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interviewLa France insoumise (sur YouTube)· 24 août 2024 111 minAutoproduit

Palestine/Israël : une histoire coloniale | #Amfis2024

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

8:09
Présentateur

Bonjour à toutes et à tous. Merci beaucoup d'être là ce samedi matin pour parler de la situation en Palestine et du génocide en cours en Palestine, de la situation de colonisation qui est un mot qui est absolument absent de l'ensemble des débats médiatiques et politiques. Je suis très heureuse d'accueillir pour ce temps d'échange. On va avoir à peu près une heure et demie.

On a commencé un peu en retard le temps que tout le monde arrive, mais on va quand même avoir un temps à la fois pour que chacun des intervenants puisse vous faire un propos liminaire et puis ensuite qu'on ait un temps d'échange tous ensemble avec des questions et des réponses sur lesquelles nos intervenants et nos intervenantes seront là pour intervenir. Donc déjà je voulais remercier chaleureusement Sbezbe, excuse-moi pour la prononciation, qui est sociologue palestinien, qui est chercheur associé à l'Institut de recherche et d'études sur les mondes arabes et musulmans, d'être présent aujourd'hui. C'est un grand honneur, merci beaucoup.

Membre de la coordination Ile-de-France nationale, donc de la coordination Ile-de-France de l'Union juive française pour la paix. Union juive française pour la paix. Je le rappelle, au moment des mobilisations palestiniennes en octobre et en novembre, dont le président à Strasbourg s'était fait arrêter alors qu'il tentait juste de manifester pour la paix et la dignité du peuple palestinien et qui a aussi une procédure pour apologie du terrorisme, comme moi-même, comme Rima Hassan et comme malheureusement beaucoup de militants et de militantes. Donc on est très honoré aussi que tu sois là, Géraldine, merci.

Et puis on est très honoré aussi d'accueillir évidemment Salah Amouri, que je vous invite toutes et tous à lire, qui s'appelle « Prisonnier de Jérusalem, un détenu politique en Palestine. » La parole à nos intervenants. Je voulais peut-être depuis ces amphis commencer par adresser de notre part à toutes et tous, je crois, un grand message de soutien et de solidarité à Rima Hassan, qui vit un véritable démenace de l'extrême droite, que ce soit des menaces de mort, de viol sur ses proches, sur elle, du harcèlement et beaucoup d'autres choses, et qui a aussi depuis peu une nouvelle tentative du pouvoir après la procédure d'apologie du terrorisme.

On s'était rendu ensemble devant la police pour répondre de positions politiques, je le rappelle. Et bien maintenant, ce sont 50 députés Renaissance qui demandent la levée de son immunité parlementaire. Alors, je vous explique. L'immunité parlementaire, qui existe depuis la Révolution française pour que les parlementaires puissent exprimer librement leur position, notamment vis-à-vis des pouvoirs en place, et bien l'immunité parlementaire peut être levée lorsque vous avez une procédure judiciaire. C'est par exemple arriver à un député Renaissance qui tapait sa femme, qui était extrêmement violent dans des proportions très fortes. Et donc là, on demande la levée de l'immunité parlementaire.

Mais là, il n'y a aucune procédure judiciaire. Et qu'est-ce qu'on reproche à Rima Hassan ? On lui reproche d'avoir participé à une manifestation en Jordanie, à Amman, qui a lieu tous les vendredis en soutien au peuple palestinien, en expliquant qu'elle serait des soutiens des terroristes, une antisémite. Bon, vous connaissez l'ensemble des choses qu'ils disent pour nous salir. Je veux redire ici que ce qui dérange l'extrême droite, ce qui dérange les macronistes dans ce pays, c'est que Rima Hassan soit une femme franco-palestinienne, juriste de droit international et qui est devenue eurodéputée et qui donc a une parole au Parlement européen qui les dérange et ne leur en déplaise.

Nous sommes fiers que Rima Hassan soit eurodéputée de la France au Parlement européen. Nous sommes fiers qu'à nos côtés, elle porte la question à la fois de la suspension de l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël, alors que l'Union européenne est le premier partenaire commercial d'Israël et que ça fait partie des sanctions économiques que nous demandons pour faire cesser immédiatement le génocide. Nous sommes fiers qu'elle parle de l'embargo sur les armes. Nous sommes fiers qu'elle continue à parler une voix forte sur la question du droit international.

Et je vais juste commencer par cela, pour vous dire à quel point ces moments-là que nous avons d'échange, de compréhension de ce qui est en train de se passer, de mettre les mots justes sur ce qui est en train de se passer, sont importants. Ils sont importants parce que dans les médias, alors du Rima Hassan, dans le CNews, etc., les polémiques qu'ils font sans cesse sur les uns et les autres, évidemment, je parle de Rima Hassan, mais je pourrais parler de l'ensemble des militantes et des militants et des voies pour la paix qui se font les uns après les autres criminalisés. Eh bien, parler de ces polémiques-là permet une seule chose, d'effacer le génocide en cours en Palestine.

Et qu'on ne parle plus une seule seconde du génocide en cours en Palestine. Je vous redonne juste des chiffres d'acrimède qui avaient été donnés, qui, je crois, sont assez parlants. Alors, c'est des chiffres qui datent de janvier-février et qui prenaient l'exemple de ce qui s'était passé, gloire à l'Afrique du Sud, sur la plainte devant la Cour internationale de justice. Donc, qui était évidemment, et qui est une plainte qui est historique, qui a mené notamment à ce que la Cour internationale de justice dise qu'il y a un risque réel de génocide, et ça, c'était déjà en janvier.

Alors, au moment où l'Afrique du Sud fait sa plaidoirie pour expliquer la plainte, pour expliquer pourquoi il y a génocide en donnant des preuves très circonstanciées, à ce moment-là, dans le JT de 20 heures de TF1, de France 2 et de M6, vous avez zéro seconde consacrée à la plaidoirie. Zéro. C'est-à-dire qu'on n'en parle pas. J'en parlais avec un chauffeur de taxi qui est très impliqué sur la question palestinienne et qui ne savait même pas que l'Afrique du Sud était en train de plaider devant la plus haute juridiction internationale.

Mais le lendemain, lorsque c'est aux avocats d'Israël de se défendre, à ce moment-là, France Info décide de retransmettre en direct la défense des avocats de l'État d'Israël et du gouvernement d'extrême droite de Netanyahou. Au moment où, le 26 janvier, jour du rendu du verdict de la Cour internationale de justice, vous avez eu, dans le 20 heures de TF1, France 2 et M6, non pas zéro seconde, mais 10 secondes seulement, aux 20 heures de France 2, uniquement. Quant aux chaînes d'information en continu, aucun n'a diffusé le compte-rendu et le rendu de la Cour internationale de justice, alors que, dans d'autres pays, ça faisait la une d'absolument tous les médias.

Donc, la manière dont ils font, à la fois dont ils essayent de salir, l'un après l'autre, et on pourra en parler aussi dans les différentes positions des uns et des autres, dont ils essayent de nous salir et de faire des polémiques, évite juste et permet juste d'invisibiliser le génocide en cours en Palestine.

Vous avez peut-être vu cet été, il s'est passé beaucoup de choses cet été sur la Palestine, mais notamment, en début d'été, The Lancet, qui est une revue médicale de très haut niveau, qui est très sérieuse, a estimé que, déjà, si on arrêtait début juillet, si les bombardements s'arrêtaient, si le gouvernement d'extrême droite de Netanyahou arrêtait le génocide en cours, on serait déjà à 186 000 personnes mortes directement ou indirectement du génocide en cours, c'est-à-dire quasiment 10 % de la population qui est à Gaza.

On parle de bombardements sur des écoles, vous en avez vu beaucoup cet été, dont certains, d'ailleurs, un des bombardements aurait tué 6 otages israéliens, donc mettent, y compris en danger, contrairement à ce que disent Netanyahou et ses ministres génocidaires, qui mettent, y compris en danger, les vies des otages israéliens. On parle de débats lunaires, absolument horribles, sur, a-t-on le droit, oui, au nom de violer un prisonnier palestinien, avec 10 soldats réservistes qui ont été arrêtés pour un viol sur un prisonnier, puis qui ont été relâchés. Donc, si nous sommes ici, c'est d'abord pour comprendre la situation qui se passe en Palestine, et c'est pourquoi nous faisons...

Et puis parce que nous refuserons à tout moment d'invisibiliser la disparition programmée qui est faite par l'extrême droite israélienne du peuple palestinien. Si nous sommes ici, c'est pour réaffirmer qu'après quasiment 11 mois de génocide, nous ne laisserons jamais la Palestine disparaître. Et nous le disons à nos adversaires, vous pouvez nous taper autant que vous voulez, vous pouvez essayer de nous salir autant que vous voulez, nous ne nous tairons pas. Voilà, c'est pourquoi nous sommes là. Et évidemment, pour savoir comment nous devons agir dans les mois qui viennent pour être à la hauteur de la situation.

Et je vais commencer à donner la parole à ce BSB, que je remercie encore d'être présent avec nous. Merci beaucoup.

17:58
Invité

Merci beaucoup. Bonjour tout le monde. Merci Mathilde Panot pour l'invitation déjà, et à la France insoumise, pour nous avoir donné l'occasion de parler de cette question de la situation coloniale en Palestine, qui n'est pas rien d'ailleurs, qui n'est pas quelque chose de très pertinent en France, et je vais expliquer pourquoi. Et du coup, déjà intitulé la conférence avec l'histoire coloniale, c'est quelque chose, je dirais, de très avancé pour faire face à ce sens commun produit par les médias et la télé en France. et malheureusement par certains milieux aussi académiques. Et je vous remercie aussi d'être si nombreux.

Si on arrive aujourd'hui de parler de la situation coloniale en Palestine, c'est parce qu'il y a un génocide à Gaza, mais surtout parce qu'il y a aussi des étudiants qui se sont mobilisés au sein des universités en France, qui étaient beaucoup plus courageux, je dirais, que certains intellectuels. Donc j'aimerais bien les saluer. Et ce qui est en jeu en France aujourd'hui, ce n'est pas la critique, c'est surtout la raison. On ne veut plus entendre ceux ou celles qui expliquent, qui raisonnent, pour comprendre et saisir la réalité.

