Quel rôle pour les communes dans la bifurcation alimentaire et agricole ? | #Amfis2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Euh j'en profite rapidement pour remercier euh les nombreux volontaires qui permettent à cet événement de se tenir, les équipes qui toute l'année travaill pour concocter euh ces ateliers, pour contacter les intervenants, euh pour assurer la logistique, bref, pour faire que tout ça soit possible. et et puis bah donc les intervenants de répondre chaque année présent et et et d'être toujours aussi intéressant. Cet atelier sur le rôle des communes dans la bicifcation alimentaire et agricole et bien nous permet d'accueillir Éric Gautier qui est membre de l'association AOMA.
Je vous les présente très succintement parce que je vais leur donner un premier tour de parole qui n'était pas prévu pour qu'il se présentent eux-mêmes parce qu'en général c'est beaucoup mieux que si c'est moi qui le fait et ça leur permet de mettre en avant ce qu'ils ont envie de mettre en avant et moi ça m'évite de dire des conneries et de faire des erreurs. Jean Pain qui est sociologue spécialiste des politiques publiques alimentaires [Applaudissements] et Cécile Gazo qui est ingénieur et docteur en sociologie spécialiste de l'installation et du renouvellement générationnel des agriculteurs et des agricultrices. Et puis avant de vous présenter, je vais passer la parole à Pierric qui est membre du groupe thématique de la France soumise qu'il va vous présenter et qui est le groupe thématique qui donc toute l'année a travaillé, qui a monté cet atelier, la thématique, qui a fait le note de cadrage, qui a contacté les intervenants et et ben voilà Pierric, je te passe la parole et je te remercie.
Et ben merci à tous. Euh donc nous on a un petit groupe thématique agriculture et alimentation. On se réunit à peu près une fois par mois, une fois tous les deux mois en visio pour travailler sur un sujet lié à l'agriculture ou à l'alimentation.
Que ce soit un jour on a travaillé sur les conditions d'élevage, un jour on a travaillé sur la sécurité sociale alimentaire et là pour les amis, on avait fait une séance de travail exprès pour proposer des conférences sur l'agriculture et ou l'alimentation. Et c'est donc celle-là qui a été retenue en plus dans le parcours municipal. Donc on est très heureux d'accueillir les gens qui sont pas forcément intéressés par les questions agricoles mais qui sont intéressés par les questions alimentaires et et qui veulent agir sur leur commune.
Donc c'est l'occasion de réunir tous ces gens-là. On est en tout cas les quelques membres du groupe qu'on est présent. On est très heureux de voir que ça ça répond à une demande et de vous voir présent dans cette salle.
Et puis euh le groupe, il a une page sur Action Populaire. Donc pour ceux qui auraient envie euh dans l'année qui arrive euh de nous rejoindre, vous allez sur Action Populaire et sur le groupe Agriculture Alimentation et ensuite vous recevrez le lien Telégram pour travailler avec nous. Sachant qu'à mon avis euh après les municipales, on passera la seconde pour retravailler le livret euh agriculture et alimentation en vue de ce qui sera sûrement des élections présidentielles.
À moins qu'il y ait un autre événement, mais ça on nen sait rien. Voilà, donc je vous souhaite une bonne conférence, je remercie Arrache et nos trois intervenants pour l'animation de cette conférence et puis je vous dis à bientôt pour ceux qu'on retrouvera sur Telegram. [Applaudissements] Et d'ailleurs, normalement j'ai croisé Manon Meier qui est député qui est aussi membre du du même cheville ouvrière du groupe thématique et Maxime Bergonzo que j'ai eu le plaisir de côtoyer sur ma sur la liste aux européennes que j'ai vu mais que je ne retrouve pas.
Voilà. et et donc j'ai complètement oublié de me présenter. Arrache Saidi, je suis député européen et parmi les commissions euh au Parlement européen, parmi mes commissions, il y a la commission de l'agriculture.
Donc c'est pour ça que je suis là. [Applaudissements] Bonjour à vous. Donc vous vous avez une très jolie vue quand on est rentré dans la salle, c'est quand même très agréable.
Enfin, ceux qui sont milieu, vous faites avoir parce que sur les côtés, c'est beau bien. Euh Éric, moi je suis animateur à l'association Omaki. Donc nous, on est une association d'éducation populaire dans un petit village du du sud Luberon.
C'est le département d'en dessous dans le Vluse. Euh nous, on a un rayon d'action très local entre les entre les villes rurales paupérisées autour de chez nous que peuvent être Cavaillons apt et pertuit euh et les villages anciennement agricoles mais qu'on peut aujourd'hui considérer comme péré urbain dans lequel on vit. On est une équipe de très animatrice et moi je travaille particulièrement sur quelque chose qu'on appelle la cité vivante de l'alimentation et dont je vous reparlerai après.
Merci. Euh bonjour à toutes et à tous. Merci beaucoup pour l'invitation.
Moi, je m'appelle Jeanne Pain. Je suis chercheuse en sciences politiques. Je travaille sur les questions de régulation et de fabrique des politiques agricoles et alimentaires spécifiquement sur les aux échelles territoriales.
Et en fait, j'ai fait une thèse moi sur ces questions de politique alimentaire et de savoir notamment si la multiplication des politiques alimentaires qu'on a sur les territoires viennent changer la manière dont on a de faire des politiques agricoles. Et cette thèse, elle était ancrée sur un peu une énigme initiale de voir justement une multiplication d'initiatives au local sur les questions alimentaires et pourtant d'avoir un secteur agricole et un système alimentaire qui présente à l'échelle nationale des indicateurs toujours plus dégradés en terme de santé des populations, des santé des populations des agriculteurs en particulier, de la perte de la biodiversité, euh de du des sols et cetera. Et du coup moi ma thèse ça a été justement d'interroger un peu la croyance qu'on a sur le fait de de penser un peu à la manière des colibr que une multiplication d'initiatives à l'échelle des territoires va esséer d'une certaine manière, va faire une porte de tâche d'huile et qui va infiné transformer notre système alimentaire et notre secteur agricole.
Et euh et du coup moi je me suis attelée du coup dans mon travail de de recherche à interroger le bien fondé de cette croyance et c'est à partir de ces travaux de recherche que je parle aujourd'hui. Enfin oui dont je parle je vais parler aujourd'hui. Et bonjour à toutes et tous.
Donc moi c'est Cécile Gazau. Je suis donc docteur en sociologie de l'école d'agronomie de Toulouse, donc l'école nationale de supérieur agronomique. Ma thèse moi, elle portait sur la question de l'installation et transmission culture.
Et donc comme Jeanne, j'étudiaé la question de la multiplication cette fois des initiatives de soutien à l'installation et de voir pourquoi aujourd'hui on a autant de monde qui se préoccupe de cette question. Et donc ça a un lien bien évidemment avec les les communes puisque les communes sont des acteurs donc commune, intercommunalité, parc naturel, tout ce qui touche euh donc aux acteurs locaux enfin des territoires au plus proches des territoires sur cette question de l'installation. Donc comment on fait pour renouveler les générations et s'emparer d'un enjeu aujourd'hui central ?
Donc la la loi d'orientation agricole de 2025 en témoigne puisque initialement le sujet c'était l'installation de transmission et la formation des nouveaux agriculteurs et les réponse au changement climatique. Donc voilà pourquoi aujourd'hui on a autant d'initiative et surtout à qui elle s'adresse. Donc aussi j'ai j'ai pu mener un travail postdoctoral sur bah qui sont les nouveaux agriculteurs et les agricultrices.
Donc qui ils sont, comment leur vient cette idée de s'installer et surtout comment ils s'installent, donc à qui ils font appel et quel sur quel type de structure ils s'installent. Et donc vous aurez compris dans quel ordre on va commencer. Je fais des pièges comme ça.
Non, c'est Jeanne qui va commencer parce que Jeanne, tu vas nous donner une vision globale euh bah d'une politique agricole et euh ce que parce que tu as l'habitude de de dire, je je suis allé un peu t'écouter quand même que pour manger mieux, il faut d'abord produire mieux. Et alors là, moi c'est des mots que je mets dans ta bouche mais je l'ai traduit comme ça. En fait, tu dénonces une sorte de local washing à l'image du green washing qui voilà, on prône le local, on on fait de l'habillage mais en fait on ne cherche pas à transformer le modèle agricole actuel et et en fait au final les acteurs qui sortent gagnants de pseudo circuit court ou d'un certain localisme en fait soit c'est les mêmes acteurs qu'avant qu'on repint la façade soit ça peut être des acteurs différents mais qui produisent de la même façon et toi et ben tu vas nous expliquer comment transformer profondément le modèle agricole, comment euh faire cette transition et puis euh mais il y aura un second tour de parole, on se penchera aussi sur quel rôle peuvent avoir les communes dans cette transformation.
E alors moi je vais je vais je vais pas expliquer là ce que tu as dit. Euh compris pourquoi je parle au début ? Mais l'idée c'est d'interroger justement la capacité politique des communes en particulier à agir sur la transformation du système alimentaire et du secteur agricole.
Et en fait pour exposer un peu moi la la thèse de ma thèse, donc les les résultats principaux de de ce travail euh et pour pas rentrer dans des mystères, en gros là euh le gros de la régulation du secteur agricole et du système alimentaire, il se fait pas à l'échelle des communes, il se fait même pas à l'échelle des territoires, il se fait à l'échelle de l'État et des États à l'échelle européenne. Mais on a quand même des initiatives politiques locales et donc l'enjeu c'est d'interroger justement ben ces initiatives politiques à l'échelle infranationale, donc tout ce qui va être de la commune rurale au conseil régional. Qu'est-ce que Quel est le pouvoir de ces collectivités territoriales à agir sur ces secteurs ?
Et en fait, quand on s'interroge sur le peu de pouvoir qu'ont justement les collectivités territoriales, si on s'interroge sur qui a le plus de pouvoir parmi ces collectivités territorial, ben c'est les conseils régionaux. Donc maintenant, si on regarde en plus quelles sont les capacités politiques à agir des communes et des intercommunalités, on voit que c'est un échelon peu doté en terme de capacité à l'intérieur d'une d'un autre échelon politique qui est celui des collectivités territoriales jusqu'aux conseils régionaux qui est qui sont eux-mêmes peu dotés. Donc en gros le rouleau compresseur de la régulation, c'est l'État et c'est et c'est et c'est Bruxelles en gros.
Euh mais euh prenons un peu au sérieux aussi ce qui se passe sur nos territoires et interrogeons quelle est la capacité justement politique des communes. Alors moi ce qui euh je vais mettre Oui, c'est bon. Comment est-ce qu'on peut évoluer justement la capacité politique d'une d'une commune à réguler le secteur agricole et le système alimentaire ?
Moi, j'utilise en particulier donc cette notion de capacité politique qu'on peut décomposer en trois, on va dire, séquences de la vie politique à la fois premièrement la capacité à énoncer des idées sur le système alimentaire, sur le secteur agricole. Ensuite, en deuxième temps de savoir comment on traduit ces idées politiques et ses objectifs politiques en programme d'action. Et enfin, comment est-ce qu'on met en œuvre ce programme d'action et euh et donc la capacité qui renvoie à la capacité de mise en œuvre et euh et c'est au nom de l'analyse justement de ces trois composantes de la capacité politique qu'à la fin on va voir que en fait les municipalités ont peu de pouvoir mais qu'elles en ont quand même et ce qui sera à l'objet de deuxème intervention.
Donc qu'est-ce qu'on peut faire quand même à l'échelle locale, à l'échelle des des des communes ? Donc premièrement sur la première composante de la capacité politique d'une d'une commune en particulier, capacité à énoncer des objectifs politiques. Alors celle-là, elle dépend à la fois du personnel politique qui accède au pouvoir. et le personnel politique.
Moi dans la thèse que que j'ai que j'ai mené donc sur des politiques alimentaires locales, c'est principalement des élus et des élus UE, donc des femmes politiques qui portent et qui incarnent ces questions de transformation du secteur agricole et du système alimentaire et donc et principalement en cré à gauche. Donc ça c'est une première condition, on va dire pour pouvoir énoncer des objectifs alternatifs et de réforme du système alimentaire, c'est de faire advenir la gauche au pouvoir à l'échelle locale. Ensuite, il y a une deuxième manière de de enfin une deuxième composante de cette capacité à énoncer des objectifs politiques à l'échelle d'une d'une commune, c'est les compétences légales dont dispose une commune.
Et il n'existe pas à l'échelle des communes mais même à l'échelle de n'importe quelle collectivité territoriale de compétences agricoles ou de compétences alimentaire en tout cas de compétences labellisé en tant que tel. Ce qui existe, c'est une compétence pour les intercommunalités et non les métropoles, une une compétence de développement économique et c'est souvent au nom de cette compétence que vont agir les les intercommunalités. Mais il y a d'autres compétences aussi euh que les communes peuvent enfin des leviers en tout cas d'action pour les communes qui sont à la fois d'agir sur le le foncier mais du coup là j'envoie et donc d'installation aussi donc j'envoie aux travaux de de Cécile.
