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Podcast / conversationC à vous (sur YouTube)· 1 décembre 2025 53 minComplaisantActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesSantéRetraitesLogement

Natalité : pourquoi les Français font-ils moins d’enfants ? - C à Vous l’intégrale - 01/12/2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi la natalité s'effondre-t-elle en France ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Quelles sont les conséquences économiques de cette baisse ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Comment expliquer que le désir d'enfant reste élevé mais que les naissances baissent ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    Le logement est-il un frein majeur à la natalité ?

  • 16:00OuverteRéponse directe

    La prévention du VIH recule-t-elle chez les jeunes ?

  • 22:00OuverteRéponse partielle

    Quelles mesures pourraient inverser cette tendance ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:00P.CohenChiffre
    « 55 165 naissances ont eu lieu en France en octobre, selon les données provisoires de l'Insee. »
  • 7:00P.CohenChiffre
    « Le taux de fécondité est tombé à 1,6 enfant par femme l'an dernier, alors qu'il était encore à deux 10 ans plus tôt. »
  • 9:00M.SbaihiFait
    « Pour la 1re fois dans l'histoire de France, les moins de 20 ans sont mis en minorité par les plus de 60 ans. »
  • 14:00L.AmarChiffre
    « Le nombre de jeunes adultes séropositifs a augmenté de 41 % sur les 10 dernières années. »
  • 18:00M.SbaihiChiffre
    « Un tiers des départements français sont déjà en décroissance démographique. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.

Très heureuse de vous retrouver avec toute l'équipe. A la une ce soir, l'effondrement de la natalité en France. Du jamais-vu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. - Il faut à la France des enfants qui rient et qui jouent, qui seront demain les travailleurs et les gardiens.

Qu'on y prenne garde! - A.-E.Lemoine: C'est un slogan qui date de 1946 et qui va redevenir d'actualité 79 ans plus tard. - P.Cohen: E.Macron a appelé ça le réarmement démographique, mais personne n'a le mode d'emploi. - A.-E.Lemoine: On en parle ce soir avec N.Berrod, du "Parisien-Aujourd'hui en France".

A vos côtés, M.Sbaihi, économiste, spécialiste des questions démographiques, auteur du "Grand Vieillissement" en 2022 et "Les Balançoires vides" en 2025. Ca fait un certain temps que vous alertez sur la conséquence de la dénatalité sur notre système social, en particulier sur les retraites, mais sur l'économie en général.

Ce sera l'occasion de revenir sur le succès du Black Friday. - E.Tran Nguyen: Quand on demande aux téléspectateurs s'ils en ont profité, il y a autant de oui que de non, mais les chiffres parlent d'eux-mêmes.

Plus de 6 % de chiffre d'affaires pour les marques de commerce en ligne cette année. - A.-E.Lemoine: A la une également, épilogue dans l'affaire de la sextape de Saint-Etienne. ... - A.-E.Lemoine: Ce sont les enregistrements de G.Artigues. - L.Sénéchal: Il y avait eu un véritable piège tendu à son premier adjoint.

G.Artigues sera là. - A.-E.Lemoine: L'ex-premier adjoint à la mairie de Saint-Etienne.

On parlera également des chiffres inquiétants de la contamination au VIH chez les plus jeunes. - Dans mes amis ou des amis d'amis qui ne sont pas renseignés sur comment on attrape des maladies... - Des gens se disent qu'ils prennent le risque et ça arrive malheureusement trop souvent. - C'est plus par flemme ou par pas envie de dépenser de l'argent. - L.Amar: Le nombre de jeunes adultes séropositifs a augmenté de 41 % sur les 10 dernières années.

La lutte contre le sida est-elle en train de marquer le pas? - A.-E.Lemoine: On rappelle que c'est la journée du Sidaction, aujourd'hui.

France Télévisions s'y associe. Après 20h, C.Cottin, J.-P.Foucault et J.Jonathan.

Pierre? - P.Lescure: Il y a 130 ans presque jour pour jour, les frères Lumière organisaient à Paris la 1re séance de cinéma publique et payante.

On célébrera ça avec une grande soirée au Grand Rex à Paris le 12 décembre. - A.-E.Lemoine: En cuisine, Lou, notre cheffe cette semaine aux côtés de B.Chameroy. - B.Chameroy: Bonsoir.

La natalité s'effondre. Lou a décidé de prendre les choses en main parce qu'il y a du gingembre. Rires. - Et pas qu'un peu!

On va faire un curry japonais ce soir, donc forcément un peu de gingembre. - B.Chameroy: Elle réarme nos papilles et la France!

Bonne soirée. - A.-E.Lemoine: Merci à tous les 2.

Tout de suite, l'Edito de P.Cohen. La natalité s'effondre et la baisse des naissances continue. - P.Cohen: 55 165 naissances ont eu lieu en France en octobre, selon les données provisoires de l'Insee.

Une soixantaine de bébés de moins chaque jour que l'an dernier. Chaque courbe correspond à une année. En octobre 2025, c'est 100 de moins qu'il y a 2 ans. 300 de moins qu'en 2020. 400 en dessous du niveau de 2021.

Année après année, le déclin se confirme et s'accentue. En cumul, de janvier à octobre, le nombre de naissances quotidien baisse de 2 % d'une année à l'autre. Ca baisse partout, sauf dans la Loire.

C'est en Ile-de-France que c'est le plus fort. Le record à la baisse de 2024 sur l'ensemble du pays, avec 660 000 nouveau-nés, niveau le plus faible de 1945. Ce record devrait être battu à nouveau. - A.-E.Lemoine: Pour la 1re fois depuis la guerre, le nombre de décès est pratiquement équivalent à celui des naissances. - P.Cohen: La différence de ce chiffre se compte en milliers.

Du 1er janvier au 31 octobre, 538 000 naissances pour 534 000 décès. Un solde positif de 4000 seulement. Les courbes se sont rejointes symboliquement.

Le taux de fécondité est tombé à 1,6 enfant par femme l'an dernier, alors qu'il était encore à deux 10 ans plus tôt. Sommes-nous sur une pente italienne? Je dis cela car en Italie, la fécondité est tombée à moins de 1,2 enfant par femme.

Seulement 370 000 naissances l'an dernier en Italie. G.Meloni a fait de la natalité une priorité absolue de son action.

En France, E.Macron a appelé au réarmement démographique. - A.-E.Lemoine: L'Assemblée nationale s'est emparée du sujet. - P.Cohen: Avec une mission d'information sur les conséquences de la baisse de la natalité dans le pays.