Et cette question, la situation coloniale, est indispensable pour saisir la réalité en Palestine et comprendre déjà ce qui se passe aujourd'hui à Gaza, non seulement, non comme, je dirais, un moment d'exception, mais comme une certaine continuité depuis un siècle. Et c'est grâce au paradigme colonial qu'on peut saisir cela. Je vais alors mettre l'accent sur ce que j'entends par situation coloniale et comment et pourquoi c'est indispensable sur le plan analytique, mais quand même aussi moral, pour pouvoir proposer des solutions.

Si je reprends certains éléments de définition de l'anthropologue Ballandier concernant la situation coloniale, il est dit tout simplement qu'il y a une minorité qui va exploiter, dominer une majorité autochtone. Cette minorité est différente culturellement et racialement. Ils vont utiliser un certain appareil de justification, que ce soit racial, civilisationnel, religieuse, quel que soit l'appareil de justification, pour montrer qu'il y a une supériorité de ceux qui dominent et ceux qui sont colonisés. Quelque chose de très important, cette minorité est dotée d'une puissance économique, matérielle et surtout militaire.

Donc, l'un des principes dans une situation coloniale, c'est la force et c'est la violence. Et l'usage de la violence n'est pas quelque chose d'arbitraire, mais c'est structurel dans une situation coloniale. Donc, le caractère antagoniste, c'est le caractère qui va définir la relation entre colonisateurs et colonisés. Comment ces éléments de définition peuvent éclaircir la situation en Palestine ? Je dirais que les Palestiniens, depuis les années 50, même bien avant, ils parlaient d'une situation de colonisation, de peuplement. et je dirais, j'ajoute encore, de remplacement. Donc, l'idée principale, c'est considérer la Palestine comme une terre sans peuple, pour un peuple sans terre.

Donc, c'est une zone vide. On va la coloniser. Des Palestiniens comme Rassin Khannafani, comme Walid Khalidi, comme Faïsar, ils parlaient de colonisation dès le début. Mais ce type de discours n'existe pas en France. Parmi les articles scientifiques qui ont été écrits sur cette question, c'est l'article, le fameux article en 67 de Maxime Rodinçon. « Israël fait colonial, pointe à dérocation ». Et Rodinçon, il a été traumatisé par cet article parce que la réception de cet article a fait bruit tellement qu'il a été traumatisé qu'il n'avait même pas envie d'entendre parler de cet article. 20 ans plus tard, je dirais.

Il explique la première chose que le sionisme s'est inscrit dans un esprit européen dès l'époque qu'il y a un siècle où, il y avait le slogan selon lequel, on peut tout coloniser en dehors de l'Europe. Les Européens, à l'époque, se considéraient maîtres, supérieurs par rapport aux autres. Et là, je vous envoie aussi au livre de Norbert Elias sur le temps. Lorsqu'on a inventé la machine, on est devenu maître du temps. Et donc, à ce moment-là, on s'est senti supérieur par rapport aux autres et donc, on se permettait de faire ce qu'on voulait. Donc, à partir de là, le mouvement sioniste s'est inscrit dans cet esprit de l'époque pour pouvoir coloniser ailleurs.

Il y avait quand même plusieurs choix. Ils ont finalement choisi la Palestine. Les fondateurs de colonialisme, il n'y avait pas de débat où est-ce que c'est un projet colonial ou pas un projet colonial. Tout le monde était d'accord que c'était un projet colonial. Et tout le monde était à droite comme gauche. L'idée, c'était qu'est-ce qu'on va faire avec cet écart ? Est-ce qu'on va les écraser ? Est-ce qu'on va les éradiquer ? Ou est-ce qu'on va tout simplement leur donner un petit morceau parce qu'en fait, ils sont inférieurs, bêtes, donc on peut vraiment leur donner n'importe quoi ? Donc, c'était ça, le débat.

Moi, je vous envoie, si vous voulez, il y a plein de travaux sur le sionisme, les fondateurs. Qu'est-ce qu'on fait de ce décalage ? Donc, l'idée, c'était un projet colonial. Tout le monde était d'accord. Tout le monde était d'accord qu'il était supérieur. Mais aussi, l'enjeu le plus important, c'était le recours à la force. Est-ce qu'on va utiliser la force pour éradiquer les Palestiniens ? Et parmi d'autres, il y avait l'article de Jabou Tinsky, c'était le mur de fer qui plaidait pour l'usage massif de la force. Donc, c'était l'idée d'effacer la Palestine de sa population.

Donc, puisque le peuple n'existe pas, on dénie l'existence de ce peuple, y compris dès le départ dans la déclaration Balfour de 1917. Les Palestiniens étaient réduits à des non-juifs. C'est par la négation. On parle d'un peuple comme non quelque chose. Donc, plus tard, on va avoir la Nakba, ça veut dire la catastrophe palestinienne. Et c'est ça, un moment clé de l'histoire palestinienne. Pourquoi ? Parce qu'il y a deux tiers du peuple palestinien qui vont être, à partir de ce moment-là, devenir des réfugiés. Donc, deux tiers du peuple des réfugiés. On va digner la Nakba.

On va attendre 50 ans plus tard que certains historiens israéliens ont le courage d'accéder aux archives pour parler de nettoyage ethnique comme El Mpapé. Lorsque les Palestiniens parlaient de ce qui s'est passé, violer des crimes qu'ils ont subis de nettoyage ethnique, personne ne croyait que c'était palestinien. C'est exactement ce qui se passe à Gaza aujourd'hui, si vous voulez. Lorsqu'on dit oui, il y a 40 000 morts, oui, mais c'est le chiffre de Hamas. Oui, mais on n'a pas de source fiable. C'est exactement les mêmes mécanismes.

Donc, les Palestiniens, lorsqu'ils parlent de la Nakba, ils parlent de la Nakba comme un processus continu qui a commencé il y a un siècle, avec un moment quand même important en 48. mais ce n'est pas une histoire dépassée. C'est une histoire toujours présente. Donc, c'est un moment clé, je dirais, de l'histoire et même la réalité palestinienne. Comme je l'ai dit, puisque c'est une colonisation de peuplement et de remplacement, les génocides, nettoyage ethnique, c'est des principes de ce mécanisme de domination. Ce n'est pas quelque chose d'exceptionnel.

Le transfert, le déracinement, lorsqu'on a parlé de deux tiers du peuple palestinien qui sont devenus réfugiés, lorsqu'on a reconnu, oui, ils ont pris fuite. Alors, imaginez-vous à Gaza, on vous demande d'aller vers le nord et on vous bombarde. Après, vers le sud, on vous bombarde. et vous avez des enfants, une famille et on ouvre les frontières. Qu'est-ce que vous allez faire ? Ce n'est pas une fuite. Vous êtes déracinés. Vous allez tout simplement protéger vos enfants, aller prendre un endroit dans un camp de réfugiés et toujours en ayant votre clé de maison, en espérant que la guerre s'arrête pour pouvoir y revenir. C'est ça, c'est la logique.

Mais à Gaza, toutes les frontières sont fermées. Les gens, tout simplement, ils se déplacent. Ils sont en train de mourir dans le nord contre dans le sud. Donc, ça, c'est le même mécanisme qu'on a appliqué aux Palestiniens il y a à peu près 75 ans. L'une chose aussi, le mécanisme de domination, je dirais, dans une situation coloniale, et c'est qu'on parle peu, c'est confisquer le temps. Qu'est-ce que ça veut dire confisquer le temps ? D'abord, puisque le palestinien n'existe pas, il n'y a pas d'histoire. Donc, on efface l'histoire palestinienne. Il n'y a pas un peuple.

Et moi, j'ai vu plein de projets de recherche, plein de projets financés par l'Union européenne, comme quoi, pour mettre à jour, si je reprends la terminologie de Georges Orwell, mettre à jour le passé. Donc, il faut vraiment travailler le passé dans un sens pour qu'il soit adéquat avec le discours commun dominant aujourd'hui. Deuxième chose, lorsque je parlais des réfugiés, qu'est-ce qu'on fait lorsqu'on a un compte de réfugiés ? Il faut les démolir le plus vite possible, que les gens retournent chez eux. Qu'est-ce qu'on a fait de compte de réfugiés ? On a fait de tout ce qui est temporaire quelque chose de permanent. Ce sont des gens qui sont en attente depuis 75 ans.

Donc, je dirais, un mot-clé à prendre dans une situation coloniale, c'est l'attente. On est en train d'attendre quelque chose qui va venir. On attend dans les camps des réfugiés. On attend en prison. On confisque la vie des gens en prison avec la loi administrative que cela peut-être va en parler. on confisque le temps sur le checkpoint. On confisque le temps lorsqu'on voyage. Moi, je suis arrivé en France en 2003. Je suis en attente depuis 21 ans. La première chose, j'ai fait, voilà, premier master 2, deuxième master 2, troisième master 2, doctorat. On attend d'une solution. Et c'est toujours pire en pire avec l'espoir que ça va se régler un jour. Et c'est notre vie.

Je vous laisse imaginer, si vous êtes en vacances, il y a un train supprimé et vous êtes en train d'attendre que le prochain train arrive. Alors, attente, mais dans une situation d'incertitude et de menace. Donc, c'est ça, quelque chose de structurel de la vie quotidienne des Palestiniens. Lorsqu'on met les gens dans une situation d'attente, il n'y a plus d'avenir. Ils ne peuvent plus se projeter dans l'avenir. Donc, on a effacé leur histoire, on a confisqué leur présent et donc, ils ne peuvent plus se projeter dans l'avenir. C'est ça, une situation de coloniser.

Après, pour dire aussi un mot sur le paradigme colonial, il y a certains qui veulent insister sur la question d'apartheid, comme quoi il y a une séparation. Non, il y a un remplacement d'abord, il y a un effacement d'abord. C'est ça, le processus le plus important. Et l'apartheid devient comme deuxième étape. Là, on voit par exemple les Palestiniens qui sont citoyens en Israël. On a fait une loi, on a institutionnalisé cet apartheid par la loi 2018 qui s'appelle Israël, foyer national des peuples juifs.

Donc, faites ce que vous faites, vous avez une condition de coloniser, vous n'allez jamais être citoyen de premier rang parce que, tout simplement, vous n'appartenez pas à la religion qui vous permet d'être en position de supériorité. Donc, lorsqu'on fait une situation, je dirais, coloniale de complacement et voilà, on a changé, on n'a plus l'analyse de classe qui va fonctionner parce qu'un ouvrier, je dirais, israélien a beaucoup plus de bénéfices qu'un bourgeois palestinien. Et là, on parle d'une condition de coloniser, on a vraiment un système de castres. Vous êtes né dedans, vous allez mourir dedans, vous n'allez pas pouvoir changer.

