Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 15 octobre 2025 27 min

Élisabeth Doineau : « Le Premier ministre a su trouver le chemin pour éviter la censure »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour Ellisabeth Donu, merci beaucoup d'être avec nous. Sénatrice Union centrice de la Mayenne. Vous êtes rapporteur général du budget de la sécurité sociale ici au Sénat.

On va évidemment longuement revenir sur le discours de Sébastien Lecnu et cette suspension de la réforme des retraites. Vous le voyez ça fait la une de la presse régionale ce matin. On a sélectionné trois titres trois petites nuances.

On va les regarder ensemble. D'abord la une du télégramme, le cornu reçu à l'oral. Ensuite la une du journal du centre, la censure bas en retraite et puis la dernière une celle du courrier Picard, la réforme des retraites suspendue jusqu'en 2027.

Vous qu'est-ce que vous retenez de ce discours ? Est-ce que c'est le fait que sur la forme il a été reçu ? Est-ce que c'est le fait qu'il a échappé à la censure a priori ou est-ce que c'est le fait que la réforme de retraite a été suspendue ?

Écoutez, moi je prendrai la première parce que le corn reçu à l'oral, je pense que la réalité, elle est là. Euh le premier ministre a su trouver le chemin pour éviter la censure, certes, comme c'est sur la deuxième une, mais la réalité c'est que il a bien montré et vous avez vu ça, ça a été scandé pendant tout son discours ce qu'il attendait du parlement et donc je trouve qu'il a réussi son or. Il a réussi l'exercice.

Moi à mon avis oui. Il a il a martelé une nouvelle règle. Il a martelé qui qui donnait la main au parlement. pour l'écoute.

Le gouvernement proposera nous débattrons, vous voterez. Ça c'est la nouvelle règle qu'il a martelé à plusieurs reprises. Est-ce que c'est quand même pas ahurissant que ce soit qualifié de rupture ?

Écoutez, on peut employer tous les mots que l'on veut parce que il faut marquer les esprits en réalité. Mais là, il a voulu, vous l'avez vu, il a il l'a il l'a répété répété. Et donc c'est vraiment ce qu'il attend du parlement, c'est qu'on puisse avoir tous à l'idée que nous sommes là pour débattre.

C'est notre rôle et que peut-être ces dernières années, il y avait plus de mouvement de posture finalement que de réels débats ou en tout cas de d'échange entre les différentes positions des partis. Mais redonner la main au parlement, c'est une rupture. Écouter le parlement, dire que c'est le parlement qui décide, c'est une rupture.

Écoutez, chacun souhaite une rupture parce qu'il n'est jamais comme le précédent. Mais est-ce que ça devrait pas être là ? Mais mais bon, je je crois que le 493 est plus une rupture que de donner la main au Parlement.

Non, là je pense qu'il a voulu rappeler le rôle du parlement, la réalité du parlement. Mais euh la la à la vérité la rupture certains la cherchent encore. Moi je pense que vous la cherchez plus.

Euh non parce que je pense voyez que on a tous euh moi pas particulièrement mais je sais que les politiques ont des éléments de langage et ce qu'il fallait c'était sans doute trouver un terme un mot qui puisse indiquer que les choses allaient changer. Maintenant le 493 a été annoncé comme un outil qui ne serait pas utilisé. Je pense que c'est une vraie rupture que du coup ça donne la voix au parlement, le débat au parlement.

Et bien écoutez, c'est la réalité ça c'est que quand on disp évidemment le parlement qui va décider. Alors ça ça promet des débats qui vont qui ne vont pas finir parce que en plus on le voit bien à l'Assemblée nationale, ils nous ont habitué à ne pas finir les textes. Je vous rappelle le dernier PLFSS, ils avaient pas été jusqu'au bout.

Vous avez même été loin d'être jusqu'au bout parce que alors maintenant s'ils veulent vraiment la suspension et qu'ils souhaitent avoir une majorité, peut-être qu'ils iront jusqu'au bout, qu'ils éviteront d'avoir trop d'amendements, des discussions qui qui n'en finissent pas. Après, faut savoir ce que chacun veut, mais très honnêtement la parole effectivement est est au parlement. Vous saluez la position des socialistes qui disent "On fait le pari du débat parlementaire Écoutez, moi je suis toujours pour le débat parlementaire et et d'ailleurs, c'est pour cette raison que moi j'accepte ce que propose Sébastien Lecnu.