Il y a aussi un rapport de lien de 2022 qui mentionne euh tous les leviers d'action politiques et possibles qu'il y a à l'échelle des communautés des des des communes et que vous pouvez consulter comme un guide pratique aussi. Et et enfin, il y a aussi euh une une d'autres d'autres leviers d'action comme la restauration collective, euh la compétence d'amener de l'eau potable dans nos dans nos villes et la sécurité des populations ou d'autres leviers comme ça que les élus communaux peuvent activer pour légitimer leur action en matière de régulation du secteur agricole alors qu'ils n'y sont pas invités par l'État qui ne donnent pas donc de compétences agricoles ou alimentaires au commun. Donc c'est un peu dans les interstices que les communes peuvent agir.
Euh après, il y a quand même une légitimité citoyenne parce que c'est un enjeu euh très fortement porté par la population et porté aussi de manière unanime euh en fonction des différentes classes sociales. C'est un enjeu largement partagé et une aspiration partagée du mieux manger. Et souvent cette aspiration au mieux manger, elle précède en fait un discours politique qui est celui du mieux produire.
Pour mieux manger, il faut d'abord mieux produire. Donc en fait ces questions elles sont très liées et le fait de lier la question alimentaire à la question agricole, c'est ce qui va pouvoir venir politiser aussi un enjeu qu'on a souvent gardé comme étant des enjeux trop techniques de celle de la régulation du secteur agricole. En ramenant de l'alimentation, on ramène aussi une démocratie euh alimentaire et donc une démocratie citoyenne sur ces questions de de de politique agricole et alimentaire.
Euh et enfin par rapport à la capacité à énoncer, donc on a les élus qu'on porte, on a les capacités que nous donne l'État et puis on a aussi un aspect très concret qui sont le périmètre administratif sur lequel une collectivité va pouvoir agir. Et donc là, là j'avais noté sur le le foncier dont dispose par exemple le conseil régional. Bon là c'est un exemple, c'est en Bretagne.
Donc quand on est élu au conseil régional, on administre 1600000 hectares de terre agricole. Donc à l'échelle de la région quand on est à la région Bretagne et quand on est à la ville de Rennes, cette portion donc des 1600000, elle tombe à 404 hectares. Donc on voit bien que notre capacité à agir sur le secteur agricole, elle est aussi quand on est élu communal fortement limitée par le périmètre administratif qu'on qu'on administre.
Il y a des manières de détourner ça encore en passant par d'autres leviers comme l'eau et du coup d'agir à l'échelle des bassins versants et cetera. Mais on voit qu'il y a une une limitation, une première limitation forte qui est le territoire qu'on administre et puis ensuite qui est un territoire fortement urbanisé quand on est sur des communes. Euh la deuxième le deuxième volet justement donc de cette de cette capacité politique des communes à agir sur le secteur agricole et le système alimentaire, c'est la capacité à traduire ces objectifs qu'on a pu énoncer à l'arrivée par exemple ou un nouveau mandat en programme d'action.
Et ça ça va dépendre très fortement des ressources internes dont les communes bénéficient. Et en fait, à l'échelle des villes euh ou des communes rurales, on a euh historiquement une perte de pouvoir, mais aussi une perte de compétences et de ressources humaines et budgétaires sur ces questions agricoles et alimentaires. Donc très très rapidement souvent dans les villes ou dans les communes, on n pas de services agrico on n pas de personnes qualifiées sur ces questions de donc de de de personnes qui travaillent qualifié sur ces sur ces enjeuxl contrairement par exemple au aux conseils régionaux où il y a toujours des services agriculture avec des dizaines de personnes qui travaillent et qui sont qualifiées sur ces questionslà.
Et donc on voit aussi à l'échelle des communes qu'on fait face à un déficit à la fois en terme de nombre de personnes qualifiées pour travailler sur ces sur ces questions là et puis aussi de services en tant que tel donc doté d'une certaine légitimité au sein de la hiérarchie des services dans le dans la collectivité et enfin des budgets très faibles qui sont réservés à ces questions alimentaires et agricoles parce qu'encore c'est encore une fois c'est pas une compétence légale ni obligatoire. Donc euh de pouvoir dégager des ressources budgétaires pour appuyer ces politiques, c'est un peu la enfin c'est la croix et la la bannière. comme on voit qu'il y a un regain d'intérêt sur les questions alimentaires, c'est quand même un thème qui est très à la mode entre guillemets euh et qui figure dans beaucoup de programmes électoraux au moment des conseils des des élections municipales et souvent ça s'accompagne du recrutement d'un chargé ou d'une chargée parce que c'est souvent des femmes de mission sur les questions agricoles et alimentaires.
Et moi ce que j'ai constaté dans ma dans ma thèse aussi, c'est que comme l'alimentation c'est un thème très transversal, on demande souvent beaucoup à ces personne recruté et il y a beaucoup de cas de burnout parce que il y a trop d'enjeux et trop de charges de travail qui repose sur ces personnes-là. Et l'autre point que je voulais dire aussi par rapport à ces ressources internes, c'est que souvent on dit l'alimentation c'est un enjeu transversal, donc il faut animer des équipes transversales au sein des conseils municipaux pour pouvoir toucher à toutes les dimensions. Mais quand on travaille en tant qu'élu sur les questions transversales, en gros, c'est là où les budgets vont plus facilement sauter, c'est là où il va y avoir le moins de structuration, c'est là où les les la voie va moins facilement porter dans des administrations qui sont quand même très hiérarchisées en fonction des services. du service urbanisme va souvent avoir le mot final par rapport à une équipe transversale sur l'alimentation.
Donc ça c'est plus une sorte de de ouais de de résultat sur l'efficacité aussi de l'action qu'on peut mener à l'échelle locale. C'est dire de passer par des enjeux transversaux mais plutôt par des des entrées spécifiques sur les questions agricoles et alimentaires et de pousser uniquement ces entrées pour pouvoir davantage peser dans le jeu politique à l'intérieur des communes. Et enfin, dernière capacité, enfin dernière, on va dire facette de la capacité politique, c'est qu'une fois qu'on a émis des idées alternative sur le développement du système alimentaire, qu'on les a traduit en programme d'action, donc ce qui est très compliqué par un déficit de ressources humaines et de ressources budgétaires au sein des collectivités, euh il y a la capacité à les mettre en œuvre sur le territoire et ça ça va dépendre fortement aussi des relais d'action dont on dispose sur les territoires et sur les questions agricoles et c'est vraiment pour aller vite mais on a des relais d'action, on est obligé de passer en gros par les acteurs agricoles traditionnels qui sont les élites agricoles locales, chambres d'agriculture et section locales de la FNSA qui sont plutôt hostiles à une transformation du secteur agricole et du système oui du système alimentaire qui en qui en découle.
Mais c'est des passages c'est des oui c'est des passages obligés parce que ils ont un un une capacité très forte d'enrôler des agriculteurs et des agricultrices ou au contraire de bloquer des programmes d'action. Donc ça c'est un un ces élites agricoles locales, elles vont être un levier très fort de à la fois soit garante du succès ou du suuccès, de l'insuccès de ces politiques alimentaires et agricoles locales à la fois dans leur capacité justement à parfois réorienter les objectifs initialement fixés. Et ça c'était ce dont a parlé du local bashing de dire non l'agriculture durable c'est pas ça le mot d'ordre important.
Le mot d'ordre, c'est l'agriculture locale. Et en fait, quand on parle d'agriculture locale, il y a rien qui vient euh travailler, interroger la question de la durabilité. On peut produire de manière non respectueuse des hommes de la nature, des femmes qui travaillent aussi sur sur les installations ou en tant que chef d'exploitation.
Euh il y a rien qui garantit une meilleure prise en charge de la durabilité quand on parle juste du critère local. les donc il y a une capacité de ces élites agricoles locales à dévoyer certains de ces objectifs et puis aussi il y a une et j'en finirai là une une très forte autocensure de la part des élus en dans les collectivités territoriales parce que il y a un très fort une très forte capacité de blocage et de aussi de manifestation de la part de ces élites agricoles locales et donc on va revoir à la baisse des objectifs qu'on avait pu initialement porter. Donc au nom de toutes ces différentes facettes de la capacité politique, euh on voit qu'en fait les conseils municipaux euh en tant que tel, mais même les interc ont assez peu de pouvoir pour transformer le secteur agricole et le système alimentaire qui en découle.
Mais ma deuxième partie sera qu'est-ce qu'on peut faire quand même ou qu'est-ce qui est fait surtout sur les territoires qui change quand même la donne localement. [Applaudissements] Merci. Et et d'ailleurs, qu'est-ce qu'on peut faire de plus ? parce que il y a quand même des leviers autres que ceux qui sont dans les pouvoirs juridiques des communes pour agir, mais on en parlera tout à l'heure.
Euh Cécile, toi, je vais te demander comment tu fais pour remédier moi, depuis que je suis député européen et ce n'est pas qu'en France, on a un problème de renouvellement générationnel en Europe et particulièrement en France. Rien que sur les 10 dernières années, 100000 exploitations agricoles ont disparu et euh surtout ce n'est que le début du problème puisqu'on a 200000 agriculteurs qui partiront en France à la retraite d'ici 2030 et on a un taux d'installation qui au rythme actuel n'est pas du tout fait pour nous rassurer sur notre capacité à produire ce qu'on va manger après 2030. Euh, comment expliques-tu cela et quels sont les leviers d'action pour pouvoir y remédier ?
Donc oui, en effet, un enjeu qui est crucial et ce qui explique aussi et je vais l'intervention enfin, elle pourrait prendre différents angles mais donc là, je vais je vais vraiment me mettre dans la peau d'une commune ou d'une intercommunalité et de voir comment on peut faire pour régler ce problème sur ce territoire. Et je suis très contente d'intervenir donc dans sur cette table ronde avec Jeanne Pain qui a travaillé spécifiquement sur ses politiques alimentaires et le rôle des interc et des communes dans ces processus de transformation de l'agriculture parce que enfin je vais prendre un exemple particulier qui est celui de l'installation et en fait tout ce qu'a dit Jeanne enfin ça s'applique bien évidemment aux politiques d'installation donc savoir comment on s'oriente et comment on pilote la politique à partir bah de la multitude d'acteurs. Et donc c'est c'est de là que je vais partir. qu' a il y a effectivement le constat donc le constat que la population agricole ne se régénère pas.
Donc historiquement ça se régénérait de manière enfin intra de manière intrafamiliale donc au sein des familles par des processus de transmission de l'exploitation de de père en fils ou de père en fille ou de mère en fille ou de mère en fils. Euh et aujourd'hui ces processus bah ne vont plus forcément de soi. Ce qui explique en partie ben pourquoi les fermes se renouvellent pas.
Euh il y a bien évidemment euh la question du contexte euh donc le fait que l'agriculture bah soit sur des marchés internationaux et donc que forcément il y a ces processus d'agrandissement pour faire des économies d'échelle ou pour bah tout simplement réussir à survivre dans un contexte économique qui fait bah que les plus petits et ça c'est historiquement depuis l'années 60 cette politique là l'a voulu. Donc ça c'est intéressant quand on parle d'installation de voir qu'en fait on a une politique nationale qui est issue d'un enfin d'un d'une volonté de réduire la population agricole. Donc ça c'est très intéressant de se situer là parce que si on fait un petit zoom sur aujourd'hui quels sont les outils et qui sont les acteurs qui se préoccupent d'installation.
Donc là, on pourrait parler longtemps si on reste sur les acteurs publics. Donc on a bien évidemment l'Union européenne, donc la politique agricole commune qui a dans son deuxième pilier des aides qui sont prévues aux jeunes agriculteurs mais aussi des aides dans le premier pilier donc qui sont prévues pour les jeunes agriculteurs. On a l'État donc qui est donc en fait quand on historiquement l'État français, on peut dire qu'il est à l'origine des politiques donc d'installation de transmission au sein de d'Europe puisque c'est l'Europe qui a récupéré donc ce que faisait la France.
Donc on a européanisé un dispositif donc issu des lois d'orientation de 6062 qui visaient à moderniser le l'agriculture française. Donc qu'est-ce qu'on a fait dans les années 6062 ? On a créé tout un tas d'institutions qui existent encore aujourd'hui, donc notamment les SAFR qui visent à réguler le et contrôler le donc l'accès au métier, l'accès aux fonciers pour contrôler les structures d'exploitation.
Donc ils doivent être en gros ni trop petites ni trop grandes. Euh bon bien évidemment on peut contourner le contrôle des structures euh mais euh donc des institutions qui ont eu pour but ben de donc transformer le le visage de laiculture française donc en faisant partir en incitant les personnes les moins en clinasses modernisées à partir et en incitant des jeunes à s'installer donc des jeunes qui vont être formés et qui vont aller vers la professionnalisation du métier. Donc tout ça va avoir lieu.
Donc on a des phénomènes de contestation dans les années 80. Donc là c'est tout un lot d'acteurs qui vont être proche de la confédération paysane qui vont apparaître dans les années 80 et qui vont contester ce modèle là qui vont bah dans dès les années 80 mais encore plus forte raison aujourd'hui se mobiliser pour porter des politiques et on verra qu'on les retrouvera comme interlocuteur donc des des communalités enfin des communes et des intercommunalités. Euh et donc dans les années 90 euh au milieu des années 90 donc 95 donc signature de la charte nationale pour l'installation donc qui est porté par les jeunes agriculteurs signé par le président enfin le par Jacques Chirac euh pour euh dire que l'installation devient une priorité nationale.
