Sacha Houlié : "Il faut sortir de l’hypocrisie" sur la régularisation des travailleurs sans-papiers
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:09OuverteRéponse directe
Sacha Houlié, vous êtes députée de la Vienne, présidente de la commission des lois et co-signataire d'une tribune dans Libération. Vous réclamez la régularisation urgente des travailleurs sans-papiers dans les métiers en tension.
- 1:25OuverteRéponse directe
Régulariser les travailleurs sans-papiers, y compris dans les secteurs sous tension.
- 1:37RelanceRéponse directe
Vous parlez de la droite parlementaire, mais la droite dans les territoires demande ces régularisations.
- 2:04OuverteRéponse directe
Le patronat est très discret sur la régularisation des travailleurs sans-papiers.
- 2:29RelanceRéponse directe
Des députés de droite poussent pour des régularisations mais menacent d'une motion de censure ?
- 3:06ComplaisanteRéponse directe
Le texte ne porte que sur l'accès au travail des étrangers en France.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:41PrésentateurFait
« Un projet de loi du gouvernement sur l'immigration qui est extrêmement radical puisqu'il reprend des mesures que la droite n'a jamais réussi à faire adopter et que la gauche n'a jamais eu le cran de proposer. »
- 0:51PrésentateurFait
« Il s'agit d'abord d'expulser plus systématiquement les étrangers délinquants. »
- 0:57PrésentateurFait
« Il s'agit également de régulariser les travailleurs dans les métiers en tension. »
- 1:00PrésentateurFait
« Simplifier une procédure qui est aujourd'hui devenue kafkaïenne, à la fois dans les préfectures, mais aussi dans les tribunaux. »
- 3:39PrésentateurChiffre
« Un syrien, un afghan, il a 80% de chances d'être protégé. »
- 3:44PrésentateurFait
« Est-ce qu'on le laisse à l'aide de demandeurs d'asile qui est de quelques 400 euros ou est-ce qu'on l'autorise à travailler ? »
- 6:42Invité politiqueFait
« Elisabeth Borne a laissé entendre au printemps que pour satisfaire la droite, on pourrait renoncer à ce fameux volet de régularisation des sans-papiers. »
- 7:45Invité politiqueFait
« Gérald Darmanin est pour des quotas en matière de régularisation. »
Temps de parole
- Présentateur73 %
- Sacha Houlié27 %
≈ 6,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Sonia De Villers, votre invitée est députée de la Vienne, président de la commission des lois et co-signataire d'une tribune dans le quotidien Libération.
Pour réclamer entre autres la régularisation urgente des travailleurs sans papier dans les métiers où l'on manque de main d'oeuvre, bonjour Sacha Ollier. Bonjour. Oh la photo, oh la photo, vous avec Julien Bayou, vous avec Fabien Roussel, vous avec Boris Vallaud, avec le PS, avec Europe Écologie Les Verts, avec le Parti Communiste, ça s'appelle une fronde.
Je pense que c'est au contraire tout l'inverse. Au contraire. Il s'agit pour nous d'abord de défendre des mesures que nous avons voulues, des mesures qui figurent dans le projet du gouvernement. Le projet de loi. Un projet de loi du gouvernement sur l'immigration qui est extrêmement radical puisqu'il reprend des mesures que la droite n'a jamais réussi à faire adopter et que la gauche n'a jamais eu le cran de proposer. Et donc je veux donner quelques exemples. Il s'agit d'abord d'expulser plus systématiquement les étrangers délinquants. Et il s'agit également de régulariser les travailleurs dans les métiers en tension.
Et puis également de simplifier une procédure qui est aujourd'hui devenue kafkaïenne, à la fois dans les préfectures, mais aussi dans les tribunaux. Rendez-vous compte que parfois, juste pour avoir un rendez-vous à la préfecture, il faut pouvoir faire une action judiciaire. On marche sur la tête. Et donc, ce projet de loi extrêmement radical, il nous faut désormais pouvoir le faire voter. Et donc, il faut pour cela élargir la majorité. Et c'est ce à quoi je m'attache avec cette tribune ce matin, avec une partie de la gauche.
Justement, régulariser les travailleurs sans papier, y compris dans les secteurs sous tension. Pour la droite, pour les LR, c'est irrecevable. C'est même non négociable.
Vous parlez de la droite parlementaire parce qu'en réalité, la droite dans les territoires, c'est ce qu'elle nous demande. Moi, j'ai, dans ma permanence parlementaire, et on est tellement nombreux dans la majorité à voir ce genre de situation, des chefs d'entreprise, par exemple le CHU de Poitiers pour ce qui me concerne, qui me demande la régularisation de médecins libanais, syriens. J'ai le chef d'entreprise qui me dit que dans sa boîte de travaux publics, dans son restaurant, il a un travailleur qu'il a depuis plusieurs années, qui travaille, qui a soit besoin de papier, soit besoin de renouvellement de son titre.
