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interviewLa France insoumise (sur YouTube)· 9 avril 2025 45 minAutoproduit

Faire la République jusqu'au bout, avec Antoine Léaument - PODCAST 6E REPUBLIQUE EPISODE 1

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

La grève civique qu'on voit dans notre pays vient aussi de cette élection présidentielle où les gens ont l'impression à tort mais que cette élection-là peut seule tout régler. Les gens se disent bon de toute façon à quoi bon ? Pourquoi est-ce que j'irais m'embêter avec ces gens qui de toute façon font toujours la même politique et quoi qu'on vote, on a le même résultat à la fin.

En gros, c'est le marché qui fait la politique quoi. Ceux qui aujourd'hui nous appellent les islamogauchistes sont pas très différents de ceux qui appelaient jadis les communistes et les socialistes et les juifs, les judébolchéviques que derrière l'enjeu démocratique, la 6e République, la récupération du pouvoir sur les institutions, sont contenus tous les autres enjeux, des enjeux de garé de paix, les enjeux sociaux, de partage de la richesse. Un des enjeux centraux de nos adversaires, c'est de nous démoraliser.

Bien. Salut Antoine. Salut Pierreve.

Alors euh ben aujourd'hui, on se retrouve pour parler un peu de la commission d'enquête dont tu es rapporteur parce que dans le cadre de la campagne 6e République qu'on fait, ça me semblait vraiment important qu'on discute de cette commission où on siège d'ailleurs tous les deux. C'est toi qui a le gros du boulot vraiment parce que rapporteur c'est une grosse fonction et je me disais bah ça pouvait être intéressant d'échanger notamment sur un enjeu qui est central y compris dans le passage de la 5e République à la 6e c'est que les gens aient voté. Et oui et et donc là la commission sur l'organisation des conditions du vote, c'est ça le titre, je l'organisation des élections en France.

Voilà, c'est ça. Alors euh d'une certaine manière, ces travaux peuvent conduire en tout cas interroge cette question. C'est euh même l'une des questions centrales de cette commission d'enquête parce que euh le point de départ de cette commission, c'est que on se dit que dans le pays euh il y a euh par exemple pour la dernière élection présidentielle 25 % des gens qui sont inscrits sur les listes électorales qui sont pas allés voter.

Et euh cette non participation de un/4art de la population française à l'élection qui est pourtant l'élection centrale de la vie politique de notre pays, bah ça interroge dans plusieurs domaines. Ça interroge sur pourquoi les gens ne vont pas voter ? Est-ce qu'ils ont des raisons légitimes de pas aller voter en se disant bon de toute façon ça sert à rien, ça va rien changer, tous les mêmes.

À quoi ça sert ces élections ? ou bien est-ce que c'est des éléments ou quel cas bah ça fait partie de la vie démocratique si les gens ils ont pas envie d'aller voter ça peut faire partie on peut on peut se dire en tout cas que ça fait partie de la vie démocratique même si moi c'est pas forcément mon mon mon avis sur mon point de vue sur le sujet ou bien est-ce que c'est d'autres problèmes qui sont posés et notamment des problèmes pratiques, des problèmes d'accès, des problèmes de malinscription et puis enfin il y a un dernier sujet qui est un peu le sujet invisible de de la question des élections qui est les non inscrits et Et en fait, si tu additionnes les non inscrits et les mal inscrits, c'est-à-dire ceux qui sont vraiment pas du tout inscrits et ceux qui sont pas inscrits au bon endroit, on avoisine les 10 millions de personnes dans notre pays et tu retrouves quasiment le chiffre de ces 25 %. Alors ça veut pas forcément dire que ce sont nécessairement ceux qui sont mal inscrits, qui sont non inscrits qui vont pas voter.

Mais en fait quand tu creuses un peu, quand c'est un peu l'objet de notre commission d'enquête justement, bah tu t'aperçois qu'il y a une petite part de la population qui est de l'ordre de 10 15 %. c'est un peu en augmentation mais 10 15 % de la population qui vote vraiment à rien du tout. Donc vraiment ceux-là ils veulent vraiment rien voter du tout et ils ont pas envie de participer aux élections et que en fait bah tu as une part qui est non négligeable qui est de l'ordre de 10 % de la population qui est en fait des gens qui aimeraient bien participer aux élections et qui peuvent pas forcément toujours le faire parce que tu es pas inscrit au bon endroit.

Et la malinscription, c'est un phénomène qui a qui a qui a des qui qui a des conditions sociales dedans. Parce que on voit bien que une personne qui va être inscrite, mettons, je dis n'importe quoi, 200 km de chez elle, c'est un coût d'aller voter. Et ce coût du vote, un coût financier d'aller voter. ce coût du vote, il y en a qui vont être prêts à à le le payer et qui vont avoir les moyens de le payer, soit en se déplaçant en allant dans l'endroit où ils sont inscrits, soit en prenant le temps d'aller faire une procuration en allant au commissariat et cetera et cetera.

Et puis il y a d'autres gens pour qui en fait le coût est trop élevé. Le coût est c'est c'est un coût qui est trop élevé. Donc la non, ça affecte aussi plus facilement des étudiants, des jeunes, des des personnes des classes populaires aussi.

Exactement. Et tu vois bien que ceux qui sont les plus mal inscrits, c'est précisément le les les les personnes que tu cites. Donc les étudiants, on comprend bien pourquoi.

Parce que souvent tu es obligé de de t'éloigner pour faire tes études. aussi les habitants des quartiers populaires et pour une autre raison, c'est que il y a une mobilité locative qui est assez élevée dans les quartiers populaires qui fait que en gros en fonction de l'évolution de de tes demandes de logement avec le nombre de personnes dans ta famille et cetera, bah en fait tu prends le logement à l'endroit où il se libère. Tu es pas en mode genre oh là là bah moi je veux mon logement dans tel endroit et cetera.

Non c'est pas ça. C'est tu prends le logement là où il se libère. Parfois c'est pas dans la même ville, parfois c'est un petit peu plus loin, parfois tu as fait des demandes dans plein d'endroits différents et tu prends vraiment là où euh ça y est, tu as la place pour les gamins et tu vas avoir un un petit peu de un petit peu d'espace.

Et donc euh c'est pas le premier truc auquel tu penses de faire l'inscription sur les Oui. Puis d'ailleurs quand c'est dans la même ville, moi j'ai des exemples de porte à porte à Brest où en fait tu des gens effectivement se ont changé de logement mais se trouvent donc dans un autre quartier et sont toujours inscrits dans leur quartier précédent. Là, tu es pour te déplacer, c'est aussi plus long que si tu dois te déplacer du centre à un quartier.