La classe, là, je reprends Louis Vaccombe, la classe, on peut la changer si par hasard on trouve un boulot ou je ne sais pas, on peut être plus riche, on peut avoir plus d'économies, mais la condition d'économiser, on ne peut pas la changer. Donc, ça, c'est pour un peu saisir ce qui se passe. j'ai parlé, je reviens un peu pour comprendre ce qui se passe à Gaza à travers cette condition coloniale. En 1948, il n'y avait pas quelque chose qu'on appelait bande de Gaza. Cette bande a été créée à partir de 1948. Qu'est-ce qu'on voulait faire de cette zone ? On voulait tout simplement faire le camp de réfugiés le plus grand du monde.

Les habitants de Gaza, ce deux tiers, deux tiers des habitants de Gaza, ce sont des réfugiés qui vivent dans des camps de réfugiés. Donc, on a fait d'abord le camp de réfugiés le plus grand. Plus tard, c'est devenu prison à ciel au vert, même avant le siège. Donc, l'histoire de siège de Gaza, ça, ça, ça, ça commence pas il y a 20 ans. Ça commence il y a 75 ans. Mais, lorsque je parle de nettoyage ethnique ou des génocides comme c'était quand même quelque chose de structurel, ce qui se passe à Gaza, c'est pas les crimes en fait, ce qui est nouveau, c'est la banalisation des crimes.

Et, en tant qu'universitaire, l'infrastructure de l'éducation, surtout les universités qui ont été détruites à Gaza, au début, on justifiait. Après, on a arrêté de justifier. Lorsqu'on a détruit les universités au début par les bombardements, on disait oui, le Hamas se cachait derrière le Hamas. Dernière université qui l'ont détruit, c'était l'université l'Isra. L'armée israélienne occupe le siège pendant deux mois. Et puis, qu'est-ce qu'ils ont fait ? Ils mettent des explosifs, ils filment et ils vont faire sauter, en fait, le bâtiment devant les caméras. qu'est-ce qu'on est en train de faire ici ? On est en train de faire des crimes, on assume et on s'en fiche complètement.

Donc, ce qui se passe à Gaza aujourd'hui, ce n'est pas les crimes en soi, mais c'est la banalisation des crimes que les Palestiniens subissent depuis un siècle. Alors, une fois, on a parlé de cette situation coloniale et pour comprendre, donc, on comprend que ce paradigme est indispensable pour l'analyse en tant que chercheur. Et ça, je sais qu'il y a beaucoup de réticences en France pour utiliser le mot colonial. Dès qu'on utilise le mot colonial, comment tu oses parler d'un État colonial alors que le seul État démocratique au Moyen-Orient ? Enfin, ça, c'est un argument que certains chercheurs utilisent.

Alors, normalement, c'est le métier de la télé, je dirais, parce que c'est le sens commun, c'est pas le savoir qu'on produit à l'université. Donc là, un peu, je dirais, malheureusement, l'université produit l'ignorance au nom du savoir. Ça, c'est grave. Donc, c'est très important pour mobiliser ce paradigme sur le plan analytique mais aussi sur le plan moral. Pourquoi sur le plan moral ? Parce que déjà, on va reconnaître les Palestiniens comme sujet et non pas comme des objets ou comme des sous-hommes. On va sortir aussi de ces jugements de valeurs morales. Voilà, ce sont des terroristes, ce sont des barbares, ce sont de je ne sais pas quoi.

On va comprendre que cet ordre colonial qui a été établi en Palestine était établi par la force et du coup, la source de la force dans cette situation coloniale est venue de la part des colonisateurs et non pas des colonisés qui veulent récupérer un peu de son humanité. et je dirais surtout avec ce paradigme on va mettre fin à ce que j'appelle à la suite de Bourdieu l'hypocrisie collective dont on souffre ici. L'hypocrisie collective c'est le double standard dès qu'on parle de la Palestine. En effet, je sais que ça a été justifié à certains moments parce qu'il y a je vais terminer juste une minute.

Donc ça a été justifié parce qu'il y a certains Palestiniens qui ont intériorisé aussi cette manière je dirais dominante d'aborder la Palestine et c'est malheureusement depuis les accords d'Oslo parce que je dirais à partir de ces accords d'Oslo en 1993 on a présenté cette période comme une certaine rupture comme quoi on ne parlait plus de situation coloniale mais parler de conflit et on est passé d'une situation de conflit à une situation de post-conflit les vieux ennemis sont devenus des amis ont commencé à parler de la paix et du développement alors que la colonisation perdure et s'accélère ont commencé à parler de l'indépendance économique alors qu'on est dépassé d'une dépendance je dirais à l'égard de l'économie israélienne à une dépendance et domination complexe où on dépend également aussi de l'aide internationale on a introduit des politiques néolibérales et des sociétés de consommation on a construit une réalité virtuelle pour saisir la réalité palestinienne qui a été intériorisée par le leadership palestinien et du coup là on perd un peu le fil donc il y avait certaines hypocrisies qui produit ici dans les médias dans le discours commun qui a été intériorisée par certains palestiniens du coup lorsqu'on va saisir la réalité à travers le paradigme de cette situation coloniale là on ne va pas perdre le fil quelles que soient les positions des dominos en Palestine ou de ceux que j'appelle le nouveau riche et donc je vais m'arrêter là et j'espère que j'étais clair merci

37:56
Présentateur

merci infiniment je pense qu'il y a plein de choses qui feront écho aux discussions tout à l'heure tu disais une forme d'effacement de l'histoire du peuple palestinien et il y a dans la dimension du génocide beaucoup aussi qui ont pointé la dimension d'un génocide culturel avec notamment la disparition d'archives à Gaza qui ont été détruites par des frappes israéliennes il y a notamment une réalisatrice palestinienne Bissana Oda qui dit maintenant nous n'avons littéralement plus rien le futur est inconnu le présent est détruit et le passé n'est plus notre passé pouvez-vous imaginer qu'ils sont en train de faire ça pour nous détruire en profondeur et puis évidemment aussi l'assassinat de Rifat Al-Arir qui est un poète un écrivain palestinien très connu qui était aussi le fondateur de Nous ne sommes pas des chiffres justement pour avec des écrivains du monde entier des jeunes palestiniens expliquer quelle est la vie et que derrière des chiffres des nombres et bien on met des vies humaines et dont on sait qu'il a été spécifiquement visé par les israéliens qui là aussi contribuent à en quelque sorte vouloir détruire en profondeur l'histoire la culture du peuple palestinien alors je vais maintenant donner la parole à Géraldine qui va donc nous parler pour l'Union juive pour la paix merci encore Géraldine de ta présence