En mon nom personnel, ce n'est pas au nom de la rapporteur du budget de la sécurité sociale. Ce n'est pas non plus au nom de celle qui a été rapporteur au côté de René Paul Savarie et Catherine de Roche. C'est au nom simplement de la parlementaire que je suis.

J'estime que euh ça fait déjà quand même très longtemps que que l'on voit bien que cette question des retraites a cristallisé tous les débats et donc vous dites politiquement politiquement il fallait suspendre cette réforme. Ben moi, je pense que politiquement il le fallait parce que il y a politiquement d'abord la raison que je vous dis comme quoi c'est un sujet qui voit bien mais du recul dans tout parce qu'à chaque fois on vous dit mais vous avez voté de telle façon la réforme des retraites et puis c'est surtout sur le plan budgétaire une censure mais ça coûte très très cher. On va y venir.

On va y venir et juste il y a une nouvelle conférence sociale qui a été annoncée. Est-ce que c'est raisonnable juste après l'échec du conclave ? C'est c'est bien de repasser par cette méthode mais écoutez moi je je suis pour le dialogue.

Je pense que les partenaires c'est retraite et travail a précisé hier soir le ministre du travail il veut qu'av tout est lié tout est lié vous savez il y a la sécurité sociale mais dans dans l'ensemble de la protection sociale il y a aussi le chômage il y a aussi les partenaires sociaux à travers la Gir Carco par exemple et donc on voit bien tout que tout ça est mêlé et il faut absolument en débattre ensemble. Alors, on va revenir évidemment sur euh l'annonce principale hein de ce discours, la suspension de la réforme des retraites financièrement tenable. Qui est concerné par cette suspension ?

C'est votre éclairage Stéphane Sébastien Lecornu qui a donc annoncé hier suspendre la réforme des retraite jusqu'à la présidentielle. D'abord pour les gens qui nous écoutent concrètement qui est concerné ? Alors, le chiffre a été donné par le Premier ministre hier, Orian. 3500000 personnes bénéficieront de cette mise en pause de la réforme des retraites.

C'est une suspension complète et immédiate qui doit être encore votée par amendement au moment de l'examen du budget de la sécurité sociale à l'automne. Avant de vous expliquer si chez vous êtes concerné et comment ça va vous concerner, un petit rappel, la réforme borne de 2023, elle avait deux objectifs. D'abord, décaler progressivement l'âge minimum de départ à la retraite pour partir avec un tau plein.

âge minimum décalé de 62 às. Et un deuxième objectif, augmenter plus vite que prévu le nombre de trimestres que vous devez cotiser. Si vous voulez partir avec une retraite complète, sans gel de la réforme, vous auriez dû atteindre 172 trimestres cotisés.

Mais la réforme, elle avait déjà commencé à s'appliquer depuis le 1er septembre 2023. Oui. Donc pour être très clair, il n'y a pas de retour à l'âge minimum à 62 ans.

On s'arrête là où la réforme en était, c'est-à-dire à 62 ans et 9 mois. Même chose pour le nombre de trimestres à cotiser. Le compteur est bloqué à 170 trimestres.

Alors, qui sont les gagnants de cette suspension ? Ou ? Et bien, ce sont toutes les personnes nées à partir de 1964.

Et alors, qu'est-ce qui va se passer pour ces personnes ? Alors, pour les personnes qui sont nées en 1964, et bien elles vont gagner un trimestre de cotisation. Elles pourront partir à Tauplin à l'âge de 62 ans et 9 mois, donc plutôt qu'à 63 ans comme le prévoyait la réforme borne.

Mais les grands gagnants sont surtout ceux qui sont nés en 1965. Ils pourront partir à la retraite dès 2027 au lieu de 2028. Ils gagnent eux deux trimestres, ça fait quand même 6 mois.

Et pour les générations suivante, et bien en théorie, c'est la même chose, tout le monde y gagnerait. Mais il y a un grand mai. Orian, la réforme des retraites n'est suspendue que jusqu'en janvier 2028 après la présidentielle.