Une consultation citoyenne a été engagée jusqu'à jeudi pour sonder les Français. Sur le site de l'Assemblée, vous pouvez y aller librement et dire pourquoi et quelles solutions...

Déjà quelques éléments de réponse. - Oui, j'aimerais bien avoir des enfants, mais pas tout de suite. - Oui, certainement.

Je ne suis pas sûre, mais j'aimerais bien. - Vu la planète dans laquelle on vit et la société, ça peut poser question. - Les conflits, surtout.

Peut-être aussi l'environnement. Je n'ai pas envie que mon enfant grandisse dans de mauvaises conditions. - On dit qu'on ne va pas faire d'enfants parce que le monde est cruel et horrible, mais on sait ça depuis le début.

Franchement, je m'en fiche. - P.Cohen: Voilà pour ces quelques possibles futurs parents rencontrés par hasard par France 3 Normandie.

A l'Assemblée cet après-midi, plusieurs jeunes responsables politiques étaient auditionnés. - La baisse de la fertilité, c'est du jamais-vu chez les femmes, mais aussi chez les hommes. On en parle très peu. - Aujourd'hui, pour faire une PMA, il faut avoir accès à des gamètes.

Mais aujourd'hui, les dons sont très faibles comparé à la demande. - Avoir un enfant coûte de l'argent. Pour de nombreux couples, de nombreuses femmes et de nombreux hommes, ce n'est pas quelque chose qu'ils peuvent aujourd'hui assumer. - Le rôle de l'Etat est de mettre aujourd'hui les conditions pour que nous, jeunes actives et jeunes femmes, puissions avoir des enfants dans de bonnes conditions. - Il y a aujourd'hui une place en crèche pour 5 enfants.

C'est compliqué de demander aux jeunes de faire plus d'enfants s'ils ne peuvent pas être accueillis correctement. - On doit arrêter de mettre de côté cette jeunesse qui a envie d'avoir accès à la propriété et non pas par désir personnel ou par orgueil, mais tout simplement parce que c'est plus sécurisant de fonder une famille dans un appartement ou une maison qui est la sienne. - A.-E.Lemoine: Cette baisse de la natalité va dégrader encore un peu plus l'équilibre du système des retraites. - P.Cohen: Ca peut faire ralentir l'activité économique.

Les prévisions actuelles du Conseil d'orientation des retraites, sur lesquelles sont fondées toutes les discussions, y compris en ce moment sur le budget de la Sécurité sociale, sont basées sur un taux de fécondité de 1,8, alors qu'on est déjà à 1,6. A 1,8, les experts prévoyaient pour 2070 un cotisant pour un retraité, ce qui veut dire qu'avec un taux de 1,6, il y aurait davantage de retraités que de cotisants. - A.-E.Lemoine: Vous alertez sur une des conséquences directes, le fait que cette natalité en baisse va faire s'écrouler les bases de notre système social, qui a été calculé sur une démographie imaginée après la Seconde Guerre mondiale. - M.Sbaihi: Il faut revenir en 1945, quand on a fondé la Sécu...

On a basé cela sur 3 postulats démographiques simples. La pyramide des âges doit rester toujours pyramidale. Beaucoup de jeunes pour financer très peu de personnes âgées.

C'était le cas lors des Trente Glorieuses, mais aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Pour la 1re fois dans l'histoire de France, les moins de 20 ans sont mis en minorité par les plus de 60 ans. La pyramide est complètement inversée.

Le baby-boom d'hier est devenu un papy-boom. Ca fait grossir par le haut. Les générations ne se renouvellent plus.

Le nombre moyen d'enfants par femme est à 1,6. Le seuil de renouvellement, c'est 2,1. La jeunesse n'est plus majoritaire en France.

Nous sommes un pays de vieux qui se prend encore pour un pays de jeunes. Le modèle social est resté le même et donc ça craque de partout. - A.-E.Lemoine: Ce qui vous atterre, c'est que quand on parle de la question des retraites, cette question démographique n'est quasiment jamais évoquée. - M.Sbaihi: Sur les retraites, l'idéologie prend tellement de place...

J'ai assisté à des débats pendant 2 heures où il n'est jamais question de démographie. Le modèle français a une particularité. Nous sommes plus à risque car nous avons tout misé sur la démographie.

La répartition, le fait que vous cotisiez aujourd'hui pour payer pour les retraités d'aujourd'hui, ça suppose qu'il y a beaucoup de cotisants et peu de retraités. Mais là, nous avons de plus en plus de retraités et un nombre d'actifs qui stagne, et qui va même décliner. La dénatalité, ça fait 15 ans que ça dure.

Ca vide les écoles, les collèges, les lycées et les universités, puis demain, le marché du travail. C'est une évolution au long cours qu'on va subir pendant des décennies. - A.-E.Lemoine: C'est une tendance qui n'est pas nouvelle mais qui se prolonge. - N.Berrod: Ca baisse grosso modo depuis 2010.

On parle beaucoup du covid, mais il a peut-être accentué une tendance qui était déjà très engagée. Il y a plusieurs raisons qui émergent et qui peuvent expliquer ce constat. Il y a d'abord des contraintes économiques.

Avoir un enfant représente un coût. Des potentiels parents se disent qu'ils n'auront peut-être Pas les moyens de permettre à leurs enfants de grandir dans de bonnes conditions. Il y a aussi des incertitudes assez fortes pour l'avenir.

Pendant un temps, on parlait beaucoup du dérèglement climatique, de quelle planète on veut laisser pour ses enfants. Il y a toujours ça, et depuis le covid et la guerre en Ukraine, il y a l'aspect des incertitudes géopolitiques qui est plus prégnant qu'avant. On a des déclarations régulières de chefs d'état-major ou de présidents qui disent qu'un affrontement éventuel peut arriver plus tard...

Ca peut jouer. Il y a aussi une question médicale, avec une infertilité qui progresse parce que les femmes ont des enfants de plus en plus tard et on sait que c'est de plus en plus compliqué. L'infertilité est une partie du problème, mais pas tout le problème.

Il y a aussi une évolution sociale, sociétale. Les femmes d'aujourd'hui ne sont plus les mêmes que celles d'il y a 40 ans, et c'est très bien. Elles sont beaucoup plus indépendantes en termes financiers, etc.

Peut-être que ce n'est plus autant la priorité qu'il y a 30 ans d'avoir des enfants. - A.-E.Lemoine: Vous dites que la société change, mais que ce n'est pas juste une question de génération, la fameuse génération Z née entre 90 et 2010, qu'on présente comme plus égoïste et plus individualiste que les précédentes...

