Ces initiatives à Toulouse pour vivre mieux | Notre futur a de l'avenir
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
--- Partout sur le territoire, avec AXA, "Notre futur a de l'avenir". -Chaque été, les images reviennent. Des forêts dévastées, des habitants évacués, des flammes incontrôlables poussées par le vent, la chaleur et la sécheresse.
Avec le réchauffement climatique, les incendies sont de plus en plus fréquents et surtout de plus en plus violents. En 2022, 785 000 hectares sont partis en fumée en Europe. Pour lutter contre ces méga-feux, la France appuie depuis des décennies sur ses célèbres Canadair.
Mais aujourd'hui, ces avions vieillissent. Certains ont plus de 25 ans. Et à près de 90 millions d'euros l'unité, l'Etat peine à renouveler sa flotte.
Mais à Toulouse, un homme pourrait bien révolutionner le marché des bombardiers d'eau. -Là, on va installer les réservoirs. Bien sûr, on passerait par ici, tu te souviens, dans l'avion, c'est par la porte cargo qui est à l'avant. -Salut David, salut Corentin, ça va ? -Bonjour, comment es-tu ? -Très bien.
Dis-moi, il paraît que c'est ici que se joue l'avenir des bombardiers d'eau. Vous avez décidé de prendre le problème à l'envers. Vous ne créez pas un avion de toutes pièces, mais un système qui s'adapte aux avions. -Créer un avion moderne, neuf, c'est 10 ans de développement, plus d'un milliard d'euros nécessaires pour financer ce développement, alors que certains avions existent, et c'est des avions qui ont des caractéristiques qui nous conviennent. -Le pari de David ?
Transformer des avions déjà en circulation en bombardiers d'eau. Et vous allez voir qu'à Toulouse, cette innovation est loin d'être la seule. --- Ce mois-ci, je pose mes valises à Toulouse, la ville rose, ses briques de terre cuites, la Garonne, et surtout, son incroyable histoire aéronautique.
Depuis plus d'un siècle, on ne se contente pas de construire des avions, on imagine déjà ceux de demain. -Impeccable ! -Je vais d'abord rencontrer des ingénieurs qui tentent de relever un défi colossal, continuer à nous faire voyager.
On imagine que c'est comme une voiture électrique, on branche, on charge et on vole. Tout en réduisant l'impact de l'aviation sur l'environnement. Mais à Toulouse, les idées pour inventer le monde de demain ne se trouvent pas seulement dans les airs. -Peu commun, en zéro déchet, de la mozza en bocal, par exemple. -Avec près de 70 kilos de déchets plastiques produits chaque année par Français, Salomé pense avoir trouvé une partie de la réponse en réinventant une pratique qu'on croyait oubliée : la consigne. -Là, il s'agit vraiment de proposer tous les produits qu'on peut retrouver au supermarché, mais dans des bocaux réutilisables. -Enfin, nous irons à la rencontre de Valentin. -Ces déchets permettent de créer de l'énergie locale. -Face à l'explosion des coûts de l'énergie, cet entrepreneur transforme nos restes alimentaires en gaz et en électricité.
Entre aviation, consommation et énergie, vous verrez qu'à Toulouse, les idées pour imaginer le monde de demain ne manquent pas. Musique -Ce qu'on a fait, c'est qu'on s'adapte aux contraintes des avions. Donc dans un avion, il y a des ailes ici, il y a un train d'atterrissage. -Retour avec David, qui imagine le bombardier d'eau nouvelle génération.
Son innovation : un immense réservoir capable d'embarquer jusqu'à 7 500 litres d'eau et de s'adapter à différents modèles d'avion. Après chaque largage, l'appareil pourra être rechargé au sol en quelques minutes avant de repartir sur le front des incendies. Et parmi les candidats idéaux, l'ATR.
Et ça tombe bien, il est franco-italien. -En fait, c'est l'avion régional le plus vendu dans le monde. Plus de 1 700 ont été fabriqués.
