Claude Lelouch : le cinéma, c’est mieux que la vie ! - C à vous la suite, l’intégrale - 07/11/2024
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
... - A.-E.Lemoine: "C à vous" en direct jusqu'à 21h avec Emilie, Mohamed et Patrick, aux côtés de notre chef. - P.Cohen: Allons-y. - A.-E.Lemoine: Vas-y, Patoune! - P.Cohen: Bonsoir.
Des champignons. - G.Mairui: J'ai lancé ma fricassée.
J'ai besoin de faire un peu d'ail. Je vais utiliser l'arrière de mon couteau et écraser. - P.Cohen: Ecrasé plutôt que haché.
C'est mieux pour l'ail. - G.Mairui: L'arrière du couteau. - P.Cohen: Comme ça. - A.-E.Lemoine: On est partis sur... - P.Cohen: Ecraser, je veux bien faire, mais...
Il y aura du champignon, tout ce qu'il faut... - A.-E.Lemoine: Oeufs mollets, vieille mimolette, levure torréfiée...
Croûtons de pain à l'ail. Nous accueillons notre invitée, la dernière compagne de S.Gainsbourg, une décennie d'amour.
Un fils né en 1986 et, comme à chaque fois avec Gainsbourg, des chansons inspirées par celles qu'il aime. - A.Chamfort: Bambou, dans tes yeux absents se dévoilent des fièvres de moiteur tropicale...
Bambou, quand tes pupilles se dilatent... - A.-E.Lemoine: Dans "Pas à pas dans la nuit", Bambou, restée si discrète depuis toujours, rend hommage à S.Gainsbourg et raconte pour la première fois les tourments de son enfance, ses débuts à Paris et les 13 ans passés au côté du père de Lulu, leur fils.
Elle est notre invitée. - Bambou: Enchantée. - A.-E.Lemoine: Bienvenue à l'occasion de ce livre que beaucoup de vos amis vous encourageaient à écrire.
Parmi ses amis, il y a E.Daho. Il vous adresse un message. - A.-E.Lemoine: C'était F.Hardy. - Bambou: Je sais!
Je m'en souviens. J'ai veillé Serge toute la nuit. Je m'inquiétais.
Il avait trop bu, quoi. - A.-E.Lemoine: Il avait trop bu et il se réveillait le matin en sifflotant. - Bambou: En pleine forme. - A.-E.Lemoine: C'est aussi ce Serge que vous vouliez raconter, drôle, bon vivant, qui aimait la bonne chère et vous faire rire.
Il vous a fait rire en boîte de nuit en 1980 et vous êtes tombée sous son charme. - Bambou: En me traitant de boudin. - A.-E.Lemoine: Vous l'aviez traité de vieux con juste avant. - Bambou: Oui, c'est réglo. - P.Cohen: Quand vous le rencontrez, Gainsbourg est en train de se transformer en Gainsbarre.
Il ne va pas bien. Il souffre de sa séparation avec J.Birkin.
Il multiplie les scandales. C'est le temps du billet brûlé à la télévision, de la "Marseillaise" en reggae et des engueulades, notamment face à Guy Béart à propos d'une chanson chez B.Pivot. - S.Gainsbourg: Un art majeur demande une initiation, pas un art mineur. - Pour le surréalisme... - S.Gainsbourg: Qu'est-ce qu'il y a, le connard? - C'est Guy Béart qui vous parle.
En quoi c'est mineur, une chanson? Si tu rates la peinture... - S.Gainsbourg: Tu n'as pas besoin d'initiation, pour la chanson. - Il n'y a pas d'art mineur. - P.Cohen: Vous racontez que ses provocations étaient généralement calculées, préparées.
Ce qu'on entend dans cette engueulade et ce différend avec Guy Béart, c'est que Gainsbourg souffrait de ne pas être reconnu comme le grand poète ou le grand peintre qu'il aurait voulu être, parce que la poésie et la peinture sont à ses yeux des arts majeurs, ce que n'est pas la chanson. - Bambou: Jusqu'à la veille de sa mort, il pensait qu'il était un vieux con qui écrivait de la merde. Il avait une très basse opinion de lui.
Il pensait qu'il avait lâché la peinture pour faire quelque chose de facile. C'était loin d'être un art majeur... - A.-E.Lemoine: Ce qu'on comprend bien, en vous lisant, c'est qu'il a trouvé en vous quelqu'un qui le comprenait sans avoir à lui parler.
Vous vous aimiez, vous vous disputiez. Vous vous êtes sauvés l'un l'autre. On découvre votre enfance cabossée, une enfant de l'assistance publique née en France dans un camp de réfugiés chinois et vietnamiens mais placée dans une famille d'accueil dans le Morvan.
Vous racontez les coups, les brimades, les humiliations, les corvées, les soirées sans manger, vos 2 tentatives de suicide enfant. Rares sont ceux qui vous tendent la main mais vous êtes bonne élève. Vous vous réfugiez dans les livres.
C'est cette enfance douloureuse qui a façonné la jeune fille timide, voire taiseuse qu'on a découverte aux côtés de S.Gainsbourg au début des années 80? - Bambou: Absolument.
Quand vous êtes enfant et que vous avez tout le monde contre vous, vous savez que ce ne sont pas vos parents...
Vous vous posez des tas de questions. Vous n'avez pas de réponse. Vous apprenez à vous taire et à faire comme si de rien n'était. - A.-E.Lemoine: Votre nom de naissance, c'est Caroline Paulus. - Bambou: Elisabeth. - A.-E.Lemoine: Quand S.Gainsbourg vous surnomme Bambou, il vous offre une renaissance, un nouveau départ. 2 ans après votre rencontre, vous apparaissez à ses côtés dans une saynète à la télévision, une séance photo.
Lui joue au photographe. - S.Gainsbourg: Je distribue des swings et des uppercuts... "Comic strip". ... - A.-E.Lemoine: Vous qui aviez du mal à vous trouver belle, son regard vous en a convaincue. - Bambou: Je pensais qu'avec un bon photographe, une bonne lumière, un bon maquilleur et un bon coiffeur, n'importe qui ferait l'affaire.