Mais on leur fait peser beaucoup de responsabilités? Elles ne sont pas si égoïstes et individualistes? - M.Sbaihi: C'est toujours pareil.

On estime que les jeunes d'aujourd'hui sont individualistes, qu'ils ne veulent plus travailler ou faire des enfants...

J'en ai marre de ce discours. Ce n'est pas vrai. On n'a jamais eu autant de jeunes qui travaillent aujourd'hui.

Quand on regarde le désir d'enfant...

C'est compliqué à mesurer, mais on a des enquêtes qui consistent à demander aux Français le nombre idéal d'enfants qu'ils aimeraient avoir. Le désir d'enfant reste très élevé. Il est archi majoritaire.

En moyenne, les Français aimeraient avoir autour de 2 enfants en moyenne. - A.-E.Lemoine: C'est la réalité qui les rattrape. - M.Sbaihi: Moins 25 % de naissances en 15 ans, c'est vertigineux.

Il y a une cassure difficile à comprendre. Il y a une volonté qui reste plus élevée que la réalité. C'est là que c'est intéressant.

Les freins qui ont été mentionnés...

Il y a une cassure générationnelle au niveau du logement. Il y a une crise du logement qui est une crise de la jeunesse, une crise sociale qui devient une crise démographique. Dans les grandes villes, en moyenne, les gens ont perdu 20 à 25 % de surface habitable.

C'est la chambre des enfants qui est partie. Les revenus n'ont pas augmenté aussi vite que les prix de l'immobilier. Il y a la pression immobilière dans les grandes agglomérations, où il y a des jeunes...

Il y a aussi quelque chose de plus profond. Aujourd'hui, les pauvres, ce sont les jeunes. La pauvreté a changé d'âge.

Le niveau de vie des actifs est rattrapé par celui des retraités. C'est une grande première dans l'histoire de la France. Le travail ne paye plus.

C'est un vrai sujet. Dans les années 70, vous pouviez doubler votre niveau de vie en travaillant 15 ans. Aujourd'hui, il faut 80 années de travail.

Quand vous avez une société aussi sclérosée, vous commencez à vous poser des questions que vous ne vous posiez pas avant. Quand vous avez 15 ans pour doubler votre niveau de vie, vous faites des enfants, vous savez que vous allez pouvoir financer tout ça...

Aujourd'hui, vous vous posez 3 fois la question de savoir si vous avez assez d'argent, d'espace, si vous avez un mode de garde disponible...

Quand on met ça à côté...

Et je vous passe le discours sur l'écologie, sur la croissance disparue...

L'addition est donc un peu salée pour les jeunes, ceux qui sont en âge de procréer. La dénatalité est un symptôme du déclassement de la jeunesse qui ne s'y retrouve plus et qui a moins de facilité qu'avant pour faire des enfants alors qu'elle veut en faire. - A.-E.Lemoine: Du coup, elle retarde le moment où elle choisit d'en faire, ce qui peut expliquer une partie de l'infertilité qui progresse en France. - N.Berrod: La baisse de la natalité s'explique en partie...

L'infertilité explique en partie la baisse de la natalité. Il y a autant d'hommes que de femmes qui ont des problèmes de fertilité. Une femme qui vieillit a une production de gamètes moins importante, donc elle a plus de mal à avoir des enfants.

Comme on a vu que l'âge moyen du 1er enfant chez la femme avait beaucoup augmenté, passant de 24 à 30 ans, ça devient plus compliqué. Il y a des couples qui ne veulent pas avoir d'enfants, et il y en a qui aimeraient bien mais pour qui ça devient plus compliqué. Au-delà de cet effet âge, il y a aussi probablement d'autres facteurs, notamment des perturbateurs endocriniens ou la consommation de certaines drogues qui peuvent aussi impacter notre fertilité et donc nous rendre moins productifs, moins en capacité d'avoir des enfants quand bien même on en veut.

Aujourd'hui, avec le désir d'enfant qui reste présent mais qui baisse, s'il y a en plus des gens qui veulent avoir des enfants mais qui n'arrivent pas à en avoir, c'est problématique. - A.-E.Lemoine: On entendait des députés auditionnés dans la commission de l'Assemblée nationale parler de la difficulté d'accès à la PMA.

Est-ce que ça peut expliquer une partie de la baisse de la natalité? - N.Berrod: Ca peut, mais c'est assez faible par rapport à cette chute vertigineuse.

Moins 25 % en 15 ans...

Il y a autre chose parmi les mesures qui peuvent être mises en avant. Il y a le fait de proposer à des femmes qui approchent de 35 ou 40 ans de congeler leurs ovocytes pour pouvoir avoir un enfant le moment venu si elles le souhaitent toujours. C'est une très bonne idée sur le papier, mais les centres sont débordés, notamment à Paris.

Des femmes doivent patienter pendant des mois et des mois... - M.Sbaihi: Il y en a qui partent en Espagne... - N.Berrod: Ou alors qui abdiquent et ne font rien.

On pourrait faire beaucoup plus. Ce n'est pas une fatalité. On se demande forcément comment inverser cette tendance et jusqu'où ça va baisser.

On a une baisse depuis 15 ans. On est à 1,6, mais en Italie, ils sont à 1,2...

La France a toujours été et est toujours l'un des pays d'Europe avec le plus de bébés par femme. Ca reste le cas. Est-ce que la France pourrait s'approcher du peloton intermédiaire?

On n'en est pas encore là, mais c'est possible. - A.-E.Lemoine: Est-ce que c'est irréversible?

Est-ce que c'est la fin de l'exception française? - M.Sbaihi: Je ne veux pas casser l'ambiance, mais je ne pense pas que ce soit réversible. - P.Cohen: On est sur la pente italienne? - M.Sbaihi: On est moins loin que l'Italie, mais quand on regarde le Japon, l'Italie, qui est le Japon européen, la Corée du Sud qui est à 0,7 enfant par femme...

D'ici la fin du siècle, la Corée du Sud va perdre la moitié de sa population. La jeunesse n'existe quasiment plus dans ce pays. Ca a des implications économiques majeures. - A.-E.Lemoine: Plus d'appels à l'immigration du travail...

On le voit en Italie... - M.Sbaihi: Même en Corée ou au Japon, qui ne sont pas des pays très ouverts à l'immigration.

En Italie, G.Meloni a signé un 2e décret pour encore plus de millions de travailleurs étrangers en Italie. L'Italie est déjà en train de perdre de la population active.

