Nicolas Dupont-Aignan invité de Preuves par 3 sur Public Sénat
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 32 %Attaque 55 %Défensif 13 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:28OuverteRéponse directe
François Hollande a-t-il raison de tenir bon sur la loi travail ?
- 0:40OuverteRéponse partielle
Soutenez-vous la fin de l'Europe ?
- 0:50OuverteRéponse directe
Souhaitez-vous une alliance de tous les souverainistes ?
- 1:45RelanceRéponse directe
François Hollande a-t-il raison de ne pas céder sur la loi travail ?
- 3:07OuverteRéponse directe
Vous dites qu'il y a une préférence française pour le chômage. Quelles réformes proposez-vous ?
- 4:54RelanceRéponse directe
La France est-elle engagée contre les travailleurs détachés ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:27Invité politiqueFait
« Les heures supplémentaires, c'est-à-dire un salarié qui fait un effort, cette loi va baisser la rémunération des heures supplémentaires. »
- 4:10Invité politiqueFait
« La loi El Khomri, comme les réformes proposées par les républicains, c'est la gestion de l'alignement des salariés français sur le salarié roumain. »
- 5:01Invité politiqueChiffre
« Il y a 500 000 travailleurs détachés en France. Coût horaire, 14 euros, charges comprises. »
- 5:10Invité politiqueFait
« Ce sont des voleurs d'emplois. »
- 6:33Invité politiqueChiffre
« La France perd 7 milliards ou 8 milliards par an qu'il donne à l'Union européenne. »
- 10:04Invité politiqueFait
« Quand on fait voter par le 49-3 une loi qui est une loi de régression profonde. »
- 12:56Invité politiquePromesse
« Toute agression contre un policier donne lieu à de la prison ferme. »
- 13:14Invité politiquePromesse
« Toutes les insultes, crachats, insultes, prises à partie, donnent lieu à inscription sur le casier judiciaire et non pas simplement rappel à la loi. »
- 21:11Invité politiqueFait
« Est-ce que vous avez accepté, dans votre vie professionnelle, de négocier avec un pistolet sur la tempe ? Moi, jamais. »
- 21:30Invité politiqueFait
« J'ai retrouvé l'article que je n'ai pas pu citer du Guardian, c'est un article britannique qui montre les liens de la famille de M. Erdogan avec l'État islamique. »
- 24:19Invité politiqueFait
« Il y a aussi la règle du un pour un. C'est-à-dire que pour tout migrant qui repartirait de Grèce vers la Turquie, on en accueille un. »
- 29:09Invité politiqueFait
« J'entendais M. Moscovici qui niait les racines chrétiennes de l'Europe. »
- 30:15Invité politiqueFait
« Comment imaginez-vous qu'au nombre de pays de Schengen, on puisse mettre en place un gouvernement Schengen ? »
- 30:26Invité politiqueFait
« Ça voudrait dire que les frontières sont gérées par des autorités, alors définitivement par l'Anne Merkel et ses copains. »
- 30:50Invité politiquePromesse
« Je veux rendre la France à nos concitoyens, je veux des frontières, je veux que les Français soient maîtres de leur destin. »
- 33:00Invité politiqueFait
« Le système bruxellois est une forme de nouvelle occupation et que la démocratie est en péril. »
- 34:03Invité politiqueFait
« Soit on accepte d'avaler l'huile de foie de morue de Bruxelles, c'est-à-dire un système de nivellement par le bas et d'immigration massive, soit on est anti-européen. »
- 35:01Invité politiqueFait
« Si Black M était venu gratuitement chanter la Marseillaise et faire amende honorable et dire « Je me suis trompé, j'ai dit des paroles que je regrette, j'aime la France ». »
- 40:30Invité politiquePromesse
« C'est un programme de salut public que je propose et je le propose avec mon caractère, mes soutiens, dans un esprit de rassemblement gaulliste. »
- 43:21Invité politiqueFait
« Sur l'économie, mon programme est beaucoup plus en faveur de la libre entreprise, des PME, et beaucoup moins collectiviste. »
- 50:14Invité politiqueChiffre
« Vous ne réduiriez pas le niveau des dépenses publiques ? »
- 50:22Invité politiquePromesse
« Je relancerai la croissance économique et progressivement, je maîtriserai la dépense publique. »
- 50:39Invité politiqueFait
« Mettre la retraite à 65 ans, comme le proposent Alain Juppé, Fillon, Sarkozy et les autres, c'est créer des chômeurs de plus. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan63 %
- Présentateur18 %
- ?9 %
- Invité3 %
- Locuteur 52 %
≈ 59,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Il est candidat à l'élection présidentielle, Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France et l'invité de Preuve par Troie. Bonsoir. Bonsoir, monsieur. Merci d'avoir accepté notre invitation de Public Sénat avec l'agence France Presse. Et comme chaque semaine, trois grandes parties et trois grandes questions auxquelles vous allez devoir répondre. D'abord, François Hollande, a-t-il raison de tenir bon sur la loi travail ? Pas question de céder, dit-il aujourd'hui, en ce mardi de nouvelles manifestations émaillées d'ailleurs de violences comme à Paris, Rennes et Nantes.
