début de journal de l'attaque du lycéen de 14 ans qui a tiré à Aubagne, qui a blessé une un improviseur et une enseignante, c'est dramatique. Puisqu'aujourd'hui, on ne peut rentrer en classe avec des armes, on peut tirer sur des enseignants. Et donc cette violence se banalise, je vous le dis, on parlait des tirs de mortier des lycéens, mais elle n'est pas suffisamment On condamne effectivement le manque de réponse que le gouvernement ne veut pas exprimer et on ne condamne pas suffisamment ces violences. On ne peut pas répondre à des demandes par la violence, on ne peut pas répondre par le silence non plus mais il faut que ça soit proportionné et aujourd'hui moi je condamne toutes ces formes de violence, je le dis de manière très claire,
je souhaite également que le gouvernement entende nos mouvements des lycéens, apporte des réponses. Le ministre hier a commencé à ébaucher un certain plan de mesures qu'il va annoncer dans les jours à venir. J'espère que ces mesures seront de nature à rassurer les lycéens parce qu'on ne peut pas laisser s'installer cette colère qui prend des proportions qui vont être difficiles à arrêter. Et on le voit aujourd'hui avec la manifestation de samedi, les lycéens vont se joindre à ce grand mouvement national. Et donc il faut maintenant mettre les moyens en face. Il y a quelques réponses qu'on ont été apportés. Son moment n'est pas suffisante. On en parlera sur les moyens, sur le bâtiment... On va y venir puisque l'un des problèmes soulevés par le mouvement lycéen, Alex,
c'est le non-remplacement des professeurs. Et là encore, le ministre a donné des Si on regarde la dernière année scolaire 2025-2026, 5 ,9 % des heures d'enseignement n'ont pas été remplacées dans les lycées, contre 8 ,6 % pour l'année précédente 2024-2025, donc il y a une progression même si cette situation n'est pas du tout satisfaisante. Alors dans l'urgence de ce mouvement lycéen, Édouard Geffray a mobilisé 3000 professeurs remplaçants qui n'avaient pas d'affectation, 920 postes d'enseignants contractuels sont en cours de recrutement et actuellement, il y a 49 lycées en situation critique du point de vue de ces non-remplacements contre 114 la semaine dernière. Pierre-Antoine Lévy vous a convaincu le ministre avec ses 3000 professeurs remplaçants qui n'avaient pas d'affectation,
qui sont mobilisés comme ça tout d'un coup alors que ce problème des non-remplacements est assez vieux. Ca ne date pas de ce ministre, les problèmes de non-remplacement. Moi, dans Dans mon département, j'ai eu des cours entiers où il n'y a pas eu de professeur de français pendant toute l'année. Ce n'est pas faute d'avoir sollicité. Vous avez dit qu'on a une amélioration en termes de pourcentage. Par contre, entre 2018 et 2025, On a eu 490 000, on avait 490 000 journées longue durée, on va dire, de professeur. C'est passé à 949 000 en 2025, vous voyez ? Donc on a un nombre important de journées non Ce que je trouve inacceptable, c'est que quand on arrive en cours, le collégien ou le lycéen n'ait pas de professeur face à lui.
Il y a une perte de chance très importante. Et donc l'annonce qu'a faite le ministre, elle arrive un peu tard parce qu'aujourd'hui 3000, j'ai l'impression que c'est une réponse. Mais surtout vous la comprenez parce que comme vous le dites ça fait longtemps que les élèves, que les parents, que les profs alertent sur ce manque de professeurs et là on trouve 3000 professeurs remplaçant d'un coup. Vous comprenez ? C'est un interpell – Ça interpelle bien sûr, ça interpelle parce qu'on aurait dû le faire avant. Alors il y a des disciplines où il est très difficile de trouver un professeur au pied levé pour remplacer un professeur absent, mais il y a des disciplines où on peut trouver facilement un remplaçant, il Il faut les mettre en place de manière rapide,
mais aujourd'hui on va dire que la réponse est arrivée un peu tard. Est-ce qu'on a encore plus attisé à la colère des lycéens ? Alors moi ce que j'attends de voir maintenant c'est le déploiement de ces 3000. On en a 2000 qui sont en cours, il en en restent un millier, ça ne suffira pas. Ça ne suffira pas. Il faut absolument que dans tous les lycées de France, on ait des lycéens qui commencent les cours avec un professeur face à eux. Il y a 49 lycées en situation Sur ces non-replacements, le ministre évoque effectivement un nouveau logiciel qui va arriver, des problèmes de gestion des effectifs. Mais est-ce que selon vous c'est la cause suffisante ou est-ce qu'il y a aussi un problème de moyens c'est-à-dire qu'on n'a pas assez de professeurs pour pouvoir réagir et remplacer notamment faire