Donc c'est-à-dire que là on se dit euh bon on a peut-être un peu trop exagéré sur la diminution du nombre d'agriculteurs. Donc on va faire en sorte de mettre l'installation comme une priorité pour essayer de stabiliser la population à l'école et à l'époque on veut la stabiliser à 500000. Donc aujourd'hui, on est à à moins de 400000.
Donc voilà, on n'y a pas on n pas vraiment réussi ce qui est donc dans ma thèse, moi j'ai analysé cette politique en donc en quatre état quatre temps. Donc ce premier temps dont j'ai parlé de la l'instauration de ces politiques de modernisation, le deuxème temps celui de la contestation donc on a plusieurs dispositifs qui s'affrontent. un 3è temps où l'État essaie de faire des synthèses euh donc entre euh les les volontés de chacun pour essayer euh ben d'installer davantage et pour maintenir ce nombre de enfin cette population agricole.
Et un 4e temps depuis l'année 2010 où on a cette multiplication d'initiative et donc les communes et intercommunalités font partie de ce processus de multiplication des initiatives puisque on a un boom du nombre d'initiatives donc publiques comme privé qui viennent ben essayer de rédoutre ce cet enjeu de l'installation. Donc aujourd'hui quand on est une commune ou une intercommunalité euh donc Jean en a parlé, on a les élites agricoles. Euh moi j'emploie pas vraiment ce mot mais enfin on a sur la en tout cas sur la question de l'installation, on a des institutions qui sont présentes historiquement et notamment le syndicat des jeunes agriculteurs.
Initialement c'était le centre national de agriculteur qui est en fait celui qui avait le stylo quand on a écrit d'orientation dans les années 60 et qui donc bah a milité pour qu'on propriétalise le métier d'agriculteur et pour que les exploitations du coup évoluent qu'on passe en gros des communautés paysanes à l'exploitant agricole l'exploitation moderne. Et sociologiquement, ça s'explique puisque les jeunes agriculteurs à cette époque-là étaient beaucoup des des êtres familiaux. Donc, il voulaient accéder au statut de chefation et donc se safranchir par là de la domination euh bah de de leur de leurs parents et notamment de leur père.
Donc, on a ce ce processus là et donc ces jeunes agriculteurs là, ce sont les héritiers donc de toute une histoire sur les poétiques installation. Aujourd'hui, ils ont du mal à se renouveler parce qu'il y a de plus en plus d'acteurs, de plus en plus d'enjeux. C'est-à-dire que on l'a vu avec Jeanne, euh la question enfin de l'agriculture aujourd'hui va se rattacher à plein d'enjeux.
Donc on a parlé de l'eau, là on a l'environnement, l'innovation, euh on a on a tout un tas les politiques alimentaires bien évidemment, tout un tas de choses qui vont se rattacher à la question agricole, ce qui fait que l'installation, elle est perçue par beaucoup d'acteurs comme au Carrefour, bah de de plein d'enjeux et ce qui explique aujourd'hui pourquoi on a plein d'entrées pour travailler sur la question de l'installation, ce qui va complexifier ben le tableau puisque en fait on a les politiques qui sont dédiées à l'installation. Donc la dotation générale agriculteur, donc euh c'est la la l'outil principal donc qui est très complexe. Donc euh si on résume donc on a l'Europe, l'État et les régions.
L'État en 2023 a décidé de se retirer au profit des conseils régionaux. Donc sur l'installation, ce sont les conseils régionaux qui ont normalement le plus de poids, sauf que l'État ne veut pas complètement lâcher le morceau. Donc il garde des bouts de programme et les communes viennent se greffer là-dedans.
Donc quand on veut porter une politique publique, quand on est une commune, euh donc Jeanne l'a dit, on a peu de moyens, c'est pas une compétence obligatoire. Donc ceux qui ont la compétence obligatoire, ça va être l'Europe et l'État et les conseils régionaux sur la question d'installation. Et donc quand enfin et on pourrait parler des départements aussi hein qui euh euh font partie des acteurs qui s'intéressent à cette question mais qui en 2017 ont perdu une partie des compétences euh et le sujet étant stratégique vont utiliser d'autres moyens donc soit l'action sociale soit euh les politiques foncières et d'aménagement du territoire pour s'intéresser aussi à cette question de l'installation.
Et donc il faut composer dans un monde qui est clivé et politiquement divisé sur tout le monde se dit qu'il faut installer mais qui installer ? Comment installer ? Sur quel type d'exploitation ?
Est-ce qu'il faut que ce soit des créations ? Est-ce qu'il faut que ce soit des reprises ? Est-ce qu'il y a des des enfin est-ce qu'il faut qu'on soutienne des circuits longs de production, des circuits courts de production ?
Et donc en fait tout ça c'est pas clair. Et donc quand on est une commune en fait on a différentes façons de voir ce problème là. Et donc moi la thèse c'était aussi d'expliquer bah quelles étaient les différentes façons de voir le problème.
Enfin qu'on soit une coopérative agricole, un syndicat ou une collectivité, on a pas la même façon de voir le problème de l'installation et donc les solutions et les outils qu'on va mettre en place vont vont différer. Euh donc les communes en général, qu'est-ce qu'elles veulent ? Elles veulent donc soutenir l'emploi sur le territoire.
Donc ça ça va rejoindre vraiment la dimension de la compétence du développement économique. Elles veulent relocaliser l'alimentation. Donc ça c'est vraiment le le cœur du sujet. c'est comment on fait pour approvisionner les cantines, approviser les les donc toutes les les organisations collectives.
Euh comment on fait pour renouvrir les citoyens avec une alimentation plus local ? Et donc ça c'est je l'avais vu en Ardèche par exemple ou dans d'autres territoires, c'est le cas aussi, c'est comment on fait pour passer de productions qui sont vouées enfin ou qui sont non alimentaires ou qui sont vouées à l'export pour relocaliser la la l'agriculture. C'est-à-dire que voilà, toutes les agricultures vont pas servir pareil ce projet de relocation de l'alimentation.
On a aussi des communes qui se soucient de l'aménagement paysager. Donc on a des communes qui parce que elles ont des territoires inscrits enfin voilà au patrimoine mondial de l'humanité par exemple, comment on fait pour préserver ces territoires quand l'agriculture ben disparaît ? Et donc ça ça rejoint peut-être que nous dira Éric sur qu'est-ce qu'on fait des friches agricoles ?
Et ça les communes ont un rôle prépondérant sur comment faire ben pour redynamiser. On peut parler aussi de la question des incendies dans le sud de la France. C'est c'est très prignant notamment dans l'ode puisque le fait de la déprise agricole va ben avoir des conséquences sur du coup la gestion des incendies par exemple.
Euh et donc on se retrouve aujourd'hui avec donc tous ces enjeux là et des acteurs qui nous proposent leurs services. Donc ce soit les acteurs donc historiqu, on a parlé des gens d'agriculture, les anges d'agriculteurs, toutes les associations paysanes. On a parlé aussi de terre de lien, on a parlé enfin on va parler des ADR donc les associations de développement de l'emploi agricole et rural donc qui sont des organes enfin les les du coup on va on va dire les bras armés sur l'installation de la confédération paysane qui propose des dispositifs pour promouvoir l'agriculture paysane.
On a et on a trois autres types d'acteurs, enfin quatre même privés donc que j'ai étudié moi dans la thèse donc qui viennent du coup bouleverser aussi l'équilibre qu'il y a entre tous les acteurs historiques. Donc si on caricature le pôle à droite et le pôle à gauche sur la question de l'installation. Et donc ces acteurs donc ça va être les les acteurs des filières de production donc coopérative agricole toutes les entreprises de transformation agricole on va avoir les espaces test agricoles donc peut-être que certains connaissent donc ce sont des des associations qui visent à offrir un espace sécurisé pour que les personnes qui veulent se lancer dans culture puissent se tester.
On a des associations de type France active ou initiative France qui vont décliner des outils qu'elles avaient initialement créé pour soutenir l'entrepreneuriat enfin classique vers le monde agricole et on a tout un lot aujourd'hui de start-up donc parmi elle donc ceinture verte qui est ici présente sur le territoire de Valence Roman par exemple ou ferme en vie et lois donc ils vont depuis 2019 et elles ont été soutenues par la loi Pact donc qui reconnaît aux entreprises bah le la capacité d'intervenir pour résoudre des enjeux publics et donc ils vont aussi s'emparer cette question d'installation et donc les communes et ben comment on fait quand on connaît assez mal finalement euh qui fait quoi, qui est historiquement présent sur la question, comment ne pas froisser les sensibilités de chacun, comment on fait pour composer avec tout le monde ? Donc on pourrait se dire les communes finalement c'est l'acteur euh du territoire qui pourrait mettre tout le monde autour de la table et faire en sorte qu'on qu'on crée un projet de territoire. Sauf que souvent euh bah ça se passe pas si bien ou ça peut enfin ça peut aussi ne pas pouvoir se passer du fait bah des personnalités de chacun ou des projets qui se recoupent pas.
Euh mais c'est c'est important de de voir qui fait quoi, sachant que aujourd'hui euh l'enjeu euh la question sur comment on soutient l'installation, c'est qu'on a des organisations qui se positionnent et qui sont pas de même nature. C'est-à-dire qu'on va avoir des syndicats, des associations, des chambres consulaires, des entreprises privées et donc quand on est une collectivité, bah on va soutenir. Si on soutient une start-up, c'est pas pareil que soutenir une association.
Sachant que certains vont être dans une vision de prolongement de services public, notamment les associations qu'en vont être plutôt créer un service marchand pour l'agriculture, sachant que le service marchand peut courtcircuiter tous les enjeux politiques en se disant bah la start-up finalement elle est pas politisée, elle va pouvoir avancer plus vite sur notre objectif. Donc ben c'est elle qu'on va soutenir ou au contraire on peut avoir des stratégies bah de de d'essayer de de d'avoir une palette d'outils de soutenir. Mais on revient là sur la question de qui le porte parce qu' on disait que les élus pouvaient porter des sujets mais souvent aussi moi j'ai vu des techniciens qui portaient les sujets donc il les faisaient remonter aux élus parce que les techniciens donc les chargés de mission vont avoir ce cet ancrage et ce dialogue avec les organisations qui font euh donc les associations, les start-ups qui voilà comment on fait pour porter ce sujet.
Donc voilà, peut-être dans la deuxième partie, on verra aussi à qui s'adresse toutes ces polétiques parce que souvent bah toutes ces organisations en fait, on se rend compte euh que leur objectif c'est aussi d'exister et pas forcément de de répondre à aux enjeux des principaux intéressés qui sont bah les agriculteurs. C'est-à-dire qu'on va avoir des enjeux aussi électoraux, des enjeux de visibilité et finalement on sait plus très bien la question initiale et je la redis, c'est vraiment qui on installe, donc sur quel type d'exploitation. Et donc ça ça peut-être la la première question à laquelle il va falloir collectivement bah qu'on réponde. [Applaudissements] Alors en préambule Jeanne, tu nous as dit que pour changer de politique agricole, il fallait mettre le plus de ma insoumis possible dans la tête des communes.
De gauche, je sais, je sais mais là moi, il faut que je fasse plaisir à mon public quand même un peu. Je rigole, je rigole. Non mais non mais en plus ça moi ça me va de gouverner des villes avec des des copains de gauche mais donc le plus de communes possible de gauche encore plus si c'est des insoumis c'est mieux à la tête pour changer ça.
Mais Éric, toi tu nous apportes un exemple d'initiative locale par des citoyens, même dans des communes comme qu'on ne dirige pas puisque vous avez réussi à créer une caisse locale de de l'alimentation au cas de donné si je si je ne me trompe pas et et donc tu tu vas nous parler de ça de comment vous avez fait et que et que donc même quand on n'est pas à la tête de la commune, alors c'est mieux quand on a le soutien de la commune mais même quand on l'a pas, on peut faire des choses euh au niveau de l'alimentation localement. OK. Alors euh en tout cas ce que Merci à vous là parce que c'est clair que ce que viennent de nous présenter euh Jeanne et Cécile sont les les constats lequels nous on est parti quand on a on a créé l'association il y a il y a une quinzaine d'années.
Clairement, on voit bien que notre système alimentaire, il est européen aujourd'hui et que c'est pas juste en transformant en en colibriste et en éteignant les lumières, en se lavant les dents qu'on va transformer localement les choses, mais que c'est bien en agissant sur ce qu'on va appeler un système alimentaire, donc c'est à la fois la production primaire, la transformation, la distribution et au-delà de ça, la question de qui décide quoi là-dedans Et donc ce que sous-entends derrière cette question, c'est quelle démocratie, quelle place à la démocratie alimentaire aujourd'hui réellement en France ? Autant vous dire qu'on est proche de zéro, mais c'est clairement quelque chose que nous on va pas du tout chercher à à faire vivre sur des des instances nationales parce que nous, on est on est une association d'éducation populaire sur un petit territoire. Comme je disais tout à l'heure, on se limite à intervenir sur nos 25 km² parce qu'en fait on se dit que c'est par cette construction là d'une conscience collective localement des enjeux alimentaires globalisés qu'on pourra faire monter la question d'un rapport de force populaire pour réclamer une transformation des systèmes alimentaires.
