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interviewJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 14 janvier 2021 60 minAutoproduit

La censure privée menace la liberté d’informer - Voeux de J.-L. Mélenchon à la presse

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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Mesdames, Messieurs, merci pour votre présence nombreuse. Je salue la trentaine de médias qui a bu en voulu partager cet instant avec nous. Le thème assez convenu et routinier des voeux à la presse, je me demande ce que ça peut bien vouloir dire d'une manière générale, prend cette année cependant une signification particulière, en tout cas à mes yeux. Cette année en effet nous avons pu apprécier dans un contexte particulier l'importance spécifique en tant qu'acteur de l'histoire, de la formation. Attendez, si on veut bien fermer les portes là les amis, ou alors que vous arrêtiez de crier, ça serait bien. Voilà, fermez cette porte, merci beaucoup. Là-bas aussi s'il te plaît camarade, merci.

Bon, je recommence, je reprends. On a pu donc cette année se rendre compte de l'importance particulière comme acteur d'une situation globale de l'information du point de vue de la sauvegarde de chacun. Alors je vais le dire plus simplement, en contexte de pandémie, on a besoin d'une information complète, de qualité, assez contradictoire pour que chacun l'a compris, on puisse se faire son point de vue personnel et commander son comportement d'après ses propres normes.

Je crois que beaucoup de gens ont découvert au fil des plateaux d'information à continu, où l'on a entendu beaucoup de scientifiques, que la science non plus n'était pas en état de définir des vérités définitives pour le comportement des êtres humains. Ce qui est vrai dans un domaine ne l'est pas forcément dans l'autre et ce n'est pas parce qu'on pense clairement les questions d'épidémie et de virus que l'on pense clairement les questions de logistique pour administrer les vaccins. La preuve de tout ça nous l'a été donnée.

Par conséquent, on voit que pour chacun d'entre nous, femmes, hommes, parents, qui avons des décisions importantes à prendre, nous avons besoin d'une information de qualité. Et cette information de qualité ne peut pas venir d'une seule source. Il faut que la pluralité des sources nous tranquillise et nous garantisse sur le fait que du moins, nous sommes en état de faire les comparaisons utiles et pour prendre les bonnes décisions. Alors seront-elles les bonnes ou les mauvaises ? Ça c'est l'incertitude de la condition humaine. Ça s'est avéré dans le cadre de la pandémie comme une des conditions pour faire face aux solutions à la pandémie.

Je veux dire que pour essayer d'enrayer la méfiance générale qui a gagné nos sociétés, il faut qu'on ait, que les gens aient le sentiment que ce qu'on leur dit n'est pas mensonge, délibéré, n'est pas mauvais calcul d'un intérêt particulier cherchant à s'imposer sous prétexte de pandémie, etc. Donc nous avons besoin de cette qualité, donc de cette pluralité, comme une des composantes de la lutte collective que mènent tous les êtres humains contre la pandémie.

Mais un événement plus récent qui est lié aux conséquences de la tentative de coup de force qui a été faite au Capitole a attiré aussitôt notre attention et renforcé nos interrogations sur les conditions dans lesquelles l'information circule à notre époque et reformule les questions traditionnelles qu'on se posait autrefois et les réponses qu'on y apportait sur ce qu'est la liberté de l'information qui ne se limite pas à la liberté de la presse et à la sauvegarde de ceux qui la font vivre.

La question des réseaux et de l'importance considérable qu'ils ont pris dans la vie publique s'est trouvée tout d'un coup surgir sur la scène par la décision de grande puissance du numérique de couper les comptes par lesquels M. Trump accédait à l'opinion qui s'intéresse à ce qu'il dit et même à celle qui ne s'y intéresse pas mais qui veut savoir ce qu'il pense et ce qu'il compte faire. Tous nous avons dû re-réfléchir et nous dire que décidément les problèmes ne se posaient plus comme ils se posaient simplement autrefois lorsqu'il y avait de presse qu'écrite puis audiovisuelle.

Il y a maintenant les sources d'informations à réseaux qui a elles-mêmes constituent un phénomène politique autonome et nous avons été contemporains d'un renversement où les propriétaires de réseaux ont pu devenir propriétaires d'une information et exercer ce droit de propriété tout simplement en l'interdisant. Je vais y revenir dans un instant mais je crois que tout cela nous interpelle. Au fond, de quoi s'agit-il ? Une fois encore, c'est une question philosophique qui nous est posée. Quand nous sommes dans les grandes situations de détresse, ce sont les principes fondamentaux qui sont en cause. Qu'est-ce que la liberté de l'information garantit ? Si possible, sa qualité.

En tout cas, on pense que la qualité est mieux garantie par la liberté que par l'absence de liberté. Mais la qualité, qu'est-ce qu'elle nous procure ? La capacité de décider par nous-mêmes. Une fois de plus, il s'agit du droit à la liberté de conscience. Ne pas être manipulé, ça ne signifie pas que vos interlocuteurs n'ont pas d'opinion mais que vous pouvez mettre leurs opinions en relation avec les faits notamment en les comparant à l'opinion des autres. La liberté, la pluralité, sont les conditions de la liberté la plus fondamentale, la liberté de conscience, la pleine propriété de soi et de ses décisions.

C'est dans ce contexte que je suis amené à réfléchir rapidement sur quelques idées concernant ce sujet. Et j'ai voulu le faire en abordant les menaces non pour peindre noir sur noir, gémir et se lamenter mais pour observer ce qu'il s'agit de régler et de trouver des propositions concrètes qui nous fassent sortir par le haut quand nous sommes dans des impasses et visiblement nous y sommes pour quelques sujets. Je place mon intervention sous le parrainage moral de Julian Assange et Loujaïne Al-Atloul. Pourquoi ? Parce que je les trouve, ces deux personnages, emblématiques de ces nouvelles conditions de la pensée et de la propagation des opinions.

C'est la première raison, c'est évidemment que Julian Assange comme Loujaïne Al-Atloul sont les deux, d'une manière ou d'une autre, liées à la France et ça vaut la peine que les Français s'en soucie.

Julian Assange, près de qui je me trouvais en 2013 si mes souvenirs sont bons, à Londres même alors qu'il s'était enfermé ne pouvant aller ailleurs dans deux pièces de l'ambassade d'Équateur à Londres Julian Assange, ne l'oublions jamais a été injustement et frauduleusement persécuté d'abord en Suède dont il est parti il était prêt à se mettre à la disposition de la justice mais celle-ci ne lui garantissait pas une expulsion la non-expulsion immédiate aux États-Unis d'Amérique c'est la raison pour laquelle il a dû se réfugier dans une ambassade à Londres Julian Assange est l'homme qui a permis à la France de savoir que les États-Unis d'Amérique espionnaient les présidents de la République française mais également d'autres chefs de gouvernement dès lors, nous sommes dans une situation de dette à son égard et je crois qu'une fois de plus c'est mon devoir de rappeler c'est que nous avons proposé il y a longtemps et pas seul depuis bien sûr que l'on donne l'asile politique à monsieur Julian Assange et que si le mot asile politique peut paraître trop fort par rapport à la justice britannique ou par rapport à la justice des États-Unis d'Amérique qui sont des puissances qui ont des relations amicales avec la France et bien que l'on remette sur la table le cadre de l'asile territorial qui a permis dans un autre contexte à la France d'accueillir de nombreux journalistes dont la vie a été sauvée en Algérie parce qu'ils ont pu être accueillis en France alors même que la France n'avait pas l'intention de montrer du doigt le gouvernement de l'Algérie.

