Entretien avec David LISNARD
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Fréquences protestantes, Philippe Bilger, Philippe Bilger les soumet à la question. David Lysnard, auriez-vous la gentillesse de vous présenter ?
Bonjour Philippe Bilger, je m'appelle David Lysnard, je suis père de famille et mère de Cannes. J'ai la chance d'avoir trois beaux enfants, et puis un quatrième même qui est le fils de ma femme, et mère de ma ville de Cannes depuis 2014. J'ai eu une expérience à la fois politique, publique, mais aussi beaucoup dans le privé. J'ai grandi dans le petit commerce, j'ai eu des petits commerces et j'ai travaillé en entreprise. Donc j'essaie d'être à la croisée de ces univers publics et privés qui font la France.
La politique, c'est un métier, c'est un service, c'est une passion ?
C'est un service. Je pense que vivre, c'est servir, et servir, c'est vivre. C'est une vocation, certainement, la politique, en tout cas telle que j'ai la vie, en ce qui me concerne. Ce n'est pas un métier, mais ça doit être vécu avec professionnalisme. Je crois qu'il faut dire les choses très clairement. Moi, je le vois dans mon mandat de maire, je ne pourrai plus avoir d'autres activités professionnelles en parallèle. Alors, il est vrai que c'est une mairie avec 2800 collaborateurs, même s'il y en a moins depuis que je suis maire, puisque j'ai réduit la masse salariale tout en baissant la dette. C'est 480 millions d'euros de budget. Donc c'est extrêmement prenant.
Il faut exercer des compétences juridiques, managériales, financières. Il faut se former en permanence. Ça, c'est pour la partie mairie. Et puis, il m'arrive de m'exprimer sur le plan national aussi, vous le savez. Et là aussi, cela nécessite de travailler, de se concentrer, de toujours faire un aller-retour. C'est ce qui me plaît entre le conceptuel, l'idée et l'expérience, la pratique. Et donc, ça nécessite un énorme investissement. Et comme tout univers, il a ses codes. Et on le voit bien, d'ailleurs. Certains grands professionnels, puisque vous êtes un homme du droit, vous-même, anciens magistrats, on a parfois des grands avocats qui deviennent ministres.
Ils sont brillants comme avocats, puis comme ministres, c'est beaucoup plus aléatoire, parce qu'ils se laissent emporter par leurs mots. Parce que... Non, la politique, oui, pour moi, ce n'est pas une profession, mais ça nécessite du professionnalisme.
Y a-t-il une plus belle fonction que celle de maire ? Dans la politique ?
Vous savez, ça. Ça renvoie à la subjectivité de celui qui exerce la fonction. Moi, j'ai voulu être maire. J'ai refusé des mandats nationaux, des fonctions nationales. Je suis aussi passionné par le national, et puis par des étapes dans la vie. Mais pour parler plus directement, je crois que le plus beau mandat, c'est celui de maire. Je pense que beaucoup de maires vous le diront, ou de certains qui ont été maires, qui ont été ministres, etc. Parce que c'est physique. C'est une interaction avec un territoire, une population. On est mandaté, donc c'est extrêmement important d'être mandaté. On vit les effets des décisions que l'on prend. Ça, c'est fondamental.
C'est ce qui manque à beaucoup de nos dirigeants nationaux, c'est de ne pas du tout percevoir les effets de leur politique. Et puis, il y a un sentiment d'appartenance très fort. La commune, c'est un échant très moderne. Ce maillage territorial de la France par des communes, historiquement, autour d'une paroisse, c'est quelque chose de très puissant. Et donc, c'est un mandat prodigieux. Après, ce qui est beau, c'est de faire des choses, c'est de servir, c'est de prendre des décisions et de les analyser. Donc, je pense qu'on peut ressentir beaucoup de gratification morale et de satisfaction dans l'exercice d'un mandat national aussi.
Je pense qu'un ministre qui porte une belle réforme, un parlementaire qui exerce bien sa mission de contrôle ou de législateur, je pense que ça peut être aussi très gratifiant. Mais il est vrai que maire, c'est à la fois, comme je le disais, conceptuel et physique. Et c'est en ça que c'est un mandat prodigieux.
Une personnalité politique, David Lissnard, sans ambition personnelle, peut-elle exister ?
Non. Non. Mais l'ambition... Alors, ce qui dérange, c'est le personnel. Il faut de l'ambition. Il faut savoir porter un leadership et avoir un peu d'orgueil. Pas trop, parce que ça devient de la vanité, ça devient du péché. Mais c'est un univers de compétition. Donc, c'est comme un sportif, comme même un artiste, parfois. Il ne faut pas être hypocrite. Il faut avoir une dimension, enfin une ambition, oui, personnelle, mais au service de quelque chose de plus grand que sa personne. Donc, sa commune quand on est maire, son pays lorsqu'on est ministre ou président, on est citoyen engagé et décisionnaire. Mais sans ambition, on ne fait rien. En revanche, il ne faut pas être arriviste.
En tout cas, moi, j'ai toujours fil des stingos. Je me prétends. J'ai toujours dit, moi, je n'ai pas de limite à mon ambition, sauf celle de la décence et de la pudeur. En revanche, je n'ai pas d'arrivisme et ça s'est vérifié. C'est-à-dire que si vous commencez à avoir de l'arrivisme, d'abord, vous avez un plan de carrière, donc c'est glauque parce que vous devenez la finalité de la chose. Alors, nous ne sommes qu'un moyen. La finalité, c'est l'intérêt général, c'est le service. Et ensuite, vous en arrivez à perdre en liberté d'action. Donc, l'arrivisme est un vilain travers. Et on le ressent bien.
Enfin, je ne sais pas ce que vous en pensez, mais on fait la différence entre des personnes qui ont de l'ambition, qui peuvent avoir de l'orgueil, etc. Et certains qui sont des carriéristes. C'est une tristesse à mourir.
Vous qualifiez d'homme de droite, c'est vous réduire ?
Oui, oui, forcément. Alors, moi-même, je me réduis parce que dans le débat, je résume. D'abord, si vous voulez, ces concepts 1, ces concepts-là, de gauche et de droite, renvoient à des vérités qui ne sont pas les mêmes selon ceux qui les reçoivent ou les émettent. Donc, ce sont des concepts qui ont évolué. Je connais des... J'ai des amis qui sont historiquement de gauche, mais ils ont un discours aujourd'hui très laïc, très dur, qui les ferait passer pour des gens presque d'extrême droite. Donc, ce sont des concepts variables. Deux, ces concepts sont quand même utiles parce qu'ils permettent de porter des choix.
Et c'est pour ça que lorsqu'on parle de suppression de gauche et de droite, il faut faire attention. Ça peut aller porter vers le haut. Et lorsqu'on exerce une fonction exécutive, on doit transcender les clivages. On ne doit pas être le candidat d'un camp. En revanche, dans la compétition politique, il faut qu'il y ait des camps. Alors, on peut appeler ça gauche-droite, conservatisme, progressisme. Ça dépend des traditions des pays. Mais c'est bien que ça existe parce que ça réunit des individus qui partagent à peu près les mêmes valeurs et les mêmes convictions. Et ça permet d'avoir des offres alternatives.
