Philippe Olivier (RN) : "L’Union européenne est un empire marchand"
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Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Sens Politique, l'émission qui prend le temps de connaître un invité pour décrypter avec lui son parcours, son engagement et sa personnalité au rythme de l'actualité. Son itinéraire est fait d'aller-retour, de mystère et de vie publique en France et en Europe. A 18 ans, il s'encarte au Front National, époque Jean-Marie Le Pen, et c'est des rapages qu'on ne compte plus. Il embrasse le militantisme de l'extrême droite et participe aux campagnes du Diable de la République. Quand il se présente à Paris, au municipal de 1983, ou en 1988 à la présidentielle qu'il juge éblouissante, 14% des voix pour une première fois.
Mais dix ans plus tard, en 1998, lassé des excès, il suit Bruno Maigret, le numéro 2 du Front dans une scission fratricide. Il s'en éloigne deux ans plus tard, mais reste dans la galaxie souverainiste de Philippe de Villiers à Nicolas Dupont-Aignan, jusqu'à son retour au Front de Marine Le Pen, dont il épouse la sœur aînée. Il devient son beau-frère, mais aussi son conseiller et sa plume. Souvent décrit comme l'un des artisans de la dédiabolisation et notamment du changement de nom, en 2018, le FN devient RN et les victoires électorales s'accumulent malgré un plafond de verre à la présidentielle à trois reprises et un dernier aux législatives de 2024.
Aujourd'hui, député européen, élu en 2019, il siège avec les élus du FIDES de Viktor Orban. Il nous dira quel est son projet pour la France et l'Europe et les leçons qu'il tire des dernières élections. Bonjour Philippe Olivier. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation et merci à vous de nous écouter comme chaque samedi. Nous sommes ensemble jusqu'à 13h30. L'élection américaine a lieu dans quelques jours. La semaine prochaine, souhaitez-vous, Philippe Olivier, la victoire de Donald Trump ?
Alors écoutez, sur ce chapitre-là de l'histoire américaine, nous sommes des observateurs. Nous regardons un petit peu ce qui se passe. Alors évidemment, chez Trump, il y a des aspects qui nous semblent sympathiques, comme sa lutte contre le wokisme, qui est un vrai sujet. Et puis après, il y a le fait que Donald Trump défendra les intérêts américains. Donc ça nous laisse un peu circonspects. Sachant que si Trump gagne, les européistes jugeront qu'il faut davantage d'Europe et davantage de défense européenne, ce qui ne fait pas notre affaire. Donc vous voyez que nous avons une position qui est assez nuancée sur la question.
En novembre 2016, Marine Le Pen est l'une des rares responsables politiques françaises à se réjouir de l'arrivée de Donald Trump au pouvoir au micro de la BBC. Clairement, la victoire de Donald Trump est une pierre supplémentaire dans l'émergence d'un nouveau monde qui a pour vocation à remplacer un ordre ancien. A quoi va-t-il ressembler ce nouveau monde, Philippe Olivier ?
C'est Trump qui le dira s'il est élu. Ce qui est sûr, c'est que les choses changeront. Et peut-être qu'on aura l'occasion d'en parler, mais est-ce que l'Amérique a vocation à être un empire ou être une nation ? Est-ce que l'Amérique a vocation à faire la guerre au monde entier pour imposer ses valeurs et sa loi ? Ou est-ce que c'est un pays qui doit défendre ses intérêts ? Certains diront se replier sur lui-même. Moi, je crois que nous avons tout intérêt pour l'équilibre du monde à ce que les Etats-Unis restent une nation ou soient une nation et non pas un empire.
Est-ce que la démocratie américaine est menacée ?
Je ne sais rien. Je ne suis pas américain. Je ne suis pas sûr qu'elle ne soit pas menacée aussi par Kamala Harris puisque derrière votre question, il y a l'idée que Trump serait un tentré aux libertés et à la démocratie. Je pense que Kamala Harris, avec ses visions extrêmement communautaristes, ne participe pas à l'unité du peuple américain.
Quand il dit les ennemis de l'intérieur qu'il menace avec l'armée, qu'il sera dictateur pendant 24 heures, qu'il parle même de déportation des immigrés, vous qualifiez ça comment, vous, Philippe Olivier, du RN ?
Moi, je suis un observateur de la vie américaine. Je ne me prends pas partie. Je regarde un peu toutes les outrances, d'un côté ou de l'autre, avec beaucoup de recul. Nous, nous avons heureusement une vie politique qui est un peu plus structurée et je pense plus intellectuelle.
Pourtant, au fameux congrès de Lille de 2018, où vous changez de nom, le Rassemblement National prend la place du Front National. Il y avait Steve Bannon, le conseiller de Donald Trump, qui a été en prison récemment, après l'assaut du Capitole. Ça, c'est un allié que vous assumez ?
Ce n'est pas un allié, ce n'est un visiteur. Nous avons, dans tous les partis, et dans la vie politique en général, des relations avec des tas de gens. Ça ne veut pas dire qu'on est allié, ça ne veut pas dire qu'on partage absolument toute la vision. Maintenant, on a un certain nombre de points de convergence avec Steve Bannon et avec un certain nombre de gens. Je vous parlais du wokisme. C'est une vraie question, c'est un espèce de cancer qui ronde notre société. Sur ce sujet-là, on est d'accord.
Qu'est-ce que vous appelez le wokisme ?
Le wokisme, c'est l'idée que, en fait, le monde, la société, est divisée entre oppresseurs et oppressés. Il faut forcément être dans un camp ou dans l'autre et que les oppresseurs doivent être cancellisés. Donc, le blanc est forcément contre le noir, le grand est forcément contre le petit, le valide contre l'handicapé, l'homme masculin contre la femme, etc. Donc, c'est une vision extrêmement brutale, violente et conflictuelle de la société. Ce n'est pas notre vision.
