Cyrielle Chatelain, groupe Écologiste et social à l'Assemblée, est l'invitée de franceinfo
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Cyriel Châtelin. Un choc des attaques intolérables. C'était les mots de du ministre des affaires étrangères Jean Noël Barre concernant les frappes israéliennes au Liban.
Le bilan est aujourd'hui de 300 morts. Est-ce que ces mots vous semblent suffisants pour que la France pèse un peu plus dans ce conflit entre cette fois-ci Israël et le Liban ? Le combat d'Israël contre le Esbola ?
Ce qui s'est passé c'était un carnage. C'est en 10 minutes, on a eu 300 morts, plus de 1000 baissés. Euh mais si on veut que la France pèse, il va falloir sortir des mots.
Moi, ça fait des mois parce qu'avant la guerre en Iran, il y a eu l'attaque contre la Palestine. Ça fait des mois que la France se paye de mots. Maintenant, il faut des actes et si on veut peser, il faut mettre de la pression.
Et par exemple pour mettre de la pression, il faut que la France mette tout son poids pour que l'Europe suspende l'accord d'association avec Israël tant qu'Israël ne respectera pas le droit international. Vous voulez dire que Emmanuel Macron parle à tout le monde mais que peu de monde écoute la France ? Je dirais surtout que Emmanuel Macron se parle à lui-même que c'est des grandes déclarations à la télé mais que la question c'est comment est-ce qu'on a du poids ?
Comment on arrive à faire pression sur un état pour qu'il respecte le droit ? Quand on a un accord et que il est basé notamment sur le fait qu'il y ait de la part d'Israël il n'y ait pas de tentation d'extension territoriale et bien il faut le faire appliquer puisque clairement Israël aujourd'hui est dans une dynamite d'extension territoriale au détriment des populations. Vous considérez que son combat contre le Esbola au sud de Liban, c'est un peu ce qui s'est passé précédemment à Gaza ?
Ce que moi je considère, c'est que on peut pas considérer que les populations civiles, comme ce qu'ils appellent un bouclier humain et donc que ça légitime des bombardements, des massacres, en fait ça suffit. Il y a un droit international, il doit être respecté. Cette guerre là, elle a commencé avec l'Iran et maintenant on voit il y a un cess en Iran mais les bombardements continuent au Liban en fait.
Stop. Donc dit "On a imposé cette guerre au Liban. Vous contestez cette affirmation ?" Ah oui, je conteste cette affirmation.
On a le ministre de la défense qui dit que l'ensemble des habitations doivent être éradiquées dans le sud pour faire alors c'est pas éradiqué, je crois que c'est euh euh rasé dans le sud de Liman pour pouvoir faire une zone de tampon. On a le ministre des finances qui parle de l'annexion du Sud Liban. On voit très bien qu'ils sont dans une logique en fait d'extension territoriale.
Ce n'est pas possible. Il faut quand même un respect du droit des Libanais. Alors, lié à ce conflit là, bien sûr la guerre d'Israël et des États-Unis contre l'Iran, on parle de négociation he aujourd'hui qui commenceront donc demain avec les États-Unis et et l'Iran.
Euh et il y a un enjeu, c'est ce fameux D3 d'ormous qui est pas encore ouvert et qui a bien sûr euh une incidence sur euh sur la France et le pouvoir d'achat, c'est le débat autour des carburants. Est-ce que vous trouvez que le gouvernement répond euh à cette crise de la bonne manière, sachant que euh il pourrait y avoir un ouf de soulagement pour le gouvernement si vraiment les carburants baissaient, on parle ce matin que ça pourrait commencer pour le gasoil et un peu pour le pour le Samplomb. Est-ce que vous trouvez qu'il est à la hauteur de cette crise ?
Non, mais si euh le prix euh des carburants baisse, oui, ça sera un ouf de soulagement, mais c'est une baisse jusqu'à quand ? En fait, on est on a le sentiment que la politique du gouvernement, c'est se laisser balloter par les crises. On avait eu la crise du Covid puis on a eu euh la guerre euh en Ukraine, enfin l'attaque de la Russie contre l'Ukraine qui ont fait déjà monter les prix de l'énergie.
Là, c'est la guerre en Iran et la fermeture du D3 d'Ormous qui font augmenter les prix du carburant. jusqu'à quand on va avoir cette politique en fait d'impréparation dire c'est plus possible c'estàdire qu'il faut deux choses même si la France n'est pas complètement directement responsable de ces fluctuations, vous considérez que il y a de l'impréparation là où la France où le gouvernement français est responsable c'est est-ce qu' fait les investissements pour protéger les Français face à ces fluctuations aujourd'hui il ne les fait pas c'est quoi c'est quoi par exemple par exemple c'est là on voit le premier ministre dit on va faire de l'électrification qu'est-ce que ça veut dire devel c'est ça on va développer par exemple le leasing social pour que les français aient plus facilement accès à la voiture électrique. Par exemple la voiture électrique la charge de la voiture électrique c'est deux fois moins cher que de faire le plan avec du carburant.
