Pour François Hollande, le 49.3 est "la seule procédure qui permette démocratiquement de faire adopter le budget"
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France Inter Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Questions politiques. Et revoilà la menace de la dissolution. Elle s'était estompée depuis la mi-octobre, la déclaration de politique générale de Sébastien Lecornu qui annonçait la suspension de la réforme des retraites. Le compromis trouvé avec les socialistes sur le budget de la sécurité sociale a donné un peu de longueur au gouvernement, mais sur le budget de l'État, ça bute. Et après le oui de Bruxelles au Mercosur, malgré le nom de la France, les motions de censure déposées par les Insoumis et le Rassemblement National ne sont pas pour renforcer le Premier ministre le plus fragile de la Ve République.
Encore une fois, le PS est au centre du jeu. Nous allons en parler comme du chaudron bouillant de la situation internationale. L'Iran, le Groenland, le Venezuela, l'Ukraine, que doit dire et faire la France, que peut-elle ? Notre invité a l'expérience d'un chef d'État. Il est aujourd'hui député socialiste de la Corrèze. François Hollande est en direct sur France Inter. France Info, le canal 16 de la télé. Cette émission est en partenariat avec le journal Le Monde. C'est parti, jusqu'à 13h. France Inter. Question politique. Alexandra Ben Saïd. Bonjour et bienvenue François Hollande. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation.
A mes côtés, pour vous interviewer, je salue Alix Bouillaguet de France Télévisions. Bonjour Alix. Bonjour Alexandra. Bonjour à tous. Avec vous, tout à l'heure, on fera le portrait d'un homme politique que les Français connaissent bien.
Oui. Qu'est-ce qui peut motiver un ex-président de la République, vous François Hollande, à revenir sur le ring politique par la petite porte, comme Giscard en son temps, en sachant qu'il n'y a que des coups à prendre.
Et Abel Mestre du journal Le Monde est également en plateau. Bonjour Abel.
Bonjour Alexandra. Bonjour à toutes et à tous.
Avec vous, nous nous projetterons en 2027, dans les grands thèmes, au cœur de la présidentielle. Il y aura vraisemblablement la question de l'adhésion aux idées d'extrême droite.
Oui Alexandra, le baromètre annuel sur l'adhésion aux idées du Rassemblement National, réalisé par Vériant pour Le Monde et la revue L'Hémicycle, montre une France de plus en plus séduite par les propositions du RN. A droite, on le savait, mais aussi à gauche, et ça c'est inédit.
On en discutera vers 12h45. Mais d'abord, François Hollande, 5 minutes entre 4 yeux, si vous voulez bien, sur l'actualité la plus récente de cette semaine. On va quand même retenir que plus de 25 ans après le début des discussions, le 9 janvier 2026, la Commission européenne a donné son feu vert à l'accord de libre-échange avec les pays du Mercosur, le Brésil, l'Argentine, le Paraguay, l'Uruguay, malgré le nom de la France. Est-ce que vous, à l'Elysée, vous auriez refusé la signature de Paris ?
Oui, à l'Elysée, j'avais été déjà confronté à cette négociation. Elle remonte à loin, 25 ans.
On a retrouvé des archives de 2013.
Et j'avais averti que, pour la France, c'était difficile, non pas, de conclure un accord commercial. Ça fait partie de ce que la Commission européenne a mandat pour réaliser ce type de négociation. Mais parce qu'il pouvait y avoir des conséquences pour une partie, en tout cas, de notre agriculture. Je pense notamment à l'élevage. Et on s'est réveillé un peu tard sur cette affaire du Mercosur. C'est seulement depuis, disons, un mois que la pression est forte et depuis un an qu'il y a des conditions qui sont posées.
Je pense que l'État, la politique française, aurait dû, depuis déjà plusieurs années, marquer qu'il y avait là une quasi-impossibilité d'accepter un accord s'il n'était pas équilibré.
Mais il y a eu des concessions, il y a eu des garanties, il y a des quotas, malgré... Justement, il y a une pression, notamment de l'Italie, qui a beaucoup obtenu dans les dernières semaines. Malgré cela, vous pensez que la France a raison de dire non ?
Oui, il y a eu, heureusement, des concessions, il y a eu des clauses de sauvegarde qui ont été posées, il y a eu des accords de réciprocité qui ont été exigés. Mais enfin, on a encore beaucoup de doutes. Non, pas tellement, seulement sur les agriculteurs, c'est eux qui se mobilisent. Mais enfin, c'est aussi sur les consommateurs que l'inquiétude peut également peser. Est-ce qu'on est sûr que la viande qui viendra de ces pays, qui sont des pays tout à fait honorables, sera avec les mêmes conditions que celles qui sont posées avec les éleveurs français ?
Et qu'est-ce que ça dit, François Hollande ? La France dit non, Bruxelles dit oui, et finalement, Ursula von der Leyen va aller, ça sera samedi prochain, signer ce traité. Est-ce que ça dit qu'on est isolé ? Est-ce que ça dit que la voie de Paris ne pèse plus grand-chose en Europe ?
D'abord, il y a eu une virevolte, celle de l'Italie. Je dis ça parce que l'Italie peut avoir quelquefois être un modèle pour certains, on en parlera tout à l'heure. Mais l'Italie a fait comme si elle pouvait s'opposer à cet accord du Mercosur, puis ensuite s'est ralliée à cet accord. Deuxièmement, tout n'est pas joué au sens où le Parlement européen, c'est quand même lui qui doit donner une autorisation sur l'accord de ce Mercosur. Puis enfin, il peut y avoir même de la part du Parlement européen, une action auprès de la Cour de justice, qui pourrait d'ailleurs être suspensif. Mais de toute manière, il faudra reprendre cette négociation, discuter encore.
Ce n'est pas parce qu'il y aurait un accord qui pourrait éventuellement s'appliquer, que les ponts seraient coupés avec ces pays-là.
En tout cas, c'est au nom du refus du Mercosur que deux motions de censure ont été déposées contre le gouvernement. Celle de la France insoumise, qui dénonce la France humiliée à Bruxelles, on en parlait à l'instant. Et le Rassemblement national, qui évoque lui une trahison des agriculteurs. Que va faire le député Hollande ? Est-ce que vous allez les voter ces motions de censure ?
Non, elles sont inappropriées ces motions de censure. D'abord parce que la France a voté contre cet accord. On ne peut pas reprocher au gouvernement une action que nous avons encouragée. On demandait de voter contre. C'était même à l'unanimité de l'Assemblée nationale. Pas donc voter une motion de censure pour renverser un gouvernement qui a voté contre. Et puis deuxièmement, ce n'est pas à l'Assemblée nationale. Aujourd'hui que le débat va s'engager sur le Mercosur, c'est au Parlement européen.
Donc les partis politiques qui veulent éventuellement bloquer cet accord, qui veulent produire un recours devant la Cour de justice de l'Union européenne, c'est au Parlement européen, ce n'est pas au Parlement français.
Donc les motions de censure du LFI et du RN n'ont pas de sens à vos yeux ?
Non, elles sont inappropriées.
Instrumentalisées ?