Et est-ce que ça veut dire qu'il existe quand même des discriminations sur tout ce que vous venez de citer ?
Oui, bien sûr. Bien sûr qu'il existe des discriminations. Et on doit lutter contre les discriminations. Mais pour autant, tout le monde n'est pas oppresseur et donc, la société ne doit pas s'envisager dans des termes aussi conflictuels.
Une dernière question sur cette page internationale, si vous le voulez bien, Philippe Olivier, puisque vous êtes député européen. Quelles conséquences prévoyez-vous sur l'Europe et sur la France en cas de victoire de Donald Trump ou de Kamala Harris ?
J'en ai dit deux mots. Si Trump gagne, les Européistes diront qu'il y aura probablement un désengagement de l'OTAN et donc, il faudra une armée européenne. C'est évidemment une perspective que nous, nous refusons. Si Kamala Harris est élu, il y aura certainement beaucoup plus de conflictualité, notamment vis-à-vis de la Russie et avec des conséquences qui peuvent être extrêmement cataclysmiques.
Parce que vous pensez, vous aussi, que Donald Trump va arrêter la guerre en Ukraine en 24 heures ?
C'est ce qu'il raconte. Après, je n'en sais rien. Je pense qu'il a une vision qui relève un peu de la doctrine Monroe, c'est-à-dire qu'il s'occupe des Etats-Unis avant tout, il se désintéresse un peu du reste du monde et donc, évidemment, sa logique, ce sera de se retirer de tous les conflits. Quand il a été élu, il n'y a pas eu de guerre, il n'a pas fait de guerre. Il a une vision foncièrement différente de tous ses prédécesseurs et de ses successeurs.
Et quelles seraient les conséquences, même si on ne va pas faire de politique internationale fiction, d'un retrait américain, de l'aide à l'Ukraine, à votre avis ?
C'est l'effondrement de l'Ukraine dans les 24 heures. Vous le souhaitez, ça ? Non, non, moi je souhaite qu'on aille vers la paix. Je souhaite une paix juste pour l'ensemble des partis et une paix durable, c'est-à-dire sur des bases saines. Maintenant, si vous voulez, mettez-vous à la place du soldat ukrainien qui apprend que le principal soutien de son pays s'en va, il va quand même avoir un peu de difficulté à maintenir le moral. Donc je crois que ce sera extrêmement rapide si Donald Trump annonce un retrait américain.
Et est-ce que, à votre avis, Vladimir Poutine, qui a envahi l'Ukraine le 24 février 2022, s'arrêtera-t-il à l'Ukraine ? Ou peut-il envahir d'autres pays européens ?
Je n'en sais rien parce qu'il n'y a que lui qui peut répondre.
Mais c'est une crainte que vous avez ?
Oui, tout le monde a la crainte qu'il y ait un embrasement et que les choses ne s'arrêtent pas. Mais je pense qu'il faut trouver les termes pour arrêter les choses. En fait, ce que demande Poutine, c'est une zone de neutralisation autour de son pays, alors que l'OTAN demande que ces pays-là rentrent dans l'alliance militaire, une alliance militaire hostile à la Russie. Donc on comprend bien qu'il faille trouver des solutions et qu'en réalité, on ne peut pas penser que ça s'arrêtera dans un conflit. Ça s'arrêtera par des discussions. Deuxième pilier, le pacte vert. Lui est d'inspiration allemande qui vient notamment des Grunen. Il possède une logique décroissantiste.
L'homme est considéré comme un prédateur des autres espèces, un oppresseur de la nature et doit être réduit dans ses activités. Décroissance énergétique avec, par exemple, l'entrave au nucléaire. Décroissance industrielle avec la fin des moteurs thermiques, c'est-à-dire, en pratique, la mise en pièce de notre industrie automobile. La décroissance agricole avec la réduction des surfaces et des rendements. C'est le texte restaurer la nature. Et enfin, la décroissance en matière d'élevage avec la réduction imposée des septels à l'image de ce qui se passe en Hollande.
C'est votre voix qu'on entend, Philippe Olivier, député RN au Parlement européen. C'était le 23 mars 2024, devant la Commission des affaires étrangères à l'Assemblée nationale française pour faire le bilan de la législature européenne 2019-2024. A vous entendre, on dirait que vous ne voulez rien changer aux pratiques actuelles, qu'elles soient agricoles ou sur les transports, en ce qui concerne l'écologie.
Si, absolument. Nous, nous sommes pour la décarbonation et nous croyons qu'il y a un dérèglement climatique et qu'il faut intervenir. En revanche, là où nous ne sommes pas d'accord, c'est quand l'Union européenne choisit, sous la pression des Allemands, et en réalité sous la pression des Verts allemands, la logique décroissantiste. On parlait du Wauquisme tout à l'heure. Alors, nous, nous pensons que telle qu'elle est pratiquée, l'écologisme, c'est-à-dire l'idéologie de l'écologie, est un Wauquisme. L'homme, l'être humain, serait un prédateur de la nature.
A partir du moment où il est un prédateur de la nature, ses activités, il doit être cancellisé, ses activités doivent être réduites et même concentrées sur un tout petit domaine. Donc, on réduit les surfaces agricoles, on réduit les rendements, on réduit la production industrielle, on réduit l'énergie, on réduit l'élevage. Et en réalité, alors que nous nous sommes engagés avec l'Europe et l'Union Européenne dans cette voie-là, l'ensemble des autres pays européens, pardon, l'ensemble des autres pays du monde pratiquent une politique de croissance et de développement. Et donc, on va se retrouver écrasés par les autres.
Mais restons sur cette question de l'agriculture, puisque je crois que vous, ainsi que vos alliés au Parlement européen, vous êtes contre les traités de libre-échange. Et ces grandes exploitations dont vous parlez agricoles, ce qu'elles font surtout, c'est de l'exportation, aidée par l'Union Européenne, et notamment la politique agricole commune. Non, je pense que... Et quand on livre votre programme ORN, c'est surtout le localisme que vous mettez en avant. Donc, c'est un peu paradoxal de défendre ces grands rendements qui ont vocation à envoyer des yaourts et autre chose à l'étranger.