Cette périphérie à périphérie quelque part. Donc c'est vrai que il y a une accumulation de facteur de dans ce sens-là qui est complètement et tu as le même problème dans les sones. Tu as le même problème dans les sonnes ou pour passer d'une ville à l'autre quand c'est en gros est- ouest quoi, c'est pas tout à fait aussi facile que de faire nord- sud et où au nord tu à Paris donc tu as des des réseaux de transport qui permettent de de d'y aller assez rapidement.

Mais c'est c'est un vrai problème. Non, mais le le la question du transport dans les quartiers populaires, en fait, c'est ça qui est intéressant dans la commission d'enquête, c'est que on voit que les questions sociales dont on parle par ailleurs dans dans notre programme et dans dans ce qu'on dit à l'Assemblée nationale avec la France insoumise, on voit que ces questions sociales rejoignent des questions démocratiques avec la question de la malinscription. Oui, c'est ça et c'est je pense que la façon dont les dont tu mènes les travaux et dont les travaux sont conduits mais finalement permet de poser aussi les conditions concrètes de l'exercice de la démocratie.

Il y a quelque chose qui m'avait particulièrement frappé également à propos de cette question des transports, c'est un collègue député ultramarin Duyan. Oui. Qui disait "Mais moi à 10h du matin, il y a plus de bulletin et pour acheminer les bulletins faut mettre 5h quoi." Donc c'est c'est un vrai une vraie inégalité aussi de ce point de vue-là.

C'est vrai et je suis je suis assez content. C'est Jean-Victor Castor qui est donc euh député de de Guyan qui est présent dans la commission d'enquête, qui est membre de la commission d'enquête et qui soulligne euh la spécificité du vote en Guyane. Mais il y a il y a pas qu'une spécificité du vote parce que déjà euh dans les outresemes, on vote le samedi.

Pourquoi on vote le samedi ? parce que il faut que les résultats soient quand même rendus le dimanche notamment pour les présidentielles, on les a avant la plupart du temps. Mais donc il faut rendre les résultats, ça nous a causé quelques douches froides.

Ah oui, parce que à chaque fois on était au tour. Mais les résultats sont rendus avant. Et donc ils disent déjà tu as un premier problème qui est posé, c'est que dans tous les clips de propagande de pour les élections nationaux, on dit dimanche il faut aller voter.

Sauf qu'en fait dans les outresemes déjà c'est pas dimanche, c'est samedi. Hm hm. qui par ailleurs une question parce que le samedi, il y a encore plus de gens qui travaillent que le dimanche.

Maintenant le dimanche est plus aussi sacré qui pouvait l'être avant pour pour le scrutin. Mais donc déjà tu as ce premier problème et en plus tu as effectivement un problème de transport et en Guyane en particulier. Moi j'y suis allé d'ailleurs dans un autre cadre qui est le cadre de la commission d'enquête sur le trafic de stupéfiant mais j'y suis allé très récemment et notamment à Saint-Laurent du Maroni et où sur la partie ouest de de la Guyane qui fait la frontière avec le Surinam.

En gros, en fonction de la quantité d'eau qu'il y a dans le fleuve, le maronis, euh il y a des endroits où tu peux pas passer sans soulever la pirogue pour passer des juste des des rochers, quoi. Et ben le vote euh dans cette partie-là de la Guyane, c'est un petit c'est vrai que c'est un petit peu compliqué d'y aller et il y a certains moments où ils ont eu des difficultés avec les les bulletins de vote et où il a fallu faire les livraisons de bulletin de vote en hélicoptère pour que ça soit à temp. Enfin, tout ça devient un truc qui est assez assez faramineux et c'est vrai que c'est bien qu'il y ait nos collègues de Guyan dans la commission d'enquête parce que c'est hyper important d'alerter sur les spécificités qui peuvent être celles du vote en outreem et où effectivement dans dans les outremères, il y a davantage d'abstention que peut-être dans d'autres départements.

Oui, c'est ça. Ouais, ça ça recoupe aussi l'abstention plus forte dans les quartiers populaires, plus forte euh chez les jeunes. En fait, il y a ça c'est c'est assez transversal comme comme affaire.

Et là où ça se lie à mon avis de façon très nette avec la question institutionnelle et de la 5e République, c'est qu'on est et je crois que c'est je suis même sûr que c'est ça fait partie des discussions en commission. On est le pays où ça vote quasiment parmi les moindres taux de participation législative habituellement parce que la dernière fois on était quasiment un niveau de présidentiel pour nous mais parce que en fait les citoyens disent l'élection qui va vraiment pouvoir changer les choses c'est l'élection présidentielle. C'est un peu la merde de toutes les élections.

Et donc souvent l'argument qui est utilisé pour dire oui mais la CM République c'est pas sûr parce que les gens sont attachés dis-on comme si comme s'il y a eu un attachement naturel à l'élection attachés pieds et point oui bah aux institutions telles qu'elles sont de toute façon il ont dit ils aiment bien voter pour leur président ce qui est une une vision d'ailleurs de très par le haut quand même de des citoyens quoi. Du genre ils votent ils votent pour leur roi ils sont très contents quoi. Et en réalité, c'est vrai que quand on regarde et c'est ce que ce qu'on a appris à cette occasion-là aussi, c'est que aux élections législatives des pays euh de démocratie libérale comparable, ben en fait, il y a des taux de participation à peu près identiques à la présidentielle française.

Donc, si on changeait notre nos institutions, ben aussi bien. Et là, et c'est pour ça que la question de la grève civique et de la participation populaire est particulièrement importante parce que dans ce passage de la 5e à la 6e en convoquant une constituante et cetera, ben est central la question de la révolution citoyenne dans du de la révolution par les urnes. Et donc euh si l'on veut changer d'institution, il faut que les gens aient voté en grand nombre.

Et c'est d'une certaine façon, c'est pour ça que le travail que tu mènes me semble particulièrement intéressant parce que ce sont les voies aussi concrètes euh d'exercice du pouvoir populaire pour passer à la 6e. Bien sûr. Ben, c'est moi, je dois dire, c'est un peu la surprise que j'ai dans cette dans cette commission d'enquête parce que j'avais mené un travail l'année dernière, donc avant les élections européennes au nom du groupe parlementaire justement pour faire des propositions pour faciliter l'inscription sur les listes électorales.

Et j'étais allé voir la la ministre en charge de ces sujets qui était Sabrina Gressier Roubach qui était rattachée au ministre de l'intérieur qui était à l'époque était Gérald Darmanin. Ça change beaucoup les ministres de l'intérieur en ce moment. Mais euh et j'avais fait ces propositions pour euh faciliter l'inscription sur les listes électorales d'ici l'élection euh européenne.

Au moment euh à ce moment-là, c'était l'élection européenne. Et avec l'idée que finalement si on règle les problèmes euh techniques de l'élection et c'est ce que je disais d'ailleurs au début, si on règle les problèmes techniques, on peut espérer une augmentation assez nette de la participation. Bah en fait, c'est pas si évident que ça.