Oui, elles montrent bien d'ailleurs un jeu politique. C'est-à-dire, quand on mène une action dont on sait qu'elle ne produira rien et qu'elle n'est pas en rapport avec la situation, c'est qu'on veut entraver, bousculer ou tout simplement exister.
Oui, et que fait l'exécutif face à cela ? L'exécutif agite la menace de la dissolution. Sébastien Lecornu a donc demandé au ministre de l'Intérieur de préparer l'organisation de législatives aux mêmes dates que les municipales, les 15 et 22 mars. Et en même temps, ce matin, on peut lire Sébastien Lecornu dans Le Parisien qui dit « Soyons clairs, je ne veux ni de la censure, encore moins de la dissolution. » À quoi joue le Premier ministre François Hollande ? Est-ce qu'il joue à faire peur aux Français ?
Aujourd'hui, les Français, ils sont inquiets. Il y a de quoi. Situation internationale, on en parlera, qui fait le recours à la force plus que le respect du droit, sa ligne de conduite. Inquiets parce qu'économiquement, ça a quand même des conséquences, les droits de douane que Donald Trump a posés. Inquiets parce que l'État de l'Europe n'est pas finalement rassurant. Inquiets parce qu'il y a des guerres. Inquiets parce qu'il y a l'Iran. Et donc inquiets aussi parce qu'il y a une instabilité depuis la dissolution et les élections législatives qui ont suivi. Bon, le rôle d'un Premier ministre, c'est vrai qu'il n'est pas facile.
C'est quand même de mettre un peu de stabilité là où il y a de l'inquiétude. Alors, c'est sa phrase du jour. Mais il y a eu une phrase de la veille. La veille, on ne doit pas parler de dissolution. Il se trouve que je reviens de mon département de la Corrèze. J'en rentrais beaucoup de maires. C'était les voeux dans beaucoup de communes, de la Corrèze comme ailleurs. Les maires qui préparent des élections municipales se disent « Mais est-ce qu'on ne va pas avoir une interférence des élections législatives sur les élections municipales ? » Donc ça n'a aucun sens.
Donc il joue à quoi ? C'est ça la question ?
Si c'est pour faire peur à son propre camp, pourquoi pas ? C'est pour faire peur aux LR qui ont l'air justement à un moment de vouloir voter ou laisser penser qu'il pourrait voter une motion de censure avec LFI et avec le RN. Je crois que ce n'était pas sérieux. Donc il a peut-être voulu, sous la pression du président de la République, parce que je crois qu'ils se sont vus, donner un coup d'alerte. Mais non, ce n'est pas comme ça qu'il faut procéder. Donc sa déclaration d'aujourd'hui, elle est plus sage. Il faut chercher la stabilité. Et pour trouver la stabilité, il faut chercher des compromis.
Et si c'était pour, peut-être pas faire peur, vous allez me le dire, peut-être que vous avez peur des législatives. LRFI dit que, Jean-Luc Mélenchon dit qu'il n'en a pas peur. Mais et si c'était pour mettre un coup de pression aux socialistes pour obtenir un compromis dans la discussion pour le budget ?
Ce n'est pas en menaçant d'une dissolution, c'est en cherchant de bonne foi, comme ça a été fait pour le projet de loi de financement de la sécurité sociale, ce qui peut être accordé, non pas aux socialistes, mais aux Français, en termes de justice fiscale, de pouvoir d'achat ou de moyens pour l'éducation nationale. Donc on connaît les conditions du compromis. Mais je pense que sur le budget, ça suffit. Ça suffit de laisser passer du temps. Parce que les Français, là aussi, ils attendent un cadre. Un cadre pour faire leur propre investissement ou consommation. Les collectivités locales attendent aussi de savoir à quel niveau ils pourront recevoir des subventions de l'État.
Et les partenaires sociaux, bref. Ça suffit. Vous dites qu'on n'a plus le temps. Ça suffit. On a passé près de, je crois, deux mois et demi. Ça suffit. Maintenant, on sait. On sait que le budget ne sera pas voté. On le sait.
Question d'Alix. Vous dites que ça suffit. Vous le dites même plus d'une fois. Ça veut dire que, clairement, ce matin, vous demandez au Premier ministre d'utiliser sa prorogative et de mettre un 49-3 dès cette semaine ?
Je l'ai déjà dit. C'était à la fin du mois de décembre. Aujourd'hui, est-ce que le budget peut être voté par l'Assemblée nationale ? La réponse est non. Il n'y a pas de majorité. Est-ce que ce budget est acceptable ? Non, il n'est pas acceptable. Il n'est pas votable. Notamment par les socialistes. Il n'y a plus de chemin pour les socialistes. Il faut qu'il y ait un compromis. Il faut qu'il y ait des éléments qui permettent de ne pas censurer.
Par exemple, la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises qui a été supprimée par Zidane ?
Oui. Je crois qu'il y a des négociations qui sont en cours. Et je fais confiance aux socialistes qui sont partie prenante. C'est suffisant pour obtenir un accord de non-censure ? Donc, il faut qu'il y ait des mesures sur les holdings familiaux. Il faut qu'il y ait des moyens supplémentaires pour l'éducation nationale. Il faut sans doute qu'il y ait un geste sur la prime d'activité pour le pouvoir d'achat. Ça ne sera pas le budget des socialistes. Mais ça sera des éléments qui, quand même, permettront aux Français de vivre sans perte de pouvoir d'achat.
S'il y a tout ça, on termine, s'il y a votre liste de courses, les 3-4 points que vous avez soulevés, vous dites Sébastien Lecornu, fin de semaine prochaine, 49-3, affaires réglées, et les Français seront soulagés.
Ils seront soulagés. Ils auront au moins un cadre pour faire que leur choix de consommation, d'investissement, ça vaut aussi pour les entreprises, pour les collectivités locales, puissent être faits en connaissance de cause. Quelle procédure ? J'y reviens. Est-ce que le budget peut être voté par une majorité ? Il n'y a pas de majorité. Est-ce qu'il y a une opposition ou des oppositions qui peuvent se substituer au gouvernement actuel et former un nouveau gouvernement ? Non. Donc, à partir de là, il y a une procédure qui s'appelle le 49-3. Je vais venir sur le 49-3, puisque, comme président de la République, je l'ai utilisé.
Je sais que ce n'est pas une procédure qui est particulièrement enthousiasmante. Mais il se trouve là, dans la situation dans laquelle on est, qu'elle est la seule procédure qui permet démocratiquement de faire adopter le budget.
Mais vous avez supplié le Premier ministre de ne pas l'utiliser le 49-3.
Mais c'était nécessaire dans un premier temps, et ça a permis au projet de loi de financement de la Sécurité sociale d'être adopté. Et c'était nécessaire pour qu'il puisse y avoir, autant qu'il était possible, une discussion parlementaire ouverte. Et elle l'a été. J'ai cité deux mois et demi. Bon, après, on constate qu'il n'y a pas de possibilité de voter. Les socialistes ne voteront pas le budget. Les écologistes ne veulent même pas s'abstenir sur le budget. Les communistes, pas davantage. Les filles, le rassemblement, veulent voter contre.
Là, c'est le pacte de non-censure des socialistes.
Donc, c'est le pacte de non-censure. À partir de là, c'est au gouvernement de s'engager. Alors, il ne faut pas qu'il s'engage à la légère. Mais pourquoi vous lui demandez pas ce matin ? Et son but n'est pas d'être censuré. Il faut qu'il fasse un compromis avec les socialistes.