Il y en a 1 200 encore en activité. -Faible consommation de carburant, coût d'exploitation réduit, capacité à atterrir sur des pistes difficiles. -Le réservoir sera positionné à peu près là, avec le système de largage qui s'intègre dans ce qu'on appelle le belly Fairing, le ventre mou de l'avion, dessous. -Et surtout, un prix imbattable.
David promet de transformer un ATR en bombardier d'eau pour la moitié du prix d'un Canadair. De quoi permettre aux secours de déployer davantage d'appareils face à des incendies toujours plus nombreux. Si les essais sont concluants, un premier appareil pourrait entrer en service dès 2027.
Mais à Toulouse, l'innovation ne s'arrête pas aux bombardiers d'eau. Il y a les avions "made in Toulouse" qui combattent les flammes et d'autres qui relient les hommes. Chaque année, plus de 4 milliards de passagers prennent l'avion dans le monde et d'ici 2050, le trafic aérien pourrait doubler.
Mais aujourd'hui, l'aviation représente 3 % des émissions mondiales de CO2. Alors comment continuer à voler sans aggraver le réchauffement climatique ? Dans le ciel de Toulouse, c'est peut-être l'avenir de l'aviation qui est en train de s'écrire. *-Bonjour. *On est à 1 200 pieds. -Aux commandes, un pilote d'essai.
Et entre ses mains, un avion pas comme les autres. *-Montée à 5 000 pour sortir de la turbulence. -Pendant de longues minutes, il pousse l'appareil dans ses retranchements.
Vitesse, stabilité, maniabilité, tout est passé au crible. Car bientôt, cet avion pourrait arriver sur le marché. -Ca gaze ? -Impeccable ! -Bon vol ? -Excellent.
Toujours aussi agréable en voltige et tout ce qui est atterrissage, perfo atterrissage et décollage, c'est conforme aux prévisions. -Il s'agit du premier avion électrique français, conçu pour la formation des futurs pilotes. -Tu crois qu'on peut monter à l'intérieur ? -Monte à bord. -Que sur le noir. -Je me mets à droite ou à gauche ? -A gauche. -Hop, là. -Aux commandes, qu'est-ce qui nous différencie d'un avion thermique, classique ? -La sensation que moi j'ai en volant sur l'avion, c'était un sentiment de comportement d'un planeur.
Sans vibrations. Mais qu'il y avait quelque chose devant qui poussait, là le moteur électrique et l'hélice. La sensation du vol est beaucoup plus pure qu'avec un moteur thermique.
Et le comportement général est extrêmement homogène. C'est des avions faciles à prendre en main. -Plus simple à piloter, zéro émission de CO2, et très silencieux pour les riverains.
On imagine que c'est comme une voiture électrique, on branche, on charge et on vole. C'est bête comme tout. -C'est aussi simple que ça. -L'autonomie est de combien, justement ? -Sur un avion comme ça qui est de formation, on va plutôt parler en temps de vol.
Et la mission qu'on pourra faire avec cet avion à l'entrée en service sera d'à peu près 1 h 00 à 1 h 15. Ce qui ne permet pas de couvrir toutes les missions, mais l'ultra majorité des missions de formation de base. -Cet avion est 10 % plus cher que son équivalent thermique, avec un coût d'heure de vol divisé par deux grâce à l'énergie, mais aussi à une mécanique plus simple à entretenir.
Mais pour l'instant, cette technologie se heurte à un problème majeur. Il ne peut y avoir qu'un passager et un pilote. On ne peut pas être deux passagers dans un avion électrique.
Ce n'est pas possible à cause de ce problème de la batterie. -Oui, et puis effectivement, cet avion est un bi-place côte à côte, comme on a pu le voir. Mais surtout, il faut commencer par le commencement.