les remplacements de longue durée ? C'est un petit peu le cas on a également une question d'attractivité du métier je pense aussi. On y avait répondu un petit peu par l'augmentation des salaires de base d'entrée pour les professeurs mais il y a une question d'attractivité du métier. Mais est-ce que c'est lié, est-ce que par exemple le système d'affectation aujourd'hui des profs contribue au manque d'attractivité du métier ? Quand vous commencez votre carrière vous êtes envoyé souvent loin de chez vous pour une durée indéterminée, est-ce que globalement il faut revoir ce système d'affectation des professeurs ? J'ai un cas particulier dans mon département où j'ai un professeur des écoles qui qui était une vocation, qui a repassé le concours à 35 ans,
qui est en Haute-Garonne et qui a voulu travailler pas loin de chez elle puisqu'elle a des enfants en bas âge. On l'a envoyée à une heure et demie de roue de chez elle on l'a essayé de négocier pour la ramener dans le département de haute-garonne n'y est pas arrivé la personne a démissionné voyez on a une question de vocation et après une question de lourdeur administratif je veux dire c'est une grande machine l'éducation nationale, il faut absolument revoir les mécanismes d'affectation des professeurs parce qu'on a des vocations mais souvent elles ne s'expriment pas puisque quand vous êtes à deux heures de chez vous, effectivement quand vous n'y arrivez pas vous abandonnez. Alex-Edor Giffray est également revenu sur la plateforme Parcoursup,
plateforme d'orientation des lycéens vers l'enseignement supérieur qui est très décriée par le mouvement. Et le ministre a malgré tout plutôt défendu le bilan de cette plateforme d'orientation Parcoursup avec une baisse du taux d'échec en licence, un taux qui est actuellement de 50 % contre 60 % avant la création de Parcoursup. cette plateforme, elle réserve 150 000 places pour les boursiers dans des formations où ils n'auraient pas forcément été retenue. Alors Parcoursup a été défendu par le ministre Édouard Geffray, même s'il travaille au sein du gouvernement sur des améliorations de Parcoursup, notamment sur l'expérience utilisateur qui est très stressante pour les les lycéens. Et puis ensuite, Edouard Jeffrey s'est exprimé sur
le débat autour de la sélection à l'entrée à l'université due à un nombre de places limitées dans certaines formations et selon lui, revenir sur cette sélection ce n n'est pas forcément la solution. Actuellement, il y a des gens qui vous disent que tout le monde devrait pouvoir aller où il veut. Très bien. On pourrait créer 30 000 places à Sciences Po. Bon, on aura plein de gens qui feront les sciences politiques. On en a sûrement besoin, mais enfin on a peut-être aussi besoin d'industriels, tout ça. Mais notre responsabilité aussi, c'est aussi de ne pas simplement reporter par confort politique ou intellectuel la frustration au niveau du Bac plus 3 ou du Bac plus 5 ou de l'instruction professionnelle ou de la carrière professionnelle.
Pierre-Antoine Lévy sur Parcoursup, est-ce qu'il faut réformer cette plateforme ou tout simplement la supprimer comme on l'entend, comme on le lit à des pancartes dans les manifestations ? Si vous la supprimez, vous la remplacez par quoi ? Je crois qu'aujourd'hui c'est le nom de Parcoursup, vous pourrez l'appeler n'importe comment. C'est ce nom de Parcoursup qui est aujourd'hui, on va dire, diabolisé. Donc moi je pense que l'outil peut être largement amélioré parce qu'il crée vraiment de l incompréhension chez les lycéens, de la frustration parce qu'il y a peut-être aussi une question de manque de transparence. Donc je pense qu'il faut que le ministre retravaille dessus, le ministre de l'Éducation, ministre de l'Enseignement supérieur également
en collaboration mais aujourd Aujourd'hui, effectivement, il faut se reposer aussi la question de savoir si tous les étudiants qui ont le baccalauréat, 95 % des lycéens qui ont le baccalauréat, sont prêts pour rentrer à l'université. C'est ça, c'était ma question. Le problème, est-ce que c'est Parcoursup ou est-ce que c'est le niveau du bac aujourd'hui ? Il y a peut-être aussi le niveau du bac. J'ai ma collègue Laurence Garnier qui a rendu un rapport, une mission justement sur ce sujet le 17 septembre où une des questions c'est de savoir si après le bac on ne peut pas passer une année, regardez si on est prêt pour une orientation post-universitaire ou s'il faut on peut rentrer directement à l'université vous avez dit
Alexandre il y a un taux d'échec très important aujourd'hui 50 % d'échec peut-être parce que les écoles les lycéens ne sont pas prêts à rentrer à l'université donc il faut élever le niveau du bac je pense qu'il faut regarder un peu comment on peut élever le niveau du bac aujourd'hui de manière à permettre aux étudiants qui arrivent en première année d'université ou d'école de d'avoir le maximum de chance pour réussir et aujourd'hui ce n'est pas le cas et sur cette entrée à l'université est-ce qu'il faut augmenter le nombre de places dans les formations d'enseignement supérieur pour assouplir un peu Le ministre vous a répondu. Sur Sciences Po, vous avez 30 000 demandes, je crois, pour quelques centaines de places. Donc créer des places, il faut des professeurs face à ces places.
