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Débathumanite-fr· 12 octobre 2026 56 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesSolidarités & familleRetraitesTravail & emploi

Le programme du NFP est-il applicable ?

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 62 %Attaque 28 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 4:05FerméeRéponse directe

    Où trouvez-vous un tel argent ?

  • 8:56OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous dites aux contribuables qui ont peur qu'avec la gauche au pouvoir, ils paieront plus d'impôts ?

  • 10:49FerméeRéponse directe

    Comment est-ce que vous financez l'abrogation de la retraite à 64 ans ?

  • 14:06RelanceRéponse partielle

    Est-ce que ce n'est pas un peu facile, finalement ? Est-ce que ce n'est pas une promesse en l'air ?

  • 16:29RelanceRéponse directe

    Est-ce que ce n'est pas irresponsable, comme ça, de prendre le risque de laisser filer les déficits ?

  • 16:41FerméeRéponse directe

    Frédéric Boccarat, qu'est-ce que vous pensez de cet argument de la dette publique qui est réelle ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:10Invité politiquePromesse
    « on se fait fort de trouver les recettes équivalentes »
  • 8:12Invité politiqueChiffre
    « Gabriel Zuckman qui l'a proposé, c'est 26 milliards. »
  • 9:35Invité politiqueFait
    « la réforme de l'impôt sur le revenu que nous proposons, qui est de rendre progressif la CSG et de mettre 14 tranches sur l'impôt sur le revenu, ça a déjà été fait en 1980, c'était le cas, et bien permettra, a priori, d'après nos calculs, à quelqu'un qui gagne moins de 4 000 euros par mois de s'en sortir mieux »
  • 12:50Invité politiqueChiffre
    « Michael Zemmour disait qu'augmenter de 0,8 point les cotisations retraite, ce qui représenterait environ 14 euros par mois pour un SMIC ou 28 euros pour un salaire moyen, eh bien ça suffirait à financer cette réforme »
  • 13:23Invité politiqueChiffre
    « une ISF climatique et une taxe sur les super-profits, 15 milliards chacun »
  • 17:29InvitéFait
    « les dépenses équilibrent les recettes »
  • 19:23InvitéChiffre
    « On paye aujourd'hui 50 milliards environ de charges d'intérêt, uniquement d'intérêt, sur la dette. C'est autant qu'un budget d'éducation primaire plus secondaire. »
  • 21:08InvitéChiffre
    « 200 milliards d'aides publiques d'après la CGT, 100 milliards d'après les néolibéraux »
  • 27:08InvitéChiffre
    « Les exonérations de cotisations sociales, par exemple, rien que ça, c'est 80 milliards d'euros. »
  • 27:36InvitéFait
    « dépenser 26 000 euros par apprenti, c'est deux fois plus qu'un étudiant dans l'enseignement supérieur moyen »
  • 39:36Invité politiqueFait
    « depuis une trentaine d'années, dans la richesse produite, la part du travail a diminué et la part du capital augmenté. »
  • 43:28Invité politiqueChiffre
    « entre les exonérations 80 milliards et les aides directes, il y a quasiment 200 milliards par an. »
  • 46:43Invité politiqueChiffre
    « le taux de pauvreté à Mayotte, il est de 77%. »
  • 51:41InvitéFait
    « Dillingke dit nous avons besoin de 100 000 soignants à l'hôpital en Allemagne. »
  • 51:46InvitéFait
    « il nous manque 14 000 enseignants en Allemagne. »

Temps de parole

  • Invité34 %
  • Éric Coquerel21 %
  • Karine Lebon15 %
  • Invité 212 %
  • Présentateur10 %
  • ?6 %

≈ 54,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

14 tranches seraient du matraquage des classes moyennes

0:03
Locuteur

ou

0:04
Présentateur

que rétablir l'ISF

0:05
Locuteur

serait

0:06
Présentateur

confiscatoire. Alors,

0:08
Locuteur

le

0:09
Présentateur

programme du non-fonds populaire est-il applicable ? Cette question-là, nous allons débattre avec Frédéric Boccarat, économiste

0:16
Locuteur

du

0:17
Présentateur

Parti communiste français, Éric Coquerel, député de la France insoumise, Karine Lemont, députée GDR et Eva Sasse, députée les écologistes.

0:27
Locuteur

Un

0:27
Présentateur

débat animé par Cyprien Boganda, le chef adjoint de la rubrique éco-sociale

0:32
Locuteur

de

0:33
Présentateur

l'humanité.

1:33
Locuteur

Bonjour

1:34
Présentateur

à tous.

1:37
Locuteur

Vous

1:37
Présentateur

m'entendez là

1:38
Locuteur

? Bonjour

1:41
Présentateur

à toutes et tous. Merci d'être venus aussi nombreux à ce débat. Alors aujourd'hui, je suis en compagnie de gens dangereux qui pourraient bien ruiner la France s'ils arrivaient au pouvoir.

1:51
Locuteur

C

1:51
Présentateur

'est en tout cas ce qu'on a entendu

1:52
Locuteur

sur

1:54
Présentateur

la plupart des plateaux de télévision pendant la campagne des législatives. Je crois qu

1:57
Locuteur

'il y a

1:57
Présentateur

un petit problème technique.

2:10
Locuteur

Il

2:10
Présentateur

y

2:10
Locuteur

a

2:10
Présentateur

un petit problème de son visiblement.

2:18
Locuteur

Je

2:18
Présentateur

ne

2:18
Locuteur

sais

2:18
Présentateur

pas si on m'entend dans la salle.

2:23
Locuteur

Par

2:23
Présentateur

contre, c

2:23
Locuteur

'est

2:23
Présentateur

les invités qui ne m'entendent pas. Mais c'est moins grave. Je disais des gens dangereux, en tout cas, c'est ce qu'on a beaucoup entendu sur les plateaux de télévision,

2:32
Locuteur

à

2:32
Présentateur

chaque fois qu'on discutait du programme économique du nouveau Front populaire. Beaucoup de choses ont été dites. Bruno Le Maire, par exemple, estimait que c'était, je cite, un délire total, 1981 puissance 10.

2:43
Locuteur

Et

2:43
Présentateur

dans sa bouche, je peux vous dire que la référence à 81 n'est pas très positive. Le Figaro a même parlé de suicide économique, je crois. Donc aujourd'hui, les accusés vont pouvoir répondre et nous expliquer pourquoi ce programme est cohérent selon eux et comment ils comptent l'appliquer.

2:56
Locuteur

Et

2:57
Présentateur

comme on trouvait que ce plateau manquait un peu de contradicteurs, c'est moi qui vais jouer le rôle de journaliste de droite, qui a un rôle que j'affectionne particulièrement. Et donc, évidemment, mes invités vont répondre à ces arguments qu'ils ont beaucoup entendus. Je vous présente

3:08
Locuteur

les

3:09
Présentateur

invités.

3:10
Locuteur

Donc,

3:10
Présentateur

Karine Lebon, qui est députée du groupe GDR de La Réunion. Eric Coquerel,

3:21
Locuteur

qui

3:21
Présentateur

est député LFI de Seine-Saint-Denis. Eva Sasse, députée du groupe écologiste et social de Paris.

3:35
Locuteur

Et

3:36
Présentateur

Frédéric Boccarat, économiste et membre du Conseil national du PCF. Alors, ce débat va être structuré en deux parties. On va faire simple. Première partie,

3:47
Locuteur

ça

3:47
Présentateur

coûte trop cher. Et deuxième partie, de toute façon, ça ne marchera pas.

3:51
Locuteur

L

3:52
Présentateur

'idée étant de couvrir, évidemment, tout le champ des critiques qui ont été formulées à la contre de ce programme. Alors, on va commencer par le fait que ça coûte très cher. Ces 150 milliards d'euros, je crois, c'est les sommes qui ont été annoncées. Ça coûte très, très cher. Première question à Eric Coquerel, qui a participé au chiffrage. Où trouvez-vous un tel argent ?

4:08
Locuteur

Ben,

4:10
Éric Coquerel

écoutez, justement, on s'est fait fort de répondre

4:12
Locuteur

en

4:13
Éric Coquerel

disant que, en tout cas dans le programme, tout ce que nous mettions en dépenses supplémentaires, donc vous avez raison de dire, au bout de trois ans, ça s'accumule à 150 milliards d'euros, eh bien, on se fait fort de trouver les recettes équivalentes. Voilà. C'était ça qu'on s'était fixé comme objectif,

4:31
Locuteur

pour

4:32
Éric Coquerel

une bonne raison. C'est que,

4:33
Locuteur

vous

4:34
Éric Coquerel

avez raison de souligner qu'on a tout eu de la part du gouvernement et des médias, on va dire, mainstream, bourgeois, appelez-les comme vous voulez, mais avec des critiques qui sont un peu fortes de café.

4:45
Locuteur

Parce

4:46
Éric Coquerel

que, quand on a un gouvernement, quand on a un ministère des Finances,

4:50
Locuteur

qui,

4:51
Éric Coquerel

à chaque fois qu'il fait des prévisions économiques, deux mois après, c'est complètement affirmé par les faits,

4:57
Locuteur

par

4:57
Éric Coquerel

le chiffre de déficit, par le chiffre de croissance, etc., déjà, une première chose, on ne donne pas de leçons. Et puis, la deuxième raison, c'est qu

5:06
Locuteur

'aujourd

5:08
Éric Coquerel

'hui,

5:08
Locuteur

tout

5:09
Éric Coquerel

le monde est d'accord. Quand je dis tout le monde est d'accord, c'est y compris les économistes libéraux,

5:15
Locuteur

que

5:15
Éric Coquerel

la question du déficit dans ce pays,

5:17
Locuteur

ça

5:18
Éric Coquerel

ne vient pas de dépenses supplémentaires,

5:20
Locuteur

je

5:21
Éric Coquerel

dis ça, ce qu'il faut bien comprendre, ça a un lien avec notre programme, ça vient de recettes insuffisantes et en diminution. En 2023,

5:30
Locuteur

les

5:31
Éric Coquerel

dépenses publiques par rapport au PIB, c'est toujours par rapport au PIB qu'il faut regarder, pour avoir un peu une comparaison, elles ont baissé de 1,5%.