La même formule pourrait s'appliquer à Julian Assange. Nous avons été heureux d'apprendre que la justice britannique a retardé son expulsion et il n'y a que 14 jours pour qu'elle donne ses conclusions définitives. Nous ne sommes pas sûrs que cette décision soit si courageuse qu'il y paraît puisque la justice britannique reproche aux États-Unis d'Amérique de ne pas être en état d'empêcher monsieur Assange de se suicider si elle venait à s'en emparer. Je crois qu'il faut faire cesser dorénavant le supplice de monsieur Assange et la punition non méritée qu'il subit par son enfermement et les conditions dans lesquelles en particulier il est enfermé en Grande-Bretagne.

Il en va de même pour madame Loujaïn Alatloul qui est une blogueuse saoudienne et qui a séjourné dans notre pays et j'espère qu'elle y a appris et reçu beaucoup de notre pays. En tout cas, elle partage avec la plupart de la population française une préoccupation, un objectif et un engagement féministe qui lui vaut d'être arrêtée, torturée et condamnée à de la prison. Là aussi, que sous une forme ou sous une autre, on lui permet de quitter l'Arabie Saoudite pour être accueillie de nouveau en France.

C'est quelque chose que l'on pourrait peut-être obtenir des Saoudiens et dans les deux cas, je voudrais faire valoir qu'il s'agit de puissances qui sont prétendument nos alliés, les États-Unis d'Amérique d'un côté, l'Arabie Saoudite de l'autre. Les États-Unis d'Amérique nous espionnent et veulent punir la personne qui nous l'a révélée. Et pourtant, il paraît que ce sont nos alliés. Madame Alatloul est une Saoudienne et l'Arabie Saoudite est censée être une puissance amie, mais elle entretient des liens coupables qui sont pointés par de nombreux journalistes avec les guérillas de l'islamisme terroriste au Mali et dans la zone subsahélienne.

Par conséquent, je pense que ces deux thèmes méritent méditation de notre part et ça vaut la peine qu'on les mette en exergue et qu'on les présente en double parrainage de mon intervention à ce moment. Il ne faudrait pas cependant que le caractère spectaculaire des problèmes que posent ces deux personnes, Julien Nassan et Loujaïn Alatloul, fassent oublier les persécutions de détails qui ont lieu en France et, j'ose le dire, de harcèlement qui dorénavant frappent certains journalistes dès lors qu'ils sont repérés par les syndicats factieux de la police comme étant prétendument des ennemis de la police et que l'on oublie comment M. Gaspard Glantz ou M.

Taha Bouhaf sont régulièrement mis en garde à vue, régulièrement interpellés, régulièrement menacés, tout ça parce qu'ils ont été désignés à la vindicte des policiers comme étant des gens qui posent problème à l'idée que se fait de la police, le syndicat Alliance et quelques autres qui ont des comportements antidémocratiques connus et factieux et pour le reste facilitant toutes les mauvaises actions qui se fassent. Je veux donc à cet instant dire la solidarité de l'ensemble du mouvement que j'ai l'honneur d'animer avec d'autres, avec ces journalistes, ce qui nous signifie naturellement et je demande qu'on veuille bien l'entendre à chaque fois.

Soutenir quelqu'un ne veut pas dire que l'on partage ses idées, ni non plus que celui qu'on soutient ou celle qu'on soutient partage les vôtres. La liberté d'information est, comme on dit, inconditionnelle. Le soutien à la liberté d'information est inconditionnel. Nous sommes à des dates anniversaires des meurtres et des crimes terroristes qui ont été commis contre la rédaction de Charlie, qui à l'époque comportait un nombre d'amis personnel assez important pour que cela rajoute à l'indignation intellectuelle que cette situation évoque encore en moi.

Mais pour autant cela ne signifie pas, parce que je défends la liberté absolue d'expression de Charlie Hebdo, de publier les dessins qu'ils veulent, cela ne signifie pas ni que j'approuve les dessins, ni la décision de les publier, mais c'est leur décision, c'est la liberté, et elle ne se négocie pas aussi longtemps qu'elle ne contrevient pas à la loi. La défense de la liberté d'expression est inconditionnelle, elle ne dépend pas de l'opinion de celui qui l'exprime. Alors bien sûr, la limite de cette liberté, comme toutes les libertés, il y a une limite, c'est lorsqu'elle vient à contrevenir à la loi.

Et lorsqu'une liberté est appliquée dans des conditions qui contreviennent à la loi, c'est à la justice de trancher si oui ou non elles contreviennent à la loi. C'est la raison pour laquelle, dans la question de l'affaire Trump, si j'ose dire, où Facebook et Twitter ont décidé de couper les comptes de M. Trump, la question qui se pose, c'est de savoir pourquoi un opérateur privé peut prendre une décision que d'habitude seul un juge peut prendre. Et si nous acceptons que ce soit le cas, il ne faudra pas se plaindre qu'en passant des grandes questions aux moyennes questions et jusqu'aux petites, ils aient un droit de censure sur tout point de vue qui viendrait à s'exprimer sur leur réseau.

Ces réseaux sont une conquête que l'on pourrait considérer comme collectif. Je veux dire, au demeurant, si le siège Facebook était en France, nous autres Français, nous pourrions parfaitement décider de nationaliser Facebook et d'en faire un service public. Je veux dire que Facebook ne fait pas de miracles, c'est une activité. Alors elle est sous le statut qui est le sien, mais ça ne lui donne pas le droit de devenir un acteur de la justice. Alors que Facebook veut s'engager contre Trump, qu'il le fasse avec ses propres moyens, par la propagande, par l'intervention politique, par le soutien aux personnes qui luttent contre M.

Trump, s'ils le veulent, mais ils ne peuvent pas s'arroger le droit de couper le circuit. Et j'ai été favorablement impressionné par le nombre de personnes qui s'en sont rendu compte et ont tenu à intervenir pour que sur cette question, il y ait un front du refus de la censure privée. Je voudrais vous signaler que n'avait ému pratiquement personne le fait que WhatsApp coupe le circuit de Podemos une semaine avant les élections législatives générales en Espagne.

Et Podemos avait là un réseau de 50 000 personnes sur WhatsApp, fonctionnant par un cercle concentrique, qui était pour elle l'un des moyens pour cette organisation, l'un des moyens de faire circuler des consignes, des opinions, des arguments. En prenant cette décision, c'était évidemment un coup politique qui était fait. Mais on a connu la même chose avec Facebook, contre l'ancien président Raphaël Correa, qui fait l'objet d'une persécution judiciaire, si on peut appeler ça comme ça, avec 18 mises en cause dans son propre pays.

Le Facebook a décidé, contre toute raison, alors qu'il n'a jamais émis, la moindre opinion d'appel à la violence, même sous une forme littéraire et lyrique, à quelque forme d'insurrection que ce soit, de couper son compte et cela a représenté la suppression d'accès, d'une capacité d'accès à 1 500 000 personnes. Par conséquent, le cas Trump n'a pas été le premier cas. Le cas Trump n'a été rendu possible que parce qu'il y avait eu auparavant indifférence dans les cas précédents.