Autant vous dire que c'est pas gagné non plus. Euh d'ailleurs hier le le camarade Jean-Luc là, il a fait une une belle histoire de la création des ville depuis l'apréhistoire. J'ai j'ai beaucoup aimé son intervention.
J'ai appris vraiment une de une chose importante, c'est que les villes ne sont pas une dynamique logique liée à à l'arrivée de l'agriculture, mais que c'est bien un projet politique de stockage capitaliste des des denries. Donc ça ça m'a vraiment pas mal bousculé et donc c'était chouette d'apprendre ça. Par contre, dans la suite de sa réflexion, je l'ai trouvé très centré sur la ville et autant je suis d'accord avec l'idée que c'est l'économie urbaine aujourd'hui qui fait aussi les habitants des territoires ruraux.
Dans mon village, de 4000 habitants, il y a pas plus de 100 personnes qui bossent sur le village he c'estd que toutes les autres vont travailler dans les grandes villes autour. Euh pour autant nous à l'association Maki, on a envie de participer à à la création d'une nouvelle économie rurale. Alors c'est c'est un doux rêve. euh aujourd'hui.
Mais par contre, je pense que c'est un un rêve désirable pour pas mal de gens parce qu'aujourd'hui euh je je crois que c'est Jean qui le soulignait, mais je je vais le traduire autrement tout à l'heure. Moi je connais personne de de toutes les porteurs de parole, de porte à porte et autres qu'on fait dans la rue. J'ai jamais entendu quelqu'un qui avait envie d'emploisonner ses enfants au petit-déjeuner et pour autant c'est quand même la plupart des produits qu'on va retrouver.
Donc c'est bien la preuve que on a du mal à transférer ce qu'on a dans notre tête en en action parce qu'en fait on vit dans un système alimentaire qui est complètement fagocité par des décisions qui sont je pense même pas politiqu mais plutôt issus de lobbyistes qui eux viennent jouer. Donc nous au niveau local à au Makisi, on en fait on va essayer de participer à dynamiser la transformation du système alimentaire sur notre territoire. Et donc dynamiser la transformation des systèmes alimentaires, c'est aussi bien travailler avec le le personnel des collectivités élu comme technicienne euh de voir comment est-ce qu'on peut avancer avec eux là-dedans. c'est de participer avec les professionnels de la filière alimentation à créer une dynamique d'économie locale et et non délocalisable dans le sens où on peut au travers à la fois de l'installation agricole mais aussi de l'installation de tous les intermédiaires logistiques alimentaires, les unités de transformation, les abattoirs, les lieux de vente et cetera à construire un un réseau qui localement peut servir de point d'appui justement pour derrière que des collectivités puissent s'en servir notamment pour construire un approvisionnement local des des restaurants scolaire et cetera et cetera.
À côté de ça, on va aussi travailler à multiplier les réseaux de solidarité locaux, que ce soit au niveau alimentation, au niveau logement, au niveau soins, parce que c'est ça qui va permettre aux habitantes des territoires de pouvoir à la fois euh recevoir les les les chocs violents mondiaux et de pouvoir accueillir aussi des personnes qui vont être victimes de ces chocs mondiaux. Alors juste pour vous recituer he le Vlus, nous on est les précurseurs dans l'arrivée du Front National. On nous on vit avec ça depuis très longtemps.
C'est quelque chose qui est commun chez nous. On J'ai des amis qui votent Front National. Euh c'est comme ça, on peut pas y faire grand-chose.
Mais du coup la question des liens de solidarité, on se rend compte qu'en fait elle est importante dans nos milieux ruraux. Ben parce qu'on est quand même beaucoup plus dépendant de notre voisine et de notre voisin que euh ça peut l'être en milieu urbain euh pour plein de petites choses hein, notamment la la question des transports et du logement. Et donc se rend compte qu'en fait ces questions-là, elles nous sont communes avec les personnes qui votent pas comme nous.
Et donc on peut construire aussi autour de ça. Euh et et et on va aussi euh nous essayer de travailler sur valoriser cette culture rurale. Alors j'ai j'ai vraiment eu mettre des guillemets parce que moi je suis un un fils du monde urbain, fils du béton.
Donc vraiment, j'ai découvert cette culture rurale il y a il y a 20 ans. Donc en fait ce que dans valoriser cette culture, c'est dans le sens où si on veut faire équipe, il faut qu'on nit pas des postures de moralisateurs, de gens de la ville qui avont compris que l'écologiste était comme cou comme ça, mais bien d'inclure tout le monde, aussi bien mes camarades du foot que mes camarades chasseurs dans des dynamiques de transformation du du territoire. Et là, on se rend compte qu'en fait tout le monde a bien envie de manger quoi.
En fait, elle va revenir cette question là tout le temps quoi. Et donc aujourd'hui au Maki, on on on est très animatrice. On va à la fois animer un café associatif qui là jusque-là n'a rien à voir avec les enjeux alimentaires, mais qui permet d'être une sorte de base arrière aussi de rencontre et de solidarité, de création de d'idées, de rencontres et qui permet justement de faire vivre un peu toutes ces ces questionsl.
On on gère aussi 2 hectares et demi de terre agricole sur un ce qu'on appelle comme une ferme qui est un lieu de production donc de légumes et de fruits de de haute qualité qui sont entièrement distribués dans des réseaux d'aide alimentaire. Donc on on travaille avec le centre d'accueil pour demandeur d'asile de Cavaillon. On travaille avec la la maison commune qui est un lieu d'accueil de jour pour personnes en grande précarité et à la rue.
On travaille avec les épiceries sociales de notre village et de nos villages. Et donc tout ce beau monde cogère cette ferme qui aujourd'hui bah produit euh entre 15 et 20 tonnes de fruits et légumes par an. Euh et dont les les fermières et fermiers sont à la fois mes camarades salariés comme toutes ces personnes qui viennent sur toutes les semaines sur nos chantiers.
Aujourd'hui, les plans de culture de la ferme ont énormément évolué. euh pour plein de constats qu'on a pu faire sur le fait que les personnes à la rue ne peuvent pas manger de carottes, hein, parce que pour plein de raisons la carotte ne demande à être cuisinée. Euh euh elle peut pas se manger comme ça quand on a les chicot fragiles.
Euh on s'est aussi rendu compte que beaucoup de personnes issues des migrations ne mangeaient pas de poireaux. Donc ça servait à rien qu'on fasse pousser des poireaux. Et donc aujourd'hui, on se retrouve à avoir tout un tas de productions qui étaient pas qui n'existaient pas jusque-là comme le piment, le gombos, la patate douce et cetera et cetera.
Euh donc comme une ferme aujourd'hui, c'est un lieu qui nous est est un endroit où on peut faire du commun autour de la production alimentaire. On anime aussi un espace de cantine sur la la ville de Cavaillon. Cavaillon, je pense que c'est peut-être la pire ville du monde en terme de gestion mafieuse.
Vraiment, il y a il y a il y a il y en a d'autres. Marseille est là aussi. Mais Cavaillon vu que c'est très petit en fait enfin c'est 18000 habitants vraiment c'est c'est assez trash.
Je vais pas vous faire l'histoire de Cavaillon. Et donc nous on intervient sur une cantine c'est 27 % le taux de pauvreté de Cavaillon. La moyenne nationale c'est 15 he je euh Marseille c'est 26 Avignon c'est 32.
Juste pour vous citer que le le VOClus on est le 5e département le plus pauvre de France. On vit une violence sociale qui est assez dingue et qui est liée à cette déprise agricole. En fait, on avait beaucoup beaucoup d'employés euh de travailleuses et travailleurs agricoles qui se sont retrouvés au chômage avec les mutations du monde agricole depuis les années 80.
Et donc en fait, on se retrouve à avoir ses besoins assez ass à ses crients et donc on anime cette cantine, une cantine de solidarité où on fait à manger euh ensemble avec des personnes à la rue et qui aujourd'hui depuis un an et demi est en train d'être reprise en main par ces mêmes personnes en situation de galère de manière à pouvoir produire à terme tous les jours le midi un repas chaud euh accessible à toutes et tous. Donc c'està dire que pour quelqu'un qui est à la rue puisse se payer un repas chaud avec des produits bio et locaux parce que ça a été leur choix, ça veut dire qu'il faut pas qu'il y ait de salariés derrière les fourneaux ou derrière quel quoi que ce soit, il faut que ce soit en complète autogestion. Donc comment est-ce qu'on arrive à construire cette question de l'approvisionnement d'une cantine ?
Donc de voir à plus long terme avec des personnes qui souvent vivent au jour le jour. Donc il y a tout un enjeu de construction de de tout ça autour de ça. Cette cantine, elle est géniale hein.
Si vous savez pas quoi faire et que vous passez par Cavaillon, je vous invite à venir y manger. On y mange aussi bien des plats typiques de nos territoires. Il faut qu'on y aille ou pas à Cavaillon ?
Ah bah si vous avez envie de venir habiter à Cavaillon, ça nous permettra de transformer la ville hein. Mais euh personnellement euh bon voilà, je nous au Cavaillon on est les inventeurs de la NUPES avant la NUPES. le depuis euh 2014 aux élections municipales, on a un bloc uni de gauche euh avec euh le je crois même qu'en 2014, on avait les le chat noir la merde des anarchistes, la CNT euh qui était allié aux socialistes, hein, tout l'arc de gauche, pas mal.
Résultat, on a fait 8 % au premier tour sur les cinq listes. Les quatre listes de droite étaient au 2e tour. Euh bref, du coup on a on a cette cantine euh qui au milieu de tout ça essaie de faire vivre le truc quoi.
Euh on on a aussi et donc et donc de de tout ça en fait, on a fini par se dire bah qu'est-ce comment est-ce qu'on peut faire pour construire un instrument un peu institutionnel qui viendrait ancrer sur le territoire l'envie de de transformer notre système alimentaire ? et on a eu là la chance de pouvoir s'appuyer sur notre programme alimentaire territorial qui est peut-être la seule politique alimentaire qu'on est en France euh qui chez nous est porté par le parc naturel régional du Luberon qui est un parc qui est qui est assez intéressant et qui a déjà travaillé cette question agricole et alimentaire depuis longtemps. Et donc en fait de venir poser ça, ça nous a permis de signer une convention tripartite euh mairie parc naturel régional et nous.
Et donc qui nous vient nous protéger un peu institutionnellement face à toutes les autres agressions qu'on qu'on peut subir pour mettre en place ce tru-là. Et ce qui nous a permis pendant euh 2 ans de faire un un vrai travail de de merde, j'ai pas le mot. quand on va interroger les gens dans la rue et tout ça machin, j'ai pas le mot de de concertation avec l'ensemble des acteurs.
Donc là, on s'est mis à rencontrer aussi bien les élus que les les professionnels de l'alimentation, que les habitants du territoire, que les responsables associatifs. Et donc on a pu arriver à un un projet social du de la cité vivante et qu' et qui du coup se retrouve porté aussi par la commune et par le parc naturel régional et ce qui nous donne un peu un pouvoir d'action un peu supérieur à ce que nous en tant qu'association de gauchistes on pouvait avoir sur notre territoire et notamment on on là on mène depuis un an et demi une un truc qu'on appelle de d'animation foncière. Donc là, c'était c'est de comment sortir les friches agricoles pour les ramener en en terre nourricière.
Et donc là, nous là-dedans, c'est là qu'on vient jouer la subversion, hein, parce qu'on a on a inclus dans ce dans cette animation foncière depuis le départ des acteurs institutionnels qui ne nous aiment pas plus que ça qu'on comme la chambre d'agriculture, comme la Safaire avec d'autres acteurs qui nous aiment un peu plus comme la Déard, comme Terdolien et cetera. Et donc en fait aujourd'hui, vu qu'on porte ce même projet européen ensemble, tout le monde est un peu coincé avec ce truclà. Et donc ce qui nous a permis en faisant écrire aux élus un plédoyer pour des terres nourricières d'emmener un peu tout le monde sur le territoire en terme politique sur cette question-là.
Euh sachant qu'on a là-dedans des élus euh locaux dont sur les cinq qui ont signé le plédoyer, il y en a trois de droite et deux de gauche, on va dire. Et donc quand même, ils ont réussi à se mettre d'accord sur des mots assez forts et donc du coup ils sont un peu coincés avec leur truc maintenant et ils se tirent la bour entre celui qui va faire des des procédures des mises en place de procédures de réquisition, l'autre qui va mettre une ferme municipale en place et cetera. Et donc en fait on se trouve qu'il se tire un peu la bour et du coup il y en a je pense que celui euh qui va pas rentrer vraiment dedans, bah il va passer un peu pour un con vis-à-vis des autres.