5:40
Locuteur

Les

5:41
Éric Coquerel

recettes ont baissé de 2%.

5:44
Locuteur

Il

5:44
Éric Coquerel

n

5:44
Locuteur

'y

5:44
Éric Coquerel

a pas très longtemps, à l'Assemblée nationale, avant dissolution, il y

5:48
Locuteur

a

5:48
Éric Coquerel

eu une commission d'enquête qui s'est faite sur la dette,

5:51
Locuteur

et

5:51
Éric Coquerel

il y

5:51
Locuteur

a

5:51
Éric Coquerel

un économiste, Frédéric ne

5:53
Locuteur

va

5:53
Éric Coquerel

pas me contredire, qu'on ne peut pas vraiment qualifier de nouveau Front Populaire, qui est François Eccal. François Eccal dit très clairement, la raison pour laquelle le déficit explose depuis 2017,

6:05
Locuteur

on

6:06
Éric Coquerel

va dire hors dépense exceptionnelle du Covid, c'est qu'il

6:09
Locuteur

y a

6:09
Éric Coquerel

moins de recettes. Donc nous, ce que nous répétons,

6:13
Locuteur

c

6:13
Éric Coquerel

'est que ces recettes, on va les récupérer.

6:16
Locuteur

Et

6:16
Éric Coquerel

c'est ça le fond de notre programme. Comment on les récupère ? On les récupère à peu près un tiers en allant reprendre au capital tout ce que Macron lui a donné depuis 2017,

6:28
Locuteur

et

6:28
Éric Coquerel

qui

6:28
Locuteur

est

6:32
Éric Coquerel

quelque chose de tellement historique

6:34
Locuteur

que

6:35
Éric Coquerel

ce n'est pas seulement le creusement des inégalités qui est en question, c'est aussi le creusement des inégalités, mais c'est aussi

6:42
Locuteur

et

6:43
Éric Coquerel

surtout des dizaines de milliards d'euros qui se perdent au profit de quelques centaines de personnes.

6:49
Locuteur

C

6:50
Éric Coquerel

'est ça la réalité. J'ai sorti lundi, en commission des finances, des chiffres impressionnants. On pourrait en prendre plein, mais j'en donne un.

6:58
Locuteur

Les

6:58
Éric Coquerel

500 plus grandes fortunes de ce pays

7:01
Locuteur

ont

7:02
Éric Coquerel

vu depuis 2017

7:04
Locuteur

la

7:04
Éric Coquerel

part de leur richesse, c'est

7:05
Locuteur

-à

7:05
Éric Coquerel

-dire la part de leur richesse par rapport au patrimoine, par rapport au PIB, doublée. C'est-à-dire qu'en 2017, ils possédaient 20% du patrimoine

7:14
Locuteur

français.

7:16
Éric Coquerel

Aujourd'hui, rendez-vous compte, 500 personnes

7:18
Locuteur

en

7:19
Éric Coquerel

possèdent 45%.

7:21
Locuteur

C

7:22
Éric Coquerel

'est ça la réalité. Et là, comprenez une chose,

7:24
Locuteur

c

7:25
Éric Coquerel

'est que cet argent qui leur a été donné était des dizaines de milliards d'euros. Donc, première chose, avec des réformes fiscales sur le capital, on récupère au moins un tiers de budget. Le reste, c'est une réforme fiscale sur l'impôt sur le revenu plus juste. Le reste, c'est aller récupérer des niches fiscales, des dépenses fiscales inutiles, et on sait qu'ils sont en nombre.

7:46
Locuteur

Et

7:46
Éric Coquerel

le reste, c'est effectivement aussi pouvoir faire en sorte que

7:50
Locuteur

la

7:51
Éric Coquerel

différence

7:51
Locuteur

de

7:52
Éric Coquerel

financement des entreprises, selon non pas leur taille, mais selon qu'elles soient des multinationales ou pas, eh bien, mérite une taxation particulière, et notamment d'aller, par exemple, taxer les entreprises qui déclarent en France très peu de bénéfices pour la déclarer dans des pays à fiscalité privilégiée. C'est Gabriel Zuckman qui l'a proposé, c'est 26 milliards. Donc, pour vous répondre, c'est ça le cœur du projet. Toutes nos dépenses sont engagées par des recettes, et nous ne tenons pas compte, et je conclue là-dessus, et on y reviendra, mais nous ne tenons pas compte en plus de ce que va rapporter notre politique.

C'est-à-dire que quand vous augmentez les salaires, quand vous augmentez tous les revenus venant du travail, vous augmentez les rentrées fiscales et les rentrées de cotisation. Et donc, en plus, c

8:38
Locuteur

'est

8:38
Éric Coquerel

un effet multiplicateur qui fera que l'équilibre budgétaire s'en portera mieux, et les investissements en matière de santé, d'éducation, d'écologie également. C'est ça le programme du nouveau Front Populaire.

8:56
Locuteur

Mais

8:57
Présentateur

enfin, quand même, vous parlez beaucoup d'impôts dans votre programme, alors même que la France a l

9:01
Locuteur

'un

9:01
Présentateur

des taux de prélèvement obligatoires les plus élevés du monde, en tout cas d'Europe. Qu'est-ce que vous dites aux contribuables qui ont peur qu'avec la gauche au pouvoir, ils paieront plus d'impôts

9:09
Locuteur

?

9:09
Présentateur

Éric, peut-être pour poursuivre là-dedans.

9:14
Éric Coquerel

Je dis aux 90% des contribuables aujourd'hui qu'à 90% des contribuables,

9:21
Locuteur

que

9:21
Éric Coquerel

leur situation va plutôt s'améliorer. Voilà. Globalement, parce que, par exemple, la réforme de l'impôt sur le revenu que nous proposons, qui est de rendre progressif la CSG

9:35
Locuteur

et

9:35
Éric Coquerel

de mettre 14 tranches sur l'impôt sur le revenu, ça a déjà été fait en 1980, c'était le cas, et bien permettra, a priori, d'après nos calculs, à quelqu'un qui gagne moins de 4 000 euros par mois de s'en sortir mieux, par contre, on en prendra plus aux autres. Donc, voilà, ma première réponse, elle est là-dessus.

9:50
Locuteur

Et

9:50
Éric Coquerel

je dirais aussi, ne pas l'oublier, c'est qu

9:53
Locuteur

'on

9:53
Éric Coquerel

oublie rarement, quand on parle des contribuables, on pense tout de suite à l'impôt sur le revenu. Mais n'oubliez pas que plus de la moitié français ne payent pas l'impôt sur le revenu parce qu'ils ne sont pas assujettis. Par contre, ils payent beaucoup de TVA,

10:05
Locuteur

qui

10:05
Éric Coquerel

est l'impôt le plus injuste, qui prend une part de plus en plus grandissante dans les budgets de l'Etat. Là, maintenant, on a un gouvernement, aussitôt qu'on supprime un impôt, CVAE, impôt de production sur les collectivités, ou la taxe d'habitation, hop, la TVA. Redevance télé, hop, la TVA. Exonération de la sécurité sociale, hop, la TVA, qui, en plus, a le défaut de fiscaliser la protection sociale, ce

10:29
Locuteur

qui

10:29
Éric Coquerel

est un problème de fond. Donc, là-dessus aussi, c'est des politiques qui vont revenir en question là-dessus et qui vont permettre, au contraire, non seulement d'avoir plus de recettes, mais une plus grande justice fiscale redistributive pour les Français.

10:46
Présentateur

Alors, dans votre programme, Karine Lebon, vous promettez l'abrogation de la réforme de la retraite à 64 ans. Mais cette annulation, elle coûterait très cher aux finances publiques. Le gouvernement le chiffrait, je crois, à 15 milliards d'euros. Et il

11:02
Locuteur

y a

11:02
Présentateur

un institut Montaigne, quand même composé de gens extrêmement objectifs, neutres, comme chacun sait, qui pensait que ce coût était encore largement supérieur. Comment est-ce que vous financez l'abrogation de la retraite à 64 ans

11:12
Locuteur

?

11:13
Karine Lebon

Alors, bonjour à tous. D'abord, je pense que l'annulation immédiate,

11:18
Locuteur

elle

11:18
Karine Lebon

ne coûterait pas tant que ça. Et je crois que c'est très important qu'on le dise. Parce que la réforme, elle va se mettre progressivement en place. Elle a juste commencé à s'appliquer. Donc, plus tôt on l'abroge, mieux c'est pour les finances. Et

11:30
Locuteur

elle

11:32
Karine Lebon

ne va générer des économies qu'à partir de 2030. De vraies économies importantes. Et le corps le disait, il

11:42
Locuteur

n

11:42
Karine Lebon

'y

11:42
Locuteur

a

11:42
Karine Lebon

pas d'érapage des dépenses, il y a un manque de recettes. Éric Coquerel vient de nous le redire. Et la question de la retraite, en fait, c'est une question de justice sociale.

11:52
Locuteur

Justice

11:52
Karine Lebon

sociale pour les plus impactés par cette réforme injuste. Les femmes, notamment. Les travailleurs des métiers pénibles.

12:04
Locuteur

Et

12:04
Karine Lebon

les populations des Outre-mer. Moi, je suis députée de la Réunion.

12:07
Locuteur

Je

12:08
Karine Lebon

suis élue du département de France où on touche les retraites les plus faibles de France, hors Mayotte.

12:16
Locuteur

Je

12:16
Karine Lebon

crois que c'est important de le dire parce qu'on a été complètement oubliés de la réforme de 2023. Alors oui, on a un rapport actif retraité qui se détériore.

12:25
Locuteur

Mais

12:26
Karine Lebon

en réalité, il y a trois chemins possibles. Soit on recule l'âge au départ de la retraite. C'est ce qu'a choisi le gouvernement macroniste.

12:35
Locuteur

Soit

12:35
Karine Lebon

on réduit les pensions,

12:37
Locuteur

soit

12:37
Karine Lebon

on trouve d'autres financements.