Deuxième question, alors que le risque de dislocation de l'Europe est évoqué face aux crises multiples, souhaitez-vous la fin de l'Europe ? Vous le direz à Michael Zames de Public Sénat. Enfin, souhaitez-vous une alliance de tous les souverainistes jusqu'aux extrêmes de l'échiquier politique
?
Vous répondrez à Guillaume Daudin de Public Sénat, de l'AFP. Grève reconductible, manifestations, cortèges émaillés de violences, donc je le disais, le climat social reste extrêmement tendu. Mais François Hollande reste ferme sur la loi travail, on l'écoute.
Cette loi, elle va passer. Pourquoi ? Parce qu'elle a été discutée, elle a été concertée, elle a été corrigée, elle a été amendée.
Je
ne céderai pas parce qu'il y
a
eu trop de gouvernements, je ne
vais
pas prendre la liste, y compris de ceux qui font quelques critiques en ce moment. Il y a eu trop de gouvernements qui ont cédé, et d
'où
l'état du pays que j'ai trouvé en 2012, pour que moi-même, dans des circonstances qui ne sont pas faciles, je puisse céder dès lors qu'un compromis a été trouvé, un équilibre a été obtenu, que les syndicats réformistes sont derrière ce texte, et qu'il y a une majorité de socialistes qui sont en faveur de le voter.
Alors a-t-il raison de ne pas céder, après avoir déjà cédé d'ailleurs, puisqu'il évoque un texte corrigé
?
Il dit qu'il y
a
une négociation. Il n
'y a
pas eu de négociation, puisqu'il
y a
eu le 49-3. Et tous les Français ont compris que c'était un passage en force. Mais si cette loi était utile à la France, aux entreprises, aux salariés, moi je la voterais. Mais je voterais contre cette loi qui est néfaste
pour
les salariés, et qui ne sera pas utile aux entreprises. J'étais en Haute-Marne, il
n'y a
pas longtemps, mercredi, et je rencontrais un entrepreneur, 20 salariés. Il me disait, cette loi c'est une catastrophe, elle ne
va
pas aider les PME, elle va leur compliquer la vie. Et en plus, elle ne récompense pas le travail. Pourquoi je suis contre cette loi ?
C
'est qu
'elle
ne récompense pas les travailleurs. Les heures supplémentaires, c'est-à-dire un salarié qui fait un effort, cette loi va baisser la rémunération des heures supplémentaires.
On n'a
pas
d
'accord dans l'entreprise. Ben oui. Tout passe par des accords d'entreprise, des référendums sous l'égide des syndicats.
Mais ça sera le bazar qui va être répandu dans toutes les entreprises, et ça sera le nivellement par le bas. C'est une société low cost. C'est le renard dans le poulailler. Et ça va favoriser ceux qui alignent par le bas au lieu de favoriser ceux qui élèvent. Donc François
Hollande a tort. Cette loi est
mauvaise. François Hollande a tort. Il a complètement tort sur le fond et sur la forme. Dans votre livre, Nicolas Dupont-Aignan, France, lève-toi et marche, vous dites qu'il y a une préférence française, française, pas européenne, pour le chômage dans notre pays. Alors vous réclamez des réformes d'envergure. La réforme du code du travail en est une. Mais ce n'est pas une réforme du code du travail.
La loi El Khomri,
je préconise une réforme fondamentale, qui est d'inciter à produire français. Car la loi El Khomri, comme les réformes proposées par les républicains, c'est la gestion
de
l'alignement des salariés français sur le salarié roumain. C'est ça en fait. Et bientôt sur le salarié chinois. C'est-à-dire qu'au lieu de se dire comment on va produire français, comment on va élever le niveau, comment on va monter en gamme, comment on va faire des efforts de productivité, eux, ils ont abandonné. Et donc ils disent qu
'il
faut précariser les salariés comme les autres.