Donc je crois qu'on crée effectivement de la frustration parce que l'outil de Parcoursup n'est pas assez lisible, puisque vous mettez plusieurs voeux. Et souvent quand vous arrivez à la fin de l'analyse par l'algorithme qui est dedans, vous avez des lycéens qui n'ont aucune affectation alors qu'ils ont réussi le bac avec mention très bien. Ils ont fait 4, 5, 6 voeux que aucun de ces voeux n'est exaucé. Et là on se retrouve dans une situation de stress terrible. Qu'est-ce que je vais faire demain ? Donc ça je pense qu'il faut l'améliorer, même si aujourd'hui je considère que Parcoursup a amené quelques réponses. Mais il faut à mon avis que le ministre donne on va dire un peu d'oxygène à ce dispositif qui aujourd'hui est totalement décrié et en qui les lycéens
n'ont absolument plus confiance. On va continuer à parler de ce sujet avec nos partenaires de la presse quotidienne régionale. On va aller à Limoges. Bonjour Olivier Chaperon, merci beaucoup d'être avec nous rédacteur en chef du Populaire du Centre. Olivier, vous vous vouliez nous parler des moyens engagés par les régions pour les lycées. Oui parce que ça fait partie des revendications des lycéens, ces locaux qui sont pour certains un peu dépassés, qui ne répondent pas aux normes territoriales, qui ne répondent pas aux normes évidemment. La région Nouvelle-Aquitaine a investi plus de 2 milliards d'euros depuis 2016, c'était le moment de la fusion. Aujourd'hui Alain Rousset et son président estiment qu'il peut difficilement faire plus.
C'est quoi la solution monsieur le sénateur pour accélérer la rénovation faciliter l'accès des salles froides fraîches tout au moins pour les lycéens et même parfois dans les universités. On revient qu'il n'y a plus de moyens, plus de budget pour ça. Comment les régions peuvent-elles porter toutes seules cette masse incroyable de budget et de financement. Aujourd'hui, effectivement, les régions ont la compétence des lycées. Beaucoup de régions ont investi des milliards d'euros. On l'a eu en Occitanie également. Vous avez eu C'est des milliards d'euros qui ont été investis pour améliorer les conditions d'exercice et la performance thermique des bâtiments. Mais ça ne suffit pas, il faudrait des moyens encore plus importants.
Et ce n'est pas, on va dire, les coupes budgétaires qui ont été présentées dans le projet de loi de finances 2027, qui vont rassurer les régions et qui vont les faire investir. – Parce qu'hier Emmanuel Macron demande au gouvernement d'apporter des réponses concrètes dans les semaines à venir sur cette question du bâtisse scolaire. Mais qu'est-ce qu qu'on peut faire sur le court terme et comme vous le dites avec les contraintes budgétaires actuelles ? – Écoutez, moi je pense que la réponse que l'on peut apporter c'est mettre en place un plan d'investissement massif pour aider les régions, donc à aider les collectivités qui portent le bâti scolaire pour améliorer les conditions d'exercice, c'était absolument inacceptable que vous ayez avec les fortes chaleurs
que nous avons eues, on a eu quand même 3 mois de canicule, au mois de juin et même au mois de septembre à la rentrée il faisait 35-36 degrés dans les salles de cours et l'hiver il fait 12 degrés voire 8 degrés donc si Emmanuel Macron l'a annoncé, il veut que le gouvernement apporte une réponse rapide, il faut mettre en place des moyens donc il faut un plan d'investissement et d l'aide aux collectivités qui portent justement le bâti scolaire de manière à apporter des réponses rapides mais ça, ça veut que. On ne peut pas dire d'un côté il faut apporter des réponses et faire des coupes budgétaires aussi importantes sur le budget 2027 parce que là quand vous allez voir, on va travailler, le budget va nous arriver au Sénat, on va amender mais ça va être un massacre pour les collectivités.