12:40
Locuteur

Et

12:40
Karine Lebon

le nouveau Front populaire, c'est plutôt attaché à cette troisième solution. Alors par exemple, comme solution, il y aurait d'augmenter les cotisations. Michael Zemmour disait qu'augmenter de 0,8 point les cotisations retraite, ce qui représenterait environ 14 euros par mois pour un SMIC ou 28 euros pour un salaire moyen, eh bien ça suffirait à financer cette réforme. Évidemment, ce serait à répartir entre les patrons et les salariés. Un tiers au niveau des salariés, deux tiers au niveau des patrons dans l'idéal.

13:15
Locuteur

Et

13:15
Karine Lebon

nous avons de nouvelles pistes de financement par l'impôt, avec notamment une ISF climatique et une taxe sur les super-profits, 15 milliards chacun.

13:27
Locuteur

C

13:27
Karine Lebon

'est important parce que la retraite, il faut qu'elle soit une nouvelle étape de la vie et non pas l'antichambre de la mort.

13:34
Locuteur

Et

13:34
Karine Lebon

aujourd'hui, c'est ce qu'on tend à nous dire. C'est ce qu

13:37
Locuteur

'on

13:37
Karine Lebon

tend à nous dire. Travaillez jusqu'à ce que vous n'en puissiez plus et jusqu'à ce que vous ne soyez plus utile à la société. Mais à la retraite, on peut faire encore plein de choses. Et je crois que c'est ce que le nouveau Front populaire tient à faire passer comme message.

13:58
Locuteur

Alors,

13:58
Présentateur

Karine Legon, dans le programme... Frédéric qui veut intervenir déjà. Dans le programme du NFP, évidemment, vous réaffirmez l'objectif commun du droit à la retraite à 60 ans.

14:09
Locuteur

Mais

14:10
Présentateur

sans fixer de calendrier, est-ce que ce n

14:12
Locuteur

'est

14:12
Présentateur

pas un peu facile, finalement ? Est-ce que ce n

14:13
Locuteur

'est

14:13
Présentateur

pas une promesse en l'air qui est faite aux travailleurs ? À quel moment est-ce qu

14:15
Locuteur

'ils

14:15
Présentateur

pourront vraiment partir à 60 ans

14:17
Locuteur

? Alors,

14:18
Karine Lebon

le programme du NFP, il est en trois parties. La première partie, c'est les 15 premiers jours, la rupture. Les 100 jours, l'été de toutes les bifurcations, puisque normalement, on était appelés à gouverner dès cet été, je le rappelle. Et l'étape 3, c'était les transformations. Et la retraite à 60 ans, elle s'inscrit dans les transformations.

14:41
Locuteur

Il

14:41
Karine Lebon

n

14:41
Locuteur

'y

14:41
Karine Lebon

aura pas d'explosion des dépenses. En tout cas, il n'y aura pas d'explosion des dépenses du jour au lendemain, surtout pas. Surtout pas.

14:48
Locuteur

Et

14:48
Karine Lebon

je pense que c'est

14:49
Locuteur

Macron

14:51
Karine Lebon

qui a eu très, très peur que nous arrivions à mettre en place

14:55
Locuteur

ces

14:56
Karine Lebon

réformes que nous avions proposées dans le programme. C'est pour ça qu'il a tenté, par tous les moyens,

15:02
Locuteur

de

15:03
Karine Lebon

nous voler l'élection et d'empêcher Lucie Casté d'être à Matignon.

15:06
Locuteur

Quand

15:11
Karine Lebon

ça va se passer, nous organiserons une conférence, nous organiserions une conférence avec les partenaires sociaux pour déterminer les conditions

15:18
Locuteur

de

15:19
Karine Lebon

cette retraite à 60 ans, avec une prise en compte de la pénibilité, des maladies professionnelles.

15:24
Locuteur

Il

15:24
Karine Lebon

y aura évidemment un attachement très fort à l'emploi des seniors,

15:27
Locuteur

parce

15:28
Karine Lebon

que si à partir de 50 ans, on a du mal à trouver du travail, eh bien la retraite à 64, 67, 70 ans, ça reste très compliqué d'être actif. Il y aura aussi une réflexion sur les accidents du travail, puisque la France occupe la première place en termes d'accidents du travail au niveau de l'Europe et la quatrième en termes de mort au travail.

15:50
Locuteur

Et

15:51
Karine Lebon

une réflexion autour des départs en incapacité. Vous savez, on connaît tous quelqu'un qui n'a pas pu profiter véritablement de sa retraite, soit parce qu'il était en trop mauvaise santé, soit parce que malheureusement il est mort avant.

16:05
Locuteur

Et

16:05
Karine Lebon

moi, ça me fait toujours penser à la phrase d'Odiard qui dit « La retraite, il faut la prendre jeune, mais il faut surtout la prendre vivant

16:12
Locuteur

». Alors,

16:23
Présentateur

tout à l'heure, Éric Coquerel disait que tout s'équilibrait dans le programme, que les recettes et les dépenses s'équilibraient.

16:28
Locuteur

Mais

16:29
Présentateur

est-ce que ce n

16:29
Locuteur

'est

16:29
Présentateur

pas un peu irresponsable, finalement, quand on sait que la dette publique de notre pays attend 110% de notre PIB, ce qui est historique

16:36
Locuteur

? Est

16:36
Présentateur

-ce que ce n

16:36
Locuteur

'est

16:36
Présentateur

pas irresponsable, comme ça, de prendre le risque de laisser filer les déficits ? Frédéric Boccarat, qu'est-ce que vous pensez de cet argument de la dette publique qui est réelle ? C'est une réalité économique, aujourd'hui.

16:48
Locuteur

Alors,

16:48
Invité

d'abord, je voudrais vous remercier d'organiser ce débat et dire que je suis très heureux qu'on fasse ce débat. On est dans un contexte d'une union qui se construit, qui doit s'élargir, et qui a besoin de débat pour se renforcer, pour s'élargir, et aussi pour l'intervention populaire de chacun, là où il est,

17:06
Locuteur

jusqu

17:07
Invité

'au sommet. C'est fondamental. Donc, enfin, on décloisonne. Décloisonner, ce n

17:14
Locuteur

'est

17:14
Invité

pas fusionner. Décloisonner, c'est ce dont on a besoin. Et on a besoin d'une cohérence nouvelle, effectivement. Et donc, cette question de la dette, on a besoin d'idées nouvelles face à la dette. Je pense qu'il ne

17:24
Locuteur

faut

17:24
Invité

pas avoir une vision purement statique. Les dépenses équilibrent les recettes. En réalité, déjà dans le programme, il y

17:31
Locuteur

a

17:31
Invité

une vision dans le temps, puisqu'on dit dépenses tout de suite, transformation de structure avec les bifurcations, et ça viendra ensuite progressivement. Parce que nous voulons conjurer 1981 et les échecs de la gauche depuis un certain temps, on va dire. Alors la dette, c'est quelque chose de sérieux.

17:51
Locuteur

Mais

17:52
Invité

elle est utilisée pour faire peur et pour tétaniser. Comment dire

17:57
Locuteur

? Le

17:58
Invité

péril, c'est la finance, ce n

18:00
Locuteur

'est

18:00
Invité

pas la dette.

18:02
Locuteur

Parce

18:02
Invité

que ce qui est grave,

18:04
Locuteur

c

18:04
Invité

'est que

18:05
Locuteur

la

18:06
Invité

dette, c'est de l'argent qu'on n'a pas pour faire des dépenses qui sont éventuellement nécessaires.

18:11
Locuteur

Donc

18:11
Invité

on emprunte. Mais on emprunte en se mettant dans les mains des marchés financiers. Ça, c'est le problème. Parce que ça a deux conséquences. Ça a une conséquence sur la façon dont on utilise la dette. Parce que du coup, les marchés financiers disent pas pour les services publics, mais pour le capital, pour les profits, pour ce qui est rentable, pour les délocalisations. Donc il impose une orientation de la dette ou même pour le béton. Parce que je ne sais pas dans combien de régions, au lieu d'embaucher des soignants à l'hôpital, on détruit deux hôpitaux pour en fusionner un et faire du béton avec moins de soignants.

Non, il faut des dépenses publiques et une dette pour des recrutements et des pré-recrutements et de la formation à l'hôpital, dans l'éducation, dans la santé, dans le fret ferroviaire, dans les services publics. Donc c'est l'utilisation.

18:57
Locuteur

Le

18:57
Invité

deuxième problème que pose la dette,

18:59
Locuteur

c

19:00
Invité

'est que comme c'est dans les mains des marchés financiers, il impose des taux d'intérêt considérables et il vampirise

19:05
Locuteur

toutes

19:06
Invité

les richesses qu'on crée.

19:10
Locuteur

Nous

19:10
Invité

payons des taux d'intérêt, ce n

19:12
Locuteur

'est

19:12
Invité

pas la masse de la dette, vous savez, il

19:13
Locuteur

y a

19:13
Invité

le principal et l'intérêt dans la dette, comme dans la cigale et la fourmi, l'intérêt est principal.

19:19
Locuteur

L

19:19
Invité

'intérêt,

19:20
Locuteur

s

19:21
Invité

'il était à 0%, il disparaîtrait. On paye aujourd'hui 50 milliards environ

19:26
Locuteur

de

19:27
Invité

charges d'intérêt, uniquement d'intérêt, sur la dette. C'est autant qu'un budget d'éducation primaire plus secondaire.

19:34
Locuteur

Si

19:34
Invité

on finançait à 0%, c'est 50 milliards,

19:37
Locuteur

on

19:37
Invité

pourrait les utiliser pour autre chose. Et demain, enfin dans 2-3 ans, il est prévu qu'on paye à 70 milliards.

19:44
Locuteur

Donc

19:44
Invité

il faut financer autrement, à 0%. Et donc ça, ça ouvre,

19:48
Locuteur

bien

19:49
Invité

sûr, la question européenne, mais depuis la France, nous pouvons faire ça avec le pôle public bancaire. Et je pense qu'il faut voir la cohérence, la nouvelle cohérence, entre les objectifs,

19:58
Locuteur

les

19:59
Invité

moyens et les pouvoirs, qui est présente dans le programme et dont nous avons discuté ensemble le chiffrage avec un texte que je vous conseille.

20:05
Locuteur

Il

20:05
Invité

est publié dans la revue Économie et Politique.