Le débat est donc renvoyé à l'élection présidentielle. Donc rien n'exclu une nouvelle réforme des retraites. Alors voilà pour qui est concerné.

On en vient au coup. Combien va coûter la suspension de cette réforme pour le budget de la sécurité sociale ? Alors là aussi he les chiffres ont été donnés par Sébastien Lecornu à l'Assemblée nationale hier.

En 2026, le gel de la réforme des retraites coûte coûtera 400 millions d'euros. En 2027, ce sera 1AR800 millions d'euros. Coût total donc d'ici la prochaine présidentielle 2,2 milliards d'euros.

D'autant que je le rappelle, la Cour des comptes estime que même avec la réforme borne de 2023 appliquée dans son ensemble sans suspension, le système des retraites serait déficit de 15 milliards d'euros en 2035, ce qui appelle de potentiell nouvell réforme du système de retraite. Ellisabeth Doanau, vous êtes donc la rapporteur ici au Sénat budget de la sécurité sociale. Est-ce que financièrement elle est tenable cette suspension de la réforme des retraites ?

Mais mais rien ne tient aujourd'hui. Vous savez qu'on a un déficit qui va encore se creuser pour euh l'année 2025. On avait prévu environ 21 milliards de déficit, on va être à 23 milliards.

Donc rien ne tient. Alors j'ai j'ai envie de dire quelques millions supplémentaires. Et bien la question est toujours la même.

Comment on revient vers l'équilibre de la trajectoire de de la sécurité sociale ? Et donc qu'on remette le chantier, je dirais sur les retraites. De toute façon, ça aurait été une nécessité.

Mais toute la population peut le voir, chacun de nos concitoyens peut le voir. Il y a nettement moins d'actifs qu'il y avait il y a 10 ans, il y a 20 ans. On vit de plus en plus vieux et voilà en en meilleure santé.

Donc on voit bien que les temps de retraite sont plus longs parfois que les temps de période active. Donc ça ne peut pas tenir. Donc il faut trouver des solutions.

Il y avait effectivement l'âge de départ à la retraite, le nombre de trimestres. Mais après tout, on peut encore pousser plus loin la réflexion et se dire que euh dans ces périodes où justement on cherche comment résoudre l'équation, peut-être que euh certains auront des solutions possibles. Moi, je me dis toujours que rien n'est perdu, il faut se parler.

Or, moi ce que je voyais c'est que depuis cette réforme et bien on avait divisé la France en deux. Alors, quelle était notre responsabilité ? Nous, nous l'avons toujours dit au Sénat, il y avait des questions qui n'avaient pas été résolues.

Le problème des carrières hachées des femmes, le problème du travail des seigneors, le problème du travail des jeunes aussi parce qu'on pourrait parler de la quantité de travail. Il faut qu'on augmente notre croissance, notre PIB. Et on sait que ça ça fait partie des questions très importantes parce que le PIB en France est dans une médiane.

On n'est pas si on avait un PIB au niveau de l'Allemagne par exemple, on aurait sans doute pas de déficit. Donc voyez, il y a des choses à faire. Donc moi je me dis que le débat le dialog travail sortir des 35 heures.

Mais ça c'est une solution aussi. C'est une solution. Moi, je pense que si on faisait travailler plus de jeunes, plus de seigneors qui sont aujourd'hui euh au chômage, et bien euh on aurait plus de cotisation justement pour la sécurité sociale.

Et je vous dis que par rapport à des pays comme l'Allemagne, on serait même sans doute sans déficit. Donc, il y a plein de leviers. On a sorti euh un rapport avec Raymond de Ponémonge.

Bien sûr que nous ne sommes pas d'accord sur les solutions, mais nous avons été d'accord sur le fait qu'il fallait revenir à une situation d'équilibre. Pourquoi ? Parce que cette solidarité la la sécurité sociale, elle se fonde sur une solidarité entre actif et retraité, entre malades et non malade, entre ceux qui ont une famille avec des enfants et d'autres pas et cetera.

On peut décliner ça dans les cinq branches, ceux qui sont autonomes, ceux qui ne le sont plus, mais il n'y a pas de solidarité entre générations. Il n'est pas dit qu'on doit reporter nos retraites sur les actifs de demain, sur les jeunes. Et moi, je comprends la désespérance des jeunes aussi.

