Espace : Les Européens peuvent-ils rattraper SpaceX ?
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Questions et réponses
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Où en est la France dans cette course à l'espace ? Est-ce que on peut rattraper notre retard ?
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Quel est l'enjeu pour Emmanuel Macron d'essayer de réunir ce sommet ?
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Est-ce qu'il peut avancer sur ce sujet-là ?
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Qu'est-ce qu'on fait pour que les Européens aient notre propre accès à l'espace ?
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Est-ce que la France peut encore investir pour essayer de rattraper ce niveau ?
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On souffre pas aussi du fait que les caisses sont vides ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« la France ne peut pas faire cavalier seul, c'est très clair. On est obligé de penser européen. »
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« l'Allemagne avait décidé d'avoir la meilleure place sur la plage et c'est ce qu'ils ont fait avec ce premier lancement réussi. »
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« l'Allemagne avait décidé d'avoir la meilleure place sur la plage et c'est ce qu'ils ont fait avec ce premier lancement réussi. »
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« il faut du réutilisable, il faut du réutilisable. Certes, il faut qu'on maîtrise cette technologie mais en fait est-ce qu'il y a une demande vraiment pour du réutilisable et est-ce qu'il y a surtout une demande pour une cadence de tir aussi forte ? »
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« il y a l'investissement dans l'espace. Alors, bien sûr, il y a la guerre, le militaire, on ne peut plus se passer de de l'utilisation des satellites pour pouvoir faire une guerre, suivre et cetera. »
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« notamment la sous l'influence de de la Chine et et de la Russie qui ont démontré leur capacité de détruire des satellites dans l'espace cette cette capacité ça montre qu'en fait c'est devenu un champ de bataille. »
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« on a déjà vu des satellites de puissance étrangère bouger, changer leur position pour, on va dire intimider ou pour aller prendre des données d'un autre satellite à côté. »
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Où en est la France dans cette course à l'espace ? Est-ce que on peut rattraper notre retard ? Alors, ça va être un petit peu compliqué. De toute façon, la France ne peut pas faire cavalier seul, c'est très clair. On est obligé de penser européen. On pourrait éventuellement faire cavalier seul sur des petits lanceurs, mais pour le reste, il faut absolument qu'on soit tous ensemble et c'est le travail de l'Agence spatiale européenne de les ce sommet aujourd'hui est, on va dire une ambition d'essayer de peut-être souder un peu plus les Européens autour de quelque chose de commun. Euh je ne sais pas encore ce que ça va donner mais j'espère que ça va nous permettre nous français de bien nous positionner. On est quand même le 2e contributeur au
niveau de l'agence spatial européenne. Donc on a des compétences, on y met de l'argent, il faut qu'on arrive à avoir une bonne place. Nicolas Châtonov, bonjour, on vous a vu dans le reportage. Vous êtes notre journaliste à France Télévision, spécialiste de ces questions, spécialistes de l'espace. On le disait, l'actualité du jour, c'est ce tout premier sommet international qui se déroule au Grand Palais à Paris. Quel est l'enjeu pour Emmanuel Macron justement d'essayer de réunir ? Mais est-ce qu'il peut avancer sur ce sujet-là ? On vient de voir dans ce reportage le retard qu'on a. Ben l'enjeu en fait c'est un peu d'attirer les Allemands et et de dire aux Allemands regardez on peut aussi travailler bien ensemble. On l'a fait d'ailleurs pendant des décennies. La