Et c'est cette indifférence qu'il nous faut combattre, pour tous ceux qui sont de cette famille de la liberté telle que je la décris, je crois qu'elle est très ample, elle ne concerne pas simplement un champ purement politique d'une organisation ou d'une autre, qu'elle correspond à ce que beaucoup de gens ressentent et veulent dans le pays. Nous devons, dès maintenant, être assez vigoureusement opposés pour que ça s'entende et que ça se sache. Je rappellerai aussi, si vous le voulez bien, et pour vous montrer que ces méthodes viennent de loin, que, comme dit l'adage, c'est au premier coup qu'il faut réagir.

Je vous rappelle que lorsque s'était tenu le sommet de Biarritz, il y avait eu une réprésaille particulière qui s'était exercée contre un certain nombre de sites, alors que l'on peut qualifier de ce qu'on voudra, mais qui sont des sites qui ont droit à la parole, je pense à Nantes révolté, Groupe Lyon Antifa et Lille insurgée. Personne ne se souvient qu'un site d'extrême droite quelconque ait été empêché de la même manière dans notre pays. Mais là, il s'agissait du sommet de Biarritz, et c'est une mesure qui a été prise par Facebook aussi. Bon, le résultat était une diminution de 95% des émissions de ces différentes organisations. Alors, encore une fois, rappelez-vous bien de ça.

Si vous ricanez quand le malheur arrive à quelqu'un que vous n'appréciez pas, et bien figurez-vous que c'est une autorisation que vous donnez à celui qui fait sabattre ce malheur à vous le faire sabattre, à ce qu'il sabattre à son tour sur vous. Si vous ne résistez pas à la première violation contre la liberté, et bien vous avez déjà perdu la partie, parce que c'est un terrible enchaînement de décisions qui s'annoncent. Alors, aujourd'hui, nous avons à craindre cette appropriation privée du droit de censure par l'oligarchie numérique.

Nous avons à craindre l'intégration croissante, comme hier on pouvait le dire pour les médias audiovisuels, et comme on le répétera, une intégration croissante, parce que quand nous voyons que Facebook absorbe WhatsApp, et que WhatsApp décide de donner, mettre à la disposition de Facebook, qui dispose déjà d'une messagerie, la messagerie Messenger, de la totalité des données personnelles que contient la messagerie WhatsApp, nous pouvons dire que c'est un fait de concentration qui met en cause notre droit à une vie privée, notre droit au secret de nos correspondances et de nos goûts. D'autant que ces phénomènes de concentration ne sont pas à vocation spécifiquement politique.

La politique, pour ces gens-là, est un encombrement. Moins on en fait, plus ils sont contents, parce que pour eux, l'essentiel de l'existence et de l'activité des gens doit se concentrer sur le fait de consommer et de choisir entre des consommations. Donc, n'ayons pas une paranoïa politique, ayons une méfiance à l'égard de l'excès de pouvoir, quand elle est dans les mains, de gens qui sont destinés par nature à en abuser. Alors, cela signifie que, quand ils effectuent ces phénomènes de concentration, eh bien, que font-ils ? Madame, Monsieur, chacun d'entre vous, se retrouvera, s'ils passent par ces circuits, enfermés sans le savoir. Ça porte un grand nom, ça s'appelle les bulles cognitives.

C'est-à-dire que les circuits auxquels vous accédez ne vous parlent que de ce qui vous intéresse, ou de ce que le circuit pense qu'il vous intéresse.

Si, par exemple, vous demandez un jour une précision dans une publicité sur un produit de beauté, ou sur une lampe, eh bien, vous recevrez aussitôt et continuellement des informations sur les produits de beauté, et sur les lampes, à l'exclusion de toutes sortes d'autres informations, que vous aviez d'habitude le plaisir de découvrir, et d'être en quelque sorte incité à aller voir de plus près, quand, par exemple, vous ouvrez un journal, et que vous tombez sur des pages qui concernent des sujets qui ne vous intéressaient pas jusqu'à présent, mais que tout d'un coup vous découvrez, qui vous donnent envie d'y aller, etc.

L'enfermement dans les bulles cognitives, l'enfermement non voulu, car jamais vous n'avez dit que vous voulez qu'on limite le rapport à votre personne à un seul sujet, est un des risques de la concentration des réseaux, et c'est un risque qui ne concerne pas seulement la liberté individuelle, mais la nature de la société dans laquelle on vit, parce qu'elle a tendance à créer des assemblées en compétition de monomaniaques. Enfin, c'est aussi, pour ces réseaux, la capacité de créer des identités fictives. Alors, ces identités fictives, c'est quand, par exemple, un sujet arrive à un bout de la boucle, et qu'il est répercuté sans arrêt, tout le long de la boucle.

Ainsi, par exemple, a-t-on vu, ai-je vu avec surprise que, d'abord j'ai pris pour une mauvaise plaisanterie ou un règlement de compte que certains d'entre vous ont avec moi, pas tous heureusement, bon, on m'attribuait un soutien à Trump. Je n'ai pas cru d'abord que c'était sérieux, avant de me rendre compte que, comme, par effet de répétition, les uns disant, un tel a dit que, alors qu'est-ce que vous en pensez, et que ça crée un sujet sur un fond qui n'existe pas.

Le soutien, mon soutien aux violences des assaillants du Capitole n'a aucun sens, j'ai fait partie des tout premiers qui ont affirmé un soutien sans condition à tous les parlementaires américains, qu'ils soient démocrates ou républicains, et vous savez que souvent, la différence entre les deux est extrêmement faible, et que j'aurais pu dire plein soutien à, je ne sais quoi, Bernie Sanders et ses camarades. Donc j'ai dit, c'est toute l'institution qui doit être défendue.

Alors je suis sensible, j'ai bien compris, que l'intention des macronistes dans les éléments de langage qu'ils distribuaient, était en quelque sorte de ne pas parler d'extrême droite, puisqu'ils sont dans une grande opération de danse du ventre, qui a commencé avec l'interview du président Macron dans le journal L'Express, où ils se réclament de l'intérêt qu'il faudrait porter à Pétain et Maurras, et que donc ils n'ont pas envie qu'on parle des courants d'extrême droite que l'on voit aux États-Unis d'Amérique, parce qu'ils savent aussi bien que nous, que tous ces courants ont des ramifications en France, et que la première conclusion qu'ils devraient en tirer, c'est celle que nous-mêmes, on leur avait suggéré, combattez-les, puisque maintenant vous savez qu'ils sont dangereux et qu'ils sont capables de ça.

D'ailleurs, je suis persuadé que ceux qui savent, savent depuis le début, que l'attaque qui a été faite au rond-point de l'Arc de Triomphe et à l'intérieur de l'Arc de Triomphe, n'est pas venu des milieux de gauche. Mais enfin, on pouvait penser que dans l'émotion du moment, ce détail leur aurait échappé. Maintenant, non. Alors, j'ai bien compris la manœuvre, mais le résultat du point de vue de l'information est terrible. C'est d'organiser une discussion sur un sujet qui n'existe pas. Je veux dire qu'il est absolument impossible de nous convaincre de ne pas faire quelque chose que nous n'avions pas l'intention de faire, et que nous n'avons jamais eu l'intention de faire.