Donc en fait, on a on essaie un peu de les coincer dans dans un truc comme ça en fait aujourd'hui. Et derrière euh on va essayer de travailler des espaces d'animation de ce qu'on appelle la démocratie alimentaire et donc d'essayer de voir comment est-ce qu'on peut construire nos capacités d'habitantes et d'habitants à penser des sortes de politiques publiques locales issues de nos propres réflexions indépendamment des enjeux qui viennent de de de Bruxelles ou de ou de Paname. Aujourd'hui, ça donne lieu à à des à des sur qu'à donner en tout cas une sorte de caisse commune alimentaire.
Mais surtout nous ça nous a apporté une conviction, c'est que la démocratie et ses processus sont vraiment des des objets centraux dans l'appropriation et l'inclusion de tout le monde dans ce qu'on voudrait pouvoir faire derrière. Et j'ai bien conscience que nos communes comme nos intercès très peu de pouvoir dans les politiques alimentaires et agricoles. Mais pour autant d'avoir des citoyens qui viennent réfléchir et penser la chose, ça crée une sorte de contrepouvoir qui pouvoir, on peut le mettre entre guillemets mais en tout cas qui peuvent venir proposer et échanger avec leur leurs représentants politiques sur sur ces questions là.
Et donc on a du coup juste pour conclure en fait ce qu'on essaie de faire c'est de travailler entre paè je dirais sur toutes ces propositions que pourrait faire. Quand je dire entre pères le la charte sur le les enjeux des terres nourrissières, on l'a travaillé que avec des élus. Euh les questions de conventionnement, on l'a travaillé que avec des citoyens.
La question des intermédiaires logistiques alimentaires, on les travaille avec les professionnels de la filière alimentation. Et l'idée c'est de de faire monter en compétence chacun de ces groupes dans la connaissance qu'ils peuvent avoir eux-même de manière à pouvoir rentrer en discussion après avec les autres groupes. Et ça, je pense que sur les enjeux municipaux, c'est hyper intéressant, enfin hyper important parce que si si on s'imagine une salle réunion classique un jeudi soir avec 25 personnes euh si on a sur les 25 25 personnes on a une agricultrice ou un paysan, on peut être presque certain que la parole de cette personne va être primordiale sur les autres parce qu'il va être du coup être la seule référence que vont avoir les autres personnes.
Et donc derrière, il va avoir une sorte de domination de son discours parce qu'il est le seul à connaître l'agriculture. Vu que plus personne n'est en lien avec ça, c'est 2 % 3 % 2 %. Bon, normalement quand on une salle sur 25 personnes, il y a pas d'agriculteur.
Donc si jamais tu as réussi à en amener un, il va amener une sorte de pouvoir dans la salle. Donc si c'est un mec qui est cool et qu'on aime bien parce qu'il y a la confe et cetera, il va peut-être amener quelque chose d'intéressant. Mais si c'est un un agriculteur chimique en en cerise, il va très vite t'expliquer que de toute façon en France, il n'y aura pas de fruits sans pesticides.
Et derrière en fait les 24 autres vont répéter bon en France on peut pas faire de fruit sans pesticid et du coup ce message va rester. Et donc en fait il faut qu'on puisse faire la la montée en compétence des habitants dans leur coin et la montée en compétence des enjeux agricoles des agriculteurs dans leur coin de manière à ce que après ils puissent discuter ensemble ce que nous on a appelé en connaissance de cause quoi. c'estd que leur leur rapport de domination va diminuer.
Et donc les élus, c'est pareil en fait. Les élus pour la plupart, ils prennent des décisions, pardon, sur des sujets qu'ils ne comprennent pas. Euh donc ils ont des fois des attachés, des salariés, des autour d'eux qui connaissent un peu mieux et encore pas toujours.
Euh et au final la décision, elle avance et elle est portée par les politiques. Non, je parle beaucoup sur des politiques locales, je connais très peu le monde des députés. Euh c'est pareil.
OK. Mais et sur ces questions agricoles, ben je vois très bien que l'élu à l'agriculture et au développement local de de du village d'à côté de chez moi, en fait, lui il est prof dans un lycée technique, il est issu d'un monde urbain. L'agriculture, il y en a jamais touché mais il a pris cette délégation parce que ça l'intéressait.
Mais comment est-ce qu'on le fait ? Monter en compétence pour qu'il soit capable de discuter avec les agriculteurs, ne pas se faire berner par eux euh tout en répondant aussi aux demandes que les citoyens eux sont capables d'exprimer parce qu'ils sont montés en compétence aussi. Et donc c'est un peu ce truc-là qu'on essaie de faire, c'est de faire monter en compétent tout le monde dans leur coin de manière à essayer un jour d'avoir des espaces démocratiques qui soient euh constructif, quoi. [Musique] [Applaudissements] J'aime beaucoup ce que vous faites comme dirait l'autre mais non mais parce que un d'abord tu restes pas dans ta zone de confort ça vous adressz à tout le monde pour faire venir parce que ça pourrait être facile d'aller rester dans un cercle de convaincu et de de bah de d'avoir un discours qui rond entre vous.
Alors ce que vous faites c'est que vous vous allez vous confrontez à la difficulté, vous essayez un par ce truc de mise en à niveau de tout le monde mais aussi que ce que tu disais c'està-dire que y compris la chambre d'agriculture tu l'inclus dans ton cercle de discussion. Euh moi je pense que c'est la bonne méthode, mais juste pour revenir sur l'histoire des élus, euh effectivement on n'est pas spécialiste des sujets qu'on côtoit. pas toujours, pas souvent, mais c'est même moi je fais partie de ceux qui disent que c'est très bien parce que comme ça on n'arrive pas euh sur une de toute façon on peut pas embrasser tous les sujets.
En revanche, on va devoir voter sur tous les sujets et il vaut mieux qu'on arrive sans idées préconçues et justement en étant à l'écoute des différents acteurs. Le but du jeu, c'est qu'on écoute tout le monde et qu'on se fasse notre opinion et qu'on trouve le le point d'équilibre puisque il faut aussi trouver un point d'équilibre qui satisfasse un maximum de gens puis que tu ne peux pas gouverner contre le peuple. Et donc l'idée c'est aussi justement mais en revanche faut être ouvert et pas obtu et il faut aller rencontrer des gens comme vous pour avoir bah pour être éclairé pour avoir la vie de tout le monde et prendre à la fin de la décision.
Donc non, tu peux dire que souvent on vote sur des choses qu'on ne connaissait pas avant avant d'y toucher, mais c'est pas plus mal forcément. Je vais te relancer vite fait sur euh bah sur tout ce que vous faites, la prolongation. Est-ce que une sécurité sociale de l'alimentation, tu peux tu pourrais voir ça comme un déboucher ou une suite logique à ce que vous faites.
Vous avez une heure devant vous ou pas là ? Euh juste comme ça, qui a déjà entendu parler de sécurité sociale de l'alimentation dans cette salle ? Wouh !
Oh bah cool. Euh c'est pas un échantillon représentatif. Non non mais c'est choisi l'atelier.
Non non mais vraiment enfin en tout cas c'est chouette. Euh effectivement, nous on a découvert la cette question de la sécurité sociale, de l'alimentation euh pendant la la maladie du pangolin, là qu'on était à la maison, qu'on avait le temps de lire des trucs euh et euh et ça nous a parut euh comme quelque chose d'extrêmement révolutionnaire parce que là, je vous décris ce qu'on fait depuis tout à l'heure de de manière assez enjolivée, mais pour autant nous on constatait dans cette période là et c'est toujours ce qu'on fait aujourd'hui, c'est que quand on travaille dans les quartiers pauvres ouvre des grandes villes d'à côté de chez nous là, mais en fait on on propose une alimentation de qualité à des personnes paupérisées qui derrière vivent une énorme frustration que de pas pouvoir l'acheter. Et à côté de ça, quand on accompagne dans nos villages le monde paysan à faire un magasin de producteurs, on participe à la gentrification du territoire puisque les propres productrices qui amènent leurs éléments dans le magasin n'ont pas les moyens d'acheter ceux de leurs collègues et vont eux-mêmes dans le magasin de la grande distribution qui est à côté.
Et donc nous on fait un truc au moins ça ça a l'air intéressant mais en fait on crée des des frustrations dans tous les sens et la la proposition de sécurité sociale de l'alimentation nous a paru être pour nous la réponse intéressante puisque d'un côté elle permettait de solvabiliser les les dépenses alimentaires des des personnes de de tout le monde et de l'autre côté sur le modèle de la SQ tel qu'on l'avait construit au début de permettre l'investissement via la cotisation dans notre système alimentaire et donc de pouvoir potentiellement acquérir du foncier, acquérir des outils de transformation, acquérir des unités de distribution et de ne pas faire porter à ses travailleurs le poids du remboursement de ces trucs. parce qu'aujourd'hui la plupart des paysans en fait ils passent leur vie à travailler pour le crédit agricole et payer leur retraite en revoant leur ferme plus cher pour réendetter le prochain qui va et donc si la la l'unité de production qu'elle soit de la transformation ou de la production primaire appartient à une caisse mais en fait le le poids de de l'équipement serait porté par la caisse. Aujourd'hui une chirurgienne elle paye pas son scalpel avant d'arriver à l'hôpital le matin. un brancardier ne paye pas son brancard avant d'arriver au truc quoi.
Donc pourquoi un paysan serait obligé de porter le l'achat du tracteur ou de la grelinette quoi ? Donc nous ça nous on trouvait que c'était une réponse parce qu'elle elle permettait à la fois de solvabiliser d'un côté et à la fois de construire le système alimentaire désiré de l'autre côté. Pour autant, on est au niveau zéro de tout ça.
Et donc, comment est-ce qu'on crée un mouvement qui emmène vers ça dans un pays où dès qu'on parle sécurité sociale, on nous répond trop et à partir de là, la discussion est très compliquée. Euh et donc quand on prend le le socle commun qui qui est issu du collectif pour une sécurité sociale de l'alimentation, je vous invite à aller visiter le site si jamais vous l'avez pas fait. Euh le socle commun, c'est trois points, je vais vous les faire très vite, c'est l'universalité, le financement par la cotisation et euh un conventionnement élaboré de manière démocratique.
Autant vous dire qu'au maquille, on n' pas moyen de prélever la cotisation des entreprises de notre territoire. Euh et de toute façon, ce serait intéressant qu'au niveau macroéconomique, on n' pas les moyens de fournir une allocation de 150 € à tous les habitants du village. Pour info, ça ferait chez nous 8 millions d'euros pour le village.
On a on a envoyé quand même un dossier de subvention au conseil général, mais j'ai pas eu de réponse. Euh tiens, d'ailleurs par outil de comparaison 8 millions d'euros sur Cadonnet. Euh le magasin de producteur dont je vous parlais juste avant, son chiffre d'affaires, donc le magasin de producteur c'est 72 fermes.
Aujourd'hui, son chiffre d'affaires, c'est 1 million d'euros. Donc ça veut dire que si on avait une sécurité sociale de l'alimentation sur cadonnet 8 millions d'euros, c'est 8 magasins de producteurs. Ça fera pas 8 x 70 fermes hein, ça je le dis.
Ouais. Mais ça fera peut-être 3 ou 400 fermes plus toutes les unités de transformation intermédiaire qui seraient nécessaires, plus touses les unités de distribution. En fait, potentiellement c'est le plein emploi sur le village juste sur un système alimentaire.
Donc en fait que qu'est-ce que ça viendrait créer derrière et qu'en fait potentiellement ça viendrait entraîner une économie vertueuse euh localement quoi. Et donc nous par contre on on voyait bien que ces deux points qui étaient la la l'universalité et le le la cotisation pouvait rien faire et donc on s'est penché sur ce troisème point qui était un conventionnement démocratique. Qu'est-ce que ça veut dire ?
Et donc là, bah depuis 2021, on mène une expérimentation avec un groupe d'habitants du village. Pour vous la faire très courte, ils ont passé 2 ans dans une sorte de convention citoyenne où pendant tous les 15 jours, ils ont reçu des des des apprenants, des sachants, des sachantes qui venaient leur apprendre des choses. Euh comme on en parlait tout à l'heure, là n'était pas l'idée de leur bouffer le cerveau en leur répétant 10 fois la même chose pour qu'il répète à la 11e fois le truc. mais bien de mettre en place une controverse de manière à complexifier l'ensemble de ces débats et de voir que il y a jamais de réponse bleue ou jaune mais que tout est un mix de choses.
Cette controverse, elle permettait aussi de de venir se comprendre entre nous que le mangeur de saucisse comprenne le le végan, que la joueuse de foot comprenne comment pense le mec qui fait du vélo et cetera et cetera. Et de de au travers de la controverse de se dire "Ah ouais, mais si lui il comprend ça quand moi je dis ça, ça veut dire que quand lui il dit ça, tac tac En fait, c'est c'est dans ces dans ces mécanismes de controverse qu'on arrive à construire des réponses qui vont ensemble euh et qui se fait et donc au bout de 2 ans euh ce groupe s'est dit que ce serait intéressant en fait non pardon, nous on leur a donné 60000 € qu'on avait eu d'une financement de la Fondation de France et on leur a dit bah vous en servez, on vous le reverse directement et vous en servez comme un budget participatif, vous en faites ce que vous voulez. Au début, ils ont voulu construire une cantine, ça leur a parut un peu ambitieux et donc ils ont choisi de construire ce qu'ils ont appelé la caisse locale de l'alimentation de cadonet, la claque.