S'il n'y a pas cette capacité d'alternative gauche-droite, on n'est pas vraiment en démocratie. C'est d'ailleurs pour moi un des dangers de l'époque actuelle et qui vient du pouvoir en place. Mais bon, c'est un autre sujet. Ensuite, chaque individu, j'espère, est plus complexe que d'être simplement à gauche ou simplement à droite. Donc, j'espère ne pas être aride au point de n'être que de droite. Et puis, j'ai un esprit de contradiction. Il m'est arrivé d'être avec des gens de droite et d'être plus à gauche ou inversement. Moi, je me sens de droite dans le sens où, dans mes valeurs, mais que certaines personnes de gauche rencontrent aussi, la liberté est fondamentale, la liberté de création.
C'est pour moi la plus belle énergie créatrice. Et c'est surtout ce qui crée la responsabilité. C'est ce que je suis toujours fasciné et attiré par cette dialectique extrêmement riche et qui se nourrit de liberté et de responsabilité. Et puis, deuxièmement, je crois à l'autorité de l'État et à l'ordre. Et je pense qu'on en a besoin aujourd'hui. Un État recentré sur ses missions régaliennes, mais qui applique la volonté populaire. Et là, on est face aux problèmes de la France d'aujourd'hui. Et puis, troisièmement, je crois à l'unité de la nation, justement par la justice, par l'ordre, par la liberté, mais aussi par l'éducation, par la culture.
Le déclin et même l'effondrement éducatif de notre pays, qui se traduit par des indicateurs qui nous comparent à la fois dans le temps et dans l'espace, pour moi, est le premier problème qui est dû à d'autres difficultés de peuplement, donc à l'immigration, qui est liée à la déconstruction intellectuelle depuis 68 notamment, mais même depuis 14-18. Mais en tout cas, ce qui doit nous guider, ce sont nos enfants et nos petits-enfants. Et là, ce que, vraiment, nous devons leur apporter, c'est de pouvoir bénéficier d'une bonne instruction et d'une belle éducation.
C'est à cause ou grâce à votre réussite à Cannes, David Gysnard, que depuis quelques mois, vous apparaissez de manière très éclatante dans l'espace médiatique ?
D'abord, je pense qu'effectivement, avec mon équipe, ce que nous faisons à Cannes est plutôt bien. Il y a des choses qui marchent bien, mais qui marchent moins bien. On a réduit la dette, on pratique la sobriété fiscale, on a rétabli les comptes et les finances de façon très solide, ce qui nous a permis d'aborder la crise. L'espace public s'embellit, la ville est plus propre, la ville est bien tenue. On a de beaux projets d'ambition de développement territorial. On a développé toute la filière Cannes On Air. Cannes devient une ville étudiante, ce qui n'était pas le cas avant. On a fait un magnifique campus.
On est devenu un leader européen, voire mondial, sur l'événementiel, dans beaucoup de domaines, dans beaucoup de secteurs d'activité. C'est une ville qui retrouve le sens de sa tradition autour de la pêche. On a la plus grande prénomnie de pêche professionnelle d'Alpes-Maritimes et du Var. La plus belle usine de satellites, ça, ce n'est pas lié à la municipalité. Enfin, on est partenaire, mais c'est à l'essai d'une espèce. Donc, il y a une belle dynamique cannoise, je le pense. Et on défend à la fois les contribuables, sobriété fiscale, aucune fiscalité additionnelle sur les ménages par l'intercommunalité. C'est unique dans le sud de la France.
Et il n'y en a que 3 sur 253 en France qui pratiquent cette sobriété fiscale. Je suis très fier de le faire à Cannes. Je vous le dis, on a baissé la dette, on a plus de 60 millions d'euros de baisse de la dette, etc. Donc, on fait un gros travail, une politique sociale qui est aussi très proactive, sans tomber dans la cistana, mais qui permet à chaque individu de pouvoir avoir une deuxième chance, de pouvoir manger à sa faim.
Il y a une très belle interaction avec le tissu économique, et le tissu, pardon, là-dessus c'est révélateur aussi, mais le tissu associatif, dans une ville compliquée, où on a un taux de pauvreté très élevé historiquement, contrairement à une image d'Epinal ou à un lieu commun. Cannes est une ville qui a un taux de pauvreté de 20%. La moyenne française, c'est 13,8%. Mais une ville aussi, qui est une ville de villégiature internationale argentée, donc c'est une ville très contrastée.
Et oui, je ne vais pas être hypocrite, je pense que ce que l'on fait, grâce aux gens qui m'entourent, qui sont compétents, j'ai eu la chance de mettre en place une belle équipe, d'avoir des gens qui m'apportent beaucoup, et qui apportent beaucoup à la ville surtout, à la fois des fonctionnaires, des agents, mais aussi des élus. On fait des choses bien. Et puis, ce soubreux, enfin comment dire, ce frémissement national, il vient aussi, par contraste, des échecs nationaux. C'est-à-dire, en fait, c'est la crise Covid qui, au départ, involontairement, moi je n'ai pas communiqué, ensuite j'ai expliqué ce que l'on faisait, j'ai répondu à des médias.
Donc là aussi, je ne vais pas être hypocrite, mais au départ, le fait qu'on arrive à distribuer des masques à tous les personnels soignants, alors que c'était à l'État de le faire qu'ils n'en avaient pas, qu'on distribuait à toute la population en mars 2020 110 000 masques distribués, qu'on obtenait des tests, qu'on mette en place une politique vaccinale très anticipée, on a deux mois d'avance sur le calendrier national, tout en respectant la doctrine nationale, et en respectant les doses qui nous sont attribuées, le fait qu'on ait réussi un partenariat public-privé, qu'on ait réussi à travailler sur le Covid avec les cliniques privées, alors qu'au plan national, ça ne se faisait pas, a eu un écho national, parce que, par symétrie, c'est-à-dire que ça renvoyait aux hésitations, aux contradictions, aux lenteurs, aux mensonges parfois, pardonnez-moi le terme un peu violent, mais qui correspond à la réalité de l'exécutif, et qui en plus nous faisait la morale, donc ça a attiré l'attention, et puis des thèmes que j'ai développés depuis très longtemps, sur la prospérité économique par la liberté, sur la rigueur financière pour retrouver des marges de manœuvre, sur l'industrialisation, sur la folie administrative, j'avais écrit une tribune en novembre, on trouvait de l'impact, on a eu de l'écho, mais je ne suis pas né avec cette crise, moi ça fait 30 ans que j'ai écrit, que je parle, que j'essaie de faire valoir mes convictions.
Justement, David Lissnard, j'ai relevé dans tous vos combats, enfin dans certains de vos combats, et dans vos écrits, trois motifs, trois préoccupations essentielles. Votre lutte contre la bureaucratie, vous l'évoquiez, notamment dans un article qui a eu beaucoup de succès dans le Figaro, votre lutte contre les incivilités, et puis une formule que vous aviez utilisée, dont on a beaucoup parlé, la lutte contre l'islam à bas bruit. Est-ce que dans ces trois causes, vous voyez des points communs ?
Sacrée question, ça ! C'est une sacrée question. D'abord, il y a un point commun, je pense qu'on pourrait ajouter d'autres thèmes, d'ailleurs sur la fiscalité, les prélèvements excessifs, et tous les contrôles, a priori de l'État qui pénalisent la société. Le point commun, c'est celui de la volonté d'avoir un pays plus prospère, et plus apaisé, et plus soudé. C'est ce que je crois être, après, moi je n'ai pas la science infuse, je suis un citoyen comme tous les citoyens, mais ce que je crois être, l'intérêt général. Et qui renvoie... Allez, il y a un point commun, c'est le délitement de la confiance, publique et individuelle, et l'impuissance publique.