39:26
Invité

ça marche ah d'accord alors bonjour à tous et à toutes un grand merci à la France insoumise de nous avoir invité donc l'Union juive française pour la paix est une association porteuse d'une parole juive anti-sioniste puisque nous sommes opposés à la colonisation à l'occupation et au régime d'apartheid cette orientation nous amène donc tout naturellement à soutenir la lutte du peuple palestinien et j'en profite aussi aussi ici pour apporter notre soutien au peuple kanak puisque nous sommes en France et qu'en France on doit aussi lutter contre notre propre colonialisme l'UJFP est aussi une association anti-raciste politique je reviendrai là dessus ce qui nous a amené avec nos camarades de Tzedek le collectif juif décolonial face à la montée de l'extrême droite face aux politiques du gouvernement Macron à apporter notre soutien au nouveau front populaire et à participer activement pendant toute la campagne en tant que française juive le crime du siècle qui se déroule sous nos yeux en direct annoncé par le gouvernement israélien en notre nom mais insupportable c'est pour ça que l'UJFP a lancé hier un appel à tous les juifs et juives du monde à signer pour demander un cessez-le-feu définitif et permanent à Gaza nous dénonçons aussi fermement la complicité de la France par son soutien inconditionnel à l'état israélien et jusqu'à ce jour aucune sanction n'a été prise par rapport à ce qui se passe à Gaza en Cisjordanie et à Jérusalem-Est ce qui se passe c'est pas un conflit de religion comme beaucoup semblent veulent nous faire croire nous sommes comme l'a dit notre camarade dans une guerre coloniale avec un occupé et un occupant Israël qui se présente comme le refuge pour les juifs du monde entier et l'état de tous les juifs qu'est-ce que ça provoque pour nous en tant que juifs français et bien ça nous rend étrangers dans notre propre pays ça veut dire que moi je n'ai pas ma place ici en France donc ça aussi nous le dénonçons fermement et quand il commet un génocide au nom de la défense de tous les juifs du monde il nous associe à sa politique génocidaire et encore une fois nous nous opposons fermement à cette alliance avec ce gouvernement colonial suprémaciste raciste et génocidaire depuis la naissance du projet sioniste qui est un projet colonial suprémaciste de remplacement d'une population par une autre il y a toujours eu des voix juives qui se sont opposées à ce projet colonial et à l'enformement des juifs dans un état-nation le sionisme a été très longtemps un mouvement minoritaire au sein des juifs et juives il y a plusieurs diversités au niveau de ces oppositions du religieux au laïc du communisme au socialisme et aussi en particulier du côté du grand mouvement socialiste du Bund ce mouvement donc de juifs d'Europe centrale qui a perçu tout de suite le projet colonial du projet sioniste je vous conseille la lecture d'un livre qui a été co-écrit par trois autrices qui sont membres de l'UGFP qui s'appelle Antisionisme une histoire juive donc écrit à trois mains par Béatrice Auret Sonia Feuillmann et Michel Siboni il y aura une dédicace à midi au stand du livre donc si vous voulez aller discuter avec une des autrices c'est vraiment très très intéressant pour avoir des arguments justement pour contrecarrer le discours ambiant sur le fait que les juifs et les juifs ont toujours soutenu ce projet on va parler maintenant du gouvernement israélien c'est vrai que le gouvernement israélien est un gouvernement d'extrême droite ça je pense que tous et toutes ici on le sait mais ce qu'il faut rappeler c'est que les gouvernements successifs qui se prétendaient de gauche ou de droite et depuis la création de l'état d'Israël ont toujours été des régimes politiques coloniaux ce qui se passe c'est pas un accident c'est pas une erreur ce qui se passe bien sûr les atrocités commises aujourd'hui sont terribles mais encore une fois tous les gouvernements ont pratiqué des politiques coloniales d'expropriation de massacres de remplacement de cette population palestinienne le combat pour la Palestine ça n'a rien à voir avec l'antisémitisme c'est un combat pour la justice et pour la paix c'est un combat politique contre le colonialisme et contre le racisme vous avez vu depuis le début les accusations d'antisémitisme qui touchent tout le monde alors on va parler rapidement du gouvernement israélien je pense qu'il serait plus rapide et simple de faire la liste de qui n'est pas antisémite parce qu'avec eux même l'ONU enfin voilà je pense que vous avez tous les bails on est au courant de ça maintenant on va parler de ce qui se passe en France parce que le gouvernement français aussi instrumentalise la question de la lutte contre l'antisémitisme alors on va se parler clairement il y a de l'antisémitisme et on doit prendre en compte et combattre l'antisémitisme en France dénoncer les actes dénoncer les agressions dénoncer les incendies les tentatives d'incendies que ce soit dans les synagogues partout mais encore une fois aujourd'hui l'accusation d'antisémitisme qui a été faite pendant toute la période a principalement été donc contre tous les mouvements de solidarité avec la Palestine contre les organisations politiques NPA la France insoumise je tiens à vous signaler que même nous à l'Union juge française pour la paix nous avons eu une convocation pour apologie de terrorisme donc c'était pas antisémitisme mais bon ça va pas tarder de toute façon ils sont en train de chercher des choses donc on n'oublie pas que l'accusation de l'antisémitisme c'est un rayon paralysant c'est à dire que si vous êtes accusé d'antisémitisme le débat est clos le gouvernement français nous amuse beaucoup quand je dis amuse c'est un peu ironique parce que il se prétend lutter contre l'antisémitisme en organisant sa fameuse marche aux côtés de l'extrême droite la fameuse marche où nous avons nous aussi comme les camarades de Tzedek refusé d'y participer parce que non seulement non seulement non seulement on ne participe pas à une marche avec l'extrême droite mais pas avec le gouvernement Macron non plus qui pratique une politique islamophobe depuis plusieurs années on rappelle la dissolution du CCIF la seule organisation qui permettait la défense des musulmans on rappelle aussi la loi immigration asile-immigration la loi la plus raciste de la 5ème république on rappelle les fameuses polémiques polémiques c'est même pas une polémique les interdictions de la baïa on a contrôlé on a mesuré la longueur des jeunes filles aux portes des écoles voilà ce gouvernement qui se prétend lutter contre les racis contre l'antisémitisme et qui pratique des politiques discriminantes vis-à-vis des concitoyens français de confession musulmane et ça nous l'union juive pour la paix on le dénonce fortement et on sera toujours du côté du côté de l'antiracisme politique l'antiracisme politique c'est à dire qu'on va s'attaquer aux lois qui discriminent nos compatriotes on va parler aussi des fermetures de mosquées il y a encore un imam qui va se faire expulser on peut ne pas être d'accord sur le fond mais voilà ce que fait ce gouvernement français donc nous on fait nos luttes on n'a pas besoin d'eux et surtout pas d'eux dernière chose aussi grand défenseur des français juifs et juifs de France Emmanuel Macron réhabilite Pétain son camarade Darmanin parle de Maurras et je vous passe la suite donc c'est bon le problème des accusations qui ont été portées comme ça à tout va contre l'antisémitisme pardon non seulement elle banalise les véritables actes antisémites et en plus et bien ça fait monter l'antisémitisme c'est à dire que faire passer pour tout le monde pour des antisémites ça veut dire qu'on n'a plus le droit de rien dire et ça encore une fois nous le dénonçons fermement on sait ce qu'on doit faire les mouvements antiracistes politiques savent les termes utilisés savent les combats qui vont mener et c'est encore une fois pas l'état qui va nous apprendre nos luttes ce qu'il faut aussi que ce gouvernement et tous nos opposants politiques et même dans d'autres organisations sachent c'est que malgré ces tentatives d'intimidation malgré ces interdictions malgré la volonté de judiciariser nos prises de parole nos publications on va continuer nous continuerons le combat et nous soutiendrons toujours le peuple palestinien dans sa lutte légitime alors comment on fait en France et bien en France comme les camarades de la LFI comme les camarades de la NPA et comme d'autres associations on tient sur les termes utilisés à l'union juge française pour la paix notre boussole c'est le droit international donc c'est pas une opinion c'est le droit international donc le droit international parle de crime de guerre le droit international parle de génocide le droit international dit qu'une population qui est soumise occupée par une puissance occupante a le droit à la résistance ce n'est pas une invention ce n'est pas une opinion c'est le droit international qui le dit on tient bon sur les mots parce que en effet on va pas se laisser accaparer le récit vous avez vu la pression le rouleau compresseur des médias des partis politiques donc on tient bon sur ça la boussole c'est le droit international on a aussi en moyen d'agir la fameuse campagne BDS boycott des investissements sanction une campagne qui est très importante qui a été lancée en 2005 par la société civile palestinienne et je rappelle aussi que l'appel au boycott est légal ça aussi il faut arrêter que la campagne BDS c'est une campagne pacifiste c'est une campagne non raciste et encore une fois qui émane de la société civile palestinienne donc c'est très important de la suivre c'est très important de suivre ce qui a boycotté parce que les palestiniens et les palestiniennes savent exactement quelles sont les entreprises quelles sont les marques quelles sont les partenariats qui participent concrètement à leur oppression donc je vous encourage vraiment à relayer la campagne BDS à nous suivre sur les réseaux sociaux et ne pas hésiter à nous contacter il y a plein de groupes à travers la France c'est une campagne internationale et là il y a deux victoires deux victoires donc déjà l'équipementier Puma qui équipait les équipes de football israélienne a rompu son contrat il y a aussi AXA enfin AXA qui finançait aussi les entreprises les banques israéliennes enfin qui assurait les banques israéliennes donc encore une fois on ne s'attaque pas aux individus parce qu'ils sont israéliens ou juifs nous nous attaquons nous demandons le boycott de tout ce qui représente l'état israélien et encore une fois c'est reconnu dans le droit européen c'est la critique légitime d'un état le droit à l'expression et encore une fois il n'y a rien pas plus pacifiste que la campagne BDS autre chose aussi qui est très importante selon nous c'est que notre soutien à la cause palestinienne ne doit pas être conditionné à ce qui se passe aujourd'hui alors nous sommes tous et toutes ici au courant des atrocités du génocide c'est terrible pas de problème par rapport à ça ce que je veux dire par là c'est que on n'entendait plus du tout parler de la Palestine donc on continue à côté d'eux le peuple palestinien souffre mais c'est un peuple de résistants depuis plus de 76 ans et donc quelles que soient les modalités et bien nous devons être en soutien à ce peuple qui lutte dignement pour sa libération il y aura pas il y a plein de mouvements de paix là qui apparaissent paix comme ça mais il ne parle jamais de justice alors à l'union juive française pour la paix paix mais justice parce que la paix c'est pas le retour à la normale c'est pas on arrête les combats et puis après on revient comme avant nous demandons l'application le respect du droit international nous affirmons aussi la possibilité puisqu'on nous parle souvent oui qu'est-ce que vous prévoyez nous on prévoit rien on n'a pas à parler à la place des gens qui sont là-bas mais il y a la possibilité et quand on parle nous à l'union juive française pour la paix de l'égalité de droit de la mer au Jourdain et j'insiste bien là-dessus de la mer au Jourdain c'est l'égalité de droit pour tous les habitants et toutes les habitantes de cette terre égalité de droit égalité de droit de dignité et la sécurité parce que ce qu'il faut que tout le monde comprenne bien c'est qu'il ne pourra pas y avoir de sécurité que ce soit pour les Israéliens ou les Palestiniens tant que ce régime colonial perdurera ce n'est pas possible et c'est pour ça que nous demandons nous donc l'égalité de droit la fin de la colonisation la fin de l'occupation le droit au retour de tous les réfugiés palestiniens et palestiniennes et la suppression du régime d'apartheid je termine la cause palestinienne c'est une cause en fait qui coche toutes les cases l'anti-impérialisme l'anti-colonialisme l'anti-racisme la préservation d'un peuple et la question de l'environnement c'est ça la Palestine et je vais terminer par vous dire que je suis très honorée d'être là aux côtés de Salah qui est un militant déterminé pour le droit des palestinains et des palestiniennes et c'est un véritable honneur je vous remercie

55:57
Présentateur

merci infiniment Géraldine et je voudrais en entrenom à toutes et tous remercier infiniment l'Union juive pour la paix et de SEDEC pour leur combat à nos côtés évidemment dans l'ensemble des manifestations qui ont eu lieu un peu partout dans le pays mais aussi dans l'engagement autour du nouveau front populaire parce que c'est tellement le rayon paralysant dont tu parlais qu'ils utilisent que vraiment cet engagement est extrêmement précieux donc merci infiniment parce qu'il y a une violence particulière aussi qui s'exprime que ce soit sur l'Union juive pour la paix que ce soit aussi sur les camarades de SEDEC donc un merci infini merci d'avoir rappelé aussi qu'on est sur une histoire plus longue qui n'a pas commencé le 7 octobre contrairement à ce que veulent nous faire croire des médias et autres qui veulent en quelque sorte empêcher les gens de penser et puis comme tu as fait une allusion qui est je pense très importante à avoir en tête sur la Calédonie-Canaki qui je le rappelle est dans une situation désastreuse il y a un rapport des experts de l'ONU qui est sorti en début de semaine qui parle de plusieurs morts notamment Canaq avec des milices qui se créent et des assassinats de gens qui se font et qui parle dans ce rapport de quelque chose qui moi personnellement même si j'ai beaucoup suivi la situation là-bas et on a beaucoup combattu le projet de loi qui est responsable de la situation qui a lieu actuellement en Calédonie-Canaki qui parle de 500 disparitions forcées en Calédonie-Canaki actuellement donc il y a une situation là-bas qui est une situation là aussi coloniale il y a un soutien au peuple canaque à apporter et du coup je voudrais saluer la présence si tu peux juste te lever de Temataï Le Gaïc qui est député ancien député mais on va le revoir bientôt indépendantiste polynésien et qui est très attachée aux droits du peuple canaque et qui mène beaucoup la bataille et ça me permet de saluer aussi la présence d'Elsa Lefort si tu peux te lever aussi Elsa qui est une militante acharnée sur la palestine Tessala Amoury et je voudrais en profiter pour juste saluer ton père Jean-Claude Lefort qui était mon prédécesseur député et qui est un homme immense sur la question des droits des palestiniens qui a fait un travail absolument remarquable donc je voulais le saluer et lui faire un hommage aujourd'hui dans ces journées d'Amphi Jean-Claude Lefort député qui était député communiste dans le Val-de-Marne et maintenant je donne donc la parole à Salah Amoury

