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interviewRMC· 16 avril 2026 23 min

Prix des carburants : "À 2,50€ le litre, les vacances deviennent un luxe !"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Au lieu d'aller dans le sud, on va essayer d'aller dans les Vosges, aller voir nos amis vosgiens voisins. Euh, on m'a toujours dit "Quand tu n'as pas quand tu n'as pas d'argent, même tes rêves ils t'appartiennent pas." Bah, on est vraiment dans le cas là, en ce moment.

On est vraiment dans le cas où voilà, à deux à 2,50 centimes euh le litre, ça devient quasi un luxe d'aller faire de longs voyages en voiture. Et la SNCF ne joue pas le jeu, on a des prix euh pharaoniques. Les vols, n'en parlons pas.

Et puis moi j'ai cinq enfants, donc on multiplie par cinq euh l'addition. Donc euh, je sais pas, j'ai l'impression que l'État est spectateur comme nous de cette crise. Et on démarre Estelle Midi avec le renoncement ou plutôt les renoncements du jour.

Face à la crise des carburants, c'est tout le budget des Français qui se trouve bousculé, un pouvoir d'achat amputé qui oblige d'ores et déjà à se priver sur l'alimentation, les loisirs, le shopping, les sorties, les vacances. Six Français sur 10 sont contraints à des renoncements au quotidien, sondage Elabe publié hier soir. On va regarder le détail de ces renoncements, Martin, mais d'abord écoutez le témoignage de Christelle qui est responsable d'entrepôt dans le Loiret.

Elle a appelé Apolline ce matin sur RMC. Ma liberté, c'est ma voiture. On doit pouvoir être libre de nos mouvements.

D'après les gilets jaunes, il va y avoir le burnout du gasoil. On va tous se mettre en arrêt de maladie parce que nous qui travaillons tous les jours, qui rapportons de l'argent à l'État, on paye toujours et toujours et encore et encore. À 2,25 € au moins cher ou à 2,50 € au plus cher, bah on fait vite les comptes, hein.

Je devais partir une semaine au mois de mai, je pars pas. On va rester à la maison, puis on va essayer de moins consommer comme ça l'État ils vont comprendre un peu ce qui se passe. Est-ce que moi je dois payer pour aller ?

Voilà, Christelle qui parle d'un burnout du gasoil, Martin. C'est très clair, hein, dans les différentes enquêtes, les Français sont contraints de se priver au quotidien. Ouais, les vacances, les weekends, un tiers des Français y renoncent.

Désormais, faire du shopping, pareil, autant de Français évitent aussi désormais les restaurants, les cinémas, les bars, ça c'est ce que nous dit un sondage Elabe pour BFM TV. On le vous le révélait également ce matin, les ventes de jouets, de vêtements ont baissé de 4,7 % en un an au mois de mars d'après les chiffres de Procos, mais on réduit aussi les déplacements. 59 % des Français déclarent moins utiliser la la voiture.

Des renoncements qui touchent toutes les catégories de population, particulièrement évidemment, on l'a entendu avec Christelle, les actifs. Près d'un Français sur deux estime que la hausse des prix du carburant a un impact important sur son budget. Ça nous pousse à renoncer encore plus qu'avant finalement, parce que les Français ont visiblement pris l'habitude de se priver depuis 4 ans, nous explique l'INSEE.

Le taux de privation matérielle est désormais de 13,1 % il était de 12,7 % en 2024. Ça veut dire que de plus en plus de Français renoncent à des produits, à des services jugés souhaitables dans la vie quotidienne. On consomme par exemple moins de protéines, ça veut dire moins de viande, moins de poisson.

On chauffe également par exemple beaucoup moins le logement en hiver. Benjamin Amar, cette crise des carburants, elle vient s'ajouter c'est vrai à une crise du pouvoir d'achat, il y a eu l'inflation ces dernières années. Ça vient se surajouter à toutes les privations déjà depuis depuis quelques années.

Jusqu'où ça peut tenir comme ça ? Parce qu'on a l'impression que chaque jour qui passe on attend une réponse officielle à un mouvement du gouvernement qui ne vient pas, qui y a que des des des des mesurettes. On cherche des des On parle d'un décret sur les marges des distributeurs.

Il y a rien face à à l'ampleur de la crise que subissent les Français là. Oui, alors si on regarde effectivement qu'on mesure depuis combien d'années nous sommes dans cette problématique là. C'est-à-dire cette cette espèce de mille-feuille de l'austérité budgétaire pour les Français au quotidien finalement c'est c'est quelque chose de continu.