Sauf que vous noterez que le patronat est quand même très discret sur le sujet.
Eh bien justement, je pense qu'il faut sortir collectivement de l'hypocrisie. Il faut sortir de l'hypocrisie pour les politiques, il faut sortir de l'hypocrisie pour le monde économique. Et tout ce qu'on demande à bas bruit, tout ce qu'on demande entre nous, tout ce qu'on demande à la préfecture ou à l'État, parce qu'il y a même des députés, y compris de droite, qui écrivent au gouvernement pour qu'on régularise des travailleurs, eh bien, il faut le faire. Et il faut le faire dans la loi.
C'est intéressant ce que vous dites. C'est-à-dire qu'il y a des députés de droite sur le terrain qui poussent pour des régularisations et qui, derrière, à l'Assemblée, sont dans la droite ligne d'Olivier Marlex et menacent d'une motion de censure ?
Évidemment, parfois même les principaux intéressés. Donc, ce qu'il faut dire, c'est que les projets que nous proposons, ils rencontrent des difficultés parce qu'ils sont radicaux. La gauche, elle ne veut pas des expulsions des étrangers, des matins. Pourtant, c'est un problème qu'on rencontre dans toutes les villes. La droite, elle ne veut pas des régularisations des sans-papiers. Moi, je pense qu'il faut faire bouger les choses. Et cet acte collectif, il permet un peu de se dépasser, de dire sur quoi on est d'accord. Et qu'est-ce que, par cohérence, on pourrait soutenir ? Alors, après, de là à passer au vote, il y a un pas. Mais au moins, il faut qu'on puisse se dire les choses.
Je rappelle pour que les choses soient bien claires pour nos auditeurs que le texte dont on parle ce matin ne portent que sur le volet de l'accès au travail des personnes étrangères sur le territoire français.
Il s'agit de se positionner. On parle avec la droite sur certains aspects. Elle a des exigences qui ne sont pas acceptables sur la sortie des traités européens, par exemple, ou sur la suppression de l'aide médicale d'État qui protège aussi les Français parce que c'est des mesures de santé publique. Et de l'autre côté, on parle aussi avec la gauche sur des mesures qui sont d'abord le travail, la régularisation des travailleurs dans les métiers en tension, mais aussi l'autorisation de travail pour les demandeurs d'asile. Donc on sait très bien qu'ils vont recevoir une protection. Un syrien, un afghan, il a 80% de chances d'être protégé.
Est-ce qu'on le laisse à l'aide de demandeurs d'asile qui est de quelques 400 euros ou est-ce qu'on l'autorise à travailler, à payer des cotisations et quelque part à s'intégrer ? Je pense que les alternatives, elles sont vite mises en balance.
Le Modem a signé, le groupe Lyot a signé, le PS a signé, Europe Écologie Les Verts a signé, le PCF a signé, la LFI ne signe pas.
Après, chacun est mis devant ses responsabilités. Il y a une cohérence de la gauche à pouvoir dire que ces mesures, elles sont acceptables. On verra ensuite comment c'est fait dans le cadre de l'également d'asile.
Vous parlez de cohérence de la gauche, il n'y a pas la LFI avec vous.
Mais la France insoumise, moi je regrette cette façon un peu systématique de se placer dans l'opposition, de se draper dans une forme de vertu et quelque part de faire œuvre de sectarisme. Parce que pour le coup, je ne vois pas ce qui les aurait empêchés de pouvoir soutenir ces dispositions.
Peut-être précisément parce que dans le texte de loi dont vous parlez, il y a un volet de régularisation et d'accès au travail des sans-papiers et un autre qui raffermit et qui accélère des dispositions.
Et parce qu'il faut lever l'hypocrisie ?
Et que peut-être, peut-être, une partie de la gauche refuse de cautionner le volet social pour ne pas vous renforcer sur le volet autoritaire.
Mais moi encore, j'embrasse toute la réalité de ce qu'on voit dans le pays. Est-ce que dans les villes en France, on a un surcroît, ou en tout cas une grande proportion de délinquance qui est aussi d'origine étrangère ? C'est vrai. Et est-ce que c'est grave de le dire ? Non. Il faut regarder les choses en face. Est-ce qu'en France, on a un problème dans les métiers en tension qui ne vivent aujourd'hui dans la propreté, dans le bâtiment, dans les métiers du médico-social, dans les métiers médicals ? Est-ce qu'ils ne vivent que parce qu'il y a un soutien extrêmement important de la main d'oeuvre étrangère ? Oui, c'est vrai.
Et notre but à nous, c'est de dire qu'est-ce que vit le pays, qu'est-ce que rencontrent les gens sur le territoire, qui sont les gens dans nos permanences et qu'est-ce qu'ils nous demandent ? Et comment on règle les problèmes ? Et je pense que c'est faire œuvre utile que de nommer les problèmes et de chercher avec des gens, parfois à la droite, parfois à la gauche, à les résoudre et à prêtre que chacun prenne ses responsabilités.