Est-ce que c'est en bonne voie ? C'est-à-dire que là, le texte a été rejeté en commission hier. Les discussions, elles oeuvrent en coulisses, évidemment. Mais est-ce que vous voyez que là, ça commence à se dégager sur toutes ces lignes rouges, ces points bloquants que vous venez de citer ?
Je ne suis pas partie prenante des discussions. Ce n'est pas à ma place, ce n'est pas mon rôle. Mais je sais que les socialistes y vont de bonne foi. C'est-à-dire qu'ils veulent trouver des ajustements, des corrections, des modifications au texte tel qu'il était ressorti du Sénat, qui était un texte inacceptable. Ils veulent qu'il y ait un certain nombre d'amendements qui puissent être retrouvés. Alors, ils peuvent être trouvés en séance, puisqu'il va y avoir la semaine prochaine une discussion,
mais ils ne pourront pas être adoptés. Est-ce que le Parti socialiste a eu tort d'en faire une de leurs revendications principales ? C'est-à-dire que c'est quand même eux qui ont dit que c'est au top de notre liste. Le Premier ministre a concédé ça. Est-ce que c'est une erreur a posteriori ?
Non, je l'ai dit, ça n'a pas été une erreur, puisque ça a permis au moins sur le projet de sécurité sociale d'avoir un texte qui a été adopté. Mais il y a des limites, comme vous dites. Les limites, c'est que quand on ne peut pas avoir un texte votable, il faut avoir un texte adoptable. La distinction, un texte votable, vous votez pour, un texte adoptable, vous ne censurez pas le gouvernement. Pour ne pas censurer le gouvernement, il faut qu'il fasse un certain nombre de gestes. Et quand je dis ça suffit, il faut qu'il les fasse maintenant assez rapidement.
Et vous avez évacué la question des ordonnances. C'est une deuxième option. Ça, vous dites non.
Je l'évacue parce que, constitutionnellement, le texte doit être un texte de loi. Le 49.3, s'il est utilisé. Et si le gouvernement n'est pas censuré sur ce texte-là, ça devient la loi de la République. Il sera soumis, ce texte, au Conseil constitutionnel. Ensuite, il aura une valeur juridique. Les ordonnances ne seront pas votées par définition. Les ordonnances ne sont pas votées. Mais c'est prévu par la Constitution. Ça n'a jamais été appliqué. Oui, mais c'est prévu. Mais c'est prévu, sauf que... Donc, c'est une valeur. Ça a une valeur, oui, bien sûr, juridique. C'est une valeur juridique. Ce n'est pas soumis au Conseil constitutionnel. C'est un acte administratif.
On ne sait pas, d'ailleurs, jusqu'où il pourrait même être stable ou stabilisé, puisqu'il peut être contesté devant les tribunaux administratifs. On ne sait même pas si on peut intégrer dans les ordonnances des amendements qui ont été discutés. Donc, c'est trop risqué pour vous, c'est pour l'aventure. Donc, ce n'est pas une bonne procédure. Et il vaut mieux aller vers la seule qui convienne aujourd'hui. Je préférerais que le texte du budget puisse être voté parce qu'il serait un bon budget. Ça ne sera pas un bon budget. Mais faut-il que la France ait un budget ? J'allais même dire qu'il faut même qu'il ait un gouvernement.
Parce qu'à un moment, dans la situation telle qu'on est, ce n'est pas le gouvernement que j'aurais constitué. Il n'y a pas de majorité. Ce n'est pas une majorité à laquelle j'ai envie de me rallier. Surtout pas. Il faut qu'il y ait une opposition en France. Une opposition crédible. C'est celle que le Parti Socialiste représente. Mais il faut aussi qu'il y ait un gouvernement et qu'il y ait un budget qui puisse, jusqu'en 2027, faire que les Français puissent avoir un cadre stat. Et puis, en 2027, ça tombe bien. Il y a des élections.
Mais vous entendez les Français. Est-ce que ça peut durer comme ça ? Là, on a vraiment du jeu politique. Est-ce que ça peut durer comme ça, jusqu'en 2027 ?
Pour ça que j'ai dit, ça suffit. Ça ne peut pas durer dans l'incertitude. On ne peut pas avoir une loi spéciale. C'est-à-dire, une loi spéciale, c'est la reconduction du budget précédent. On ne peut pas avoir une loi spéciale jusqu'à la fin de l'année 2026.
Est-ce que c'est Olivier Faure qui doit... Vous êtes très clair. Là, vous venez de dire, il faut utiliser le 49.3. En effet, vous le dites depuis fin décembre. Là, vraiment, c'est le moment de le faire. Est-ce que c'est Olivier Faure qui devrait avoir ses paroles aujourd'hui pour libérer, en quelque sorte, le gouvernement de sa promesse ?
Enfin, le gouvernement peut se libérer tout seul, à condition qu'il fasse les gestes que le Parti Socialiste est en droit d'attendre. Donc, c'est à Sébastien Lecornu. Plutôt que de faire une déclaration comme il l'a faite hier pour la corriger le lendemain, la déclaration qu'il doit faire maintenant, demain, c'est celle d'aller vers une solution pour la fin du mois.
François Hollande, l'incertitude et l'instabilité ne règnent pas qu'en France. La planète est chamboulée par Donald Trump. Après la mise sous tutelle du Venezuela, on en parlera, voici les ambitions réaffirmées de la Maison-Blanche sur un territoire européen, le Groenland.
C'était avant-hier.
Donald Trump, de plus en plus pressant, il dit « Nous allons faire quelque chose sur le Groenland, de la manière douce ou the hard way, de la manière forte. » Alors, il y a eu un sondage publié samedi par l'agence danoise Ritzau. Près de 4 Danois sur 10 pensent que les Etats-Unis vont lancer une invasion du Groenland durant la présidence Trump. Et vous ?
Il ne faut pas que les Etats-Unis puissent engager quoi que ce soit sur le Groenland et encore moins par des moyens militaires. Pour résumer ce qu'est la position de Donald Trump, si on veut lui donner une forme de clarté. Il n'est pas pour la démocratie, vous l'avez montré encore dans son intervention au Venezuela, il est pour la suprématie. Il n'est pas pour la protection du continent européen, il est pour la prédation des ressources, éventuellement, du continent européen. Une fois que l'on sait ce qu'est son attitude, au-delà des mots qu'il peut utiliser. Nous devons soutenir le Danemark et donc le Groenland pour son intégrité territoriale, c'est bien le moins. Comment faire ?
D'abord en affirmant une solidarité politique. Deuxièmement, s'il s'agit de dire que le Groenland pourrait éventuellement être menacé par la Russie et devrait être protégé.
C'est l'argument de Donald Trump.
Puisque ça pourrait être son argument. Eh bien, à ce moment-là, envoyons des moyens militaires au Groenland, des unités d'élite. Une base armée, comme le propose Raphaël Glucksmann. Oui, bien sûr, c'est la bonne position. Et donc faire en sorte qu'il y ait des unités d'élite qui soient là, de façon à ce que le Groenland ne puisse pas être attaqué. Je rappelle qu'il y a eu jusqu'à 10 000 soldats américains au Groenland pendant la période de la guerre froide. Il n'y en a plus que 200. Donc, si l'argument est celui de la sécurité, on voit qu'il ne le tient pas. Mais les Européens doivent montrer qu'il y a une solidarité, y compris sur le plan militaire. Quitte à l'escalade avec les Etats-Unis.