Et donc cette cette caisse locale, elle elle rembourse jusqu'à 150 € par mois à au 33 habitants du village qui participent. leurs dépenses qui sont faites dans le circuit conventionné. Sachant que ce conventionnement, il a été établi pendant l'année qui avait précédé la création de la caisse et qu'il est aujourd'hui retravailler avec les nouveaux usagères qui participent à la caisse, quoi.
Donc globalement, on a 33 personnes qui font leurs courses dans trois lieux de vente. Il y a des taux de prise en charge alimentation qui sont différents de 0, 30 ou 100 % en fonction de l'adéquation de cet aliment avec l'avenir alimentaire désirable qui a été défini par le groupe. Et donc à la fin du mois, donc nous on a on est dans un petit village, on a vraiment des petits moyens et donc on a pas de monnaie numérique ou de trucs comme ça comme il peut y avoir dans d'autres dans d'autres endroits et on est très content de ça parce qu'on a du coup un système de gestion manuelle et donc ce qui permet que tous les mois on on recrée une sorte de comme on avait quand on était jeune les les feuilles de soins où on collait les petits autocollants des médicaments dessus et donc là les gens viennent avec leurs feuilles de soin, ils agravent leur ticket de caisse et donc ensemble on on corgarde nos tickets de caisse.
Donc ça permet de créer encore du lien entre toutes ces nouvelles personnes et de comprendre un peu qui on est pour continuer à à construire des choses. Et donc aujourd'hui la caisse locale de l'alimentation de Cadnel, c'est monté en association. C'est un groupe qui est autonome, qui vit sans animateur.
C'est les 33 habitants qui cogèrent leur truc quoi. Il y a pas de salariés là-dedans et ils avancent comme ça depuis depuis maintenant 2 ans. Merci. [Applaudissements] Et, tu as pas fait exprès mais tu as fait la fusion de mon parcours politique.
Tu as pris le futur désirable, l'avenir en commun et tu as créé l'avenir alimentaire désirable. C'est extraordinaire. Euh Jeanne, je sens que tu as envie de rebondir sur Éric.
C'est mais tueras pas après quand même de nous dire ce que font ce que peuvent faire les communes. Non, je suis très contente de pouvoir intervenir après Éric et merci beaucoup. pour ben pour ce témoignage et puis l'action qui est menée sur le terrain aussi.
Mais parce que je trouve que ça montre vraiment que même si on on voit que les communes ont peu de capacités politiques à transformer le gros du système alimentaire, le gros du secteur agricole, même si on voit que les communes quand elles agissent sur les collec sur la la restauration collective, en fait la restauration collective c'est que 4 % des achats alimentaires globaux des Français et des Françaises. Donc c'est une part minime de ce qu'on mange. même si il y a une asymétrie de pouvoir qui et de compétences qui persistent dans ces lieux de démocratie alimentaire sur sur les territoire qui font que la parole de l'agriculteur ou de l'agricultrice va avoir beaucoup plus de de poids et et parfois pas au au bénéfice d'une transformation du secteur que même si euh les tu as listé les limites et les difficultés à mettre en place un outil et une locom enfin une machine à vapeur comme les la SSA sur les territoires et même si aussi euh la les projets alimentaires territoriaux, donc les pattes que tu que tu as mentionné sont euh tu as dit c'est la seule politique alimentaire en France en fait pour moi c'est la seule vitrine de politique alimentaire en France tant cette politique est euh peu dotée extrêmement compétitive pour obtenir le peu de fonds que le l'État da octroyer à cette question de de l'alimentation en dehors des enjeux soit de nutrition soit de soit de de sécurité de de d'aide alimentaire ou de production agricole.
Euh donc les les projets alimentaires territoriaux qui peuvent être labellisés par l'État, c'est très compétitif pour avoir le label. À la dernière vague d'appel à projet, c'est seulement 20 % des collectivités territoriales ou des parcs nationaux et cetera qui ont été labellisés alors que ça demande énormément d'investissement et d'ingénierie de la part des personnes qui se qui vont répondre à ces appels à projet. Donc seulement 20 % et pour un budget dérisoire qui est souvent de l'ordre de 30000 € par an en dehors de plans exceptionnels comme France relance. 30000 € par an pour animer la question alimentaire sur un territoire ou dans une collectivité.
Moi, je prends l'exemple de que je sur par exemple la métropole de de Montpellier à l'époque où elle menait le elle lançait sa politique alimentaire et et agroécologique. Son budget c'était environ 300000 € par an pour animer cette politique. 300000 € c'était le budget qui était dépensé par la collectivité, par la métropole pour accueillir le concours Miss France la même année et pour accueillir une étape du Tour de France l'année d'après.
Donc en fait, on peut être parfois un peu troublé voire un peu agacé par le décalage qu'on peut percevoir entre l'affichage et notamment pour des fins électorales aussi de survalorisation des politiques alimentaires locales alors qu'elles sont très peu doutées, qu'elles reposent sur des personnes qui sont malmenées au travail et qu'au final elles elles agissent sur un périmètre très restreint. Donc même si on voit tout ça, même si on voit toutes ces difficultés, ben on voit bien avec l'exemple de l'association euh dans la cale militérique que concrètement quand même ça change la donne ces initiatives locales. C'est-à-dire ça change la donne euh pour euh les gens qu'on va installer, euh pour les gens qu'on met autour de la table et qu'on va faire discuter ensemble parce que ça crée des alliances qui n'existaient pas avant.
Ça fait que les gens discutent entre eux. Ça permet aussi bah d'alimenter le le vivre ensemble. Ça permet cette montée de compétences des des citoyens et des citoyennes sur ces questions agricoles qui par qui était parfois un peu confisqué aussi euh par les représentants du secteur agricole.
Et puis euh et donc ça permet de politiser cette question alimentaire, c'est-à-dire de l'arracher à soit à la sphère de l'intime, soit à au marché. Et là, d'un coup, on a quelque chose à dire sur les questions alimentaires et agricoles parce qu'on en parle collectivement et qu'on monte en compétence ensemble. Et puis aussi moi ce que je trouve génial c'est que vous avez une vraie réflexion sur à qui ça profite.
Souvent quand même quand on y a on observe les pattes, on voit que ça profite à peu de gens. On a aujourd'hui un système alimentaire vraiment à deux vitesses en terme de qui peut s'offrir une alimentation dite de qualité en gros bio circuit court et que c'est une minorité alors que toute la population aspire à cette à cette à ce type d'alimentation. Et là vous, le fait que vous réfléchissiez justement à ces questions, je trouve ça particulièrement fort en terme et c'est mon dernier point de ben en fait ce que vous créez c'est vraiment de la démocratie alimentaire alors qu'en France on a un déficit de démocratie alimentaire à l'échelle justement de l'État et c'est un déficit qui est particulièrement enfin la loi du pont illustre ça parfaitement à la fois dans la manière dont elle a été construite, qui l'a construite, qui a eu voie au chapitre et puis la faible quand même réaction à cette pétition de 2 millions de personnes sign signataire et cetera.
Donc on a un déficit très fort de démocratie alimentaire et de consultation de la population sur qu'est-ce qu'on veut produire pour manger quoi. Et aujourd'hui, c'est principalement à l'échelle locale que cette démocratie alimentaire, elle est nourrie et elle est construite et ce qui permet justement de politiser la question d'une part, mais aussi de créer à la fois des lieux de résistance et de vivre ensemble autour de ces questions alimentaires, mais aussi de pouvoir créer et c'est mon dernier point, des actions de plaidoyer qui permettent de demander des comptes en fait à l'échelle nationale ou à l'échelle de de la du Parlement européen par exemple. Euh c'est-à-dire qu'on voit de plus en plus aussi des collectifs de mèes comme les collectifs de mè euh anti pesticides, des collectifs citoyens, euh des des réseaux aussi euh d'initiative citoyennes qui collectivement vont demander soit plus de compétences, soit plus de moyens, soit plus de démocratie alimentaire de manière générale.
Et ça concrètement, c'est un lieu de résistance qu'on qu'on retrouve actuellement principalement à l'échelle des territoires. [Applaudissements] Il y a un gros suspense sur la question que je vais te poser Cécile puisque tu me l'as soufflé. À qui s'adressent ces politiques ?
Merci. Les échanges là, ça ça moi ça me soulève de questions parce qu'on parle de système enfin alimentaire agricole à deux de vitesse et en fait on le retrouve aussi chez les personnes qui s'installe. C'est-à-dire qu'on va avoir des personnes qui veulent s'installer et qui veulent développer des projets de A à Z donc c'est-à-dire qu'ils veulent maîtriser toute la chaîne de production et souvent là où ça pêche c'est sur le système de commercialisation comment on fait pour grouper et comment on fait pour proposer des prix bah qui sont accessibles à tous.
Et donc ça c'est clairement des collectivités qui vont se heurter à ce à cette chose-là. J'ai pu en étudier une donc celle de de peau par exemple qui a mis en place une ceinture verte donc qui est pareil ici à Valence et qui se dit bon c'est bien on a installé une ceinture verte pour installer des maréchés sur 2 hectares qui vont produire intensivement des légumes bio et au final le prix de vente pour que ces maréchés puissent vivre est deux fois supérieur à ce que la collectivité peut payer pour approviser les cantines donc on se retrouve là avec un gap c'est comment on fait et donc cette collectivité s'est adressée dans culteur en place pour qu'il se diversifie et produisent bah des carottes des pommes de terre des poireaux pour les cantines en grande quantité à des prix accessibles. Donc en fait ces deux vitesses, on le retrouve aussi c'est ces personnes qui veulent s'installer parce qu'aujourd'hui donc dans l'imaginaire néopaysan donc qu'est-ce qui fait rêver les personnes qui sont en reconversion professionnelle qui sont pas issus du monde à l'école et qui veulent en général créer une exploitation.
Donc on n'est pas sur des phénomènes de reprise, on est vraiment sur de la création. C'est tout cet engouement pour la microferme. Donc cette comme je l'ai dit, cet endroit où on peut euh à la fois accéder facilement aux moyens de production et aussi maîtriser euh la chaîne de valeur et donc récupérer assez de valeur ajoutée sur sa production sans rentrer dans des systèmes où on perd un petit peu le pied et où on est bah coincé entre l'amont et l'aval de la enfin de la production alimentaire dans les filières longues.
Et et la de le deuxième point qui me fait rebondir, c'est c'est finalement c'est quoi être agriculteur ? Parce qu'aujourd'hui tous ces systèmes, toutes ces initiatives, elles remettent profondément en question l'identité même de l'agriculteur et c'est ça qui vient heurter bah tous les camps politique. Et donc c'est l'agriculture familiale qui qui est complètement disloqué.
C'est-à-dire que qu'on aille vers la financiat dans l'agriculture ou vers des dispositifs comme ça où c'est finalement une commune qui possède le foncier, on a cette dissociation de plus en plus marquées entre le patrimoine foncier, le travail et le capital d'exploitation. C'est-à-dire qu'on historiquement bah la famille donc c'est c'est caricatural, c'est un idéal type, c'est-à-dire que c'est c'est ce qu'on observe, c'est c'est le gros de la culture française qui est de moins en moins gros parce que ce segment là s'effondre. On a bah de le travail agricole sur l'exploitation qui évolue.
On a de plus en plus recours à la délégation, à la patrimonialisation. Au contraire, on va vers des systèmes artisanaux et donc tout ça bouleverse les bah les phénomènes et les pratiques même de l'accompagnement à l'installation de l'agriculture. Donc de savoir qui qui on installe.
Et donc c'est très intéressant bah quand on a une collectivité de se poser la question finalement de quels sont les modèles euh agroalimentaires qu'on veut mettre en place à commencer par le système la structure de l'exploitation. C'est-à-dire que quand on a du foncier, des outils de production qui sont effectivement pas portés par l'exploitant, on a aussi ben qui décident de quoi sur exploitation et finalement on peut avoir une une dépossession du pouvoir de décision de l'agriculteur sur son travail et sur son salaire et cetera. Au contraire, on peut aussi avoir des bienfaits, hein, des vacances, on peut avoir moins d'astreintes au travail, des un un des des prix euh euh garantis et un revenu stabilisé.
Donc, il faut arbitrer entre tout ça et et je pense que le monde agricole est pas tout à fait prêt, même s'il y a une frange aujourd'hui des personnes qui s'installent qui réfléchissent justement à cette question de la lecture en collectif, donc comment mutualiser bah les moyens de production, euh répartir l'astreinte sur plusieurs personnes et faire des synergies entre des productions végétales et animales, par exemple. Et donc, ça soulève cette question. Euh donc à qui s'adressent les politiques ?
C'est c'est vraiment à ça. Enfin, c'est tout ça qu'il faut regarder finalement, c'est est-ce qu'on veut des systèmes qui vont vers des filières longues de production euh donc où on rationalise davantage pour pouvoir prod enfin proposer des prix euh bah du coup plus accessibles à tout le monde. Est-ce qu'au contraire on veut j'ai bien aimé cette la question de la gentrification par la création d'un d'un magasin de producteurs, c'est-à-dire qu'on veut aller vers du vers du positif.