Ce qui me frappe, moi, aujourd'hui, face... Alors, quand j'ai défini, avec Jean-Michel Arnaud, nous avions écrit un livre qui s'appelait « Refaire communauté pour en finir avec l'incivisme », d'abord, on ne confond pas incivilité et insécurité. Une voiture qui brûle, une agression, ça c'est de l'insécurité. Parfois, il y a des hommes politiques ou des observateurs qui appellent ça incivilité, c'est mensonger. Non, l'incivilité, c'est autre chose. C'est une atteinte à la tranquillité normale de la vie quotidienne, qui peut être une infraction, mais qui ne renvoie pas à une atteinte au bien et au... Enfin, qui ne renvoie pas à une atteinte aux personnes, pardonnez-moi.
Par exemple, quelqu'un qui se gare sur un emplacement handicapé, alors qu'il n'est pas handicapé, moi, ça m'exaspère. Ça, c'est une incivilité infractionnelle, c'est pas de l'insécurité. Quelqu'un qui jette toujours son papier dans la rue en se disant, il y a un balayeur qui le ramassera et puis qui fait un bras d'honneur aux autres, c'est une incivilité infractionnelle. Je pense que quelqu'un qui... Je ne sais pas, moi, insulte dans le bus d'autres personnes, c'est une incivilité, en l'occurrence, là aussi, infractionnelle. Donc, quelqu'un qui fait un bruit excessif avec sa voiture ou son deux-roues trafiquée, c'est une incivilité infractionnelle.
Or, ce que je voulais dire, et ce que nous voulons dire avec Jean-Michel Arnault, c'est que ces incivilités, on les a appelées des incommunautés. En fait, elles traduisent un délitement de la cohérence sociale et une distanciation des individus de leur responsabilité dans le groupe. Moi, je suis attaché à la liberté, donc à la responsabilité. Et pour exercer sa responsabilité, il faut l'exercer aussi sur l'espace public. Et c'est en cela... Et d'ailleurs, la théorie du carreau cassé qui avait été théorisée de mémoire par Wilson Killing dans les années 70 aux États-Unis, plus la théorie de la tolérance zéro, on les confond, ce n'est pas du tout les mêmes.
Mais Roldov-Gilani à New York avait concilié les deux. Moi, c'est ce que j'essaie de faire à Cannes. C'est-à-dire que chaque acte de transgression doit recevoir une réponse, graduée, proportionnée, puisqu'on est des démocrates, mais elle doit recevoir une réponse. Et que des actes qui paraissent anodins, comme ne plus s'occuper de l'espace dans lequel on vit, dans l'espace commun, jeter ses papiers, faire du bruit et déranger tout le monde, se garer sur un passage piéton et empêcher une poussette de passer ou sur une place handicapée, sont beaucoup plus graves parce qu'ils sont causés par... On l'a analysé, mais ils traduisent cette déconstruction sociale, ce délitement de l'espace public.
Et il y a forcément une interaction avec... D'abord, ça coûte cher à la collectivité, très cher, c'est en milliards d'euros à l'échelle d'un pays comme la France, rétablir l'espace public, nettoyer, le mobilier urbain dégradé, etc. Et ils nuisent à la qualité de vie. Or, la qualité de vie, c'est essentiel. Ils nuisent à l'attractivité aussi d'un territoire. On le voit très bien ici, à Paris. Donc, ça, c'est un premier élément. Le deuxième élément que vous évoquiez, c'était l'islam à bas bruit. J'avais écrit ce papier. Il y a longtemps que je travaille sur... On dit l'islam. En fait, il faudrait dire les islams parce qu'il n'y a pas une homogénéité. Mais...
Et notamment face à l'islamisme parce que l'islam est une religion avec toute sa légitimité. Moi, je n'ai pas à rentrer dans ce débat. En revanche, l'islamisme, le mot isme est important parce qu'il renvoie à une connotation politique de l'islam et qui est totalitaire, qui a une matrice totalitaire qui consiste à vouloir asservir tous ceux qui ne vivent pas dans cette vision littéraliste, c'est-à-dire les athées, les agnostiques, les chrétiens, quelle que soit l'obédience, les bouddhistes, les juifs et les autres musulmans qui ne sont pas dans la vision littéraliste, djihadiste. Enfin, vous mettez le qualificatif que vous voulez pour marquer cet extrémisme.
Et donc, ce que j'avais voulu dire là-dedans, c'est qu'il faut bien sûr combattre le terrorisme, qui est la vision ultime, violente, qui est tragique, mais qui est presque la plus facile à combattre, même si c'est difficile à dire, mais c'est une réalité. Il faut la combattre militairement à l'extérieur, judiciairement, policiairement à l'intérieur. Mais il n'y a pas que le terrorisme. Il y a l'idéologie qu'il faut combattre. Et c'est ce que j'appelle l'islamisme à bas bruit, c'est-à-dire cette idéologie qui a trouvé des nouveaux idiots utiles, des nouveaux alliés dans une certaine gauche, qui consiste à dire, allez, il faut être...
Mais pourquoi après tout imposer que ce soit une femme qui soigne cette femme, et qu'il faut imposer que ce soit un homme et pas une femme ? Donc à l'hôpital, il ne faudrait pas qu'un homme soit une femme. Tout ça, on le vit. Pourquoi ? Mais pourquoi ? Il faudrait peut-être qu'il y ait des menus halal dans les cantines, ce serait respectueux. Tous ces glissements-là, tous ces accommodements ne sont pas raisonnables. Tous ces accommodements donnent raison à l'obscurantisme et au totalitarisme. Et c'est cet islamisme à bas bruit qui nécessite d'être bien formé sur le plan civique et qui nécessite un combat d'idées idéologiques. C'est une bataille culturelle.
Et ça, il faut relever ce défi, parce qu'aujourd'hui, quand on additionne l'islamisme, si vous mettez en plus l'indigénisme, qui n'a rien à voir au départ, ils ne s'entendent pas forcément, mais enfin, il peut y avoir. Et c'est en ça que l'islamo-gauchisme est une réalité dangereuse. Eh bien, vous alimentez des forces qui divisent la société française. qui enferme les individus dans des éléments d'identité. Et ça, c'est très, très dangereux. Nos identités sont multiples. Si notre identité, elle n'est liée qu'à une couleur de peau ou qu'à une religion ou qu'à un sexe, on devient sectaire, totalitaire. Et on est anti-France et anti-république.
Troisième élément, c'est la folie administrative bureaucratique. Donc, comment se fait-il que l'hôpital en France coûte aussi, voire plus cher qu'ailleurs, mais que les soignants soient si mal payés ? Qu'il y ait 35% de frais administratifs de plus que dans l'hôpital allemand qui est un grand hôpital ? Ce n'est pas une fatalité. Et donc, le point commun par rapport à tout cela, c'est l'acceptation ou pas de la fatalité. J'ai trouvé que beaucoup de... Mais c'est ce qu'on retrouve dans Marc Bloch, dans L'étrange défaite. C'est-à-dire qu'il y a ce livre exceptionnel de cet historien combattant qui est déjà ancien combattant de 1918 et qui repart au combat en 1940 et qui écrit à chaud.