J'en suis toujours convaincue. - A.-E.Lemoine: Lui vous trouvait belle. - Bambou: Oui... - M.Bouhafsi: S.Gainsbourg avait une habitude: faire chanter les femmes qu'il aimait.
En 1986, vous entrez dans le cercle des 3B, Bardot, Birkin, Bambou. Il écrit une chanson sur votre fils et il décide que vous la chanterez. - Bambou: Lulu, enfant de l'amour, portrait de Gainsbourg, 270 jours à ce jour.
Lulu, j'ai lu dans tes grands yeux de velours... - M.Bouhafsi: Après, vous ferez un album ensemble, sorti en 1989, mais au départ, vous ne vouliez pas chanter. - Bambou: J'étais persuadée que je chantais faux.
On me l'avait dit dès l'enfance. J'avais très peur de chanter. - M.Bouhafsi: En plus de ça, l'enregistrement se passe mal. - Bambou: Oui.
Ca s'est tellement mal passé...
Il me criait dessus. Je faisais n'importe quoi. On a dû le sortir du studio tellement ça se passait mal.
J'ai répété toute seule. On l'a fait rentrer. J'ai enregistré mes 2 titres. - E.Tran Nguyen: Lulu est né le 5 janvier 1986.
Vous aviez 26 ans. S.Gainsbourg en est si fier qu'il en parle tout le temps, comme en mai 1986 quand il visite un camp de légionnaires pour la télévision. - S.Gainsbourg: Le petit Lulu... - Ca va te coûter cher mais c'est promis. - S.Gainsbourg: C'est génial.
Tu l'as promis? - Oui. - E.Tran Nguyen: Vous racontez une scène de vacances dans un hôtel avec piscine.
Gainsbourg détestait se baigner. Il a fini par passer des heures dans l'eau pour faire plaisir à son fils. C'est Serge qui a convaincu l'enfant abandonné, la petite fille qui a tant souffert de faire un enfant et pour ça, d'arrêter la drogue? - Bambou: Oui.
Il disait qu'il avait sauvé une vie en donnant la vie. C'était très mignon. Pour qu'il se baigne, j'ai dû lui couper ses jeans.
Il n'avait pas de maillot de bain! Il est arrivé et j'ai cru avoir une hallucination. Il avait son attaché-case et ses jeans coupés avec la ceinture.
Il s'est baigné avec la ceinture. Il a laissé l'attaché-case à côté et il s'est baigné. Tous les jours, il s'est baigné avec Lulu.
Il s'éclatait dans l'eau avec son fils. - A.-E.Lemoine: Lulu est musicien.
Il est très heureux, à voir les vidéos qu'il poste sur les réseaux sociaux. Il a sorti un album de reprises de chansons de S.Gainsbourg en 2011.
Il les a interprétées sur la scène du Casino de Paris. On voit J.Birkin qui le rejoint sur scène. - Bambou: "Melody Nelson". - A.-E.Lemoine: Avec laquelle vous avez été ami. - Bambou: On a été très proches.
On a passé son dernier Nouvel An ensemble. J'avais ramené des pâtes et des truffes blanches. On a mangé des pâtes avec des truffes blanches râpées. - A.-E.Lemoine: Vous avez des mots très tendres pour C.Gainsbourg, avec laquelle vous avez partagé la dernière soirée de S.Gainsbourg, le soir de votre anniversaire.
Il était fragile, mais il voulait absolument sortir. Vous vouliez rester à ses côtés pour passer la nuit et il a refusé. Il avait dit qu'il avait du travail. - Bambou: Charlotte, c'est ma petite soeur.
On est très proches. Il adorait ses 2 enfants. C'est ses 2 lumières. - A.-E.Lemoine: "Pas à pas", c'est votre récit.
C'est un plaisir de vous recevoir. Ce récit est fort, difficile, mais ces années aux côtés de S.Gainsbourg sont lumineuses sous votre plume.
Merci beaucoup. - Bambou: C'est moi qui vous remercie. - A.-E.Lemoine: C'est l'heure du bonus de L.Sénéchal.
Un bonus consacré à l'un des plus grands réalisateurs français. - L.Sénéchal: C.Lelouch, 87 ans et toujours aussi actif.
C'est un de nos cinéastes les plus prolixes car il a toujours été l'un des plus enthousiastes, comme le raconte son ami J.-L.Trintignant dans un documentaire. - C.Lelouch: Il est parti et il est revenu... - J.-L.Trintignant: Il a un enthousiasme fabuleux.
Il tient la caméra lui-même. Derrière sa caméra, il hurle pendant la prise. "C'est génial!" Je l'ai entendu dire 15 fois qu'il venait de faire le plus beau plan de sa vie.
On a besoin de cet enthousiasme. - L.Sénéchal: Il cultive son enthousiasme depuis son premier film, qu'il résume devant des journalistes à l'âge de 22 ans. - C.Lelouch: J'ai tourné une séquence dans un self-service, qui montre le couple au milieu de ce self-service.
Nous voyons ce que voit le couple et tous les personnages qui l'entourent. - L.Sénéchal: Depuis, il a fait des grands films.
Il a engrangé les récompenses, une Palme d'or, 2 Oscars. Il revient avec son 51e film, l'histoire d'un avocat qui ne peut plus mentir après un problème de santé. Il est dans une impasse professionnelle, au point de fuir la réalité.
C'est "Finalement". ... - Et voilà.
Prochainement sur cet écran, le nouveau film de Claude Lelouch, le 51e, finalement. Oui, c'est le titre du film, "Finalement". C'est un beau titre!
Comme il y a plein de surprises, il y en a tellement dans le film, on a décidé de ne rien vous montrer, à part moi, bien sûr. Mais je ne suis pas tout seul, évidemment. E.Zylberstein, F.Fabian, B.Pravi, S.Bonnaire, M.Boujenah, F.Gillard, et je pourrais continuer comme ça jusqu'à...
Et puis la musique, I.Maalouf! Les paroles, D.Barbelivien!
Je crois que j'ai tout dit. Il n'y a plus qu'à regarder. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, cher Claude.