On a eu Là c'est le coup de grâce. Là on peut plus bouger quoi, on peut plus se déplacer, ça coûte trop cher. Exactement, il y a cette dimension supplémentaire des des des carburants et que que le que la majorité, enfin pardon, que la minorité macroniste ne viennent pas nous fatiguer en nous disant que c'est du ressenti et cetera.

Il y a des enquêtes, il y a le taux de privation Mais il y a le 32 16 hein, tout simplement. C'est pour ça que je voulais qu'on entende Christelle et qu'on l'entende depuis Mais alors il y a le 32 16 bien évidemment, mais il y a aussi l'INSEE qui fait des enquêtes et qui explique que le taux de privation par exemple sur la question de de la protéine dans les repas ont tourné autour de 7 % en 2020 et aujourd'hui on est à 11 et demi pour cent. Donc ça veut dire que cette réalité là s'impose et que au quotidien effectivement ben il y a il y a des millions de Français qui doivent faire des choix des choix qui sont des choix cornéliens c'est-à-dire que en gros est-ce que je mets de la viande et du poisson de de de de dans dans mes repas deux fois par jour est-ce que je chauffe est-ce que je chauffe moins est-ce que je pars en vacances partir en vacances dans dans le taux de privation il y a 25 % des Français qui renoncent à partir une semaine dans l'année.

Donc on est dans cette dans cette réalité là et pour répondre à la question jusqu'à quand mais attention parce que moi je l'ai souvent dit ici personne n'est le Paco Rabanne du mouvement social. Quand il y a quelque chose qui quand la colère explose personne ne le voit venir c'est exactement ce qui s'était passé au moment des gilets jaunes avec des carburants à 1,50 € le litre. Là on le voit venir s'il y a une colère qui explose on va pas dire qu'on l'a pas vu venir.

Non mais non parce que il y a encore des gens qui en fait je vais vous dire le gouvernement ne bouge pas parce que le gouvernement a l'impression que pour le moment voilà il y a il y a il y a il y a pas de colère sociale qui s'exprime même spontanée il y a rien donc tant qu'on peut on continue. Enfin quand vous écoutez Olivier Dussopt ou d'autres ministres du gouvernement mais les ces gens-là ils sont dans l'hyperespace en fait. Ils sont mais regardez l'agenda politique du moment.

Alors à l'inverse mon cher Benjamin je me permets vous qui êtes à la CGT on a l'impression que le combat des Français là c'est de remplir le frigo à la fin de la semaine éventuellement de pouvoir partir en vacances une fois dans l'année et pendant ce temps le combat de la CGT c'est surtout qu'on n'ouvre pas les boulangeries le 1er mai. Honnêtement ça semble un peu décalé. Honnêtement Charles c'est malhonnête de dire ça.

Je te le dis franchement c'est très malhonnête de dire ça parce que en réalité non non non c'est c'est c'est très malhonnête de dire ça et je suis obligé de te le dire parce que en réalité l'agenda politique c'est celui du gouvernement. C'est le gouvernement qui à trois semaines du mois de mai a décidé de pondre ce truc. Pardon, pardon qu'on qu'on refuse effectivement que la mémoire sociale de notre pays, le 1er mai, une date qui est je veux dire tout au long du 20e siècle c'est une date importante, pardon de pas les effacer.

Voilà. Juliette Briance, est-ce que tout ça est de la faute de la j'allais dire la majorité, la minorité macroniste comme dit comme dit Benjamin, on a un gouvernement paralysé pendant que les Français n'arrivent plus à remplir ni leur réservoir ni leur frigo. Mais c'est une catastrophe et la fin de règne est est vraiment très longue.

Après c'est pas entièrement de la de la faute de Macron, ses ses prédécesseurs n'ont pas été brillants non plus, mais on peut pas dire qu'il est vraiment à arranger les choses. Évidemment, on n'est pas tous sous la même étoile, euh il y a les privilégiés euh comme moi par exemple, comme Pour l'instant bah Juliette, soyons transparents, pas de renoncement sur on on revoit pas les projets, je sais pas moi de la première chose ça a été le le Covid, il y a eu le Covid, la grande inflation du Covid au moment où je changeais de métier donc j'étais assez précaire à ce moment-là et effectivement euh là j'ai eu plein de renoncements. J'ai j'ai j'ai complètement arrêté les restaurants, effectivement j'ai commencé à regarder pas mal le prix de ma protéine dans mon et il y a des choses que j'ai gardées en moi en fait.