Enfin, si les Etats-Unis devaient, hypothèse à laquelle je doute, mais enfin, on ne sait jamais avec Donald Trump, s'ils devaient engager une action de force sur le Groenland, ça veut dire qu'ils la feraient contre des soldats européens. Ce serait la fin de l'Alliance Atlantique.
Et est-ce que ça veut dire que dans ce cadre-là, la France devrait actionner le fameux article 5 de l'OTAN qui stipule que tout allié de l'OTAN menacé entraîne automatiquement une aide des autres Etats membres, y compris militaires ?
Alors, sans aller jusqu'à cette escalade, vous voyez bien que ce serait la première fois qu'un pays de l'OTAN, il y a eu une fois une guerre entre la Grèce et la Turquie sur la question de Chine, mais ce serait la première fois que le pays principal de l'OTAN attaquerait un autre pays de l'OTAN. Donc, ça serait la fin de l'Alliance Atlantique. Il faut bien le comprendre. Alors, ça fait peur, bien sûr, à des pays qui sont membres de l'Alliance Atlantique et qui sont très attachés à la relation avec les Etats-Unis. Mais nous sommes aussi tout à fait désireux que les Etats-Unis restent dans l'Alliance Atlantique.
Mais il ne peut pas y avoir un pays membre de l'Alliance Atlantique qui en attaque un autre, et a fortiori quand ça vient des Etats-Unis qui sont supposés être le pays principal de cette année.
Vous dites que c'est la fin, mais en même temps, vous ne répondez pas à la question sur l'article 5. Il y a des règlements ?
Il y a des règles, vous les connaissez, mais bien sûr, elles seront rappelées. Mais enfin, je ne veux pas donner l'impression qu'on est déjà en guerre avec les Etats-Unis. Permettez-moi quand même d'éviter qu'on puisse se mettre dans ce type de scénario. Mais Donald Trump le sait parfaitement. Il sait parfaitement que s'il y a des troupes européennes, en nombre limité d'ailleurs, sur le territoire du Groenland, son action militaire est perdue d'avance et n'a aucun sens.
Dans ce que vous décrivez, on a l'impression que vous considérez désormais l'Amérique de Trump comme un adversaire.
Je ne le considère plus comme un allié. Est-ce que c'est un adversaire ? Est-ce que c'est devenu un adversaire ? Ça peut être un adversaire s'il venait à faire une action de force contre un pays européen. C'est un adversaire s'il vient nous infliger des droits commerciaux qui sont insupportables. Ça peut être même un partenaire agressif. On l'a vu encore récemment, lorsque la Commission européenne prend des décisions pour réguler le numérique et quand le commissaire européen, l'ancien commissaire européen Thierry Breton, est privé des moyens de se déplacer aux Etats-Unis. Il faudrait d'ailleurs que l'Europe fasse là aussi une réciprocité. Il faut se faire respecter.
Donald Trump ne comprend que le rapport de force. Donc les Européens doivent se faire respecter.
Est-ce qu'il faut utiliser l'instrument anti-coercition ? Ça, c'est le bazooka européen. Ça veut dire qu'on ferme plus ou moins le marché européen aux entreprises, aux services, ça veut dire les banques, ça veut dire le numérique. Ça, ça pourrait faire du mal aux Etats-Unis.
Il faut le faire. On va reprendre des mots et des formules qui correspondaient à une logique de guerre froide. Il faut avoir du gradualisme. Il faut faire des ripostes qui sont comparables à ce qu'on nous inflige. Donc si les Américains se comportent mal, eh bien il faut relever le niveau de notre protection. S'ils nous infligent des droits de douane supplémentaires, il faut augmenter ceux qui sont opposés aux produits américains. S'ils veulent mettre en cause la régulation du numérique, il faudra avoir des mesures qui permettront de taxer les entreprises du numérique.
Sauf qu'on a besoin d'eux pour l'Ukraine. Sauf que nous avons envie qu'il soit à bord pour assurer la sécurité. Est-ce qu'il faut sacrifier le Groenland pour garder le soutien américain, par exemple ? Est-ce qu'on a toute l'attitude ?
Je comprends. Moi-même ayant été confronté au dossier ukrainien, ce n'était pas le même président des Etats-Unis, mais c'était toujours Vladimir Poutine. Je sais combien il est très important que ce qu'on appelle le camp occidental soit uni pour assurer, au-delà de la coalition des volontaires que les Européens ont menée avec les Etats-Unis, une présence et une aide aux Ukrainiens. Mais on ne peut pas avoir un chantage tel qu'il peut éventuellement être formulé par les Etats-Unis. Si vous ne voulez pas qu'on prenne vos biens, vos ressources, le Groenland, c'est des ressources, c'est des minerais.
Si vous ne voulez pas qu'on prenne votre économie, alors on va s'en aller de l'alliance que nous avons constituée pour préserver l'Ukraine. Mais non, il faut refuser le chantage. Il faut dire que l'intérêt des Américains, c'est aussi que Vladimir Poutine ne gagne pas la guerre en Ukraine. Parce que s'il gagne la guerre en Ukraine, il y aura d'autres conséquences. Elles seront sur les Etats-Unis aussi.
Mais François Hollande, la méthode douce qui a été employée par Emmanuel Macron a fait que les émissaires américains sont arrivés à Paris mardi dernier et qu'il y a quand même une avancée avec ce déploiement d'une force internationale en cas de cesser le feu. Ce n'est pas rien quand même ce qui s'est passé mardi dernier. Si Emmanuel Macron avait été, comme vous dites, fort avec le fort, il ne serait pas venu.
Et alors ? Et alors ?
Il n'y aurait pas eu cette avancée sur le dossier ?
Vous pensez encore que, pour l'instant, le dossier ukrainien a progressé ? Vous dites que ce n'est rien
ce déploiement de cette force multinationale ?
C'est très important que les Européens eux-mêmes, les coalitions des volontaires, ce sont les Européens. Que les Européens eux-mêmes se soient décidés à faire une force multilatérale. Ensuite, il n'y a toujours pas de discussion avec la partie russe. La méthode qui a été utilisée par Donald Trump précisément, ça a été de donner du temps à Vladimir Poutine. Et pendant que nous parlons, Vladimir Poutine et son armée avancent en Ukraine. Donc, il est très important, bien sûr, de ne pas perdre le contact avec les Américains, mais de ne pas attendre les Américains, de continuer à fournir des armes et des armes de haute technologie aux Ukrainiens.
Vous parlez du rôle de l'Europe. On a l'impression quand même que l'Europe, elle se retrouve dans une tenaille des impérialismes, entre l'impérialisme américain et l'impérialisme russe. Comment faire au niveau de l'Union européenne pour répondre à cette situation inédite ?
