Gaëtan Dussausaye : "Je n'imagine pas un Insoumis aller voter pour un candidat qui propose une loi Travail x 1000"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:15OuverteRéponse partielle
Un gros revirement ce week-end de Marine Le Pen sur l'euro. Pourquoi ce revirement ?
- 1:10RelanceRéponse partielle
Vous dites qu'il y a une clarification, mais enfin Marine Le Pen a fait toute sa campagne en disant il faut sortir de l'euro, et là il y a dit oui je pense que l'on peut parfaitement conserver l'euro, monnaie commune, si c'est pas un revirement, comment ça s'appelle ?
- 1:44RelanceÉludée
Pourquoi changer d'avis ? Si c'est pas une horreur, pourquoi changer d'avis ?
- 2:07RelanceRéponse partielle
Lorsque Florian Philippot explique que la question monétaire n'est plus prioritaire, c'est clairement un enterrement.
- 2:54OuverteRéponse directe
Alors pour quelle raison la sortie de l'euro n'est pas dans la profession de foi de Marine Le Pen pour ce second tour ?
- 3:42OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'aujourd'hui la parole de Marine Le Pen est encore crédible sur ce sujet ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:20Invité politiqueFait
« Non, il n'y a pas de revirement, il y a juste une clarification de ce que nous avons toujours dit »
- 0:49Invité politiqueFait
« nous reconnaissons nous aussi qu'il existe un certain nombre de mesures économiques qui peuvent soulager le pouvoir d'achat des Français »
- 1:03Invité politiqueFait
« sans avoir nécessairement comme première condition le retour à une monnaie nationale. »
- 1:47Invité politiqueFait
« Mais on ne change pas d'avis, parce que passer à une monnaie commune, ça veut dire la fin de la monnaie unique. »
- 3:11Invité politiqueFait
« il y a une véritable urgence, une urgence de clarifier un peu ce nouveau clivage qui s'est mis en place avec le second tour. »
- 4:41Invité politiqueFait
« Oui, pourtant, ça fait des années que nous en parlons. »
- 4:51Invité politiqueFait
« Elle a même fait plusieurs conférences présidentielles. Sa première conférence présidentielle était sur la France durable, justement, »
- 5:09Invité politiqueFait
« nous, nous considérons que le nucléaire est une énergie qui permet non seulement à la France d'être indépendante énergétiquement, et qui, en plus de ça, n'est pas polluante. »
- 6:29Invité politiqueFait
« moi, je n'imagine pas un insoumis, comme on s'amuse à les appeler, je n'imagine pas un insoumis aller voter pour un candidat qui propose de mettre en place une loi travail x 1000, »
- 6:40Invité politiqueFait
« et ce, par ordonnance délétée. Je n'imagine pas un insoumis aller voter pour l'ancien banquier de Rothschild, »
- 7:38Invité politiqueFait
« Non, mais ça, c'est de la profonde diffamation. »
- 7:43Invité politiqueFait
« Jean-François Jal qui a porté plainte. »
Temps de parole
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France Inter, Stéphane Le Neuf, le 5-7. L'invité ce matin du 5-7, c'est Gaëtan Dussaucet, le directeur du Front National de la Jeunesse, responsable des jeunes avec Marine. Bonjour Gaëtan Dussaucet. Bonjour. Un gros revirement ce week-end de Marine Le Pen sur l'euro. Pourquoi ce revirement ?
Non, il n'y a pas de revirement, il y a juste une clarification de ce que nous avons toujours dit et le fait aussi que nous avons reconnu en effet que la question de l'euro, étant donné qu'il n'existe pas encore de débat véritablement serein qui réunirait plusieurs économistes de sensibilité différents en France, eh bien il existe en effet une certaine inquiétude, une certaine crainte dans la population française sur les positions concernant l'euro.
Mais maintenant il n'y a absolument aucune concession, il y a juste une clarification qui consiste à dire que nous reconnaissons nous aussi qu'il existe un certain nombre de mesures économiques qui peuvent soulager le pouvoir d'achat des Français et qui peuvent permettre déjà de répondre aux matraquages fiscales auxquels ont été soumis un grand nombre de familles, notamment de TPE et PME, sans avoir nécessairement comme première condition le retour à une monnaie nationale.
Alors vous dites qu'il y a une clarification, mais enfin Marine Le Pen a fait toute sa campagne en disant il faut sortir de l'euro, et là il y a dit oui je pense que l'on peut parfaitement conserver l'euro, monnaie commune, si c'est pas un revirement, comment ça s'appelle ? Vous tirez la conséquence du fait que les Français sont opposés à la sortie de l'euro ?