Euh j'ai autant autant dire que je je mène pas la grande vie, je fais jamais de restaurant, jamais de shopping et je garde tout pour mes vacances d'été, voilà, parce que c'est c'est mon choix. Mais après peut-être que moi j'aurais les moyens de faire de de de vivre un peu un peu plus, d'aller au restaurant et cetera, ce qui n'est pas le cas de beaucoup de gens. Après, il y a les grands précaires, il y a ceux qui sont qui vivent des drames sociaux réels euh qui littéralement ne ont du mal à s'alimenter et à aller jusqu'à à la fin du mois.

Euh ceux-là sont dans une détresse qui devrait inquiéter tout le monde. Pendant le Covid, vous vous rappelez, il y a eu cet essor, cette explosion du vol de viande dans les dans les supermarchés. Ça dans un pays développé, de se dire que on a des citoyens aujourd'hui qui sont obligés de voler euh de la viande, du poulet et du bœuf pour pouvoir subvenir à leurs besoins, c'est terrible à entendre.

Et ensuite, on a la classe moyenne, alors qui sont eux surtout dans l'adaptation. C'est-à-dire voilà, on fait des choix, on on on se c'est une classe moyenne qui est directement frappée quand le le quand le plein d'essence coûte 20 euros de plus bah c'est 20 euros de moins. que de crise en crise, euh de perte d'emploi en perte d'emploi, de crise du carburant parce qu'on sait que le le carburant c'est c'est vraiment le nerf de la guerre pour beaucoup de travailleurs, et ben on a cette classe moyenne qui pouvait encore s'adapter, qui avait survécu au Covid et qui va tomber elle aussi dans une sorte de détresse sociale.

Ce qui fait qu'on est oui sur un un appauvrissement euh général, que les Français sont proches de leur de leur de leur sous, de leur porte-monnaie, et que le pouvoir d'achat euh est une question brûlante. Le kérosène est que si j'ose dire, euh s'est bien déversé euh un peu comme avant les gilets jaunes, mais il manque quelque chose, il manque l'étincelle. Les gilets jaunes, ça avait été euh le foutage de gueule extrême de de la taxe diesel qui avait en gros voilà mis le feu aux poudres. c'était un problème franco-français.

Voilà. Là où beaucoup de Français ont aussi conscience que c'est pas Emmanuel Macron qui a bloqué le départ en vacances ou quoi. c'est la petite phrase de une petite phrase de Macron qui pourrait allumer les braises.

C'est vrai qu'il est discret pour l'instant et tant mieux. C'est vrai que ça pourrait être la voilà. il y a quand même des pays européens où on trouve des où on trouve des alternatives.

Alors qu'on a un gouvernement bah qui a pas les moyens tout simplement euh d'agir. Baptiste Demontier, vous le ressentez déjà dans votre quotidien cette cette crise, ce renoncement à certains projets, à certains loisirs parce que bah c'est plus possible. Alors c'est c'est des c'est des c'est des petites brimades, des petites choses qu'on change, des petits comportements effectivement.

Moi je suis à la tête d'une famille de deux filles et deux belles-filles, donc une semaine sur deux on est six à la maison. Une semaine sur deux là par exemple cette semaine je suis seul avec ma compagne, c'est beaucoup plus simple. La semaine prochaine, bon il se trouve c'est les vacances en plus, donc ça ça va faire des gros pleins, des gros pleins de bouffe pour dire les choses très concrè- très concrètement.

Et oui, on fait un peu attention. On fait attention, on va pas aller acheter de la viande, on va faire un peu plus attention. Et je suis évidemment euh je fais partie d'une France immensément privilégiée mais il y a une réalité quand même qui frappe tout le monde.

On en avait parlé dans cette émission il y a quelques semaines et j'ai repris les chiffres qu'on s'était dit entre 2020 et 2025, il y a eu 18 % d'inflation galopante d'inflation cumulée. C'est-à-dire que quelque chose qui coûtait 100 euros en 2020 aujourd'hui coûte 118 euros. Donc là, en plus de ça vient s'ajouter une crise des carburants qui est en gros troisième choc pétrolier qu'on vit le le le probablement pas le plus important en tout cas moi depuis que je suis né parce que je suis né en 81, j'ai il y a eu il y a eu 90 mais voilà celui-là il est quand même il est il est colossal.