Non, il n'y a rien de plus anti-écologique que le libre-échange, tel qu'il est pratiqué. Pourquoi ? Parce que d'abord, ce sont des milliers de cargos qui polluent la planète. Ensuite, parce qu'on produit en Chine, on consomme en Europe, et on retraite en Inde. Ce n'est pas une logique qui est très vertueuse.
Mais restons sur l'agriculture, Philippe Oly. Pardon ? Restons sur l'agriculture, puisque dans cet extrait qu'on vient d'entendre, vous dites, voilà, on ne veut plus de grandes... On veut défendre les grandes exploitations.
Non, non, on veut défendre les grandes exploitations. Non, non, non. On veut défendre l'agriculture familiale. On ne veut pas défendre les grandes exploitations. On veut défendre...
Vous dites moins de rendement, c'est ça que nous promet la décroissance européenne.
On vient de l'entendre. Écoutez, vous avez des agriculteurs qui gagnent 800 euros par mois. Et on leur dit, vous allez produire moins, et sur moins de surface. Ils se disent, mais on va gagner combien ? Donc, en fait, on les condamne à mort. On voit bien, et on les condamne à mort par des normes, et par des restrictions, comment dire, normatives et impératives. Donc, nous, nous pensons qu'il faut maintenir une agriculture. Le paradoxe, c'est qu'on détruit notre agriculture en Europe, et qu'on importe massivement des produits du monde entier, mais qui n'ont pas nos normes, et notamment nos normes sanitaires.
Ça, c'est vrai, mais on détruit notre agriculture. Les agriculteurs français, et notamment les grands, reçoivent beaucoup de la politique agricole commune.
Alors, où vient l'argent de la politique agricole commune ? De la France. Parce que nous sommes contributeurs nets. Donc, il faut arrêter de dire que c'est l'Europe qui finance. Maintenant, l'Europe, l'Union européenne, donne des subventions, mais en échange de concessions qui sont mortelles pour un certain nombre d'exploitations. Et puis, demain, si l'Ukraine rentre dans l'Union européenne, comme le veut Mme von der Leyen, qu'est-ce qui va se passer ? L'ensemble de la politique agricole commune partira pour l'Ukraine parce que ce sera considéré comme un pays pauvre. Donc, on aura deux solutions.
Soit il n'y aura plus d'aide pour les agriculteurs, soit la France sera obligée de rajouter au pot. Donc, vous voyez bien que cette question de la politique agricole commune est très liée aux questions de financement par la France et donc par les Français. Et en même temps,
Philippe Olivier poursuit votre raisonnement, eurodéputé RN, vous ne voulez plus sortir de l'Europe. Moi, j'ai du mal à comprendre cette critique permanente d'institutions au sein desquelles vous siégez et dont vous bénéficiez quand même de sacrés fonds.
Ça s'appelle, madame, l'opposition. Quand il y a une assemblée, il peut y avoir des opposants. Et ce n'est pas un crime de lèse-majesté. Ce n'est pas quelque chose d'hérétique. On a été élus, nous ne voulons plus sortir de l'Europe et je peux vous expliquer pourquoi, il n'y a aucun problème. mais on a été élus avec des gens qui nous disent qu'il faut réformer l'Europe. Et donc, nous venons dire réformons l'Europe sur un certain nombre de sujets. Je vais prendre un exemple. Vous parliez du libre-échange. Le libre-échange, c'est quoi ? Ce sont les Allemands qui négocient au monde entier la vente de leurs machines et de leurs grosses voitures en échange de l'agriculture française.
Nous nous disons qu'il faut sortir l'agriculture des traités de libre-échange et avoir une vision qui est beaucoup plus sectorielle. Ce n'est pas révolutionnaire. C'est simplement du bon sens et de la défense de nos intérêts. Donc, vous voyez bien qu'on peut pouvoir une réforme.
Sur les institutions européennes,
on peut pouvoir une réforme. Qu'est-ce que vous voulez changer puisque maintenant, vous ne voulez plus sortir de l'Europe ? Alors, ce qu'on veut changer, c'est très simple, c'est qu'il y a en fait trois, sans faire un cours mais en étant très rapide, il y a trois grandes instances dans les institutions européennes. Il y a le Parlement, c'est la chambre qui est élue. Il y a le Conseil, ce sont les chefs d'État et il y a la Commission. Et en fait, le pouvoir est à la Commission. Quelle légitimité à la Commission ?
Celle des États. Aucune. Ce sont les États qui choisissent les commissaires.
Oui, oui. Est-ce que M. Séjourné a été choisi par la France ? Non, il a été choisi par Mme von der Leyen.
Mais Mme von der Leyen a été élue par votre Parlement.
Non, non. Elle a été à l'issue d'un...
400 votes sur 720.
Je ne suis pas sûr qu'il y ait un seul électeur européen qui ait voté pour Mme von der Leyen. Personne n'a voté pour Mme von der Leyen. Et vos collègues... Philippe Olivier, restons sur les faits. Elle se comporte comme une impératrice de l'Europe.
Philippe Olivier, restons sur les faits. On est bien d'accord que vos collègues... Vous, vous n'avez pas voté pour elle. Mais vos collègues du Parlement européen en juin dernier ont voté pour sa reconduction.
Ils ont validé le choix de sa reconduction. On est d'accord. Voilà.
Vous avez même la possibilité de faire une motion de censure.
Oui. Alors, ça veut dire quoi ? Vous avez quand même du pouvoir vis-à-vis de cette commission. Mais aucun pouvoir. Enfin, il ne faut pas raconter des histoires. Moi, je suis membre de Parlement européen. Moi, je lis les institutions. C'est une chambre d'enregistrement. On n'a pas de...
