Retraites : « Le Gouvernement doit respecter son engagement et donner le dernier mot au Parlement. »
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Olivier Fort. Bonjour. Merci d'être avec nous après un weekend qui a été long, compliqué.
Vous avez pas dû beaucoup dormir. Vous étiez à Nancy pour le congrès. On va y revenir parce qu'il s'est passé plein de choses.
Mais d'abord évidemment l'actualité internationale. La nuit a été marquée une nouvelle fois par des frappes entre Israël et et l'Iran. Quel est votre point de vue là-dessus ?
Jusqu'où peut aller l'escalade et surtout comment y mettre un terme ? Bon, le problème c'est qu'on a affaire à deux hommes, Ramenaïay pour l'Iran et Netaniaahu pour Israël qui sont l'un et l'autre dans la situation difficile contesté par leur propre opinion publique et chacun ayant intérêt en réalité à la guerre. Le but c'est la guerre elle-même.
Netaniaou sait qu'il est devenu impopulaire à la français. Pas une guerre une guerre existentielle comme le dit Benjamin Netaniaou pour Israël. mais existentiellement bah c'est une guerre d'abord une guerre politique effectivement parce que en réalité euh il y a un acquis historique en terme de savoir-faire sur le nucléaire iranien et donc ça n'est pas simplement en détruisant aujourd'hui des infrastructures qu'on arrêtera définitivement la capacité de l'Iran à se doter de l'arme nucléaire.
La réalité c'est que c'est par la négociation, par la diplomatie qu'on peut arriver éventuellement à quelque chose. Mais si ça marche pas, si ça marche pas, c'est ce que dit Israël. Il disent "Les Ianiens nous roulent dans la farine depuis longtemps." Mais la réalité c'est que aujourd'hui euh l'Iran n'a pas encore l'arme nucléaire.
Mais ils étaient sur le point de l'avir. C'est ce que disent les Israéliens. C'est ce que disent les Israéliens.
C'est pas ce que dit la CIA. La CIA dit qu'il y avait de nombreuses années encore avant d'arriver à aboutir à en réalité enrichir l'uranium suffisamment pour pouvoir arriver à produire la bombe nucléaire. Et donc on est dans une situation, on a là une guerre qui a une vocation en fait à retourner l'opinion publique, faire en sorte que se choisissant un ennemi, un adversaire qui est un adversaire que tout le monde peut détester et bien retrouver une forme de popularité à la fois en Israël et dans le monde.
C'està-dire que vous nous dites que c'est un contrefeu à ce qui se passe à Gaza pour dire les choses clairement. Mais pour dire les choses clairement, je crains effectivement que à la ça ne s'est pas passé à n'importe quel moment. Netaniaahu ouvre le feu à la veille d'une négociation qui devait intervenir entre iranien et américain.
Et vous la condamnez cette intervention ou pas ? Parce que la France ne l'a pas fait. Moi je la condamne parce que on est là dans une forme d'embrasement de la région et je crois qu'il est utile de désescalader rapidement, éviter un embrasement complet de la région et se retrouver dans une situation impossible.
Aujourd'hui, on a la guerre avec l'Iran, avec le Liban, avec la Syrie, à Gaza. La colonisation qui se pr Jordanie, ça n'est pas tout à fait responsable. On voit bien que après le 7 octobre, il y a eu une forme d'emballement qui conduit aujourd'hui à un génocide à Gaza et partout ailleurs à ce que le feu l'emporte sur le reste avec une région qui peut être durablement touchée.
Moi, ce que je cherche, c'est une paix durable et on ne construit pas la paix en semant partout le désordre. Alors en attendant, même si évidemment c'est une toute autre échelle, vous essayez de construire la paix au sein du Parti socialiste et ça n'est pas simple. Vous avez passé le weekend sur le sur le dossier hostilité politique.
Alors l'un des moments évidemment marquants de ce congrès, c'est lorsque euh Jérôme Ges était à la tribune. Vous étiez présent dans la salle à ce moment-là ? J'étais dans un bureau avant en réunion mais j'avais l'écran de télévision allumé.
