Quelle différence entre Anne Hidalgo et Yannick Jadot ? - C à vous - 09/02/2022
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Sur ces trois points essentiels de votre projet que vous venez d'énumérer, la République, les oubliés, la crise écologique et même la crise démocratique, je n'ai rien entendu qui soit irréductible avec Yannick Jadot, l'autre candidat qui représente une mouvance proche.
Je ne suis pas là pour dire ce qui est irréductible ou pas irréductible. D'ailleurs, franchement, vous parliez des sondages me concernant, parlons des autres aussi. Ça vaut pour eux mais pas pour vous. Non mais voilà, ça vaut pour moi, ça vaut pour eux aussi. Quand Benoît Hamon se retire, quand Benoît... Soit les sondages n'ont aucune valeur, soit... C'est ce que je vous renvoie, c'est soit ils ont une valeur que pour moi et pas pour les autres, soit finalement, regardez quand même de façon très claire ce qui se passe pour tout le monde, notamment à gauche. Oui, d'accord, mais je pense sincèrement que ça n'est pas sérieux. Ça n'est pas sérieux, Patrick Cohen, ça n'est pas sérieux.
Vous l'avez vraiment souhaité, cette union ? Ce n'est pas sérieux. Après votre proposition en décembre d'une première à gauche, Yannick Jadot dit avoir attendu votre coup de téléphone. Il est cité par le monde aujourd'hui. J'attendais des nouvelles. C'est moi qui ai fini par lui téléphoner une semaine plus tard.
Non, non, non. D'abord, j'ai fait une proposition en décembre parce que oui, de façon très sincère et très authentique, voilà, je suis quelqu'un d'assez cash, j'ai considéré qu'il était de ma responsabilité de proposer cette union et de faire quelque chose qui, effectivement, était devant les Français, de débattre. Parce que pendant quand même tout le mois de novembre et de décembre, on a parlé de quoi ? Dans les médias, on a parlé du phénomène Zemmour. Et on nous disait à longueur d'interview... On aurait pu parler du phénomène Hidalgo. Oui, bien sûr, bien sûr, bien sûr.
Évidemment, évidemment, tout en nous expliquant à longueur de journée que la seule question qui préoccupait les Français, c'était la question de l'immigration et que nous n'étions pas dans le vrai. C'est vrai, c'est vrai, c'est vrai. Quelle idée ? J'étais en train de parler de salaire. Dès le mois d'octobre, je parlais de salaire et d'augmentation du prix de l'essence. Ce n'était pas du tout le sujet du jour. Vous avez le salaire des enseignants.
Donc, j'ai proposé que l'on puisse débattre devant les Françaises et les Français, qu'il puisse y avoir une primaire à la loyale, une vraie primaire, avec un échange, avec des votes, pas une notation, des vrais votes après un débat, parce que quand même, on vote de préférence après un débat, après avoir vu la personnalité, mais aussi, surtout, les propositions. Ça n'a pas été accepté. Dont acte, c'est derrière nous. Mais aujourd'hui, ce que je porte, c'est... Vous savez, sur les questions, par exemple...
C'est radicalement différent.
Non, ce n'est pas radicalement différent. Mais par exemple, sur la question sociale, ça n'est pas pareil. Et moi, je considère qu'on ne peut pas réussir la transition écologique si on n'en fait pas d'abord un enjeu de justice sociale. Et que cet enjeu de justice sociale, il faut le faire en accompagnant les plus modestes. Par exemple, sur la question du logement, je considère qu'il faut construire du logement dans notre pays pour sortir de cette crise du mal-logement. Ce n'est pas la position des verts. Par exemple, sur la question du nucléaire.
Sur la question du nucléaire, je considère que, bien sûr, il faut aller à 100% d'énergie renouvelable, mais qu'il faudra, bien sûr, s'appuyer et faire le grand carénage, et être présent, notamment, pour maintenir... Parce que je ne suis pas d'accord avec l'idée de décroissance, parce que je ne pense pas qu'on pourra faire table rase de nos besoins énergétiques et de nos besoins en électricité, et que, oui, il va falloir que l'on fasse le grand carénage.
– Vous êtes d'accord pour dire qu'il ne faut pas construire de nouvelles centrales ?
– Mais je ne souhaite pas construire de nouvelles centrales. – Comme Yannick Jadot. – Non, parce que lui, il souhaite fermer des centrales des réacteurs d'ici 2035. – 2035. – Ah non, 2035. Il a dit qu'il fermerait, je crois, une dizaine de réacteurs d'ici 2035. Je ne suis pas d'accord avec ça. Il a dit qu'on sortirait du nucléaire dans 20 ans. Je ne suis pas d'accord avec ça. On n'a pas la même approche sur les questions sociales et sur les questions industrielles. Et je pense qu'on n'a pas non plus la même approche sur les questions institutionnelles. Par exemple, je ne propose pas la VIe République. Je ne propose pas une constituante. Je ne propose pas une constituante.
Parce que je pense que dans la Ve République, il y a des choses qu'on peut faire tout de suite, sans passer cinq ans à disserter sur le numéro de la Constitution. mais il y a des choses qu'on peut faire tout de suite pour que le Président de la République, dans l'exercice du pouvoir qui est le sien, soit un exercice beaucoup moins monarchique. Et je pense qu'il y a des évolutions que l'on peut faire, notamment sur le rôle du Parlement, notamment aussi sur le mode de scrutin, qui bien sûr, eux, nécessiteront des lois, mais pas une constituante.
Je ne veux pas qu'on passe ce temps-là, ce temps absolument indispensable pour aller dans cette planification écologique indispensable et dans cette réduction des inégalités, qu'on passe cinq ans à s'affronter en expliquant que je préfère la cinquième, ah ben moi je suis pour la sixième. Je suis pragmatique. Je sais ce qu'est l'exercice du pouvoir. Et donc je pense qu'il y a des différences de cette nature. Et par ailleurs, je vais vous dire autre chose. Je suis la seule parmi tous les candidats de gauche qui est en capacité, dès le lendemain de son élection, de travailler immédiatement à l'échelle européenne avec les chefs d'État.
Et notamment avec tous ces chefs d'État que vous avez évoqués, qui sont non seulement mes amis personnels, mais aussi mes amis politiques, qui n'attendent qu'une chose, c'est que la France fasse le choix de la social-démocratie et de l'écologie pour pouvoir travailler au changement qu'il faut opérer en Europe. Parce que l'Europe, c'est l'espace qui va nous permettre d'avancer sur la transition écologique, sur la lutte contre les inégalités notamment, et aussi sur la question de notre souveraineté à l'international. de notre souveraineté à l'international.
Anne Hidalgo