Les débuts de l'aéronautique, c'est un monoplace, après un bi-place, puis un quatre places. On revient avec des nouveaux critères et objectifs. Et on repart à la base à nouveau. -Est-ce qu'un jour, on pourra voler dans des avions de tourisme à l'électrique ? -Effectivement, pour l'instant, on mature les technologies sur des avions plus petits.
Je peux te montrer la suite pour des avions plus gros. -Allons-y. -David voit déjà beaucoup plus grand.
A l'abri des regards, il nous ouvre les portes de son projet le plus ambitieux. -On arrive dans un autre endroit extrêmement important pour AURA, qui est le centre d'essai de développement lié à notre avion régional nommé ERA. -Que je vois ici en version miniature, il ressemblera à ça ? -Oui, le premier avion commercial à propulsion électrique de l'histoire. -Cette fois, on change complètement d'échelle.
Place à un appareil capable de transporter jusqu'à 19 passagers. Un avion imaginé pour relier des territoires isolés, désenclaver certaines régions et assurer des liaisons aujourd'hui peu ou pas desservies. -Huit moteurs électriques, une porte qui maintenant est à l'avant.
Mais le principe général reste le même et cette version-là est dans une teinte un peu militaire puisque le cas d'usage de ces avions est à la fois civil mais aussi militaire. Et la cabine, je te propose de la découvrir ici. -Grandeur nature alors. -Echelle une.
On se représente un peu l'espace qu'il y a à l'intérieur de cet avion. Musique -Mais pour faire voler un appareil de neuf tonnes, l'énergie stockée dans les batteries ne suffit plus. -L'énergie qu'on doit mettre à disposition de la propulsion pour transporter 19 passagers est beaucoup plus importante que pour un bi-place.
Et donc c'est là où l'hybride rend la chose possible. -Seule solution, embarquer un générateur alimenté par du carburant, capable de produire de l'électricité en plein vol. De quoi alimenter les moteurs électriques et repousser considérablement les limites de l'autonomie. -La mission typique, c'est à peu près de 200 à 300 nautiques, donc 400 à 500 kilomètres.
C'est la mission typique il sera le plus efficace pour ça. -David travaille sur cet avion depuis 2021. Et alors que son entrée en service n'est prévue qu'en 2030, le projet suscite déjà l'intérêt de nombreuses compagnies. -On a un peu plus de 700 lettres d'intention d'avions avec des clients un peu partout dans le monde, ça représente à peu près 12 milliards d'euros de valeur, donc c'est significatif.
Et on a aujourd'hui une vingtaine d'avions commandés fermes, avec paiement d'un acompte. -De quoi donner des ailes aux ambitions de Jérémy. Mais à Toulouse, l'innovation ne se limite pas à l'aéronautique.
Dans la ville rose, d'autres s'attaquent à un défi beaucoup plus proche du quotidien des Français. Le plastique est partout. Fruits, légumes, yaourts, viandes, shampoings.
Dans un supermarché, difficile d'y échapper. En France, chaque habitant produit près de 70 kilos de déchets plastiques par an. Alors comment réduire nos déchets sans changer complètement notre manière de consommer ?
La réponse se trouve peut-être au bout de ce rayon. -Tu penses que c'est pas mal, c'est arrivé ce matin ? -Salomé s'est donné une mission, faire revenir dans les supermarchés une pratique tombée en désuétude, mais que nos grands-mères utilisaient au quotidien. -Les clients sont un peu timides. -Normal.
C'est quand même joli ! -Et pour y parvenir, elle a convaincu May, la gérante de cet Intermarché, de lui faire une place dans ses rayons. -Franchement, on est content et les clients sont de plus en plus réceptifs. -Salut Salomé, salut May.
Ca va ? Alors dites-moi, je découvre ce corner, je vois écrit "Corner tout nu", de quoi il s'agit ? -Là, il s'agit vraiment de proposer tous les produits qu'on retrouve au supermarché, mais cette fois-ci dans des contenants réutilisables. -Des bocaux en verre. -Voilà, le client peut le ramener à l'accueil du magasin ou en caisse contre des bons d'achat dans le magasin. -Montre-moi ce que tu as comme produit. -On a vraiment, côté gourmand quoi, côté gourmandise.