Et Jérôme Gegge qui traite euh à ce moment-là, il l'avait pas prévu est-il dit euh après, mais ça lui est venu comme ça. Il le traite de antisémite. Évidemment, les termes sont forts.
Vous avez ressenti quoi quand vous avez entendu ça ? Bah, que les histoires d'amour parfois se finissent mal. Ils se sont tellement aimés ces deux-là, Mélenchon, Ged, je c'était le père et le fils et ils ont tout fait ensemble.
Et donc ou mais vous ça vous a ça vous a choqué ? vous a dit s'il va trop loin, il dépasse les bornes ou mais ce que je vois c'est qu'en réalité à la fois Jérôme Gegge et Jean-Luc Mélenchon trouvent un intérêt commun à se taper l'un sur l'autre à un moment où nous aurions besoin au contraire de mobiliser la gauche face à la vraie menace au vrai danger qui est aujourd'hui l'extrême droite. Enfin pardon quel est l'intérêt de je ne sais pas je ne veux pas commenter les uns et les autres sur ce que je vois vous dites il trouve un intérêt.
C'est quand même mais ce que je vois c'est que en se tapant là autrefois il y avait quand on était pas d'accord on prenait rendez-vous à l'aube le matin et on organisait un duel. Bon ben et que ces deux-là euh s'ils veulent se parler, ils se parlent dans un coin mais ils viennent pas polluer l'ensemble du débat politique où nous avons besoin de retrouver une gauche forte face à une extrême droite qui est ultra dominante. Comment peut-on aujourd'hui à ce point à ce point avoir un débat qui oppose la gauche à la gauche en permanence alors que vous avez l'extrême est au porte du pouvoir non seulement en France mais aussi en Europe et même dans le monde.
Et donc si ces gens-là avaient 2 secondes un intérêt pour enfin pour pour le pays pour ce qui se passe et aujourd'hui la menace qui est aujourd'hui réelle partout dans dans le monde et bien il cesserait en fait ces jeux qui sont des jeux politiques qui ne mènent nulle part. Euh Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Bonpard, coordinateur de LFI, vous ont interpellé ce weekend sur ce sujet et ils ont dit, on demande à Olivier Fort excuses au nom du Parti socialiste. Que répondez-vous à cette demande d'excuse ?
Je viens de vous dire que je veux pas toutes ces polémiques et la réalité c'est que la France insoumise ferait bien de balayer devant sa propre porte elle aussi parce que les injures, les colibés permanents et cetera contre même contre Jérôme Gedge, contre Emma Rafovic, contre beaucoup d'autres, contre ma personne aussi franchement tout ça n'est pas à la hauteur et donc à un moment il faut justement prendre un peu de hauteur et se poser la question de savoir ce que les Français ont envie de comprendre de la vie politique. Comment pouvons-nous demain être l'alternative à la fois à la droite et à l'extrême droite ? Comment est-ce qu'on peut réhumaniser la vie politique ?
Comment est-ce qu'on peut réuniser la la vie dans ce pays ? Comment est-ce qu'on peut réconcilier les Français ? Comment est-ce qu'on peut démarchandiser ?
Comment est-ce qu'on peut faire en sorte que demain l'avenir ne ressemble pas malheureusement à ce qu'il est aujourd'hui ? Donc pas d'excuses direct ce matin de votre part. On a on l'a on l'a bien compris.
Vous nous avez parlé de duel à l'aube. Vous avez vu ce qu'a dit Sébastien de Logu. Je me languie de le croiser à l'assemblée Jérôme Geg.
Trois petits points sous-entendus. Ça va être tendu. Est-ce que vous pensez que tout ça va mal se finir ?
Non mais je ne sais pas. Je pense que tous ces gens-là devraient prendre une bonne douche froide et se calmer parce que franchement quel est l'intérêt de venir jouer maintenant des muscles et cetera ? Bon euh la politique mérite mieux non ?
Euh sans doute, sans doute. Euh euh regardez ce qu'a dit Jean-Luc Mélenchon sur un sur l'ensemble de votre congrès euh parce que c'est vrai qu'on a l'impression que son nombre planne sur le Congrès et qu'il a pollué toute toute l'ambiance. Vous le dites vous-même.