Elle a besoin de travailleurs étrangers pour avoir suffisamment de bras et de cerveaux pour faire tourner l'économie. - A.-E.Lemoine: Quelles que soient les mesures d'incitation à la natalité, On ne pourra pas inverser cette tendance à moins d'une mesure que vous veniez d'évoquer... - P.Cohen: S'il y avait une mesure miracle, on le saurait depuis longtemps.

Le problème, c'est que dans le discours politique, on entend depuis des décennies des discours très volontaristes sur des politiques natalistes, en disant qu'il faut augmenter les allocations familiales, etc., mais en fait, il n'y a pas de mesures incitatives qui marchent à tous les coups. - M.Sbaihi: Dans ce livre, je fais un peu le tour du monde pour regarder...

Les politiques familiales marchent très marginalement. Aucun bébé n'est né d'un crédit d'impôt ou d'une incitation fiscale. - A.-E.Lemoine: Et heureusement. - M.Sbaihi: Oui, on est pas des robots.

C'est très frustrant pour les pouvoirs publics. C'est une des rares variables où il n'y a pas de bouton magique...

Il y a même des endroits où on a créé des jours fériés, les gens qui restent chez eux et ça pourrait créer un bébé 9 mois plus tard...

Ca ne marche pas. Le moins inefficace, c'est les modes de garde. L'accessibilité à des bons horaires...

Ca permet de concilier le désir d'enfant et de carrière. Ce sont les femmes qui payent le sacrifice quand on fait des enfants. Sur le salaire, la carrière...

Aujourd'hui, en France, faute de mode de garde disponible... - A.-E.Lemoine: 1 place dans une crèche pour 5 enfants en France... - M.Sbaihi: Je ne sais pas si ces chiffres sont vraiment corrects, mais il y a beaucoup de personnes qui ne sont pas satisfaites.

Un des parents doit quitter son travail dans ce cas, et c'est souvent la femme. Les modes de garde restent le meilleur moyen de concilier les 2. Il y a décorrélation entre l'argent qu'on met dans la politique familiale et le taux de fécondité.

Ca ne marche pas. En France, on a un modèle pro-famille. On a une culture qui devrait aider.

Malgré tout, la France aussi est dans cette tendance. - N.Berrod: Ca ne suffit pas non plus de décréter un réarmement démographique.

On a bien vu les mesures annoncées...

Il y a aussi des raisons sociétales. Les femmes d'aujourd'hui ne sont plus les mêmes qu'il y a 30 ans. Il y a aussi une réalité qu'il faut accepter.

On ne va pas forcer les jeunes parents à faire des enfants. Cette baisse très forte qu'on a en France, on l'a avec des tendances un peu différentes, mais la baisse est mondiale. Dans énormément de pays dans le monde, ça baisse aussi.

La France n'est pas un cas isolé. On part de plus haut que certains pays, mais on va peut-être les rejoindre, notamment au seuil très symbolique proche de 1 déjà atteint par des pays en Asie. - P.Lescure: La baisse de la natalité, c'est aussi des maternités qui baissent en nombre.

Comment inciter les mères à choisir plus une maternité qu'une autre? Saint-Amand-Montrond, dans le Cher, a décidé d'octroyer une prime de 1000 euros à dépenser dans les commerces locaux pour toutes les femmes enceintes qui choisiront d'accoucher dans la maternité de la commune. - 400 bébés sont nés en 2010, mais seulement 220 l'an passé. - Depuis 2023, il y a une baisse de la natalité qui est malheureusement encore continue. - Mairie et agglomération ont budgétisé 300 000 euros dans l'espoir de voir naître 300 bébés.

C'est le seuil minimal pour que la maternité conserve son autorisation. - C'est effectivement d'éviter les fuites, que les mamans aillent accoucher ailleurs, et récupérer des mamans qui pourraient se dire qu'elles habitent dans le Cher mais pourraient accoucher à Saint-Amand. - P.Lescure: Au-delà du geste commercial, ça ne suffira pas à régler le problème? - M.Sbaihi: Non.

Quand on fait des chèques, ça ne fait pas plus d'enfants. Il y a peut-être des effets calendaires, avec des naissances qui étaient prévues et qui ont été accélérées pour profiter de ce bon d'achat, mais ça ne marche pas sur le long terme. Au niveau local, le Cher, c'est moins 40 % de naissances depuis 2010.

C'est un département qui se vide de sa jeunesse. Les plus de 60 ans font déjà un tiers de la population. Un tiers des départements français sont déjà en décroissance démographique.

Vous avez ce phénomène encore plus prononcé dans le Centre-Val de Loire, notamment, où il n'y a quasiment plus de jeunes. On ferme des écoles, des maternités, on ouvre un Ehpad et une maison de retraite...

Pour les villageois, c'est un peu le début de la fin. Quand on ferme une école, on ne voit pas trop comment le renouvellement des générations aura lieu. Il faut penser cette dénatalité en termes très concrets.

On en a fermé 6000 en France depuis 2010. On a perdu un demi-million d'écoliers en France dans les écoles élémentaires. Ca commence à avoir un impact très fort sur le système éducatif et sur l'emploi.

Dans ces régions, on a des gros problèmes, notamment sur les services à la personne. On a d'autant plus besoin de jeunes qu'on a des personnes âgées qui vont devenir dépendantes et qui ont besoin d'être accompagnées. On manque de bras, de gens dans les hôpitaux et dans les Ehpad...

Ca va être dur à gérer. - N.Berrod: Le vieillissement de la population sur un hôpital, c'est une bombe...

Avec la chute du nombre de naissances, il y a des maternités qui assurent de moins en moins d'accouchements. Il y a le débat sur s'il faut les fermer. On a systématiquement les responsables du coin, les élus locaux qui veulent les garder.

Mais parfois, en termes d'accès aux soins et de qualité de la prise en charge, il vaut mieux regrouper 2 petites maternités dans un gros pôle avec, certes, un petit peu plus de route à parcourir, mais on aura sur place les meilleurs spécialistes, plus de personnel...

Ca peut sembler paradoxal, mais il vaut mieux parfois fermer une petite maternité, quitte à demander aux femmes d'accoucher un peu plus loin, mais avec de meilleures conditions et moins de risques de complications pour le bébé. - E.Tran Nguyen: Vous nous avez projeté sur les conséquences à long terme, mais à court terme, il y a aussi la baisse du pouvoir d'achat.

Le Black Friday a été particulièrement suivi par les consommateurs en France. Aux Etats-Unis, c'est un événement populaire qui suit la fête de Thanksgiving. C'est devenu un événement chez nous aussi.