Après il y a il y a il y a il y a une chose qu'il faut garder en tête, c'est ceux qui vont renoncer à partir en vacances parce que prix de l'essence. Si on réfléchit en fait, moi j'ai fait un calcul si vous avez une voiture familiale type 3008 diesel et que vous faites un aller-retour de 800 km en fait le surcoût aujourd'hui en carburant par rapport à avant la crise, j'ai pris un diesel à 1,70 ou à 2,50, le surcoût il est de 36 euros pour 800 km en voiture. Donc quand il y a des gens qui disent mais c'est 36 à l'aller 36 sur retour. 36 sur les 800 si vous faites 800 vous partez à 400 km aller 400 km retour avec votre voiture.

OK. Voilà, vous allez avoir 40 euros un peu moins de 40 euros de surcoût. Le problème c'est pas tant le surcoût de ce voyage, c'est comment on est impacté psychologiquement parce qu'en réalité pardon mais quand on est capable de partir en vacances une semaine 40 euros de ne doivent pas être C'est pas ces 40 euros qui doivent vous empêcher de partir en vacances.

La réalité c'est que ces 40 euros plus tout ce qu'on dépense au quotidien tous les jours. quelques pleins à faire avant l'été dans le réservoir et à chaque fois il y aura 40 euros. Voilà et ce que je veux dire c'est qu'en fait quand on dit oui les gens refusent de partir en vacances, on se dit attendez ça n'a pas de sens.

Non ça n'a pas de sens juste de calculer le surcoût du voyage mais la réalité c'est que toute la semaine tout le mois moi je le vois hein tout le mois je dépense plus qu'avant. Et ben tiens très concrètement c'est le cas de Loïc qui nous appelle au 32 depuis le Finistère. Bonjour Loïc.

Bonjour. Salut Loïc, vous êtes à Plouhinec, conducteur de car. Est-ce que vous vous êtes déjà en train de renoncer à certains projets, que ce soit au quotidien, ou je sais pas, pour des vacances, à cause des prix des ?

Ça commence alors ça a commencé nous on a comme je disais à votre collègue on a une semaine en commun cet été, une semaine de vacances qu'on prend tous les ans avec avec les enfants et et on est en train de changer notre fusil d'épaule, c'est-à-dire que on avait en projet de partir dans le sud de la France, pourquoi pas aller en Espagne parce que notre fils voulait aller voir. Et au prix de l'essence aujourd'hui, au prix de la vie en général, je veux pas que l'essence soit trop impactante pour notre budget. On a un budget qui est plutôt restreint et on préfère faire plaisir aux enfants plutôt que de tout mettre dans le réservoir de la voiture, quoi.

Ouais, et donc ça va être ? Ça va être vacances quand même mais plus près, moins de distance. Ça va être plus près, une autre organisation, on va il y a plein de voilà, la Bretagne qui est super, on a plein de petits campings, des choses comme ça, on est très on est fans de caravaning, des choses comme ça, on est équipés.

Donc on va faire ici comme on avait fait l'année dernière. Sans voilà, sans tout pas balancer une grosse partie de notre budget dans l'essence. Oui oui, mais c'est mais obligé de renoncer, c'est le mot, hein, on vous pose la question, est-ce que vous allez ?

Là vous renoncez à un projet de vacances en en Espagne, vous êtes obligés de revoir les les ambitions de vacances à la baisse. Bon, j'entends que vous le vous le faites avec philosophie, Loïc, mais ça reste un renoncement parce que vous le ressentez aussi au quotidien. Là on parle d'un projet de vacances pour cet été, mais là aujourd'hui, tiens, vous êtes conducteur de car vous dans votre entreprise là, le patron il doit pas être tout sourire.

On a vu les conducteurs de cars se mobiliser. On en on en parle pas, euh on en parle pas, je sais pas alors moi j'ai dit j'ai eu l'occasion de discuter avec un mécanicien là dernière fois, ça m'a un peu interpellé, il me disait que le gazoil alors au début de la crise, hein, il le payait quand même 80 centimes le litre, je trouve ça un peu gros. Euh parce que pour moi je pense qu'il y a pas de il y a pas de tarif réduit quand on est société de de car parce que sinon bah tous tous les gros rouleurs les les sociétés de transport les choses comme ça ils seraient pas au vent debout contre ça.