Eux, eux, c'est tous les autres, la
droite, la gauche. Ce sont ceux
qui cèdent à la ligne de Bruxelles. Cette loi, elle est imposée par Bruxelles. La réalité... Elle est imposée par Bruxelles ou par certaines réalités de notre pays ? Mais la réalité de notre pays, c'est d'attirer de la richesse.
Si
cette loi baissait les charges sur les PME, si cette loi supprimait les travailleurs détachés, c'est-à-dire le régime fiscal et social qui favorise l'embauche de travailleurs roumains, polonais, espagnols, qui ne payent pas les charges sociales françaises. C'est-à-dire si cette loi, elle s'attaquait à la concurrence déloyale et qu'elle favorisait les PME françaises. Mais je la voterai. Mais cette loi, elle
ne lise pas effectivement les
travailleurs détachés, Nicolas Dupont
-Yous. Mais la France
est engagée, vous le savez, contre le système des travailleurs détachés qui aboutit à du dumping social. C
'est vrai, on le voit dans le BATCP. La France n'est
pas engagée dedans. La France soutient les efforts de la Commission pour durcir ce régime.
Mais ça, c'est du pipeau. C'est du cinéma. En attendant,
il
y a 500 000 travailleurs détachés en France. Coût horaire, 14 euros, charges comprises. Le coût
horaire, oui, mais ce n'est pas le problème.
Le problème, c'est qu'aujourd'hui, il y a 500 000 emplois volés.
Ce
sont des voleurs d'emplois. Et avec la complicité du gouvernement français qui met la France dans la rue pour une loi travail incompréhensible. Et au même moment,
il
suffirait de dénoncer la directive travailleurs détachés et d'obliger les travailleurs détachés à payer les charges sociales françaises du pays d'accueil pour libérer 500 000 emplois.
Mais
reconnaissez quand même
que
c'est ahurissant que le président de
la
République ose rester une heure à Europe 1 comme une heure à France 2 la semaine dernière ou il
y
a 15 jours et n'a pas abordé une fois
ce
que tous les patrons de PME artisans me disent, salariés dans toute la France, dire qu
'on
ne peut plus lutter contre la concurrence déloyale des travailleurs
détachés. On s'est félicité, c'était magnifique. Alors là, il y a un
gisement de travail. Ce dimanche, on a vu partir le magnifique paquebot, le plus grand du monde construit sur les chantiers navals STX de Saint-Nazaire. Et vous êtes le seul, j'ai l'impression, à dénoncer justement la présence de travailleurs
détachés sur ce chantier. Oui, je le dis dans mon livre.
J'explique, oui, j'ai été sur les bords des quais. Vous avez des Moldaves, des Tchèques, des Roumains qui dorment dans leur voiture. Et au même moment, au pôle emploi de Saint-Nazaire, il y a des ouvriers qui n'ont pas de travail. Et on donne du RSA sur fonds
publics. J
'ajoute même
que
je suis stupéfait qu'on subventionne ces pays. La France perd 7 milliards ou 8 milliards par an qu'il donne à l'Union européenne. C'est-à-dire qu'on donne 8 milliards de plus qu'on reçoit à l'Union européenne. 8 milliards. Cet argent va aider la Pologne. Très bien, on les aide. Pourquoi pas ? Mais après, attendez, c'est heureux. J'estime que maintenant, la chute du mur est passée depuis 15 ans.
Il
se développe. Ces pays, la Pologne, à sa monnaie,
qu
'il a dévaluée, et ensuite,
ces
pays subventionnés par nos impôts, viennent, envoient leurs travailleurs sur notre sol, nous voler nos emplois.
Qu'est-ce qu'il faut dire aujourd'hui, Nicolas Dupoignan,
à ces
11 pays européens, essentiellement des pays de l'Europe de l'Est,
d
'ailleurs, qui disent non à la révision de cette directive Travailleurs Détachés ? L'Europe, la belle Europe que
j
'aime,
la belle Europe, ce n
'est
pas la jungle, ce n
'est
pas la concurrence déloyale. La belle Europe, ce n
'est
pas l'alignement
des
Français sur le SMIC bulgare à 179 euros. La belle Europe, c'est l'élévation, c'est le rapprochement vers le haut. Et c'est ça la
différence.
C'est bien son
objectif. Non, là, c'est l'inverse. C'est bien son objectif.
Non, là, c'est l'inverse. C'est qu'on aligne les salaires français, loi El Khomri, programme des Républicains, c'est l'alignement
des
Français sur le moins-disant social, fiscal, ce n
'est
pas possible.
Alors, je le disais tout à
l
'heure... En tout cas,
pas pour moi.