Donc c'est une bonne idée, mais en fait euh les budgets d'avant, on ils ont samré l'argent pour justement développer la voiture électrique auprès des ménage de classe moyenne et des ménages populaires. Donc en fait quand il y a une crise, c'est des grandes déclarations. Quelques mois après, c'est des sabrages dans les budgets.
Ça c'est pas possible. C'est ce que j'appelle se laisser balloter. C'est de l'impréparation.
La deuxième chose qu'on a vu pendant la crise Covid puis notamment pendant euh à partir de l'attaque de la Russie contre l'Ukraine, c'est des grosses majores du pétrole qui se font des super profits. Ça recommence. total à est en train d'engranger des super profits et l'État ne fait toujours rien.
C'est-à-dire qu'il faut un à la fois un blocage des marges et de contaxe ces super profils de manière claire, ferme pour pouvoir justement redistribuer cet argent que total se fait sur tous les Français qui galèrent à faire le plan. Sans mauvais jeu de mot, vous les taxer d'être des profiteurs de crise et ils sont des profiteurs de guerre et oui, je pense que Total ne doit pas faire 1 € de profit supplémentaire sur la guerre. Est-ce qu'il devrait y avoir une une taxe ?
Ça a été évoqué une taxe européenne sur ces compagnies là qui font qui font des profits mais c'est une c'est un discours qui pour l'instant n'a pas de concrétisation parce que tous les Européens ne sont pas d'accord. Alors il y a deux choses. Un effectivement il faudrait déjà que le premier ministre dise clairement qu'il veut une taxe sur les super profits des majors du pétrole.
De la France peut mettre des choses en place. C'est la proposition d'Evassas député du groupe écologiste et social. C'est-à-dire cette contribution de solidarité des majors du pétrole.
Nous avons le pouvoir fiscal en France. Donc nous pouvons agir de manière claire, contre total et contre ces profits qu'il fait de manière indue. Vous étiez vous favorable soit à la baisse de la TVA, ça c'était l'option Rassemblement national, au blocage des prix, c'était l'option, on va dire plutôt France insoumise ou chèque carburant pour le Parti socialiste.
Vous, est-ce que vous trouvez pas qu'on parle un petit peu trop de carburant quand on est écologiste et que il y aurait même si c'est l'urgence, peut-être ce serait peut-être le moment de discuter de la, je dirais, d'une transition post carburant. Euh c'est un peu ce qu'écrit dans son blog Marine Tondelier, mais c'est jamais vraiment le moment quand on est en pleine crise et les Français ont du mal à remplir leur leur réservoir. Ils ont pas envie qu'on leur parle de ce qui se passera dans 5, 10, 15 ou 20 ans.
Et c'est pour ça que ce qu'on voit, c'est que 1 € investi pour l'écologie, c'est 1 € pour la souveraineté de la France et c'est 1 € pour le pouvoir d'achat des Français. C'est assez simple. C'est ce que je vous disais avec les préparations.
Si on avait investi depuis 2022, si on avait continué les investissements pour le leasing social dans la voiture électrique, pour la rénovation des logements aujourd'hui, pas 5 ans après, aujourd'hui, il y aura déjà des Français qui seraient plus protégés de l'augmentation des prix. Donc oui, il faut une politique qui nous rend moins dépendant de l'augmentation du prix du pétrole, de l'augmentation du prix du gaz bien évidemment. Alors, le premier ministre doit s'exprimer en fin de journée à la fois sur cette crise liée au carburant aussi sur l'électrification et sans doute peut-être pour adresser un message au français.
Est-ce que pour autant vous pensez que les aides ciblées, donc les 70 millions qui ont été dégainées, comme on dit, sont suffisants, est-ce que dans cette impréparation, il y a pas une volonté de protéger aussi un pays qui est très très endetté ? Est-ce qu'on a les moyens d'aider les Français aujourd'hui ? Mais l'impréparation, c'est le fait de pas les avoir protégé en amont.
C'est ça qui est épuisant. C'est-à-dire que on voit bien les crises s'enchaînent mais le gouvernement n'en tire jamais aucun enseignement. Ça c'est la première chose.