Mais euh on en parle pas. On a eu aucune consigne nous aussi en ce qui concerne les transports en commun et tout ça. il y a pas moins de boulot ?

Non. Bah non bah je sais pas c'est les vacances je bosse. Oui mais c'est déjà ça Loïc.

Bah je vous je vous pose la question parce qu'on a vu les autocarsistes se se mobiliser au début de la crise. Oui mais je pense que c'est des sociétés indépendantes. Nous moi je roule pour la région euh Ouais et ça tient oui.

Notre gros client nous on fait du transport interurbain. On transporte des gens de ville en ville euh Baptiste Demontier. Vous vous avez euh vous constatez qu'il y a plus d'affluence dans justement dans votre transport ?

Vous vous vous vous constatez un report de gens qui prennent plus leur voiture et qui prennent et qui prennent les transports ? J'ai échangé oui moi j'ai j'ai trouvé ouais j'ai discuté avec des gens bah pas plus tard que il y a c'était hier ou avant-hier et euh et en fait il me disait que parce que nous le le ticket par exemple c'est 2,50 euros. Ouais.

Peu importe la distance. Euh quand on fait euh enfin moi la plus grande de de mes lignes que je fais c'est 1h30 de route. 1h30 à 2,50 euros c'est vrai que bah le le c'est c'est vite calculé quoi c'est vite rentabilisé après.

On est on est moins autonome, on est plus dépendant des transports parce qu'on a des horaires des choses comme ça mais mais c'est vrai que moi j'ai dit même aux enfants les choses comme ça à l'avenir bah hier ils sont venus avec moi par exemple je travaillais ils sont venus avec moi comme ça on a économisé un trajet en voiture pour aller faire un un enfin une emplettes qu'on aurait fait en temps normal avec notre bon vieux diesel quoi. Oui mais ça ça permet enfin c'est oui on est obligé d'adapter les usages. C'est pas un renoncement en l'occurrence mais vous n'auriez peut-être pas fait comme ça avant la crise des carburants Loïc.

Non complètement. Ouais donc c'est quand même c'est quand même tout le quotidien qui est chamboulé là pas que les pas que les vacances avec vous Loïc mais oui chacun est obligé de faire des des des des petits renoncements au quotidien mais aussi des grands renoncements en vue des en vue des vacances. Il y a Kader Dali qui nous appelle de Nancy aussi à ben un fidèle d'Estelle Midi.

Bonjour Kader Dali. Bonjour, bonjour tout le monde. Bonjour.

Vous aussi, vous êtes en train de revoir à la baisse le le le projet vacances. Ah ben écoutez, on a une semaine de vacances scolaires. Au lieu d'aller dans le sud, on va essayer d'aller dans les Vosges, aller voir nos amis vosgiens voisins.

Euh on m'a toujours dit "Quand tu n'as pas quand tu n'as pas d'argent, même tes rêves, ils t'appartiennent pas." Ben on est vraiment dans le cas là en ce moment. On est vraiment dans le cas où voilà deux à 2,50 centimes euh le litre, ça devient quasi un luxe d'aller faire de longs voyages en voiture.

Et la SNCF ne joue pas le jeu, on a des prix euh pharaoniques. Les vols, n'en parlons pas. Et puis moi j'ai cinq enfants, donc on multiplie par cinq euh l'addition.

Donc je sais pas, j'ai l'impression que l'État est spectateur comme nous de cette crise. Il va falloir à un moment donné que soit l'État, soit les institutionnels euh se mettre autour de se mettre autour d'une table et arrêtent de de subir et de proposer des choses parce que gouverner, c'est gérer et anticiper. Et là, on a l'impression qu'ils subissent comme nous.

On a l'impression que il y a personne à bord, quoi. Oui, c'est ça, c'est ce qu'on se disait avec Benjamin à l'instant. C'est un gouvernement qui a plus d'argent et qui donc attend que ça passe.

Pourtant, on ne fait qu'entendre ça au 3216 depuis un mois. Et encore là, j'ai envie de dire Kader Dali et Loïc, ils renoncent juste à des vacances. Alors c'est Kader Dali, j'entends que c'est frustrant de pas pouvoir aller dans dans le sud même si les Vosges, c'est magnifique Kader Dali, on est d'accord, hein.