Nous sommes devant une situation inédite, vous avez raison. Nous sommes seuls. Il faut se mettre dans l'idée que les Européens sont aujourd'hui seuls pour déterminer leur destin. Qu'ils ne peuvent pas, pour un temps peut-être, attendre des Etats-Unis une protection, des garanties de sécurité, un soutien, une volonté commune de faire avancer la démocratie. Ce temps-là est terminé. Donc, pour les Européens, c'est vrai que c'est un coup de semence, c'est un bouleversement.
Pour nos amis polonais qui sont près de la ligne de front, pour les Allemands qui ont tout attendu des Etats-Unis, pour les Pays-Bas, qui étaient, il y a encore quelques décennies, dans l'Empire soviétique, pour les Britanniques, très liés aux Etats-Unis. C'est moins vrai pour nous, Français, parce que, là, il y a tradition, on pourrait dire, gaulot, mitterrandienne, et puis les présidents successifs, y compris ceux qui ont dirigé la France, y compris moi-même, on a toujours maintenu une ligne d'autonomie. Donc, c'est plus compliqué pour les Européens. Et donc, la France, pour rester sur ce qu'elle peut faire, elle doit être à l'initiative.
Alors, elle n'est pas dans une situation facile aujourd'hui. Instabilité politique, fin du mandat d'Emmanuel Macron, budget pavoté, endettement très élevé, elle n'est pas dans une situation facile. Et donc, l'élection de 2027, de ce point de vue-là, elle est déterminante pour la suite, pas pour la suite de la France seulement, pour la suite de l'Europe, y compris dans cette position de solitude.
Et puis, François Hollande, il y a aussi dans cette actualité internationale l'Iran, où Internet reste coupé, où on craint une répression très brutale, question d'Élix Bouillaguet.
Oui, un soulèvement se déroule en ce moment en Iran, avec effectivement une ampleur de plus en plus forte chaque jour dans tout le pays. Donald Trump menace le pouvoir d'une intervention militaire s'il réprime les Iraniens. L'Iran aspire à la liberté, les Etats-Unis se tiennent prêts à aider. C'est ce que le président américain a déclaré hier. Est-ce qu'il a raison ? Est-ce qu'il faut se tenir aux côtés des Iraniens ?
Oui, il faut se tenir aux côtés du peuple iranien, qui depuis maintenant plusieurs années, même si ça a pris un tour nouveau encore ces derniers jours, manifeste contre le régime, et tout simplement pour vivre, pour vivre en liberté, mais pour vivre économiquement de manière à peu près convenable.
Se tenir comment ? Militairement, comme le suggère Donald Trump ?
Continuer et peut-être amplifier les sanctions à l'égard de l'Iran, isoler l'Iran, l'isoler aussi de ses soutiens, puisqu'il y a deux grands pays qui soutiennent l'Iran en ce moment, c'est la Chine et la Russie, en achetant son pétrole et en détournant d'ailleurs toutes les mesures de sanctions. Il ne faut jamais oublier l'alliance qui existe entre les dictatures Russie, Chine, Iran, et je pourrais ajouter d'autres, parce que la liste est hélas plus longue. Et donc, il faut isoler l'Iran de la Chine et de la Russie, mettre en cause la Chine et la Russie. Alors l'intervention militaire, je pense qu'aujourd'hui, elle peut être brandie, mais elle peut être aussi utilisée par le régime.
C'est ça le dilemme. C'est-à-dire que le régime qui est confronté à une révolte sociale, peut-être même davantage, à une révolution sociale, elle peut encore utiliser l'arme du nationalisme pour dire qu'il faut répondre à Israël.
Donc Donald Trump fait une erreur en allant jusqu'à l'intervention militaire ?
Je pense qu'on ne fait jamais d'erreur quand on fait pression. Mais enfin, on sait très bien que les limites de la pression. Mais c'est vrai que c'est terrible parce que ne pas soutenir les Iraniens en ce moment, on sait qu'il y a des massacres qui se produisent, des arrestations, en disant simplement comme je le fais, c'est par des mesures d'isolement de l'Iran. On voit bien que ça ne peut pas suffire. Mais intervenir, faire une guerre quand on sait que... Il faut faire quoi ?
Alors l'Union européenne doit faire quoi ?
Donc continuer à faire cette pression qui n'est pas simplement morale, qui doit être de fermer toutes les possibilités à l'Iran. Parce que ce qui fait que les peuples se révoltent et on l'a vu quand l'Union soviétique s'est effondrée, on l'a vu dans d'autres situations, c'est quand l'économie elle-même s'effondre. C'est ce qui se produit en Iran.
François Hollande, sur la question du Groenland, comme du Venezuela, je reviens à Donald Trump, il a expliqué que rien ne pourra l'arrêter à part ma propre morale, dit-il. Je n'ai pas besoin du droit international, c'est ce qu'il a expliqué aux journalistes du New York Times. Est-ce que le droit international, ça existe encore ?
Il existe, puisqu'il y a une charte des Nations Unies, il y a des institutions internationales, il y a même des cours de justice internationale.
Oui, mais le premier président de la première puissance mondiale n'a pas l'air de beaucoup plus croire.
Il s'affranchit de tout jusqu'au moment où même dans son propre pays, il sera rattrapé, parce qu'il y a quand même des règles aussi dans une démocratie. Mais c'est vrai que c'est une situation totalement nouvelle d'avoir un président des États-Unis dans une démocratie, j'insiste bien sur le mot, dans une démocratie qui dit que le droit ne compte pas, que la morale, c'est la sienne, pas celle finalement du consensus qui au moins jusque-là présidait aux relations internationales. Donc qu'est-ce qu'il faut faire quand on a cette situation ? Ça c'est une responsabilité des Américains, peut-être avoir des élections qui donnent un cours nouveau.
Est-ce que l'ONU est pas un astre-mort un peu à la manière de la Société des Nations ?
Mais ce qu'il faut c'est que le reste de la communauté internationale s'oppose à ce qui est une logique de force par rapport au droit. Alors c'est vrai, vous avez raison, mais c'est pas nouveau que les Nations Unies soient entravées. Mais là c'est le mépris, c'est pour ça qu'il faut être très ferme, c'est le mépris de toute règle internationale. Et à un moment les règles internationales elles valent aussi pour les Etats-Unis. C'est-à-dire que...
Vous pensez que ça va le rattraper ?
Je pense que ça le rattrapera. À un moment on est toujours rattrapé par le droit quand on est dans une démocratie sauf quand on n'est plus dans une démocratie.
Nous venons de parler de la situation politique nationale, de l'instabilité internationale, de la portée de la voix de la France et dans quelques minutes François Hollande nous allons faire votre portrait. Mais encore deux questions sur le portrait que vous dressez vous d'Emmanuel Macron. On voudrait vous entendre sur cette fin de mandat d'Emmanuel Macron. Est-ce que vous poseriez... Quel adjectif poseriez-vous sur cette fin de mandat ?
Elle est douloureuse. J'imagine pour lui d'abord. Comme toute fin de mandat. J'ai connu cette situation. Mais elle est douloureuse parce que de voir l'autorité de la France être réduite non pas simplement par la fin de mandat mais par la situation politique intérieure elle est douloureuse parce qu'il est seul. Lui aussi. C'est-à-dire qu'il n'a plus de parti pour le soutenir, plus de gouvernement qui lui serait véritablement lié même si Sébastien Lecornu est tout à fait légitime et qu'il a vis-à-vis du président de la République de l'élégance et du respect. Mais on voit bien qu'il y a un détachement.