5 ,5 milliards de coupes donc avec des collectivités qui vont devoir faire des choix et peut-être que le choix qui va être fait c'est justement c'est peut-être de ne pas mettre l'accent sur la rénovation de ces bâtiments scolaires, des lycées ou des collèges pour les départements parce qu'on a également des problèmes pas que sur les lycées, sur les collèges sur les écoles qui pèsent sur l'ensemble des collectivités territoriales. Olivier vous aviez une autre question sur l 'avenir de la jeunesse ? Oui notamment c'est sur le sentiment de résignation des abusés. On le voit à Limoges, comme en Limousin il y a eu peu de débordements globalement. Par contre on voit déjà que le mouvement s'essouffle. Est-ce que vous pensez que ces jeunes sont résignés ?
Qu'ils ont l'impression qu'on ne les entend pas, qu'on ne les écoute pas et que finalement il y a peu de chances que ça bouge ? Vous l'avez peut-être évoqué d'ailleurs avec le ministre lors de l'audition. C'est un sentiment partagé.
Il faut continuer, je veux dire avancer. On est là dans un mouvement qui dure depuis un mois. On verra s'il se calme avec les vacances parce qu'il y a des vacances scolaires qui démarrent en fin de semaine. Compte tenu de l'ambiance pré-présidentielle, il pourrait reprendre à teaser comme on l'a vu aussi par certains. Mais moi, je pense qu'il faut mettre les 15 jours à profit pour vraiment présenter un plan d'action massif et montrer que le gouvernement a entendu les lycéens. Ils peuvent paraître Il y a beaucoup de résilience chez les lycéens aujourd'hui. Il y a aussi une question d'inquiétude et de savoir comment ils vont rattraper, pour certains, des cours qu'ils n'ont pas eus. Parce que vous avez aussi beaucoup de cours qui n'ont pas pu être assurés. Comment ça va se passer
On va avoir de la perte de chance pour les milieux les plus défavorisés. Donc, moi, je pense que les lycéens, aujourd'hui, vont continuer à s'exprimer, mais il faut que la violence cesse maintenant, de manière à ce que le dialogue puisse être beaucoup plus serein. Parce que quand il y a de la violence au milieu, la sérénité n'y est pas. Une dernière question Olivier ? Oui peut-être sur la ravenir justement et la perspective qu'ils passent à l'université, qu'ils obtiennent le choix, le vœu qu'ils ont Et cet aspect de la précarité, on voit dans les files d'attente, quelles que soient les villes moyennes, même en zone un peu plus reculée ou rurale, les crous sont débordés avec ce repas à 1 euro. C'était une idée qui semble-t-il était plus que nécessaire,
mais comment est-ce qu'on peut aller plus loin pour rassurer ces jeunes qui, pour certains, sont obligés de travailler sur le cours, ce qui pénalise les études. Là, il y a aussi une vraie inquiétude de leur part sur cet avenir immédiat de la poursuite des études et de leur capacité à manger tous les jours, tout simplement. Vous savez, c'était l'idée que j'avais eue quand j'avais déposé la loi sur la restauration universitaire à tarifs modérés. En 2021, j'avais porté... Parce que vous avez des étudiants qui ont accès à un repas 1 euro, mais et vous avez des étudiants qui, aujourd'hui, sont à plus de 20 minutes d'une université, par exemple, et qui n'ont pas accès. Donc j'avais fait mettre en place, à l'époque, sur l'idée du ticket de restauration étudiant, une aide.
Donc il y a une carte qui est fournie par les CRUS, ce qui permet aux étudiants d'aller... d'avoir une aide financière pour manger. On a également, je l'ai dit en début d'émission, l'inquiétude des lycéens de se projeter à 10 ans. Ils cherchent un métier qui peut être dans 10 ans va disparaître avec l'intelligence, le développement de l'intelligence artificielle. Donc il y a une question d'orientation, une question de métier sur lesquels on doit accompagner les futurs étudiants mais je ne peux pas nier qu'il y ait une inquiétude. Ça va tellement vite aujourd'hui l'intelligence artificielle qu'il y a des dizaines de métiers qui vont disparaître. Et ça je pense que ça crée une angoisse supplémentaire pour les lycéens qu'ils expriment aujourd'hui par leur manifestation.