20:09
Locuteur

Donc,

20:10
Invité

le pôle public bancaire, depuis la France, peut financer à 0% des dépenses nouvelles. Parce qu'il faut de quoi on crève, y compris pour la retraite,

20:19
Locuteur

d

20:19
Invité

'un pays qui ne se développe pas.

20:22
Locuteur

Il

20:22
Invité

n'y a pas de recette, avant tout, parce que le pays ne se développe pas. Donc,

20:25
Locuteur

il

20:25
Invité

faut tout de suite une impulsion de demande. C'est ça, la logique du programme

20:28
Locuteur

du

20:29
Invité

nouveau Fonds populaire. Une impulsion de demande pour que ça crée

20:33
Locuteur

une

20:34
Invité

nouvelle activité, une nouvelle offre, grâce à des réformes de structure. Et donc, pour que la dette, elle puisse être bien utilisée, il faut des réformes de structure. Donc, on a un enjeu des réformes de structure. J'en listerai cinq. La première, il faut d'abord dépenser, comme je l'ai dit, non pas pour le capital, même uniquement pour le béton, mais avant tout, pour la formation et l'emploi. Ça, c'est la première chose. Formation, emploi, embauche de pré-recrutement dans la fonction publique. Deuxièmement, il faut changer tout le système des aides publiques. 200 milliards d'aides publiques d'après la CGT, 100 milliards d'après les néolibéraux, c'est considérable.

21:13
Locuteur

Il

21:14
Invité

faut changer, il faut mettre des critères écologiques et sociaux qui vont changer les modes de production et les modes de consommation. Par exemple, la moitié des aides, c'est les exonérations de cotisations sociales.

21:25
Locuteur

Eh

21:25
Invité

bien, ça veut dire qu'en réalité, il y a des conditions. Attention. Ça veut dire que vous recevez des aides si vous faites des bas salaires. Eh bien, ça doit être l'inverse. Au contraire, on doit appuyer le développement des salaires

21:36
Locuteur

en

21:37
Invité

baissant les coûts du capital. Donc, deuxièmement, les aides publiques. Troisièmement, et les aides publiques, c'est important, c'est ce qui a fait le ciment d'unités intersyndicales

21:47
Locuteur

au

21:48
Invité

départ, avant même les retraites. Troisièmement,

21:51
Locuteur

il

21:51
Invité

nous faut des pouvoirs nouveaux.

21:53
Locuteur

Et

21:53
Invité

nous l'avons inscrit dans le programme du Nouveau Front Populaire, mais il faut voir l'importance que ça a. Il faut le revendiquer à partir des luttes quotidiennes dans les territoires. Des pouvoirs nouveaux, des salariés et des travailleurs sur leur entreprise avec leurs nouveaux projets, effectivement, ou face au licenciement,

22:08
Locuteur

et

22:08
Invité

des pouvoirs

22:09
Locuteur

nouveaux

22:09
Invité

dans les territoires, des pouvoirs nouveaux dans les territoires, des institutions de planification écologique et sociale. Le mot est un peu caché dans le programme, mais je pense que nous serons d'accord pour dire que c'est très important des nouvelles institutions de planification. La

22:20
Locuteur

planification,

22:21
Présentateur

c'est l'URSS que vous voulez recréer, en réalité

22:23
Locuteur

? On

22:24
Invité

a eu de la planification en France, donc c

22:27
Locuteur

'est

22:27
Invité

la France aussi. Non, il faut une planification stratégique, pas chaque bouton de guêtre. Il faut une planification où on prend des engagements et on suit, mais non pas par un État central, mais avec les citoyens, des conférences citoyennes, le respect des engagements. Où dans les conférences citoyennes, il y a aussi bien les citoyens, les salariés, les élus, les banques sont là pour prendre des engagements, les patrons, l'État sont là pour prendre des engagements, et on suit. Et surtout,

22:49
Locuteur

on

22:49
Invité

va pouvoir manier, si j'ose dire, la carotte et le bâton. C'est-à-dire, on peut faire des incitations, on vous appuie, on baisse le coût du capital si vous développez les salaires, ou on vous tape dessus si vous ne faites pas ce qu'il faut. Donc il faut entrer dans une autre relation avec les entreprises. C'est d'ailleurs un grand enjeu par rapport à 1981-82 où on n

23:09
Locuteur

'a

23:09
Invité

pas touché aux entreprises, on a nationalisé et on les a laissé faire comme elles faisaient. Or, il faut changer complètement leur façon de faire, aussi bien sur l'écologique et sur le social, et ça marche ensemble. Quatrièmement, il faut...

23:21
Locuteur

Merci

23:22
Invité

pour les applaudissements, mais

23:24
Locuteur

pour

23:25
Invité

les nouveaux pouvoirs, c'est fondamental. Quatrièmement,

23:29
Locuteur

il

23:29
Invité

faut toucher aux banques. Nous proposons un pôle public bancaire. Voilà un élément fondamental

23:35
Locuteur

face

23:35
Invité

à cette question de la dette, c'est-à-dire un financement par un pôle public bancaire. Il faut toucher aux banques. On ne parle pas des banques. Or, le capitalisme d'aujourd'hui, c'est les banques. Donc, on sait où l'attraper. C'est la banque du coin de la rue. Donc, avec un pôle public bancaire, il faudrait plus. Mais je ne suis pas le monsieur plus dans l'union du nouveau fonds populaire. Mais à partir du pôle public bancaire, il faut développer un financement à 0% des dépenses publiques. Et tout un chemin, peut-être on aura le temps de parler de l'Union européenne. Et enfin, une nouvelle fiscalité. Et il faut une nouvelle fiscalité sélective et qui taxe les revenus du capital.

Mais si vous touchez les revenus par travail, on appuie, on développe. Ce n

24:14
Locuteur

'est

24:14
Invité

pas une histoire de riches, pauvres, mais de capital ou pour les entreprises

24:18
Locuteur

de

24:18
Invité

mettre une modulation. Les entreprises qui développent l'écologie, qui développent l'emploi, on va leur faire un taux normal. Celles qui cognent dans l'emploi, on va leur faire un taux plus élevé. Et de même pour les cotisations sociales. Et je conclue là-dessus. Nous proposons, et c'est dans le programme du Fonds populaire, alors il y a des contradictions. Parce qu'il y a à la fois l'augmentation de la CSG, je pense que c'est une très mauvaise idée de consolider la CSG. Mais il

24:41
Locuteur

y a

24:41
Invité

le développement des cotisations sociales. Et les deux propositions que je vais dire sont dans le programme du Fonds populaire et elles sont importantes. La première, c'est qu

24:48
Locuteur

'on

24:48
Invité

pourrait taxer tout de suite les revenus financiers des entreprises, la finance des entreprises. Ça, on peut le faire. Et ça rapporterait 30 milliards immédiatement.

24:57
Locuteur

La

24:57
Invité

deuxième, parce que c'est énorme la finance des entreprises. Et la deuxième,

25:01
Locuteur

c

25:02
Invité

'est d'établir une modulation des cotisations sociales, c'est-à-dire avancer pour développer les cotisations sociales. Si une PME, elle embauche, elle développe l'emploi, on fait un taux de cotisation plus faible. C'est-à

25:13
Locuteur

-dire,

25:13
Invité

elle augmente l'emploi, elle paiera un peu plus cher, mais on l'incite à augmenter l'emploi. Parce que le plus important, c'est qu'on développe la base emploi. La base emploi, c'est à la fois la vie des gens, c'est l'apport aux richesses et c'est même l'apport aux transformations écologiques parce que c

25:26
Locuteur

'est

25:26
Invité

les salariés qui inventent les solutions. Donc une modulation et par contre, celle qui taille dans l'emploi, on doit faire un taux de cotisation beaucoup plus fort avec une pénalisation. Et donc, entrer comme ça dans une autre relation avec les entreprises, c'est ça ce qui permet de conjurer le passé.

25:42
Locuteur

Alors

25:43
Présentateur

Eva, Eva Sasse, vous pouvez applaudir mais je trouve ça quand même très inquiétant parce qu'on a l'impression que la dette publique, quelque part, vous vous en fichez un peu. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça, Eva Sasse ? La dette publique, on s'en fiche

25:56
Locuteur

?

25:57
Invité

Non, je ne crois pas du tout. Je crois qu'au contraire, ceux qui ont fait exploser la dette, ceux qui ont creusé les déficits, Eric l'a dit, c'est bien les macronistes avec leur baisse d'impôt de 62 milliards d'euros et puis aussi des dépenses parfois de pognon de dingue pour certaines dépenses, en particulier l'open bar pour les entreprises où il y a eu des dépenses qui ont explosé. Donc ceux qui sont sérieux, en fait, c'est le nouveau Front populaire parce que nous, nous mettons des recettes fiscales en face des dépenses. Oui, nous voulons mieux financer les services publics. Oui, nous voulons prendre des mesures pour pouvoir d'achat mais nous les finançons.

Nous les finançons avec de nouvelles recettes fiscales. On a parlé de l'ISF climatique, on a parlé de la taxe sur les super profits. Mais nous les finançons aussi en faisant des économies sur toutes ces dépenses qui sont totalement inutiles. Il y a eu les grands projets inutiles. Eh bien, il y a aussi les grandes dépenses inutiles. La première chose, c'est de mettre fin à l'open bar pour les entreprises parce qu'avec l'ère macroniste, les dépenses, les aides aux entreprises ont explosé. Les exonérations de cotisations sociales, par exemple, rien que ça, c'est 80 milliards d'euros. Est-ce que c'est justifié ?

On sait bien qu'au-delà de deux fois le SMIC, même 1,5 fois le SMIC, ça a un effet très limité sur l'emploi. Donc nous, nous estimons qu'on peut faire au moins 8 milliards d'euros d'économies sur les exonérations de cotisations sociales.