Bon, à défaut d'avoir la mer, on aura les petites montagnes. Mais oui, mais c'est c'est très beau aussi. [rires] le petit lac de la à la Bresse.

Mais euh je trouve au-delà de ça parce qu'il y en a certains qui partiront pas du tout en vacances. Et c'est à celles et ceux que je pense. Mais je trouve quand même que euh l'État dans ces grandes crises, il devrait avoir les grands moyens.

Les transports en commun pendant ces crises-là devraient être euh soit euh pas gratifiés, mais soit gratuits puisque il y a toujours quelqu'un qui paye mine de rien. Ah oui, ça veut dire que tout le monde paye. Ouais, mais c'est c'est tout le monde paye.

Oui, mais à un moment donné, il faut trouver des solutions. En plus euh euh il y a un côté écologique, on prendra pas la bagnole et ils nous laissent les transports en commun pendant les pics prises, hein, je dis pas tout le temps, hein. Mais euh pendant le Covid, on a su faire des choses extraordinaires et là, pendant une guerre qui est quasi mondiale, hein, euh là-haut, euh on arrive pas à trouver des des grands moyens et je trouve C'est vrai, c'est c'est vrai que au début du Covid, Emmanuel Macron nous a dit "Nous sommes en guerre et c'est parti, quoi qu'il en coûte, on sort le chéquier." Et là, il y a vraiment la vraie guerre.

Il y a plus de chéquier, visiblement. Mais parce qu'il avait vidé les caisses à l'époque. Les caisses sont vides.

Alors, il y a aussi un paradoxe là, c'est que ce que disent Ska Keller Dali et Loïc, il doit y avoir deux trois écolos qui se frottent les mains et qui se disent génial. Loïc nous dit "Ça y est, j'ai de plus en plus de Bretons qui au lieu de prendre leur voiture, ben vont prendre le car, prendre les transports en commun." Je je je me fais l'avocat du diable, mais je pense que chez Europe Écologie Les Verts, on se dit "Ben génial, Mais chez tout le monde, chez tout le monde, chez tout le monde, si on si on raisonne comme ça, c'est comme quand on nous dit "Ah mais regardez, c'est très bien, le prix de la viande est tel que bah les gens vont moins moins manger de viande, c'est bon pour l'environnement, c'est bon pour leur santé." Euh c'est c'est terrible de penser comme ça, c'est pas comme ça qu'on réfléchit.

C'est ouais, ça ça s'apparente à ça. En tout cas, ce qui est clair et net que euh non, l'existence n'est pas une contrainte budgétaire permanente. Ici, il y a des choix politiques conscients à faire sur l'environnement, sur la santé, c'est une chose.

Par contre, quand c'est le portefeuille qui est tellement serré que vous ne pouvez plus euh vivre au quotidien normalement, là, c'est pas penser et réfléchir comme ça. Et si vous renvoyez ça à l'écologie, eh ben bien sûr, dans la tête des gens, ça fait des dégâts politiquement. Une collègue une collègue, Benjamin, c'est Cindy qui est prof en lycée dans l'Essonne.

Bonjour Cindy. Oui, bonjour. Vous m'entendez ?

Bonjour. Eh ben nous, on vous entend nous on va très bien. Salut Cindy.

Ben on vous adore déjà aussi. Cindy, vous aussi vous allez devoir renoncer aux ? Ah clairement, je voulais les Antilles et là, j'en peux plus.

Euh non, c'est ça a été fait euh le choix a été fait à Noël. J'en ai marre chaque année d'avoir des prix qui flambent chaque année pour les Antilles et ailleurs, hein. Et là, clairement, on est à dans la énième crise.

Euh en tant qu'enseignant, donc déjà, c'est compliqué de partir en vacances. Donc mais là cette année c'est c'est sûr que le choix est fait. Moi j'ai des amis qui sont en pleine désolation, qui préfèrent s'endetter, faire des crédits pour partir, clairement.

Et à chaque vacances, ils essaient de partir et enfin Je je voilà, j'ai juste appelé pour alerter tout le monde. Enfin, je suis pas alarmiste, c'est la première fois que je le fais, mais je pense qu'il faut être faire des choix raisonnés. Il y a des métiers qui permettent de partir en vacances, tant mieux pour vous, ou c'est bien, mais faites attention quand même parce qu'il y a quand même des des risques auxquels on s'attend pas.