C'est son témoignage de la débâcle de juin 1940. Et il voit deux causes. La première cause, c'est le délitement du commandement. C'est-à-dire des gens vaniteux. On n'ose pas déranger... Le colonel n'ose pas déranger le général qui n'ose pas déranger le maréchal. Et c'est un peu ce que l'on rencontre parfois dans les organisations administratives. Donc, une espèce de... On oublie pourquoi on est décisionnaire et on ne prend plus de décision. On a juste son titre que l'on affiche de façon assez dominatrice. Et finalement, c'est le délitement du commandement. Le deuxième paramètre qu'on oublie souvent quand on cite Marc Bloch, c'est les mentalités.
Et Marc Bloch, il dit, dans la défaite, il dit, voilà, il y a eu les pacifistes très souvent à gauche qui applaudissaient les accords de Munich. Bon, ben, en France, aujourd'hui, c'est ceux qui se contentent de mettre des bougies et de penser que tout le monde, il est gentil. Et voilà, cette naïveté devient coupable de la complicité. La naïveté devient complicité en l'occurrence face à l'islamisme, au terrorisme. Et puis, il y a aussi une sorte de travers de droite. C'est-à-dire qu'on est conscient du problème, on est assez pessimiste, mais ce pessimisme se transforme en fatalité, en fatalisme. Et on dit, de toute façon, ça sera toujours comme ça.
Et puis, elle ou lui, il parle bien, mais il ne fera rien. Il ne fera pas mieux que les autres. Et ça, c'est insupportable parce que c'est la construction de l'échec. Et ce fatalisme, il conduit soit à l'inaction, soit à la collaboration. Et donc, dans les trois éléments que vous indiquiez qui sont effectivement trois éléments, et je vous remercie de les avoir notés, c'est très gratifiant de voir qu'une personne comme vous a pu s'intéresser à cela. Et je vous en remercie, mais j'essaie, moi, d'abord de poser le diagnostic, d'apporter des solutions, et puis d'apporter de l'énergie de combativité.
Et donc, le point commun, c'est l'impuissance publique, qui devient dramatique lorsqu'il y a une théâtralisation de la parole publique grandiloquente, et puis qui est proportionnelle à l'impuissance des actes. C'est pour moi le grand problème du pouvoir actuel, des grands discours, parfois très beaux, parfois moins beaux, portés souvent par le président de la République, donc une grande éloquence des mots, on dirait, c'est bien, enfin, et puis ensuite, atrophie des actes. Hyper-trophie des mots, atrophie des actes. Et donc, le point commun, c'est à la fois cette impuissance publique et ce délitement que ça révèle de la capacité à faire des choses et à recréer une communauté nationale.
Or, on a besoin l'être humain, on a nos solidarités familiales, nos solidarités locales, amicales, mais on a besoin d'appartenir à un groupe qui nous transcende et dont on est fier, qui s'appelle la nation et qui transcende les origines, les croyances, les réalités sociales.
En vous écoutant, David Glissnard, dans ce développement très intéressant, et je ne veux pas vous entraîner, en tout cas d'emblée, sur des terrains que vous n'aimez pas, j'ai l'impression qu'aussi beau que soit l'univers cannois, il est trop étroit pour une pensée comme la vôtre et pour une conception politique et sociale comme celle que vous venez de développer. Vous le pensez comme moi ou bien vous considérez que les développements que vous venez de faire ne sont pas nécessairement à offrir à d'autres ?
Alors d'abord, chaque être humain il est à la fois local et autre chose. Donc on ne se réduit pas à sa commune comme on ne se réduit pas à sa nation, comme on n'est pas que citoyen du monde non plus. Ensuite, l'univers cannois il est difficile, il est contrasté. J'ai beaucoup de problèmes, des problèmes d'insécurité, des problèmes de deal comme partout. Des problèmes de violence, des problèmes aussi... La ville est bien tenue, je crois, mais ce n'est pas parfait. il y a encore des problèmes de pollution, d'incivisme aussi. Attendez, Cannes, et puis c'est une ville qui a beaucoup de brassages, il y a beaucoup de monde, donc c'est une ville qui est difficile à tenir.
Donc ça m'occupe bien, voilà, ça m'occupe pleinement. Ensuite, votre question, je ne peux pas y répondre parce qu'effectivement elle m'entraînerait vers des chemins qui seraient trop égocentrés, quoi, voire égocentriques et voire prétentieuses. C'est-à-dire que, écoutez, si je suis là, si je réponds, c'est que j'ai l'impression que je me sens légitime aujourd'hui pour parler sur des médias nationaux. J'en fais de temps en temps, j'écris des bouquins, j'en ai d'autres en projet. Après, s'il y a un côté... Enfin, si je le fais, c'est que je ne trouvais plus cette offre politique.
Donc, j'ai voulu faire entendre une voix qui me paraît pouvoir rencontrer une majorité d'entre nous, me semble-t-il, et que je n'entendais plus beaucoup. Donc, c'est un acte quand même d'affirmation. Après, ce n'est pas à moi de juger. Certains doivent me trouver nul, insupportable, creux, d'autres, au contraire, trouvent ça formidable. Vous voyez ce que je veux dire ? C'est très compliqué quand vous êtes vous-même, vous le savez, l'émetteur d'une parole, ça dépend de la parole que vous émettez, mais ça dépend de qui la reçoit aussi.
Est-ce que... Est-ce qu'on peut résister, David Lysnard, à l'ensemble du pouvoir qu'on vous prédit ? Et parce que je lis beaucoup, j'entends beaucoup parler de vous, et il me semble que mon interrogation est légitime. Beaucoup parlent à votre place, disent qu'il y a l'évidence, maintenant, dans le camp de la droite globalement entendue, et ce sont les autres qui vous prédisent un grand destin. Est-ce qu'on résiste à cela ?
Ça va aussi vous renvoyer à des questions. Est-ce qu'il faut chercher... Enfin, d'abord, je ne suis pas sûr qu'on me prédise tant que ça. Je pense que vous exagérez un peu ce que d'aucuns me prédisent. Ensuite, j'ai du mal à... ce n'est ni de l'envie ni de la résistance. C'est quelque chose qui arrive. Tout d'un coup, vous êtes un peu plus connu. Je pense que l'immense majorité de ceux qui nous entendent ne me connaissent pas non plus. Donc, vous voyez, ça relativise beaucoup tout cela. Après, les ressorts intimes, j'ai du mal à parler des ressorts intimes, mais il faut se sentir prêt quand même. Il faut bosser. Vous voyez, ce que je veux dire, c'est qu'il ne suffit pas...
Souvent, j'ai tendance à dire... On nous dit qu'il faut montrer qu'on a envie. Mais d'abord, je pense que l'envie, c'est secondaire, contrairement à ce que l'on croit. Il faut apporter quelque chose et se dire qu'on est capable de faire quelque chose de bien. Donc, ça se travaille. Et moi, je suis en apprentissage et plus j'apprends, plus je me rends compte que tout ça est très compliqué. Le deuxième élément, je ne suis absolument pas, mais vraiment absolument pas, fasciné par les attraits de ce qu'on appelle le pouvoir, entre guillemets.
Ça, pendant une seconde, si on vous ouvre une porte en étant habillé en queue de pie, et ça vous flatte pendant une seconde, mais si vous êtes à peu près normal, on n'a plus utilisé le terme depuis François Hollande, mais si vous êtes à peu près bien dans votre tête, ça glisse. Vous savez que tout ça est dérisoire. Donc, j'ai du plaisir à exposer mes idées, j'ai du plaisir à les appliquer. Il faut bien comprendre ça. C'est-à-dire que, par exemple, être, je ne sais pas moi, avoir un poste national pour un poste national, ça ne m'intéresse absolument pas. En revanche, décider, constater, et puis corriger, évaluer, ça, c'est passionnant.