Moi aujourd'hui il est en danger ce système par répartition et bien il est en danger depuis déjà euh depuis qu'il est en déficit. On voit bien que ça ne tient pas. Donc il faut penser à la retraite par capitalisation.

Je pense qu'une part serait peut-être nécessaire. Euh la retraite à point. On a bien vu que là aussi euh il y avait quand même des réticences et je crois que c'est lié à à l'égalité des chances d'avoir une retraite correcte parce que la retraite à point, elle est moins solidaire en quelque sorte que la retraite par répartition.

Donc il faut en rediscuter. Mais il est sûr que les gens interrogezles. Ils vous disent qu'ils n'auront pas de retraite mais en quelque sorte ils ont raison.

Si nous nous continuons, si notre génération continue telle que ça sur la pente et la dérive des déficits, effectivement, ils n'auront pas de retraite. Ils payeront la nôtre et d'ailleurs, ils payeront en plus nos consultations et tous nos sois médicaux parce que là aussi, on a un éléphant dans la pièce, c'est la dérive des comptes de l'assurance maladie. Et pour être très clair, cette suspension de la réforme des retraites, elle suppose un vote à l'Assemblée et au Sénat.

Vous vous voterez pour la suspension de la réforme des retraites ? Oui, mais si on nous donne aussi des solutions pour euh tout ce que je vous ai dit. C'estàd Mais vous pensez que ça passera au Sénat parce que les les LR ils sont pas très favorables.

Bruno Retaillot, il a il a fustigé le discours de de Sébastien Lecorn hier, il a dit euh le gouvernement et l'age des socialistes. Dans votre groupe, c'est aussi un peu partagé. Vous pensez que ça passera cette suspension ?

Alors moi je lis pas dans le mar de café Oriane hein, vous non plus. Donc moi j'ai envie de vous dire que justement il faut débattre. Nous étions tous d'accord.

René Paul Savari avait proposé un amendement sur un contrat pour les seniors. Bon, ça s'est pas passé. Il le regrettait beaucoup avec Catherine De Roche.

On avait beaucoup défendu les femmes avec les carrières hachées. On éétait pas satisfaite non plus. Donc on peut remettre en tout cas ces questions là à l'ordre du jour et voir comment avec les partenaires sociaux avec cette grande conférence comment on peut y travailler et trouver des solutions sur les économistes.

Oui. Hier dans son discours le le Premier ministre a averti que il demandait le gel mais que ce gel doit être compensé par des économies. Lesquelles qu'est-ce qu'on peut trouver comme économie pour compenser la suspension de la réforme des retraites ?

Alors les économies alors c'est dans l'ensemble de la sécurité sociale parce que tout se tient. Euh, on peut pas trouver d'économie euh au niveau de la branche vieillesse, sinon à lutter contre la fraude. Mais une fois qu'on a lutté contre la fraude, de toute façon, on on n' pas de marge, hein.

Il y a pas tant de fraude que ça à ce niveau là. On a déjà bien examiné les choses avec la caisse de de de retraites, mais il faut peut-être imaginer d'autres recettes parce que la la dérive si vous voulez de l'assurance maladie, la dérive des retraites qui est moins importante actuellement puisqu'on a redressé les choses mais qui risque à à long terme de se dégrader et bien en fait il faut essayer d'anticiper et pour anticiper il faut regarder ça de façon globale et je pense qu'il y a des des des choses qu'il faut trouver sur les recettes comme il faut trouver sur les moins de dépenses, on le voit bien, les moins de dépenses, ça agit sur le long terme. Si on trouve des recettes, c'est bien, c'est mais c'est one shot quoi.

Je veux dire ça marche dans les premières années, mais c'est pas sur la durée. Donc il faut plutôt agir sur les dépenses. Mais moi, je pense qu'il faut aussi agir sur les les mieux de dépenses. mieux de dépense.

Ça veut dire agir sur la prévention en santé, agir sur l'efficience des soins, agir sur la lutte contre la fraude. Et là, vous avez vu, il y a un projet de loi de lutte contre la fraude qui va être déposé en même temps que les deux projets budgétaires. Donc, je pense que là, on a des outils qui sont mis à notre disposition.