Donc peut-être il en tirera la conclusion que rien n'est possible dans la vie politique si on n'a pas une force pour non pas se perpétuer mais au moins pour transmettre.
Dans le livre de Nicolas Doménac et Maurice Safran qui s'appelle Néron à l'Elysée ils vous ont interrogé et vous dites Emmanuel Macron n'a pas de conviction forte pas de parti vous venez de le dire pas d'amis pas de culture politique une méconnaissance de l'histoire politique et pour vous je vous cite encore François Hollande Emmanuel Macron est un enfant roi et un narcisse le jugement est très sévère.
Oui parce qu'il a pensé alors qu'il y avait une aspiration quand même en 2017 vis-à-vis de ce que pouvait représenter un président jeune moderne qui voulait s'affranchir des clivages politiques traditionnels il a pensé qu'il pouvait tout bousculer tout faire pour en définir ne rien faire c'est-à-dire la destruction du système politique il n'en est pas le seul responsable soyons au juste mais n'a pas été suivi par une reconstruction ni d'un système institutionnel ni d'une méthode de travail avec la société et il y a donc un écart qui explique d'ailleurs assez largement les votes extrêmes un écart entre les citoyens et leurs représentants
ça vous inquiète ?
Oui je pense le rassemblement national ou les partis extrémistes d'ailleurs mais pour rester sur le rassemblement national puisqu'on va y revenir était à un niveau déjà élevé 18% lorsque j'ai été moi-même président de la république à peine 20% quand je suis parti il est aujourd'hui à un niveau beaucoup plus élevé ça je pense que c'est la responsabilité de ce qui s'est passé depuis maintenant 8 ans
et vous avez beaucoup insisté en début d'émission sur la dissolution de 2024
oui non pas que l'arme de la dissolution ne puisse jamais être utilisée elle a été dans le passé il faut qu'elle ait une cause et on ne sait pas aujourd'hui encore quelle était l'intention si c'était de mettre le rassemblement national devant une épreuve de pouvoir et rentrer dans une cohabitation certains prétendent à cette hypothèse je n'en sais rien ou si c'était un sursaut collectif mais là aussi le fait d'être totalement isolé comme il l'a été sans lien avec un parti sans discussion avec l'ensemble des forces démocratiques les représentants des entreprises comme des salariés tout ça fait un pouvoir politique qui est totalement personnel comme il a pu l'être dans la 5ème République mais lié à un homme et un homme seul
François Hollande vous êtes l'invité de questions politiques à nous de faire votre portrait France Inter Alexandra Ben Saïd questions politiques et celle qui a cette mission c'est Alex Bouillaguet notre spécialiste des biographies et des archives
je suis venu ici pour vous annoncer ma candidature pour la première circonscription de la Corrèze dans le cadre du nouveau Front Populaire c'est une décision assez inédite qu'un ancien président puisse briguer une circonscription et redevenir député puisque c'est une circonscription dont j'ai été le représentant pendant des années ici dans ce département et sur ce territoire
on vous entend François Hollande nous sommes le 15 juin 2024 vous êtes à Tulle en Corrèze et vous annoncez donc votre candidature aux législatives vous l'ex-président de la république repartez pour un tour une défaite chez vous en Corrèze vous le savez signerait la fin de votre carrière politique revenir comme ça par la petite porte manière modeste un peu comme l'a fait Giscard en son temps est-ce que vous n'avez pas hésité à un moment
oui je me suis posé la question ça a duré quelques jours seulement mais ça a duré est-ce que c'était bien ma place de revenir dans l'Assemblée nationale dans un tout autre contexte politique que celui que j'avais connu pendant toutes les périodes où j'ai moi-même été un cadre actif de cette assemblée et aussi de la vie politique française j'ai été un ancien président c'est vrai que le seul précédent c'était Giscard d'Estaing qui n'était pas d'ailleurs du tout un mauvais précédent puisqu'il a ensuite il est ensuite resté président de région etc
il n'a jamais été réélu
mais il n'a pas été réélu mais je ne le faisais pas dans cette perspective présidentielle je le faisais ce choix parce que je considérais et je considère toujours que la situation de la France exige un réengagement que je ne peux pas laisser comme ça les choses en l'état que je ne peux pas être bras ballant en disant oui c'est grave ce qui se passe en France dans le monde dans la vie politique et puis dire bon bah tant pis moi j'ai fait mon temps j'ai pris ma place mes décisions et puis maintenant à d'autres mais non et je crois que cet exemple là que je voulais donner pas simplement pour un ancien président pour tout citoyen il faut se réengager j'ai utilisé une expression pour la situation internationale j'ai dit il est minimum le quart bah il est minimum le quart avant l'échéance de 2027
on le sait bien les français le savent la politique c'est à peu près toute votre vie puisque vous avez commencé jeune énarque sous François Mitterrand député pendant plus de 21 ans patron du PS pendant plus de 10 ans président en 2012 pendant 5 ans et pourtant le 1er décembre 2016 vous renoncez à vous représenter le plus grand regret de votre carrière c'est ce que vous avez confié à des lycéens d'Albi en septembre 2024 vous l'éternel optimiste celui que la presse surnommait en 2011 monsieur 3% et qui devient président de la république pourquoi est-ce que vous avez renoncé ce soir-là
oui je l'ai fait c'était douloureux on parlait de douleur de quitter le pouvoir même si finalement c'est l'honneur dans une démocratie de ne pas s'accrocher au pouvoir je l'ai fait parce que les conditions politiques n'étaient pas réunies pour que je puisse être candidat dans de bonnes conditions les socialistes de l'époque avaient inventé une primaire ce qui n'avait aucun sens pour l'élection présidentielle pour un président sortant il y avait Emmanuel Macron qui avait déjà annoncé sa candidature alors qu'il était dans un gouvernement jusque-là que j'avais moi-même nommé et il y avait en plus une situation à droite et à l'extrême droite qui laissait penser que déjà il y avait un risque pour l'extrême droite donc je l'ai fait peut-être trop tôt c'est pour ça que je l'ai regretté parce que deux mois après il y avait sûrement un autre contexte mais je l'ai fait parce que moi j'ai toujours comme conscience qu'est-ce qui est utile qu'est-ce qui est nécessaire pour mon pays pas pour moi-même
On évoquait Emmanuel Macron juste avant dans un portrait que Paris Match vous consacre le 13 février 2020 vous dites d'Emmanuel Macron le seul reproche que l'on me fait vraiment c'est comment avez-vous pu faire entrer le loup dans la bergerie ? Est-ce qu'il vous hante ce jour où Emmanuel Macron celui que vous n'aviez absolument pas vu venir vous ravit les clés du pouvoir ?