27:25
Locuteur

Un

27:26
Invité

autre exemple, l'aide à l'apprentissage. Alors, c'est très bien l'apprentissage, mais est-ce qu'il faut dépenser 22 à 25 milliards d'euros pour l'apprentissage, dépenser 26 000 euros par apprenti, c'est deux fois plus qu'un étudiant dans l'enseignement supérieur moyen. Donc, est-ce qu'il faut dépenser autant pour cette politique, pour faire plaisir à Emmanuel Macron, pour qu'il respecte son slogan, 1 million d'apprentis ? Eh bien, nous, nous pensons qu'il faut recentrer les aides à l'apprentissage, notamment jusqu'au Bac plus 2 et sur les PME. Et là aussi, on pourrait faire au moins 8 milliards d'euros d'économies. Donc,

28:04
Locuteur

vous

28:04
Invité

voyez, ceux qui dépensent moins, c'est bien le nouveau Fonds populaire.

28:08
Locuteur

Un

28:09
Invité

autre exemple des dépenses que je qualifierais d'idéologiques, le SNU. Le SNU, c'est au moins 200 millions d'euros, déjà,

28:18
Locuteur

et

28:18
Invité

ça pourrait coûter 2 à 3 milliards d'euros.

28:21
Locuteur

Est

28:22
Invité

-ce qu'on veut mettre 2 à 3 milliards d'euros pour mettre nos enfants avec une petite casquette à chanter la marseillaise ? Eh bien, je ne crois pas. Je crois qu'on a besoin de faire des économies sur ces dépenses qui sont, à mon sens, tout à fait idéologiques. C'est le cas aussi pour l'uniforme, alors l'expérimentation de l'uniforme en milieu scolaire. On ne sait pas, là, pour le coup, combien ça va coûter parce qu'il n'y a pas de ligne budgétaire, mais on sait que la généralisation, ça serait 1 milliard pour l'Etat et 1 milliard pour les collectivités locales.

Est-ce qu'on a envie de dépenser 2 milliards d'euros de finances publiques pour mettre un uniforme dans les établissements scolaires ? Je ne crois pas. Là encore, des dépenses qui sont idéologiques.

29:06
Locuteur

Et

29:07
Invité

dernier point sur lequel on pourrait faire beaucoup d'économies, les niches fiscales et budgétaires néfastes au climat, 22 milliards d'euros. Je pense qu'en particulier sur le trafic aérien, on doit pouvoir taxer le kérosène sur les vols intérieurs, on doit pouvoir mettre les billets d'avion

29:28
Locuteur

au

29:28
Invité

taux normal de TVA.

29:30
Locuteur

C

29:30
Invité

'est anormal que le trafic aérien soit sous une forme de petits paradis fiscales en France. Donc vous voyez, ceux qui font des économies, qui arrêtent l'open bar pour les entreprises, qui arrêtent les dépenses idéologiques, c'est le nouveau front populaire et je crois qu'on peut nous faire confiance pour gérer au mieux les finances publiques et bien mieux que les macronistes en vérité.

29:55
Locuteur

Alors,

29:56
Présentateur

vu qu'à gauche vous aimez quand même beaucoup les impôts, vous en inventez de nouveau. J'ai lu quelque chose qui s'appelle l'ISF climatique, une bizarrerie.

30:04
Locuteur

Est

30:04
Présentateur

-ce que vous pourriez nous expliquer un peu comment ça fonctionnerait

30:06
Locuteur

? Alors,

30:07
Invité

l'ISF climatique qui est effectivement dans notre programme, c'est pas seulement rétablir l'ISF comme avant 2018.

30:14
Locuteur

C

30:15
Invité

'est, d'une part, lui adosser une composante climatique en fonction de l'empreinte carbone du patrimoine financier et immobilier des plus riches parce qu'on sait que le patrimoine financier des plus riches, il a un impact très important sur nos émissions de gaz à effet de serre. Donc il faut les responsabiliser sur les conséquences du dérèglement climatique. Ça, c'est une chose. Mais surtout, c'est une assiette différente c'est-à-dire qu'on ferait rentrer les biens professionnels à partir de 10 millions d'euros et on ferait rentrer aussi les oeuvres d'art. On sait qu'auparavant, l'ISF avait une assiette fiscale qu'on appelait MITÉ, c'est-à-dire qu'il y

30:54
Locuteur

a

30:54
Invité

eu beaucoup de trous, beaucoup de niches fiscales. Nous, nous voulons vraiment un ISF qui rapporte 15 milliards d'euros et qui englobe tout le patrimoine des plus aisés. Après, est-ce que ça va faire fuir les plus riches ?

31:10
Locuteur

C

31:10
Invité

'est la question qu'on nous pose à chaque fois. Vous allez surtaxer les plus riches, ils vont s'enfuir. Alors d'abord, oui, c'est un peu vrai. Effectivement, quand il y avait l'ISF, il y avait plus de gens qui partaient, plus d'exilés fiscaux que de gens qui revenaient. Mais la vérité, c'est qu'en fait, c'est infinitésimale. Quand on a transformé l'ISF en IFI, en vérité,

31:35
Locuteur

il

31:35
Invité

y a 0,25% des plus riches qui sont revenus en France. Donc c'est totalement à la marge. Et surtout, on voit bien qu'avec tous les rapports qu'a fait France Stratégie, il n'y a aucun impact sur l'économie qui est prouvé ni dans un sens ni dans l'autre. Quand on a transformé l'ISF en IFI, il n'y a eu aucun impact sur l'investissement dans les entreprises, aucun impact positif. pour l'économie qui est éprouvé. Alors nous, nous assumons, oui, nous voulons faire payer les plus riches. Nous en avons besoin et c'est juste. Et nous en avons besoin pour financer les services publics et les besoins sociaux et écologiques en France.

32:21
Locuteur

Alors,

32:22
Présentateur

je vais reprendre la formule de notre ancien ministre de l'économie, Bruno Le Maire, qui disait le NFP, c'est 1980 puissance 10.

32:29
Locuteur

Ce

32:30
Présentateur

qu'il nous dit, finalement, à travers cette phrase, c'est que

32:31
Locuteur

la

32:32
Présentateur

politique, on va dire, keynésienne, la politique, par la relance de la demande.

32:37
Locuteur

On

32:37
Présentateur

a essayé en 1980, ça n

32:39
Locuteur

'a

32:39
Présentateur

pas vraiment marché. Frédéric Boccarat, qu'est

32:41
Locuteur

-ce

32:41
Présentateur

que vous répondez à cet argument ? Pourquoi est-ce qu'en refaisant la même chose, ça se passerait mieux cette fois-ci

32:45
Locuteur

?

32:46
Invité

Alors précisément, l'idée, c'est de ne pas refaire la même chose. Et le débat d'idées est nécessaire. Nous voulons dépasser le keynésianisme. Et les marxistes, nous avons essayé d'apporter le même au-delà. Donc, on apporte, on dit, la gauche, c'est la demande, l'augmentation des revenus,

33:03
Locuteur

et

33:04
Invité

la droite, c'est l'entreprise, la production.

33:06
Locuteur

Et

33:07
Invité

même,

33:07
Locuteur

on

33:08
Invité

vient de faire une petite erreur sur les entreprises.

33:13
Présentateur

Un petit désaccord entre vous, quand même.

33:15
Locuteur

Une

33:16
Invité

petite erreur parce qu'on se fait avoir dans les mots et dans les chaustrates de nos adversaires.

33:20
Locuteur

Je

33:20
Invité

vais y venir. Mais, en fait, sur quoi repose le raisonnement de Le Maire, pour le comprendre ? C'est, on va augmenter les revenus, les gens vont consommer, ça va faire des importations, on aura augmenté les déficits et en plus d'importations, donc on va plonger comme en 83, 84, nous sommes certains d'avoir vécu cette période-là. Et c'est là-dessus que Le Pen s'est nourri dès 84 aux européennes.

33:42
Locuteur

Il

33:42
Invité

passe de 0 à 10. Mais, l'offre, c'est quoi ? Parce que c'est le problème d'articulation entre la demande et l'offre. Et il faut des réformes de structure pour articuler autrement demande-offre. Et c'est ça qui est présent dans le programme, mais il faut en avoir conscience pour le porter fort et voir l'importance des transformations proposées et pas rabattre. Parce que même les autres vont nous pousser à rabattre. Donc, il

34:03
Locuteur

y a

34:03
Invité

un enjeu politique dès maintenant. Donc, l'offre, la droite dit, c'est nous, c'est la production, l'entreprise, c'est nous. Et alors, on va jusqu'à dire Open Bar pour les entreprises. Il faut faire attention. C'est Open Bar pour le capital.

34:17
Locuteur

Tu

34:17
Invité

seras d'accord. C'est pour ça que je dis, elle tombe dans une saustra, nous, on est d'accord. Mais, en réalité, au nom des entreprises, on fait profit et capital.

34:25
Locuteur

Et

34:25
Invité

on dit, la politique de l'offre, c

34:26
Locuteur

'est

34:26
Invité

la politique du profit. Mais nous, qu'est-ce qu'ils font ? En réalité, ils détruisent l'offre. C'est-à-dire, on n'a plus de production. Sanofi, on ne

34:32
Locuteur

fait

34:32
Invité

plus de médicaments, on délocalise et on fait de la finance. Donc, en réalité, la grosse différence par rapport à 81, si on y arrive, et donc le grand enjeu, c'est un tout autre type d'offre en contenu et de baisser d'autres coûts qu'au de coût du travail. Donc, de relever le défi de la compétitivité. Quelques mots, si j

34:51
Locuteur

'ai

34:51
Invité

quelques minutes, j'étais... Parce que c'est des questions qu'il faut s'approprier de façon populaire et on doit faire des débats dans toutes les régions, dans tous les départements sur ces questions-là. Il faut une élévation du niveau de conscience de tous nos citoyens

35:04
Locuteur

sur

35:05
Invité

les questions économiques. Parce que tous les jours, ils ont la télé avec des gens très calés

35:10
Locuteur

qui

35:10
Invité

leur surignent dans l'oreille. On sera d'accord là-dessus, tous aussi. Donc,

35:16
Locuteur

comment

35:16
Invité

dire

35:16
Locuteur

?