Plus de 9 Français sur 10 connaissent l'opération. Plus de 7 Français sur 10 disent qu'ils allaient en profiter cette année. Plus 3 % des transactions par rapport au Black Friday de l'an dernier.

Les chiffres d'affaires des marques de commerce en ligne ont bondi de 6 %. C'est sur Internet que les consommateurs ont fait la plupart de leurs achats, mais il y avait aussi beaucoup de monde dans les boutiques. Cela a provoqué des mouvements de foule. ... - Je ne peux même pas rentrer chez moi... - E.Tran Nguyen: Beaucoup de problèmes de circulation.

Nous sommes allés sonder des consommateurs pour comprendre ce qu'ils avaient acheté et pourquoi ils avaient profité de cette opération. - J'ai acheté une paire de chaussures 45 euros moins chère. - Moins 30 %.

C'est bien. - Avant Noël, ça permet de faire des petites économies sur des petits articles. - Là, il y a une période compliquée avec Noël et les cadeaux à faire, donc ça permet de faire des économies. - E.Tran Nguyen: Sauf que ça fait de la surconsommation qui a là aussi un coût écologique, ce qu'ont essayé de dénoncer les associations avec des opérations boules puantes jetées dans les magasins ou alors des dons de vêtements devant des grandes enseignes. *-N'hésitez pas à venir vous servir.

Enormément de vêtements, toutes tailles et tous styles proposés. Ce sont des vêtements qui, pour la plupart, n'ont jamais été mis. On vous propose de leur donner une 2de vie.

Pour rappel, la fast fashion, c'est 10 % des émissions de CO2. - E.Tran Nguyen: Selon les estimations, cela pourrait atteindre 26 % d'ici 2050.

On est encore dans le dilemme entre faire des économies et penser à l'écologie. - M.Sbaihi: Oui.

C'est plus intelligent de distribuer des fringues gratuites plutôt que des boules puantes dans les magasins. La démarche n'est pas la même. Ce qui est intéressant avec le Black Friday, c'est que ça fait 10 ou 15 ans que ça existe et ça a changé le comportement des consommateurs.

On voit que la surconsommation est maintenant un peu plus en novembre. Avant, c'était vraiment concentré à Noël, en décembre. Là, il y a un glissement.

C'est surtout sur l'électroménager et l'électronique. Les Français profitent du Black Friday en novembre. La consommation rebaisse en décembre.

On achète les gros achats, les téléphones, les écrans télé pour Noël en novembre, pour le Black Friday...

On voit un étalement beaucoup plus large. Après, ce sont les soldes. La France connaît bien ça.

On a plusieurs périodes. Là, c'est un peu importé des Etats-Unis pour faire le pont entre Halloween et Noël. On en pense ce qu'on veut, mais c'est aussi un moyen pour les petits commerçants de pouvoir un peu garder...

Aujourd'hui, dans le commerce de détail et notamment avec la conjoncture, ce n'est pas très joyeux. Ca permet aussi peut-être de leur donner un peu plus d'élan. - A.-E.Lemoine: Merci pour ces précisions.

Tout de suite, la Story de L.Amar. - Santé, avec une nouvelle encourageante.

Le sida semble marquer le pas en France. Pour la 2e année consécutive, le nombre d'infections est en diminution en 2006. - Les campagnes de prévention portent leurs fruits.

De 7000 cas en 2004, on est passé à 6300 nouveaux cas en 2006. Pour la 1re fois dans l'histoire du virus, l'épidémie marque le pas en France. - L.Amar: C'est l'histoire d'une alerte lancée par le Conseil national du sida, qui considère que les progrès accomplis depuis des décennies pour lutter contre l'épidémie sont "en péril".

D'abord, avec une baisse des moyens accordés à la prévention, mais surtout, parce que les contaminations repartent à la hausse chez les jeunes, plus 41 % en 10 ans chez les 15-24 ans. - Beaucoup de mes amis ne sont pas renseignés sur comment on attrape des maladies ou comment c'est possible. - Ca arrive à plus de jeunes qu'on le croit. - Les gens disent qu'on prend le risque, mais ça arrive trop souvent. - Ils ne pensent pas aux conséquences. - Est-ce que vous savez comment ça se transmet? - Par rapport sexuel. - Je ne sais pas s'il y a plusieurs façons de l'attraper.

Y a-t-il des trucs dans le toucher? - L.Amar: Non, mais ça montre bien que dans une partie de la nouvelle génération, il y a une forme de perméabilité sur la façon d'attraper ces maladies. - Un quart des jeunes pensent qu'on peut attraper le VIH en embrassant une personne séropositive ou en buvant dans son verre. 10 000 personnes ignorent leur statut sérologique en France, aujourd'hui.

Un certain nombre de dispositifs sont possibles. On peut aller demander un test de dépistage sans ordonnance en laboratoire. Il va être gratuit.

On a les préservatifs à 1 euro. Un certain nombre de choses existent et sont importantes. C'est la question de l'information qui est au centre. - L.Amar: Pour comprendre l'inquiétude du Sidaction, il faut remonter aux années 80 et 90, où l'épidémie a fait en 2 ans 30 000 victimes en France.

Des vies brisées, des familles décimées, comme celle d'Audrey, que nous avons rencontrée. Ces 2 parents sont morts du sida quand elle avait 11 et 13 ans, elle a assisté à l'agonie de sa mère et raconte son histoire dans un podcast sorti aujourd'hui. - Un soir, elle m'a dit qu'elle avait attrapé une sale maladie. "Il ne faut plus qu'on partage notre brosse à dents." Une tante m'a dit: "Il faut que vous arrêtiez de dormir ensemble." Tout le monde avait peur de cette maladie, à l'époque.

Elle a perdu l'usage de ses jambes et de ses mains. Des gens de l'association Aides sont venus m'aider à faire mes devoirs. C'est à partir de là que j'ai commencé à comprendre.

Je savais qu'il ne fallait pas en parler. Elle ne voulait pas que je sois stigmatisée, qu'on se dise que je puisse être malade et que je puisse contaminer. Les gens étaient cons, à l'époque. - L.Amar: La situation n'est plus la même aujourd'hui.

Les progrès de la médecine permettent de vivre avec le VIH et de s'en prémunir. Mais pendant que la science avance, une partie des consciences recule. Audrey se désole de voir certains jeunes ne plus se préoccuper du VIH. - Je ne comprends pas qu'on se protège pas sachant qu'on peut attraper la mort.

En même temps, on en parle de moins en moins, du sida. Ca fait moins peur. Les gens se disent peut-être qu'on peut vivre avec, aujourd'hui, qu'on est tranquille.