Il dit "Votre congrès, il est raté. Euh Olivier Fort, vous l'avez planté tout seul comme des grands consolations. Vous avez déjà deux candidatures, sous-entendu la vôtre et celle de Nicolas Mair Rossignol.
Est-ce que c'est à cause de LFI que vous n'arrivez pas à réussir la synthèse avec Nicolas Mayer Rossignol ? Mais je ne sais pas. Ce que je sais c'est que moi je ne suis pas obsédé par Jean-Luc Mélenchon et par la France insoumise.
Franchement, je me lève le matin, je me suis levé ce matin, je n'ai pas penser à Jean-Luc Mélenchon, à ce qu'il tweet, à ce qu'il écrit, à ce qu'il dit. Ça m'est complètement indifférent. Bah dans votre parti, ils y pensent puisque ça a pollué tout.
Visiblement, visiblement, il y a des gens non, ça n'a pas pollué tout le Congress, ça a pollué quelques interventions et malheureusement la presse est ainsi faite, qu'elle aime le buzz et qu'elle aime ce qui permet de créer du conflit, du débat. La réalité, mais la réalité, regardez cette image. Regardez ces images.
Regardez cette image. Vous voyez bien que le PS n'est pas si déchiré que ça. On a des gens qui aujourd'hui sont capables de se parler, qui sont capables d'avancer ensemble.
Et pour l'essentiel, regardez ce qui s'est passé depuis 2 ans. On nous avait dit au Congrès de Marseille, c'est l'horreur, ils se parleront plus. Pendant 2 années, j'ai fait voter à l'unanimité toutes les grandes décisions qui ont structuré la vie interne et externe du Parti socialiste.
Donc tout ça relève de l'écume. Alors, il y a une décision qui va falloir trancher, une décision importante qui est en train de monter, c'est la décision de la censure ou pas du gouvernement. Demain, c'est la fin du conclave.
François Barou semble optimiste. Que vous pensez-vous des des avancées qu'on entend sur la pénibilité, les pensions pour les femmes ou une éventuelle primeor ? Est-ce que si tout ça est voté et accepté par la CFDT dont vous êtes proche historiquement au sein du PS, ça peut permettre de dire "OK, on signe sur cette réforme là même si on ne change pas l'âge".
Écoutez, pour l'instant ce que je vois c'est que l'accord est loin d'être conclu et ce que je vois aussi, vous avez dit des efforts sur la pénibilité mais je vois bien qu'il y a des efforts qui sont très modestes en réalité puisque il ne s'agirait même pas de permettre à des gens qui ont eu des métiers très pénibles de partir plutôt à la retraite. Donc on aurait là des éléments sur leur reconversion, sur la prévention mais rien pour partir plus tôt. Mais quel est l'intérêt ?
Est-ce que dans les conditions actuelles vous dites il faut censurer ? Mais euh on verra le moment venu, mais moi je ne serai pas en fait de ceux qui euh considère que le gouvernement peut s'affranchir de l'engagement qu'il a pris. Et l'engagement qu'il a pris, c'est de dire que le parlement aurait le dernier mot.
Et donc le Parlement il y a une semaine, il a voté quoi ? Il a voté le retour à la retraite à 62 ans. Ça a été voté très largement et d'ailleurs même l'Assemblée a voté une résolution qui était déposée à l'époque par le groupe GDR et donc ça permis de dire quelle était la position de l'Assemblée.
La position de l'Assemblée à l'éclair et même le bloc central, les macronistes ne sont même pas venus eux-mêmes voter contre cette résolution. Ce qui montre bien que même dans leur rang, il y a aujourd'hui en réalité beaucoup de distance prise par rapport à la réforme borne. Donc à l'évidence, il faudra constater ce que sera l'issue de ce dialogue, mais dialogue pipé aussi par le Premier ministre lui-même qui a déjà annoncé il y a plusieurs semaines avant même que les partenaires sociaux ai pu se prononcer qu'il était lui-même contre un retour à 62 ans.
Et l'épilogu du conclave, ce sera donc demain. Olivier Fort qui ne s'excusera pas au nom du PS et qui appelle tout le monde d'aller prendre une bonne douche froide ce matin dans les 4V.
Olivier Faure