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interviewethiqueettac· 27 juin 2026 11 min

Le recyclage est voué à l'échec… les pénuries arrivent !

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Invité

Il y a quand même des limites. Ce qu'on va envoyer dans un four, on ne va pas trier tous les appareils téléphoniques de telle marque, de tel type, de telle année. C'est impossible, en fait. Donc, il y aura forcément des mélanges. Donc, il y aura forcément de la perte.

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Présentateur

Juste une question sur le recyclage. Oui, en plus, c'est transporter la matière. En plus, il y a tous ces coûts de transport. Et donc, vous n'avez pas pu aborder la thermodynamie. L'aluminium, l'or ne sont pas recyclables à l'infini.

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Invité

Ah non, non, non. En fait, sur la fin, vous l'avez vu, il y avait une citation notamment de Gradel qui disait, Reké-Gradel de mémoire 2014, qui disait en fait, une unité de métaux commun n'est utilisable que deux ou trois fois avant d'être définitivement perdue. En fait, ce qui n'a pas été présenté, effectivement, c'est déjà les limites thermodynamiques. Vous avez vu en fait, la matière qu'on met dans des fours. Thermodynamiquement, en fait, c'est un problème de mettre des matériaux dont la chimie, en fait, est très complexe. On a parlé des alliages, par exemple, dans ce que vous mettez dans des fours. Du coup, vous avez une quantité de métaux absolument incroyable.

Donc, en fait, thermodynamiquement, vous allez avoir des limites parce que les métaux, au moment de la fonte, vont se réorganiser entre eux. Et vous allez créer des ferrailles généralement de mauvaise qualité. Donc, en fait, ce qu'on appelle dans le jargon, de façon un peu lissée, le recyclage non fonctionnel, c'est qu'en fait, vous allez, par exemple, vous prenez un acier. Vous avez tout plein d'acier différent parce qu'ils ont des compositions différentes. Vous les mettez dans le four. Vous allez récupérer un acier, mais tous les petits atomes se seront réorganisés à l'intérieur de l'acier. Et donc, la qualité globale, eh bien, en fait, elle est bien inférieure aux qualités individuelles.

On perd ses métaux. Donc, effectivement, en fait, quand bien même on arriverait à avoir, comme on le préconise à l'aune, encore une fois, des recommandations des chercheurs eux-mêmes, à avoir des filières qui sont beaucoup plus robustes, où on fait beaucoup moins de broyage. Il y a beaucoup de chercheurs, par exemple, qui appellent de leur vœu à faire plus de démantèlement manuel, plus de tri, avec, bien sûr, toutes les limites que ça a, vous l'avez vu dans les représentations. Malgré tout, en fait, il y a quand même des limites. C'est-à-dire, ce qu'on va envoyer dans un four, on ne va pas trier tous les appareils téléphoniques de telle marque, de tel type, de telle année.

C'est impossible, en fait. Donc, il y aura forcément des mélanges. Donc, il y aura forcément de la perte. Il y a des métaux pour lesquels il y a des auteurs qui disent, vu l'usage qu'on en fait, c'est irrécupérable. Et ça, ce n'est plus une problématique. Alors, c'est certes une problématique thermodynamique, mais qui vient du fait qu'il y a des métaux qu'on utilise aujourd'hui. Je pense, par exemple, à l'indium. Ce n'est pas le cas. Ce n'est pas que le seul cas. Là, où les concentrations, elles sont inférieures aux concentrations dans les minerais. Vous vous souvenez, l'indium, c'est quelques dizaines de grammes par tonne. Dans les produits, on est en dessous.

En fait, on est autour du milligramme par tonne de produit. Donc là, en fait, les concentrations sont si faibles que ça n'a aucun intérêt. Je pense, par exemple, à l'europium. Pour donner cet exemple-là, l'europium, c'est de mémoire. Je ne veux pas dire de bêtises, mais c'est quelques centaines de tonnes produites par an. C'est un métal qui est peu produit. Et ça me faisait rigoler parce qu'il y avait une publication de 2013 de personnes qui ont travaillé sur quelques métaux qui disaient, du coup, pour récupérer une tonne d'europium, il faisait un calcul.