Il y a deux conditions cinéquanon pour que les gens aient voté. Petit un que ça soit facile matériellement d'aller voter. Petit deux que ça serve à quelque chose d'aller voter.

C'est ça. Et c'est ça ce que ce que donne à voir le plus la commission d'enquête, c'est que euh finalement dans tous les pays, alors là pour le coup c'est études comparatives international général, les gens vont voter quand ils ont l'impression que ça sert à quelque chose d'aller voter. Oui.

Et la grève civique qu'on voit dans notre pays vient aussi sans doute en partie de de cette élection présidentielle où les gens ont l'impression à tort mais que cette élection-là peut seul tout régler, que en gros on est liiré une personne et que cette personne va régler tous les problèmes du pays ou le pays dans encore plus de problèmes comme est en train de le faire Emmanuel Macron. Et du coup comme cette personne généralement nous met dans davantage de problèmes, bah au bout d'un moment même cette élection là, on se dit bah oui parce que la la participation a baissé aussi à essentiel. Mais oui, donc au bout d'un moment les gens se disent "Bon de toute façon, à quoi bon ?

Pourquoi est-ce que j'irais m'embêter avec ces gens qui de toute façon font toujours la même politique et quoi qu'on vote, on a le même résultat à la fin en gros c'est le marché qui fait la politique quoi." Ou oui. Il y a une histoire de dégoût aussi de dégoût et d'absence de pouvoir concret.

Exactement. Exactement. Et c'est la raison pour laquelle euh ce que ce que montte le plus je trouve la commission d'enquête, c'est ça, c'est qu'en fait si on veut que les citoyens participe aux élections, euh il faut pas biaiser sur à quoi ça sert.

Il faut pas euh aller dire queon va changer euh tout euh avec je sais pas quoi, une élection municipale. C'est pas vrai. Une élection municipale, on peut changer un certain nombre de choses.

Et il y a d'ailleurs des choses qu'on peut changer avec une élection municipale qu'on peut pas nécessairement changer avec une élection législative. Il y a des choses qu'on va pouvoir bouger à une élection départementale, qu'on va pas forcément faire bouger si jamais on est lit le président de la République et une majorité dans un autre sens. Donc c'est tout ça en fait qui qui euh qui qu'il faut être capable de voir.

Et justement, vu que les règles actuelles sont une espèce de je sais pas comment dire ça poliment de brouillard, on va dire pour dans une large mesure, même en en vérité même les gens qui sont très politisés comme toi et moi qui sont même députés élus de la République, c'est pas sûr à 100 % que si on te demandait c'est quoi exactement toutes les compétences du département, de la région, de la commune et cetera, c'est pas sûr à 100 % qu'on serait toi et moi bien au point sur exactement tout ce que font les départements et parfois les coups de coordination, la coordination entre les escl concernés est aussi compliqué parce que tout le monde ne s'y repère pas exactement ou voir se renvoie la balle. Exactement. Et puis en plus c'est le c'est c'est le jeu quoi.

C'est le jeu de "Ah bah non, désolé c'est pas moi, c'est les autres." Et il y a une forme de d'irrespect politique quand les responsables politiques n'assument pas ce qui est de leur responsabilité et renvoi et puis en plus tu as une complexification des choses parce que maintenant si on prend l'échelon municipal alors il y a l'intercommunalité donc ton maire il dit "Non mais moi désolé j'ai plus de pouvoir, c'est l'interco" et cetera. Donc tout ça fait que il y a une forme de complexification de ce que c'est que l'élection et de ce pourquoi on vote et que ça a du coup du sens de dire que maintenant il est temps que nous-même on puisse redéfinir les règles.

Et c'est ça l'idée de la 6e République en soi. C'est-à-dire certes il faut aller voter pour aller dégager ceux qui sont là et mettre en place cette 6e République, mais à quoi bon faire cette 6e République si c'est pour faire comme on a toujours fait ? ça sert à rien.

Donc ce qu'il faut c'est qu'il y ait une implication populaire dans cette 6e République justement pour que le peuple puisse lui-même redéfinir ses institution et à quoi il a envie de participer et ce qu'il souhaite pouvoir voir changer par une élection. Et je pense que ça fait un peu le lien aussi avec le temps long avec le référendum de 2005 sur les institutions européennes parce que il y avait j'y pensais à l'instant ça a été une fracture c'est massif pour la démocratie française parce que il y a un dégoût sûr. Résultat de ce référendum les Français rejettent la constitution européenne.

Le nom l'emporte largement 55 % contre 45 % pour le Oui. Moi je connais même des gens qui ne vont pas voter aux élections européennes parce qu'ils disent non, on n' pas respecté le vote la dernière fois. Alors faut être sacrément d'une certaine manière tête dure pour faire un truc pareil mais n'empêche que ça donne à voir je pense quelque chose qui était de l'ordre de du dégoût et de l'incompréhension en fait que le vote soit pas respecté et j'ai l'impression qu'on vit une phase un peu similaire depuis les dernières élections législatives où il y a des gens qui sont sidérés.

Moi dans à Bress il y a des gens qui m'ont dit "Mais comment ça se fait qu'on s'est retrouvé ? Alors la dernière fois c'était le Barnier, ils disent mais Barnier fait 6 % enfin sont partis et et du coup il y a une sorte d'incompréhension mais ceci dit par rapport à ce que tu disais je pense que cette incompréhension n'entraîne pas nécessairement le dégoût ou le désintérêt parce que je crois qu'on est calme toujours et comme et qu'on va y être pour plein de raisons mais pendant un moment dans une phase où tout le monde comprend que là la politique est branchée sur des enjeux extrêmement graves et extrêmement à la fois vitaux pour la démocratie mais aussi euh ben pour des questions même aussi graves que la guerre et la paix quoi. C'est ça.

Et puis je pense que comment dire c'est pas tout à fait la même chose euh d'aller voter à une élection quand il s'agit de voter pour envoyer ses enfants à la guerre ou de les envoyer dans la paix. Et justement, je pense que moi je je j'ai la conviction qu'on est dans une période de bascule politique et que soit on ira du côté de Le Pen, soit on ira du côté de Mélenchon. il y a pas 100000 possibilités différentes pour le pays et d'une certaine manière c'est pour ça aussi que il y a une forme de d'incompréhension d'une partie de la gauche.

Je le dis comme je le pense mais il y a une incompréhension d'une partie de la gauche sur ce genre de période. Ce genre de période ne peut pas permettre de régler les choses de manière tranquille, sereine à la papa comme on a toujours fait avec une élection qui va arriver au bon moment prenant le temps de trouver je sais pas quoi et cetera. C'est pas la période dans laquelle on est. h la p dans c'est une période d'affrontement idéologique entre une ligne qui est celle de la fin de la République pour dire les choses de manière très courte c'estàd ceux qui remettent en cause le droit du sol ceux qui ciblent sans arrêt les les étrangers ou les musulmans ou les Algériens en ce moment c'est la mode ce qui d'une certaine manière essae de dire que les problèmes viendraient de l'extérieur plus d'un ennemi de l'intérieur.