58:42
Invité

bonjour à toutes et à tous tout d'abord merci Mathilde merci les filles pour l'invitation d'être parmi vous aujourd'hui et parler de la Palestine et du peuple palestinien moi je pense qu'il y a un sujet qui me touche beaucoup et je l'ai toujours en tête c'est la question de la fragmentation du peuple palestinien l'occupation 48 67 deux parties d'occupation après 67 la fragmentation interne du peuple palestinien jusqu'à l'arrivée à l'affaire au processus de paix entre guillemets de Oslo moi je pense que les accords d'Oslo c'est la troisième catastrophe palestinienne signée par les propres mains des palestiniens on a 48 67 les accords d'Oslo une piège internationale dans laquelle les palestiniens sont tombés et après 1993 on le voit clairement de plus en plus la question de la fragmentation du peuple palestinien Oslo qu'est-ce qui a créé pour les palestiniens à la place d'avoir un peuple une identité Oslo avec bien sûr la puissance coloniale derrière les Etats-Unis l'Union Européenne et les forces impérialistes ils ont poussé à créer cinq peuples à la place d'un peuple ça veut dire avoir un peuple enfermé à Gaza un peuple enfermé en Cisjordanie un peuple enfermé à Jérusalem les palestiniens de 1948 on n'en parle plus parce qu'on les considère comme israéliens et les réfugiés palestiniens à l'extérieur avec cette fragmentation de ce peuple et le passé du temps le but stratégique de cette fragmentation c'est la liquidation totale de l'identité nationale du peuple palestinien liquider et finir et fondre l'identité nationale qui conduit à finir définitivement avec le mot peuple palestinien ça ce projet n'a pas commencé en 1993 ça le projet il a commencé en 1917 il a il a été accéléré en 1948 par la la Nakba où ils ont sorti à ce moment là 800 1000 palestiniens à l'extérieur de la Palestine qui a continué en 1967 et qui continue aujourd'hui mais quand on voit cette fragmentation on a parlé de 5 morceaux mais quand on voit plus profondément aujourd'hui en Cisjordanie par exemple aujourd'hui chaque village de la Cisjordanie est coupé de l'autre chaque ville est coupée de l'autre ils sont en train d'essayer de pousser chaque petite population de développer même une culture différente de celle du village d'à côté et ça cet esprit de fragmentation avant qu'elle soit appliquée sur la population en Cisjordanie cette fragmentation détaillée nous on l'a vécue exactement en prison en prison nous on était identifié par par parti politique et tous les partis sont présents on était identifié il n'y avait pas de de de séparation par géographie on va dire 2005 2006 une décision qui tombe qui dit voilà les prisonniers doivent être arrêtés et détenus par zone géographique les gens de Jérusalem tout seuls les gens de 48 tout seuls les prisonniers de Toulkarin tout seuls les prisonniers de Gaza tout seuls et comme ça nous au début on n'a pas vraiment analysé la situation pourquoi ils sont en train de séparer en termes géographiques avec le passé du temps tu vois que la décision derrière la mentalité qui était derrière cette décision c'est de finir avec le mot le mouvement de prisonniers politiques qui était énu qui était représenté qui menait une bataille contre l'administration de prison tout derrière se cache l'idée de la liquidation du peuple aujourd'hui le génocide En cours, ça part de la même mentalité qui a commencé en 1948.

Aujourd'hui, plus ou moins 150 000 Gazaouis qui sont déjà partis de Gaza. Entre blessés, entre familles, entre les gens forcés et accompagnés, on a 150 000. Ils vont plus ou moins jamais avoir le droit de retourner. Surtout après les négociations qui sont en train de se voir là sur la question qui va tenir le frontière de Rafah et le checkpoint de Rafah aujourd'hui. Le génocide en cours, il vient pour compléter ce qui s'est passé en 1948. Les déclarations qui étaient faites dès le début, c'est de dire qu'on veut se débarrasser de la majorité de la population de Gaza vers l'Egypte. Et avoir une minorité palestinienne qui est contrôlable, qu'on peut la gérer.

Et aujourd'hui, ce projet, on ne va pas dire qu'il est fini. Non, il n'est pas fini. Aujourd'hui, les Israéliens sont dans la continuité de voir comment se débarrasser de la majorité des gens de la bande de Gaza. Et ce n'est pas que Gaza. On en parle de moins en moins de ce qui se passe en Cisjordanie. Aujourd'hui, en Cisjordanie, depuis, ça va faire un an, on a plus de 1 000 Palestiniens tués par les colons et l'armée israélienne. Et le projet n'est pas caché en Cisjordanie aussi.

Aujourd'hui, quand on voit, c'est Sharon qui a commencé l'idée de la colonisation intensive de la Cisjordanie, quand elle a proposé cette colonie en 1920, quand elle a présenté le projet de cette colonie sur la ligne verte, les frontières entre 67 et 48. Aujourd'hui, la Cisjordanie, si Gaza et la déportation et l'expulsion des Palestiniens de la bande de Gaza s'appliquent, le tour, il va vite vers les Palestiniens de la Cisjordanie. Et ce n'est pas caché. Aujourd'hui, il y a des ministres israéliens qui l'ont déclaré que voilà, la deuxième étape, ça sera de déplacer les Palestiniens de Cisjordanie vers la Jordanie, les Palestiniens de Jérusalem aussi vers la Jordanie.

Et il y a des ministres qui ont allé plus loin que ça, de dire que voilà, même les Palestiniens qui ont la nationalité israélienne, on n'en veut plus. Ça veut dire que soit une deuxième transfert vers le Liban ou leur demander d'aller vers la Jordanie. Et tout ça, ça se passe avec, et c'est assez clair, on ne peut pas se cacher en dire que voilà, nous on n'a pas vu, on n'a pas su. Non, les choses sont assez claires. Et les choses se passent depuis longtemps. Quand Sber, il a parlé des lois, quand il a parlé de la question des lois, là, il y a deux mois, le Parlement israélien a voté la loi à la non-État palestinien. Il a passé il y a deux mois. Bien sûr, silence total en France et ailleurs.

Quand une loi passe dans ce contexte-là, on n'a rien entendu parler. On parle de 2018, l'époque la plus où c'était vraiment, au terme des lois, c'est aller trop vite dans les lois, on va dire, contre les Palestiniens. On a parlé de la question de la loi nation, la loi nation qui concerne les Palestiniens de 1948, mais aussi on a la question du loi qui s'appelle, comment on va dire ça, la loi sur laquelle moi j'étais déporté en France. C'est la loi de dire que voilà les Palestiniens qui ne montrent pas leur fidélité à l'État d'Israël, l'État d'Israël a la loi de enlever leur papier. Déjà, il faut comprendre que les Palestiniens, ils n'ont pas tous et toutes les mêmes systèmes administratifs.

Ça fait partie aussi de l'idée de la fragmentation. Les gens de Gaza, ils ont une situation. Les gens de la Cisjordanie, ils ont un système de papier qui est aussi différent. Les Palestiniens de Jérusalem, un nouveau système de papier. Et les Palestiniens qui ont une nationalité israélienne, qui sont considérés israéliens, mais de bas. Cette loi qui a donné en 2018 le droit au ministre de l'Intérieur israélien d'enlever les papiers de Jérusalem pour les Palestiniens qui ne sont pas fidèles à l'État d'Israël. Ça veut dire enlever les papiers, les envoyer en Cisjordanie sans papier. Il y a des cas aujourd'hui. Il y a les quatre députés.

Quatre députés du Hamas élus en 2006, les élections qui n'étaient pas respectées. Ils leur ont enlevé leur papier depuis 2006. Et depuis 2006, il vit à Ramallah son papier. Et sur cette base de loi, on était 11 Palestiniens à être visés. Moi, j'étais déporté vers la France et le reste, il vit sans papier en Palestine. Aujourd'hui, je pense que ce génocide en cours, avec le soutien total des forces occidentales et les États-Unis, aujourd'hui, cette guerre faite par les Israéliens et soutenue par les forces occidentales américaines, c'est aussi leur guerre. C'est pas que la guerre de la machine israélienne. Non, c'est aussi leur guerre. Ça fait partie du système du contrôle du Proche-Orient.

Et ça, c'est pas nouveau. La création de cette colonie, elle était pour contrôler la région et avoir et contrôler les intérêts de ces forces impérialistes. Aujourd'hui, le soutien total à ces génicides en cours, il part de cette mentalité-là. Aujourd'hui, les Américains, ils ont un plan qui est très clair pour la région. Les Américains, ils veulent de nouveau recontrôler la région. Trump, il y a deux semaines, il a déclaré que l'espace d'Israël dans le Proche-Orient est très petit et je travaillerai pour l'élargir. Ça veut dire quoi élargir Israël ? Déjà, il a offert le plateau du Golan aux Israéliens il y a quelques années. Et ça veut dire quoi ?

Aller vers la Jordanie, reprendre la carte qu'ils ont inventée dans les 1800 de dire que voilà, de l'Égypte en Irak jusqu'à l'Irak, ça sera ça, l'État d'Israël. Et ça, c'est pas caché dans la mentalité sioniste. Et ça, c'était publié. Aujourd'hui, les Américains, avec le projet qu'ils ont avec l'Arabie Saoudite, pour remplacer le canal du Suez et faire le canal de Ben-Gurion qui sera entre Israël et l'Arabie Saoudite, qui devait passer par, au début, la normalisation.

Aujourd'hui, je pense qu'on revient un petit peu plus en avant qu'on revient vers le 2011, le printemps arabe, le début de printemps arabe, qui a commencé un mouvement, un soulèvement des peuples, mais malheureusement qui a fini par les mains des réactionnaires arabes et les forces impérialistes. La liquidation totale de la cause palestinienne, elle a commencé là. Elle s'est intensifiée ici, on va dire. Avoir des régimes liés totalement à la défense de la sécurité d'Israël, et là, on voit les conséquences aujourd'hui. Quand les ports de Haïfa et d'autres ports qui ne fonctionnent plus, qui a remplacé ces ports pour amener les armes et d'autres ? C'est l'Egypte.