Merci Olivier Chaperon, merci beaucoup d'avoir été avec nous. On regarde la une du Populaire du Centre, le paysage marqué par le soleil très belle photo mais pour parler d'un sujet inquiétant les stigmates de l'été sec et chaud notamment sur l'agriculture merci beaucoup olivier chaperon dernière question là dessus Pierre-Antoine Lévy comment vous voyez l'avenir du mouvement il y a une journée de mobilisation qui s'annonce samedi mais qui vient bien au delà du mouvement lycéen est ce que vous sentez vous dans votre département monter cette colère et monter cette colère et notamment la colère de cette france rurale oui alors moi je suis dans un département extrêmement rural extrêmement agricole c'est un petit peu le verger le verger de la France
donc avec les épisodes de canicule que nous avons connu cet été, il y a une détresse agricole qui va s'exprimer certainement samedi puisque vous avez une manifestation dans laquelle certaines organisations syndicales agricoles vont participer. Je pense que ça va être la journée de toutes les colères. Les lycéens vont certainement se joindre, mais cette journée a été décidée bien avant le début du mouvement des lycées. Il y a une question du prix du carburant, du prix de l'énergie.
Cette journée va être importante, il faut y faire attention. Et encore une fois, j'espère que le gouvernement saura être attentif aux différentes revendications qui vont être exprimées samedi et dans les jours qui viennent. On va regarder 3-1 de la presse régionale pour terminer. D'abord la une du progrès, Le Pen-Mélenchon vers le duel annoncé. C'est notre sondage à 200 jours de la présidentielle qui donne cette configuration pour le second tour. Midi libre, le thermalisme social, c'est fini. Sujet d'inquiétude, là aussi dans nos territoires, l'inquiétude des directeurs de termes, alors que le budget de la sécu envisage de transférer les remboursements des cures aux complémentaires santé. C'est une autre une du Midi Libre, mais ça c C'est les agriculteurs également
et l'INRAE notamment qui propose des solutions innovantes pour aider nos agriculteurs. Mais je voulais vous parler de cette question des termes parce que je sais que ça inquiète dans beaucoup de départements. La dernière une, c'est celle de Ouest France. Le soutien américain faiblit, l'Ukraine peine à se défendre. Livraison d'armes qui tardent, décrue des renseignements de l'armée américaine, bridage du réseau Starlink d'Elon Musk. L'Ukraine peine de plus en plus à contrer les missiles russes. De quelle une avez-vous envie de nous parler la première tiens sur le duel le pan et délenchon et puis on va on va en parler c'est quelque chose quoi quelque chose qui me inquiète qui vous parait inéluctable non il me paraît pas inéluctable. Vous savez, ça fait plusieurs élections présidentielles où,
quelques mois avant, on avait déjà un candidat qui était gagnant et on a vu que le résultat n'était pas finalement celui que les sondages avaient annoncé. Je considère que ce n'est pas inéluctable, mais il faut être conscient que si on ne fait rien, si les forces politiques social-démocrate ne se rassemblent pas, vous aurez un duel Le Pen-Mélenchon. Ce qui serait dramatique, parce qu'encore une fois on va avoir un choix par défaut et pas un choix pour quelqu'un. On On va voter encore contre quelqu'un pour éviter de voter pour quelqu'un. Donc moi, je suis très inquiet, oui, parce que je vois Jean-Luc Mélenchon monté. Mais vous êtes inquiet sur ce bloc central incapable de se tenir ? Pour l'instant, ce que j'observe, c'est qu'il y a beaucoup de candidats.
Bon, à mon avis, à la fin de l'année, il y aura certains candidats peut-être qui vont commencer à se rassembler. Mais aujourd'hui, s'il n'y a pas un rassemblement, on va dire du bloc central ou en tout cas de certaines forces politiques, on aura une duel de Pen-Mélenchon. Vous soutenez qui ? Je soutiens, on va dire, deux candidats Bruno Retailleau, David Ziznard également. Déjà, vous soutenez deux candidats. Ça va être hors rassemblement, ça. Tout en étant attentif à d'autres candidats, mais effectivement, moi je fais partie d'une majorité sénatoriale et je considère que ces deux candidats aujourd'hui portent des projets de rupture qui sont intéressants. Merci beaucoup. Merci Pierre-Antoine d'avoir été avec nous pour cette demi-heure.
Pierre-Antoine Levi