Au regard de la concentration d'europium dans ces ampoules, il disait qu'il faut récupérer, je ne sais plus, je crois que c'était 1,4 milliard d'ampoules. Vas-y, commence à récupérer, je te suis. Nous, on ne va pas récupérer 1,4 milliard d'ampoules pour récupérer une tonne d'europium alors qu'on en consomme 400 par an. C'est quoi cette affaire ? Donc la recyclabilité, elle s'interroge d'abord. Alors certes, elle s'interroge d'un point de vue thermodynamique et c'est important de le dire parce qu'on ne va pas faire de miracle dans les fours. Il faut arrêter de s'imaginer que les métallurgistes, ce ne sont pas des alchimistes, c'est des métallurgistes. Donc ils font ce qu'ils peuvent.

Par contre, la recyclabilité, et ça, ça a été clairement dans toutes les publications, dans toutes les personnes qu'on a rencontrées, tous les collecteurs, les sites qu'on a visités, les sites de traitement. Il y a un consensus qui dit la question de la fin de vie, c'est d'abord et avant tout une question de produit. Ça dépend de la façon dont vous concevez votre produit. C'est au moment où vous concevez votre produit que vous décidez de la vie, en l'occurrence de la mort du produit, clairement.

4:11
Présentateur

Donc consommez moins, achetez moins de produits. Mais vous disiez que les appareils numériques n'étaient que l'arbre qui cachait la forêt. Il faut replacer le numérique dans des échelles de grandeur. C'est quoi la priorité ? Quel est le secteur qu'il faut prioriser au niveau des axes d'amélioration ?

4:33
Invité

Effectivement, quand on dit que le numérique, c'est le secteur qui cache la forêt, déjà, on a énormément de difficultés à comprendre où va le métal. Vous vous souvenez du diagramme précédent. En fait, ça part dans tous les sens. Il y a des alliages qui sont fabriqués. Ensuite, ça repart dans des usines. Ça fait des tubes. En fait, après les tubes, ça fait des composants. Ça repart dans une autre usine. Ça fait une matière. Et puis après, ça repart, ça fait un produit. C'est impossible de suivre. Comment vous voulez qu'on sache où est-ce qu'il cuivre ? Donc, on a des sortes de grandeur. On arrive à peu près à savoir, aujourd'hui, il y a des publications qui sont sorties entre 2020 et 2024.

Je pense, par exemple, à Gradolétal 2022. Je pense à Charpentier-Poncelet, sa thèse de 2021 qui est exceptionnelle. Je pense à des auteurs comme ça qui, du coup, nous donnent quand même des pistes. Et effectivement, quand on regarde leurs travaux, c'est-à-dire quand on regarde la part de l'usage du métal dans le domaine dit numérique, sachant que le numérique, c'est quoi ? Est-ce que c'est que les écrans ? Est-ce que c'est que les ordinateurs ? Parce que, vous voyez, il y a aussi la problématique de la définition sectorielle de l'usage.

Mais au-delà de ça, quand vous regardez ces travaux-là, effectivement, pour la plupart des métaux, on va dire, ferreux et non ferreux, donc cuivre, aluminium, fer, plonzingue, en gros, ce dont on a le plus besoin, oui, la part, a priori, elle est relativement faible. Parce qu'en face, vous avez la construction, le transport, les infrastructures. C'est des tonnages qui sont considérables en termes d'usage. Je veux bien, de mémoire, les travaux de Bookagen 2020. Enfin, il me semble qu'ils étaient... Je suis en train de regarder le diagramme, là, vous ne le voyez pas, mais je vois le rapport, là, le diagramme, je crois que c'est 6 grammes de mémoire.

Mettons, 6 grammes dans un téléphone portable, vous savez combien il y a de tonnes de cuivre dans un bâtiment comme celui-là ? Ça n'a rien à voir, quoi. Enfin, peut-être pas en tonnes, mais au moins en centaines de kilos, quoi. Donc, il y a aussi, en fait, toute la problématique de... Quand on réfléchit aux usages, en fait, on a perdu aussi, si vous voulez, la compréhension des usages un petit peu invisibles dans la zone urbaine, en fait. Moi, la première fois que je vois du métal dans ma journée, c'est dans la zone urbaine, en fait.