Quand le port de Haïfa ne fonctionne plus et la mer rouge est fermée, qui a fermé ? C'est l'Arabie Saoudite et les Émirats-Unis et la Jordanie qui ont fait ce pont ouvert à Israël. Quand il n'y en a plus rien qui rentre par les frontières, qui a ouvert les frontières totalement, c'est la Jordanie. C'est ça, ce qu'ont voulu les Américains pendant des années et des années, c'est des régimes autour d'Israël, des régimes qui soutiennent totalement la politique américaine, qui soutiennent totalement le régime colonisateur israélien.

Et si, pour terminer, moi je pense qu'aujourd'hui, malgré la situation difficile des Palestiniens, malgré ce génocide en cours, moi je ne vous cache pas que c'est un des rares moments où je me dis que voilà, je vois un truc très positif. Aujourd'hui, malgré ce qui se passe, on est passé de la liquidation totale de la cause palestinienne à la première priorité mondiale aujourd'hui. Première priorité mondiale, grâce à plusieurs éléments. Les Palestiniens, la résistance du peuple palestinien, la détermination aussi du peuple palestinien, qui était claire que nous, on ne va pas reproduire une deuxième Nakba et partir et reproduire des générations et des générations des réfugiés.

Troisième élément, bien sûr, c'est la question de la solidarité internationale. Aujourd'hui, la solidarité internationale, au niveau international, elle a remis la cause palestinienne en première cause. Parce que la cause palestinienne ne concerne pas que les Palestiniens. C'est une cause qui touche toute la région et qui touche tout le monde. Quand on parle d'un système colonial aujourd'hui, c'est un système qui touche les intérêts de tous les peuples. Il ne touche pas que les intérêts des Palestiniens. C'est pour ça qu'on garde l'idée que la Palestine, c'est une cause internationale et ce n'est pas une cause qui ne concerne que les Palestiniens.

Parce qu'aujourd'hui, en France et ailleurs, la même méthode israélienne des fragmentations, ils essayent même de fragmenter les souffrances des peuples, de dire que voilà ce qui se passe à Gaza ne concerne pas, ce qui se passe en Chili ne concerne pas, ce qui se passe en Kanaki ne concerne pas. Ben non, les luttes de peuples, c'est des luttes unies. Et c'est pour ça qu'on lève la voix ici, en France et ailleurs, pour dire que voilà, nous, en France et ailleurs, on est là pour le soutien du peuple palestinien, le soutien à sa résistance.

Pour terminer, hier, Jean-Luc Mélenchon, pendant son discours, il a dit, nous, on est contre la guerre, contre la politique de la guerre, sauf pour défendre notre frontière et défendre notre peuple. Et on l'a fait avant.

Aujourd'hui, moi, je pense, un peuple colonisé depuis un siècle, aujourd'hui, un peuple qui résiste depuis un siècle, un peuple qui refuse la liquidation de sa présence, aujourd'hui, je pense que la riposte à ce génocide en cours, la riposte, notre riposte en tant que palestinien, mais notre riposte aussi en tant qu'allié avec le peuple palestinien, c'est-à-dire que voilà, on parle du droit international, ben le droit international garantit aussi toute forme de résistance pour un peuple sous occupation. Et nous, et nous, et nous, en tant que peuple occupé, en tant que réfugié palestinien, on a le droit de résister cette occupation.

Et je pense qu'aujourd'hui, avec le temps qui passe de ce génocide en cours, les Palestiniens, à mon avis, on a bien compris qu'on va reorganiser notre projet national, reorganiser notre mouvement de libération nationale, parce que je pense que ce droit qui était appliqué par les peuples en Algérie, en Afrique du Sud et ailleurs, nous, ce droit, on ne va pas accepter qu'il soit confisqué. Non. On ne recule pas devant une machine de force, on ne recule pas devant les pressions en France ou ailleurs. On va continuer de soutenir le peuple palestinien, continuer de soutenir sa résistance et marcher côte à côte avec lui jusqu'à sa libération et son indépendance. Merci.

1:19:03
Présentateur

Merci infiniment, Salah.

1:19:08
Invité

Oui.

1:19:11
Présentateur

Merci, parce qu'on a une dernière partie de conférence. Merci infiniment. Merci, Salah. Vous avez raison de l'applaudir très fort. J'en profite pour saluer aussi la présence d'Ada Kolao qui est dans la salle. Je ne sais pas où elle est. Si elle peut se signaler. Ah, voilà. Magnifique. Je ne t'avais pas vue. Donc, ancienne maire de Barcelone qui est là, merci beaucoup d'être là avec nous et qui, notamment en Espagne, avec la reconnaissance de l'État de Palestine qui a été faite avec beaucoup, beaucoup de militantisme et de mouvements qui agissent eux aussi aux côtés des nôtres pour l'embargo sur les armes, pour les sanctions économiques, pour le cessez-le-feu.

Donc, grand honneur que tu sois là avec nous. Peut-être qu'on va commencer le moment des questions pour qu'on puisse quand même avoir un temps d'échange. Donc, levez la main, on va vous donner les uns et les autres le micro. Je voulais dire, et ça rejoint les différentes interventions qui ont été faites, qu'on voit bien dans le débat français dans ce sur quoi on est, c'est-à-dire à la fois une manière de salir les voies qui s'élèvent pour la défense, le droit à la dignité et à la liberté du peuple palestinien. Donc, une volonté de salir les voies qui s'élèvent, de les criminaliser, de les décrédibiliser. Et puis, une volonté qui est très forte de déshumanisation aussi des palestiniens.

Donc, que ça soit par le gouvernement génocidaire qui va parler d'animaux, humains, etc. Mais aussi par le fait que jamais on ne dit ni les noms, ni les visages, ni les vies des palestiniens. Et dans un conflit qui est déjà le conflit le plus meurtrier de toute l'histoire des Nations Unies sur le nombre d'agents des Nations Unies qui ont été tués dans ce conflit, le conflit le plus meurtrier depuis 30 ans au moins sur le nombre de journalistes qui ont été tués, le nombre de travailleurs humanitaires qui ont été tués, le nombre de soignants.

Je voulais notamment saluer les soignants qui reviennent de Gaza et qui font des témoignages qui, je crois, sont très, très importants pour réhumaniser ce qui se passe en Palestine. Et je vous invite notamment à écouter le dernier reportage, enfin, le dernier témoignage qui a été fait par une médecin qui s'appelle Tania Hassan qui a un témoignage extrêmement fort. Elle parle notamment de la polio qui a réapparu à Gaza après une disparition pendant 25 ans. Et elle donne ce témoignage, je veux juste vous le dire aussi parce que je crois qu'il est important de livrer ces témoignages de soignants qui vont aider les soignants palestiniens sur place.

Elle dit, je vous livre juste une petite histoire pour humaniser justement les Palestiniens. Elle dit, j'ai reçu un jeune garçon qui avait la moitié du visage et du coup arraché. Heureusement, les organes vitaux, la respiration et l'irrigation sanguine du cerveau étaient préservés. Ils étaient visibles mais préservés. Et il nous parlait, il ne pouvait pas se voir et ne savait donc pas à quoi il ressemblait à ce moment-là et n'arrêtait pas d'appeler après sa sœur. Sa sœur était dans un lit à côté de lui. La majeure partie de son corps avait été brûlée au point d'être méconnaissable. Il n'a pas reconnu que la fille dans le lit à côté de lui était sa sœur.

Toute sa famille, ses parents et le reste de ses frères et sœurs avaient été tués dans la même attaque. Le lendemain, c'est toujours la médecin qui parle, je suis allée le voir. Un très jeune chirurgien plasticien, l'un des rares encore présents à Gaza car les autres ont été tués ou ont dû fuir, l'avait opéré. Il était allongé dans un lit et il marmonnait parce qu'il avait du mal à parler. et il n'arrêtait pas de dire une phrase et je me suis approchée de lui pour savoir ce qu'il disait. Il m'a dit « Tous ceux que j'aime sont au paradis. Moi aussi, je veux partir. Moi aussi, je veux mourir. » On parle d'enfants aujourd'hui à Gaza.

Quand vous leur demandez ce qu'ils veulent, ils disent « Je veux mourir. » Et vous avez des témoignages de soignants comme ça par dizaines puisque nous sommes devant le premier génocide qui est documenté en direct, live tout le temps et dont il est important que chacun et chacune d'entre nous aussi permette d'humaniser, de faire passer ces messages-là et de ne pas faire disparaître la Palestine. Et je terminerai juste avant de laisser les questions en vous disant de prendre vos agendas puisque le 8 septembre, c'est ça, ça, là, il y aura de nouveau des marches et des mobilisations pour le peuple palestinien. Ces mobilisations sont très importantes.

Je parlais avec Iman qui est une infirmière qui a été, elle aussi, aidée à Gaza et qui disait « Moi, avant d'y aller, je pensais que les manifestations, ça ne servait à rien jusqu'à ce que je parle aux Palestiniens eux-mêmes qui me disent qu'ils voient la solidarité internationale qui se déploie partout. Ils voient cette jeunesse et ces étudiants qui sont mobilisés.

jusqu'à Ivry-sur-Seine, les fils d'Abou Shamla et cet homme qui travaillait depuis 25 ans pour la diplomatie française qui a été tué envers lequel la France a une dette historique puisqu'il a été tué parce qu'il y a eu un problème sur son visa alors qu'il avait tout à fait le droit puisque ses 4 enfants, eux, ses 4 fils, n'avaient pas le visa et donc il est resté avec ses fils et il a été assassiné avant de pouvoir rejoindre la France. Ses fils sont en France maintenant avec le reste de sa famille et ses fils me disaient « Tu sais Mathilde, nous quand on était à Gaza, avec mon père on regardait tes discours. » Et donc tout ce que l'on fait pour la Palestine a un impact.

Tout ce que l'on fait pour la Palestine, ils le voient et tout ce que l'on fait pour la Palestine va nous permettre de gagner la pression parce que les peuples du monde sont aux côtés du peuple palestinien. Et donc il est hors de question que nous lâchions la pression sur le génocide qui est en cours. Donc il faut plus que jamais continuer, il faut plus que jamais se mobiliser et le premier rendez-vous ça sera donc le 8 septembre après beaucoup d'autres qui suivront. Donc on continue plus que jamais sur la mobilisation. Je voulais le souligner avant de vous laisser parler. Alors à vous maintenant.