On est ravis de parler de "Finalement", 51e film qui sort un 13 novembre, chiffre porte-bonheur depuis 87 ans. On parle cinéma avec vous. "C'est mieux que la vie".
C'est le titre de ce magnifique ouvrage, fruit de plus de 20 ans d'entretiens avec un historien du cinéma. - C.Lelouch: C'est vrai.
La première fois que je suis allé au cinéma, je j'avais 3-4 ans. C'était sous l'Occupation. Ma mère me cachait dans les salles de cinéma.
J'ai vu tous ces gens sur l'écran. Je me suis dit que c'était les mêmes que ceux qui étaient dans la rue mais en mieux, en plus courageux, en plus beaux. Je me suis dit que je voulais fréquenter ces gens.
Depuis l'âge de 3 ans, je ne fais que du cinéma. - A.-E.Lemoine: A l'époque, vous viviez seul avec votre mère à Paris, séparé de votre père.
Vos retrouvailles se sont déroulées dans une gare noire de monde avec des Français, des Américains. Vous les avez vu courir l'un vers l'autre, votre père faisant tournoyer votre mère. C'est devenu une scène de cinéma entre A.Aimée et J.-L.Trintignant. - C.Lelouch: Je ne fais pas de la mise en scène.
Je fais de la mise en vie. C'est l'art de cacher aux comédiens la fin du film. ...
Thème de "Un homme et une femme". Dans la vie, on ne sait pas si on va gagner ou perdre. C'est un suspense.
Quand A.Aimée descend sur le quai de la gare à la fin du film, elle ne sait pas que Jean-Louis va l'attendre. ...
Là, ils n'ont pas le temps de jouer. - A.-E.Lemoine: Extrait du documentaire, formidable documentaire diffusé vendredi.
Avoir des comédiens qui ne font pas semblant, c'est devenu une obsession. - C.Lelouch: Oui.
J'essaie de filmer comme je vis. Il y a ce qu'on a envie de dire, ce qu'on dit et ce qu'on pense. Le scénario, c'est des figures imposées et il y a la vie, les figures libres.
Il y a 8 milliards de gens qui jouent avec la vie. - A.-E.Lemoine: "Un homme et une femme", c'est votre premier grand succès.
On revit ce moment. - C.Lelouch est le premier Français à obtenir 2 Oscars en même temps, celui du meilleur film étranger... - Et quelques instants plus tard, celui du meilleur scénario original remis par F.Astaire et G.Rogers. - A.-E.Lemoine: A tout point de vue, ce film a changé votre vie, mais il a aussi changé la vie de tous ceux qui ont participé ou de tous ceux qui l'ont vu? - C.Lelouch: C'est comme ça qu'il a rencontré sa femme.
Après, il a eu le courage de lui dire 2 ou 3 choses. Ce film a changé la vie de tous ceux qui l'ont fait, F.Lai, Anouk.
On peut pas expliquer les miracles. On peut expliquer un échec mais les succès, on ne peut pas. Grâce à ce film, j'ai eu un passeport pour la liberté, qui m'a permis de faire du cinéma d'amateur toute ma vie. - A.-E.Lemoine: Il y en a eu 51, jusqu'à "Finalement".
Il y en a un qui tient une place à part, boudé par la critique à sa sortie mais adoré par le public. Patrick y consacre sa pépite. - P.Cohen: "L'aventure, c'est l'aventure".
C'est dans le top 5 de vos films préférés. On le revoit et on le réécoute toujours avec autant de plaisir avec sa bande-son de F.Lai et sa chanson titre signée Johnny que vous faites tourner une première fois.
Il joue un des otages de cette bande de voyous sentencieux. - J.Hallyday: L'aventure, c'est l'aventure... - P.Cohen: Il est enlevé par cette bande de voyous bavards, sentencieux, Ventura, Brel, Charles Denner.
Ils sont aidés par A.Maccione, qui invente sa démarche devenue iconique. Il y a aussi cette façon de se servir de la confusion de Mai 68, quand tout le monde assénait des convictions politiques avant d'en changer à la minute d'après.
Vous vous en moquez. C'est aussi ça qui a déplu à la critique de l'époque. Un instantané de tournage sur une plage des Antilles, à Antigua, à l'hiver 71.
On ne voit quasiment rien du film. Sur la scène de l'assaut du bateau à la tombée de la nuit, mais on voit tout de vous, de votre implication, de votre énergie à capter le moment que vous aviez imaginé. - C.Lelouch: Pourquoi on a envoyé le bateau?
Pourquoi on a envoyé le bateau? La lumière est juste! Il faut tourner tout de suite!
Merde, les enfants! En place! Ils sont dans l'eau? - P.Cohen: Et voilà.
Il faut tourner tout de suite. Il paraît que 53 ans après, votre énergie sur les plateaux... - C.Lelouch: C'est la même.
Oui. Il faut saisir la vie. Le soleil est le plus grand chef-opérateur du monde et il ne nous attend pas.
C'est lui qui fait les plus belles lumières. Je joue avec tout ça, la bonne humeur, la mauvaise humeur des acteurs, les accessoires, tout ce qu'il y a sur un plateau, avec la vie. Je suis un metteur en vie plus qu'un metteur en scène.
Cette vie m'excite de plus en plus. Avec le temps qui passe, j'ai un peu d'expérience, mais l'émerveillement est toujours là. Je n'en finis pas de m'émerveiller tous les matins.
Je profite de ce petit moment. J'essaye de les filmer, de les attraper. J'aime la spontanéité.
La vérité, personne ne la détient, mais la spontanéité est à mi-chemin entre le mensonge et la vérité. Quand les acteurs sont spontanés, on peut leur faire dire n'importe quoi, comme dans "L'aventure, c'est l'aventure". J'essaie de traquer cette spontanéité en permanence pour qu'ils ne jouent pas.
Je n'aime pas quand ils font du cinéma. - E.Tran Nguyen: Votre film le plus personnel, c'est sans doute "Itinéraire d'un enfant gâté" quand J.-P.Belmondo laisse croire à sa mort pour poursuivre sa vie loin de tout. ... - C.Lelouch: Le tournage, c'est une récré.