Et ça c'est des phases qu'on a déjà vécu dans dans notre pays he malheureusement ceux qui aujourd'hui nous appellent les islamo gauchistes sont pas très différents de ceux qui appelé jadis les communistes et les socialistes et les juifs les judéo bolchéviques. C'est ils ont changé le mot mais ils ont pas changé vraiment la méthode. Et il y a ce cette idée là d'un côté et de l'autre côté il y a justement faire la République jusqu'au bout.

Et c'est ça ce qu'on propose avec Jean-Luc Mélenchon. Mais faire la République jusqu'au bout ça veut dire assumer pleinement les choses. Ça veut dire donner le pouvoir au peuple. même pas donner le pouvoir au peuple.

Ça veut dire que le peuple se saisisse lui-même de ses institutions pour reprendre le pouvoir qui lui a été confisqué par quelques politiciens. Et c'est ça qui est contenu dans l'idée de la 6e République. Et ça se règle pas tranquillement en faisant des carrières politiques ou je sais pas quoi.

Toi et moi, je pense que l'un comme l'autre, on est engagé et aujourd'hui on est député, on est à ce poste de combat parce que d'une certaine manière un peu les hasards de la vie et les hasards de l'engagement plus une volonté personnelle de pousser l'engagement jusqu'à un certain point nous ont conduit là. Mais si demain il faut renoncer au mandat parce que on a mis en place une une autre manière de faire, je pense que toi et moi ça va, on aura autre chose à faire de not. C'est pas un plan de carrière quoi.

Non non complètement pas des obsédés du mou voà. Et c'est ça qui est contenu dans ce moment politique. D'un côté, il y en a qui sont en train de faire des plombs de carrière et qui soit soit à droite, soit à gauche, soit à l'extrême droite, soit voilà sont entrés dans une logique qui est comment je fais pour avoir plus d'élus pour essayer de maintenir le système ?

Et tu vois bien que Le Pen et Bardela, ils sont entrésement làdedans, bah ils sont entrés dans une phase où quand il y a les élections législatives, il disent "Non, non, la retraite finalement il faut faire un audit." Je sais plus encore ce qu'il avait bazardé de son enfin toute la partie prétendument sociale de son programme, ça avait été bazardé au nom de cette fois-ci on va gouverner donc il faut qu'on qu'on fasse comme tout le monde. Bah nous c'est l'inverse.

Nous précisément si on veut pouvoir gouverner et ça c'est un des aspects de la 6e République dont à mon avis on qui manque un peu parfois dans dans nos argumentaires. Bah on veut exercer un programme politique qui est un programme d'affrontement avec le capitalisme. L'affrontement avec le capitalisme, ça se fait pas dans des règles qui sont des règles standard de la vie politique, ça se fait avec des mobilisations populaires de masse.

Donc ça exige une élévation du niveau de conscience qui par ailleurs est compliqué par des médias qui sont des médias de mauvaise qualité et par des réseaux sociaux dont les algorithmes désormais enferment parfois dans des pensées qui sont des pensées schématiques. Donc nous notre enjeu à nous Oui. De moins en moins d'espèces de discussion et de délibération de formation de la consilà.

C'est pour ça que c'est hyper important de faire des moments comme celui-ci parce que justement on on on ça permet de bien comprendre que derrière l'enjeu démocratique, la 6e République, la récupération du pouvoir sur les institutions sont contenus tous les autres enjeux, les enjeux de garé de paix, les enjeux sociaux de partage de la richesse. Par ailleurs, ils sont liés entre eux, la guerre et la paix. Quand Macron il nous dit qu'il veut faire une économie de guerre, c'est clairement pour essayer de nous dire "Ah bah désolé, faut payer des armes.

Donc il va falloir faire la retraite à 60000 ans et vous la verrez jamais en fait." Ouais. Ou oui.

Donc il y a tous ces enjeux qui sont contenus et qui sont contenus dans la question démocratique. Et c'est pour ça que quand on dit que la la on veut faire une révolution citoyenne et que le la l'idée de la 6e République, elle contient une idée révolutionnaire, changer d'institution, c'est pas genre tranquillou, on passe à autre chose. Oui.

Bah ça marche plus trop bien, donc il faut qu'on fasse Non, c'est pas ça. C'est un mouvement, c'est se réapproprier quand même les institutions et c'est ça vit quelque part. C'est les gilets jaunes, tu vois ce dont tu parles, les gilets jaunes, je pense on l'a vu ce enfin ce qu'on racontait déjà d'ailleurs avant, mais comme tu dis, c'est c'est au peuple lui-même et dans des formes parfois qu'on saisit pas et qu'on anticipe pas ben de se saisir de la question et là il y a eu une question sociale, la question de la l'augmentation de la taxe et cetera et ensuite il ser arrivé boum à la question démocratique assez vite mais et et comment en délibérant sur des ronds-points et cetera et ils sont dit mais en fait le problème c'est le lien entre bah les plus riches, le pouvoir de l'argent et ils sont arrivés ensuite avec cette reication le référendum d'initiative citoyenne qu'on partage aussi et qui serait assez central dans le dispositif quand même de d'une nouvelle République complètement.

Et c'est justement ce qui fait le ce qui fait le lien avec la question que tu as posé tout à l'heure parce que tu disais les gens il y a il y a un peu une redite du référendum de 2005. On est presque 20 ans après. Donc c'est c'est assez euh euh c'est assez euh étonnant que ça tombe presque presque p poil 20 ans après.

Mais il se produit la même chose dans le sens où il y a eu un vote. Euh ce vote a donné une surprise par rapport à ce qui était prévu dans les sondages. C'est d'ailleurs un des objets de la commission d'entre que de regarder ce que racontent les sondages parce que globalement ils se plantent et puis ils peuvent inciter à voter dans un sens ou dans l'autre par des votes stratégiques.

Mais donc rester chez soi, mais du coup il y a une surprise qui est produite par l'élection législative et cette surprise n'est pas prise en compte politiquement par le responsable qui est en place qui est Emmanuel Macron où il dit "Non mais en fait vous avez mal compris enfin on a mal compris enfin bon j'avais demandé une respiration démocratique mais en fait comme les gens ont mal voté bon ben on va faire autrement et ah oui c'est incroyable c'est c'est là qu' a un effet de sidération C'est ça. Byou arrive à dire Baou ou je sais plus mais quelqu'un du modem dit à un moment donné à la télé non le nouveau frul n'a pas gagné les élections et il disait ça mais des churs av s'ils avaient gagné et Ah ben ils auraient cléron partout. Exactement.