Non je ne suis pas du tout dans une démarche de rancune personnelle je sais que la politique peut avoir des trahisons et des comportements qui ne sont pas sur un plan moral tout à fait vous avez sans doute
déjà trahi vous-même
je ne crois pas non vous me donnerez des éléments si vous pensez que ça a été le cas non j'ai essayé d'avoir un comportement qui était un peu différent mais ce que je crois c'est que les français n'ont pas compris comment un responsable politique parce qu'il était ministre pouvait d'abord entraver un président de la république sortant c'était déjà surprenant et ensuite s'affranchir de tout s'affranchir de toute solidarité par rapport à ce qu'il avait fait pendant la période où j'étais moi-même président s'affranchir de toute alliance avec des forces progressistes s'affranchir de toute doctrine c'est ça et quelques fois me disent vous vous ne l'avez pas vu et c'est vrai je suis quand même vous qui êtes considéré comme plutôt malin en politique ça me paraissait tellement invraisemblable tellement inédit tellement dangereux peut-être que je n'avais pas pensé qu'il pouvait être candidat
si vous ne vous représentez pas en 2017 c'est aussi parce que vous pensez déjà que ce serait plus facile de revenir si vous n'êtes pas battu je ne suis pas indifférent à 2027 c'est ce que vous avez lâché il y a un an dans un entretien avec le magazine l'hémicycle c'est un euphémisme vous avez furieusement envie d'être candidat en 2027 vous parlez de réengagement réengagement
on vient de décrire une situation aussi bien internationale que intérieure et on aura à approfondir vous pensez qu'aujourd'hui ma seule préoccupation c'est de me dire est-ce que je peux trouver une occasion une opportunité comme certains disent un trou de souris
ça c'est un peu facile c'est souvent les candidats présidentiables disent oh je ne suis pas au lola c'est la France avant tout
je pense que la situation est tellement grave que ça ne peut pas relever simplement d'une démarche personnelle aussi légitime pour gagner parce que je considère que l'élection présidentielle c'est pour la gagner qu'il faut s'y présenter ça vaut pour toute personne qui est animée de cette volonté là pour gagner il faut qu'il y ait une grande force politique qui naisse d'ici 2027 cette grande force politique c'est une force de centre-gauche on l'appelera comme on voudra qui couvre un large espace et qui puisse à la fois être en capacité d'arriver au second tour et de gagner au deuxième tour sans doute face au rassemblement national c'est-à-dire en ayant finalement un rassemblement qui aille au-delà même de la frontière politique entre la gauche et la droite
est-ce que déjà vous en avez envie François Hollande ?
mais c'est pas une affaire d'envie
un petit peu quand même
non
en vous rasant le matin vous ne dites pas tiens quand même
oui je connais bien cette expression et maintenant je préfère ne pas l'utiliser pour ne pas avoir une comparaison avec un autre personnage mais ce que je veux dire par là c'est que c'est pas une affaire d'envie c'est pas on n'est plus dans une affaire d'envie moi j'ai déjà été président de la république j'ai éprouvé à la fois la fierté de l'être les responsabilités qui y sont attachées les épreuves que l'on peut rencontrer j'ai pas du tout une envie d'avoir un destin d'une certaine façon mon destin il est accompli ce que je veux c'est que la France puisse dans le contexte international que nous connaissons européen en particulier face à la montée des extrêmes droites partout on va y venir je veux que la France puisse avancer s'en sortir et non pas sombrer donc ça c'est ça qui me détermine
François Hollande avant de passer à 2027 et en effet cette question de l'extrême droite une carte blanche on vous a demandé de venir avec un sujet sur lequel vous voudriez faire un gros plan vous avez choisi la solitude
oui parce que il y a plus de 10 millions de personnes qui vivent dans l'isolement c'est à dire qui ne rencontrent personne de la journée c'est une question maintenant majeure sur le plan politique pourquoi elle est majeure sur le plan politique parce que moins on a de relations sociales plus on peut être assiégé par la peur et attiré par des solutions de repli et des solutions extrêmes il y a un excellent livre qui a été publié par un auteur qui s'appelle Jean-François Serres qui n'est pas que le fils de Michel Serres qui a été président des petits des pauvres qui a montré qu'il y a une progression de la solitude pas simplement chez les personnes âgées mais aussi chez les jeunes ou chez les femmes
c'est quoi la raison
la raison c'est tout simplement que vous pouvez vivre sans avoir de relations sociales vous pouvez aller à votre travail pas simplement parce que vous êtes en télétravail sans avoir véritablement le temps de discuter vous pouvez être une personne âgée qui ne voit plus personne d'autres et vous pouvez être un jeune beaucoup de jeunes d'étudiants sont en grave précarité les réseaux sociaux laissent penser qu'on n'est pas seul mais c'est une illusion il y a même des gens qui pensent que leur seul ami maintenant il est dans l'intelligence artificielle je me fais accompagner par mon ami virtuel alors l'antidote donc l'antidote c'est de recréer du collectif de ce point de vue là on parlait des associations et le cadre budgétaire qui doit être fixé il faut soutenir profondément le mouvement associatif dans le domaine du sport dans le domaine de la culture dans le domaine également de l'action locale il faut soutenir les collectivités locales tout ce qui se fait en lien avec les autres est un progrès pour la démocratie plus on sera dans une société éclatée fragmentée où l'isolement sera hélas le cadre commun plus le risque extrême ce qui est très intéressant aussi sur le plan politique on s'est aperçu que moins vous aviez de relations sociales moins vous aviez de personnes avec qui vous avez discuté plus vous votez pour l'extrême droite aux Etats-Unis ils avaient fait une statistique qui était intéressante combien de personnes dînent seules le soir et bien les personnes qui dînent seules le soir votaient très largement Donald Trump
message subliminal à Emmanuel Macron vous dites que vous n'avez pas de rancune moi j'entends encore des choses sur la solitude ce dimanche nos amis du journal Le Monde on parle de l'extrême droite publie comme chaque année depuis 1984 le baromètre qui mesure l'adhésion aux idées du FN et aujourd'hui Abel du RN on voit que cette adhésion progresse
oui le taux est record et notamment dans les propositions les plus emblématiques du parti par exemple 73% des personnes interrogées favorables à la suspension des allocations familiales pour les parents de mineurs délinquants criminels ou 63% pour la suspension du regroupement familial est-ce que le Rassemblement national a gagné la bataille culturelle ?