Avec R.Anconina, Jean-Paul, moi. C'est une grande récré.
On s'amuse. - E.Tran Nguyen: C'est aussi votre vie rêvée.
C'est la vie que vous n'avez pas osé vivre. - C.Lelouch: S'il n'y avait pas le rêve, la vie quotidienne serait insupportable pour tout le monde.
On vit dans un monde compliqué. Le rêve...
Comme on ne meurt jamais d'une overdose de rêves, j'en ai profité. J'adore les histoires impossibles et les rendre possibles. La force du cinéma, c'est que d'un seul coup, vous pouvez devenir un aventurier, amoureux...
Vous pouvez vivre mille et une vies sans prendre de risques. Or, la plupart des gens ont peur de tout. C'est pour ça qu'au cinéma, ils ont tous les courages.
Je profite... - A.-E.Lemoine: Du courage des héros de cinéma. - C.Lelouch: Ce qui est formidable, c'est quand vous transformez les spectateurs en acteurs.
Quand ils ont une empathie pour un personnage, ils rentrent dans l'écran et ils vivent à la place de Belmondo, d'Anconina, K.Merad, Boujenah... - A.-E.Lemoine: Qui piaffe d'impatience.
On voulait un dernier mot sur les femmes de votre vie, que vous avez toutes filmées, y compris V.Perrin, qui n'est pas actrice, mais que vous filmez quand elle parle des livres qui sortent. On avait mis la musique de "Un homme et une femme" quand on l'avait reçue.
Tout jeune, il n'était pas question d'aller au cinéma avec une fille de peur qu'elle vous gâche le film. - C.Lelouch: Oui.
J'aurais été tenté de flirter un peu trop. Je serais sorti du film. Il y a les films qu'on va voir et ceux qu'on va revoir.
Il y a les filles qu'on va voir et celles qu'on va revoir. C'est pareil. - A.-E.Lemoine: Il faut se plonger dans ce formidable ouvrage.
Il faut voir ce documentaire vendredi 15 novembre à 21h05 sur France 2. La Cinémathèque, à partir du 11 novembre, vous consacre une rétrospective. Il faut y aller.
Dans un instant, donc, K.Merad, M.Boujenah à notre table, mais d'ici là, M.Bouhafsi.
On0 commence par l'image du jour qui nous vient du Limousin. - M.Bouhafsi: Claude, vous avez commencé votre carrière de réalisateur à 20 ans.
Jean-Louis, en Haute-Vienne, a mis plus de temps à découvrir sa vocation, mais ça valait le coup d'attendre. A 75 ans, il est devenu incontournable sur YouTube grâce à ses vidéos. On l'adore, à la rédaction.
Il cumule des millions de vues avec son compte. On est très loin des instagrameuses beauté. - Qu'est-ce que tu fais? - Je commence à arracher les pommes de terre.
Elles ne sont pas trop laides, pour le moment. - Qu'est-ce que tu fais? - Tu vois, on va attaquer le bois de chauffage.
Les petites pommes de terre qu'il me reste de l'année dernière, on va les trier. - M.Bouhafsi: Jean-Louis prépare le bois pour l'hiver, la cueillette des champignons...
Des petits conseils du quotidien pour la vie en province, des témoignages des campagnes grâce auxquelles ce "pépé du Limousin" transmet aux nouvelles générations les valeurs d'un vrai terrien. Ca fait du bien. Son caméraman, c'est son petit-fils.
Il est éleveur. - Je travaille dans les cochons. Je suis devenu le caméraman de mon grand-père.
On fait tous les montages, toutes les vidéos. Ce n'est pas toujours facile. Il adore transmettre aux jeunes.
Des fois, dans les magasins, il y a des jeunes qui lui sautent dessus. C'est aussi pour manger la soupe quand on fait des vidéos sur la cuisine. - M.Bouhafsi: Son petit-fils nous a dit qu'il était de plus en plus jeune en se filmant et en donnant des conseils aux autres sur les réseaux.
Claude, vous vous filmez aussi tout le temps. Même à votre mariage. Ca fait du bien de voir des gens qui rajeunissent comme ça. - C.Lelouch: Aujourd'hui, il y a 8 milliards de gens qui filment.
Ce sont les vrais reporters de ce qui se passe dans le monde. C'est formidable. Il y a des trucs incroyables faits par ces amateurs dans les rues.
Je crois au cinéma de plus en plus. On est tous cinéastes. Nos yeux sont les plus belles caméras du monde.
Notre cerveau, c'est la plus belle salle de montage. C'est ce qui reste quand on a tout coupé. - M.Bouhafsi: On retrouve cet esprit dans "Finalement". - A.-E.Lemoine: La certif... - M.Bouhafsi: Plus précisément la certif sur un danseur étoile, Germain Louvet, qui a gagné ce titre grâce à son interprétation dans "Le Lac des cygnes".
Une danse inoubliable dont il nous a parlé pendant la cérémonie d'ouverture des JO. Vous pouvez l'admirer à l'Opéra Garnier. Il s'est confié à nous, et pas sur la pointe des pieds. - Coucou. ... - Il s'élance sous la pluie.
C'est magnifique. - Ce passage pour la cérémonie d'ouverture des JO, c'était incroyable, pour plein de raisons. Il y avait l'orage, une pluie diluvienne.
Il y a la rencontre avec plein d'artistes incroyables, B.Butch, Nicky Doll, Piche, D.Burki...
On montre des personnes queer, LGBTQ, drag-queens...
Ce que je trouve le plus touchant, c'est recevoir des témoignages de jeunes garçons ou filles qui me disent qu'après avoir vu un spectacle...
Je suivrai C.Dion n'importe où... - M.Bouhafsi: Il faut aller le voir à l'Opéra Garnier.
Tous les opéras du monde se l'arrachent. - A.-E.Lemoine: Ah ouais?
OK. On l'adore. "Jibé et Lucien en coulisses". - Elle peut se déplacer, non?
Elle a encore ses bras. Comment je fais, moi? Punaise!
C'est pas possible! A.Dombasle qui se casse la jambe 3 heures avant l'émission!
Les gens ne se rendent pas compte! ...