Et par ailleurs, là où c'est intéressant c'est que tu vois que ça va être plutôt des anciens de la politique mais des gens comme Jean-Louis Debré euh qui est décédé récemment. Il y a il est il est il avait pris la parole euh après l'élection euh législative. pour dire justement que il fallait que que j'ai un petit doute sur est-ce que c'est Jean-Louis ou c'est Michel ?

C'est Jean-Louis devrait cit son père qui est un peu le un des pères fondateurs de la 5e République. C'est ça. Donc c'était bien Jean-Louis Debré qui disait justement juste après l'élection législative que il c'était le nouveau Front populaire qui avait gagné et que Macron avait pas respecté l'élection. quelqu'un comme Dominique de Villepin a dit exactement la même chose et on voit que tu as des gens de droite qui même si c'est pas eux qui ont gagné, ils sont OK pour dire que c'est au nouveau Front populaire de gouverner.

Et par ailleurs, il y avait aussi là pour le coup des enquêtes d'opinion qui étaient assez intéressantes parce qu'il parlait pas d'une élection à venir mais qui parlait d'une élection qui avait eu lieu et il disait même des gens qui avaient pas voté pour nous disaient que c'était à nous de gouverner parce que il reste quand même cette idée que ouais normalement celui qui arrive en tête de l'élection doit gouverner. Bah oui, c'est que en plus les gens avaient voté contre l'extrême droite. Exactement.

Et au lieu de ça, il gouverne avec en fait la la le soutien du RN et et euh Retaillot, ministère intérieure et cetera. C'est quand même euh un retournement de sens complet par rapport au messages envoyés, y compris par leurs propres électeurs. Complètement. et c'est et le le sens du référendum initiative citoyenne que tu que tu viens d'évoquer justement c'est une manière de se faire respecter et c'est ce qui manque un peu dans dans notre système tel complètement là par exemple dans cette phase là ça aurait tout changé bah dans cette phase là tu aurais eu un référendum d'initiative citoyenne le président de la déjà en fait le président de la République aurait respecté le résultat de l'élection parce que s'il avait l'épée de Damocles du référendum d'initiative citoyenne révocatoire au-dessus de sa tête il se permettrait pas de mépriser la parole populaire, il serait obligé de respecter parce qu'il sait très bien que s'il ne respecte pas, le lendemain matin, on arrive et on dit booum référendum révocatoire et il dégage.

Ouais, c'est ça. Donc il dégage. On est lié à un nouveau président de la République.

Le nouveau président de la République dit "Bon bah, il y a une assemblée nationale dans lequelle il y a une majorité certes relative mais du Nouveau Front populaire. Et euh ton président de la République, il est il a il a qui a donc ce pouvoir de dissolution mais aussi de contresigner un certain nombre de décrets. Tu peux avancer sur une politique qui a été choisie par les électeurs sur l'élection législative et qui je pense serait choisi aussi dans la foulé l'élection législative à l'élection présidentielle. tu pourrais avancer sur une politique sociale.

Et c'est en fait c'est pour ça que la question démocratique rejoint la question sociale. Pourquoi refuse-t-il de nous mettre enfin pourquoi a-t-il refusé de mettre Luci premier ministre ? Parce qu'il sait très bien que les premières mesures, c'est l'augmentation du SMIC, la l'abrogation de la réforme des retraites et que c'est en gros revenir sur sa politique.

Si ça avait été Bardé là dans la même situation, il en aurait il l'aurait nommé. Ben il l'aurait nommé. Il avait même dit qu'il le nommerait même s'il avait une majorité relative.

Là, Media Parté que Bernard Arnaud a appelé le président de la République pour dire "Ah non, surtout pas, tu n'aimes surtout pas le nouveau Front populaire. Et alors c'est documenté, ça n'a pas été contredit." Et pour autant et là, il y a un vrai problème dans l'espace public de notre société, pour autant ça ne fait pas ni la une des journaux ni la une des JT.

Alors que en réalité la pression directe du français le plus riche quand même sur le président de la République en disant "Bon, les élections là, ça suffit." C'est c'est un scandale immense. C'est un scandale immense, mais c'est assez euh c'est assez lié à des périodes préfasciste.

Je vois pas comment on peut les appeler autrement parce que des périodes dans lesquelles tu additionnes des milliardaires qui préfèrent pour reprendre la formule de l'époque est plutôt Hitler que le Front populaire qui préfère l'extrême droite au partage de la richesse. C'estàd ils sont tellement gavés dans la période précédente que ils ne sont pas capables de s'arrêter de se gaver. Je pense qu'ils ne savent même plus pourquoi ils essayent d'avoir de l'argent parce que ça n'a plus de sens maintenant.

Le la quantité de fric qu'ils ont ne leur sert à rien. Matériellement, c'est juste un concours à qui sera le plus riche du monde. Donc ça c'est vraiment c'est enfin je personnellement je trouve que c'est il y a un côté ridicule dans ce qu' dans ce qu'ils font.

Mais donc ils sont en train de contacter des pouvoirs politiques pour essayer de faire en sorte d'éviter queils aient à partager le l'immense magoot qu'ils ont inassé. Oui, parce que s'ils se disent que le jour où ça commence en fait pour eux c'est comme ça. C'est qui c'est oui disent tu ça va continuer parceil y aura la pente du partage des richesses.

Oui mais sauf que la pente du partage des richesses je veux dire vu le niveau de richesse qu'ils ont accumulé oui ils ont le c venir ça va tu vois ils ont le temps de pour eux pour leurs enfant pour leurs petits enfants leurs arrières petits enfants. Enfin vraiment ils ça va tu vois ils sont tranquilles. Donc c'est vraiment l'égoïsme de quelques-uns soutenu par des gens comme Le Pen et Bardella qui n'ont rien à faire du partage de la richesse qui empêche queon mette en place les politiques dont on a besoin en matière d'écologie et en matière sociale et en matière de service public pour élargir la question sociale, c'est-à-dire la santé, l'éducation, y compris les questions de sûreté hein parce que en ce moment on parle du narcotrafic.

Bah dans la justice, tu as qu'à voir le le manque de moyens qu' a dans la police, ils ont besoin d'avoir un logiciel, tout le monde s'en fout, on dépense un fric considérable là-dedans, ça ne fonctionne toujours pas. Mais c'est des besoins concrets en fait. Et c'est ça le c'est ça la question qui est posée.

Mais même sur euh si on voulait euh euh parler de la logique de la guerre, même pour faire la guerre, il faut que les les riches participent. Et c'est justement ça l'enseignement aussi euh des des de la Première Guerre mondiale. En l'occurrence, on a mis en place l'impôt sur le revenu justement pour faire en sorte queon fasse participer l'impôt sur le revenu progressif justement pour augmenter la participation des plus.

Bah oui. On va éviter quand d'entrer en guerre. Non mais je suis pas en train de te dire entrer en guerre.