Il y a une majorité quand même.
Oui, oui. Vous avez raison de le dire. Il y a une majorité qui est composée de LR, de Renew, c'est-à-dire Renaissance, des socialistes qui font campagne les uns contre les autres et même d'ailleurs le LFI qui font campagne les uns contre les autres retrouvent sur les bancs du Parlement européen. Ils font cause commune pour voter pour Mme von der Leyen. Nous, on est dans l'opposition. Nous, maintenons cette position-là. C'est évident qu'on n'a pas du tout la même vision qu'eux.
On va dire encore un mot du pacte vert puisque c'était l'objet du premier extrait sonore qu'on vient d'entendre. Vous avez quand même réussi à le détricoter ce pacte vert. Je pense au décalage de la loi sur la déforestation. Je pense à la clause de révision sur les moteurs thermiques. Est-ce que ça, c'est le signe que l'Union européenne fonctionne et démocratise Philippe Olivier ?
Non, ça marque notre efficacité politique. Alors, nous n'avons pas d'influence parlementaire parce que nous sommes tenus à l'écart. L'Union européenne se présente comme démocratique mais nous sommes comme force d'opposition tenus à l'écart de tout. On n'a pas de rapport, on n'a rien.
Il y a le cordon sanitaire.
Voilà, il y a le cordon sanitaire. C'est en fait un cordon antidémocratique parce que quand vous représentez 200 députés, quand les forces nationales représentent 200 députés sur 700 au Parlement européen, on devrait en tenir compte. Bon, il y a un cordon sanitaire qui est créé, un cordon antidémocratique. Voilà, ça veut dire que nous n'avons pas accès à des rapports, que nos amendements sont systématiquement refusés, etc. Pour autant, et vous le dites vous-même, nous avons une influence politique majeure. C'est-à-dire que sur un certain nombre de textes qu'il était interdit de critiquer pratiquement de manière théologique, eh bien, nous avons réussi à renverser les majorités.
Et c'est vrai que l'écologie punitive, la logique de décroissance que nous avons dénoncée, finit par être mise en cause, y compris dans une institution qui est assez monolithique.
Alors, l'écologie punitive, on va en parler puisque vous avez sans doute vu ces dernières semaines en France les inondations qui se succèdent. Et cette semaine en Espagne, les inondations meurtrières. On n'a pas encore le bilan définitif, mais il y a plus de 150 morts à Valence. Et à Valence, c'est un gouvernement régional qui est dirigé par le Parti Populaire, la droite classique, et Vox, vos alliés au Rassemblement National. Et en novembre dernier, l'unité des urgences de Valence, la cellule de crise qui permet de coordonner les urgences, a été supprimée. Aujourd'hui, on met en cause cette gestion dans ce drame qui est arrivé. Comment le justifiez-vous, Philippe Olivier ?
Qu'est-ce que ça dit de votre famille politique au niveau européen sur sa non prise en compte des questions écologiques ?
D'abord, le Parti Populaire espagnol ne fait pas partie de ma famille politique. Non, mais là, je parle de cette alliance
à Valence.
Elle est... Fox. Donc, maintenant, vous me parlez des urgences en Espagne. Moi, je vais vous parler des urgences en France. M. Macron étant aux affaires depuis un certain nombre d'années, on supprime des dizaines de milliers de lits d'hôpitaux. Et vous ne trouvez rien à dire ? Non, on parle de l'écologie. Demain, il y aura une catastrophe écologique en France et donc on aura besoin de lits d'hôpitaux. Il n'y en aura pas. Est-ce que vous ferez la même remarque ? Oui, j'ai posé
la même question à la ministre de la Santé la semaine dernière.
Je ne commande pas ce qui se passe en Espagne parce que je ne suis pas espagnol. Mais je serai espagnol, je serai évidemment contre les suppressions de lits d'hôpitaux et contre les suppressions des urgences comme je le suis en France.
Je parle d'écologie, Philippe Olivier, vous êtes contre par exemple la loi zéro artificialisation nette, vous voulez un moratoire sur le solaire et l'éolien, vous voulez baisser la TVA de 20 à 5,5 sur les carburants. On se demande un peu comment vous allez faire pour lutter contre ce défi majeur ?
Eh bien, il y a quelque chose pour des gens qui sont progressistes, c'est la science. Vous voyez, par exemple, on peut capter le carbone. Alors, ce qui est curieux, c'est qu'il y a des manières techniques de capter le carbone et les écologies sont contre. Les écologies sont pour le train. Vous dites, super, ils sont pour le train. Mais ils sont contre la ligne Lyon-Turin. Ils sont supposés être pour l'énergie décarbonée. Vous êtes d'accord ? Le nucléaire est décarboné. Ils sont contre le nucléaire. La réalité, c'est qu'ils ne sont pas contre l'énergie décarbonée. Ils sont contre l'énergie. Et vous le montrez, vous pensez qu'il n'y a que l'éolien et le solaire qui vaillent.
Non, il y a des tas d'autres. Non, je ne dis pas ça. Je dis juste que là,
on parle du mix énergétique. Vous, vous voulez un moratoire sur ces énergies réglables ?
Non, mais nous, nous voulons qu'il y ait d'autres solutions techniques que simplement le tout électrique. Parce que le tout électrique, c'est la mort de notre industrie automobile. Mais c'est une impasse à la fois technique et même écologique. Parce que, prenons les éoliennes, par exemple. Les éoliennes, c'est une énergie intermittente. Ça veut dire que derrière les éoliennes, il doit y avoir des centrales à charbon. Est-ce que c'est écologique ? Non. Maintenant, quand on prend le bilan d'une éolienne, c'est-à-dire, y compris son recyclage...
Pourquoi vous dites que des centrales à charbon derrière les éoliennes ?