Il me faut quelqu'un pour remplacer Dombasle. On y va. On réfléchit.
Quelqu'un de populaire, d'élégant, que tout le monde connaît. - V.Bonneton. - Valérie ne dégage pas la même chose en termes de popularité. - Elle est super populaire, Bonneton!
C'est vrai que c'est plus une ambiance familiale, plus chaleureux. C'est moins une palette large comme Dombasle. - Je t'ai demandé de me balancer des noms pas des critiques AlloCiné de prépubère!
On y va! On dit des trucs! Il me faut quelqu'un de populaire et avec un petit côté ésotérique. - Oui, mais bon...
E.Philippe? - J'adore.
C'est disruptif, mais on a déjà un invité politique. - Qui ça? - M.Valls.
Oui, je sais, ça va. Je prends tout. Allez-y. - Vin Diesel! - Génial!
Super idée! - C'est vrai? - Mais non!
Il habite aux Etats-Unis, abruti! L'émission est dans 3 heures. Comme il va faire pour venir?
Me réponds pas! - EnjoyPhoenix? Seb la frite? - Ce sont des vrais gens ou ce sont des personnages de dessins animés? - C'est des stars d'Internet. - Ah, super... - F.Perrin. - Il est pas dispo. - F.Huster. - Il est en vacances. - F.Heaulme. - J'adorerais mais il est en prison, malheureusement. - F.Lalanne?
F.Cabrel? - Laissez tomber.
Je passe au plan B. ... - Michel!
On est tellement contents de te voir. - Qui t'a planté cette fois? - Dombasle. - Salut, les gars. - SALUT, MICHEL!
Rires. - A.-E.Lemoine: Pardon...
C.Lelouch dans un instant, finalement à vos côtés, K.Merad et M.Boujenah.
K.Merad pour la 1re fois au générique de l'un de vos films dans la peau d'un ténor du barreau qui décide de tout plaquer. M.Boujenah a déjà tourné sous votre direction et s'amuse encore de vos indications. - C.Lelouch: On y va!
Il faut essayer de dire ce qui est impossible à dire avec vos regards. Vous vous défendez avec vos regards. - B.Pravi: Comment tu te défends avec ton regard? - K.Merad: Les séquences sont écrites, et en même temps, il vient vous parler dans l'oreille en disant: "Non, tu vas dire ça." Pendant la prise! - Qui a dit ça? - Moi. - K.Merad: Je trouve ça extraordinaire.
Je ne fais que répéter ce qu'il me dit. C'est une oreillette humaine. - C.Lelouch: Coupez! - A.-E.Lemoine: Bonsoir, Kad. - K.Merad: Ca y est, on est en direct?
Merci. J'ai encore bu les paroles de Claude tout à l'heure. Qu'est-ce que c'est beau!
Vous ne trouvez pas? - A.-E.Lemoine: C'est vrai.
On boit à chaque fois ses paroles. On est ravis et on déguste chacun de ses films. Ca a été le cas de "Finalement".
C'est une poêlée de girolles, là. Je vous le signale au cas où...
Kad, ce n'est pas un rôle que vous a proposé Claude, mais plusieurs rôles en un seul. - K.Merad: Il ne m'a rien proposé du tout!
Tu leur as dit? - C.Lelouch: Pas encore. - K.Merad: Dis la vérité! - C.Lelouch: Au départ, j'avais du mal à trouver la colonne vertébrale de ce film.
C'était compliqué. Je ne trouvais pas un acteur qui cochait toutes les cases. A un moment donné, ma femme, par hasard, a rencontré dans un train K.Merad qui venait de se marier.
K.Merad a eu la très bonne idée de lui dire: "J'aimerais bien tourner un jour avec C.Lelouch." - K.Merad: Comme quoi... - A.-E.Lemoine: Ce n'était pas du tout raconté comme ça! - C.Lelouch: Elle m'a appelé dans le train.
A ce moment, je me suis dit: "Merde, c'est lui!" - K.Merad: Non, tu as fait ça...
Montre... - A.-E.Lemoine: Pourquoi vous vouliez absolument tourner avec Claude, Kad? - K.Merad: Comme tous les acteurs qui aiment le cinéma, qui aiment le travail de Claude...
Michel pourrait peut-être mieux le dire que moi. Il a déjà beaucoup travaillé avec Claude. J'avais envie de faire partie de cette famille.
Tout à l'heure, vous avez parlé de "L'aventure, c'est l'aventure". Paris, Paris, Paris... - M.Boujenah: J.Brel. - P.Cohen: Et L.Ventura.
Les deux. - K.Merad: Quand on est acteur, on a envie d'être dans ses films. - A.-E.Lemoine: Jean vous avait dit, J.Dujardin: "Tu verras, il y a un avant et un après." - K.Merad: Il m'a dit: "Tu vas sans doute vivre le meilleur tournage de ta vie, mais il va vouloir te faire chanter.
On ne chante pas!" C'est raté. - C.Lelouch: Tu chantes très bien. - P.Cohen: C'est une scène magnifique. - K.Merad: On ne peut pas être dans un film de C.Lelouch sans chanter.
Et moi qui adore chanter...
Je suis chanceux depuis longtemps, et encore aujourd'hui. Quel plaisir de parler avec Claude! On a présenté le film tous les 2 pendant 3 semaines en province.
C'est extraordinaire. - A.-E.Lemoine: Comment ça se passe, sur le tournage?
Vous êtes filmés tout le temps pour être pris sur le vif? - K.Merad: Non.
On n'est pas filmés tout le temps. Par contre, il faut tout le temps être prêt à filmer. Par exemple, si on est à table.
Tu n'as pas vécu ça, Michel. - M.Boujenah: Non... - K.Merad: Toute l'équipe est là.
Les plats vont arriver. Tout d'un coup, Claude fait: "Attendez! Kad, va donner à manger aux canards.
Le ciel est magnifique." Tout le monde s'est levé. On n'a finalement pas mangé.
A tout moment, on peut tourner. Il y a de la spontanéité, de l'instantané. C'est tout ce que j'aime. - A.-E.Lemoine: Avec un réalisateur qui vous chuchote à l'oreille littéralement. - K.Merad: Qui vous souffle certaines répliques qui lui viennent à ce moment précis.
