Charles Fournier : une sécurité sociale alimentaire pour tous | Circo
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00Charles FournierFait
« On est tiraillé, on a envie, effectivement, que tout le monde puisse goûter nos produits. »
- 3:00Charles FournierFait
« Cette sécurité sociale de l'alimentation, pour la définir, le mieux c'est de vous montrer cette petite carte vitale. »
- 4:00Charles FournierChiffre
« Je vais vous donner un chiffre qui est vertigineux : les dépenses publiques liées à la malbouffe, c'est 19 milliards par an. »
- 6:00Intervenant non identifiéChiffre
« Un euro cinquante le kilo de fruits et légumes bio, un euro les six oeufs. »
- 8:00Intervenant non identifiéChiffre
« La mairie de Tours subventionne l'expérimentation à hauteur de 15 000 euros. »
- 9:00Charles FournierChiffre
« Dans sa proposition de loi, le député Charles Fournier demande l'attribution d'un fonds public de 15 000 000 d'euros pour soutenir ces expérimentations. »
- 10:00Intervenant non identifiéChiffre
« Les cotisations vont de 1 à 300 euros par mois. »
- 11:00Intervenant non identifiéChiffre
« La métropole de Lyon finance 200 000 euros. »
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-Bonjour, Jeanne. -Bonjour, Charles. -Ca va ? -Ca va et toi ? -Très bien. -Contente de t'accueillir. -Très content d'être ici.
Musique -Donc nous, ici, on fait 70 fruits, légumes, aromates différents. Là, on est dans le carré des choux. Vous voyez qu'on a plein de sortes de choux.
C'est un des légumes qu'on a en plus grande diversité. Nous, pour fixer nos prix, on a calculé nos coûts de revient et puis les prix du marché. Et c'est là où ça pêche.
C'est quand on doit s'aligner et qu'on voit qu'en fait, on nous demande souvent des prix qui ne nous permettent pas d'avoir une marge de sécurité pour pouvoir faire des investissements, pour se payer plus que le smic. Et il ne faudrait pas vendre cher parce que l'alimentation, il faut que tout le monde puisse y avoir accès. On est tiraillé, on a envie, effectivement, que tout le monde puisse goûter nos produits. -Les solutions jusqu'à maintenant qui ont été de la réparation, c'est-à-dire quand un paysan n'a plus de revenus, ou quand il y a un problème climatique, on va faire des aides exceptionnelles.
On ne va pas résoudre les sujets de fond. Et puis de l'autre côté, tous les gens qui n'ont pas accès à l'alimentation se trouvent à avoir de l'aide alimentaire, mais sans choisir ou savoir ce qu'ils mangent. Et souvent, c'est plutôt nos restes ou les produits transformés.
Musique Bonjour, je suis Charles Fournier, député écologiste d'Indre-et-Loire et nous sommes ici à la ferme des 4 saisons pour parler de sécurité sociale de l'alimentation. Alors cette sécurité sociale de l'alimentation, pour la définir, le mieux c'est de vous montrer cette petite carte vitale. L'idée c'est d'élargir la sécurité sociale et d'intégrer dans cette sécurité sociale la question alimentaire, de permettre à chacun d'accéder à une alimentation de qualité, choisie et puis aussi de permettre de garantir des revenus pour les paysans et d'améliorer notre santé.
Donc c'est gagnant, gagnant, gagnant. Musique -Cette sécurité sociale de l'alimentation n'existe pas encore dans la circonscription de Charles Fournier. Mais un collectif local en teste les prémices avec une distribution alimentaire d'un nouveau genre. -Là, je prépare la commande du centre social Courteline, qui nous a fait une belle commande aujourd'hui.
Il y a donc des endives, de la poire de terre, carottes, choux-fleurs, mâches, oignons, poireaux et de la pomme de terre à chair ferme. -Ces fruits et légumes bio vont, pour la première fois, être vendus à des prix accessibles aux plus précaires. -C'est profondément injuste de ne pas choisir.
On l'a tous fait quand on sort d'un supermarché et qu'on donne un produit à l'aide alimentaire. Ce n'est pas le produit bio de qualité. Ce qu'on donne, c'est ce qu'on a trouvé dans un rayon de boîte de conserve diverses et variées.
Et là, justement, on dit que c'est une forme aussi de redistribution pour que chacun ait accès à une alimentation de qualité. Musique -Direction le centre social de Courteline, à moins de six kilomètres. Dans ce quartier prioritaire de la ville, un collectif d'habitants et d'associations a créé un conseil local de l'alimentation. ... -On met le reste là ? -Non. -Tout là-bas ?