1:25:58
Invité

Bonjour à toutes et à tous. Merci pour tout ça. Moi je m'appelle Amadi, j'habite le 19e arrondissement à Paris. Je suis membre du comité Palestine 19e. On a aussi des membres du LUJFP qui font partie du comité. Je suis aussi proche d'Urgence Palestine et je m'intéresse à la question palestinienne depuis des années, des années et des années. Je voudrais parler de deux choses. Donc moi je ne suis pas universitaire, je ne suis pas palestinien non plus. mais concernant l'histoire coloniale de cette région du monde, est-ce qu'il ne s'agirait pas de souligner en permanence justement que Israël n'est pas une démocratie et qu'elle ne sera jamais la seule démocratie du Proche-Orient ?

Est-ce que l'histoire coloniale de ce territoire du monde ne doit pas être rappelée en permanence et pas seulement attendre qu'il y ait un gouvernement néo-fasciste en Israël pour parler de la colonisation et de la colonialité qui est inhérente même à Israël ? Je pense que c'est nécessaire de rappeler que l'existence même d'Israël est une sorte de non-sens humaniste et que effectivement ça a commencé au XIXe siècle, ça a d'abord été le fruit de l'impérialisme britannique, puis d'un plan de partage qui a été refusé à juste titre par la population arabe en Palestine occupée, puis les territoires de 1967.

Quand on parle de la solution à deux États, on parle des territoires de 1967, c'est déjà une injustice. Donc je suis d'accord avec Géraldine quand tu dis que ce n'est pas à nous qui ne sommes pas palestiniens et qui ne sommes pas en Palestine de choisir notre destin entre un État et deux États, mais en revanche, je pense que c'est important d'insister en permanence sur la colonialité d'Israël et d'arrêter d'accepter qu'on le définisse comme une démocratie standard. Et il n'y a pas besoin d'avoir un Netanyahou pour qu'on puisse parler de ça. Ça, c'est la première idée que je voulais exposer. Oui, rapidement.

Et par rapport à l'antisémitisme, je voulais déjà remercier Tzedek et l'Union juive française pour la paix, déjà par le combat que vous menez, par votre humanité et tout ce que vous représentez. Et je voudrais rappeler que l'antisémitisme, c'est d'abord le fait de résumer en fait les gens à leur judaïté. Et Théodore Herzl, qui était quand même un des théoriciens du sionisme, il y a deux choses qui l'ont poussé à fomenter le projet sioniste politique, c'est les pogroms en Russie et l'affaire Dreyfus en France. Donc il ne faut pas oublier d'où provient l'antisémitisme et l'abîse au mans des juifs au travers des siècles. Et il n'y a rien de pire que de résumer les gens à leur religion.

Moi, je suis d'origine tunisienne par mon père, je suis bien plus proche des juifs tunisiens de la Goulette parce qu'on est nostalgique des mêmes endroits, de la même nourriture, de la même musique qu'un musulman chiite au Liban. Donc il n'y a rien de plus raciste et de plus antisémite que de confondre le sionisme avec la judaïté. Il faut sans cesse rappeler cette idée-là. Voilà. Sinon, je vous remercie. Merci. Oui, bonjour. Je me lève pour montrer mon T-shirt parce que je suis animatrice de la campagne BDS France. Donc je remercie Géraldine. Merci. Je remercie Géraldine d'avoir si bien présenté cette campagne très rapidement mais de façon extrêmement claire, très intéressante.

Donc je veux remercier la France Insoumise aussi de nous avoir accordé une table au village des associations. Mais j'ai une petite question taquine quand même pour la France Insoumise. Merci pour la table. Mais à quand, à quand la conférence sur la présentation de la campagne du mouvement BDS et de la campagne BDS France ? On l'a demandé pour cette année. On n'a pas eu de réponse. On a eu la table. Donc si la Palestine n'est pas libre l'année prochaine, on espère bien avoir la conférence sur la campagne BDS France. Merci. Bonjour à tous.

Merci pour vos témoignages et très heureux et aussi à la fois peinés d'être là aussi parce que le discours ça fait plus de 30 ans que je l'entends et je l'écoute et je vais, comme l'a dit le camarade, moi ça fait longtemps que j'ai grandi avec la Palestine, avec ce conflit-là. Je vais être très vite et je vais vous poser une question pour tous vous quatre. Un, combien de réfugiés à travers le monde ? Deux, pour Salah, combien de prisonniers palestiniens et combien de procès ? Pour Mathilde, combien de pays du monde européen ont reconnu l'État de la Palestine ? Et pour Géraldine, combien il y a de membres dans l'Union de Juifs française que je vais vite rejoindre prochainement ? Voilà.

Bonjour, merci pour tout ce qui a été dit et j'y souscris à 1000%. Deux questions. Est-ce que vous pourriez revenir sur le fait, sur l'importance du soutien de l'URSS à l'époque, à la création de l'État d'Israël et ses conséquences, puisqu'à l'époque, les partis communistes étaient la principale force de gauche, notamment dans tous les pays européens ? Et deuxième question, est-ce que vous pourriez revenir sur ce qu'on peut maintenant qualifier de trahison, d'une certaine façon, des accords d'Oslo, sur les différentes forces politiques qui traversent le mouvement palestinien en Palestine, en Cisjordanie, à Gaza et ailleurs, les différentes organisations ?

Bonjour, et merci pour votre exposition magnifique, vraiment très intéressante, les quatre. Je suis argentin, mais je réside ici en France depuis sept ans et la cause palestinienne, c'est une cause qui attire l'attention de tout le monde. Je vais faire une question un peu hors du centre de Palestine, c'est surtout le crime, l'assassinat de Jacques Jigzak Rabin, qui est un peu le protagoniste de l'accord d'Oslo, si c'est, comment s'explique ça ? Et l'autre question, c'est le récent assassinat d'Ismail Haniyah à Teheran, qui a déclenché, va déclencher, apparemment, un repos de l'Iran contre Israël. et c'est quoi la position de la France qu'il va y avoir sur cette question ? Merci.

Bonjour à tous. Je voudrais également faire valoir mon tee-shirt du mouvement de la paix. Je fais partie de LFI. Je veux remercier LFI également pour notre présence sur le site. et je voulais poser une question qui est à titre, je dirais, citoyen. Quelles sont les perspectives de reconstruction d'un État palestinien ? Comment ? Et quelles sont les pressions

1:33:27
Présentateur

que l'on peut faire

1:33:29
Invité

sur notre président, on va dire, pour reconnaître l'État de Palestine et cesser la fourniture d'armes à l'État d'Israël ? Je voudrais intervenir par rapport à ce que tu disais au début, Mathilde, sur le traitement, les condamnations des personnes qui revendiquent l'application du droit international et du deux poids, deux mesures du traitement de la France par rapport aux citoyens qui défendent cette idée d'application du droit international. La France occulte quand même de condamner les propos arabophobes génocidaires d'Abid Meijer. Elle refuse de condamner les plus de 4000 soldats franco-israéliens qui sont partis en Palestine assassiner le peuple palestinien. Ça, c'est une première chose.

Et la deuxième chose, tu parlais des blouses blanches. Moi, je fais partie des blouses blanches pour Gaza et il y a le... Je suis désolé, je suis un peu ému. Il y a le drapeau qui circule, le drapeau de la libération qui circule dans toute la France. On l'a fait partir de Belfort, on l'a ramené à Genève. Il est revenu en France, il circule dans toute la France. Je vous invite à assister à cette très, très belle aventure qui non seulement permet de sensibiliser les gens sur la lutte pour le peuple palestinien, mais aussi de réunir l'ensemble des organisations qui militent pour la libération du peuple palestinien. Voilà. Merci à vous. On passe aux réponses.

Merci à toutes et tous pour vos questions. On passe aux réponses. Merci. Merci. J'essaye de répondre implicitement parce que je serai incapable de répondre à l'ensemble des questions, mais j'aimerais bien juste mettre l'accent sur quelque chose. Il y a la guerre à Gaza, c'est vrai, mais il y a une guerre de diabolisation ici en France et en Occident. Ça, mais il y a un deuxième élément qui est plus important à mon avis. il y avait une certaine solidarité coloniale ici en France. Actuellement, on est passé à un engagement pour la libération et ça, c'est le plus important. Et c'est grâce à vous et grâce à, je dirais, à la France insoumise aussi, en fait.

Lorsqu'on parle ici de la situation coloniale, alors que normalement, on est censé parler plutôt à l'université. Donc ça, ça participe quand même, ça contribue à saisir la réalité autrement du peuple palestinien. Donc moi, j'ai de l'espoir lorsque je vois ça changer en France. Ça fait 20 ans que je suis en France. C'est la première fois qu'on commence à parler de la situation coloniale de cette manière directe. Et ça répond implicitement à ce qui a été dit pour l'URSS, pourquoi en fait ça a été soutenu. Mais il y a un problème ici en France. Il y a l'horocentrisme. On ne veut plus. Il y a deux problèmes majeurs, je dirais.

Et à l'horocentrisme, on ne veut plus voir l'histoire des autres qu'à travers nos regards. Donc si on avait des problèmes ici, ça doit être pareil partout. Donc ça, c'est une question de décontextualisation, déshistorisation de la Palestine et de son histoire. Il n'y avait jamais, il n'y aura jamais un problème juif en Palestine. Ce n'était pas le cas. Donc si c'était le problème ici en Europe, qu'on essaye tout simplement d'imposer ailleurs. Donc il y avait ce danger, je dirais, l'horocentrisme. Mais il faut le dire aussi, il y a aussi la mentalité coloniale qui est demie chez certains. Et là, je crois qu'il y a quelque chose qui commence à bouger à mon sens.

ce que je commence à voir qu'il y a des gens et dans ce sens-là, la question palestinienne n'a rien de particulier, c'est une question universelle parce que ça nous libère de nos propres, je dirais, illusions et de notre manière aussi de voir les autres et de voir même notre condition nous-mêmes. Nous-mêmes, on parlait toujours liberté d'expression en France, les valeurs, etc. Et là, on a vu les limites. On a vu comment un pouvoir peut tout mettre en cause pour des fins politiques, pour des intérêts, quels que soient ces intérêts. Donc, il y a des acquis sociaux, il faut lutter pour maintenir ces acquis sociaux que la France a, tout simplement.