Je suis en train de te dire que sils veulent parler de de d'économie de guerre, en général quand tu parles d'économie de guerre, tu demandes des efforts au plus rythme. Tu commences par là parce que c'est eux qui ont du fric et qui sont capables de faire. Donc c'était pour retourner l'argument contre contre eux.

Je suis pas pour d'autres pris. Je pense que la question du contrôle démocratique a un lien très fort et la question de la paix et de la guerre parce que je veux dire à un moment donné ça engage tellement nos existences ça met dans des proportions tellement gigantesques. Je pense que s'il s'agit bien sûr enfin d'aller d'aller donner sa vie et cetera, je on est dans des proportions.

Là, ce dont tu parlais sur les retraites et le recul de retraite, c'est tu as l'impression de la rhtorique parce que c'est beaucoup des communiquants qui nous gouvernent, tu vois. Et je dis pas ça pour enfin voilà, c'est pas pour dire du mal de cette profession, mais ils font que ça et tu as l'impression de leur truc c'est ben en fait si vous mourrez pas la lire, vous mourrez au boulot. la fin, il y a un côté comme ça au Danemark là, jusqu'à 70 ans.

Mais toi, toi et moi, le nombre de gens qu'on rencontre, mais c'est impossible de cet stage bien sûr. C'est pour ça que je dis ça parce que je vois bien que derrière leur logique de marche à la guerre, c'est ça qui est contenu. Et euh d'une certaine manière, il y a compris pour les guerres actuelles, même si c'est une armée de métier, c'est une armée spécialisée, on a décidé qu'il y avait une partie de la population qui était sur des tâches militaires.

Ce qui par ailleurs, il y a une question qui est posée, hein. à personnes pour les tâches de défense pas des tâches collectives décid dans la pensée républicaine dans la pensée républicaine et révolutionnaire c'est en tout cas ça doit être réfléchi collectivement et c'est dans une logique de défense uniquement pas d'attaque. C'est justement ça un des éléments qui sont aussi très intéressants dans dans les questions qui sont posées par la révolution et la première République qui dit "La France est l'ami et l'allié naturel des peuples libres et en gros elle va pas faire la paix elle va pas faire la guerre aux autres. elle se contente de faire la guerre quand on l'attaque.

Mais euh c'est c'est ces questions de la guerre et de la paix, de la vie et de la mort en réalité, de sa propre vie à soi et de sa propre mort à soi et de la vie et de la mort des autres à qui on irait faire la guerre. Toutes ces questions-là, c'est des questions qui sont éminemment démocratiques et populaires. Tout à fait.

Et euh on a bien vu dans le passé que toutes les logiques de marche à la guerre sont des logiques qui sont concentrées dans les mains d'un petit nombre de personnes qui décident au nom d'un grand nombre de personnes d'envoyer justement les autres à la guerre et eux-mêmes en général de pas trop y aller. Mais c'est ça la question qui est qui est contenue au qui disait quand les riches se font la guerre, ce sont les pauvres qui meurent. Et ben c'est exactement ça.

Et justement ce qui est contenu dans cette question de la 6e République, c'est aussi ça. C'est aussi qui décide que on doit marcher à la guerre, qui décide que on doit engager notre armée que ça soit une armée de métier ou que ça soit une armée de conscrit puisque j'ai bien l'impression que c'est ce qu'ils essayent petit à petit. versah ils essay quand même de de là aussi des sondages qui quand même on m'a parlé d'un sondage qui sont pesant de cacahuète qui dit que les gens sont prêts à mourir pour leur pays plus de 50 % de de notre classe d'âge je veux dire c'est c'est oui ça ça ça a dû ça a le sens d'effectivement l'engagement national et patriotique et cetera pour la défense de la communauté politique et un moment donné il faut poser le problème en terme concret enfin je dire c'est-à-dire avoir les données sur la table géopolitique de comment passe et C'est ce que c'est ce que j'allais dire sur ce sur ce sujetl, c'est que euh la la question est mal posée d'une certaine manière parce que la question c'est "Êtes-vous prêt à mourir pour votre pays Je pense que si tu posais la question y compris à l'intérieur de la France insoumise, je pense que tu aurais on serait peut-être surpris du nombre de réponses parce que moi je je par exemple si jamais il y avait la guerre et qu'il fallait défendre son pays contre les fascistes, je l'ai d'ailleurs dit à Marine Le Pen à l'Assemblée nationale, j'ai dit vous trouverez toujours en travers de votre route jusqu'à la mort s'il le faut parce que oui, ça fait partie des y compris en plus quand je veux dire quand on reçoit des menaces de mort, ça finit par être un truc qui fait un peu partie de de du champ des possibles.

Et donc quand on est dans cette dans cette ambiance là, mourir pour son pays, il y a un certain nombre de personnes qui sont prêtes à le faire. Mais la question est pourquoi exactement ? Est-ce que c'est mourir pour Emmanuel Macron ?

Est-ce que c'est mourir pour Bernard Arnaud et les ultra riches de notre pays ou bien est-ce que c'est mourir pour nos idées républicaines etourne et là on retourne à notre complètement d'aujourd'hui c'est pour pourquoi enfin pour quel pouvoir la participation voilà exactement et justement ce que nous a ce dont nous avons fait la démonstration dans notre passé y compris avec l'avènement de la République parce que justement la République et le le moment révolutionnaire il naî sur une bataille militaire il est sur la bataille de Valmi où on charge en disant vive la nation on on chasse les adversaires de l'époque et à ce moment-là, la nouvelle arrivant à Paris, on décide de proclamer la République parce qu'on s'est bien rendu compte qu'on était capable de gagner des batailles sans les prétendus nobles qui étaient censé eux être les chefs militaires capables de gagner des batailles. Ben, on a réussi à gagner tout seul et on a mis une dérouillée aux autres et donc la nouvelle arrivant décide de proclamer la République. Bah tout ça, c'est des éléments qui sont contenus dans les questions démocratiques.

C'est exactement qu'est-ce que ça veut dire ? Est-ce que ça veut dire le pouvoir de décision sur le partage de la richesse, sur la la marche à la guerre, sur l'écologie ? Et puis après, tu as une tu as une autre question qui est contenue et qu'on a pas trop abordé, mais souvent un des éléments que vont nous dire nos adversaires politiques, c'est oui mais vous les insoumis, vous évoluez dans un monde magique dans lequel il y a pas de marché, il y a pas d'international et vous pouvez prendre les décisions de au niveau national sans que en gros il y ait l'économie autour de vous qui ait ses propres règles.

Bah pardon mais c'est un problème de de le penser les choses comme ça. Moi c'est une des raisons de mon engagement politique figure-toi. La raison pour laquelle j'ai rejoint Jean-Luc Mélenchon, c'est parce qu'il me disait alors que les autres me disaient "Oh, il y a la dette, on va pas y arriver et cetera." Donc, il faut faire des efforts machin chouette.