On
a compris. Et vous êtes là pour exprimer vos idées que vous résumez dans ce livre. Je le disais,
il y a encore eu des violences... Et j'explique
surtout qu'on peut faire autrement, parce que quand je propose, par exemple, de réduire de moitié l'impôt sur les sociétés, pour les bénéfices réinvestis sur le sol français, je donne un bonus fiscal
aux
PME
qui
veulent produire en France. Moi, je ne suis pas pour dire que tout va bien en France. Il faut aider les PME, les petits chefs d'entreprise, ceux
qui le
méritent.
Vous
dites que tout va mal, presque.
Non, je
dis qu'aujourd'hui, il y a une prime
à
la délocalisation et au chômage. Et je veux qu'il
y ait
une prime
à
ceux qui apportent de l'emploi en France.
Alors, je le disais tout à l'heure dans les manifestations, vous l'avez vu aujourd'hui à Paris, notamment à Rennes et Nantes encore, il y a eu des violences. Manuel Valls a répondu tout à l'heure sur ce point. On l'écoute et vous réagissez.
Dans
ce moment-là,
où
on entend les mots, j'ai même entendu parler, il y a encore un instant, de chienlit, où s'exprime de la violence et de la radicalité dans notre société. Chacun, je le rappelais, à sa part de responsabilité. Et dans les mots qui ont été parfois utilisés, contre le texte de loi porté par Myriam El Khomri, dans les tracts à l'égard contre les forces de l'ordre, dans cette volonté de faire reculer le gouvernement sur ce texte qui nous paraît indispensable, utile pour les entreprises comme pour les salariés, je veux appeler chacun à la responsabilité.
Tout mot, tout acte, tout écrit qui remet en cause même les principes de la République, y compris un article de la Constitution, l'action du gouvernement est aujourd'hui un mot qui peut faire déraper le pays.
Alors voilà, il y a les mots qu'on lit sur les tracts, sur certaines affiches, et puis il y a les faits. François Hollande ce matin a lancé un « ça suffit
»
à l'adresse des casseurs. Là, vous lui donnez raison.
Quelle tartufferie !
Vous savez, je pense à Molière, les tartuffes. Ces gens qui mettent de l'huile sur le feu, qui laissent les casseurs faire, et qui après font de l'amalgame entre la colère sociale légitime et les casseurs. Moi je suis... Ils ont jeté de l'huile sur le feu.
Oui, quand
on fait voter par le 49-3 une loi qui est une loi de régression profonde. D'accord,
mais l'article
49-3, le
Premier
ministre l
'a rappelé, c'est
une loi constitutionnelle. Peut-être, mais il y a des usages. Vous savez, quand on provoque les gens,
quand
on agresse un peuple en gouvernant contre ses intérêts, quand on négocie un accord avec la Turquie, on en reparlera...
Eh bien, la violence est légitime ?
Non, pas du tout. Mais ce que je dis, c'est qu
'il
y
a
une colère sociale, qu'il faut l'entendre.
Et
en revanche, j'aimerais que le gouvernement soit plus ferme
contre
les casseurs, parce que le gouvernement est faible avec les casseurs et dur avec les salariés.
Et
ça,
c
'est ce que j'appelle de la manipulation politique.
Et là, juste,
vous dites, vous dites,
le gouvernement est faible avec les casseurs. Le gouvernement est
très faible
avec les casseurs. Il a pris quelques mesures
d'interdiction de manifester à l'encontre de certains. Oui, mais la justice administrative a annulé ces
interdictions. Pourquoi le gouvernement, qui est si prompt à utiliser le 49-3, ne change pas un peu de politique pénale
?
Vous savez, je crois que le Premier ministre joue la politique du pire.
Tant
pis pour eux, ils se fâchent avec le peuple,
et
c'est dommage. Mais
moi, ce qui me fait de la peine,
c'est d'avoir l'air
ferme, d
'avoir l'air ferme, alors qu'ils sont faibles. Ils sont faibles avec les casseurs, faibles avec les puissants, et forts et durs avec le peuple. Est-ce que la police est faible avec les casseurs
? Oui, la police. Parce que son attitude
est critiquée par certains.