35:20
Invité

Le grand enjeu,

35:22
Locuteur

c

35:22
Invité

'est donc des dépenses massives, ce qu'on a dit avant, parce que ça ne marche pas si on ne fait pas des dépenses massives. L'hôpital, ça ne marchera pas mieux si on n'embauche pas massivement des gens. On ne changera pas le travail. Donc, il faut des embauches massives, des dépenses massives tout de suite. Les souffrances sociales sont terribles. Il faut augmenter les salaires massivement, le salaire d'infotions publiques, le point d'indice de 10%, le SMIC, etc.

35:42
Locuteur

Ça,

35:42
Invité

c'est fondamental.

35:44
Locuteur

Et

35:45
Invité

pas que le SMIC, l'ensemble des salaires.

35:47
Locuteur

L

35:48
Invité

'ensemble des salaires. Mais,

35:51
Locuteur

vous

35:52
Invité

voyez bien déjà, sur quoi on

35:53
Locuteur

bute

35:54
Invité

dans la fonction publique ? La formation.

35:57
Locuteur

Mais

35:58
Invité

même, dans le privé, on n'a plus de soudeurs. Les centrales nucléaires étaient à l'arrêt. On a un petit débat sur les centrales nucléaires. Mais elles étaient à l'arrêt parce qu'on n'avait plus de soudeurs. Il a fallu faire venir 100 soudeurs par avion des Etats-Unis.

36:11
Locuteur

Le

36:11
Invité

frais de ferroviaire, il bute parce qu'aussi, on manque d'emplois, de soudeurs, de matériel ferroviaire. Or,

36:18
Locuteur

c

36:18
Invité

'est fondamental le frais de ferroviaire développé. Donc, il faut transformer profondément les choses et commencer par l'emploi. L'emploi, la formation, c'est le cœur, c'est à la fois le but et le moyen de la transformation sociale et écologique.

36:35
Locuteur

Et

36:36
Invité

donc, l'emploi de qualité,

36:38
Locuteur

c

36:38
Invité

'est ce qu'il faut et c'est ce qui va faire baisser les coûts autrement. Mais pourquoi on ne le fait pas ? Parce qu'on rencontre le capital.

36:44
Locuteur

Parce

36:44
Invité

que les profits disent « Ah mais non, cet argent,

36:46
Locuteur

il

36:46
Invité

faut qu

36:46
Locuteur

'il

36:46
Invité

aille à nous. Il faut qu

36:47
Locuteur

'on

36:47
Invité

puisse délocaliser. » Ce n

36:48
Locuteur

'est

36:48
Invité

pas seulement les riches. C'est toutes les institutions financières et les banques. Les riches, c'est le XXe siècle, même le XIXe siècle. La question des banques,

36:56
Locuteur

c

36:57
Invité

'est considérable.

36:58
Locuteur

Et

36:58
Invité

c'est des institutions qui relaient

37:01
Locuteur

tous

37:02
Invité

les critères de rentabilité et les critères antisociaux. Donc,

37:06
Locuteur

par

37:06
Invité

rapport à 1981, nous voulons pratiquer un autre crédit bancaire. En 1980, on avait nationalisé les banques, elles avaient fait comme avant.

37:12
Locuteur

et

37:12
Invité

il faut faire un autre crédit bancaire. Ça veut dire quoi ? Les PME,

37:16
Locuteur

si

37:17
Invité

on ne

37:17
Locuteur

veut

37:17
Invité

pas leur prêter,

37:18
Locuteur

elles

37:18
Invité

ne peuvent pas se développer. Mais par contre, nous, ce qu

37:20
Locuteur

'on

37:20
Invité

propose, et c'est dans le programme que nous avons construit ensemble,

37:26
Locuteur

pour

37:26
Invité

les PME qui augmentent les salaires, on leur fait des avances à 0%, et si elles se développent, on fait un crédit à 0% et on reprend même leur charge d'intérêt, c'est-à

37:35
Locuteur

-dire

37:35
Invité

on baisse leur coût du capital si elles développent l'emploi, la formation et si elles rentrent dans une logique écologique. Voilà ce qu'il faut faire. Parce que,

37:44
Locuteur

on

37:45
Invité

parlait du budget, les dépenses du budget,

37:47
Locuteur

c

37:47
Invité

'est 400 milliards,

37:48
Locuteur

à

37:48
Invité

peu près.

37:49
Locuteur

Mais

37:49
Invité

les banques, c'est 2 000 milliards.

37:51
Locuteur

Et

37:51
Invité

c'est un effet multiplicateur, énorme un effet levier.

37:54
Locuteur

Et

37:55
Invité

si, d'un côté, on fait quelque chose avec le budget et que les banques elles démolissent de l'autre côté, ça ne marchera pas. Donc, il faut prendre le pouvoir sur les banques. Voilà la deuxième chose face au défi de ne pas faire comme en 80 à 82. Donc, les 3 choses, en réalité, c'est effectivement changer l'offre en baissant le coût du capital et en développant l'emploi. Deuxièmement, s'occuper des banques. Et troisièmement, des pouvoirs nouveaux des travailleurs et des citoyens qu'on n'a pas développés en 80 à 82. Et enfin,

38:23
Locuteur

d

38:23
Invité

'autres relations internationales. Il faut ouvrir les négociations internationales en Europe et dans le monde. Mais je crois savoir qu

38:28
Locuteur

'on

38:28
Invité

va en parler après.

38:30
Présentateur

Alors, Eric Coquerel, vous savez que

38:35
Locuteur

vous

38:35
Présentateur

savez très bien ce qu

38:36
Locuteur

'on

38:36
Présentateur

vous reproche souvent quand même à la gauche.

38:37
Locuteur

C

38:38
Présentateur

'est de ne

38:38
Locuteur

pas

38:38
Présentateur

tenir compte de la réalité économique. Et, j'en rencontre des électeurs de gauche qui me disent qu'effectivement, sur le principe, ils sont plutôt d'accord avec vos propositions. C'est très bien augmenter le SMIC, les salaires, etc.

38:48
Locuteur

Mais

38:48
Présentateur

il se pose la question de savoir quelles sont les répercussions économiques d'une telle politique. On va prendre le SMIC, par exemple. Vous dites qu'on augmente le SMIC, très bien. Mais quand on augmente le coût du travail, on peut comprendre que les multinationales arriveront à l'absorber sans difficulté.

39:03
Locuteur

Mais

39:03
Présentateur

qu'est-ce qu'il en est de toutes les petites PME de ce pays qui ont déjà du mal à s'en sortir aujourd'hui si demain, vous leur dites le SMIC, on l'augmente de 15%. Qu'est-ce qui va se passer d'après vous

39:12
Locuteur

? Bon,

39:14
Éric Coquerel

déjà, on a compris à travers les différentes interventions que nous, on nie le fait que le problème de notre économie serait

39:23
Locuteur

que

39:24
Éric Coquerel

le travail coûte trop cher. Voilà. C'est ça, l'alpha oméga de ce que nous proposons au niveau économique. En finir avec cette affirmation qui fait qu'en gros, depuis une trentaine d'années,

39:36
Locuteur

dans

39:37
Éric Coquerel

la richesse produite, la part du travail a diminué et la part du capital augmenté.

39:42
Locuteur

Donc,

39:42
Éric Coquerel

on le redit,

39:43
Locuteur

on

39:44
Éric Coquerel

vient de le dire chacun à notre manière,

39:46
Locuteur

mais

39:46
Éric Coquerel

ce qui nous coûte trop cher, ce qui coûte un pognon de dingue dans ce pays, c'est le capital.

39:52
Locuteur

Nous

39:52
Éric Coquerel

n'avons plus les moyens du coût du capital et plus particulièrement du coût du capital financiarisé.

39:58
Locuteur

Et

39:59
Éric Coquerel

comme tout bon marxiste, nous savons très bien que la question du partage de la richesse, elle se situe justement dans le partage de la plus-value entre le travail et le capital.

40:11
Locuteur

Donc, l

40:12
Éric Coquerel

'idée qu'à un moment donné,

40:14
Locuteur

il

40:14
Éric Coquerel

va falloir redistribuer les richesses, nous l'avons dit,

40:18
Locuteur

d

40:18
Éric Coquerel

'une part par la fiscalité,

40:20
Locuteur

mais

40:21
Éric Coquerel

d'autre part par l'augmentation des salaires, c'est quelque chose d'absolument indispensable si nous voulons faire en sorte que non seulement notre activité économique,

40:31
Locuteur

j

40:31
Éric Coquerel

'allais dire, se relance de manière écologiquement soutenable, mais aussi que l'égalité redevienne quelque part une promesse réelle.

40:41
Locuteur

Donc,

40:42
Éric Coquerel

pour vous répondre à votre question,

40:44
Locuteur

vous

40:44
Éric Coquerel

remarquerez que les mêmes qui nous disent ça aujourd'hui

40:46
Locuteur

ne

40:47
Éric Coquerel

se posent absolument aucun problème

40:49
Locuteur

sur

40:49
Éric Coquerel

le fait que depuis 2017, les dividendes dans ce pays ont été multipliés par deux.

40:55
Locuteur

Vous

40:55
Éric Coquerel

m'entendez bien ? Multiplier par deux.

40:58
Locuteur

Ça

40:58
Éric Coquerel

leur pose un problème qu'on imagine augmenter le SMIC de 14%, puisque 1 600 euros net, c'est 14%, mais que les dividendes étaient multipliés par deux, pas de problème. Donc, c'est une question idéologique,

41:11
Locuteur

enfin,

41:12
Éric Coquerel

plus exactement. C'est une question de l'endroit où vous vous situez dans le rapport de confrontation capital-travail.

41:19
Locuteur

Alors,

41:19
Éric Coquerel

pourquoi c'est possible d'augmenter le SMIC ? Et non pas seulement pourquoi c'est possible, mais pourquoi c'est soutenable ?

41:26
Locuteur

C

41:26
Éric Coquerel

'est que si demain les salaires, et notamment les bas salaires, gagnent plus, inévitablement,

41:34
Locuteur

il

41:34
Éric Coquerel

y a la question d'une relance de la consommation populaire.

41:38
Locuteur

L

41:39
Éric Coquerel

'an dernier, par exemple,

41:41
Locuteur

parce

41:41
Éric Coquerel

qu'on n'est quand même pas au même point que l'Allemagne,

41:43
Locuteur

quand

41:44
Éric Coquerel

vous avez eu un reflux de l'activité internationale,

41:47
Locuteur

tous

41:47
Éric Coquerel

les économistes pensaient qu'en France on allait rentrer en récession.