A la maison, il y a des enfants et on leur dit qu'il faut se protéger, c'est important. Je trouve ça triste. - L.Amar: Au-delà du manque de prévention, l'association Sidaction montre une autre cause: le développement des activités masculines sur les réseaux sociaux, où les influenceurs pensent que le port du préservatif est une atteinte à la virilité.

Ces discours infusent. Selon un sondage, Un tiers des 16-34 ans disent se sentir plus puissants sans protection et 16 % considèrent que le préservatif est un signe de faiblesse. ... - Ca va être du vocabulaire violent pour parler des relations sexuelles, des femmes.

On a voulu aller au même endroit que ces influenceurs pour amener de la véritable information. On a repris toute la symbolique qui est celle des masculinistes. ... - On a injecté du contenu, de l'information vérifiée, sur la prévention et les risques. - L.Amar: Quand on entend la prévalence de ces discours masculinistes et les conséquences qu'ils peuvent avoir, la source d'inquiétude est là? - N.Berrod: Oui.

Il y a les idées reçues sur les modes de transmission, mais aussi la fausse affirmation selon laquelle le sida ne toucherait que les homosexuels. Il y a une solution, si on veut casser ces préjugés à la racine, qui sont très prégnants chez les jeunes, qui fréquentent le plus les réseaux, c'est l'éducation à la sexualité. Il y a davantage à faire là... - L.Amar: 3 séances obligatoires par an d'éducation à la vie affective. - N.Berrod: Il faut trouver davantage de moyens de sensibiliser les jeunes lors de ces séances.

Mettons dans la tête des jeunes que ce qu'ils voient sur les réseaux sociaux n'est pas forcément fiable ou des modèles à suivre. - A.-E.Lemoine: En 2015, le maire de Saint-Etienne est filmé dans un hôtel parisien en compagnie d'un escort.

Une vidéo qui permettra au maire de la ville de faire chanter G.Artigues pendant 6 ans et d'obtenir sa loyauté politique sans faille. Chantage qui, au terme d'un procès, a conduit la justice à condamner G.Perdriau à 5 ans de prison, dont 4 ferme. 5 ans d'inéligibilité à effet immédiat. - Je suis totalement innocent des faits qui me sont reprochés.

Cette décision est incompréhensible. J'ai demandé à mes avocats de faire appel immédiatement, face à ce que je vis comme une terrible injustice. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, G.Artigues.

Merci d'être là. Quelques heures après la décision du tribunal correctionnel de Lyon, presque 11 ans après le début de cette affaire, on imagine votre soulagement, même si G.Perdriau est à nouveau présumé innocent, puisqu'il a fait appel de sa condamnation. - G.Artigues: Oui, c'est un soulagement.

La justice a prononcé des peines sévères. Pour ma famille et moi-même, c'est la reconnaissance de mon statut de victime et l'affirmation très claire que ces faits sont graves. - A.-E.Lemoine: "L'extrême gravité des faits", a souligné le président du tribunal, autrement dit vous avoir piégé pour mieux vous tenir politiquement.

A l'origine, vous étiez allié avec G.Perdriau pour conquérir la mairie de Saint-Etienne. Très vite, les relations se sont tendues.

L'idée de vous piéger aurait été soufflée à G.Perdriau par son adjoint à l'éducation, lui aussi condamné aujourd'hui. C'est lui qui vous a fait venir en 2015 dans une chambre d'hôtel à Paris?

C'est un véritable guet-apens qui vous a été tendu? - G.Artigues: Il a profité d'un déplacement que nous avions pour défendre un dossier municipal.

Nous devions partir pour dîner en soirée. Il m'a appelé dans sa chambre pour que je vienne le récupérer. Il m'a dit: "Entrez, venez, j'ai un ami." Il m'a fait boire.

La soirée s'est déroulée. Je ne savais pas que j'étais filmé à ce moment-là. - A.-E.Lemoine: Des vidéos dans lesquelles on vous voit dénudé, vous faire masser par l'ami qu'on vous a présenté, un escort boy, en réalité.

Des images dont les maîtres chanteurs vous révèlent l'existence 20 mois plus tard. Un montage de 2 minutes façon bande-annonce, titré "In bed with Gilles Artigues". On vous prévient.

Il y a d'autres images qui peuvent sortir. Ce jour-là, votre vie s'est arrêtée? - G.Artigues: Complètement.

A ce moment-là, je pense qu'il n'y avait que ce collègue qui allait utiliser ces images pour ses ambitions personnelles. J'en ai parlé au maire quelques jours après. Il n'a eu aucune réaction, alors que théoriquement, il aurait dû être outré, appeler cet adjoint et demander des comptes, peut-être dénoncer cette affaire au procureur de la République...

Non seulement il n'a rien fait, mais quelques semaines après, alors que nous avons eu un petit différend politique, il m'a menacé. Il m'a dit: "Tu seras toujours d'accord avec moi, sinon, je diffuserai les images que tu sais." - A.-E.Lemoine: On vous a fait croire longtemps qu'il y avait beaucoup plus grave sur ces images, sans que vous ayez la certitude qu'elles existent ou non. - G.Artigues: J'en avais gardé un souvenir imprécis, de ce qui s'était passé.

On m'avait fait beaucoup boire. Lorsqu'on m'a montré ces images et qu'on m'a harcelé pendant un nombre d'années considérable, j'avais l'impression que je n'étais pas victime. Je m'en voulais peut-être d'être tombé dans ce piège.

Ils ont joué là-dessus. En plus de cela, ils menaçaient de diffuser ces images aux parents des enfants qui étaient dans la même classe que les miens. J'étais totalement terrorisé.

J'ai envisagé de mettre fin à mes jours. C'est parce que je me disais qu'un jour, si je commettais cet acte irréparable, je devais laisser une trace, que j'ai enregistré dans le bureau du maire pour laisser après mon geste une preuve de ce que j'avais enduré. - A.-E.Lemoine: Des enregistrements rendus publics par Mediapart.

En voici un extrait. ... - A.-E.Lemoine: Après la publication de ces enregistrements par Mediapart, une enquête a été ouverte, qui a duré 3 ans, qui a donné lieu à ce procès au mois de septembre.

Ca a mis un terme au chantage et aux humiliations quotidiennes que vous avez subies pendant 8 ans? - G.Artigues: Oui.