Donc, il y a la lutte ici et je crois la Palestine a révélé quelque chose en France dans ce sens-là. C'est dans ce cadre, je vois, que la Palestine nous libère. La Palestine est un révélateur de notre propre religion ici en France. Alors, pour le nombre de réfugiés, il y a plus de deux tiers, je crois, il y a 7 millions de réfugiés partout. Donc, plus que la moitié du peuple palestinien sont des réfugiés. Et je vais m'arrêter là pour laisser les paroles. Moi, je veux être rapide aussi. Première question assez rapide, la question des prisonniers. l'année dernière, à ce temps-là, il y avait 5 000 prisonniers politiques détenus. Aujourd'hui, on est à 17, 18 000 prisonniers détenus.

On ne peut pas dire le chiffre exact. Il y a des gens considérés comme disparus. Il y a des centaines et on peut arriver à des milliers de gens de Gaza qui sont considérés des gens disparus. on n'a aucune info s'ils sont vivants, détenus ou on ne sait pas leur situation exacte. On a le chiffre exact de la Cisjordanie. Depuis octobre, il y a 10 200 Palestiniens arrêtés, rajoutés aux milliers qu'ils étaient avant. Ça va nous faire 13 000, 14 000 de la Cisjordanie plus les milliers de Gaza. Bien sûr, la situation des prisonniers politiques est catastrophique.

Aujourd'hui, le chiffre déclaré par le journal Haaretz il y a quelque temps qu'entre 40 et 50 Palestiniens tués dans les prisons israéliennes, c'est le chiffre qui est déclaré, mais on ne sait pas derrière les centaines disparues s'ils sont vivants ou pas. La question de la création de l'État palestinien, comment on va à la suite. Moi, je ne te cache pas, aujourd'hui, tu me parles, donne-moi une perspective comment le faire cet État, je ne suis pas capable de dire comment construire l'État.

Aujourd'hui, vu la situation coloniale, aujourd'hui, on ne peut pas créer, on peut, oui, dire qu'il y aura une reconnaissance de l'État palestinien, mais aller sur le terrain et voir comment le construire cet État, je ne suis pas capable de donner une réponse. moi, le seul projet que j'ai en tête aujourd'hui, c'est comment changer le rapport de force. En changeant le rapport de force, avoir un rapport de force qui donne, un rapport de force qui change le terrain, c'est au-delà, on peut en commencer à discuter, voir une perspective d'un État palestinien, mais sans un rapport de force, je ne suis pas capable de dire c'est quoi le perspective d'un État palestinien et d'une future.

La question sur les accords d'Oslo, les accords d'Oslo, ils sont venus dans un contexte politique assez spécial, après la fin de l'Union soviétique, après le nouveau changement mondial avec un bloc qui contrôle le monde, les États-Unis de l'époque, où les dirigeants, une partie des dirigeants de l'OLP qui était Asara Afat et son équipe politique à l'époque, ils ont dit que voilà, peut-être un processus de paix à cette période-là va nous garantir un futur État palestinien.

Mais il y avait tout ce qui était gauche palestinienne, les islamistes, tout ça, qui étaient contre ce processus de paix et le temps a prouvé que ce n'était pas un processus de paix, que c'était un piège qui a donné la force à la force à un colonisateur d'approfondir son projet colonial. Il y avait la question de la dernière, après je m'arrête, la question de l'assassinat de Soumaïl Haninié, et il y avait la veille de cet assassinat, il y avait l'assassinat du chef de Hezbollah à Bayrout. Aujourd'hui, vu que les Israéliens, à mon avis, dès le début avec les Américains, avec les Français derrière, ils ont déclaré deux buts pour ce génocide en cours.

De finir totalement avec la question de la présence des partis politiques, la présence du Hamas dans la bande de Gaza et récupérer les otages sans négociation, sans la libération des prisonniers politiques palestiniens. Aujourd'hui, on en est où ? Aujourd'hui, le terrain a démontré que c'est impossible de finir la question de la présence des partis politiques palestiniens à Gaza. Et la question des otages, on a les preuves que tous les 4, 5 mois, 6 mois, on a 3 ou 4 otages tués tués et récupérés après. Et il en reste 109 otages. Si on calcule 4 ou 5 par quelques mois, on n'a pas fini jusqu'à 2030 au moins.

Moi, je pense que cet échec israélien militaire, les Israéliens, ils essayent aujourd'hui de taper à Tehran, taper à Beyrouth, taper hier, ils ont tapé en Syrie, en Irak, au Yémen. C'est pour récupérer l'image que voilà, nous, c'est le dominateur de la région et c'est nous qui a le bras qui peut toucher dans toute la région et on va en rester. Moi, je pense qu'aujourd'hui, les assassinats ciblés, ils ont démontré historiquement que c'est un échec et c'est pas en assassinant quelqu'un que voilà, un mouvement, il va s'arrêter.

Moi, je vais m'arrêter là et je veux vraiment tenir à vous remercier encore une fois la France insoumise de nous donner la parole palestinienne d'être exprimée parmi vous. Par rapport à la notion de démocratie et à Israël qui se présente comme un état démocratique, on va prendre les Etats-Unis, c'est une démocratie, ils interviennent en Irak, ils font n'importe quoi. la France, la Libye. Donc en fait, la démocratie, c'est pour les peuples, nous, on vit dans un régime démocratique, mais pas pour les autres. Donc je pense que c'est pas sur cet axe-là qu'on peut attaquer le régime israélien, mais en effet, toujours, de manière permanente, rappeler le colonialisme et ce contexte-là.

Au niveau de l'UGFP, alors contrairement à d'autres, nous, on parle en entre-noms quand on prend la parole pour l'UGFP, tous les porte-parole, on ne parle pas au nom de la communauté, si une communauté juive existe en France. Déjà, moi, je n'aime pas parler de communauté. On n'est pas nombreux, il faut être honnête, on est à peu près 400 membres. Il y a eu un, comment dirais-je, pas mal d'inscriptions de gens qui ont voulu souscrire à l'association depuis un certain nombre de temps, donc c'est bien. Nous sommes une association laïque et il n'y a pas besoin d'être juif ou juif pour venir. On prend tout le monde.

Donc, si vous voulez rejoindre notre association, vous êtes les bienvenus, il n'y a pas de soucis par rapport à ça. Et puis, plus on est nombreux, mieux, je sais, pour parler, pour porter cette voix, encore une fois, décoloniale et apporter, voilà, de la... Pas de nuance. Voilà. Pas de nuance quand il y a une situation d'occupé et d'occupant. Voilà. Je ne sais pas si j'ai répondu.

1:46:34
Présentateur

Merci infiniment à vous. Alors, évidemment, c'est un peu frustrant parce que c'est très court, mais ça sera, bon, des discussions à continuer, évidemment. Donc, notez bien le 8 septembre sur la marche en soutien au peuple palestinien. juste pour répondre rapidement à deux choses qui avaient été demandées dans la salle. Je ferai passer pour le programme des amphis la demande sur la conférence BDS puisqu'il n'y a aucun problème politique là-dessus, évidemment, et n'hésitez pas à aller à la table, du coup, au Village des Associations pour aller les voir. Ça, c'est la première chose. Deuxième chose sur la question du nombre d'États qu'ont reconnu la Palestine dans le monde.

Donc, il y a 193 États à l'ONU. Dans mon dernier décompte, il y en a 147 qui ont reconnu l'État de Palestine et je le dis juste, même si, évidemment, reconnaître l'État de Palestine, c'est surtout quelque chose de symbolique qui permet de montrer dans un moment où il y a le génocide en cours à Gaza qu'il y a une opposition très forte à la politique d'extrême droite de Netanyahou et de vouloir faire avancer pour la paix.

Donc, c'est des pas que prennent les États qu'Emmanuel Macron avait dit que la reconnaissance de l'État palestinien n'était pas un tabou avant de ne rien faire derrière comme d'habitude mais que surtout dans les élections législatives parce que vous le savez sur la cause palestinienne ça a été compliqué aussi y compris à l'intérieur de la gauche et des écologistes sur les positions que nous, nous avons prises et bien que dans le programme du nouveau Front Populaire il y a évidemment le cessez-le-feu immédiat l'embargo sur les armes la reconnaissance immédiate de l'État de Palestine et que donc le peuple français dans une mobilisation historique lors des élections législatives a fait gagner non seulement le nouveau Front Populaire mais la volonté majoritaire dans le pays de faire en sorte que le peuple palestinien puisse vivre dignement avec la reconnaissance immédiate par la France de l'État de Palestine.

Je le dis parce que c'est un argument qu'il faut qu'on utilise beaucoup nous avons gagné par les urnes le fait que la majorité du peuple français n'est pas d'accord avec le fait que un génocide soit en cours et donc je voulais juste terminer par cela pour vous dire je sais et je trouve ça toujours extraordinaire je veux dire on a passé une année nous si on parle de nous à être qualifiés sans cesse d'antisémites de brutaux de terroristes d'alliés des terroristes d'idiot utile des terroristes et on se retrouve avec une université d'été cet été non seulement avec une victoire électorale mais une université d'été où il n'y a depuis longtemps jamais eu autant de monde qui vient apprendre discuter essayer de comprendre d'agir sur le monde qui nous entoure et je trouve que ça en termes de force collective il faut s'en rappeler toujours et donc vous dire toujours n'ayez pas peur de vos convictions parce que nous au moins nous n'aurons pas à rougir devant l'histoire des positions que nous avons tenues et nous sommes fiers d'avoir toujours été de celles et ceux qui réaffirmaient l'égale dignité des êtres humains et pour terminer ça va aller avec ce que tu disais tout à l'heure Sala et sur la question de la colonisation je voulais juste vous lire parce que comme on aime bien faire ça à la France insoumise une citation du grand poète Aimé Césaire un politique aussi martiniquais qui disait ce que nous vous demandons à vous intellectuels d'Europe c'est de vous convaincre c'est de convaincre vos compatriotes que la cause de l'homme est une que la cause de la liberté est indivisible et que chaque fois qu'il y a un Vietnamien qui tombe chaque fois qu'il y a un Malgache qui est torturé chaque fois qu'il y a un Juif qui est insulté chaque fois qu'il y a un Noir qui est lynché on pourrait rajouter chaque fois qu'un Palestinien est tué il y a un morceau de la civilisation universelle qui s'écroule et une flétrissure imprimée sur la joue de l'humanité voilà le combat que nous continuons merci infiniment à vous et on continue la pression et la mobilisation merci beaucoup merci beaucoup

Palestine/Israël : une histoire coloniale | #Amfis2024 · Pourquijevote