Et quand on procède de cette manière, et quand c'est un journaliste, je ne vais pas non plus exagérer, qui fait un montage frauduleux de vidéos, que fait-il ? Il discrédite tout le métier. Parce qu'à partir de là, nos amis, les autres qui connaissent le développement intégral de mes propos, ou qui ont pu le voir, puisque comme vous savez, ça a été publié, se disent, mais donc ce sont des truqueurs. On ne peut pas vivre avec des gens qui pensent tous que les autres mentent. Et nous avons besoin, comme je l'ai dit tout à l'heure, d'une qualité de l'information qui repose, ça peut être le choc, ça peut être la contradiction, mais pas sur la falsification.

J'attire enfin l'attention sur les fameuses fermes de trolls, puisque nous en sommes à parler de la façon avec laquelle se constitue l'opinion, quand nous voyons des formations politiques acheter la participation de milliers de personnes, qui polluent l'ensemble des réseaux et des discussions par des propos qui sont destinés, pour ceux qui savent ce qu'est un troll, à provoquer des discussions absurdes et qui paralysent ceux qui y participent. Voyez-vous, après avoir évoqué tous ces aspects, les avoir survolé à la vérité davantage qu'abordé sur le fond, c'est le moment pour moi de rappeler comment, au fond, la question sociale vient au cœur de toutes les questions.

Vous vous demandez pourquoi je l'évoque ? Eh bien parce que la dernière des menaces qui peut peser sur une information de qualité, c'est la maltraitance sociale de ceux qui produisent l'information. Nous sommes dans un modèle où, en France, majoritairement, les contrats de travail des gens de presse sont des contrats précaires, sont des conditions de travail malmenées, sont des conditions de travail telles que un quart des journalistes, aujourd'hui, est payé à la pige.

Quand j'étais, moi, journaliste, sur dix qu'on était dans l'office départemental, là, des dépêches, eh bien il y en avait un qui avait un contrat atypique, moi, tous les autres avaient des contrats à durée indéterminée, étaient installés dans le métier avec une tranquillité sociale qui leur permettait, y compris de prendre des risques, des fois de déplaire au rédac-chef, ou de déplaire au patron qui était à l'agence centrale à Dijon, etc. Donc la stabilité sociale, la qualité de vie sociale des gens de presse, compte sur le résultat final. Ce n'est pas deux questions séparées.

Et beaucoup d'entre vous savent que souvent, les incidents sont liés à ces mauvaises conditions d'existence sociale ou d'exercice du métier. Les deux se tiennent. Mauvaise condition sociale égale mauvaise condition d'exercice du métier. Mauvaise condition d'exercice du métier égale une information de moindre qualité, voire une information qui est fausse tout simplement et qui n'est donc plus une information. C'est pourquoi, en faisant ce rappel à partir de votre propre métier, où je n'ai pas la prétention de vous apprendre quelque chose sur ce qu'est votre propre réalité.

Je pense que cela m'aide à vous dire comment la question sociale doit être, doit revenir, sur le devant de la scène politique. Ce n'est plus l'époque de la mettre de côté, de la considérer qu'en quelque sorte, c'est une sorte de supplément d'âme, si l'on veut, qui peut venir après que l'on ait réglé les autres questions. Les questions techniques, les questions technologiques, les questions de compétitivité, les questions de flexibilité, les questions de globalisation et à la fin, si on peut et si en reste, on verra ce que sont les questions sociales.

Je l'ai pris sur l'exemple de votre métier, mais je le prolonge dans les deux directions qui concernent la décennie dans laquelle nous sommes entrés, où se présentent à nous des problèmes. Nous voyons que la question sociale est centrale, parce que la pandémie a une origine sociale. Bien sûr, le virus n'a demandé l'autorisation à aucun syndicat ou au parti politique de venir faire le malheur des gens, nous le savons bien. Mais le virus n'a pu passer des animaux aux hommes dans un phénomène qu'on connaît qui s'appelle la zoonose et qui frappe l'humanité depuis les premières villes. Depuis les premières villes.

Et qui explique pourquoi il y a des variations de populations aussi importantes dans le fond du temps profond, vers les moins 3500, moins 4000 ans. Les fluctuations de population, les villes qui tout d'un coup deviennent désert, tout ça était lié aux épidémies, qui pour finir ont fini par tuer tous les nomades et ne laisser survivre que les sédentaires dans leur ville. Et bien cette tendance profonde dans l'histoire, elle a continué à se confirmer. Mais dans le régime capitaliste de notre époque, de concentration et avec pour unique objectif économique la baisse des coûts sociaux, on produit un modèle, par exemple dans l'élevage, d'hyperconcentration.

Ce sont des élevages hyper concentrés, disent certains, qui sont des vecteurs numéro 1 de transmission des virus et d'adaptation de ceux-ci à la fréquentation des hommes et donc à la zoonose.

Aujourd'hui, les soupçons se portent non plus sur ce pauvre pangolin qui de toute façon aurait fait un coupable extrêmement symbolique et intéressant puisque c'est un animal qui n'aurait quitté les zones dans lesquelles il se trouve d'habitude que parce qu'on y a empêché de s'y trouver, en y bâtissant des maisons et en détruisant progressivement tous les habitats naturels, comme cela s'est produit pour les chauves-souris qui sont aujourd'hui des vecteurs incroyables de propagation des virus, tout simplement parce que ces malheureuses bestioles, ne pouvant vivre là où elles sont d'habitude, et bien vont vivre là où il y a de la place, c'est-à-dire dans les espaces vides laissés par l'activité humaine et le continuum urbain dans lequel nous vivons dorénavant tous à l'ère du peuple.

Et bien tout ça est un résultat social. Si l'objectif numéro 1 n'avait pas été de délocaliser des productions pour abaisser les coûts sociaux, pour payer moins les gens et pour que le produit final soit moins cher de manière à ce que ceux qui travaillent ne soient pas incités à revendiquer davantage pour avoir des salaires qui leur permettent d'accéder aux bonnes consommations, et bien nous n'en serions pas là. Je le dis, je l'affirme, la crise sanitaire a pour origine les conditions de maltraitance de masse de la population dans certains pays et dans le nôtre aussi. D'ailleurs, dans notre pays, la carte des plus grands ravages de la pandémie recoupe la carte de la misère sociale.

Et voyez-vous, peut-être que je le sais mieux qu'un autre pensais-je jusqu'à une date récente, compte tenu des conditions sociales d'une bonne partie de la population de ma circonscription où se trouve le quartier le plus pauvre d'Europe, mais ce n'est pas vrai. C'est dans toute la France que l'on peut observer cette superposition des foyers de contamination. Il n'y a pas besoin d'être un aigle pour comprendre que avant même qu'on ait commencé à concentrer les gens sur les transports publics tous à la même heure et faciliter ainsi la propagation du virus.

Parce que personne ne veut entendre parler d'une société par roulement et par rotation où l'on changerait les heures de travail, quitte à les diminuer pour que chaque entreprise fasse démarrer les uns et les autres à une heure de décalage pour éviter les concentrations sur les quais. et combien d'autres exemples de cette nature, on voit à nouveau que ce sont les conditions sociales qui sont premières.

Si vous empilez des gens dans des logements malsains, insalubres, avec pas assez d'espace pour les personnes, ne vous étonnez pas qu'elles se transforment soudainement en un foyer de contamination pour toutes les personnes qui s'y trouvent dès qu'un seul sera malade, surtout si vous n'avez prévu aucune condition pour l'isolement. Mais mon intention n'est pas à ce moment de faire la critique des plans gouvernementaux. Nous l'avons faite dans le cadre du groupe parlementaire insoumis et je veux rappeler que ce furent 11 propositions de loi, 4 plans qui ont été présentés et une commission d'enquête sur ce sujet.