Plus de la moitié des économies vont peser sur les assurés. Il y a notamment la question du doublement des franchises. Est-ce que ça c'est quelque chose que vous allez valider ?

Alors, malheureusement, c'est réglementaire. Donc et vous l'avez vu déjà la dernière fois, la ministre a signé parce que il fallait aussi que que les comptes de l'assurance maladie soit sur une trajectoire un petit peu plus comment euh un peu moins déficit. un peu moins déficitaire, on va dire, ou en tout cas qui allait vers un peu un peu le mieux et et en réalité c'est vrai que c'est toujours une déchirure de voir ça parce qu'on se dit les assurés et les plus fragiles et les moins fortunés vont vont vont forcément être dans dans la difficulté.

Mais euh regardz le comité d'alerte au mois de juillet qui a donné un avis très négatif sur l'état de nos comptes. On avait dépassé euh l'objectif national des dépenses d'assurance maladie et là encore on on voit bien qu'on ne tient plus ces dépenses. Il faut savoir que les dépenses de santé augmentent mais naturellement de 4,5 % chaque année.

Or là en ce moment on est à un nom on justement un objectif de 2,9. Là, c'est vrai que ce qui est dans le prochain budget, c'est 1,6, c'est énorme. Mais euh et vous pensez que ce sera tenu 1,6 pour l'augmentation des des dépenses 17,5 milliards pour le déficit l'année prochaine, si c'est possible.

Ça va être rude. Ça va être rude. Je vous savez, c'est proportionnellement quand on sait que la sécurité sociale, c'est environ 650 milliards et quand on on voit ce qui est demandé en terme d'économie, je pense qu'il faut effectivement C'est trop ambitieux ces objectifs.

C'est c'est ambitieux mais ça peut se réaliser si on est tous d'accord. d'être responsable aussi par rapport à notre consommation parce que la consommation en santé, elle existe et je pense qu'on peut tous faire un petit effort et et si on multiplie l'effort par le nombre de françaises et de Français, je pense qu'on peut euh y arriver. Un dernier mot puisque les il y a la question des retraites mais les retraités sont aussi mis à contribution en tout cas dans dans le projet initial.

Est-ce que le RN n'a pas raison de dire que les retraités sont la variable d'ajustement de ce budget de la sécurité sociale ? Mais vous savez euh c'est c'est facile d'avoir des slogans et et et de monter euh les gens contre les uns contre les autres parce que moi je vois bien depuis quelques temps euh euh cette idée que euh les retraités euh euh auraient euh un pouvoir d'achat qui qui serait mieux voir euh voilà euh aussi bien ou en tout cas euh mieux que les un gel des pension la fin de l'abattement de 10 %. Non, moi ce que je regarde, c'est que l'effort soit bien réparti, justement réparti.

Donc euh je je ferai pas de commentaire sur euh les commentaires de madame Le Pen. On va continuer à parler du budget, du budget en général puisque le Premier ministre a également évoqué le budget et les collectivités territoriales. On imagine qu'il va développer ce point cet après-midi euh au Sénat.

Mais qu'attendent les élus du budget ? On est avec Yvan Lubranevski. Bonjour, merci beaucoup d'être avec nous.

Vous êtes le vice-président des maires ruraux de France, conseiller municipal de la ville des Molières. C'est en essonne. Qu'est-ce que d'abord vous attendez vous cet après-midi du discours de Sébastien Lecnu sur cette question du budget des collectivités ?

Bah on attend on attend des discours, on attend aussi des actes hein. Euh ce qui ça a été légèrement abordé hier dans son discours euh de mettre en face des compétences des moyens. C'est ce que réclament les collectivités depuis longtemps.

Euh et c'est euh pour être un maire rural et pour avoir été au premier rang euh au moment du mouvement des gilets jaunes. Vous savez quand il y a eu ce grand débat national qui a abouti après que nous ayons nous-mêmes lancé une les cahiers de doléance et bien beaucoup de gens appelaient à avoir de la traçabilité de l'impôt et à participer à l'effort et notamment au niveau de leur commune. Et il y a un vrai sujet aujourd'hui, c'est qu'on a totalement coupé le lien entre les entreprises et la commune où il y a la production et entre les citoyens et la commune où ils habitent avec diverses diverses réformes.