Ca c'est les petits hits, les top ventes, les chips de banane, on a des céréales de petit déjeuner, des petits gâteaux au chocolat. On retrouve aussi des classiques, du café, du thé. On a du frais aussi, regarde. -Un deuxième corner. -Peu commun, généralement, en zéro déchet, de la mozza en bocal, par exemple.
Dans son petit liquide, pour être bien conservé. De la même façon, le Gruyère râpé, qui fait partie, chez nous, évidemment, des tops ventes et des incontournables à avoir. -Fromage blanc. -Qui est notre plus grande vente, d'ailleurs. -J'avoue que je suis quand même assez étonnée de voir ce concept du zéro déchet qui s'invite dans la grande distribution parce qu'il y a beaucoup d'emballages autour de moi.
C'est une révolution qui se prépare chez Intermarché, chez d'autres. La grande distribution est prête ? -Est prête, du moins, on essaie de se mettre en ordre de marche.
Je pense que c'est les acteurs comme nous, de la distribution, de la grande distribution, qui sommes, pas à l'origine, mais on doit impulser, on doit prendre ce chemin-là. Demain, si on veut faire bouger les choses, si on veut avancer dans le bon sens, sur moins de déchets, moins de gaspillage alimentaire, c'est par des concepts et par des jolies initiatives comme celle de Salomé qu'on va passer. -Et on sensibilise des gens qui, au départ, n'étaient pas à la cause. -Exactement.
Ca commence par le bocal de cacahuètes pour l'apéritif. Et on arrive sur, je vais prendre mon fromage blanc pour tous les jours. -Exactement.
Niveau prix, on entend souvent qu'être écolo, ça coûte plus cher. Est-ce que tes produits, Salomé, coûtent plus cher ? -A qualité équivalente, il ne coûte pas plus cher.
Mais oui, on ne peut pas rivaliser avec du prix discount car on est sur de la qualité, du local, du circuit court. Sinon, à qualité équivalente, on est sur un indice prix tout à fait raisonnable. Et c'est ce rapport qualité-prix que cherche le consommateur pour concilier son vouloir d'achat et son pouvoir d'achat, quoi. -Quel est ton rêve, qu'un jour tous ces produits soient remplacés par des produits zéro déchet ? -C'est sûr, je pense que ça prendra du temps, mais l'idée en tout cas, à minima que le consommateur puisse trouver l'alternative zéro déchet, je pense que ce sera déjà un premier pas et qu'il ait le choix.
Ce sera déjà une belle victoire si on arrive à ça. -Mais pour Salomé, ce rayon n'est qu'un échantillon. Plutôt que d'attendre que la grande distribution change, Salomé a créé le supermarché de ses rêves.
Salomé, nous voici dans ton super "Tout nu". -Bienvenue. -Un supermarché de 800 mètres carrés qu'elle a baptisé "Tout nu". -Là, il y a tout.
Là, il y a vraiment tout. -Parce qu'ici, on trouve quasiment tout dans des bocaux. Des gâteaux à la viande, en passant par les pâtes fraîches, le fromage et même les glaces. -L'idée, c'est que le client retrouve tous ses produits du quotidien.
Si la consommation responsable doit passer à l'échelle, ça se fera par le biais de la praticité. Les gens ont besoin de la simplicité de la grande distribution. -On ne change pas les habitudes. -Voilà, mais on peut l'allier à une consommation responsable avec des produits zéro déchet, bio, locaux, dans la mesure du possible.
Ici, il n'y a que du zéro déchet. -Enfin presque, car même ici, certains produits résistent encore au zéro déchet. -Et là, on est sur une gamme de produits qu'on fait aussi parce que l'idée, c'est que les gens trouvent tout.