Il n'existe donc aucune zone d'ombre sur la relation entre la situation sociale et la situation sanitaire. Vous pourriez d'ailleurs étendre le raisonnement à constater que si les gens étaient mieux payés, mais alors, il faudrait qu'ils puissent accéder, étant mieux payés, aux bonnes consommations. Les bonnes consommations, notamment alimentaires. Tout ça est incompatible avec la présentation sur un même rayon de produits qui peuvent avoir des écarts de coût de 1 à 3. Tout simplement parce que les uns viennent de l'autre bout du monde à des tarifs de persécutions sociales et les autres de conditions qui sont socialement un petit peu meilleures mais qui augmentent le prix. Regardez bien.

Les maladies chroniques qui forment la comorbidité du Covid-19. Je veux dire, on meurt plus facilement du Covid-19 si on est déjà malade de quelque chose. Les maladies cardiovasculaires. Les maladies chroniques telles que le diabète et l'obésité sont directement liées à la malbouffe et donc à l'agroalimentaire et à la façon avec laquelle tout le système est construit. J'y insiste parce que c'est ça qui ensuite va donner. Quand l'exposition forcée des travailleurs de la première ligne se fait, c'est-à-dire, pour la plupart des cas, ce sont des femmes, les travailleurs de la première ligne, ce sont ceux de la santé, ceux du transport, ceux des déchets, etc.

par lesquels, étant en première ligne, étant en contact, ils sont conduits et ayant ensuite transité par des transports publics bondés à venir favoriser la contamination sans le vouloir mille fois hélas. Bien sûr, tout le monde le sait. Dans ces conditions, voilà ce que j'avais à en dire pour la santé. Mais la condition, la question sociale est également le cœur de la question écologique. Qui pose la question écologique sans poser la question sociale perd son temps, fait du bruit avec la bouche, mais c'est tout.

Parce que la pandémie, la déforestation qui en a été à l'origine, la concentration des élevages, la consommation des pesticides, tout ça à avoir avec un modèle économique qui n'est pas seulement une erreur de bon goût, mais qui a sa propre logique. Au demeurant, vous aurez observé que pendant que le monde entier et l'économie mondiale faisaient un hockey gigantesque, des fortunes colossales se continuaient à s'accumuler et continuent à s'accumuler. Alors que faudra-t-il de plus pour apporter la démonstration que l'intérêt général et l'intérêt particulier de la caste, de l'oligarchie n'ont rien à voir ?

Et qu'il n'est pas possible de changer le cours des événements dans la décennie dans laquelle nous sommes entrés sans changer ces conditions sociales de fond en comble. C'est-à-dire, s'il fallait trouver une formule qui provoque assez pour faire réfléchir, qu'il faut tout changer pour pouvoir changer les détails. Alors, rendu à ce point, je voudrais résumer ce que j'avais à dire d'abord à propos des médias. Je ne me contenterais pas de dire, nous proposons que dans la prochaine mandature, il y ait une loi contre la concentration des médias dans quelques mains. Il n'est pas normal qu'en France, comme dans un pays du tiers monde d'hier, 9 personnes possèdent 90% des médias.

Ce n'est pas bon, ce n'est pas sain. Ce n'est pas un problème de liberté de la propriété, c'est un problème de liberté de l'information. De la même manière, il n'est plus possible que les usagers de l'accès à l'information, de l'accès au réseau informatif, n'aient aucun droit. Dans tous les domaines, ils en ont quelques-uns. Pas dans ce domaine, ce n'est pas normal. Par conséquent, les abonnés d'une part, et ceux qui payent leur redevance, doivent pouvoir intervenir sur le choix et la vigilance sur la permanence de la ligne éditoriale.

Le conseil de déontologie tel que nous l'avions proposé et tel qu'il existe dans 19 pays, si je me souviens bien, une version édulcorée a été mise en place par le gouvernement macroniste et naturellement, il, pour l'instant, ne jouit d'aucune autorité sur les médias qui ont refusé de signer et d'y participer. Par conséquent, le moment venu, il faudra en créer un qui permette à chaque usager de l'information d'avoir un recours, d'avoir une autre possibilité que celle de l'affrontement, de l'invective ou du blocage ou de la méfiance. D'ici là, c'est au CSA de jouer pleinement son rôle.

Et il serait bon, quand on l'interpelle sur des cas précis, et notamment lorsqu'on l'interpelle depuis un groupe parlementaire d'opposition, et si ce mot a encore une valeur dans ce pays, un groupe d'opposition parlementaire, ce n'est pas un passant dans la rue, c'est une organisation collective représentative de plusieurs millions de citoyens. Le CSA doit au minimum répondre aux gens qui l'interpellent. Il ne peut pas se contenter de regarder et de tout blanchir, tout accepter, tout supporter, en rendant possible, bien sûr, des violations plus grandes encore après. De la même manière, nous devons avoir une loi internationale, puisque le cas est international.

Et sans doute est-ce un cadre légal que l'ONU pourrait établir, qui permette de mettre obstacle à la concentration des réseaux entre les mêmes mains, et surtout à la concentration entre les contenus et les réseaux. Mais en attendant au moins des réseaux, que la messagerie WhatsApp déverse toutes les données personnelles qu'elle contient sur le régime de Facebook, n'est pas une attitude acceptable, car demain ce sera naturellement la course à l'achat de toutes les messageries par tous les sites de réseaux sociaux.

Enfin, il va de soi, que contrairement à ce que le gouvernement a fait, soit par opportunité, soit de manière sournoise, avec la loi Avia, par exemple, ou la loi dite fake news, que l'on ne reconnaisse aucun droit à la censure privée. Nos compatriotes ne savent pas qu'à deux reprises, le gouvernement a voulu que ce soit une censure privée qui détermine quels contenus peuvent être diffusés ou pas. C'est tellement énorme, c'est tellement dégoûtant, c'est tellement à côté de tous les droits communs reconnus, que la loi Avia a été intégralement retoquée par le Conseil constitutionnel, qui est quand même une circonstance assez exceptionnelle pour qu'on la mentionne de nouveau devant vous.

Alors, ce refus de la censure privée doit être absolu. Les secteurs privés appliquent la loi, un point c'est tout. Et la loi est mise en œuvre par les juges lorsqu'elle est violée sur la base d'une plainte clairement et explicitement formulée. De la même manière, nous ne pouvons pas accepter après les mobilisations qui ont eu lieu et qui ont montré la sensibilité de large secteur de l'opinion à cette question de la liberté d'information. Nous ne pouvons pas accepter que revienne l'article 24 qui interdit aux personnes de filmer des scènes d'intervention policière.

C'est-à-dire refusent à chaque citoyenne, citoyen, un droit d'intervention sur l'information qui est un droit qui n'est pas négociable. Je veux dire par là qu'il appartient aux droits fondamentaux de la personne humaine de faire connaître ce qu'elle a observé. Alors, peut-être que ce n'est pas dans la déclaration des droits de l'homme, car à l'époque, personne n'envisageait que ce droit puisse être mis en cause. Mais aujourd'hui, c'est le cas. Et il faut empêcher que les lois liberticides multiplient les incitations à la censure privée et donnent le pouvoir arbitraire extraordinaire d'interdire aux gens de filmer ce qu'ils voient.