On me prononçait dans les couloirs le nom de l'escort, on faisait en sorte que je sois mal à l'aise en toutes circonstances et on m'a empêché d'être candidat à un certain nombre d'élections. Tout cela a eu pour conséquence que je quitte Saint-Etienne, ma ville de coeur, pour m'éloigner de cette atmosphère invivable. - A.-E.Lemoine: Il n'était pas question de porter plainte à ce moment?

Vous vous sentiez comme prisonnier de ce chantage? - G.Artigues: Oui.

Je ne me sentais pas de pouvoir avouer ça à ma famille. Je ne savais pas qu'il y avait eu du détournement d'argent. Ce sont les révélations. - A.-E.Lemoine: 50 000 euros ont été utilisés sur les fonds publics pour payer... - P.Cohen: Votre machination. - G.Artigues: Absolument.

Lorsque Mediapart a tout dévoilé, ça a été un autre choc. Il y a eu une déflagration médiatique très importante. Le maire de Saint-Etienne qui voulait rester en place a continué à dire des choses très désagréables à mon encontre.

Aujourd'hui, la justice a écouté ses arguments mais a considéré qu'il avait une lourde responsabilité dans toute cette affaire. Il n'a pas démissionné, il est resté pendant 3 ans en poste, ce qui a été pour la ville de Saint-Etienne, aussi, un chemin de croix. - A.-E.Lemoine: Il est déclaré inéligible à ce jour, à effet immédiat.

La peine est exécutoire. Il a été démis immédiatement de ses fonctions à l'issue du jugement. - E.Tran Nguyen: Vous parlez de la ville de Saint-Etienne.

La réaction des Stéphanois a été recueillie. C'est plutôt un soulagement aussi. - Ca fait trop de temps que ça dure.

On a enfin un résultat. - C'est bien que ce soit éclairci et que la ville reparte. - On va enfin pouvoir tourner la page, élire une nouvelle équipe et relancer Saint-Etienne. - E.Tran Nguyen: Saint-Etienne se retrouve sans maire en attendant que le conseil municipal en élise un nouveau pour 4 mois uniquement, avant les municipales de mars 2026.

Allez-vous soutenir un candidat? - G.Artigues: Pour l'instant, mon horizon, ça va être le 2e procès.

Je ne fais plus de politique politicienne. - E.Tran Nguyen: C'est fini, pour vous, la politique? - G.Artigues: En tout cas, à Saint-Etienne.

Il faut que je me remette de tout ce que j'ai vécu, même si je considère que la politique est un bel engagement. Je le dis à mon fils, en particulier, qui veut s'engager. Mes filles ne veulent plus en entendre parler.

Elles ont vu leur père malmené, tout ce que j'ai donné pour cette mission et tout ce que j'ai reçu en souffrance. Par contre, mon fils, Augustin, il a envie. Je lui dis que c'est un bel engagement.

C'est rude, bien sûr. En politique, on ne se fait pas de cadeau, mais je lui dis aussi que ce que j'ai vécu est assez exceptionnel. Heureusement, ce n'est pas la règle générale.

Je suis tombé sur des gens tordus qui m'ont beaucoup fait souffrir, mais je vois le bout du tunnel. - A.-E.Lemoine: Vos filles et votre fils vous ont accompagné ce soir et étaient présents en coulisse. - G.Artigues: J'ai la chance d'avoir cette famille soudée derrière moi.

Ils auraient aimé que ma famille explose, mais ça n'a pas été le cas. J'ai une femme remarquable, parce que je ne lui ai rien dit toutes ces années. Je lui en ai parlé quelques jours avant que Mediapart révèle l'affaire.

Elle m'a dit "on va se battre". Et elle se bat avec moi. - A.-E.Lemoine: Vous craigniez qu'elle ne vous croie pas.

Merci, G.Artigues, ex-premier adjoint à la mairie de Saint-Etienne, qui n'a plus de maire depuis ce matin. - G.Artigues: J'espère que mon témoignage servira aussi.

La sévérité du jugement fait que ce sera marquant, peut-être, pour d'autres personnes qui vivent des situations similaires à la mienne. - A.-E.Lemoine: Le maire de Saint-Etienne comptait se représenter. - G.Artigues: La justice va l'en empêcher. - A.-E.Lemoine: C'est l'heure du 5/5 de L.Sénéchal.

Tout de suite, un hommage à une légende de Roland-Garros. - L.Sénéchal: N.Pietrangeli est parti à 92 ans.

Double vainqueur de Roland-Garros, passé tout près d'un 3e titre d'affilée en 1961. Il était épuisé en finale. En plein tournoi, il avait fait l'aller-retour à Rome.

Il voulait voir la naissance de son 1er enfant. - Je vais chez le juge arbitre et je lui dis: "Je pars." "Où tu vas?

Comment tu vas à Rome?" Je lui dis que mon fils va naître. Il m'a dit: "Tu es fou.

Tu ne vas pas laisser le tournoi." En plus, j'avais gagné 2 fois de suite. Mon fils est né le mardi et je suis rentré le mercredi matin.

Aujourd'hui, ce serait impensable. - L.Sénéchal: Surnommé "monsieur Coupe Davis", il reproche à son successeur, J.Sinner, de ne pas assez se donner pour la Coupe Davis. - A.-E.Lemoine: Merci. - P.Cohen: Les règles ont changé. - A.-E.Lemoine: Pris entre D.Trump et un scandale de corruption, V.Zelensky cherche du soutien auprès d'E.Macron. - L.Sénéchal: Le président ukrainien a été reçu pour la 10e fois à l'Elysée.

L'armée ukrainienne souffre, malgré la destruction de 2 navires de la flotte fantôme russe qui allaient se ravitailler dans un port russe. La Russie met la pression sur l'Otan en faisant voler pendant 5 heures en Baltique 2 bombardiers armés jusqu'aux dents. La Suède a fait décoller des avions de chasse.

Ce qui inquiète V.Zelensky, c'est la corruption de son bras droit, un système à 500 millions de dollars dont a profité l'ami du président. ... - L.Sénéchal: Aujourd'hui, il est inculpé.

L'archive que vous venez de voir tourne en boucle sur les réseaux prorusses. L'affaire de corruption arrive au mauvais moment. D.Trump lâche l'Ukraine.

Le conseiller de Trump, Witkoff, qui fait tout pour plaire à Poutine, retourne demain au Kremlin. Il a rencontré son homologue ukrainien en Floride et a eu un coup de téléphone avec E.Macron et V.Zelensky.

Pendant que le Kremlin murmure à l'oreille de l'homme de Trump, les médias russes parlent d'un soldat français qui s'est éclipsé pendant le discours d'E.Macron sur le service national "ostensiblement", en raison des accents belliqueux du président, selon certains médias russes. Sauf que ce n'est pas vrai.