Ca marche. -Oui. -Et ici, ce sont les bénéficiaires qui décident de tout.
Chaque distribution alimentaire est précédée d'une réunion du collectif. -Allez, on s'installe. -Prix, quantité de légumes, tout est choisi collégialement.
Un euro cinquante le kilo de fruits et légumes bio, un euro les six oeufs. ... -Si on repart sur la semaine dernière, par rapport au produit qu'on avait eu, on avait pris deux kilos pour une personne seule et quatre kilos cinq pour une famille.
Du coup, est-ce qu'on reste là-dessus ou est-ce qu'on... -On va arrondir cinq. -On a énormément de demandes parce que là, on va être autour de 50 personnes aujourd'hui. -Cinquante ? -A peu près, oui.
Donc voilà. Ce qui fait que du coup, là, nous, les oeufs, on a doublé par rapport à la dernière fois. -Et ça n'a l'air de rien, mais si les oeufs partent vides, ce n'est pas un hasard. -Oui, c'est ça.
Pour avoir des protéines. -C'est une des explications du fait que les gens mangent moins de viande. C'est pas tant seulement les changements, parce qu'il y a des changements quand même, mentalité, mais c'est aussi le prix.
C'est pas accessible, c'est vrai. -C'est un luxe. -C'est hors de prix. -Moi, si je veux m'acheter de la viande, je vais regarder dans les anti-gaspi. -Oui. -On a souvent tendance à dire que les gens mangent mal, mais pour pouvoir manger bien, il faut avoir les moyens. -Je vais vous donner un chiffre qui est vertigineux : les dépenses publiques liées à la malbouffe, c'est 19 milliards par an. -Oui, bien sûr. -Plus de 100 kilos de fruits et légumes à répartir. -Et deux kilos de légumes, pardon.
Mais du coup, tu peux mélanger si tu as envie, tu fais comme tu le sens, OK ? Et c'est un 1,50 euro le kilo. -C'est la troisième distribution alimentaire seulement du collectif et le centre social ne désemplit pas.
Des familles monoparentales, beaucoup. Des résidents en emploi précaire, souvent. -J'étais ce matin à Auchan, je n'ai rien acheté.
Je ne pouvais pas. Et là, en plus, c'est bio, ici. C'est moins cher et bio. -Un kilo de poire pour moi et six oeufs.
Ah, je veux plutôt... -Ah bah, vous pouvez choisir. -Ah d'accord. -Il n'y a pas de problème.
Je n'ai jamais dégusté d'aussi bonnes poires que ces poires. Elles sont non seulement délicieuses, mais elles sont juteuses et puis c'est bien sucré. Donc il n'y a pas que la consommation, on peut aussi faire des gâteaux avec, sans rajouter trop de sucre. -Loin des aides alimentaires, ici chaque bénéficiaire choisit ce qu'il veut manger.
Des produits bio deux fois moins chers que dans le commerce. Pour avoir ses prix attractifs et un prix juste au producteur, la mairie de Tours subventionne l'expérimentation à hauteur de 15 000 euros. -Les gens, ils cotisent le côté qui participe à un euro cinquante.
Du coup, ça permet de racheter d'autres produits aussi. Mais on aimerait, nous, que ça devienne pérenne. En tout cas, notre objectif, c'est de travailler là-dessus.
Et c'est pour ça qu'on se bat pour que ça devienne pérenne. -Et alors, vous faites quoi du vert ? -Je l'utilise pas. -Dans sa proposition de loi, le député Charles Fournier demande l'attribution d'un fonds public de 15 000 000 d'euros pour soutenir ces expérimentations.
Musique Il veut même aller plus loin, créer une caisse commune nationale que chacun alimenterait en fonction de ses moyens, pour être ensuite redistribuée équitablement. A Lyon, c'est ce que teste un collectif d'habitants. -C'est pas kilo, ça ? -Exactement. -OK. -Il y a encore cinq mois, Francis Massamba, sans emploi et père de quatre enfants, n'aurait jamais pu fréquenter ce magasin bio. -Je prends des oranges. -Vous en achetez, des oranges bio ? -Des oranges bio, non, non, non, j'en achetais pas.
Je prenais les oranges dans les grandes surfaces. Je vais prendre des avocats aussi. Ca coûte cher, mais je peux me le permettre avec ce que j'ai dans mon budget. -S'il peut se le permettre, c'est grâce à la caisse alimentaire du huitième arrondissement.
Cent dix foyers, dont la moitié de précaires comme Francis, ont été sélectionnés. Francis cotise 15 euros par mois et reçoit 450 euros pour lui et ses quatre enfants. Et ça a changé ses habitudes alimentaires. -Mes enfants aiment bien le pain de mie et j'essaie de leur prendre ce qui leur fait plaisir.