Et si on a des choses à dire, si on a des choses à faire, c'est beaucoup de travail, beaucoup de concentration, d'efforts sur soi-même. Ce n'est pas rien de parler aux autres, d'être mandaté. Être un mandataire, il faut être au service de ceux qui vous ont mandaté, il faut être respecté le mandat. Enfin, c'est au-delà d'un sentiment de résistance ou d'envie. En tout cas, moi, ce que je peux vous dire, c'est que je n'ai pas de pathologie à traiter par des ambitions nationales. Vous voyez, c'est-à-dire que je suis bien dans ma ville, je suis bien dans ma vie. Je ne peux pas aller plus loin dans l'intimité, mais il n'y a pas...
En revanche, être dans un esprit de groupe, avoir mené une belle aventure, une belle épopée, participer à quelque chose de bien pour ses enfants, dire tiens, j'ai fait quelque chose d'utile pour mes gosses et j'espère bientôt mes petits-enfants, j'espère en avoir. C'est formidable, c'est la plus belle des missions. L'être humain a besoin de spiritualité, a besoin d'être en mission. Je pense que la dépression, le malheur, c'est quand on a l'impression de ne servir à rien. Il me semble-t-il. Moi, je ne me suis jamais ennuyé de ma vie. Donc, je ne sais même pas ce que ça veut dire de l'ennui. Donc, voilà, aujourd'hui, j'ai accès à des médias nationaux plus facilement qu'avant.
Je ne ferme pas la porte contrairement à ce que je faisais avant. Je m'exprime. Il y a une présidentielle qui arrive. Je crois que le pays est à la croisée des chemins. J'essaie de faire entendre ma voix et j'espère que quelqu'un portera les convictions qui sont les miennes. C'est aussi simple que cela, sans arrière-pensée.
Je voudrais compléter, David Lissna, ce que vous avez dit là. Je suis frappé, peut-être est-ce discutable, qu'il y a un grand groupe politique, je dirais, qui va de la droite républicaine jusqu'à la gauche sociale-démocrate où, peu ou prou, les promesses, les engagements, les virtualités sont les mêmes. Et je me demande toujours comment, aujourd'hui, une personnalité peut manifester de manière très concrète qu'elle sera la seule qui réalisera, qu'elle réalisera les engagements qu'elle profère. Comment régler ce problème ? Parce que, sur les virtualités, vous êtes beaucoup à être très remarquables. Mais dans l'action, en définitive, il y en a très peu. J'entends du pouvoir suprême.
Et ça n'est pas pour revenir par la fenêtre dans un sujet que j'ai quitté
par la porte. Non, mais vous touchez le problème, c'est-à-dire celui de la capacité à faire. Et vous me disiez, si je me souviens bien à vos termes, quelle est la personnalité qui pourrait penser qu'elle serait en mesure de faire ? Déjà, si elle pense qu'elle est en mesure de faire seule, vous avez dit. Si cette personnalité pense qu'elle est en mesure de faire seule, ça veut dire qu'elle ne sera pas en mesure de faire. Et c'est peut-être que le problème vient de là.
Et c'est bien le problème quand je me souviens de l'élection du président de la République, il a suscité beaucoup d'espoir, il a plein de qualités, je ne sais pas, la vie n'est pas manichéenne, mais je me souviens, j'étais avec ma femme et quand je l'ai vu à la télé marcher vers la pyramide du Lourd pour son intronisation, là, j'ai dit, ça risque d'être compliqué. Parce qu'il faut une personnalité forte, le pouvoir est un exercice souvent solitaire, mais il faut savoir créer des effets collectifs, surtout au XXIe siècle.
Ce qui est magnifique d'ailleurs dans une entreprise qui est aussi compliquée à gérer, vous savez qu'un pays, c'est-à-dire d'essayer de trouver des talents complémentaires, des vôtres, supérieurs à vos compétences et qui vont vous permettre d'atteindre un but, un objectif. Donc, le patron, il faut un patron. Et aujourd'hui, c'est ce qui manque. Un patron, ce n'est pas quelqu'un de solitaire qui dit, je décide, je tape du poing sur la table. C'est quelqu'un qui, au contraire, sait entraîner les autres, sait créer un effet de groupe, mais incarne la solidité de l'action menée. Difficile à définir tout cela.
Moi, ce que j'essaie de faire dans ma mairie est d'être patron et je crois que je le suis. et là, sur le plan national, il y a beaucoup de personnes de grande qualité qui sont venues vers moi après mes prises de position qui ont des profils très différents de génération, bien sûr, hommes, femmes, de profession. Il y a des hauts fonctionnaires, il y a des salariés, il y a des chômeurs, il y a des gens inactifs, des étudiants, beaucoup d'étudiants, des personnes sans job, etc. Et j'essaie de travailler sur le comment. Je pense qu'il faut rappeler les grands principes, ce que l'on veut faire. Il y a quand même des choses à clarifier.
Notre rapport à la liberté est quand même très atteint aujourd'hui. Moi, je suis très attaché à la liberté, il est très atteint, donc il faut rappeler quand même des objectifs de politique publique pour libérer la société des entraves a priori que l'État a multipliées. Plus l'État a été impuissant pour faire respecter les règles, plus l'a multiplié les règles qui n'entravent que ceux qui veulent les respecter, c'est-à-dire les honnêtes gens. Et ça, c'est un énorme problème. C'est-à-dire incapable... Je vais répondre, mais l'usage et l'abus sont forcément liés. Tout usage crée des situations d'abus. Face à cela, l'Étatiste socialiste va encadrer l'usage, limiter l'usage.
Et c'est exactement ce que l'on vit depuis 40 ans. On multiplie les règles a priori, le déclaratif. Or, parce qu'on est incapable de réprimer l'abus de l'usage. Je pense qu'il faut qu'on retrouve une capacité d'action pour réprimer l'abus de l'usage, ceux qui trichent, c'est-à-dire réprimer les voyous, etc., mais relibérer la capacité de faire des choses. Donc, je vous le dis parce que je pense que même à droite, il y a besoin de clarifier autour de la liberté, qui est la valeur cardinale. « Seule valeur impérissable de l'histoire », disait Albert Camus. Elle est en train un petit peu de périr quand même.
Et ensuite, l'autorité de l'État, on l'a dit, ce n'est pas contradictoire, ce qui m'intéresse, c'est de concilier liberté et autorité, l'autorité bien exercée et qui est l'expression du consentement populaire. Et donc, le plus important, c'est le comment. Le comment. Très souvent, on me dit, des gens qui me disent « Ah, mais ce que vous dites, M. Lissard, c'est sympa, on se retrouve, on pense que vous êtes sincères, mais vous ne ferez pas mieux que les autres. » Ce que je disais tout à l'heure sur le fatalisme. Donc, c'est d'arriver à faire la démonstration d'autres pays qui y arrivent très bien. C'est d'où la nécessité de travailler sur un agenda de gouvernement.