Donc, on a des produits ménagers. Certains, on arrive à les faire en zéro déchet. Par exemple, on a des tablettes WC, on a de la lessive.
Mais certains autres produits sont interdits de reconditionner. Comme les cristaux dessous, l'acide citrique. Pour des raisons d'hygiène et de sécurité, on n'a pas le droit d'y toucher. -Je vois un peu de plastique. -Oui, là, c'est pareil.
En termes de sécurité, il ne faut pas que les gens puissent confondre ça avec un aliment. Donc, il y a certains produits qu'on n'a pas le droit de mettre en bocal ou en bouteille. C'est la réglementation.
On ne peut rien faire. -Alors on voit tous ces bocaux, c'est joli à voir, mais comment ils arrivent ici les bocaux ? Il y a un travail de dingue derrière. -Oui, je vais te montrer le coeur du réacteur de l'autre côté plutôt.
C'est notre hub et c'est là qu'on réceptionne toute la marchandise et qu'on va laver. -Derrière les rayons bien rangés se cache une véritable organisation logistique. Et les bocaux, comment ça se passe quand les gens les ramènent ? -Les gens nous les rapportent, ça fonctionne très bien, ils jouent le jeu, on en récupère un peu plus de 90 % de ceux qu'on met.
Donc là rentrent les bocaux sales dans le tunnel de lavage et tout ressort propre, sec, pasteurisé et prêt du coup à être re-rempli des produits qu'on va recevoir nous ici en vrac ou en zéro déchet. -Pour remplir ses rayons, Salomé travaille avec près de 400 producteurs. Parmi eux, Soël, qui approvisionne chaque jour la boutique. -Soël, je te présente Emilie. -Enchanté. -Qu'est-ce que tu apportes ? -Des petites tartinades de carottes rôties pour l'apéro.
Les Toulousains sont gourmands, donc ça va bien. -Où sont fabriquées tes produits, tes carottes ? -Ils sont fabriqués pas très loin d'ici.
On a une conserverie au centre de Toulouse, au quartier Soupetard. Je peux t'emmener voir comment ça fonctionne. -Avec plaisir. -Profite-en, tu vas te régaler. -Merci Salomé. -Au plaisir, à la prochaine.
C'est parti. Musique -A quelques kilomètres de là, Soël a créé une conserverie pas tout à fait comme les autres, "Bocalenvers". Et là, on arrive dans les cuisines de "Bocalenvers". -Bienvenue dans nos cuisines.
C'est ici qu'on va, aujourd'hui, préparer une compote de pommes avec des petites pommes qui vont être découpées. Elles ont des petites taches, elles sont un peu abîmées. Elles sont toujours bonnes.
Donc on les cuisine. -Ici, les fruits et légumes cabossés sont les bienvenus. Ils sont même au coeur du modèle de l'entreprise.
L'idée de "Bocalenvers", c'est vraiment de lutter contre le gaspillage alimentaire. -Exactement. Récupérer des fruits et légumes invendus, déclassés, par exemple des cerises, des poivrons qui ont noirci, plein de possibilités.
Même un pois chiche qui est cassé, est invendable en filière normale. Nous, on le récupère, pour le valoriser. -50 personnes cuisinent chaque jour.
Caviar d'aubergine, tartinade de poivron et de courgettes, houmous, confiture. -L'idée, c'est d'enlever les petits morceaux pourris. -Tout à fait, c'est ça.
Tu vas voir. -Je coupe le morceau pourri. -Et quand il en reste, tu enlèves.
Tu peux être plus large, par exemple. -J'ai retiré tout ce qui n'était pas beau. Et il reste quand même une bonne partie.
Il reste un peu plus de la moitié. Et on peut faire une bonne compote. -Une philosophie qui permet à l'entreprise de sauver chaque année près de dix tonnes de fruits et légumes.
Et comme chez ici, rien n'est vraiment fait comme ailleurs, une partie de l'équipe est composée de personnes en situation de précarité. -On n'est pas un emploi permanent, on est un tremplin pour les emmener vers un emploi durable dans le monde du travail classique. -Moi j'ai fait des études d'édition.