seule chose, c'est que euh Friedrich Schmerz qui devait être qui devait coprésider euh Emmanuel Macron avait offert la coprésidence au chancelier allemand. Et bien finalement, il ne peut pas venir. Et c'est vrai qu'en fait on sent bien sûr c'est l'and quand même. Oui, c'est qu'en fait alors il y a d'autres ministres qui sont là, il y a quand même une forte présence euh allemande évidemment, mais on sent bien en fait que euh et notamment en France, il y a une perte de leadership. On a été longtemps le pays qui était vraiment leader notamment sur les les gros lanceurs euh sur les grosses fusées. Mais euh l'arrivée de de SpaceX et quand on voit ce qui se passe aux États-Unis avec un lancement tous les 3 jours et cetera, avec aussi une très forte demande à la fois institutionnelle des
militaires et cetera, en Europe se pose la question de notre pas maintenant mais pour plus tard de notre accès souverain à l'espace. Qu'est-ce qu'on fait pour que les Européens on a notre propre accès à l'espace et qu'on ait pas l'obligation de demander à d'autres d'autres puissances d'accéder à l'espace ? Et pour ça, Marieange, vous l'avez bien dit, on doit le faire ensemble. On peut pas le faire maintenant. Chacun de notre côté, les investissements sont trop lourds. La l'Allemagne a plus d'argent que nous actuellement. Euh et l'Allemagne clairement a des ambition et elle estime que euh maintenant d'avoir un opérateur euh en l'occurrence euh Arian Groupe et Arian Espace euh pour les grosses fusées, euh avoir VGA l'italienne pour les les fusées un peu plus petites, ben ça suffit plus. Il
faut d'autres types de fusées, des fusées plus petites, des fusées plus modulables, parfois réutilisables et que dans ce nouveau espace nouvel espace le new space entreprises allemandes donc clairement ont un ont un rôle à jouer et donc mais ça veut dire qu'ils font cavalier seul. Ils font pas forcément, ils le disent pas comme ça. Ils le disent pas comme ça. Mais dans les faits, ça veut dire plutôt que de coopérer directement avec les Français, ce que les Français avaient un peu privilégié au départ, euh on va lancer une grande compétition et chacun pour soi. C'estd que celui qui remportera la compétition, qu'il soit allemand, qui soit français ou même espagnol ou italien et cetera, c'est le meilleur qui l'emportera. Et je pense que les Allemands espèrent que ce soit
leurs entreprises qui remporteront le le le les appels d'offre et que les Français bah feront de même. Voilà. Euh Mariange Sanguier, est-ce que la France peut encore investir pour essayer de rattraper ce niveau ? On voit que les Allemands sont avancés et ils mettent de l'argent sur la table. Est-ce que là on souffre pas aussi du fait que les caisses sont vides et que ça demande aussi de l'argent d'avancer sur ce secteur-là ? Est-ce que c'est une des conséquences ? C'est une des conséquences. Alors, il y a il y a un choix politique. Ça fait des années des années que on va dire le le parent spatial et le parent pauvre. On a mis dans beaucoup de choses mais on a un petit peu délaissé le spatial et il faut vraiment réinvestir dans le spatial. Le problème c'est de convaincre la
population de l'intérêt de l'espace. Aujourd'hui, on a de plus en plus de gens de détracteurs euh qui qui crient haut effort et ont des ouvertures de grandes ouvertures sur les médias et autres pour dire que le spatial ne sert à rien, que c'est de l'argent qui est jeté par les fenêtres, que on paye des missions pour rien. Donc il faut lutter contre ça et on a c'est très difficile de lutter et d'arriver à voter des budgets, de convaincre les gens de voter des budgets pour le secteur espace français. On a Maypes qui est une qui est une filiale française qui peut nous permettre de rester bien dans la boucle hein avec du du réutilisable qui euh qui est en train d'avancer. Mais il est vrai que par rapport aux Allemands, bah on a