C'est-à-dire que normalement dans un marché de producteur, on est sur du circuit court, c'est-à-dire que le l'agriculteur se rémunère. Et si les prix euh voilà sont trop élevés pour une partie de la population et à commencer par les agriculteurs voisins, c'est quand même qu'il y a un un gros problème. Et ce qui ce qui peut selon moi expliquer aussi les crispations qui va y avoir dans quand des collectivités s'emparent de cette question agricole, quand elles méconnaissent aussi bah finalement le monde agricole tel qu'il est sur le territoire avant de commencer à réfléchir à tel qu'on voudrait qu'il soit.
Et donc la question de de l'attractivité des des métiers, moi j'ai j'ai tendance à pas forcément la prioriser parce qu'aujourd'hui on a quand même énormément de personnes jeunes et moins jeunes qui sont attirées par ce métier. Mais c'est comment on fait pour donner envie donc d'être agriculteur mais aussi pour prouvoir à tous les besoins qu'il y a autour. C'est-à-dire que moi, j'ai interrogé beaucoup de personnes qui se sont installées récemment et une des choses dont on parle jamais, c'est la question du logement.
Et en fait, les communes ont été les premières les premiers freins à l'installation en demandant soit des permis de construire qui ont mis énormément de temps à arriver, soit il y a besoin d'un statut particulier, donc celui de chaotation. Le statut de quotisan solidaire par exemple n'est pas reconnu comme étant agriculteur et donc on refuse des permis de construire ou des enfin voilà de permis de bâtir pour l'activité agricole. Et donc ces questions là, c'est des questions qu'il faut prendre à bras le corps et c'est des questions qui sont pour moi, voilà, très légitimes quand on est une collectivité, une interco ou un parc naturel et cetera.
Voilà. Et sachant que quand on s'adresse aussi aux personnes, enfin j'ai un cas de d'une collectivité qui avait voulu recréer tout un système d'accueil des personnes qui veulent s'installer. Euh vraiment, il y a un enjeu aujourd'hui à mettre à enfin à plat tout ce qui existe et pour pas refaire des doublons et des doublons et des dispositifs en doublon. euh parce que ça c'est vraiment contre-productif et ça crée en plus des systèmes euh parallèles.
Donc voilà, sur euh cette question-là, enfin et une dernière chose, hein, c'est euh on parle souvent du projet politique de 1 million de paysans en France. Euh la la question c'est ben qui qui est et selon quel modèle ? Donc effectivement, il va falloir que ben que cohabite, coexiste différents types de systèmes ou au contraire, est-ce qu'on veut aller vers un seul type d'agriculture ? parce que enfin si on fait rien en tout cas aujourd'hui là les tendances actuelles he c'est toujours l'agrandissement le recours à la délégation la financiarisation et cet éclatement de la lecture familial donc je le disais capital d'exploitation travail et patrimoine mais qui va pas forcément dans le sens que ben qu'on veut euh donc voilà ben je je laisse place au débat merci avant de passer aux questions très rapidement les communes moi j'ai était conseiller municipal et et et y compris les communes et régions.
Mais là, bon, le sujet c'est des communes. On a d'autres leviers d'action que les leviers juridiques. Vous avez quand même une capacité économique et financière qui est énorme.
Aujourd'hui, on a moi dans les commissions où je siège, on nous explique que bon, le bio c'est un échec, qu'on a pris les choses à l'envers, qu'on a financé les reconversions mais que vous voyez bien, il y a pas les débouchés, mais il y a pas les débouchés. Pourquoi ? les communes, les régions, les départements peuvent commencer à donner l'exemple avec la commande publique, avec les cantines scolaires, avec les épades.
On a énormément de leviers d'action ou si nous on est vertueux, quand je dis nous c'est collectivité publique dirigée par des élus, euh si nous on donne l'exemple, si nous on permet d'amorcer la pompe en créant une demande pour que ceux qui qui font la reconversion puissent avoir des débouchés pour leurs produits bio, derrière ça peut suivre. Et ça, ce n'est qu'un exemple qui n'est pas juridique, c'est votre pouvoir d'action euh économique. Euh le temps le temps de cantine scolaire peut aussi être un temps d'éducation pour les pour les enfants puisqueen fait vous consommez le reste de votre vie, ce qu'on vous a appris à manger quand vous étiez gamin.
Si effectivement si on passe son temps à vous donner des nuggets de poulet industriel à la cantine quand vous grandissez et puis le soir quand vous rentrez chez vous aussi quand vous grandissez vous continuez à manger ça. Si à la cantine on vous explique on vous fait manger des légumes de saison, des des choses locales du bio, vous vous habituez à un certain goût et vous continuez quand vous êtes adulte. Je continue pas, il y a plein d'autres choses que les communes peuvent faire.
Elles peuvent organiser des marchés locaux toujours pour parler des débouchés puisque la production locale, il faut la vendre. Euh moi, je jette pas la pierre au consommateur. Euh vous travaillez euh 8 10 12 heures par jour, vous rentrez, vous êtes claqué.
C'est quoi le plus simple ? Vous allez au supermarché, vous faites toutes vos courses au même endroit et vous rentrez. Euh on peut organiser aussi des légumeries municipales où dans un seul lieu vous avez concentré et vous parce que aucun d'entre nous là le temps, sauf les retraités peut-être d'aller faire son petit tour de producteurs locaux pour remplir son frigo.
Vous le faites de temps en temps un weekend sur deux et cetera. vous avez pas le temps de traverser le département pour aller voir tous les producteurs. Donc, il faut qu'il y ait des lieux où vous puissiez retrouver tous les fruits et légumes qui sont produits pas très loin de chez vous et cetera et cetera.
Donc, les Lumunes en dehors du levier juridique ont beaucoup d'autres leviers d'action et euh c'est aussi ça où euh bah dans votre programme municipal, vous le mettez, vous le mettez en œuvre et c'est un moyen d'action parmi d'autres. Euh la PAC en est un gigantesque, mais les communes peuvent aussi faire beaucoup de choses. Il nous reste, on a le droit de déborder un peu, je vous rassure.
On va avoir un petit quart d'heure, enfin un gros quart d'heure aller euh pour avant d'aller voir euh le monsieur qui apparemment dit des choses très intéressantes. Je pense que tout à l'heure il va en dire encore plus avant d'aller voir Jean-Luc. Euh donc on a 15 20 minutes pour une petite série de questions.
Tu peux tu as tu as un autre micro ou pas ? Ouais, tu en as pas. Bah écoute, je vais te filer celui-là.
Bah du coup, tu Ouais, tu peux prendre trois quatre questions puis après on fait Merci. Bonjour. Merci.
C'était très intéressant. Moi, j'ai une question parce que j'habite en région parisienne à Montreuil et qu'en fait ma question c'est j'ai bien compris toutes enfin j'ai compris des tas de choses que vous avez dites qui sont passionnantes. Moi j'habite dans un lieu urbain et je me pose la question de d'une commune urbaine qu'est-ce qu'elle peut faire justement par rapport à l'installation des agricules par rapport à tout ça ?
Est-ce que on peut travailler avec des gens qui sont loin qui qui produisent comment on s'y prend ? Est-ce qu'il y a des idées là-dessus justement par rapport au rapport parce que on peut faire de la permaculture à Montreuil mais enfin c'est que ça sera un peu limité et peut-être pas hein, peut-être vous allez me dire de d'autres idées mais voilà l'histoire c'est que quand on habite dans un lieu vraiment urbain, qu'est-ce qu'on fait justement pour lancer cette question là ? Voilà.
Moi, c'est un peu la même question que la dame là. Comment comment lancer une cantine bio ? Comment rajouter dans le programme de notre liste France insoumise, je l'espère, comment rajouter le projet de créer une cantine bio sans passer pour des cons parce qu'on ne connaît rien.
Voilà. Bonjour. Euh je viens de la Guadeloupe.
Notre situation est particulière puisque nous sommes dans l'univers plantationnaire. Les terres sont captées par les béqués qui se sont toujours tournés vers l'exportation. Euh, on importe 96 % de ce qu'on mange.
On vient de découvrir qu'on est empoisonné pour des milliers d'années à cause d'eux. En plus, ils ont fait tout l'argent possible. En face d'eux, depuis l'esclavage, une agriculture de résistance, ce qu'on appelle le jardin créole.
Ça veut dire qu'à un moment donné euh les exploitants ne voulaient pas nourrir leurs esclaves. Donc ils ont autorisé les gens, enfin les esclaves à cultiver des petits lopins de 3 m ou 6 devant les cases et avec beaucoup d'intelligence, les esclaves ont inventé un système de plantation qu'on appelle le jardin créole qui produit sans épuiser le sol beaucoup à savoir non seulement de quoi se nourrir correctement et de manière équilibrée, mais en plus de quoi vendre. et beaucoup de maires se sont présentées devant le maître avec l'argent de leur vente et ont racheté leurs enfants.
Donc c'est une agriculture de résistance et c'est une méthodologie qu'on transmet. Sauf que l'État en face qui soutient justement les grands producteurs, l'Europe derrière ne permet pas l'émergence de ce genre d'agriculture parce que c'est une agriculture marronne. Nous sommes des marons dans l'âme et nous résistons et nous sommes des désobéissants civiles, ça c'est sûr.
Donc dans ces jardins créoles, vous avez un système alimentaire particulier qui est le nôtre qui transmet notre culture et notre savoir-faire depuis les Amérindiens et les esclaves jusqu'ici. Et vous avez aussi les plantes médicinales que l'État ne veut pas reconnaître, sauf quand ils envoient leurs chercheurs piquer nos recettes pour faire des des brevets. L'agriculture chez nous, on est captif.
Nous sommes une population captive et on nous dit maintenant que Bernardayotte vous a empoisonné, on l'a subventionné, aller manger chez lui. C'est votre papa, on ne veut pas. Donc on aurait bien aimé savoir ce que vous avez dit est très intéressant.
On aurait bien aimé savoir comment arriver à tourner cette agriculture de masse, cette agriculture qui nous empoisonne et qui est mortifère pour nos populations vers l'intérieur et surtout une réforme agréaire pour récupérer notre foncier qui a été volé qui appartelait au au Kalinago Kalinas qui que les béqués détiennent sans titre et qui reviennent à la population et pour une partie d'entre eux qui pourrait servir pour le peu de terre qui reste et qui n'est pas contaminé à nourrir la population. Il y a une chercheuse à l'université de la Guadeloupe qui a trouvé le moyen de décontaminer les teroclordécon en récupérant la cendre de Sargas. Donc deux pollutions qui de qui s'annulent.
Elle n'est pas subventionnée par l'État. D'accord ? Et il y a un gros projet à monter là-dessus.
Nous sommes que 380000 habitants sur une coquille de noix dans l'océan. Je pense qu'avec une bonne volonté politique et un savoir-faire local et le respect des populations locales et non pas le pillage, on peut y arriver. [Applaudissements] Bonjour.
Alors, merci pour vos présentations qui étaient toutes passionnantes et inspirantes. Moi, je viens d'Alsace et je vais vous poser la question de ce que les mairies peuvent faire à propos de d'un exemple concret de chez moi de Hungersheim qui est une des mairies avec Mouan Sartou que vous connaissez peut-être qui a une régie agricole. Donc là, c'est un projet tout à fait communiste où c'est la mairie qui emploie des gens, qui produisent les légumes.
Euh alors ça marche un peu, c'est déjà bien, c'est inspirant. Il y a tout un écosystème d'association qui essaie de se créer autour avec de l'autoproduction, de la transformation sur place pour valoriser. Et madame qui vient de de Guadeloupe, hein, c'était ça, madame qui veut convertir les terres bananières, bah nous en Alsace, on veut convertir les terres qui font du maïs industriel.
Et du coup bah c'est un peu le projet de faire une économie de la graine à l'assiette, revaloriser sur place, changer un peu les voilà les productions mortif parce que chez nous on a des pesticides et c'est pas top non plus. Voilà mais du coup la régie agricole comme outil peut-être légalement possible ou pas. Voilà.
Merci [Applaudissements] je je sais pas pourquoi c'est moi qui le récupère. Si c'était à ma droite. Euh je vais commencer par que que faire au milieu urbain ?
J'ai l'impression que je vais fournir à peu près la même réponse que celle que je fournirai en milieu rural, c'est construire des instances de démocratie alimentaire. Aujourd'hui, on ne sait pas, on ne sait plus se parler en France. L'alimentation est devenue un lieu de d'opposition. essayer un repas de famille où vous demandez à ce qu'il soit végan et on verra les réactions des onclétantes.
Euh comment est-ce que ce cette ce lieu qui était le lieu du rassemblement, la table est devenu un lieu de division parce qu'on a construit ces ces enjeuxl aujourd'hui on ne sait plus se parler vraiment on est au conflit. Je pense que les réseaux sociaux rajoutent à cette truc-là. Et en fait pourquoi je parle de démocratie alimentaire ? que moi j'ai j'ai beaucoup été inspiré par la lecture du du livre de Nicolas da Silva que je vous invite tout à lire qui s'appelle La bataille de la SQ, une histoire du système de santé en France où il nous fait un un rappel historique de c'est quoi quel comment a évolué le système de santé français depuis la révolution française jusqu'à l'après maladie du pangolin.