Et à l'issue de mes études, j'ai eu beaucoup de mal à trouver du travail, en restant sur la région en tout cas. C'est un milieu qui est assez fermé et donc ça prend du temps de trouver son premier CDI. Et donc il me fallait un emploi pour prendre le temps de trouver ce fameux CDI.
Je suis très contente de travailler ici justement parce que on fait une activité qui a du sens éthiquement et puis en plus on se régale donc c'est super. -C'est des belles histoires, vous êtes hyper fiers. -Souvent elles sont belles, il y a des histoires difficiles aussi, c'est un métier difficile, mais on le fait pour aider les personnes qu'on accompagne.
Musique -L'an dernier, "Bocalenvers" a accompagné 44 personnes vers l'emploi. --- Toulouse est une ville où les idées nouvelles sont partout. Et parfois, elles naissent là où on ne les attend pas, comme chez Valentin.
A première vue, rien ne semble vraiment différent. On cuisine, on se chauffe. -On utilise du gaz et de l'électricité.
A Toulouse, on peut avoir de l'énergie verte directement dans nos maisons. -Et il est convaincu que nous avons tous un rôle à jouer dans la production de cette énergie verte locale. Et cela commence par un geste auquel beaucoup de Français ne prêtent presque jamais attention. -On ne se rend pas compte, mais bien trier ses déchets permet de faire un geste pour créer de l'énergie locale. -Alors comme ça, ça peut paraître abstrait.
Pourtant, chaque jour, nous jetons tous une ressource sans même nous en rendre compte. Epluchure de légumes, marc de café, reste alimentaire. Une fois triés, ces biodéchets peuvent être transformés en énergie locale.
Mais encore faut-il pouvoir les collecter. Et c'est précisément le défi que Valentin s'est lancé avec sa société "Hector, le collector". Salut Valentin, comment ça va ? -Salut, ça va et toi ? -Très bien, dis-moi, qu'est-ce que tu fais avec ce seau ? -On vient d'arriver à la cité des startups dans laquelle il y a des points de collecte qu'on va aller récupérer. -Plusieurs fois par semaine, Valentin sillonne la métropole toulousaine pour récupérer les biodéchets déposés dans son réseau de points de collecte.
Réseau qu'il a créé pour répondre à un nouveau besoin. -Les déchets alimentaires, c'est devenu obligatoire de les collecter depuis le 1er janvier 2024. Et aujourd'hui, il y a encore trop peu de solutions qui permettent à tout le monde de trier ses déchets alimentaires pour se les faire collecter.
Il y a peut-être que 40 % des gens qui ont des solutions pour trier leurs déchets. Donc plus de la moitié ne le fait pas. Pourtant ce n'est pas négligeable.
En France, on estime qu'environ 100 kilos par an est produit par personne en déchet alimentaire. Si on multiplie ça par les 60 % manquants... -Ca fait beaucoup.
Pour faciliter ce nouveau geste, Valentin a une idée simple. Intégrer la collecte au trajet du quotidien. -On a pris le parti surtout d'éviter de faire un détour pour aller faire ce geste qui est simple et de profiter du trajet domicile-travail pour permettre à tous les salariés qui le souhaitent de déposer ces déchets alimentaires de chez eux dans leur travail. -Entreprise, espace de coworking, restaurant, commerce... -Ils ont mangé des kiwis. -Tu vois ce que mangent les personnes. -Valentin a aujourd'hui plus de 600 points de collecte et le réflexe semble peu à peu s'installer. -Voilà, les coquilles d'oeuf. -C'est devenu un réflexe.
Et maintenant, même quand un met une coquille d'oeuf ou une peau de banane à la poubelle, il se fait reprendre par le reste de la famille. Et en plus, comme Hector nous fait régulièrement aussi le compte-rendu de ce qu'on a mis, etc. C'est vrai que c'est gratifiant. -Une fois collectés, comment ces déchets sont-ils transformés en énergie ?