Même si on ne le respecte pas scrupuleusement parce qu'il faut s'adapter aux circonstances, mais d'avoir des objectifs clairs et d'avoir déjà identifié les points de blocage, de ne pas les cacher, d'en faire des objets politiques de débat, de dialogue, de confrontation d'idées. L'Allemagne a très bien su le faire avec Schröder. Les Suédois, dans les années 90, ont su le faire avec les sociodémocrates. Les Danois ont su le faire avec les libéraux. L'Angleterre a su le faire à plusieurs reprises avec Margaret Thatcher qui a été un grand leader et ensuite avec Tony Blair pour prendre un social-démocrate, mais aussi avec David Cameron avec son concept de big society.
Donc, de porter un projet, de porter un agenda de gouvernement et d'identifier ce qui peut bloquer, de regarder ce qui a bien fonctionné ailleurs. Je peux vous décliner, mais là, on a les idées pour établir un vrai modèle français en termes de santé, puisqu'on en parle aujourd'hui, autour de la liberté et de l'organisation territoriale et de l'universalité de service. On a abandonné les fondamentaux en la bureaucratisant.
Un vrai modèle de prospérité et en transférant des impôts de production, je ne vais pas vous épargner, mais on a 80 milliards d'impôts de production qu'il faut transférer sur des assiettes plus larges et hors de la production, en assainissant les comptes publics, en faisant appliquer les peines. Comment une démocratie peut-elle accepter l'arbitraire de voir 40% des peines de prison qui ne sont pas appliquées ? C'est absolument inadmissible. C'est de l'injustice et de l'arbitraire. C'est scandaleux et c'est ce qui décourage beaucoup d'entre nous. C'est ce qui renvoie les citoyens vers l'atonie ou vers les extrêmes.
Donc, votre question, c'est d'arriver à avoir un projet, un agenda, une équipe, comme dans une entreprise, comme dans une association, comme dans la vie, dans une collectivité et ensuite de s'y tenir et de rendre des comptes.
David Lissnard, je voudrais par petite touche rappeler quelques événements qui me sont apparus importants dans votre vie politique. J'ai cru savoir qu'avant même la primaire de la droite et du centre que François Sion a remportée à l'époque brillamment, vous n'aviez pas vous de candidat. Premier point. Deuxième point, je crois savoir qu'aujourd'hui, vous êtes dans Libre, l'association de Valérie Pécresse. Et troisième élément, comme vous avez évoqué les extrêmes, j'aimerais que vous m'indiquiez véritablement aujourd'hui votre situation à droite et est-ce que, par exemple, l'union des droites vous apparaît comme une chose scandaleuse ?
Sur la primaire, j'étais proche de François Fillon mais je connaissais tous les candidats d'ailleurs, Bruno Le Maire, Nicolas Sarkozy, évidemment. de François Fillon. Pourquoi à l'époque, on m'a demandé de m'occuper de la primaire dans les Alpes-Maritimes ? Or, les Alpes-Maritimes avaient été le lieu de l'épicentre de l'affrontement entre François Fillon et Jean-François Copé.
Et donc, d'un commun accord entre François Fillon, Alain Juppé, Nicolas Sarkozy, les favoris à l'époque, souvenez-vous, c'était Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire, il y avait Nathalie Poukosius-Comorizet, enfin bref, ils avaient demandé est-ce que je m'occupe de la primaire mais est-ce que je ne soutienne pas de candidat ? Donc, j'avais mis de côté mes accointances fillonistes volontairement et puis, quand il a gagné, ensuite, il m'a demandé d'être un de ses porte-parole. Ce que j'ai fait jusqu'au bout puisque j'ai voté François Fillon et je suis allé jusqu'au bout malgré ce qu'on a affronté et je ne reviens pas là-dessus. Contrairement à Certre.
Oui, après, j'ai douté, tout ça ne m'a pas... C'était difficile, c'était compliqué, il y avait des vrais conflits de conscience mais je suis allé au bout et je ne le regrette pas. Ensuite, après la victoire d'Emmanuel Macron, très vite, j'ai dit qu'on irait vers un gros problème parce que je voyais bien qu'il était décalé de la réalité et qu'il y avait un double discours et il fallait reconstruire une matrice intellectuelle pour la droite. Donc, c'est pourquoi avec Valérie Pécresse, elle m'a demandé de venir à Libre mais c'était l'été 2017 un jour. Donc, j'ai dit oui et je suis membre de Force républicaine avec Bruno Retailleau qui a pris la suite de François Fillon.
Aujourd'hui, tout ça, moi, je ne suis plus dans tout ça. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, je mène mon combat à moi pour les idées qui sont les miennes que je retrouve en partie notamment à Force républicaine où je continue à m'investir avec Bruno Retailleau, en partie à Libre avec Valérie Pécresse. Ce ne sont que des personnes de qualité, de grande qualité et aux Républicains mais je pense qu'on est dans une période de décomposition qui préfigure une recomposition qui peut aller très vite. Je pense que les prochaines semaines et les prochains mois vont voir une cristallisation et une recomposition.
Je crois que nos idées sont les bonnes idées qu'il faut pour le pays et que paradoxalement, les choses vont très vite maintenant. Mais après la défaite de la présidentielle, on crée des think tanks ou des clubs de réflexion et d'idées différents pour essayer de réfléchir au maximum et définir un corpus commun à travers les Républicains, à travers la fabrique de Xavier Bertrand, à travers Libre, à travers France républicaine. On ne peut pas nous reprocher d'avoir travaillé dans plusieurs de ces think tanks ou de ces microparties ou de ces officines. Je ne sais pas quel est le terme. Moi, là-dessus, je l'assume. Mais maintenant, on passe à autre chose. Maintenant, on passe à autre chose.
Il faudra se unifier autour d'un projet, d'une personnalité. Et je profite de la fenêtre d'intérêt médiatique que j'ai pour faire valoir mes idées. Vous l'avez compris. Trois, le concept d'union des droites me paraît très politicien. Paradoxalement, je trouve que c'est un truc d'un autre temps et je ne le comprends pas. Je pense que ce n'est pas du tout adapté. Je comprends le raisonnement. Dire qu'il faut faire ce que Mitterrand avait fait en arrivant à prendre les communistes et puis finalement, il les a étouffés. Moi, tout ça, ça me paraît très politicien. C'est au-dessus de mes forces.
Moi, ce que je sais faire, c'est faire valoir mes idées, mes convictions et puis je n'ai pas envie de faire des accords politiciens avec les uns ou les autres. Ça ne m'intéresse pas. Vraiment, ça ne m'intéresse pas du tout.
Je veux dire, David Glystner, pardon de vous pousser dans ce retranchement. Vous considérez qu'il y a une totale incompatibilité politique entre la Rassemblement nationale et la droite classique. Je ne réponds pas à cette question
parce que c'est une question qui fait exister la Rassemblement nationale. C'est comme quand on nous dit est-ce qu'on ne peut pas après tout faire un parti avec En Marche. Moi, je ne peux pas. Je critique le pouvoir en place. Je crois qu'il fait une mauvaise politique pour la France. Je ne vais pas faire un accord. Le Front national ou le Rassemblement national, je ne sais pas aujourd'hui quelle est la position de ce parti indépendamment de la connotation morale et du jugement moral qu'on peut poser dessus qui renvoie à chacun.