Alors que là pour le coup, il y a une traçabilité, il y a une révocabilité quelque part aussi des élus qui sont à porté de baffe comme on dit. Euh c'est ça me semblait euh une richesse dans notre pays et euh aujourd'hui la plupart des enf voilà les élus locaux regrettent beaucoup ça. Donc là il y a il y a un chemin inverse à prendre en la matière.

Est-ce qu'il va en parler ? Je ne sais pas mais on a des grosses attentes. Ce manque de moyens ce cette rupture du lien comme vous dites entre les élus et les administrés, il a été difficile à à gérer pour vous.

Oui, c'est bah c'est difficile à gérer pour nous. C'est difficile pour les citoyens eux-mêmes. Moi, je pense qu'à un moment donné, on va arriver euh puisque vous savez qu'une bonne part des citoyens paye des impôts sur le revenu.

Euh pour certains des fractions relativement importantes. Et bien comment ils vont comprendre, comment ils vont accepter que leur mère leur réponde "Bah oui, mais je peux pas agir juste en bas de chez vous parce que finalement l'État ne me reverse pas suffisamment de moyens pour le faire." Alors que une fois de plus, hein, je je je le répète, la logique était tout à fait inverse.

Voilà. il y a il y a bien longtemps et et c'est pas un hasard hein, c'est pas du tout pour moi enfin je je je le vois pas comme un propos réactionnaire, je le vois vraiment comme euh une base et un ciment hein du vivre ensemble. on ne peut vivre ensemble que si l'on fait ensemble et si l'on contribue ensemble et que on a euh on peut on peut vraiment euh euh palper au quotidien euh ce que ce qui est produit comme action dans sa propre dans la commune où on habite.

Élisabeth Doanu, comment vous réagissez ? Est-ce que B ? Écoutez, moi j'ai été élu local, maire d'une commune de 340 habitants.

Alors, j'ai été les mains dans le camboui aussi hein. Donc, j'étais je faisais partie des maires eurou avant que l'association existe. Pour tout vous dire, le Sénat reproche aussi cette déconnexion entre l'impôt et et le le faire le faire ensemble et le faire pour sa commune, le faire pour sa ville et et mais bon, ce sera peut-être long de revenir en arrière, je ne sais pas.

Mais ce qu'il faut surtout, c'est donner les capacités euh aux collectivités euh de remplir leurs compétences. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, si la commune en général peut le faire, l'intercommunalité a beaucoup plus de mal. Les départements, c'est en ce moment très très compliqué.

Bon, les régions, elles se sont pour certaines recentrées sur leur mission, mais on voit bien que l'État, voilà ne comprend pas trop bien finalement que les collectivités ont besoin de cette aisance, mais pas une aisance. Voilà. extraordinaire mais ils ont besoin de savoir où ils vont et moi je pense que la pluriannualité aussi savoir où l'on va ce serait vraiment quelque chose de nécessaire.

Or là à chaque budget on est obligé de se remettre en question. On sait pas trop quoi promettre à nos concitoyens parce que on n' pas une vue assez assez lointaine finalement et c'est très difficile de faire les budgets pour les communes. Moi, je me souviens que on avait les chiffres à la fin mars ou début avril parfois.

Euh comment voulez-vous prévoir ce que vous allez faire en terme de projet si vous êtes prévenu au dernier moment ? au Sénat, on défend donc cette qualité de financement, en tout cas de budget pour les communes. L'année dernière, on a fait en sorte que la rigueur soit moins forte que ce qui était prévu.

Je pense qu'on va avoir cette année encore ces débats avec Sébastien Lecnu. C'est c'est important parce que les services publics que peuvent apporter les collectivités, c'est ce qui fait le quotidien des gens et les gens ont besoin de voir que on avance aussi sur certains projets dans les collectivités. Donc il faut euh il faut arrêter aussi de de de dire que les collectivités dépensent trop.

Alors, il y a toujours les mauvais élèves, mais ça vous savez, les chambres régionales des comptes les connaissent et et les mettent voilà à l'avant. Mais il faut arrêter. Je pense que si s'il y a bien euh des bons gestionnaires, ce sont les présidents, les les élus des collectivités territoriales.

Merci beaucoup Yvan Lebransky d'avoir été avec nous, vice-président des maires ruraux de France. On termine par l'actualité dans nos régions. On va château on retrouve Albanaka.