La réponse se trouve à quelques kilomètres de là. Salut Laurent ! -Bonjour Emilie ! -Ca va ? -Oui et toi ? -Très bien.
Je viens de chez Valentin de "Hector le collector" qui m'a dit que tous nos déchets alimentaires arrivent ici, c'est le temple des biodéchets. -Oui, tous les biodéchets arrivent ici et on va les recycler, les valoriser en énergie verte. -Il y a plusieurs étapes, tu vas me montrer. -On va aller voir ça. -La première mission consiste à éliminer les erreurs de tri.
Car au milieu des biodéchets, il arrive encore que des emballages plastiques se glissent par erreur. -La machine-là va séparer l'emballage de ce qu'on appelle la soupe, qui est le biodéchet qui ira sur le "digestor". -Et comment elle le sépare ? -C'est un mélange d'eau et de biodéchets.
On va faire agiter le tout pour casser les parties plastiques. Et ensuite, il y a une passoire qui permet de récupérer la soupe par les micro-trous et le plastique sera piégé à l'intérieur. C'est le jus du biodéchet. -Une fois le plastique retiré, la soupe de biodéchets est acheminée dans ses dômes. -C'est le coeur de l'usine.
Ce sont des bactéries métallogènes. Elles vont consommer la matière organique et produire du biogaz. -Dans ces cuves géantes, l'équivalent d'un immense estomac, les biodéchets sont digérés pendant près de 60 jours.
En se décomposant, ils produisent un gaz. Un gaz qui sera ensuite brûlé pour produire de l'électricité. Cette énergie, après, elle devient quoi ? -Injectée sur le réseau.
Electricité verte. -Soit 5 millions de kilowattheures électriques. L'équivalent de la consommation électrique annuelle d'environ 2 000 foyers.
Mais l'électricité n'est pas la seule richesse produite ici. -Voilà. Ca ressemble à ça. -Une fois l'énergie extraite des biodéchets, il reste le digestat, une sorte de boue 100 % naturelle, riche en éléments nutritifs.
Quelques grammes seulement dans ce bocal et des milliers de tonnes qui s'accumulent autour du méthaniseur qui font le bonheur des agriculteurs du coin. -Nous sommes la quatrième génération. Nous produisons du blé, du petit épeautre, du tournesol, du soja et du lin. -Aujourd'hui tu n'utilises plus d'engrais chimiques ? -Depuis qu'on est passé en bio, on n'utilise plus d'engrais chimiques.
Donc il faut trouver un engrais organique et aujourd'hui le digestat joue parfaitement son rôle. -Tu as testé les engrais chimiques, tu as testé le digestat, tu peux faire le comparatif. Qu'est-ce que le digestat apporte de plus ou de moins à tes cultures ? -Quand on utilisait les engrais chimiques, c'était des engrais un peu starter. -Qu'est-ce que tu veux dire ? -Qui booste la plante sur des courtes périodes.
Alors que là, on voit une efficacité sur du long terme. La chute de rendement dès qu'il n'y a plus le produit. -Ce modèle on peut le reproduire à l'échelle... ? -Déjà, la quantité de digestat aujourd'hui, je pense, n'est pas suffisante pour... -On n'en a pas encore assez.
C'est les déchets alimentaires des Français. Mais il faut que tout se mette en place. -Voilà. -De l'aéronautique au supermarché zéro déchet, en passant par la production d'énergie locale, Jérémy, David, Salomé, Soël, Valentin et Laurent ont tous un point commun : celui de chercher des solutions concrètes aux grands défis de demain.
Et s'il y a une chose que je retiendrai de ce voyage à Toulouse, c'est qu'ici, l'innovation n'est pas qu'une affaire de technologie. Ce sont avant tout des idées. Vous, je ne sais pas, moi, ça m'a fait du bien.
Georges Naturel