C'est l'exemple allemand. C'est le modèle allemand.
Mais en France, il n'y a pas ça ?
Si, il faudra forcément... Si, on ne veut pas de nucléaire. Et si on a simplement du solaire... Mais on ne parle pas... Non, mais est-ce que... Quand vous passez...
Vous ne voulez pas du mix énergétique. Vous voulez le tout nucléaire.
Non, non. Non, non. Nous, on veut qu'il y ait toutes les solutions sur la table.
Non, puisque vous voulez un moratoire sur le solaire.
Et notamment... Non, mais on est en train de se ruiner avec des éoliennes qui dégradent nos paysages et qui sont une économie subventionnée qui n'amène à rien. Nous, nous disons, il faut l'ensemble des solutions techniques. avec le nucléaire, l'hydrogène. Il y a, par exemple, l'hydrogène gris qui est en train d'arriver. On n'y a pas encore. Oui, mais il faut mettre de l'argent sur la table pour pouvoir utiliser cette nouvelle énergie. Mais les écologies sont contre. Parce qu'à partir du moment où on ponctionne sur la nature, ils sont contre. Donc, en fait, ils sont contre l'énergie. Ils ne sont pas contre l'énergie carbonée.
France Culture. Sens politique. Astrid De Vilaine.
Sur ce plateau, il y a quelques jours, sur cette question de la binationalité, parmi les postes qui seraient donc interdits aux binationaux, vous évoquiez les emplois ministériels. Évidemment. Vous voulez qu'on prenne un exemple précis ? En cour marocaine. Qu'a-t-elle fait ? Elle a détruit le collège public, bien sûr, et surtout, elle a voulu instituer au CP, au cours préparatoire des cours d'arabe. Vous ne croyez pas qu'il y a plus important que ce que ça ? Attendez, attendez. Là, c'est très important ce que vous dites, Roger Chudot. Vous prenez comme exemple Najat Vallaud-Belkacem.
Ça veut donc dire que, selon vous, elle n'aurait pas dû être ministre parce que, compte tenu de sa double nationalité ? Je pense que c'était une erreur et que ce n'était pas une bonne chose pour la République. Et Rachid Arati ? Non mais Rachid, je ne vais pas faire un palmarès des gens, c'est pas la question. Je pense que les postes ministériels doivent être détenus par les franco-français. Point final. Donc, ça veut dire, Roger Chudot, que pour vous, un ministre ou une ministre du gouvernement Bardella, du gouvernement Jordan Bardella, ne peut pas avoir de double nationalité ? Ça a été dit. Ça a été dit, je pense, par Jordan et par Sébastien Senu.
C'est tout à fait clair qu'il faut revenir là-dessus.
Roger Chudot, député Rassemblement National du Loir-et-Cher sur BFM TV le 27 juin dernier. D'ailleurs, c'est avec lui que vous avez fondé, Philippe Olivier, une association contre le wokisme. Alors, je pense que les postes ministériels doivent être détenus par des franco-français. Il s'est fait recadrer dans la foulée. Il y a eu tous ces revirements, ces dérapages sur la binationalité pendant la campagne des législatives. Quelle est votre réelle position là-dessus ? Même, j'ai envie de vous demander, vous, votre position personnelle. Parce qu'on a un peu l'impression que parfois, certains disent tout ce que vous pensez tout bas, vous les cadres autorisés à parler.
Non, vous savez, nous, on est très francs, on dit exactement ce qu'on pense et même si ça peut être préjudiciable d'un point de vue électoral ou de l'image. Non, en l'occurrence, si vous voulez, historiquement, on était contre la binationalité. Et il y a quelques années, exactement quand, mais Marine Le Pen avec l'accord des instances nationales a changé la position du parti pour une raison très simple.
C'est-à-dire que si on craint une double allégeance, ce qui est intellectuellement possible, il y a une manière très simple de régler le problème, c'est de déchoir, par exemple, un binational fait des actes de terrorisme, je ne sais pas quoi, eh bien, on le déchoit de sa nationalité française et l'en sort. Je parle de Kémy Séba, par exemple, qui avait une position très... Je réponds à votre question très concrètement. Kémy Séba, qui avait des positions extrêmement anti-françaises et qui venait semer le trouble, bon, il a été déçu de sa nationalité. Je ne pense pas qu'il ait été déçu de sa nationalité par... sous notre... Attendez, attendez, je réponds complètement à la question.
Donc, la question de la... si vous voulez, de l'allégeance est réglée. Donc, on n'a pas de problème d'aller chercher des querelles à des binationaux qui ne posent aucune difficulté. Mais alors, pourquoi votre député
Roger Chudeau dit ça il y a quelques mois ? Pourquoi Sébastien Chenu dit la même chose sur le palato de TPMP ? On l'avait écouté ici dans cette émission avec un autre invité du RN. Est-ce qu'il y a eu des problèmes, des dysfonctionnements ? Vous l'avez même dit au Monde le 9 juillet. Oui, il y a eu des dysfonctionnements, il faudra une réorganisation générale du parti.
Oui, mais là, vous mélangez les choses.
Je parle de votre défaite aux élections législatives.
Vous me parlez de réorganisation du parti, on peut en parler, ce n'est pas un sujet. Vous me donnez l'occasion de préciser la position sur les binationaux, il n'y a pas de problème. Vous l'avez dit vous-même, M. Sudot, M. Sudot, qui est mon ami, qui reste mon ami, a exprimé une position personnelle, il a été recadré par Marine Le Pen. Donc, les choses sont très claires. L'ERN n'est pas contre la binationalité.
Malgré deux députés majeurs qui disent l'inverse en pleine campagne.