Je prends le train, je prends le métro, je vois du métal, je rentre dans un bâtiment, je vois du métal, je vais sur une route, je vois, par exemple, un arrêt de bus, je vois du métal, vous voyez. Et ce métal-là, en fait, aujourd'hui, enfin, en tous les cas, c'est une impression très personnelle. Là, je ne parle pas au nom de mon association, je parle en mon eau propre. Moi, mon impression personnelle, c'est que, du coup, on polarise beaucoup sur certains secteurs, donc, sciemment, le numérique, l'énergétique, voilà, alors qu'en fait, finalement, il y a quand même beaucoup d'enjeux.

Donc, je ne sais pas s'il y a un secteur à prioriser au moment où on parle là, mais en tous les cas, ce qui est sûr, c'est qu'en termes de quantité utilisée, tous les secteurs n'ont pas besoin des mêmes choses, et il y a des métaux qui vont être utiles ou nécessaires, en tous les cas, pour des secteurs très différents.

Donc, là, le positionnement de Systex, actuellement, il est clair, parce que, comme je disais, il n'y a pas de modèle économique, mais en tous les cas, vous l'avez compris, il y a un travail qui a été fait pour comprendre le modèle productif et de s'inspirer des chercheurs, et en tous les cas, par contre, l'approche de Systex, elle est claire, c'est de dire, déjà, on voudrait savoir de quoi on a besoin pour les services essentiels. Donc, ça, je ne peux pas vous donner de réponse, personne ne le sait. Donc, déjà, de combien on a besoin pour l'adduction en eau, l'agriculture, le transport, le chauffage, l'éducation et la santé. Déjà, de quoi on a besoin pour ça ?

Après, si vous voulez, on parle d'aller sur la Lune et de regarder du 4G, quoi, mais des vidéos en 4G, mais ça, on verra après. Déjà, je veux bien savoir de quoi on a besoin pour ça. L'approche du Systex, elle est de dire, on a besoin de connaître les besoins métalliques pour les secteurs essentiels qui nous permettent de vivre en tant qu'être humain. C'est-à-dire, de quoi on a besoin en tant qu'être humain ? On a besoin que nos enfants soient bien élevés ou bien éduqués, en tous les cas, qu'ils aient des conditions de vie saine. On a besoin de se nourrir, on a besoin de boire, on a besoin d'être soignés, quoi. Rappelons-nous le diagramme des droits humains, quoi.

C'est de ça dont on a besoin. Après, on verra pour la suite. Et ça, déjà, si on avait une visibilité sur la quantité de métaux que cela représente, avec des complexités qu'on imagine, puisque, vous l'avez vu, ce sont des filières, ça n'en finit pas, ces filières, tellement elles sont complexes, mais en tous les cas, au moins, d'avoir des ordres de grandeur. Du coup, la deuxième approche de Systex, c'est de dire, bon, ok, on a besoin, je n'en sais rien, je dis n'importe quoi, c'est vraiment un ordre de grandeur, mais on a besoin de 1 000 tonnes de cuivre pour ces secteurs essentiels.

Ok, bon, maintenant, qu'est-ce qu'on peut faire en mettant à bloc, mais à bloc, tout ce qu'on peut sur les filières secondaires ? On y met de l'énergie du cœur, on fait de la formation, on appelle de nos voeux, tout ce qu'on peut sur les filières secondaires, genre, on soutient les ressourceries, par exemple, plutôt que de les enfoncer. Bon, ça, c'est un message important que Systex n'arrête pas de faire passer, en disant, mais soutenez les ressourceries et toutes les personnes qui travaillent là-dedans. Aidez-les, ces gens, ils font un travail formidable.

Donc, une fois qu'on a tout mis en place, que ça, ça fonctionne bien, qu'on est arrivé au maximum, du maximum, du maximum que ce qu'on peut faire, on regarde ce qu'on peut recycler, on met le maximum, du maximum, du maximum de ce qu'on peut faire, financier, humain, politique, gestionnel, stratégique, réglementaire, tout ce que vous pouvez. Une fois que vous avez fait ça, vous dites, OK, j'avais besoin de 5 000 tonnes pour les services essentiels, j'ai pu en gérer grâce à la fabrication, réutilisation, etc., j'ai pu en récupérer les 3 000 tonnes, j'ai vraiment n'importe quoi, c'est juste pour les ordres de grandeur.

Avec le recyclage, on est 1 000 tonnes, là, j'ai besoin de 1 000 tonnes, c'est impératif. Là, on veut bien discuter, du coup, d'une relance de l'activité minière, à peu près où est-ce qu'ils veulent. Merci.

9:52
Locuteur

Merci. Merci.