La deuxième chose bien sûr qu'il faut protéger c'est être ciblé. Euh bah il y avait des effets de seuil. Euh les infirmières en libéral n'ont pas été accompagnées et c'est euh un surcoup qui peut aller entre 50 100 € euh par mois euh avec euh le prix aujourd'hui euh des carburants.
On a énormément de de métiers comme ça qui sont dépendants de la voiture, les pêcheurs. Euh si on prend un exemple les agriculteurs, les agriculteurs aujourd'hui c'est pareil, le prix des engrais est en train de s'envoler. Ça fait maintenant mais des années mais plus particulièrement avec la crise agricole que les écologistes expliquent qu'il faut accompagner les agriculteur aller vers un modèle agroécologique, c'est-à-dire moins dépendre des engrais et plus adapter les pratiques de culture pour pouvoir justement bah continuer à produire, continuer à faire le travail de manière respectueuse de la terre et sans dépendre d'intrant et d'engré azoté.
Et bien qu'est-ce qu'a fait le gouvernement ? il a fait l'inverse, il continue à sursubventionner une agriculture qui dépend des engrais azotés mettant aujourd'hui les agriculteurs en très grande difficulté. C'est ce que j'appelle préparer vraiment tout investissement en faveur de l'écologie, du changement de pratique.
C'est de la protection pour les Français en cas de crise. Autre actualité du jour, c'est dans dans quelques heures à peine dans 1 heure euh début d'assemblée un retour de ce débat autour du 1er mai. Le groupe Renaissance a repris une proposition des Républicains déjà voté au Sénat d'élargir les dérogations pour permettre à des salariés de travailler le 1er mai.
Boulangerie, pâtisserie, fleuris, obligé les salariés à travailler le premier justement. Vous répondez avant que je vous pose la question. J'imagine comme l'ensemble de la gauche et des syndicats, vous êtes opposé à ce qu'on touche à ceer mai.
Férier, chamé, payé. Absolument opposé. Absolument opposé.
Et vous pouvez compter sur le groupe écologiste et social pour être mobilisé pour faire échec à ce texte. Mais là, ça peut ça peut être voté puisque le Rassemblement national a l'air d'y être favorable, même en proposant peut-être une motion de Roger pour que ça retourne directement au Sénat. Est-ce que vous serez assez nombreux pour vous opposer à cet 1è débat sur le 1er mai ?
Écoutez, on se mobilise fortement. Pourquoi euh ce fibinet a donné les chiffres ? C'est pas euh permettre à quelques artisans d'ouvrir leur boulangerie.
Aujourd'hui, ça c'est déjà possible par la loi. C'est éviter aux grands groupes comme par exemple euh le groupe Blacher qui a 800 boulangerie qui emploie 11000 salariés de forcer ses salariés à venir travailler le 1er mai. C'est c'est ça pour le volontariat c'est une astuce euh pour contourner cette loi du 1er mai.
Mais ce volontariat, il montre que Gabriel Atal, il a jamais travaillé en tant que salarié. En fait, quand on bosse dans des grands groupes, c'est pas du volontariat. On dit "Tu viens bosser et en fait à un moment tu as pas le choix." Donc il faut arrêter avec ce langage macroniste qui n'a aucune prise de conscience des des relations de domination qui se passe dans le secteur de l'entreprise.
Aujourd'hui, c'est 1,4 million de salariés qui pourraient être touchés par ce texte. Nous serons extrêmement mobilisés pour y faire échec. Un petit mot très rapide.
La primaire de la gauche et des écologistes semble avoir du plomb dans l'aile. Vous êtes toujours fortement pour quel lieu avec plusieurs candidats d'ailleurs issus de votre groupe Clémentine Autin, François Ruffin, Marine Tondelier patronne de votre parti et une 4e candidate Delphine Bateau qui est candidate mais hors primaire. Oui mais hors primaire mais vous vous êtes toujours pour cette primaire elle n'a pas du plan dans l'aile, elle est pas en péril.
Alors la gauche aujourd'hui, moi je pense qu'elle devrait prendre les municipales comme un point d'alerte. Elle doit se rassembler. Elle doit se rassembler largement autour d'un projet de rupture extrêmement clair.
Pour ça, moi je connais une seule solution, c'est bien de travailler avec les électeurs, avec de gauche et donc c'est de faire cette primaire qu' pu qu'il puisse s'engager pour qu'il puisse voter, pour qu'ils puissent choisir et nous porter vers la victoire. C'est pour ça que je suis pour la primaire. Donc on verra si elle a si elle a lieu et a priori pour un vote en octobre.
Je vous remercie d'être venu sur le plateau de France Info ce matin.
Cyrielle Chatelain