Mais l'enchant, il disait l'inverse. Il disait "Bon, il y a un problème qui est posé sur l'âge de départ en retraite. Il y a un problème de dette qui est posé.

La question c'est qui paye ? Et donc la question c'est qui prend la décision à notre place que ce soit les gens qui payent pour les riches plutôt que l'inverse. Tout à fait.

Et moi c'est ça qui m'a convaincu de rejoindre Mélenchon parce que je me suis dit OK ce mec là il me dit il y a un problème qui est posé sur le plan économique il y a un problème qui est posé sur le plan écologique il y a un problème qui est posé sur le plan sur le plan politique et ces trois questions se rejoignent dans la question démocratique sur qui décide à la fin de quoi. Et moi, c'est ça qui m'a convaincu de rejoindre Mélenchon où je me suis dit "OK, il y a quelque chose de cohérent, il me propose de récupérer une forme de souveraineté sur l'ensemble des sujets et y compris vis-à-vis du marché parce que sinon le marché il entraîne à des logiques qui sont des logiques absurdes de profit." On rejoint la question de des milliardaires qui veulent pas partager.

Ça c'est assez frappant quand dans les débats de l'Assemblée nationale, c'est que les macronistes ont l'air de vivre dans un monde merveilleux où leur politique économique fonctionne du feu de Dieu. Et puis bah et puis de toute façon, il y en aurait pas d'autres à mener. Et c'est vrai là ce que tu dis, ça me fait penser à cette formule qu'on a pas mal utilisé pendant la dernière campagne présidentielle et qui me semble décisive.

C'est gouverné par les besoins. On part des besoins et ensuite on a on arrive bah voilà aux dispositions politiques, techniques et cetera qu'il faut mettre en œuvre. Mais et de ce point de vue-là, si et y compris si l'objectif politique et c'est le neutre en commun, c'est de dire on veut on veut vivre en démocratie, on veut que les citoyens et du pouvoir mais qu'est-ce qu'on met en œuvre pour cela et qu'est-ce qu'on met en œuvre y compris pour renforcer la participation populaire ?

Bien sûr, peut-être là-dessus pour terminer notre petit échange. Qu'est-ce que tu penses toi de c'est dans le programme mais en même temps là on peut se dire aussi parce que tu sais les gens parfois ils se disent je suis pas d'accord avec tout on a le droit tous de pas être d'accord avec tout et ça c'est important. Et dans le programme il y a le vote obligatoire qui est assorti de la reconnaissance du vote blanc et du coup ben je j'avais envie voilà de savoir ce que toi tu en pensais.

Enfin moi moi j'y suis assez favorable à vrai dire mais mais en lionant les deux. Oui oui bien sûr. Bah de toute façon c'est pas possible de dire vote obligatoire sans reconnaissance du vote blanc.

C'està-dire c'est c'est le le la reconnaissance du vote blanc c'est un préalable. Et pour répondre peut-être à la question que se poseraient les gens et nous poseraient en commentaire reconnaissance du vote blanc ça veut dire que bah s'il y a une une majorité de vote blanc ou queil y a pas une majorité qui se dégage de 50 % parce qu'on a pris en compte les votes blancs et ben on recommence l'élection. Donc c'est c'est pas une petite chose que la prise en compte du vote blanc.

Après, le vote obligatoire, il y a des questions qui sont associées dessus sur euh son efficacité et cetera. Moi, je pense que le préalable aussi, c'est pas seulement la reconnaissance du vote blanc, c'est euh le justement le dispositif d'inscription qui permett aux gens de ne pas être mal inscrit, de ne pas être non inscrit parce que sinon, il peut y avoir un effet de bord qui est l'effet que tu viens punir des gens qui ne sont pas allés voter mais parce qu'ils étaient matériellement dans l'incapacité d'aller voter. Ouais, tout à fait. qui en plus aurait des effets peut-être inégalitir ex.

Donc moi, je pense que c'est quelque chose qui qui a de l'intérêt avec les les règles que tu donnes euh à la condition qu'il soit décidé collectivement. Et c'est justement ça aussi qui qui peut se faire dans une 6e République, c'est que la 6e République c'est une on a réfléchi avec une assemblée constituante, c'estàd une assemblée qui travaille sur le sujet en lien avec le peuple et sanctionné par un référendum à la fin sur le projet qui est proposé. Ben justement, ça peut être un des éléments que décide cette assemblée constituante et débat cette assemblée constituante.

Et si ça se trouve, il y a d'autres effets de bord auxquels je ne pense pas qui feraiit que on pourrait euh se dire "Ah tiens, finalement, est-ce une bonne idée ? Est-ce une mauvaise idée ?" En tout cas, moi je je pense à d'autres méthodes euh qui sont à mon avis qui sont les plus euh les plus indispensables, y compris avant de faire la 6e République notamment.

Moi je je je pense que un des trucs centraux et dont je me rends le plus compte, c'est que on devrait prendre la question de l'inscription sur les liste électorale. Déjà, il faut voir s il y a pas des systèmes automatiques qui peuvent être mis en place. C'est justement un des objets de le de l'enquête qu'on qu'on fait ensemble dans cette commission d'enquête.

Mais je pense que il faut qu'on qu'on change la manière de voir l'inscription sur les listes électorales dans notre pays. Normalement, ça devrait être tu déménages, tu dois faire ta facture d'électricité, ta facture de internet, téléphonie et cetera. Euh tu dois faire ton truc de gaz, ton machin.

Tu dois faire aussi ton inscription sur la liste électorale. Enfin, ça devrait être un truc où tout est tout est lié. Et c'est moi je trouve ça pas normal que quand tu fais ton ton inscription pour l'électricité que tu es pas une obligation des fournisseurs de d'électricité de d'envoyer un message en disant "Avez-vous pensé à faire votre inscription sur liste électorale En fait, tous ceux qui sont les personnes impliquées dans des déménagements, que ça soit le logement social, que ça soit l'électricité, le gaz, l'internet et cetera, tous ceux qui ont d'une manière ou d'une autre une implication dans le déménagement des gens devraient leur envoyer des messages.

Là, actuellement, ça serait réalisable. Devrait leur envoyer des messages qui disent "Avez-vous pensé à faire votre inscription sur la liste électorale ? Voici le lien, c'est quand même pas très difficile à mettre en œuvre." Et ça ça peut quand même être une conclusion de la commission qui passe euh ben d'autant que ça nous mettait un peu tout le monde d'accord quand même.

Ah bah ça nous a été proposé. Euh et c'est ça aussi que je trouve intéressant dans la commission d'enquête. Euh mon impression est que on a on fait encore une fois la démonstration que la France insoumise est au service de l'intérêt général parce que les alors il y a des trucs qui sont très qui vont sans doute être très clivants quand on va rentrer dans le dur de la question des sondages ou peut-être de l'implication de certains médias d'extrême droite dans les élections récentes notamment avec Saint-George.