Moi perso, en tant qu'enseignante, enfin j'en peux plus, voilà, j'en ai j'en ai plus que marre de de voir que je suis tout le temps à l'emprunt à la pompe et que les billets d'avion pour les Antilles c'est c'est c'est carrément pas possible. Je pense que je suis pas la seule, mais personne n'appelle, personne n'écrit, personne n'ose. Bah vous le faites aujourd'hui, vous le faites Cindy.

Ouais ouais. Mais le le 3216 est là pour ça aussi Cindy. Cindy, vous dites c'est la première fois, c'est la première fois que vous ne pouvez pas rentrer aux Antilles l'été, c'est ?

C'est la première fois que je prends la décision. Je rentre tous les 2 ans. Ma grand-mère et mes et ma mère sont en Ehpad.

Bon voilà, j'ai fait le choix, on a fait le choix de les placer, c'est c'est vrai. On n'avait pas d'autres solutions, mais bon, sachant que moi j'ai des enfants derrière, il y a des décisions Il y a un énorme coût aussi, hein. Et c'est c'est ça, et c'est ça.

Oui, puis il y a les profs Cindy, donc elle ne peut pas partir hors période scolaire où les prix pourraient être potentiellement un peu moins élevés. Arrêtez de me dire ça, c'est un leurre de croire que les profs sont super bien payés, qu'ils ont plein de vacances. Arrêtez de dire ça, j'entends les personnes à l'antenne qui le disent.

Mais moi je passe mes vacances à corriger les copies, à préparer les conseils de classe. C'est un métier, c'est un choix, je l'assume [raclement de gorge] complètement. J'ai fait une reconversion, donc je l'assume, ça fait 3 ans que je le fais.

J'adore, j'adore retransmettre, mais par contre, c'est vrai que il y a des choix à faire perso sur la famille. Mon mari qui est dans le privé, il a du mal à à faire des concessions par rapport aux vacances. Lui il a il a il a il a il a pour habitude de partir à chaque fois.

Enfin, on a la on a on a pour habitude de partir, mais c'est vrai que là cette année clairement, j'ai dit non mais on peut même pas partir pendant les vacances, ça fait trois vacances, je je ne pars pas. On entend le enfin Oui, vous ne partez plus de l'année et une fois tous les 2 ans vous vous vous vous rentriez aux Antilles, ce ne sera plus possible pour la première fois Cindy. Merci d'être venu alerter comme vous le dites.

Et justement aux Antilles Cindy, comment comment est perçu comment votre famille vous retranscrit cette crise ? Qu'est-ce qui qu'est-ce qu'on nous dit parce qu'on a assez peu d'écho ? Je sais pas peut-être qu'elle est partie.

J'ai pas entendu votre question, excusez-moi. Je me demandais justement comment votre famille aux Antilles elle vit cette crise pétrolière parce qu'on parle beaucoup de la métropole mais mais tous les territoires d'outre-mer sont évidemment frappés. En plus le la vie est chère, on le sait là-bas.

Qu'est-ce que vous avez comme écho de la vie sur ? Alors déjà bon pour ceux qui sont fonctionnaires qui sont comme moi enseignants donc la question ne se pose pas ils ont quand même les 40 % de vie chère. On va pas se mentir.

Euh la vie coûte cher mais à la pompe c'est pas tout à fait les mêmes chiffres. Déjà c'est une bonne nouvelle. C'est C'est pas encore c'est pas encore parce qu'il y a il y a un décalage.

Oui oui non mais ça permet d'être un peu moins frappé de plein fouet en ce moment qu'en métropole au moins sur le carburant, c'est déjà ça. Merci Cindy pour votre témoignage. On remercie Loïc Kaderdali aussi qui ont témoigné.

On va les regarder aussi le WhatsApp. avec Martin et puis notre consultation. On a plein de messages.

Mira qui nous dit je viens juste de faire une demande d'acompte sur salaire pour pouvoir mettre mon mon carburant. On nous dit Mira et puis Eric avec la hausse du carburant et des produits alimentaires, on ne fait plus aucun extra ou sortie. On fait attention à tout même au choix des aliments.

Et puis on vous a posé la question, est-ce que vous allez renoncer carburant alimentation loisirs ? Et ben il y a match 50 50. Ah 50 50 parce qu'on est en plein dilemme en ce moment.

Je pense que beaucoup de familles se posent la question comme on l'entendait.