Je me sens au même niveau que les autres. Contrairement à ce que les gens peuvent aller prendre dans les restos du coeur, ils prennent parfois ce qu'ils ne veulent pas prendre. Ils n'ont pas de choix, mais ici j'ai le choix de prendre ce que je veux et je sens que j'ai quand même de l'importance dans la société. -Et au moment de passer en caisse, il ne débourse rien. -Du coup, pour le montant, ça ferait un total de 64,61.
Vous le réglez comment ? -Je le règle par l'appli Calim. -Ca marche. -Le montant est directement déduit des 450 euros mensuels de son compte Calim 8. -Vous souhaitez le ticket ? -Oui, s'il vous plaît. -Cette épicerie fait partie des 19 magasins sélectionnés par les bénéficiaires eux-mêmes. -Il y a une partie de la clientèle qui ne serait pas venue chez nous, à savoir que la caisse de sécurité sociale de Lyon 8 a choisi de réserver des places à 50 % pour des personnes qui étaient en situation de précarité.
Et c'est un public qu'on a du mal à toucher, qui a du mal à passer la porte de nos magasins. -On est très proche des trois principes qui étaient inscrits dans l'article 1 de la proposition de loi qui était le principe d'universalité, le principe de conventionnement et le fonctionnement démocratique des caisses. Donc on est au bon endroit et je pense que c'est une des expérimentations qui nous raconte ce que nous pourrions vivre demain si la loi était adoptée à l'Assemblée nationale.
Musique -Chacun contribue en fonction de ses revenus. Les cotisations vont de 1 à 300 euros par mois. La métropole de Lyon finance 200 000 euros. -Bonjour. -Mais pour pérenniser ce dispositif... -Merci. -...le collectif cherche de nouveaux financements.
C'est l'objet de ce groupe de travail. -L'équilibrage, aujourd'hui, s'il n'y avait pas de subvention, il ne pourrait pas se faire, puisqu'on est à 60 % sur une fourchette qui cotise moins que ce que les personnes reçoivent, que 10 % qui peuvent abonder beaucoup plus. -On peut chercher des riches aussi. -Allez, chacun ramène un riche à la prochaine réunion.
Rires Ramène ton riche. C'est vrai, vous avez raison ! Mais vous avez raison. -Mais comment convaincre les hauts revenus de participer à cette solidarité alimentaire alors qu'ils recevront moins que ce qu'ils donneront ? -Le principe aussi, c'est de changer les représentations qu'on a et de dire que les gens qui ont des hauts revenus, sont pas forcément ceux qui contribuent à un système vertueux alimentaire et agricole.
Donc on a aussi tout intérêt à les amener à contribuer à ces expérimentations-là pour que demain, le système change dans son entièreté. -Je pense qu'il faut qu'on se batte pour avoir des sous, pour le dire un peu clairement, pour accompagner les expérimentations. Ce serait une autre étape et moi j'avais écrit à la ministre de l'Agriculture qui avait répondu plutôt de manière ouverte.
Donc comme elle a répondu comme ça, on va aller la voir et puis avec plein d'élus locaux qui se battent là-dessus pour voir comment on pourrait faire avancer le sujet. -C'est vrai que c'est l'une des expérimentations, peut-être les plus grosses qui existent en France en termes de volume financier engagé. C'est aussi important pour un parlementaire de venir parmi nous, parce que derrière, il faut aller pousser au niveau national du droit à l'expérimentation.
Charles l'a poussé récemment et merci à lui d'avoir enfin amené culturellement ce sujet, alors que beaucoup de gens ne connaissent pas du tout le concept. -Un plaisir de vous revoir, un grand merci. -Le concept est déjà testé dans une trentaine de communes en France, mais pourra-t-il être étendu un jour ? -Si je vois le cheminement de la sécurité sociale depuis 1945, tout le monde a acté à intégrer l'idée que ça faisait partie de la solidarité nationale et d'une forme de redistribution.
On est dans un moment où la question de la redistribution est posée de nouveau. La question est sur la table. Je crois qu'un certain nombre de personnes le font déjà, de participer à des systèmes solidaires comme celui-là.
Il faudra convaincre les très riches sans doute de se dire que leur contribution doit être plus forte que celle qu'elle est aujourd'hui et que le système qui repose simplement sur l'aide alimentaire n'est pas satisfaisant. Il faut un système structurant. -Sa proposition de loi pour accompagner ses expérimentations locales n'a pas abouti.
Mais Charles Fournier travaille déjà à une nouvelle version du texte. Une version qu'il espère transpartisane. Musique
Charles Fournier