Je pense que ça va être un peu plus tendu dans l'ambiance de la commission d'enquête. Néanmoins, ce que je constate, c'est que là, on est on est principalement pour l'instant sur des questions qui sont un peu d'ordre général, inscription sur les liste électorales, radiation des liste électoral, malinscription, non inscription et cetera. Sur ces sujets-là, il y a une forme d'unanimité.

Enfin, je pense que tu partages, tu tu diras ton avis, mais j'ai l'impression qu'il y a une forme d'unanimité. Et les sujets qu'on a essayé de mettre sur le devant de la scène font prendre conscience à tout le monde dans la commission d'enquête qu'on est sur des chiffres astronomiques de malinscription et de non inscription où tu as des gens des fois qui tombent de leur enfin qui tombent de leur chaise, on s'entend mais qui font oh comme ça et moi des fois je le vois sur le visage des collègues d'autres forces politiques qui sont ils ont l'air surpris tu vois. Oh et bah ouais, c'est ça la réalité de la malinscription dans notre pays et ça ça a des impacts considérables quand tu creuses un peu et que tu demandes au sociologue alors dis donc chez les malinscrits, est-ce qu'on aurait une idée de ça donnerait quoi le résultat des élections s'ils allaient voter ?

Bon ben on peut pas vraiment le savoir parce que ça n'a jamais eu lieu mais clairement c'est les gens qui votent à gauche qui qui sont plus mal inscrits et non inscrits. Donc tu vois que en fait les nous pour nous l'élection elle est truquée en soi. Ouais ouais ça oui oui oui.

C'estàd que c'est c'est un politiste d'ailleurs Daniel Galaxy qui qui avait cette thèse là qui parlait du sens caché. C'est du fait que en fait il y a un fonctionnement sensitaire parce ceux qui sont les moins dotés vont moins voter sont plus susceptibles d'être dégoûté d'aller voter aussi et d'être mal inscrit et cetera. Enfin donc c'est vrai que c'est tout ça aussi que que les travaux visent à combler et que le passage à 6e République parce que c'est ça en fait c'est comme un une fusée à deux étages.

C'est d'abord on a besoin d'une participation populaire pour changer les choses mais dans notre idée c'est quand même que une fois qu'on y arrive à changer les choses et ben la participation continue à être forte parce que finalement les citoyens s'approprient un pouvoir qui pour une partie est directement à eux désormais quoi. Bien sûr. Et c'est c'est tout l'enjeu de des prochaines élections nationales. quel qu'elle soit et quel que soit le moment auquel elles arrivent, mais est contenu dans dans ces élections la possibilité de changer ce système là.

Et je voudrais peut-être dire un truc si on arrive sur la fin, c'est que euh un des enjeux centraux de nos adversaires, c'est de nous démoraliser. Nous démoraliser parce que si jamais ils y parviennent, on se démobilise. Et on sait que la question ce que je disais au début, on va voter dans une élection quand on pense qu'elle a une capacité de changer les choses.

Si jamais ils ont réussi à nous convaincre que l'extrême droite avait gagné l'élection et que c'était mort et que autant pas y participer, bah de fait, c'est ce qui va se produire. va gagner l'élection parce qu'on sera pas aller on dira "Ah bah voilà ça c'est tout passé comme prévu." Sauf que souvenez-vous d'une date très importante qui est le 7 juillet 2024.

Ils nous ont dit exactement la même chose. Ils nous ont dit que Jordan Bardella allait gagner l'élection législative, que c'était couru d'avance, qu'il aurait peut-être même une majorité absolue et que de toute façon à Quoi bon allait voter puisque de toute façon il allait gagner l'élection et que compte tenu du fait qu'il y aurait 50 % de participation comme à toutes les autres élections et ben du coup c'était l'extrême droite qui allait gagner. Sauf qu'il s'est passé exactement l'inverse.

Ils sont arrivés 3è, on est arrivé premier. Je pense que le soir du 7 juillet à 20h, il y a un grand nombre de personnes qui se sont dit "Oh la vache, on a gagné !" et que c'est ce sentiment-là tout le monde.

C'est ce sentiment-là qu'ils essayent de nous faire oublier parce que ce sentiment, il contenait plein de choses à la fois. Il contenait à la fois on a gagné, on a battu l'extrême droite et cetera. Mais pour plein de gens, ça allait plus loin que ça parce que dans les élections se pose toujours une question de la définition du peuple lui-même.

Dans quand on va voter, c'est ça la théorie de l'égalité républicaine, c'est une personne égale une voix. Et quand on va voter, on définit en même temps ce qu'on est comme peuple. En disant ce qu'on veut faire, on définit ce qu'on est comme peuple.

Et justement ce qui s'est produit dans cette élection législative, c'est qu'on a défini le peuple français n'avait pas de borne à l'intérieur de lui-même et que donc ce qu'essaie de faire l'extrême droite en disant l'origine, les parents, la religion, je ne sais quoi qui viendrait mettre des bornes à l'intérieur du peuple français où il y avait eu un exemple assez dramatique quand ils avaient dit que ceux qui avaient une double nationalité et ils visaient en l'occurrence les franco-algériens que ceux qui avaient une double nationalité ne pourraient pas avoir un certain nombre d'emplois dans notre pays. Rassemblement national et ben il dépos une définition du peuple en disant double nationalité égale pas français d'une certaine manière. H et bien ce qui s'est produit dans l'élection législative Oui.

Et ce qui s'est passé dans l'élection législative, c'est que à 20h, l'ensemble de la population française a vu une définition du peuple français qui n'était pas celle qui nous avait été donnée. Et justement, moi je vous dis quand vous avez des coups de déprime pour ceux qui sont des militants politiques, quand vous avez petits coups de mou comme ça, vous vous dites "Oh mon dieu, tout est perdu, nous n'y arriverons jamais et cetera." Dites-vous que il y en a qui av qui qui qui luttaient dans des conditions qui étaient bien plus difficiles que les nôtres et notamment pendant la Seconde Guerre mondiale.

Mais surtout rappelez-vous du 7 juillet 2024 parce que ce 7 juillet 2024, il contient les germes de la victoire de demain. Exactement. Ouais.

C'est c'est un moment particulièrement porteur des soirs qui je pense nous guide toujours. Moi je me rappelle que il y a des gens c'était beau quoi. C'était beau parce que il y avait il y avait cette idée là que pour aussi tout beaucoup de jeunes qui avaient cru qui avaient fait le le boulot et cetera qui avaient convaincu autour d'eux ils se sont dit waouh on y arrivait franchement tu vois je suis un peu ému parce que je me dis la fierté que tu vois et puis on se dit bah c'est une fierté collective qu'on continue à porter puis ça va le faire.

Et ben je pense que c'est des bons mots de la fin. Voilà. Bon ciao Antoine, on continue le coul qui arrive.