mis un peu moins d'argent et puis on on est un peu en retard. Et vous savez, c'est un petit peu comme à la plage. Le premier qui arrive, il a la meilleure place, les autres prennent les places à côté. Donc là, en l'occurrence, l'Allemagne avait décidé d'avoir la meilleure place sur la plage et c'est ce qu'ils ont fait avec ce premier lancement réussi. Euh bon, ça veut pas dire que tous les lancements seront réussis. Puis nous, on peut rattraper ce retard, mais il faut qu'il y a une vraie volonté politique et je dirais volonté nationale. C'estàdire que vraiment la France, les Français se mettent derrière. C'est ça parce que j'allais vous poser la question. Il y a il y a l'investissement public dont on parle mais là quand on compare avec ces mastodontes américains, l'investissement
privé, est-ce qu'il peut jouer un rôle ? Euh oui, bien sûr. En fait, ça dépend aussi de de la demande. Euh on a tendance à comparer par exemple le budget de la NASA, le budget de de l'ESA. En fait, on non, on ne joue pas tout à fait dans la même cour, même si nous avons évidemment énormément de de talent et de savoir-faire dans beaucoup de secteurs spatiaux. La seule chose, c'est qu'aux États-Unis, ils sont soutenus. Alors, d'abord SpaceX est une entreprise privée mais qui a quand même bénéficié de de contrat public et donc de subvention d'une manière ou d'une autre euh de l'État fédéral mais vraiment à l'enveloppe et on parle de milliards et de milliards de de dollars et et puis il y a aussi une demande institutionnelle qui est beaucoup plus forte que chez nous. Euh donc en fait,
il il y a il y a une comme il y a une très forte demande, ben voilà, il lance un un une fusée euh tous les tous les 3 jours. Euh il y a d'autres acteurs qui arrivent également. Et puis il faut pas oublier qu'en plus chez eux euh pour rejoindre ce que tu disais Marieange, c'est que euh il y a SpaceX fonctionne un peu sur un mode de euh je suis le premier et j'ai mon j'ai mon propre écosystème. El a les fusé qui envoi ses propres satellites en orbite pour offrir donc Starlink un accès internet et cetera et voilà et ce qui finance ces fusées qui permettent et en fait ça ça s'autofinance entre guillemets avec le soutien de la NASA et cetera. Puis il y a aussi les sa grosse fusée Starship euh
qui est également euh sur la sur le sur le pas de tir. Euh nous on n' pas tout à fait euh la même demande. Donc euh on on dit en Europe par exemple là il faut du réutilisable, il faut du réutilisable. Certes, il faut qu'on maîtrise cette technologie mais en fait est-ce qu'il y a une demande vraiment pour du réutilisable et est-ce qu'il y a surtout une demande pour une cadence de tir aussi forte ? L'espace est en train de devenir un enjeu à la fois militaire sous de souveraineté et cetera. Donc il est évident que les Européens sont en train de se poser cette cette question et on a besoin d'envoyer toutes sortes en fait de choses dans l'espace, des grosses fusées, des petites fusé et cetera. Et c'est pour ça qu'en fait ça se réveille actuellement. Ça ça un peu
ça ça bouillonne même de tous les côtés un peu en Europe parce que ben on voit que le modèle qui s'est développé aux États-Unis qui est un peu disruptif, on peut peut-être en prendre les meilleurs aspects en Europe mais il manque encore cette demande très forte de lancement en Europe. Marian Sanguet justement vous parliez du fait qu'il fallait réveiller l'intérêt, susciter l'intérêt, faire comprendre l'intérêt de l'espace des investissements dans l'espace. Quels sont-ils très concrètement ? Là, on parlait de la guerre, c'est vrai que là, on a bien compris avec la guerre en Ukraine, notamment le rôle de l'espace des satellites par exemple. [grognement] Alors, il y a l'investissement dans l'espace. Alors, bien sûr, il y a la guerre, le militaire, on ne peut plus se
passer de de l'utilisation des satellites pour pouvoir faire une guerre, suivre et cetera. Mais il y a tout ce qui est observation de l'espace euh observation de la terre pardon. Euh tout ce qui est analyse par exemple peu de gens savent que les agriculteurs se servent des satellites pour savoir où irriguer, pour savoir où mettre les engrais et cetera. Donc ça c'est une partie directe. Ensuite, il y a toute la partie euh recherche fondamentale. Bien sûr que dans la station spatiale internationale, on va pas mettre au point un médicament, mais on découvre et on met au point des briques qui vont servir pour le futur. C'est-à-dire que on analyse certaines choses. Concrètement une cellule sur terre, des fois on a du mal à passer la membrane qui protège son noyau. Quand on