41:51
Locuteur

Et

41:51
Éric Coquerel

Bruno Le Maire a eu, j'allais dire, a expliqué,

41:55
Locuteur

a

41:55
Éric Coquerel

dit, vous voyez que non, finalement on est à 1% alors que les Allemands étaient en récession. Pourquoi croyez-vous que la France, à ce moment-là, n

42:02
Locuteur

'est

42:02
Éric Coquerel

pas rentrée en récession ?

42:03
Locuteur

C

42:04
Éric Coquerel

'est que nous avons quand même un reste d'état social dans ce pays qui fait que vaille que vaille, eh bien, il y a un matelas social qui fait que les, j'allais dire, la consommation populaire, notamment, prenne le relais des baisses d'activité. et c'est ça qui s'est passé et c'est ça aujourd'hui d'ailleurs, paradoxalement, que Bruno Le Maire veut attaquer. Donc oui, augmenter les salaires, c'est bon pour l'activité. Alors il y a effectivement, après la question que posait Frédéric, oui mais d'accord, mais si les gens consomment des choses qui se produisent à l'extérieur

42:36
Locuteur

?

42:36
Éric Coquerel

Bon, je crois que dans notre programme, et nous le mettons, on ne peut pas exclure de cette question la question d'un protectionnisme écologique et social, c'est-à-dire notamment de taxer au kilomètre tout ce qui est fabriqué à l'extérieur du continent européen, mais pas que, à des coûts écologiques et sociaux qui rendent scandaleux la concurrence qui est faite sur nos marchés. Donc l'augmentation du SPIC, elle est nécessaire

43:00
Locuteur

pour

43:01
Éric Coquerel

cette question. Alors maintenant, vous me dites,

43:03
Locuteur

oui

43:04
Éric Coquerel

mais d'accord, mais comment on fait pour les PME qui vont endosser le choc ? Nous, nous avons une réponse. D'abord, il n'y

43:09
Locuteur

en

43:09
Éric Coquerel

a pas tant que ça.

43:10
Locuteur

Quand

43:11
Éric Coquerel

on regarde en réalité les choses, on s'aperçoit que finalement, il y a certains secteurs je pense notamment au commerce qui effectivement sont tributaires. Nous,

43:19
Locuteur

ce

43:19
Éric Coquerel

que nous disons, c'est que dans ces cas-là, on va regarder toutes les aides aux entreprises qui sont aujourd'hui faites en France. En gros, pour aller vite, entre les exonérations 80 milliards et les aides directes, il y a quasiment 200 milliards par an.

43:34
Locuteur

Et

43:34
Éric Coquerel

on peut peut-être se demander si ça sert vraiment à quelque chose

43:37
Locuteur

d

43:38
Éric Coquerel

'aller aider les entreprises qui ensuite recyclent ces aides en dividendes,

43:43
Locuteur

alors

43:43
Éric Coquerel

même qu'il

43:44
Locuteur

y

43:44
Éric Coquerel

a des entreprises qui auraient besoin d'aide pour augmenter les salaires, pour créer de l'emploi, pour favoriser l'égalité salariale hommes-femmes, etc. Autrement dit, ces entreprises qui vont peut-être avoir

43:54
Locuteur

un

43:55
Éric Coquerel

problème le temps que, quelque part, le choc de la politique de la demande fasse ses effets. On parle souvent d'un traiteur, un traiteur qui aurait des problèmes parce qu'effectivement, il a plusieurs personnes au SMIC, il va augmenter le SMIC et puis, en attendant que les gens qui ont vu leur salaire augmenter, parce qu'on ne parle pas d'augmentation seulement du SMIC, on parle aussi de négociation salariale qui pourrait permettre d'augmenter les salaires de manière générale en France et puissent du coup consommer un peu plus ces produits de traiteurs, en attendant, oui, nous assumons que nous allons aider spécifiquement ces entreprises.

Voilà, c'est réalisable puisque nous aidons aujourd'hui les entreprises qui, en réalité, n

44:32
Locuteur

'en

44:32
Éric Coquerel

ont pas besoin sauf à distribuer ça aux actionnaires. Voilà comment se situe le réalisme, entre guillemets, de notre politique économique.

44:41
Locuteur

Tout

44:42
Éric Coquerel

vers les salaires, tout vers les revenus du travail et un peu moins vers la venue du capital. Je pense que c'est ça, à la fois, dans le mauvais sens, l'alpha oméga de la politique de Macron, c'est l'inverse et ça sera l'alpha oméga en faveur du travail de la politique du Front Populaire.

45:01
Locuteur

Alors,

45:02
Présentateur

Karine, Karine Lebon,

45:06
Locuteur

Eric

45:07
Présentateur

disait tout pour les salaires mais c

45:08
Locuteur

'est

45:08
Présentateur

aussi beaucoup tout pour les services publics dans votre programme. D'où vient cette obsession comme ça que les services publics qui nous coûtent déjà très cher devraient encore obtenir davantage d'argent public ?

45:20
Karine Lebon

Parce que les services publics c'est le patrimoine de ceux qui n'en ont pas. Alors Macron, vous dirait c'est le patrimoine des gens qui ne sont rien et Michel Barnier, vous dirait c'est le patrimoine des gens d'en bas. Moi, je préfère dire vraiment que c'est le patrimoine des gens qui n'en ont pas

45:34
Locuteur

et

45:35
Karine Lebon

on veut continuer à le préserver. C'est un investissement pour l'avenir.

45:40
Locuteur

Quand

45:41
Karine Lebon

on ouvre une école, on dit souvent qu

45:43
Locuteur

'on

45:43
Karine Lebon

ferme une prison. Le taux de dépense publique, oui, il est élevé, mais en fait, ce n

45:48
Locuteur

'est

45:48
Karine Lebon

pas entendable qu'on nous dise de le réduire. Ce n

45:51
Locuteur

'est

45:51
Karine Lebon

pas entendable pour les gens qui meurent dans les brancards, dans les couloirs d'hôpitaux. Ce n

45:56
Locuteur

'est

45:56
Karine Lebon

pas entendable pour les gens qui sont dans des écoles qui sont de plus en plus abîmées, notamment dans le 93. Ce n

46:05
Locuteur

'est

46:05
Karine Lebon

pas entendable pour les citoyens des Outre-mer. Je discutais avec des économistes sur justement la place des Outre-mer, le déficit des Outre-mer en termes de services publics et ils me disaient que le département le plus avancé

46:21
Locuteur

en

46:22
Karine Lebon

termes de services publics, en termes d'économies au niveau des Outre-mer accuse un retard de 15 ans sur l'Hexagone.

46:28
Locuteur

On

46:29
Karine Lebon

part de loin. À Mayotte, il n

46:30
Locuteur

'y

46:30
Karine Lebon

a tellement pas d'école qui sont obligés de se répartir les journées de classe.

46:35
Locuteur

Donc

46:35
Karine Lebon

il

46:35
Locuteur

y

46:35
Karine Lebon

en a qui font école le matin et il y

46:36
Locuteur

en

46:36
Karine Lebon

a d'autres qui font école l'après-midi dans la même classe parce qu'il n'y a pas d'école. Elle est où, la promesse républicaine

46:42
Locuteur

?

46:43
Karine Lebon

Le taux de pauvreté à Mayotte, il est de 77%.

46:46
Locuteur

On

46:47
Karine Lebon

compte sur le privé ?

46:48
Locuteur

On

46:48
Karine Lebon

compte sur le privé pour nos citoyens des Outre-mer

46:51
Locuteur

?

46:52
Karine Lebon

Le programme du NFP, il vise à garantir l'accès aux services publics à tous, sur tout le territoire,

46:59
Locuteur

qu

47:00
Karine Lebon

'on soit tous à moins de 30 minutes d'un accueil physique.

47:05
Locuteur

Et

47:06
Karine Lebon

Lucie Casté, on ne

47:08
Locuteur

l'a

47:08
Karine Lebon

pas choisie par hasard.

47:09
Locuteur

C

47:09
Karine Lebon

'est la cofondatrice et la porte-parole du collectif Nos Services Publics.

47:15
Locuteur

et

47:16
Karine Lebon

elle a un attachement très très fort au service public. Et encore une fois, les dépenses,

47:22
Locuteur

moi,

47:22
Karine Lebon

elles ne me choquent pas

47:23
Locuteur

si

47:24
Karine Lebon

on a des recettes

47:25
Locuteur

en

47:25
Karine Lebon

face qui sont importantes.

47:28
Locuteur

Donc,

47:29
Karine Lebon

il faut se donner les moyens d'avoir un service public qui réponde aux besoins des gens. Et le problème, c'est qu'aujourd'hui, les besoins, ils augmentent et ils ne sont pas en adéquation avec les moyens qu'on accorde au service public.

47:42
Locuteur

On

47:42
Karine Lebon

veut des transports publics de qualité, on veut des écoles de qualité,

47:45
Locuteur

on

47:45
Karine Lebon

veut des hôpitaux de qualité,

47:47
Locuteur

on

47:47
Karine Lebon

veut des EHPAD de qualité, des crèches de qualité, on veut des places en crèche aussi d'ailleurs avec un personnel formé.

47:53
Locuteur

Aujourd

47:53
Karine Lebon

'hui, il y

47:54
Locuteur

a

47:54
Karine Lebon

une crise des vocations.

47:56
Locuteur

On

47:56
Karine Lebon

trouve de moins en moins de gens pour passer des concours, pour s'engager dans le service public. Pourquoi ? Parce qu'il y a des rémunérations qui sont souvent inférieures,

48:07
Locuteur

il

48:07
Karine Lebon

y a des conditions de travail

48:10
Locuteur

qui

48:10
Karine Lebon

ne

48:10
Locuteur

sont

48:10
Karine Lebon

pas formidables

48:12
Locuteur

et

48:13
Karine Lebon

puis on a aussi une perte de sens. Comment, quand vous travaillez dans un hôpital et que vous êtes obligés de maltraiter vos patients parce que vous n'avez pas le temps

48:20
Locuteur

qu

48:21
Karine Lebon

'il faut à leur consacrer pour avoir un temps de qualité, comment vous rentrez chez vous et vous vous dites que ça y est, j'ai passé une bonne journée ou j'ai aidé les gens dans ma vie ? Ben non, quand on maltraite les patients où on n'est pas... Et je vous parle en connaissance de cause parce que j'étais 13 ans professeure des écoles

48:38
Locuteur

dans

48:39
Karine Lebon

le public, donc.