Je le dis pas seulement parce que cet article 24 a connu un mauvais sort, mais parce qu'on nous le ramène dans l'article 18 de la loi sur le séparatisme, ou je ne sais plus comment elle s'appelle maintenant, des grands mots en poulet qui essayent de cacher sa vocation spécifique à la haine des musulmans. Mais en tout cas, le revoilà dans l'article 18 de cette loi. Alors, maintenant, une fois que j'aurai dit ça, j'ai dit tout à l'heure à quel point les conditions sociales ont à voir avec la pandémie. Le gouvernement ne s'est pas intéressé aux propositions qu'on a formulées, après tout ça le regarde, d'une société, de l'organisation méthodique de la société de rotation, de roulement.

Le gouvernement n'a pas d'intérêt pour les questions logistiques. Le gouvernement et les libéraux, d'une manière générale, pensent que toute prestation s'achète. Alors l'État s'est affaissé et ce sont des organismes privés qui sont priés de venir faire le boulot. Et alors on nous dit avec des trémolos dans la voix, oui, mais ce sont des travailleurs français qui font le sujet. Non, ce n'est pas le sujet. On peut parfaitement avoir des armées privées, nous n'en voulons pas, même composés de soldats français. Nous ne voulons pas des organismes qui remplacent les services publics, même composés de français. Nous voulons des services publics qui fonctionnent et le retour de l'État stratège.

Mais puisque le gouvernement ne s'y intéresse pas et qu'il a opté définitivement pour une stratégie qui, entre les hasards des vaccins et les périodes de contamination par les mutations du virus, verra notre pays aller d'une période de confinement à une période de déconfinement, puis de reconfinement.

Bref, la France en prison alternative à intervalles réguliers, eh bien, tout le monde sait que ce n'est pas tenable, que nous allons, au sens littéral du terme, désorienter définitivement la population, à commencer par ceux qui ont le plus de raisons d'être déjà fortement déstabilisés, c'est-à-dire en difficulté de construction personnelle, ce sont des difficultés psychologiques, ou en difficulté de survie sociale. Puisqu'il en est ainsi, d'accord, vous ne vous intéressez pas à ce qu'on vous dit, monsieur Castex, sur le roulement et la logistique que ça impliquerait. Alors, au minimum, réduisez la casse sociale.

Décidez que, vous, la loi sur les allocations au chômage est définitivement reportée jusqu'à la fin de la pandémie, de manière à ne pas priver de plus de 40% de leurs revenus un nombre aussi considérable de personnes dans le pays. Rappelez-vous que c'est la consommation populaire qui est le premier moteur de l'activité économique. Bien nourrir les gens, faire en sorte qu'ils puissent se chauffer, faire en sorte qu'ils aient à manger, faire en sorte qu'ils aient de l'électricité et de la lumière à domicile, faire en sorte qu'ils puissent se transporter. Ce n'est pas un supplément d'âme, c'est la raison d'être de l'économie, c'est la raison d'être du fonctionnement général de la société.

Par conséquent, nous ne pouvons pas transformer la France et son gouvernement en une espèce de conseil de défense secret, qui rumine des décisions dont les paramètres sont inconnus du commandé mortel et notamment de la presse et, subsidiairement, mais pas en tout cas à mes yeux, des parlementaires. Il faut que l'on comprenne que faire vivre la France, c'est faire vivre ce qui la compose. D'abord les Français, bien sûr empêcher qu'ils meurent du fait de la pandémie, mais ensuite il ne leur suffit pas simplement de respirer pour exister.

Il y a tout ce qui va avec et notamment les consommations culturelles et notamment dans les commerces qui sont significatifs de la société et la civilisation française. Voilà. Si vous arrivez à comprendre pourquoi les lieux de culte doivent rester ouverts, et j'en suis un fervent défenseur, à condition que les conditions sanitaires soient respectées, eh bien vous comprendrez que, en France, les bistrots doivent rester ouverts parce que ce sont les lieux de culte des païens et des athées et même des autres.

Je le présente sous une forme humoristique mais c'est pour que tout le monde comprenne bien que la vie des êtres humains ne peut pas se résumer à un ou deux paramètres qu'ont inventé les technocrates ou dont ils pensent qu'ils sont suffisants pour décrire la vie des gens. Autrement dit, allez travailler, empilez-vous sur les quais, vivez dans vos logements trop petits, mais le dimanche vous restez enfermés et à partir de 18h vous rentrez chez vous et je ne veux plus vous voir. Eh bien non, ce n'est pas le mode de vie.

Et relever le défi de la pandémie, ce n'est pas détruire l'organisation du pays avec le motif, sans aucun doute, il n'y a aucune raison d'en douter, généreux de sauver les vies, c'est sauver tout ce qui concerne la vie des gens. La culture, les consommations, la socialisation des êtres humains, ça fait partie de l'identité humaine, ça fait partie du code génétique. Les gens privés de socialisation meurent, les enfants privés d'affection, vous le savez, meurent. Et bien par conséquent, les individus privés de relations sociales sont conduits à des extrémités de leur propre existence.

Après, je finis avec une pensée pour les dizaines de milliers de petits entrepreneurs, de toutes sortes et en particulier dans le commerce, qui bien sûr ont été soulagés ici ou là par des aides, quand ils ont pu les toucher, mais qui savent très bien qu'on leur a annoncé qu'ils devront rembourser tout ça. Et d'ores et déjà, certains sussurent que, moyennant certaines conditions des remboursements anticipés pourraient avoir lieu sous la forme d'un prélèvement sur le chiffre d'affaires ou de versements moins grands en fonction du chiffre d'affaires.

Je mets en garde, car ce sont là des dizaines de milliers de personnes qui ne bénéficient d'aucun des filets sociaux, qui pour le reste protègent du mieux qu'ils peuvent, et pour autant qu'il en reste, les travailleurs salariés. Dès lors, ces gens mettent en cause leur vie sociale elle-même. Leurs commerces sont souvent gagés sur leurs biens propres et par conséquent, la fin de leur commerce signifie tout simplement la fin du reste de leur vie sociale.

Dès lors, le gouvernement doit réfléchir à faire remonter vers lui, dans une caisse de défaisance de la dette Covid des entreprises, toutes ces dettes accumulées et, prenant son courage à deux mains, commencer à discuter avec la Banque Centrale Européenne et avec la Commission Européenne de ce que sera le destin de cette dette. Ne me dites pas que cela est improbable, on m'a dit la même chose quand j'ai dit que la dette personne n'a paier à échelle européenne et qu'on pouvait l'annuler. Depuis, j'ai observé que ce point de vue était déjà présent dans l'esprit de beaucoup d'économistes. De la même façon, une caisse de défaisance d'une dette, ça existe en France.

C'est celle qui a trait à la dette sociale et dont la durée de vie a été étendue. Par conséquent, on peut parfaitement imaginer une caisse qui centraliserait les dettes sociales Covid, qui permettrait aux petits commerçants, aux artisans et à tous les petits métiers, d'être débarrassés du poids qu'ils voient s'avancer vers eux, assez curieusement, à partir de 2022. Voilà, j'ai dit beaucoup de ce que j'avais à dire, j'en avais encore trop à dire. Comme je l'ai dit à un de mes collaborateurs, maintenant dans les discours, le problème, ce n'est pas ce qu'on va dire, c'est ce qu'on ne va pas dire.