Oui, mais il peut arriver que des gens expriment un point de vue personnel qui n'est pas le point de vue du parti politique. C'est pour ça, vous pensez que vous avez perdu les élections législatives au second tour ? Non, c'est qu'il y a eu le front alimentaire. C'est-à-dire que les gens de LR ont voulu se sauver avec des voix de LFI de la même manière que des LFI se sont sauvés avec des voix de Macron. LR n'a pas beaucoup participé au front républicain. Ah bon ? Vous ne croyez pas ? Vous ne croyez pas ? Si, si, LR a tout à fait participé et quand vous regardez les reports de voix, il y a eu un front alimentaire contre le Rassemblement National. Mais ce n'est pas grave. Front alimentaire,
c'est ce que vous voulez dire par front républicain ?
Oui, front alimentaire. C'est bien dit front alimentaire. Parce que ce sont des gens qui voulaient garder leur gamelle. Leur gamelle parlementaire. Des députés qui voulaient être élus à tout prix et qui ont tout accepté. Mme Borne a été élue avec les voix de LFI, etc. J'ai un permanent aussi. Oui, mais bien sûr. Mais vous avez raison de le dire. Oui, ils ont été élus. Nous, si vous voulez, nous on a une vision politique et je crois assez claire. Et nous, il n'y a pas ce type de compromission. On n'a pas demandé à M. Mélenchon de faire élire nos candidats.
Philippe, Olivier, est-ce qu'on sentait bien pendant, juste après votre écrasante victoire aux élections européennes le 9 juin, juste après la dissolution, que vous étiez prêt à gouverner ? Vous le disiez sur toutes les ondes. Vous-même, vous avez participé au plan Matignon. Depuis deux ans, vous nous disiez que vous aviez, vous avez dit en tout cas sur Radio Courtoisie, au lendemain de la dissolution, nous avons toutes nos investitures. Le Monde, quelques semaines plus tard, dira que vous n'en aviez que 300 sur 577. Que s'est-il passé ? Est-ce que vous n'étiez pas prêt, finalement ? Est-ce que vous avez menti aux Français en disant que vous étiez prêt ?
Est-ce que vous avez regretté de demander au président de la République une dissolution qu'il vous a accordée ?
Non, pas du tout. On avait tous nos candidats. D'ailleurs, si vous voulez, à partir du moment où Macron décide la dissolution, il y a quelques heures entre le moment où il y a la dissolution et pratiquement le dépôt des candidatures. Donc, ne croyez pas qu'on aurait, contrairement à ce que dit le monde, inventé 200 candidats comme ça en sortant de notre chapeau. Non, on avait tous nos candidats.
Et pour vous, ils étaient bons ces candidats ?
Alors, il y avait deux types de candidats. Il y avait des candidats dans les circonscriptions qui dépassaient 40%, qui avaient tous été auditionnés par le siège. Et donc, je pense qu'on avait fait un travail qui était très important de sélection individuelle et on le voit d'ailleurs à la qualité du groupe parlementaire qui a été élu. Après, il y avait des candidats qui étaient choisis par les fédérations et il y a pu avoir quelques candidats qui étaient plus défaillants. Mais je vais vous dire, c'est l'honneur du RN de faire monter dans la vie politique des simples citoyens. Nous, on prend des simples citoyens et qui n'ont pas forcément les codes.
Ils ne sont pas journalistes, ils ne sont pas hommes politiques professionnels et ils peuvent ne pas avoir le niveau pour répondre à un micro tendu, pour répondre à une émission. On parle quand même
de dérapage raciste. Oui,
il y a eu trois problèmes qui ont été réglés dans la seconde.
Mais qu'est-ce que ça dit de votre parti ? Ça dit qu'en fait, il n'a pas changé, que vous qui avez très bien connu l'époque de Jean-Marie Le Pen, finalement, ce sont les mêmes avec un petit vernis ?
Non, ça dit que c'est un parti qui fait monter une nouvelle élite populaire. Ça dit que, et c'est difficile, nous, on n'est pas endogamique. Nous, on va chercher telle ou telle personne qui est chauffeur de bus, qui est secrétaire, qui est, etc. Enfin, tous les chauffeurs de bus ne portent pas
des casquettes nazies.
Oui, il y a une personne qui avait une photo malheureuse et très malheureuse et très condamnable et qu'on a condamnée et qu'on a exclue.
Non, vous, vous avez dit, dans le monde, elle se fait photographier sur une brocante, ça aurait pu être un chapeau chinois, c'était une casquette nazie. Oui, et ben voilà. Ça n'en fait pas une nazie pour autant. Cela dit, à tout le moins du relativisme, Philippe Olivier.
Écoutez, à partir du moment où il y a un problème, on l'a réglé. Même s'il n'y avait pas de problème de fond, cette personne n'est pas nazie, ça ne fait pas d'elle une nazie, il y avait une photo plus que malheureuse, elle a été exclue, c'est réglé. Pour nous, c'est réglé. Il faut voir que c'est lorsqu'on prend les... Enfin, on juge un parti aux positions qu'il prend. Nous, quand on a un problème de ce type-là, on le tranche. En fait, on parle de ça
depuis que vous êtes à l'œuvre pour la dédiabolisation. À chaque élection, il y a des problèmes, des suspensions, etc., des dérapages racistes ou xénophones. Non, non,
ne dites pas ça. Moi,
j'ai suivi le RN à chaque fois, vous en expulsez.
Alors, regardez la qualité des députés que nous avons et vous verrez bien que ce qui a été dit dans la presse est faux.
Alors, peut-être justement un mot de politique intérieur puisque cette semaine, il y avait la fameuse niche du RN à l'Assemblée nationale. Vous, vous vous êtes fait censurer la fameuse abrogation de la réforme des retraites que vous portiez depuis le début de l'année par un article classique de la Constitution, l'article 40, puisque ça a créé une dépense supplémentaire. C'était déjà arrivé au groupe Liott il y a quelques semaines. Vous n'avez pas pu porter cette proposition de loi, même si vous l'avez... Si, on l'a portée. Oui, enfin, vous n'avez pas pu la faire adopter.