Il y a d'abord un scénario, que j'ai lu, qui est assez fidèle à ce qu'on a raconté, mais après, il y a toutes les inventions que Claude peut avoir. Il se passe beaucoup de choses. Michel ne savait pas ce qu'il devait jouer quand on était ensemble. - M.Boujenah: Jamais.
Il ne me dit jamais rien. - A.-E.Lemoine: Quand il vous dit quelque chose, vous dormez.
La preuve. - C.Lelouch: Remets-moi ça!
Je vais le montrer à Boujenah. Boujenah! J'ai jamais vu ça!
Rires. Regarde-le! Ils se concentrent, et lui...
Il se réveille! Fou rire. - M.Boujenah: Je suis insomniaque!
Je dors! - C.Lelouch: Il s'est endormi pendant la prise!
Putain! - M.Boujenah: Je suis le seul acteur au monde qui s'endort entre "moteur" et "coupez". - A.-E.Lemoine: Il vous a offert un réveil? - M.Boujenah: Absolument.
G.Oury disait toujours: "On va y aller." Avec Claude, on est en roue libre.
J'ai vécu des choses avec Claude tellement magnifiques...
S'il me dit de venir ouvrir une porte dans un de ses films, je viens. Dieu sait si je suis réticent à travailler! Ce que j'ai vécu avec Claude quand on a tourné "Les Misérables", dans la scène avec Annie Girardot, où il nous chuchoté...
Je ne savais absolument pas ce qu'on allait faire et dire. Il avait une idée assez vague. Je me souviendrai toute ma vie...
Un jour, tu m'as dit: "Michel, tu joues. Tu n'es pas spectateur." Il y avait un tel moment d'amour et de tendresse entre Claude et Annie à ce moment...
C'est un moment humain. C'est ce que dit Claude. On ne jouait pas la comédie.
On vivait quelque chose de très fort. - E.Tran Nguyen: C'est une scène inoubliable.
Michel, vous refusez les avances d'A.Girardot dans cette scène. Vous assistez, abasourdi, à un monologue où elle vous crie sa solitude. - On ne se reverra plus jamais!
Je ne vais pas vous tromper, vous n'allez pas tromper...
Rien! Vous auriez pu être mort! Pauvre con!
Vous êtes là! Et il y a l'autre con! Il est jaloux, en plus!
Cet abruti! Je vous vois, là...
Je suis une femme! J'en ai encore pour un petit moment. Ca va passer très vite, tout ça. - E.Tran Nguyen: En réalité, vous êtes KO après ce monologue. - M.Boujenah: C'est une immense actrice, une immense bonne femme, un immense moment.
Il y a quelque chose de...
C'est...
C'est C.Lelouch, aussi. C'est lui.
C'est merveilleux. Ce sont des moments...
J'ai eu beaucoup de chance dans ma vie. Il y a d'autres moments, avec Belmondo, dans ce film, qui valent leur pesant de cacahuètes. Il y a des figurants, la nuit, une grue...
Je dois dire à Jean-Paul: "Soyez gentil, si vous m'amenez à la frontière suisse, je vous lis 'Les Misérables' en entier." Il est analphabète. "Soyez gentils, les enfants, c'est un plan très cher, très compliqué.
Pas de blague." C'était compliqué, pas de blague, avec Belmondo. Il y a une locomotive.
La caméra arrive sur nous. Je dis: "Si vous m'emmenez jusqu'à la frontière suisse, je vous lis 'Les Misérables' en entier." Au lieu de dire "j'ai des déménagements à faire", Belmondo dit "j'ai des démangeaisons".
Là, je pars dans un fou rire. Lui veut me tuer. "Je t'avais dit que c'était compliqué!" Je lui dis: "C'est pas moi!" Et Jean-Paul, pas un mot... "C'est pas moi, c'est lui.
Je n'ai rien fait." C'est des souvenirs magnifiques. - A.-E.Lemoine: Ca donne envie à K.Merad de faire partie de cette famille extraordinaire de cinéma. - K.Merad: Oui.
J'ai vécu le tournage avec Claude...
On ne s'imagine pas ce que c'est de tourner avec C.Lelouch. Il y a un avant et un après.
Pardon, Claude, c'est ta soirée...
Je comprends les honneurs, la Cinémathèque, ce livre, ce documentaire...
C'est un très grand cinéaste connu dans le monde entier, mais qui a une façon de tourner tellement simple, qui aime tellement les acteurs et l'équipe...
Il aime tout le monde. Il est enthousiaste. Il est émerveillé.
Il filme avec ses yeux d'enfant. Regardez ça! Tout le monde veut revenir.
Si, demain, il fait un 52e film et il veut que j'ouvre une porte, mais pas la même...
Je viens aussi! Ce sont des expériences inoubliables. - P.Cohen: Vous avez dit tout à l'heure que vous vouliez faire partie de la famille.
Vous êtes entré dans la famille pleinement. C'est un film qui a des parentés avec d'autres films de C.Lelouch, notamment ces deux-là, "L'aventure, c'est l'aventure" et "La Bonne Année".
Ils sont tous les 2 sur ce DVD. L.Ventura, dans "L'aventure, c'est l'aventure" a eu 2 enfants, une fille avec le personnage joué par N.Courcel, la porte-parole des prostituées, S.Bonnaire, et un fils qu'il a eu avec F.Fabian, son amoureuse dans "La Bonne Année".
C'est vous, K.Merad, qui êtes le fils de L.Ventura.
Est-ce qu'on regarde un peu de tournage de "La Bonne Année", en 1973? - Y a 2 choses auxquelles je crois profondément dans la vie, l'amour et l'action. - L'amour, c'est F.Fabian, antiquaire et femme du monde. - L'aventure, c'est L.Ventura, un truand. - L.Ventura: Je crois qu'il faut être fait pour travailler avec C.Lelouch.
C'est un voleur. Il est là. Il guette.
Il épie. C'est à vous de vous donner complètement. - P.Cohen: F.Fabian qui est toujours là, dans "Finalement".