Le moment que nous vivons et naturellement, et qu'on permette à l'expérience de l'âge, de s'exprimer, assez fascinant. Peut-être que tout le monde ne l'a pas bien compris, mais quand on est arrivé en 2020, on attaquait une décennie, et bon, il faut bien, il y a une magie des chiffres. Tout ça est très arbitraire. Mais la magie des chiffres, c'est qu'on entre dans une décennie. On la commence par une pandémie, qui elle-même interpelle tout le système social et ses conséquences écologiques. Et nous voici rendus dans la décennie où vont se produire ce que les scientifiques appellent les effets de bascule. Combien d'effets de bascule y aura-t-il ?

Nous savons d'ores et déjà que globalement, le changement est irréversible. Mais il y a des degrés dans l'irréversibilité des catastrophes écologiques. Combien de points de bascule auront lieu pendant cette décennie ? C'est le moment de prendre les bonnes décisions. C'est pourquoi je ne crois pas être hors sujet un seul instant. Lorsque je dis que la préparation de l'élection de 2022, élection présidentielle, qui en France est l'élection qui, en quelque sorte, concentre tous les pouvoirs de l'Etat, hélas. Puisque comme vous le savez, pour ma part, je milite pour une capacité d'intervention populaire renouvelée, plus grande dans les institutions et le passage à une sixième république.

Mais je ne crois pas que je sollicite si peu que ce soit la situation en disant que cette élection est déterminante. Que, en quelque sorte, elle est présente aujourd'hui dans nos débats. Si certains se figurent que la solution va consister, comme dans le passé, une petite réforme sociale par-ci, une petite réforme écologique par-là, un petit clin d'œil à l'un, une caresse sur les cheveux de l'autre, et que l'élection pourrait se dérouler de cette manière, ou bien par une addition de tours de magie, de sauts dans les cerceaux enflammés, comme le président Macron compte les faire, ou bien par des connivences politiciennes entre extrême droite et la Macronie.

Tout cela, ils ont bien le droit de le faire, les Français en seront juges, mais ils sont à côté de la plaque. 2022, c'est la dernière station avant le désert. Si nous ne changeons pas la donnée politique des décisions, des conditions dans lesquelles s'opèrent les décisions, nous entrerons dans la phase où, ce que nous voyons aujourd'hui, c'est-à-dire le déclassement de la France qui est avéré par la situation de pénurie de masques, puis de pénurie de vaccins, puis de pénurie d'organisations, puis de pénurie tout court de masques, de blouses, que sais-je encore, on passera du déclassement à l'affaissement. Mais en même temps, il ne s'agit pas de s'abandonner à la désespérance.

Car tout ceci, c'est autant de défis positifs. La pandémie a mis à nu le lien entre le marqueur social et l'exigence écologique. Eh bien, c'est une chance que les conscients soient en train de rassembler ces deux éléments pour produire une décision politique. Parce que peut-être que cette fois-ci, on ne va pas choisir le président de la République ou la présidente sur son âge, sa cravate, son passé dans les grandes écoles. Peut-être qu'on va se décider à prendre à bras le corps ce qu'il compte faire vraiment, sans ombre, avec une exigence de clarté absolue.

Pour ma part, partisans de la société d'entraide, ayant pour objectif un nouveau modèle social et politique d'harmonie entre les êtres humains et la nature. Je me réjouis du trouble qui est dans les esprits s'il doit déboucher sur une prise de conscience plus grande. Je me satisfais parfaitement d'avoir réglé la question du leadership dans notre famille, parce que nous ne sommes plus en train de discuter de personne. Et nous sommes en train de pouvoir nous concentrer sur l'affinement sans cesse toujours plus précis comme un programme de gouvernement auquel j'aurais à m'appeler le moment venu avec d'autres, sans qu'il y ait de bataille de personne. Car je vous invite à y réfléchir.

Que donne ceux qui font le contraire ? Parce qu'ils nous disent qu'ils vont mettre au point un programme. Tant mieux, on va pouvoir discuter. Et s'ils mettent un programme et que ce programme leur sert de conducteur, alors quel est le sens de la compétition des personnes qui suivraient l'énoncé d'un tel programme ? Juste la prolifération des querelles de personnes et l'évaluation d'après la mine ou d'après purement et simplement les sondages, alors que ce n'est pas la question qui est posée dans une élection d'une telle gravité. Pour notre part, vous le savez, nous nous appuyons sur un programme, l'Avenir en commun. Je sais que quelques-uns ont dit que j'en faisais un texte sacré.

Eh bien, non, sacré non. Mais oui, le produit d'une longue histoire. L'Avenir en commun ne sort pas de la ratiocination de 4 personnes dans un bureau. C'est une longue consultation qui a commencé de concert avec les communistes dans la formulation du programme L'Humain d'abord, qui s'est prolongée par des milliers de consultations individuelles et collectives qui nous ont permis de mettre au point le programme de 2017, qui a été réactualisée quant aux chiffres et quant à l'actualité des sujets au cours du premier confinement, comme vous l'avez su, car je vous en avais tenu informé, et qui entre maintenant à nouveau dans une phase de discussion.

À la fin du mois de janvier, nous éditerons une revue qui paraîtra à 4 occasions, qui va prendre les grands secteurs du programme. Elle permettra d'organiser l'interactivité et elle commence par le sujet qui, à première vue, et le plus aride, c'est la question de la constitution. Mais c'est aussi le sujet premier. Avant de parler de quelque problème que ce soit, il faut décider qui va en décider et qui va régler les problèmes. Notre réponse, c'est le peuple. Encore faut-il qu'il puisse intervenir et que ses pouvoirs ne soient pas confisqués. J'y reviens pour une seule ou deux petites secondes.

Nous sommes dorénavant le pays de la monarchie présidentielle où les décisions concernant l'intérêt général sont prises en comité de défense, c'est-à-dire avec des membres tenus par le secret des délibérations. Je ne crois pas qu'il y ait eu, une seule fois dans notre histoire, un précédent pareil. Même pendant la guerre de 14, il y avait un comité qui discutait des questions de stratégie militaire auxquelles étaient associés les parlementaires. Le pouvoir a pensé que c'était quoi ? Sa manière de se mettre à l'abri des procédures judiciaires. Alors s'il doit y avoir des procédures judiciaires contre les gouvernants et que ce n'est pas la bonne idée, parlons-en.

Mais n'admettons pas que notre démocratie soit abaissée au point où nous la voyons abaissée. Pourquoi ? Parce que nous nous mettons en danger, tout simplement. Ce n'est pas plus. La société de l'entraide qu'il s'agit de faire net, c'est la société de l'entraide interpersonnelle. Il faut donc que chacun soit en état de pouvoir prêter concours à son voisin. Il faut donc pour ça qu'il en ait les conditions sociales de survie. Et lorsque l'entraide personnelle ne suffit pas, ou lorsqu'on voudrait qu'elle cesse ça pour passer à d'autres modes, il faut que le service public, qui est la marque de la société d'entraide à travers la cotisation, qu'est l'impôt, prenne le relais.

Il faut que l'Etat redevienne stratège. Il faut que la France refuse son abaissement. Il faut qu'elle se sente dans sa force, sa capacité d'invention. Bon sang de bois, on ne disait pas quand même la fin du monde d'arriver à trouver un vaccin dans le pays qui les a inventés. Ce n'est pas non plus le bout du monde d'arriver à fabriquer des masques en tissu et des gants en quantité suffisante. Et ainsi de suite, pour tous les domaines. Voyez par exemple quand on a parlé de l'aéronautique, c'est les ingénieurs de l'aéronautique eux-mêmes qui proposent comment passer à une autre forme.