On l'a portée et la gauche a voté contre.
Oui, mais elle était complètement détricotée.
La gauche a voté contre. La gauche a voté contre.
Mais qu'est-ce que ça dit ça ?
Elle a laissé les macronistes détricoter un certain nombre de mesures et quand c'est arrivé pour acter le principe, parlementaire de votre part ? Ah non, ça est très révélateur de la position de la gauche qui raconte un certain nombre de choses sur les plateaux et qui, quand il faut voter, mais c'est le même problème à l'Europe. On en a parlé avec Van Berlade. Eux vous accusent de ne pas avoir voté
leur amendement du projet de loi de financement de la Sécurité sociale qui ramenait le...
Eux, ils sont dans des hurlements et dans des invectives qui ne sont pas très démocratiques.
Donc, pour vous, le stratège, le conseiller de Marine Le Pen, il estime que la niche d'hier, la niche parlementaire d'hier, tout s'est très bien passé. Pas un texte n'a été adopté. Vous avez même été obligé de retirer votre texte sur l'interdiction des DPE, des diagnostics énergétiques. Pour vous, c'est un bon moment parlementaire pour le RN ?
Est-ce qu'il ne vous aura pas échappé quand même qu'on est minoritaire ? C'est quand même une donnée. C'est-à-dire que qu'on n'arrive pas à faire passer un texte à partir du moment où la gauche vote avec les macronistes, oui, c'est sûr. Mais ça ne nous met pas en cause, nous, ça met en cause la gauche et ses cohérences politiques ou intellectuelles.
France Culture. Sens politique. Astrid De Vilaine. Alors, j'aimerais qu'on revienne sur votre passé politique, Philippe Olivier. Pourquoi, à 18 ans, vous prenez une carte au Front National ?
Parce que, en réalité, j'étais français de l'étranger. J'ai vécu toute ma jeunesse en Afrique et j'avais l'image de la France que les Africains se font. Parce que j'ai été élevé en Afrique avec des Africains et l'image d'un pays qui était merveilleux, qui était magnifique, qui était... Et quand je suis rentré en France, ou plutôt quand je suis entré en France, parce que j'étais parti à 6 mois et je suis rentré à 16 ans, j'ai été très déçu par mon pays. Ce n'est pas l'image que j'avais et ce traumatisme-là a fait que j'ai voulu m'engager. J'aurais pu m'engager au RPR parce que j'étais plutôt d'inspiration gaulliste mais il y avait Chirac et je ne sentais pas Chirac.
Et un jour, sur Europe 1, j'ai entendu une voix pendant une minute de quelqu'un qui m'apparaissait comme étant patriote et c'était Le Pen. Et donc, de fil en aiguille, je me suis rapproché du Front National et j'ai adhéré au Front National. J'ai milité au Front National, je ne le regrette absolument pas, mais j'étais toujours quelquefois un peu déçu par les sorties de Le Pen, ce qui a créé ensuite évidemment un départ en 98.
Justement, en 1996, Jean-Marie Le Pen dit « Je crois à l'inégalité des races ». Vous, à ce moment-là, vous êtes délégué général adjoint du FN. Comment vous vivez ce moment ?
Très mal parce que tous ces dérapages étaient catastrophiques et d'ailleurs n'étaient pas du tout conformes à la ligne du mouvement. Le Pen était un... Pourtant,
c'était quand même très régulier.
Oui, c'était très régulier mais ça a donné lieu à la scission, si vous voulez. Vous ne pouvez pas nous reprocher de ne pas avoir réagi puisqu'on est partis et je crois avoir toujours été cohérent moi dans ma ligne politique. Moi, je crois que notre famille politique qui défend la nation, la nation, c'est un acte d'amour, c'est un acte de fédération, c'est un acte de foi dans l'avenir. Ce n'est pas quelque chose qui doit être polémique. Donc, moi, je n'étais pas évidemment très... Je ne pouvais pas me satisfaire de ça et d'où la scission et je ne regrette pas d'être reparti en 98.
En 2009, vous aviez un blog sous pseudo et vous écrivez le plafond de la chapelle Sixtine ne se compare pas à des bricolages en boîte d'art primitif.
Alors, écoutez, d'abord, je ne me rappelle plus avoir écrit ça mais admettons que je l'ai écrit, je ne vois pas, je ne fais pas de relativisme. Oui, effectivement, je ne vois pas ce qu'il y a de répréhensible à dire ça. L'art, c'est d'abord de la technique. Si vous n'avez pas trois mots de vocabulaire, vous n'êtes pas un écrivain. Si vous n'avez pas... Et le fait de comparer la chapelle Sixtine, je ne sais pas dans quel contexte ça a été dit. Est-ce que ça a été dit parce qu'on expliquait que toutes les oeuvres d'art se valaient. Je ne peux pas vous donner le contexte, je ne m'en souviens pas, mais ça ne me choque pas.
Qu'avez-vous appris auprès de Jean-Marie Le Pen ?
J'ai appris beaucoup de choses. J'ai appris d'abord le sens du combat patriotique parce que c'était un grand patriote. J'ai appris la communication, j'ai appris la résilience, j'ai appris la combativité politique, j'ai appris beaucoup de choses. Après, est-ce que vous me... je reste quand même extrêmement comment dire dans une démarche très politique très personnelle. Moi, j'ai toujours cru dans l'État, j'ai cru dans la... je crois dans la nation. La nation qui, je vous l'ai dit, est un acte d'amour. Je crois dans l'idée d'une grande fédération, de toutes les énergies des gens qui souhaitent être français, qui ont envie de l'être, qui ont envie d'un destin commun.
Donc, voilà, il y a des choses que j'ai acquises de Le Pen et puis il y en a d'autres que je n'ai pas acquises et notamment c'est des rapaces.