Moi, je n'ai pas à dire aux gens ce qu'ils doivent penser mais quelle est la position de la Rassemblement nationale sur les retraites qu'à la Rassemblement nationale sur l'Europe. On n'en sait rien. Sur l'euro, on n'y comprend rien. C'est complètement ambigu. Je trouve que c'est devenu très politicien. Ça ne m'intéresse pas. Moi, ce qui m'intéresse, c'est de porter un projet pour que les entrepreneurs aient confiance, que les salariés aient confiance, que les fonctionnaires aient confiance, que les étudiants aient confiance et les retraites pour la France, pour les Français avec les idées qui sont les miennes. Pas de faire des... Je ne ferais pas de... Vous voyez ce que je veux dire ?
Et je pense qu'aujourd'hui, en plus, les rythmes politiques, la puissance de notoriété que l'on peut avoir par les réseaux sociaux et par les médias fait qu'on peut éviter ce genre de tambouilles qui sont toujours assez déshonorantes. C'est pour ça que je n'étais pas à l'aise. Je n'étais pas à l'aise. Moi, j'ai condamné fermement tout accord entre les Républicains et En Marche parce que ça fait combination.
Vous êtes, au fond, derrière votre sincère modestie, David Lysnard, vous êtes tout à fait ancré dans vos propres convictions. Vous avez un système de valeurs, vous avez une philosophie et, au fond, vous cherchez à en convaincre les gens. Vous n'êtes pas à la remorque de qui que ce soit. Voilà. En fait, c'est très prétentieux.
Il n'y a aucune modestie. Mais oui, voilà, c'est ça. Et comme je ne cherche pas de poste, comme il n'y a pas de plan de carrière, qu'il n'y a que de l'ambition mais pas d'arrivisme pour reprendre notre propos liminaire, si vous voulez, je suis à un âge de ma vie, une période de ma vie où je ne souhaite pas et je ne serai pas bon. Je ne dis pas que je suis bon maintenant, mais défendre... Je n'y arriverai pas, de toute façon. Des idées qui ne sont pas les miennes alors parfois, il faut faire des quelques efforts pour éviter le pire. Mais ça, on le fait au moment où on doit trancher. Mais moi, ça m'intéresse vraiment.
Et j'ai appris de ces derniers mois, de ces dernières années que finalement, ce que je mettais en place à Cannes, que cette baisse de la fiscalité, cette recherche de la performance publique, ce travail que l'on a fait d'organisation des services où on a fait travailler des agents de catégorie A à baisser pour augmenter le rendement et la productivité tout en réduisant la masse salariale, en payant mieux les fonctionnaires, ce qui nous a permis de réduire la dette. On a fait 7 années consécutives de réduction des dépenses de fonctionnement tout en améliorant la qualité des services publics. Ça, ça me passionne. Ça m'intéresse. Je ne le trouve pas ailleurs.
Et je pense que c'est la base de tout. C'est l'efficacité de l'action publique au service de convictions et d'idées et d'une certaine idée de la France. Donc, je ne vois pas pourquoi j'irais perdre mon énergie et mon temps à me positionner sur des hypothétiques combinaisons déshonorantes de partis politiques, d'appareils, de trucs qui n'intéressent personne et qui n'emportent pas l'adhésion. Non, ce qu'il faut, c'est construire des équipes soudées, fortes,
pas de circonstances. Mais l'État de la droite, aujourd'hui, il faut tout de même un petit peu penser à la présidentielle. Et vous avez certainement un point de vue fort là-dessus. Je pense que je l'exprime
depuis le début, ce point de vue. C'est-à-dire que c'est de faire valoir cette pensée qui s'inscrit dans une tradition, mais tournée vers le XXIe siècle. La tradition, c'est le gaullisme, le libéralisme et la démocratie chrétienne de trouver un point d'équilibre. Et aujourd'hui, la valeur à retrouver, c'est la liberté. Donc, de faire en sorte de... Vous voyez, moi, j'ai écrit récemment une tribune sur l'éducation.
Elle n'a pas eu beaucoup d'impact, mais je la relancerai pour qu'on crée de la liberté éducative, que les parents puissent choisir leurs établissements, que les enseignants puissent choisir leurs établissements, que les chefs d'établissements soient des vrais chefs d'établissements avec des budgets, puissent eux-mêmes choisir leurs enseignants. Et vous allez voir qu'on va pouvoir remonter dans les classements PISA. Il n'y a pas une fatalité à ce que la France soit dans le déclassement éducatif et soit moins performante que la Grande-Bretagne, la Suisse, la Corée du Sud, Singapour ou l'Allemagne. Donc, ça, ça m'intéresse. Et donc, moi, je vais faire valoir toutes ces idées-là.
Je les écris, je les produis. Soit quelqu'un s'en empare et tant mieux. Et j'apporterai tout ce que je peux apporter à cette personne, si c'est sincère. Soit cette personne
ne s'en empare pas et puis on verra ce qu'on fait. À votre avis, David Glissnard, et je pense de la pratique présidentielle quelle qu'elle soit, pourquoi est-il si difficile en France d'allier la majesté et la simplicité ?
Je pense que certains je pense que certains l'ont fait, l'ont réussi. Alors, je n'étais pas un contemporain de Philippe Auguste qui est un roi que j'admire, mais j'avais l'impression que c'était un génie politique mais qui était près de ses troupes. Je ne sais pas, un Jean Jaurès, pour prendre une figure de gauche, me paraissait à lire une certaine majesté et simplicité. C'est bien, votre approche. Je ne me suis jamais posé la question, mais un De Gaulle, évidemment, un Clémenceau, Pompidou, oui, Pompidou incarne ça. Peut-être qu'ensuite, il y avait soit trop de simplicité, soit trop de majesté. Peut-être qu'il ne faut pas trop se poser de questions, finalement, et il faut être soi-même.
C'est ça.
Mais je vous pose cette question parce que moi-même, en tant que citoyen, je suis frappé de voir à quel point la volonté de se rapprocher du citoyen, précisément, fait tomber souvent les politiques dans ce que j'appellerais la vulgarité.
La difficulté de la cinquième république, c'est qu'on a un régime présidentialiste qui est une sorte de monarchie républicaine. Donc, c'est compliqué d'être les deux à la fois. C'est-à-dire d'être à la fois un chef de mouvement, de parti, de gouvernement et d'être un arbitre. C'est compliqué. Donc, certaines personnalités exceptionnelles y arrivent. J'en ai cité quelques-unes tout à l'heure. Il y en a certainement d'autres. Mais, vous savez, la simplicité, c'est une vertu. Et je crois qu'elle n'est pas du tout antinomique justement avec la hauteur et la majesté. En revanche, lorsqu'on confond simplicité, vulgarité, trivialité et pire, clientélisme, ça, c'est terrible.
Et, à mon avis, c'est-à-dire que cette simplicité et cette majesté, elles doivent se constater, elles ne doivent pas être théorisées. En revanche, il doit être un peu plus théorisé et ce qui doit préfigurer à cela, c'est le fait de rejeter tout ce qui est marketing politique. Le grand problème depuis les années 80, c'est que la communication est importante, elle fait partie du geste politique, mais elle n'est pas une fin en soi. Et lorsque, Victor Hugo disait, la forme, c'est le fond qui remonte à la surface. Lorsqu'il n'y a plus de fond, lorsqu'on ne s'interroge plus sur le fond des politiques publiques, le contenu, on n'arrive à faire que des séquences. Et ce terme est très...