48:41
Locuteur

Et

48:41
Karine Lebon

j'ai vu pendant 13 années des écoliers se succéder dans un département où il y a 36% de taux de pauvreté, donc des enfants qui n'étaient pas d'un milieu social forcément favorisé

48:54
Locuteur

et

48:55
Karine Lebon

je les ai vus devenir des citoyens au fur et à mesure des années.

49:00
Locuteur

Et

49:00
Karine Lebon

c'est une question qui me tient à cœur parce que c'est une vision d'une société. En réalité, cette question des services publics, elle est très, très importante à gauche parce qu'elle dit quelle société nous voulons. Et aujourd'hui, c'est absolument, absolument essentiel. voilà ce que je voulais dire pour les services

49:24
Locuteur

publics.

49:24
Éric Coquerel

Alors,

49:33
Présentateur

vous, finalement, vous préconisez tous de mener une politique, alors c'est très généreux, bien sûr, mais ça va à rebours de tout ce que font les autres pays européens. Est-ce qu'il n

49:41
Locuteur

'y a

49:41
Présentateur

pas un risque finalement à mener tout seul dans un seul pays une politique de gauche alors que tout autour on est entouré de gens qui mènent plutôt des politiques libérales ? Frédéric, qu

49:49
Locuteur

'est

49:49
Présentateur

-ce que vous répondez à cet argument-là

49:51
Locuteur

?

49:51
Invité

Alors, bien sûr, il faut traiter la question européenne, il faut changer les choses en Europe.

49:56
Locuteur

Mais

49:57
Invité

il y

49:57
Locuteur

a

49:57
Invité

un chemin, ça commence par quelque chose. On peut commencer en France. Bien sûr, fondamentalement, il faudra changer les traités.

50:04
Locuteur

Mais

50:05
Invité

on peut commencer à partir de la France. Alors, d'abord, la perspective, par exemple, pour les services

50:11
Locuteur

publics qui

50:13
Invité

sont

50:13
Locuteur

au

50:14
Invité

cœur de l'efficacité nouvelle, de la nouvelle société en réalité, y compris parce que c'est un développement écologique que portent les services publics, parce que développer la santé, la formation, la culture, c'est pas la même chose que développer le béton, la finance, etc. Donc,

50:26
Locuteur

c

50:26
Invité

'est tout un contenu différent,

50:28
Locuteur

une

50:28
Invité

façon de se penser autrement dans la société. Nous pouvons viser,

50:33
Locuteur

quand

50:33
Invité

nous étions alliés, nous avons cette proposition en commun avec LFI,

50:37
Locuteur

qui

50:37
Invité

s'appelait pas LFI. Nous pouvons viser

50:40
Locuteur

un

50:41
Invité

fonds européen pour les services publics.

50:43
Locuteur

Ce

50:44
Invité

fonds européen

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Locuteur

qui

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Invité

financerait à 0% les services publics intercalés entre la Banque centrale européenne et les États.

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Locuteur

On

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Invité

a appris que la Banque centrale européenne ne peut pas financer directement les États,

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Locuteur

mais

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Invité

elle a le droit de financer une institution financière publique.

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Locuteur

Et

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Invité

donc, on créerait en Europe cette institution financière publique

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Locuteur

qui

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Invité

serait financée à 0% par la Banque centrale européenne et qui financerait les États s'ils développent les services publics. Pourquoi je dis ça ? Parce que maintenant, le chemin à partir de la France.

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Locuteur

Nous

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Invité

pouvons commencer en France à faire ça par le pôle public bancaire français, casier dépôt, BPI, Banque postale, et qui finance à 0% une partie des dépenses des services publics

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Locuteur

et

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Invité

qui met la pression sur la BCE pour être elle-même refinancée par la Banque centrale européenne. Deuxièmement, nous nous adressons aux autres pays

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Locuteur

parce

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Invité

qu

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Locuteur

'il

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Invité

n

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Locuteur

'y a

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Invité

pas que la France, l'Italie,

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Locuteur

l

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Invité

'Espagne, les pays du Sud qui ont besoin de services publics. L'Allemagne, tu en parlais, ils ont besoin de services publics. Dillingke dit nous avons besoin de 100 000 soignants à l'hôpital en Allemagne. Même en Allemagne. Il nous manque 14 000 enseignants en Allemagne. Donc l'Allemagne a besoin de services publics. C'est pour ça que Draghi d'ailleurs prétend faire un pas contre l'austérité en disant qu'il faut des dépenses. Vous avez vu, Mario Draghi. Bon, donc nous pouvons dire nous mettons ensemble les caisses des dépôts, les caisses d'épargne, les banques publiques d'Allemagne, d'Italie, d'Espagne, de France.

On ouvre une négociation internationale en parlant au peuple, pas seulement aux dirigeants. Et en disant avec vos outils publics, on peut se mettre ensemble pour financer ensemble avant qu

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Locuteur

'il

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Invité

y

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Locuteur

ait

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Invité

un fonds européen. Et ensuite, on mène la bataille pour un fonds européen, non pas renverser la table, mais tout de suite faire obéir à une autre logique. Et ce fonds européen, si c'est plus simple, on

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Locuteur

le

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Invité

commence sur deux sujets. La santé et le frais de ferroviaire, ça va déjà déménager beaucoup de choses. Donc on peut faire des choses. Donc c'est très important parce que la dette, il y a de la bonne et de la mauvaise dette. C'est comme le cholestérol. Et la bonne dette, c'est celle qui développe. Elle développe tellement qu'on finit par avaler la dette. C'est ce qu'on a fait après-guerre. Il a fallu une dette énorme. On a nationalisé les banques, on a fait des dépenses considérables et on s'est tellement développé qu'on a avalé la dette. Le problème, c'est qu'on n'a pas mis des critères, ni écologiques, ni sociaux. Donc on a développé la crise suivante.

Et donc là, on veut conjurer la crise suivante en faisant autrement. Donc voilà un petit peu pour la question européenne. Mais je voudrais souligner

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Locuteur

ce

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Invité

qu'a dit Draghi et ce qu'ont dit Barnier. Barnier, il dit service public en premier.

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Locuteur

Il

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Invité

faut prendre au défi. Mais alors si c'est service public, alors c'est emploi dans le service public. C'est dépenses massifs. C'est pas des petites réorganisations bidons pour faire croire qu'on fait des services publics dans les territoires. Draghi, il vient de dire qu'il faut dépenser plus en Europe.

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Locuteur

Et

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Invité

je ne

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Locuteur

sais

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Invité

pas si vous avez dû, Piketty qui fait une page dans Le Monde, interviewée par Le Monde, pour dire formidable Draghi. Attention. Draghi, il est obligé de concéder qu'il faut faire plus de dépenses.

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Locuteur

Mais

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Invité

il propose de les faire par emprunt sur les marchés financiers. Donc l'accord de coût. Et deuxièmement, je pense que c'est pour les dépenses de guerre et les dépenses du capital et donc l'austérité pour le social. Alors qu'il faut toute autre chose et avec la récession qui vient, c'est ces dépenses-là qui vont permettre. Donc l'Europe, en plus avec la récession qui lui arrive, elle a besoin de faire autrement. Et enfin sur l'international parce qu'il n

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Locuteur

'y

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Invité

a pas que l'Europe. Et Eric en a touché un mot. Il y

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Locuteur

a

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Invité

la question des négociations internationales. Il faut d'autres relations internationales dans le monde. D'abord, nous devons renégocier les traités de libre-échange.

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Locuteur

C

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Invité

'est ce qui est dans notre programme. Nous proposons des traités de maîtrise des échanges entre les pays. C'est-à-dire on fait des échanges des investissements communs si ça développe l'emploi, les biens communs. Donc si c'est gagnant, cognant des deux côtés et donc des institutions pour vérifier que vraiment on développe des deux côtés. Donc une autre démocratie et d'autres relations internationales jusqu'à la question des BRICS avec le Brésil, la Chine, l'Afrique, une partie de l'Afrique, les BRICS et la transformation du système monétaire international.

Est-ce que vous savez que le Fonds monétaire international, il n'en a pas parlé tout à l'heure de Villepin qui a fait des belles envolées et des choses justes, mais il n

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Locuteur

'a

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Invité

pas parlé du dollar. Est-ce que vous savez que le Fonds monétaire international qui est l'argent du monde entre guillemets, les Etats-Unis ont un droit de veto dedans ?

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Locuteur

Est

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Invité

-ce que vous savez que ce n'est même pas sous contrôle de l'ONU ? Nous voulons faire sauter le droit de veto des Etats-Unis au FMI.

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Locuteur

Nous

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Invité

voulons développer une monnaie commune mondiale,

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Locuteur

une

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Invité

monnaie commune mondiale vraiment partagée pour le développement des peuples

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Locuteur

au

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Invité

lieu de l'hégémonie du dollar. Et pour ça, avec des négociations avec l'Afrique, le Sud global, comme on dit,

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Locuteur

et

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Invité

les BRICS, nous pouvons avancer et c'est aussi une responsabilité et c'est fidèle à toute la tradition de la France, de

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Locuteur

l

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Invité

'universalisme et de l'humanisme. Je vous remercie.

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Locuteur

J

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Présentateur

'espère qu'ils ont réussi à vous convaincre malgré tout. Il est 16h, ça va être le moment de conclure ce débat. Je vais remercier nos invités qui nous ont fait le plaisir de venir. Et puis, je remercie à tous, à vous tous d'être venus l'assister. Merci Cyprien, merci à Karine Lebon, merci Evassas, merci Eric Coquerel et Frédéric Bocca

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Locuteur

pour

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Présentateur

ce débat.

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Locuteur

Donc,

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Présentateur

s'il en était besoin, oui, le programme du...