Vous dites en effet la radicalité bloque à 15% et dans Libération en 2022, un cadre du RN sous couvert d'anonymat disait de vous c'est vraiment un mec d'extrême droite avec une vraie radicalité mais une stratégie de diverses droites. C'est ça au fond la dédiabolisation ?
Non, tout mon parcours dénote, si vous voulez, un parcours se juge au fait. Moi, je claque la porte en 98 du parti. C'est à 40 ans je me trouve sur le sable. Si vous voulez, je n'ai pas de situation, je n'ai rien rompre comme ça. C'est compliqué. J'ai une famille, j'ai des enfants et je repars à zéro. Je retrouve du travail, je rentre dans l'entreprise. Donc, c'est un choix qui devrait être éclairant sur mon parcours.
Est-ce que vous croyez, vous qui avez été maigretiste, à la malédiction des numéros 2 au Front National, surtout quand ils ne font pas partie de la famille je pense aussi à Florian Philippot
et donc potentiellement
à Jordan Mardella ?
Non, je ne crois pas ça. Je crois que si vous prenez Bruno Maigret, il y a la scission parce qu'il y a les outrances de Le Pen et que je pense que l'appareil n'en peut plus. mais Maigret n'est pas à la hauteur et Maigret se tourne très vite dans une posture et une démarche et une logique groupusculaire qui le condamne. Moi, je crois que... Comme Philippot ? Comme Philippot mais comme Zemmour. Moi, j'ai toujours cru à l'idée qu'il fallait s'ouvrir et d'où l'idée de rompre avec Front National pour aller vers rassemblement c'est-à-dire l'idée qu'on s'ouvre. Ça veut dire accepter les compromis. Ça veut dire avoir une vision moins verticale du mouvement.
Au risque du... En même temps... Non, il n'y a pas de... Quand on s'associe avec Éric Ciotti qui défendait la réforme des retraites à 65 ans, vous qui avez eu en tout cas Marianne Le Pen qui a toujours eu un discours très social sur la question par exemple des retraites peut-être que vos électeurs vont se perdre à force de faire le grand écart.
Non, ils ne font pas le grand écart mais on a des alliés qui n'ont pas d'accord sur tout et c'est très bien et le fait qu'on puisse avoir des alliés qui ne sont pas exactement d'accord sur tout montre bien qu'on a un esprit d'ouverture.
Sens politique L'archive de l'invité
En France, vous avez dans toutes les mairies de campagne 60 habitants vous avez le drapeau européen il fait absolument Donc les Allemands ont fabriqué une Europe tant que ça servait l'Allemagne quand l'Europe ne sert plus l'Allemagne on se défait de l'Europe donc elle est morte cette Europe-là et on nous la force on nous l'inflige de force parce qu'il y a une espèce d'impérialisme et vous avez vu madame Ursula von der Leyen nous dit mais moi je n'exclus pas une Europe à 30 donc c'est l'impérialisme c'est-à-dire cet état maastrichtien avec son drapeau avec son hymne etc.
est aussi un état impérialiste en disant on avance nos pions jusqu'au le plus loin possible en direction de Vladimir Poutine qui lui répond comme on imagine comme on le voit bien par la brutalité par une guerre impérialiste lui aussi ce sont deux impérialismes c'est l'impérialisme maastrichtien plus l'impérialisme russe anciennement soviétique qui sont en train de se combattre et les français font les frais de cette affaire
La voix de Michel Onfray sur la chaîne de télévision CNews le 14 septembre 2023 on dirait Philippe Olivier eurodéputé RN que Michel Onfray met sur le même plan le supposé impérialisme européen et l'impérialisme russe dans sa guerre contre l'Ukraine vous partagez cette analyse ?
Non je crois que vous oui ça c'est la position de Onfray ce qui est important dans cet extrait là c'est pas ça c'est la manière dont il qualifie l'Union Européenne et je crois à juste titre l'Union Européenne se comporte comme un empire il y a traditionnellement dans l'histoire du monde la guerre des empires et des nations il y avait les Gaulois l'Empire romain est arrivé et a soumis les Gaulois voilà et cette histoire des empires est constante
il y a quand même une grande différence
et en réalité l'Union Européenne se comporte comme un empire c'est à dire que c'est une unité centrale qui écrase les nations
juste une question là dessus c'est votre grande théorie ça que l'Union Européenne est un empire sauf que les empires de mémoire ils vont à la conquête de territoires sans leur avis là on a plutôt des pays qui veulent rentrer chez nous et ils peuvent même en sortir
comme on l'a vu avec le Brexit c'est un empire
sympathique on va dire
non l'Union Européenne est un empire marchand c'est à dire que l'Union Européenne nous on considère et c'est notre grand point de désaccord avec l'Union Européenne c'est que nous on considère que l'Europe est une zone géographique d'ailleurs délimitée mais c'est une unité de culture et d'histoire l'Union Européenne s'envisage comme un marché et donc le marché par définition est illimité c'est un empire marchand et donc à partir du moment où vous commercez avec l'empire vous pouvez faire partie de l'empire même si vous êtes en dehors des limites et d'où l'idée de l'adhésion de la Turquie et demain du Maghreb et l'idée des traités libres
on donne des milliards
par an pour faire entrer la Turquie dans l'Union Européenne non c'est gelé vous le savez très bien non non c'est pas gelé non non ne racontez pas les négociations sont gelées non non ce n'est pas gelé c'est exactement comme le Mercosur on fait croire que c'est gelé ce n'est pas gelé
merci Philippe Olivier eurodéputé du Rassemblement National d'être venu dans Sens Politique vous pouvez réécouter cette émission sur franceculture.fr et sur l'application Radio France merci à Luca Liberati qui m'a aidé à préparer cette émission à la réalisation comme chaque semaine Luc Jean Reynaud à la technique aujourd'hui Timothée Hubert et à la vidéo Vincent René à samedi prochain très bel après-midi sur France Culture
Philippe Olivier