Il a incontestablement mené avec d'autres d'ailleurs une bataille idéologique qui est de considérer que le social est moins important que le sécuritaire et qu'en plus ça correspond à une période où les citoyens ont besoin de protection et vivent également une montée l'articotrafique en est un élément mais une montée des violences donc il a joué et il a sans doute avancé grâce à cette priorité donnée à tout ce qui peut être une forme de protection physique par rapport aux protections
La gauche a joué aussi ce jeu d'ailleurs souvent qu'on a avec Manuel Valls qui assumait ce discours
Par ailleurs je pense que la gauche doit défendre à la fois la protection sociale la question aussi de la protection au sens de nos alliances ou de nos défenses pour assurer la sécurité de notre continent et la sécurité de la France mais aussi doit assumer pleinement d'être capable de répondre aux besoins d'ordre et de sécurité et pour reprendre l'exemple que vous évoquez ma propre responsabilité face au terrorisme islamiste a-t-on cédé ? a-t-on violé des lois de liberté ? Non a-t-on été capable de répondre à la menace ? Oui
on voit aussi une forte adhésion des électeurs de gauche aux propositions du rassemblement national je donne encore un exemple 43% en faveur de la présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre 52% pour la suspension des allocations familiales pour les parents de mineurs délinquants 44% pour l'interdiction du voile dans l'espace public que dites-vous aux français qui estiment que le rassemblement national est plus capable que les autres partis de comprendre leurs problèmes quotidiens ? Est-ce que vous pensez que ce sont des situations
beaucoup d'élus de gauche assument dans les villes ou dans les collectivités locales une tâche éminente en matière de sécurité de protection et d'assistance aux plus fragiles sont soucieux des méthodes qu'utilisent aujourd'hui les narcotrafiquants y compris pour polluer la vie dans des quartiers donc c'est assez injuste que ceux qui font le plus pour assurer la sécurité au quotidien des citoyens soient ceux qui sont regardés comme étant faibles quand ceux qui parlent sans jamais forcément agir puisqu'ils n'ont pas la capacité aujourd'hui au plan local de le faire et au plan national encore moins donc il y a là comme une aberration mais je pense que la gauche doit bien comprendre que ce besoin de sécurité ce besoin d'ordre ce besoin d'autorité il existe et que tout l'enjeu des prochains mois c'est est-ce que c'est une autorité qui replie les français qui les oppose aux autres qui les divise qui les fracture et qui pousse à la violence ou est-ce que c'est une autorité qui va prendre le respect des règles comme un principe absolu mais qui va unir les français leur garantir des libertés leur garantir aussi des sécurités et des protections et c'est ça la voie c'est pas de refuser la fermeté elle est nécessaire la fermeté la sanction est nécessaire mais elle ne peut pas suffire
vous avez gagné une campagne présidentielle en 2012 vous savez que ça se joue aussi sur les propositions mais aussi sur une conjonction entre ce qu'on appelle la formule la rencontre d'un homme et d'un peuple ou d'une femme d'ailleurs et aussi l'envie de voir cette personne arriver au pouvoir on voit dans cette étude que 42% des personnes interrogées envisagent de voter un jour pour Jordan Bardella comment vous expliquez ce qui se passe autour du président du rassemblement national est-ce que vous vous le comprenez est-ce que vous ça vous étonne comment vous et comment la gauche peut répondre
je pense que d'abord la succession des alternances le mandat long d'Emmanuel Macron ont créé un vide politique dans lequel le rassemblement national et ses leaders ont pu se loger deuxièmement il y a l'idée de l'impuissance des démocraties sur laquelle les extrêmes partout ont joué comme s'il était facile de régler tous les problèmes et puis troisièmement il y a une forme de dépolitisation ce que j'appellerais l'indifférence qui s'est produite pour beaucoup des acteurs du rassemblement national ou ceux qui regardent Jordan Bardella avec une relative faveur ignorent même l'histoire du rassemblement national ignorent les thèses du rassemblement national le trouve plus jeune encore que celui qui est aujourd'hui au pouvoir plus sympathique plus ouvert alors que son incompétence est assez reconnue que son ignorance de la réalité des français est aussi grande que celle d'Emmanuel Macron en 2017 et que ses positions qui sont souvent camouflées sont celles souvent de groupes très identitaires et très extrêmement la meilleure preuve et c'est pour ça qu'on dit on n'a jamais essayé le rassemblement national j'entends cet argument parce qu'il nous est servi compris dans les campagnes électorales mais c'est pas vrai on a essayé le rassemblement enfin les formes de rassemblement national d'extrême droite ailleurs Donald Trump qu'est-ce que c'est si ce n'est au niveau américain les thèses du rassemblement national sans fioriture d'une autre façon Orban en Hongrie qui connaîtra peut-être un sort électoral plus difficile qu'est-ce que c'est sinon l'alliance avec Poutine et la mise en cause des libertés on a essayé même Mélanie tout à l'heure on parlait de madame Mélanie parce qu'on mais madame Mélanie qui avait promis bien sûr de renvoyer les immigrés il y a plus aujourd'hui de migrants en Italie qu'il y en avait au moment où elle est arrivée au pouvoir qui avait promis de se détacher de l'Europe elle a reçu des fonds européens encore plus importants ce qui d'ailleurs explique son vote sur le Mercosur donc on a essayé l'extrême droite et bien peut-être qu'il ne faudrait pas l'essayer ici
Le procès en appel de Marine Le Pen débute mardi elle joue gros elle joue sa candidature à la présidentielle est-ce que vous trouvez qu'il n'y a pas une forme d'injustice à ce qu'elle soit empêchée de se présenter à cause d'une inéligibilité à exécution provisoire alors qu'elle n'a pas épuisé toutes les voies de recours c'est-à-dire qu'elle est aujourd'hui présumée innocente
Il y a la justice la justice s'est prononcée en première instance et il y a un appel et la cour d'appel a fait en sorte que le jugement puisse intervenir rapidement et même s'il devait y avoir cassation j'ai compris que les plus hautes autorités de la cour de cassation avaient donc imaginé que ça puisse même intervenir avant l'élection Il y a un traitement de faveur
pour Marine Le Pen ?
Pardon ? Il y a un traitement de faveur Non je pense que les magistrats sont conscients qu'ils ne veulent pas interférer dans le processus électoral tout en faisant en sorte que les principes du droit l'emportent sur toute autre considération
Parfois la justice est plus lente
Non mais elle n'est pas prudente dans les décisions qu'elle prend elle est prudente dans le calendrier qu'elle choisit je pense qu'elle s'y est forte Plus lente C'est vrai vous avez raison elle a été précisément parce qu'il y avait un enjeu politique elle n'a pas voulu donner l'impression d'une justice politique et empêcher les français sauf si les moyens de droit l'y conduisaient de pouvoir voter pour Mme Le Pen si c'était le cas Mais ce qui est intéressant aussi c'est de rappeler là aussi les liens qu'a le Rassemblement National avec les Etats-Unis de Donald Trump Là en ce moment il y a une pression qui est faite sur des juges français parce qu'ils ont pu intervenir sur une affaire
On n'en est pas encore sûr
On n'en est pas encore sûr mais en tout cas il faut quand même protéger les juges français C'est vous dire la conception que certains ont de la justice
François Hollande il nous reste une minute avant la fin de cette émission je vous propose de terminer avec un vrai ou faux je vous donne des affirmations et vous me dites vrai ou faux On est parti Raphaël Glucksmann serait un bon président vrai ou faux ?
Ça serait un bon candidat déjà s'il veut être candidat
2027 deuxième tour politique fiction Mélenchon Bardella vous votez Mélenchon vrai ou faux ?
Je vote toujours contre le Rassemblement National
Vous avez lu le journal d'un prisonnier le livre de Nicolas Sarkozy sur son incarcération vrai ou faux ?
Oui j'en ai lu les plus larges extraits
En 2027 vous serez candidat vrai ou faux ?
C'est dit vrai dit faux c'est pas actuel
Vous préférez le FC Rouen au Tulle FC vrai ou faux ?
Non là c'est faux je les aime tous les deux j'ai joué au FCR au Rouen alors que je n'ai plus l'âge de jouer au football club de Tulle
Vous avez menti pendant ce vrai ou faux vrai ou faux ?
Mais non je ne mens jamais
François Hollande merci et un bon dimanche à tous les auditeurs téléspectateurs de questions politiques
François Hollande