est dans l'espace, automatiquement ça se dilate. cette membrane, sapine, on va réussir à perceer ce noyau sans le détruire, ce qu'on ne peut pas faire sur terre. Donc on va pouvoir faire de la recherche sur ce noyau. Donc c'est des tas de petites choses qui vont faire que on peut avancer et apporter des choses sur la terre directement. Et ça, on le fait dans l'espace. L'ISS, c'est pas juste un endroit où des astronautes sont en balade et font des selfies. Et ça non, on a bien compris. Oui, on a eu un échange avec Sophie ADN il y a quelques jours depuis l'ISS qui nous expliquait toutes les expériences scientifiques qu'elle fait à bord. Oui, mais le problème c'est qu'il y a des détracteurs qui n'arrêtent pas de dire que les astronautes partent pour faire des selfies. Or, c'est faux. Ils
travaillent leur planning et minuté de 5 minutes en 5 minutes. Des fois, ce sont des expériences où on ne va rien y comprendre du tout, hein. C'est vraiment ça nous passe largement au-dessus. Mais ça fait partie d'une expérience qui est à long terme, qui se déroule sur plusieurs années. Quand on fait de la recherche sur l'ostéoporose, bah c'est pas en une fois. C'est-à-dire que c'est l'émission à long terme au fur et à mesure. On fait les études, on voit les eaux des astronautes avant de partir pendant l'émission quand ils reviennent. Voilà tout ça de toute façon sans sans sans satellite les la vie des français serait un petit peu un peu modifié hein. On aurait plus de par exemple on aurait plus de GPS on aurait plus de transfert bancaire puisque c'est c'est calé sur les
horloges atomiques également et par les satellites. On aurait on aurait plus en effet d'analyse en temps réel de l'état de notre planète. On aurait pu voilà mais j'aimerais qu'un jour quelqu'un a le courage en Europe de couper les satellites pour l'intégralité du radicalement notre vie hein vraiment. Mais en plus de cela, c'est vrai que depuis quelques temps euh il y a un changement euh c'estàd que jusqu'à maintenant euh l'espace était quelque part une zone un peu un peu comme l'Antarctique euh mais il y a il y a un traité en Antarctique mais dans l'espace l'idée c'était de ne pas militariser l'espace sauf que notamment la sous l'influence de de la Chine et et de la Russie qui ont démontré leur capacité de détruire des satellites dans l'espace cette cette capacité ça montre qu'en
fait c'est devenu un champ de bataille et là récemment les Américains ont clairement signifié que pour eux c'était de nouveau un champ de bataille et que la coopération si possible mais s'il y avait pas de coopération internationale, il fallait qu'ils aient les capacités à la fois de détruire des satellites ennemis, d'empêcher la les satellites ennemis de capter ou d'envoyer des des dates, des données ou de communiquer que ce soit des satellites militaires ou des satellites d'observation et cetera. Et pour ça, ces trois puissances, elles sont déjà en train de travailler dessus. En France, on commence aussi à s'inquiéter et en Europe aussi de cette capacité de de d'intervenir. On peut par exemple, on a déjà vu des satellites de puissance étrangère bouger, changer leur position
pour, on va dire intimider ou pour aller prendre des données d'un autre satellite à côté. Euh il y a des systèmes sur lesquels euh les les Russes travaillent notamment euh pour euh détruire les panneaux solaires des satellites. Donc c'est c'est en train de de devenir un vrai champ de bataille euh une un nouveau front, on va dire euh au grand âmes de tous les amoureux de l'espace qui considérait que c'était avant tout et surtout un un champ scientifique. Mais c'est en train de devenir une extension des des luttes géopolitiques sur terre. Et donc pour ça évidemment nous on peut pas non plus rester des bras ballants même si on met l'accent sur la coopération internationale et c'est le crédau de la France jusqu'à jusqu'à maintenant. Il faut quand même qu'on ait des capacités de défendre nos
propres intérêts s'ils sont attaqués dans l'espace.