Non, on en tire simplement la conséquence que, encore une fois, n'ayant pas de débat sur ce sujet-là, il peut y avoir quelques doutes, quelques inquiétudes, puisqu'on voit également comment la presse fait appel très souvent à de grands sachants, de grands experts pour nous expliquer que ce serait une horreur, alors qu'absolument pas. Et d'ailleurs j'ajouterais juste que si on passe à une monnaie commune...
Pourquoi changer d'avis ? Si c'est pas une horreur, pourquoi changer d'avis ?
Mais on ne change pas d'avis, parce que passer à une monnaie commune, ça veut dire la fin de la monnaie unique. Et c'est ça le plus important. Ce qui compte, c'est qu'on puisse retrouver une monnaie nationale, c'est-à-dire un outil économique, un levier économique, qui nous permet, pour être compétitif, pour avoir une économie compétitive, d'avoir d'autres solutions que de détruire notre modèle social et notre protection sociale.
Lorsque Florian Philippot explique que la question monétaire n'est plus prioritaire, c'est clairement un enterrement.
Non, ce n'est pas un enterrement, c'est juste la considération...
Comme Rachel Le Pen dit, on fera ça après 2018, après 2019.
Évidemment, puisque vous le savez que la question du retour des différentes souverainetés, pas que monétaires d'ailleurs, la souveraineté législative, territoriale, budgétaire, économique, se fera au bout de négociations avec nos partenaires européens. Sauf qu'il se trouve qu'il y a plusieurs rendez-vous électoraux au sein des pays membres de l'Union européenne actuellement, qui nous obligent à être un peu patients et à attendre pour mener ces négociations. Parce qu'on ne va pas faire des négociations avec des partenaires qui, au bout de 3 ou 4 mois, ça se trouve, ne dirigeront plus leur pays. Et je pense par exemple à Angela Merkel en Allemagne.
Donc c'est pour cette raison qu'il nous faut un peu de temps. Mais en attendant, si vous voulez, on ne va pas attendre 6 mois, 1 année, avant de mettre en place des mesures urgentes pour pouvoir justement soulager le pouvoir d'achat des Français.
Alors pour quelle raison la sortie de l'euro n'est pas dans la profession de foi de Marine Le Pen pour ce second tour ?
Quand on regarde, elle n'y est plus. Ça n'y est plus. Parce que je pense que les Français savent pertinemment que Marine Le Pen est pour le retour à une monnaie nationale, que nous avons milité depuis tant d'années pour cela et que ça ne changera en rien. Mais encore une fois, quand on voit aujourd'hui la candidature qui est celle d'Emmanuel Macron face à nous au second tour, il y a une véritable urgence, une urgence de clarifier un peu ce nouveau clivage qui s'est mis en place avec le second tour.
Une urgence à aussi appeler l'ensemble des patriotes, des amoureux de notre identité, qu'elle soit sociale ou culturelle, à venir protéger ce qu'est la France face au projet d'Emmanuel Macron, à venir faire barrage au projet d'Emmanuel Macron.
Et tendu ce soir, après ce que vous appelez une clarification, d'autres appellent ça à un revirement. Est-ce qu'aujourd'hui la parole de Marine Le Pen est encore crédible sur ce sujet ?
Bien sûr qu'elle est crédible. Je pense que là, pour le coup, c'est une accusation qu'on ne peut pas avoir vis-à-vis de Marine Le Pen, qui est une femme politique, une femme charismatique et courageuse, qui s'est battue pendant tant d'années contre vents et marées. Et si vous voulez, nous avons un peu l'habitude, nous, au sein du Front National, à avoir parfois des mesures, à avoir des propositions, des analyses, des positions, tout simplement, qui peuvent être un peu solitaires pendant un temps.
Sachez, par exemple, là, on parlait de la question de l'euro, mais dans les années 70 ou 80, quand notre mouvement, le Front National, prenait des positions assez hostiles aux politiques d'immigration massive, nous étions les seuls, à ce moment-là. Et ça ne trouvait pas, on va dire, une certaine popularité au sein du peuple français. Aujourd'hui, il en est tout autrement. Donc, ce qui était vrai pour l'immigration hier sera vrai pour l'euro demain.
L'autre nouveauté du week-end, c'est qu'on a découvert Marine Le Pen écologiste pour ce second tour, alors qu'on n'avait pas du tout entendu parler d'écologie pendant le premier tour.
Oui, pourtant, ça fait des années que nous en parlons. Oui, alors ça fait des années que nous en parlons entre vous,
parce que, très sincèrement, on n'a pas jamais entendu parler Marine Le Pen d'écologie tout au long de cette campagne.