L'agence russe, équivalent de l'AFP, souligne qu'il a soupiré avant de quitter l'écran. Les gens le partagent sur les réseaux sociaux. - L.Amar: Truffé de fake news...

Ce n'est pas un service obligatoire, mais volontaire, qui est annoncé. D'autres internautes s'amusent sur une envie pressante...

Je n'ai pas le fin mot de l'histoire, mais c'est plus plausible. - A.-E.Lemoine: Tensions sur le stock de vaccins contre la grippe. - L.Sénéchal: Les syndicats de pharmaciens sont inquiets.

Il ne reste que 1,5 million de doses. Pas assez pour vacciner tout le monde, comme dans les Alpes-Maritimes. - Voilà mon maigre stock de vaccins contre la grippe.

Les grossistes n'ont plus de celui-là. Il faudrait que je passe sur un autre fournisseur, mais il reste très peu de ce vaccins. On est en tension.

Impossible de commander. - L.Sénéchal: La ministre de la Santé a entendu leur inquiétude et promet de puiser dans les réserves stratégiques pour que les fêtes ne soient pas gâchées par le virus.

Mais c'est la bonne nouvelle: la campagne démarre plus fort que l'an dernier. Plus 16 % par rapport à l'an dernier au même moment. La grippe avait été meurtrière, 17 000 décès contre à peu près 10 000 en temps normal.

Là, c'est bon signe qu'il y ait une pénurie de vaccins à ce moment-là, c'est-à-dire que ça démarre bien. - N.Berrod: On n'est pas dans une pénurie.

Il y a des problèmes de stocks locaux. Avec ce stock sécurisé débloqué, ça devrait s'améliorer. Il est intéressant de voir que ça démarre plus vite que l'an dernier, peut-être parce que l'épidémie a été plus intense l'an dernier.

Les gens se rappellent qu'un proche a eu la grippe l'an dernier et ne veulent pas l'avoir à leur tour. Tant mieux, on verra ce que ça aura comme impact sur la mortalité. - L.Sénéchal: Début de campagne réussi en France.

C'est d'autant plus louable que le principe même du vaccin est de plus en plus attaqué aux Etats-Unis avec le ministre de la Santé R.Kennedy Jr, et en Argentine, "confrontée à une chute historique de sa couverture vaccinale", d'après "Le Monde". En 5 ans, le nombre de cas est passé à 46 %.

Ca dégringole. Au Congrès argentin, un homme tente de démontrer le danger du potentiel vaccin. Il prétend être devenu magnétique.

Il se colle des objets en métal sur le plateau. Regardez les journalistes argentins. ... - L.Sénéchal: On peut débunker ça.

Ca a été expliqué de milliers de fois. Aucun vaccin ne fait de nous des aimants. - N.Berrod: Pendant le covid, beaucoup de fake news circulaient.

Non, vous ne devenez pas un aimant. Il faut se faire vacciner. - L.Sénéchal: Il faut s'inquiéter du recul de la vaccination dans ces pays.

Ca paraît loin, mais c'est un danger pour nous. - N.Berrod: Si, aux Etats-Unis ou en Argentine, qui ont une couverture vaccinale élevée, la couverture vaccinale de rougeole baisse et qu'ils ont la couverture la plus importante...

Oui, c'est inquiétant. L'éducation, comment marchent les vaccins, pourquoi c'est important, pourquoi y a-t-il des effets indésirables qu'on contrôle... - P.Cohen: Un charlatan qui s'appelle Wakefield a propagé des choses qui font des ravages depuis des décennies, qui prétend qu'il y a un lien entre le vaccin et l'autisme.

Ca impacte tout le continent américain. - N.Berrod: Cette étude n'est plus disponible en ligne, mais elle continue à faire des ravages, toujours relayée et citée par tout le monde.

Non, il n'y a pas pas de lien entre la vaccination contre la rougeole et l'autisme. - A.-E.Lemoine: On parle d'une reconversion qu'on n'avait pas vue venir. - L.Sénéchal: Je vous fais écouter une chanson et vous me dites qui chante. ... - Mais l'amour infini me montera dans l'âme. - L.Sénéchal: C'est J.-M.Blanquer qui chante sur un poème de Rimbaud. - J.-M.Blanquer: Parfois, j'en fais avec mes paroles.

Là, j'ai pris du Rimbaud. Avec un petit logiciel, j'aboutis à ce résultat. C'est un peu ma voix retravaillée par l'IA. - A.-E.Lemoine: Ce n'est pas commercialisé. - L.Sénéchal: Déjà à l'époque où il était ministre de l'Education nationale, il avait un bon déhanché.

On apprend qu'il compose très régulièrement. - J.-M.Blanquer: J'ai toujours écrit des poèmes et des chansons, même si je n'ai jamais rien publié.

J'en ai fait une avec D.Barbelivien il y a quelques années, qu'on n'a jamais sortie, mais qui existe. J'aime ça. - L.Sénéchal: L'homme aux 2000 chansons qui a écrit pour Dalida, P.Kaas, G.Lenorman et J.-M.Blanquer.

On a eu D.Barbelivien au téléphone. Il nous confirme avoir échangé avec l'ancien ministre, une expérience dont il garde un bon souvenir, mais je ne sais pas s'il y aura un album. - A.-E.Lemoine: On connaît le nom de Miss France 2026. - L.Sénéchal: D'après l'IA!

L'IA a désigné Miss Nord-Pas-de-Calais vainqueur. Elle s'appelle Lola Lacheré. Pour compléter le programme, 1re dauphine, Miss Tahiti, et 3e, Miss Guadeloupe.

L'IA a noté le nombre de mentions positives autour de leur nom sur les réseaux sociaux. Ils ont ajouté le score de représentation orale à partir des vidéos de représentation officielles publiées sur des comptes publics. L'an dernier, l'IA avait fait la même chose.

Miss Martinique, qui avait gagné, avait fini en 2e position d'après l'IA. - A.-E.Lemoine: Elle a fait le tiercé du Ballon d'or aussi, l'IA. - L.Sénéchal: Dans l'ordre?

C'est facile, Dembélé avait gagné... - A.-E.Lemoine: C'est pas une IA qui a fait le 5/5.

Merci. "Les Balançoires vides" et "Le Grand Vieillissement" sont à découvrir en librairie, M.Sbaihi.

Merci, N.Berrod. Merci, G.Artigues, d'être venu.

Dans un instant, J.-P.Foucault va réagir.