Et en fait, on se rend compte que sur ces 200 ans de de de d'histoire française, tout ce qui était antérieur à 46 a permis de construire une pensée collective mais n'a pas eu d'impact sur le système. Et tout ce qui s'est passé après 1967 a servi à détruire ce qui s'était passé dans la dans les dans les deux décennies d'avant. Et les deux décennies entre 46 et 67 ont montré qu'on était capable, nous travailleuses et travailleurs, de construire des systèmes vertueux. en en remboursant nos soins et en construisant notre appareil de santé.
Et et donc en fait ce truc de la de la question du pouvoir sur l'argent en fait qui a le pouvoir de gérer l'argent c'est nous les travailleuses, c'est nous les travailleurs parce que en dehors de la transformation chlorophidienne des plantes, il n'y a aucune richesse créée en dehors du travail. Donc pourquoi est-ce que les richesses ne seraient pas gérées par les travailleuses et travailleurs ? Ben ça, je ne sais pas pourquoi on a laissé filer ce pouvoir-là aujourd'hui.
Comment est-ce qu'on peut le récupérer ? C'est la même question en urbain, c'est la même question en rural en fait. C'est comment créer nos instances démocratiques pour voir construire localement nos politiques alimentaires, qu'ell soi en en France ou dans les îles.
En fait he, c'est exactement le le en France métropolitaine ou dans les îles, c'est exactement le même problème. C'est qui qui a le pouvoir. Effectivement, vous vous ne l'avez plus et on vous a flingué vos terres.
Donc maintenant, comment est-ce qu'on peut le faire ? Et ce qui me fait pour conclure, moi j'ai trouvé mon petit slogan pour le 10 septembre, si ça vous intéresse. C'est "On a marre de recevoir vos millions, on veut gérer les milliards." [Applaudissements] Et d'ailleurs, rendez-vous tous le 10 septembre, hein.
Euh pour répondre euh brièvement sur les questions de cantine, de lieu urbain, de réappropriation des des lieux de production, euh autour des villes, effectivement, on a très peu d'hectares agricoles à exploiter et donc très peu de prises aussi sur les pratiques les pratiques agricoles. Et il y a un risque très fort que moi j'ai appelé la la d'une part la légumisation du problème, c'est-à-dire penser que notre alimentation elle elle se compose uniquement de légumes alors qu'on mange majoritairement des céréales. Donc en fait installer un maréché autour de chez nous et la régie en fait elle est hyper pertinente parce qu'elle vient alimenter cette question de discussion collective de qu'est-ce qu'on veut manger, qu'est-ce qu'on veut produire et cetera mais en fait c'est une partie minime de notre alimentation.
Donc il y a un risque en fait quand on mais ça veut pas dire qu'il faut pas le faire mais en fait il faut être lucide sur ce qu'on fait quand on installe des agriculteurs et des agricultrice dans des ceintures vertes autour de nos villes de d'avoir une sorte de vitrine de d'une agriculture qui est euh celle qu'on veut donc en circuit court des légumes bio et cetera avec des principes des principes intéressants en terme de de gestion de la ferme et qui vient un peu saturer nous notre la critique qu'on peut porter au gros du système agricole et du système alimentaire en se disant bah c'est bon, on voit bien qu'autour de la ville ça change mais en fait autour de la ville c'est pas là les lieux de production. Les lieux de production c'est les campagnes. Et dans les campagnes qu'est-ce qu'on a ?
On a une agricultrice une agriculture pardon qui repose sur des fermes qui ressemblent de plus en plus à des firmes qui sont gérées par de moins en moins d'agriculteurs et d'agricultrices qui sont plus de plus en plus polluantes et cetera. Donc en fait, il y a un risque quand on est citoyen, citoyenne urbain, c'est de penser qu'on a résolu le problème en installant une ceinture verte. Autre point, c'est pareil pour la cantine.
Moi, je suis pas d'accord sur cette question de euh la commande publique, c'est l'alpha et enfin, je sais pas ce que tu as dit, mais l'alpha et l'oméga de de de la de ce problème là. Alors et et ça répond un peu à la question sur qu'est-ce qu'on fait quand on veut promettre une cantine bio. Euh la cantine bio, c'est-à-dire 20 % de produits bio dans les cantine, c'est un objectif qui a été inscrit au journal de l'environnement en 2008.
Aujourd'hui, il y a que 10 % des lieux de commande publique qui euh exp qui qui mettent les chiffres de ce qui commande effectivement sur macantine.com ou je sais pas quoi. Et sur ces 10 % seulement des lieux de restauration, il y en a que 10 %.
Donc de ces 10 % qui disent être en accord avec la loi, donc aujourd'hui c'est la loi égalime de 20 % de produits bio et de 50 % de produits durable local. Donc en fait on voit que c'est difficile de mettre en place ces politiques euh aliment enfin ces politiques de commande publique et c'est pareil les légumeries c'est un objectif très louable mais tout il y a beaucoup de communes où on a installé des légumeries et aujourd'hui elle se casse la gueule parce que le modèle économique est très compliqué à assumer derrière. Donc en fait pour moi, il y a un enjeu aussi à être lucide sur ces questions de qu'est-ce qu'on peut faire et qu'est-ce qu'on peut pas faire en étant un peu modeste aussi sans donc de de pas inscrire inscrire, on va dire des objectifs politiques, on veut tendre vers ça, mais dire qu'on va passer la cantine en bio en fait c'est pas vrai.
Ça fait depuis 2008 qu'il y a des gens qui essayent et qui et que ça marche pas. Et en fait, ça marche pas parce qu'il y a plein d'autres verrou ailleurs. Euh mais par contre euh et je finis là-dessus, il y a il y a quand même beaucoup euh de d'initiatives qui sont renseigné en en ligne sur des sites comme récolte, parcell, les projets atlas de recherche et cetera où vous avez vraiment euh des vous pouvez vous inspirer de choses aussi qui ont marché ailleurs mais en étant Ouais. en étant optimiste malgré l'adversité, on va dire.
Je m'inscris totalement dans ce que vient de dire Jeanne et peut-être pour un petit point de détail, enfin typiquement sur Montreuil, c'est le c'est le siège de d'une association, enfin un consortium d'association qui s'appelle la Biosol qui justement essaie d'accompagner donc dans cette enfin il y a Terre de Lien, les AMAP, le Gab et l'espace-test agricole du coup de l'Île-de-France et et donc ce siège à Montreuil et donc tout l'enjeu c'est d'arriver bah de faire des ponts. Là, je vais parler d'installation, enfin on pourrait parler de sur d'autres d'autres enjeux sur la question alimentaire. Donc, arriver à faire des ponts entre les villes et les campagnes sur l'approvisionnement, mais ça rejoint un petit peu ce qu'on disait sur les circuits de à qui s'adresse ces circuits de distribution, mais donc de faire des ponts entre les villes et les campagnes euh parce qu'on a et c'est un phénomène du coup qui est assez ancien des personnes qui veulent faire de l'agriculture urbaine par exemple, sachant que cette agriculture urbaine euh c'est pas forcément la solution, c'est pas ça qui va nourrir ben une métropole comme Paris. euh et donc d'arriver par ses volontés de faire l'agriculture urbaine à enfin à déclencher des des vocations vers l'agriculture et donc vers la ruralité euh et donc d'amener progressivement des personnes qui viennent du milieu urbain qui ont certains types de projets parce qu'elles ont ils ont été médiatisés ou parce qu'ils se disent c'est la première étape euh vers l'agriculture.
C'est pas dire que je je quitte pas forcément tout de suite de mon travail, mais je commence à un peu m'entraîner à mettre les mains dans la terre et cetera, à voir si le métier est fait pour moi pour progressivement bah créer des vocations vers l'agriculture. Sur la question de la régie, c'est vrai qu'on en parle assez peu des régies alors que il y en a quand même enfin c'est un un mouvement ancien qui a peut-être été un peu supplanté aujourd'hui par les espaceass agricole et qui peut-être se feront supplanter par les start-ups dont j'ai parlé puisque c'est des choses qui sont beaucoup plus attractifes aux yeux des collectivités quand il faut faire des rapports d'activité et de justifier combien d'installations on a fait et cetera. Donc donc une régie un peu difficile de des des agriculteurs.
Enfin, on en revient à la question de l'identité de qui est agriculteur et pourquoi on fait agriculteur puisque la question de devenir son propre patron est souvent bah une des volontés numéro 1 des personnes qui veulent s'installer. Donc voilà, donc la question de l'espace test, on a des personnes qui veulent tenter l'activité mais l'espace test dit bien que euh l'abandon du projet est aussi une réussite de l'espace-test puisque la personne ne sera pas allée se mettre dans le mur avec l'espace-test. Euh donc voilà, c'est ces questions, c'est tout ça, c'est des dispositifs euh qui peuvent servir l'installation, qui peuvent servir la relocation de l'alimentation et qui sont pas forcément euh euh on peut enfin on peut dire qu' rejoint parfois un peu la la vitrine.
Euh moi je suis désolée qu'on ait pas parlé de la Guadeloupe. Moi, c'est un sujet que je connais que je connais très peu et c'est et je pense qu'on peut faire comme fait Jeanne beaucoup de lien avec cette cette question de l'accarement du foncier bah de plus en plus dans les mains de certaines personnes et qui de plus en plus ne seront même plus des agriculteurs. Donc ça c'est vraiment une question aussi qui est qui est à poser, c'est que le foncier aujourd'hui est quelque chose dans lequel on est investi et si on continue dans cette voie là, bah du coup on va toujours vers cette dissociation patrimoine travail qui peut être assez enfin ça peut être assez compliqué de revenir en arrière par la suite.
Donc voilà, je je vais laisser Arrache conclure. Merci Cécile. Non, alors la Guadeloupe ou même ce que tu avais commencé à esquisser tout à l'heure sur la la politique de concentration qui avait été favorisé par les aides et cetera, on en a pas parlé aujourd'hui parce que le sujet la focale n'était pas là-dessus.
Mais peut-être l'année prochaine d'ailleurs, ça nous donnera l'occasion de faire un un sujet un peu plus macro pour aborder ces sujets-là. Mais euh très ce que tu disais sur la Guadeloupe, c'est effectivement moi ce que je vis au niveau européen et donc pour ça euh bah en fait que ce soit au niveau national, étatique ou européen, bah faut gagner des élections pour appliquer une politique agricole différente, c'est que euh les incitations qui sont faites aujourd'hui à coup de milliard ne vont pas du tout vers une transition agricole et et au contraire continue et et la nouvelle P qui va arriver l'année prochaine risque d'être pire que la précédente. J'ai aujourd'hui même des collègues de droite qui sont effarouchés parce que Vlon, je dis bien Van Derle est pas le commissariat à l'agriculture parce que c'est elle qui est au manette veut mettre en place.
Euh c'est euh des fermes de plus en plus grosses, de plus en plus d'industrie et euh mercosure. C'est-à-dire que c'est tout à fait le modèle inverse de ce que tu décrivais, ce que décrivait madame en Guadeloupe, de ce qu'on veut voir. Euh on va produire de moins en moins pour le local, de plus en plus pour exporter et on va faire traverser de l'Atlantique à tout ça.
Mais c'est c'est un autre sujet. Juste pour le sur sur les cantines et cetera, on est d'accord en fait, ça n'a pas été fait. Moi, j'ai énormément d'adversaires de droite qui me disent "Mais regarde, c'est pas possible ton truc, on narrive pas à appliquer égalime." Alors, un, égalim, déjà moi, les objectifs d'égalim, je les trouve ridicules, sont très bas.
Et de c'est pas parce qu'on n pas eu la volonté politique de le faire que ça n'est pas possible. Et effectivement, avec des seuils, enfin le seuil de la loi déjà qui est très bas et en plus qui est jamais appliqué, effectivement, vous n'avez pas d'impact. Mais si vous commencez à généraliser un seuil plus haut et que vous avez une volontique, vous avez quand même un pouvoir d'amorçage.
Euh mais je suis d'accord avec toi, aujourd'hui ce qui n'est pas fait justement euh n'a aucun impact puisque on continue à alimenter euh euh le modèle actuel et à la marge, on fait un peu de green washing en disant regardez une fois par semaine, on donne du lit bio aux gamins à l'école. Euh, il me reste du coup à vous remercier toutes et tous. C'est vrai.
Ah oui, j'ai oublié. Il y a Bruno qui est là. Ceux qui veulent aller le voir là, on doit conclure.
Il faut aller voir Jean-Luc et je dois vous remercier. Mais Bruno euh qui est une Bible de la sécurité sociale alimentaire, un dictionnaire. Bref, vous pouvez aller le voir après.
Lève-toi que les gens te voient. Et ceux qui ont envie d'échanger sur la sécurité sociale alimentaire, vous pouvez aller voir Bruno après, il est là. Et donc bah écoutez, je vous donne rendez-vous sur la grande scène peut-être demain et euh et puis bah le 10 septembre tous dans la rue.
Merci à tous. [Applaudissements]
Arash Saeidi