Ah mais si, si, si, à de nombreuses reprises. Elle a même fait plusieurs conférences présidentielles. Sa première conférence présidentielle était sur la France durable, justement, sur la vision de la société pour qu'elle soit respectueuse non seulement des hommes, mais aussi de l'environnement et de la terre. Donc, c'est un sujet qui a toujours été au cœur de notre projet, au cœur de notre vision.
Alors, Marine Le Pen écologiste, c'est quoi concrètement ? Prenons par exemple le dossier du nucléaire.
Eh bien, nous, nous considérons que le nucléaire est une énergie qui permet non seulement à la France d'être indépendante énergétiquement, et qui, en plus de ça, n'est pas polluante. Du moins, pas aussi polluante que pourrait impliquer une sortie du nucléaire. C'est-à-dire qu'en Allemagne, vous savez que sous pression des écologistes, Angela Merkel a amené le démantèlement progressif de l'ensemble des centrales nucléaires. Que s'est-il passé ? Ils ont rouvert des usines de charbon.
Et par conséquent, ça a créé une hausse et une explosion de la pollution, à un tel point même qu'aujourd'hui, la France fait les frais de cette décision, puisque du fait des nuages, là, vous savez que pour le coup, la pollution ne respecte pas forcément les frontières, et bien nous nous retrouvons avec des nuages de pollution à Paris, ce qui explique même parfois l'obligation de la mairie de Paris à mettre en place la circulation alternée. Donc notre projet est complètement écologique, puisqu'il est patriote.
C'est en mettant en œuvre une politique patriote qu'on peut avoir un comportement écologiquement responsable, notamment en faisant valoir les circuits courts, c'est-à-dire le produire local pour consommer local.
Jean-Luc Mélenchon, hier soir, a mis en garde les électeurs de la France insoumise, je le cite, contre la terrible erreur que représenterait, selon lui, un vote en faveur du Front National. Alors l'appel du pied aux insoumis, on peut dire que ça a fait pouf, c'est tombé dans l'eau, là ?
Non, absolument pas. Moi, j'ai énormément de jeunes électeurs qui, lors du premier tour, ont fait le choix de la France insoumise, et qui m'ont dit depuis qu'ils iront voter pour Marine Le Pen au second tour. Alors, en réalité, moi, je n'imagine pas un insoumis, comme on s'amuse à les appeler, je n'imagine pas un insoumis aller voter pour un candidat qui propose de mettre en place une loi travail x 1000, et ce, par ordonnance délétée. Je n'imagine pas un insoumis aller voter pour l'ancien banquier de Rothschild, pour celui, le candidat, qui veut mettre en place l'ubérisation à outrance de la société. Très clairement, c'est quelque chose qui me paraît assez compliqué dans le logiciel.
Alors maintenant, Jean-Luc Mélenchon à ses positions, parce qu'évidemment, il veut aussi continuer à préserver un peu ses intérêts politiques, électoraux, notamment avec les législatives qui arrivent derrière. Bon, écoutez, ce n'est pas grave. Je pense que personne, aujourd'hui, n'est propriétaire de son électorat. C'est quelque chose qui vaut pour l'ensemble des candidats, et que nous, nous arrivons à trouver une majorité pour faire barrage à Emmanuel Macron.
Une dernière question. Aujourd'hui, Marine Le Pen et son père, une nouvelle fois, chacun dans son camp, ça coince toujours dans la famille, entre les deux ?
C'est difficile, quand même. Non, mais c'est quelque chose qui ne devrait pas vous étonner depuis l'année 2015. Depuis 2015, en effet, les choses ont été clarifiées.
Il a toujours du mal à dédiaboliser, en quelque sorte, le passé du Front National. On l'a vu avec, en quelque sorte, la mise en réserve de Jean-François Jal, qui est accusé de négationnisme.
Non, mais ça, c'est de la profonde diffamation. Et Jean-François Jal qui a porté plainte. Pour le coup, mon bureau se trouve juste à côté de celui de Jean-François Jal, que d'ailleurs, au siège du Front National. Il a quand même été mis de côté. Et qui n'a jamais, jamais tenu ce genre de propos. Donc, c'est une diffamation. Alors, pourquoi l'avoir mis de côté ? C'est lui qui a pris cette décision de ne pas suivre, finalement, la mission qu'on lui avait réservée. Ce qui l'avait été touché, personnellement. Il avait été affecté. Et ne souhaitait pas que cette polémique, qui n'a aucun sens, vienne entacher la campagne de second tour.
Merci Gaëtan Dussaud.
Merci à vous.
Gaëtan Dussausaye