Bonjour merci Alban d'être avec nous. Directrice départementale de l'édition de l'Indre pour la nouvelle République du centre ouest. Alban, c'est aujourd'hui la journée nationale des toxicomanies à lire dans vos pages un témoignage poignant.

Oui, un témoignage poignant. En cette journée, nous avons voulu mettre en lumière une histoire que nous racontons donc aujourd'hui dans nos colonnes sous la plume de ma conseur Manuel Tonel. Alors, c'est l'histoire de la famille d'Olivia, une jeune femme de 21 ans décédée l'année dernière d'une overdose à Châourou.

Olivia était issue d'une famille sans problème, une famille unie, une famille aimante comme beaucoup. Elle commence à consommer du cannabis au collège. Puis sa consommation se poursuit pendant des années euh avec des substances de plus en plus dures.

Ses parents accompagne pas leur fille. Elle est suivie dans un centre spécialisé dans les addictions. Elle est suivie par des psychologues.

Elle est suivie par des médecins. Mais le lundi 21 octobre 2024, au petit matin, son père Lionel découvre le corps de sa fille inanimée. Elle avait succombé à une overdose dans la nuit.

Depuis, le papa a créé une page Instagram en mémoire de sa fille. Il a fondé le collectif de lutte contre les errances thérapeutiques liées aux addictions. Il explique que malgré l'accompagnement pendant 5 ans, ils ont assister impuissant et désemparé à la dégradation de leurs filles.

Alors, Lionel Prévu souhaite aujourd'hui l'ouverture d'une enquête parlementaire sur les défaillances de prise en charge des jeunes en souffrance psychologique et addictologique. Il rencontre actuellement les élus locaux, les députés, les sénateurs pour leur présenter un rapport basé sur son expérience. Et parmi parmi ces propositions, il évoque notamment la création d'un statut spécifique pour les jeunes en situation de vulnérabilité addictive.

Alors madame la sénatrice, pensez-vous qu'un statu serait une bonne idée pour qu'on puisse enfin évoluer dans la prise en charge de ces jeunes victimes d'addiction au stupéfiant ? Tout d'abord, ce drame que vous nous racontez, il se rapproche d'autres drames qu'on vit soit dans nos familles, chez nos amis ou ou dans les collectivités dans lesquelles nous sommes les uns et les autres. Et c'est vrai qu'on a un sentiment d'impuissance et pour les parents, c'est une blessure qui ne se referme jamais.

Qu'est-ce que je pense de ce statut ? c'est en réalité, moi je pense depuis fort longtemps que la loi ne change pas tout, que le statut je ne sais pas ce qu'il apporterait, mais ce qui compte vraiment pour moi, c'est qu'on mette tout en œuvre. Moi, ce que j'observe et de plus en plus depuis qu'on a eu la crise de la COVID, c'est que les jeunes sont en grande souffrance.

Les derniers sondages montrent que un jeune sur qu est en souffrance en dépression et que un sur tr euh a des problèmes vraiment plus graves et qu'il est suivi euh par un psychologue ou par des professionnels. Donc il y a vraiment et c'est partout dans le monde, c'est pas qu'en France. Donc il il y a un vrai souci avec la jeunesse et moi je suis vraiment mais désolé qu'on prenne pas ça plus à cœur et je pense que là il faut qu'on trouve tous ensemble malgré qu'on n'est pas suffisamment de professionnels de santé qui s'occupe de cette question il faut qu'on trouve tous ensemble pourquoi les choses ne vont pas bien pour nos jeunes avec 7 % d'entre eux qui pensent au suicide et qui vont jusqu'à l'acte.

Donc madame, moi je pense que au-delà du statut, il y a aussi qu'est-ce qu'on fait dans notre société pour accompagner les jeunes et leurs parents bien sûr, leur famille, mais qu'est-ce qu'on fait vraiment vraiment ? Merci beaucoup. Merci Alban la une de la nouvelle République.

La drogue lui a pris sa fille, elle témoigne. C'est à la une de vot, il témoigne pardon, c'est à la une de votre journal. Merci beaucoup Alban.

Merci Elisabeth Doanu, merci d'avoir été notre invité pendant cette première demi-heure. [Musique]