Alors en attendant, la droite, vous ne l'aurez pas tant que vous proposez de régulariser les travailleurs sans papier. La droite, vous ne l'aurez pas, à moins que...
À moins que... À moins que... Vous savez, d'abord, je pense que la droite, elle a des exigences qui sont au-delà même des médias en tension beaucoup plus importantes et qui ne sont pas acceptables, la sortie des traités européens notamment. Oui. Ensuite, il y a la faculté de faire baisser...
Vous pensez que le bloc de droite peut se fissurer là-dessus ?
Je pense qu'il y a des députés qui peuvent reconnaître que des employeurs leur demandent des papiers pour leurs travailleurs. Je pense que ça peut justifier des abstentions sur le texte. Et le cas échéant, je pense que ces mesures étant toutes populaires, les expulsions comme les régularisations, eh bien, elles peuvent être soutenues par la population. Et pourquoi pas un 49-3 populaire ?
Un 49-3 populaire ?
C'est-à-dire qu'à partir du moment où tous les gens constatent que ces réalités sont des réalités de terrain et qu'on a besoin de mesures législatives, de lois, de lois pour changer les choses, il faut bien faire adopter la loi. Et si toute la population nous soutient, alors il faut assumer de pouvoir aller au vote ou alors de faire adopter des lois.
Ou alors d'amoindrir ce texte, ou alors de l'amender, ou alors de faire sortir ce fameux article 3. C'est-à-dire qu'Elisabeth Borne a laissé entendre au printemps que pour satisfaire la droite, on pourrait renoncer à ce fameux volet de régularisation des sans-papiers.
D'abord, ce que je veux dire, c'est que toute la majorité est d'accord sur le fait qu'il faille bouger sur cette question. Il y a ensuite des questions de forme. Est-ce qu'on le fait par une voie réglementaire, des circulaires, des décrets, tout ça ? Ou est-ce qu'on le fait par une loi ? Moi, je dis que pour que ce soit efficace, pour qu'on vraiment change les choses, pour que dans les préfectures, il y ait une action qui soit réelle de l'État, eh bien, il faut que ce soit une loi. Sans ça, on n'aura pas fait œuvre utile parce que ça n'aura pas évolué.
Là, vous venez de le dire. C'est-à-dire que pour satisfaire la droite, on va renoncer à la loi.
Eh bien, c'est précisément pour ça que...
Et on va proposer une circulaire. Et comme ça, ça sera au bon vouloir des préfets.
Fort heureusement, au Parlement, il y a une droite et une gauche. C'est que chacun sera mis dans ses responsabilités. Et ensuite, quand viendra le texte, aujourd'hui, on a une action. Pour dire, il y a certaines mesures du texte qui sont bien. Ces mesures, elles doivent être adoptées. La loi doit évoluer. Et moi, je salue ceux qui ont eu le courage de le reconnaître. Et j'espère qu'ils iront au bout.
Gérald Darmanin est pour des quotas en matière de régularisation. Et vous ?
Moi, je pense que ces quotas-là, ils n'ont pas beaucoup de sens, ni dans le travail, ni dans l'asile. Mais ça fait partie de la discussion. Et chacun fait valoir ses positions. Pourquoi ils n'ont pas beaucoup de sens ? Parce qu'en fait, un quota, quand vous fixez un quota à 10 000 et que vous avez besoin de 30 000 travailleurs, ce quota de 10 000, il ne suffit pas. Et puis, quand vous fixez un quota à 10 000, mais qu'en réalité, on n'aurait besoin que de 3 000 travailleurs, ce quota, il est bien excessif. Ça montre un peu le quota arbitraire des chiffres.
Et le référendum, alors ? Le fameux serpent de mer du référendum sur l'immigration ?
Là encore... On est en plein dedans. Le problème du référendum sur l'immigration, c'est que comme il n'est pas permis aujourd'hui par la Constitution, il faudrait d'abord changer la Constitution et faire un référendum sur le référendum. Vous voyez que tout ça est une démarche un peu compliquée. Et je pense que pour le coup, on a aujourd'hui, malgré la majorité relative, l'opportunité de faire bouger des choses. On l'a déjà fait sur des textes sur la sécurité. On a renforcé des mesures sur le stupéfiant. On les étudiera d'ailleurs à la Commission des lois pour voir si ça marche et ce qu'il y a encore à faire. Mais pour le coup, je pense qu'on peut déjà changer les choses.
Et vous, Sacha Houllier, vous, d'accord ? Si jamais l'exécutif retire de ce texte l'article 3 sur la régularisation de la main-d'œuvre sans papier, vous voterez contre ?
Non, moi je ne fais pas de chantage, mais effectivement... Non mais vous ? Je vais vous dire, je ne fais pas de chantage, mais par contre j'ai quelques exigences et celle-là en fait partie. Donc vous voterez contre ? Ça en fait partie de mes exigences. Bonne journée. Merci.
Sacha Houlié