Ca fait quoi, d'être le fils de L.Ventura? - A.-E.Lemoine: C'est la classe. - M.Boujenah: Ca m'a mis une pêche!
On m'a demandé si j'avais la pression. "Non, au contraire!" J'avais l'impression qu'il était avec moi parfois.
J'ai regardé "La Bonne Année" juste avant le tournage. "Je veux voir mes parents jeunes." En plus, je tourne avec F.Fabian dans le film, qui est toujours magnifique. - P.Cohen: Et S.Bonnaire, votre demi-soeur. - K.Merad: Ca met la patate.
Ca m'a plus aidé que mis la pression. En plus, L.Ventura, j'adore, comme acteur.
C'est vrai que c'est un voleur. C'est un voleur au grand coeur. - A.-E.Lemoine: Il vous a volé quoi sur le tournage de "Finalement"? - K.Merad: Peut-être, de temps en temps, des moments... - C.Lelouch: Il m'a fait plein de cadeaux, lui aussi. - K.Merad: Il ne faut pas dire non à Claude.
Il ne faut pas s'étonner. Il faut prendre des risques et lui faire confiance. On ne le fait peut-être pas tout le temps.
On a parfois peur d'en faire trop ou pas assez. Avec Claude, vous lui donnez tout ce qu'il veut et encore plus. - M.Boujenah: Il a volé à Kad de l'humanité, beaucoup d'humanité, dans le film.
Chez Kad, que je connais bien, c'est formidable. C'est un clown, aussi. Il se protège.
A des moments... - M.Bouhafsi: Il y a des failles. - M.Boujenah: C'est touchant, la rencontre avec la trompette et le piano. - A.-E.Lemoine: C'est exactement là où j'en venais.
Votre personnage se passionne pour la trompette. Vous jouez de la trompette dans le film. Vous chantez.
On en a parlé tout à l'heure, c'est aux côtés de B.Pravi. C'est une scène magnifique dans le film. - Finalement, l'argent n'avait pas d'importance.
Finalement, le paradis, c'était l'enfance. Finalement, il n'y a rien à regretter. L'hiver est beau comme l'été. - A.-E.Lemoine: Pour vous, Kad a la voix d'Y.Montand? - C.Lelouch: Complètement. - A.-E.Lemoine: C'est le fils de Lino et il a la voix d'Y.Montand! - M.Boujenah: Ca fait beaucoup. - K.Merad: Et le corps de Shakira, il paraît. - P.Cohen: Vous êtes le frère de Sinatra, il paraît. - K.Merad: Aussi. - C.Lelouch: Les grands acteurs, on ne les dirige pas.
On les dose. Je suis un coach. Pour moi, les acteurs sont des athlètes.
Ils sont là pour battre des records. J'essaie de leur donner la possibilité de faire le maximum dans ce qu'ils savent faire. Quand vous êtes avec L.Ventura...
J'ai envie qu'il soit encore plus L.Ventura que d'habitude. Quand j'ai découvert Kad, j'ai eu envie qu'il soit le Kad que j'ai rencontré dans la vie, avec qui j'ai déjeuné, avec qui on vient de faire le tour de France.
C'est un homme qui n'a peur de rien. Comme j'adore les courageux, j'en ai profité. Je pense que Michel fait partie de cette famille de comédiens, de gens, qui sont là tout le temps et qui se font des cadeaux, des cadeaux...
Il y a des figures imposées et des figures libres. Dans les figures libres, ils sont incroyables. Quand Michel raconte sa blague, c'est comme s'il était avec moi dans une bagnole.
On n'est plus au cinéma. J'ai eu la chance de tourner avec Belmondo, Trintignant, Ventura, Dujardin, Deneuve...
Ils m'ont tous épaté. Je ne pensais pas qu'on pouvait encore épater. Applaudissements. - A.-E.Lemoine: "Finalement", le 51e film... - P.Cohen: On a cité B.Pravi, mais il y a la fermière, F.Gillard... - C.Lelouch: De la Comédie-Française. - K.Merad: C.Célarié, M.Denicourt... - C.Lelouch: Et E.Zylberstein, qui a le rôle plus difficile. - A.-E.Lemoine: Elle joue l'épouse de Kad.
Elle fera un gros clin d'oeil à Michel...
J'en ai trop dit? C'est en salle mercredi. Kad, j'étais très heureuse de vous y voir dans un rôle qui contient 1000 autres rôles en lui-même.
Vous êtes un avocat qui s'identifie aux clients qu'il défend. Ca vous donne l'occasion d'exprimer une palette de personnages extraordinaire. On attend le 52e.
On conclut avec les Actualités de Bertrand. C'est bon? J'ai pu caser mon compliment?
On peut enchaîner? ... - B.Chameroy: Bonsoir.
Nous sommes le 7 novembre. A la une, 2 scrutins majeurs, l'élection américaine et l'élection armoricaine, que nous sommes les seuls à couvrir faute de budget. On va à Morlaix, où les bureaux de vote sont fermés.
Le peuple armoricain devait trancher entre le beurre doux et le beurre demi-sel. Fin du vote dans l'Etat-clé de Morlaix. Il est 20h53.
Le résultat...
Contre toute attente, le beurre doux l'emporte avec 10 voix sur 15. Si! On a recompté. - A.-E.Lemoine: Un come-back du beurre doux! - B.Chameroy: Je vous propose d'écouter les réactions du peuple armoricain. - On a fait voter les Morlaisiens entre le beurre doux et le beurre salé.
C'est les extrémistes du beurre doux qui l'ont emporté. - Ca ne va pas du tout! - Le résultat m'étonne. - Non... - Ca vous étonne? - Oui.
Il n'y a que du beurre salé, chez nous. - Même avec des problèmes cardiovasculaires, je suis resté au beurre salé. - Ce n'est pas normal.
Ce n'est pas local. C'est un sacrilège. - C'est un peu inquiétant, mais c'est l'ordre du monde actuellement. - J'ai peur pour l'avenir. - Suite à ces élections, le beurre salé risque d'être interdit à la vente.
Vous pensez que le marché de Roscoff pourrait devenir un point de deal du beurre salé? - Il ne s'en remettra pas. C'est une catastrophe.