Et c'est exactement ce que l'on vit aujourd'hui. On a un président très théâtral, trop théâtral, qui veut... Et qui met en scène soit la majesté, soit la simplicité, mais c'est de la mise en scène, donc ça sonne faux. Et en tant que citoyen, on le ressent. Donc moi, je crois que là aussi, il n'y a pas de fatalité. Il y a des personnalités qui arrivent à incarner une autorité naturelle du charisme, qui arrivent à avoir... C'est vrai que c'est des grandes personnalités, mais une certaine distance et proximité de façon concomitante, quoi. Ce que vous dites renvoie au charisme et à un caractère un peu magique, donc c'est difficile de l'exprimer dans les mots.
Quel jugement, David Listard, on arrive doucement vers la fin, malheureusement. Quel jugement portez-vous sur l'étrange relation de la société militaire aujourd'hui avec Emmanuel Macron et ceux qui l'entourent ?
Moi, d'abord, j'évite de porter des jugements parce que vous, vous avez été juge, moi, je ne suis que citoyen engagé. Je ne connais pas la réalité de ce qui se passe, ni vous, ni moi, ce qui se passe entre le président de la République.
Mais vous lisez les lettres de l'Hubert.
Oui, j'ai eu la chance de rencontrer des militaires récemment de très haut niveau, d'actifs, notamment, je ne veux pas dire qu'ils sont chefs d'état-major, enfin, vraiment à très haut niveau et de voir des personnes qui ont à la fois une liberté d'être et donc une responsabilité et qui restent très concentrées sur leur mission et au service de la France et en l'occurrence de la République française.
Si vous me posez la question plus directement sur ces tribunes militaires, je les ai lus, je pense que ces tribunes n'auraient jamais eu d'impact il y a quelques années et que si elles ont de l'impact, si ça a pris, si le coup de com' a pris de Valeurs Actuelles, c'est parce qu'elles renvoient à une réalité vécue par beaucoup de Français. C'est tout. Donc, on aurait peut-être un peu moins s'interroger sur l'émetteur de la tribune mais peut-être un peu plus s'interroger sur le contenu de la réalité décrite et d'une société qui est en train de se fragmenter, d'exploser, de conflictuel avec des réalités. C'est tout qui transcende là aussi les partis politiques.
Il y a une insécurité qui augmente, ce n'est pas un sentiment. Le taux d'homicide par habitant qui diminue depuis la Renaissance. Depuis 11 ans, on est à plus de 12%. Ça, c'est factuel. Il y a chaque jour, 120 attaques aux couteaux en France. Enfin, Rix, pardon, avec des couteaux. Ce n'était pas le cas il y a 20 ans. Donc, il y a des phénomènes de violence. Il n'y a pas que de la perception ou de l'exagération médiatique ou des effets de loupe par les réseaux sociaux. Ça existe beaucoup. Et par les chaînes d'infos. Ça, c'est vrai. Ça amplifie la perception. Mais il y a une réalité de violence qui peut toucher tout le monde.
Il y a une réalité d'incapacité de la puissance publique à juguler cette violence, à s'attaquer aux trafiquants, à réprimer les voyous, à réguler aussi l'immigration qui est devenue incontrôlée et qui pose un vrai problème civilisationnel. Donc, on peut ergoter tant qu'on veut sur le coup de com' mais est-ce qu'ils sont militaires ou pas militaires ? Est-ce qu'ils sont inactifs ou pas ? Chacun a son opinion. Dans le contenu, c'est assez habile parce que ça ne propose pas, contrairement à ce qu'ont dit les gouvernants, ça ne propose pas... Ce n'est pas factieux. Au contraire, ils disent que nous sommes au service de l'application des lois de la République.
Après, la motivation secrète, ça, je l'ignore, mais tout le monde l'ignore par définition. Mais en toute hypothèse, le problème, c'est que ces mêmes tribunes il y a 20 ans seraient passées totalement inaperçues et qu'aujourd'hui,
trois dernières questions, David Glissnard. Que fait David Glissnard lorsqu'il n'est pas maire de Cannes ? D'abord, vous êtes toujours maire.
Je vais le dire, mais c'est jour et nuit. Et c'est un état permanent, comme toute fonction, qui vous engage vis-à-vis de ceux qui vous ont mandaté. Autrement, je fais ce que fait tout être humain, c'est-à-dire que j'essaie de voir mes enfants, ma femme, mes proches, mes amis, que je ne vois pas assez. de lire, de lire, de faire du sport, je fais beaucoup de sport. La culture et le sport sont mes deux piliers d'épanouissement individuel et sont même les deux priorités de ma politique municipale. Parce que par la politique et le sport, on s'émancipe, on s'élève, on se constitue son propre capital de bien-être, de culture, par la culture et le sport, de santé même.
et donc on est bien soi-même, on brise les plafonds de verre, on prend confiance et on est bien avec les autres. Donc c'est fondamental.
Vous auriez à définir en un seul mot, David Lissnard, la grande faiblesse du mandat d'Emmanuel Macron qui n'est pas terminé, bien sûr, mais jusqu'à maintenant. Sa grande faiblesse, à votre avis, en un mot ? L'impuissance théâtralisée. En deux mots. Et ma dernière question, alors il ne faudra pas m'en vouloir, David Lissnard. Vous avez si bien parlé de Cannes, de tout ce que vous y avez fait, et vous avez été réélu maire de Cannes à plus de 80%.
88,12%.
Je veux savoir, ça arrive une fois dans une vie, vous savez. Est-ce que, par exemple, vous pourriez comprendre le désir que je manifeste là, la curiosité que j'aimerais satisfaire de voir David Lissnard à l'Élysée et de voir ce qu'il ferait, lui, à la tête de la France puisqu'il a réussi à Cannes ? Est-ce que c'est choquant ?
C'est pas que pour la Garden Party, alors ? Est-ce que c'est choquant de vous dire ça ? Oui, enfin, c'est gratifiant, venant d'une personnalité comme vous. Là aussi, je ne veux pas faire la vierge effarouchée ou le focus, si vous me permettez, l'expression triviale. c'est une question que des journalistes me posent. Moi-même, j'entretiens un peu le flou puisque je réponds aux médias et... Écoutez, ce que je puis vous dire, c'est que il n'y a jamais de second degré, il n'y a pas de... Je biaise pas. C'est-à-dire que mes hésitations... Enfin, vous voyez ce que je veux dire ? Tout ce que je vous dis, c'est ce que je pense et ce que je ressens. Ça me paraît démesuré.
C'est quelque chose qui me paraît même incongru même de répondre à ces questions-là. D'un autre côté, je travaille le contenu. Je me regarde, je me désole, je me compare, je me console. Il y a un bel état d'esprit autour de moi. Les gens qui viennent vers moi sont des gens bien, des gens sains. C'est très important quand des idées qui ont envie de bosser pour le pays. Et je ne... Je vous réponds à vous parce que je ne réponds jamais à cette question. parce que je trouve que l'enjeu, ce n'est pas de savoir... Enfin, objectivement, les enjeux sont tellement plus...
C'est toujours ramener à sa petite personne et je pense que ça fait beaucoup de mal et puis que ce n'est pas le moment en plus de parler de ça. Mais ce qui est sûr, c'est que je n'ai aucun plan de carrière. Ça me paraît, je vous le dis, démesuré. Mais je ne m'arrêterai pas tant que je peux porter mes convictions et mes idées. Voilà. J'irai le plus loin que je peux pour porter mes convictions et mes idées. Je ne peux pas vous répondre mieux que ça. Vous m'avez très bien répondu. Merci beaucoup. Merci. Merci beaucoup. Merci.
Merci. Merci. Merci.
David Lisnard