Je vous le redis, dernière station avant le désert, réfléchissez bien et en particulier lorsque vous réfléchissez à moi. Ne vous arrêtez pas à mon apparence ou à ce qu'on vous dit de mon caractère. Je n'ai proposé à personne de l'épouser. Je propose un programme politique pour changer notre pays de fond en comble. Lui redonner la puissance, la seule qui vaille, la puissance morale, la puissance intellectuelle, la puissance scientifique, la puissance culturelle. Ça c'est la puissance qui compte et c'est celle dans laquelle la France peut exceller. Le processus doit démarrer en janvier et en février, nous créerons le parlement de campagne.

Ce parlement sera l'occasion d'observer qui déjà est d'accord avec nous pour dire que l'union et la clarté politique ne sont pas contradictoires. Jusqu'à présent j'ai dit, si nous faisons une soupe de logos, un accord de parti qui cache tout ce sur quoi on n'est pas d'accord, voyez-vous tout le monde s'en rendra compte et nous ne ferons qu'augmenter la méfiance et le dégoût. Nous ne sommes pas d'accord avec le mouvement Europe Ecologie Les Verts et avec le parti socialiste, notamment sur la manière de gérer ce qui doit bouger en Europe. Nous ne sommes pas d'accord avec chacun d'entre eux sur la nécessité de transformer les institutions du pays.

Il ne faut pas faire de ces désaccords des drames, mais il ne faut pas non plus en faire une interdiction à discuter. Peut-être que les points de vue peuvent évoluer, parlons-en. Mais en attendant, nous, nous allons réaliser nous-mêmes et la clarté et l'union. C'est-à-dire qu'autour des objectifs qui sont pour l'essentiel dessinés par le texte de l'avenir en commun, mais qui peuvent naturellement se nourrir d'autres contributions, nous allons mettre en place un cadre collectif qui s'appelle le parlement de campagne, ou peut-être aura-t-il un autre nombre d'ici là.

Vous savez qu'un certain nombre de personnalités ont déjà décidé de faire équipe commune avec nous pour l'élection présidentielle. Je souhaite qu'un seuil soit franchi au mois de février, aussi bien par le nombre que par la manière de travailler ensemble. C'est pourquoi l'année qui vient va être si riche et que, par la force des choses, je suis obligé de vous dire que nous allons un peu changer quelques-uns de nos fusils d'épaule. Nous avons mené contre le système médiatique une guerre assez implacable, et dont je n'ai pas de raison de me dédire à cette heure.

Mais les conditions qui sont apparues avec cette affaire de réseau interrompu par surprise, par Facebook, et peut-être par d'autres, nous conduisent à reformuler nos stratégies. La première c'est que nous ne voulons pas craindre l'interruption, et donc nous avons créé notre propre réseau social. C'est la plateforme Action Populaire. C'est elle qui permet de recueillir aujourd'hui les signatures qui parrainent ma candidature, mais c'est aussi celle qui va nous permettre d'organiser de manière libre l'interaction entre les personnes qui participent à notre bataille politique.

J'y insiste, cette liberté est la plus grande force qui a été résumée dans une consigne dans le passé, et la consigne c'est n'attendez pas les consignes. Ce réseau social va évidemment jouer un très grand rôle, et je crois que, bon, le moment venu on vous en reparlera, parce que pour ma part j'y attache une importance théorique et stratégique tout à fait essentielle. Et évidemment, nous sommes conduits à nous demander comment organiser nos relations avec l'officialité médiatique, ce que nous appelons dans notre jargon l'officialité médiatique, d'autres appellent ça en anglais, je ne sais pas pourquoi, la presse mainstream, bref.

Bref, nous avons besoin d'avancer sur nos deux jambes, c'est-à-dire que les réseaux ont leur importance, la conservent, mais nous avons besoin d'avoir d'autres relations avec la presse telle qu'elle existe. Non pas pour peser sur ces contenus, nous n'avons pas cette idée, ni pour exiger je ne sais quelle flatterie ou accord qu'il est inutile et vain d'espérer, mais pour créer une autre relation, ou du moins, s'il vous plaît, ne nous assignez pas à des identités qui ne sont pas les nôtres.

Nous acceptons complètement d'être discutés sur tous les sujets, d'être disputés et même raboués ou même moqués, mais s'il vous plaît, non, pas d'étiquette qui ne corresponde pas à ce que nous sommes, surtout dans le cadre de campagnes internationales comme celles que nous voyons se construire.

Aujourd'hui, c'est au tour de notre camarade Hanoué au Chili, parce qu'il fait plus de 20% des voix en prévision de l'élection présidentielle, d'être traité d'antisémite, et même d'un des plus antisémites du monde, qui est proprement ridicule, qui a été démenti par toutes sortes de groupes, après que c'était le cas pour Jérémy Corbyn, après que c'était le cas pour Hugo Chavez, après que c'était le cas pour moi, après que c'était le cas pour combien de monde ? Ça suffit ! Critiquez-nous pour ce que nous sommes. Dites que je suis un afro-collectiviste et qu'avec moi, tout finirait par se dissoudre dans le collectif. Ce n'est pas si faux que ça. J'accepte d'en discuter.

Je comprends l'importance de la liberté du marché. Je n'ai jamais dit que notre projet politique consistait à nationaliser tout ce qui bouge dans le pays. Je suis partisan d'une société d'économie mixte. Qu'on nous critique là-dessus. Qu'on nous dise que notre projet n'est peut-être pas assez mûr, mais pas qu'on nous assigne une identité qui n'est pas la nôtre. De la même manière, je vais répéter pour la centième fois, nous ne sommes pas partisans des solutions violentes dans la conquête du pouvoir. Voyez-vous, ma formule est beaucoup plus restrictive que celle qu'avait utilisé Léon Blum, puisque c'est le centenaire.

Au congrès de Tours où il avait dit, nous sommes d'accord pour la conquête du pouvoir par tous les moyens, y compris les moyens légaux. Eh bien, pour ma part, je ne crois à la conquête du pouvoir que par les moyens démocratiques. Que par les moyens démocratiques et exclusivement par eux. Comme le disait Jaurès, on ne change pas un système par une surprise ou un coup de force. A l'époque déjà, le mouvement socialiste prenait ses distances avec le blanquisme. On change par la conscience. On change par l'implication de masse. Je ne saurais vous répéter assez que pour moi les nécessaires manifestations qu'il faut faire contre le pouvoir.

L'insurrection morale qu'il faut avoir, civique, sociale, est une insurrection pacifique. C'est le défilé dans la rue s'il le faut, avec la poussette qui contient ses enfants, sans qu'on ait à avoir peur d'être brutalisé, éborgné ou mutilé par des policiers. Voilà mesdames et messieurs, j'imagine qu'ayant commencé par mettre en avant le rôle des personnes qui font vivre l'information, je ne puis conclure autrement qu'en vous présentant des vœux qui, cette année, auront, j'espère que vous l'aurez senti, une touche de sincérité que les autres années, elles n'avaient peut-être pas de même qualité. Merci.

La censure privée menace la liberté d’informer - Voeux de J.-L. Mélenchon à la presse · Pourquijevote