Les gens vont émigrer. Ils vont aller voir ailleurs. - Les gens vont le produire eux-mêmes.
Ils vont rajouter du sel dans le beurre. - Vous auriez voté pour le beurre doux si vous vous étiez déplacée? - Tout à fait.
C'est plus doux. - B.Chameroy: Le beurre doux, c'est plus doux.
On laisse les élections armoricaines de côté pour aller aux Etats-Unis. La présidentielle couverte par LCI qui avait mis les petits plats dans les grands. C'était Hollywood. - On s'interrompra à chaque fois qu'on aura des résultats avec cette alerte...
Gong. - Voilà... - B.Chameroy: De notre côté, ce son retentira.
Biniou. Je tenais à rendre hommage à une profession fort utile en cette période de discours en anglais, celle des traducteurs. Mention spéciale à celle de LCI.
Je pense que madame était pro-Trump et qu'elle avait commencé à fêter la victoire... - C'est...
Euh...
Des hydrocarbures...
On les a...
Et parfois, mais...
Vous, vous...
De toute façon...
Euh, euh... - B.Chameroy: Traduction toujours, avec un mea culpa.
Mohamed, plus jamais je ne raillerai ton niveau d'anglais. Tu as été détrôné par l'envoyée spéciale de CNews. Elle parle avec un accent très français. - Très nerveux. ...
Elle bafouille. - La plupart des Etats-clés vont voter pour les républicains. - Oui...
B.Chameroy l'imite. - B.Chameroy: C'était la seule qui était dispo, je crois.
Certains journalistes sont persuadés d'être nés là-bas. - Ce sont les "Rocky steps." Il parle anglais. - Il y aura des premières tendances "soon". - C'est le mirage rouge, le red mirage. - B.Chameroy: OK...
Niveau programmation, ils sont nuls. Ils n'ont pas réussi à avoir K.Harris.
Sur LCI... - Nous venons de l'avoir, pas elle directement mais les 2 hélicoptères qui transportaient la vice-présidente viennent de nous passer dessus. - Vous venez de voir cette séquence de K.Harris.
Elle n'est pas au téléphone,...
Elle arrive! Elle est dans l'ascenseur! Le temps de monter les quelques étages... - On vous a promis beaucoup de surprises.
On ne sait jamais. - Non, c'est juste un extrait. - B.Chameroy: Hyper décevant.
Alors que nous...
Biniou. Nous étions devant le QG armoricain de la candidate démocrate. Vous êtes en place? - Oui.
Je suis devant le QG armoricain de K.Harris. Vous voyez la zone d'attente des poids lourds du Parti démocrate.
Ils ne vont pas tarder à arriver. L'ambiance est électrique à l'intérieur. ...
Malheureusement, nous sommes juste derrière la porte car nous ne sommes pas accrédités. Mais l'ambiance est électrique! - B.Chameroy: J.Biden s'est exprimé en fin d'après-midi pour la première fois sur les résultats de l'élection.
Nos équipes à Morlaix ont réussi l'exploit d'obtenir une exclu mondiale. - Tout à fait, Bertrand. Je suis avec Joe au Diben.
On vous appelle Joe. ... - Voilà pour cette exclu Internationale.
A vous, Paris. Kenavo! - B.Chameroy: Il s'appelle vraiment Joe et il est à Diben.
Le meilleur ami de M.Burgot lui a fait la pire blague, l'appeler sur son téléphone alors qu'elle allait commencer un duplex. Sonnerie. - Oui, il dit lui-même qu'il refusera. - B.Chameroy: Et ainsi de suite... ... - E.Musk a beaucoup soutenu D.Trump et il sera lui aussi... ... - B.Chameroy: Le fameux coup de Burgot! "Regardez comme c'est beau, Washington..." Gna gna gna... - Ses pubs géantes, ses néons multicolores qui font la magie du lieu... - Vous pouvez apercevoir le Chrysler Building. - C'est le Capitole, derrière nous. - Bienvenue à Washington, à quelques centaines de mètres de la Maison-Blanche. - B.Chameroy: Ca va leur faire tout drôle, quand ils vont retourner dans le 15e, le 3e sous-sol de leur studio.
On part en duplex de notre magnifique plateau délocalisé pour l'analyse des résultats beurre doux à Roscoff. - Je suis avec notre expert. Vous êtes spécialiste du comportement électoral armoricain.
Comment vous pouvez expliquer ce qui s'est passé dans l'Etat de Morlaix, qui a été un Etat-clé. Ils ont voté en grande partie pour le beurre doux. - Cette situation date d'après la Révolution française, avec la fusion de 2 départements.
On a séparé les Trégorois, ces feignasses, des autres. Ca se ressent encore aujourd'hui. - Merci beaucoup.
A vous, Paris. Kenavo! - B.Chameroy: En revanche, arrêtez de dire "kenavo" à la fin de chaque duplex.
C'est infernal. Après des heures d'âpres négociations, des journées à camper devant, on a eu le droit d'obtenir le droit de pénétrer dans la Maison-Blanche, pas celle de Trump, mais la Maison-Blanche à Saint-Martin-des-Champs. Hymne américain. - C'est ici que vous avez regardé le résultat des élections? - Tout à fait.
Beaucoup de décisions ont dû être prises... - Quel genre de décision? - Le GR 34 a été une décision très appréciée. - Quand vous dites GR 34, c'est un peu comme le G7, la COP26?
Une autre réunion... - Voilà.
Non, c'est une balade. La cuisine, où les repas sont faits. - Quel était le repas préféré de l'ancien président?
Je crois que c'était le rougail saucisses. - Ah bon? J'aurais dit burger. - Et en dessert, le kouign-amann! - Evidemment.
J'attends toujours la demande du président. Peut-être qu'un jour, il viendra dans la Maison-Blanche de la Bretagne! - B.Chameroy: Ainsi se referme cette nuit armoricaine.
Merci au peuple armoricain pour son accueil. On se retrouve demain. Bonne soirée. - A.-E.Lemoine: Merci, Bertrand.
Merci à vous 4. "Finalement", c'est mercredi prochain.
Xavier Bertrand