Vous l'entendez, il y a une polémique sur l'attitude des forces de l'ordre. La police fait tout ce qu
'elle peut. Mais nous savons que c'est quand même ce gouvernement qui a voté les lois les plus laxistes en matière de sécurité depuis 4 ans. Et donc, c'est un peu fort de café de venir maintenant en disant si vous êtes contre nous, parce que c'est ça, j'ai été à l'Assemblée cet après-midi, j'ai entendu M. Valls, c'est extraordinaire. En gros, si vous nous critiquez, si vous avez des paroles politiquement dures, vous êtes un casseur. Bon, la manip, elle est grosse comme une maison, il n
'y a
pas un Français qui va y croire. Ce qu'il faut, c'est deux choses. Être beaucoup plus ferme vis-à
-vis
des casseurs, les interpeller, les arrêter. Si on n'avait pas voté les lois pénales, Taubira, ça irait beaucoup plus vite. Premier point,
rien n'empêche le Premier ministre... C'est ce qu'on fait,
répète le ministre
de l'Intérieur. Non,
rien, il fait en parole. Rien n'interdit
M.
Valls de nous proposer une loi anti-casseurs. Je remarque que c'est d'ailleurs la gauche qui a annulé les lois anti-casseurs régulièrement. Donc, que le gouvernement propose une loi anti-casseurs, que le gouvernement soit ferme contre la chien-lit, mais en revanche, qu'on ait encore le droit, en démocratie, de critiquer l'action du gouvernement.
Est-ce que vous irez manifester avec les policiers demain ? Oui.
Et
qu'est-ce que vous leur proposez, vous, concrètement ?
Le
problème des policiers, il est double. Il y a un problème de moyens,
mais
le gouvernement d'avant avait été pire,
et
c'est pourquoi je l'avais combattu sur certains points, mais il y
a
un problème de respect.
Et
ce que je demande, et là, c'est la mesure principale,
c
'est que toute agression contre un policier donne lieu à de la prison ferme. Je suis maire d'une ville de banlieue,
je vois tous les jours peines planchées de prison ferme, siègeant
d
'armes, pompiers. Premier point,
fondamental.
Deuxième
point, que toutes les insultes, crachats, insultes, prises à partie, donnent lieu à inscription sur le casier judiciaire et non pas simplement rappel à la loi. Je demande parallèlement qu'il y ait une présomption de légitime défense, notamment
en
faveur des
policiers,
dans les cas les plus graves, c'est-à-dire hold-up à main armée, acte terroriste, c'est-à-dire de permettre aux policiers de réagir alors qu'aujourd'hui, ils sont complètement bloqués. Mais
là, il y a des aménagements qu'ont été annoncés.
Un premier aménagement, je le sais très bien, qui a même été voté. Un premier aménagement,
mais qui est insuffisant. Donc voilà,
il y aura
une forme d'irresponsabilité pénale pour les
policiers. Non. C'est l'idée. Mais vous voulez aller plus loin ? Je veux aller sur un point, aujourd'hui,
quand
un policier
est
obligé de réagir
et
qu'il y a doute,
il
est dans une procédure judiciaire
qui
va durer deux ans, où il est sali et il est lavé au moment du procès. Je trouve que c'est particulièrement injuste. Et tous les policiers de France réclament une présomption de légitime défense
organisée. Je ne veux pas vous dire, c'est un permis de
tuer. C'est une idée défendue par le Front National.
Et par M. Ciotti,
et par Nicolas Sarkozy.
Et par d'autres. Et je ne
vois
pas au nom de quoi, je ne la défendrai pas.
Ceux qui vont...
Mais je la défends parce
que les policiers... Vous opposez
par exemple la Cour européenne des droits de l'homme.
Je
n'en ai rien à faire. Voilà. Il y
a
un maître, je n'ai qu'un maître, le peuple français. Et s'il le fallait, il faudrait la faire adopter par référendum. Il y a une autre mesure fondamentale, c'est la récidive.
Et
je propose qu'au bout de deux récidives, à la troisième, il y ait l'interdiction de prononcer un sursis.
C
'est-à-dire, c
'est
le système américain où vous êtes comptable de vos actes. Si on ne fait pas ça, et je pèse mes mots, je le vois dans ma banlieue, tous les jours, les policiers ne sont plus ni craints, ni respectés.
François Hollande répète que ça va mieux. Est-ce que vous estimez que ça peut terminer dans la rue avec des violences ? Est-ce qu'on y est presque ? Puisque c'est le danger que vous soulignez dans votre livre, Nicolas Dupont-Aignan. Vous savez,
il
y a une belle phrase de Marc Aurel, un empereur romain,
qui
disait, vous pouvez tondre le peuple, d'ailleurs, ce n'était pas trop gentil, mais enfin, on était à l'époque de l'Empire romain, vous pouvez tondre le peuple, mais prenez garde à ne pas l'écorcher.
J
'ai
rendu
visite à 25 départements français,
petite
ville abandonnée.
Il
y
a
une désespérance dans notre pays qui
s
'explique tout simplement par le mépris du peuple qu'ont nos dirigeants. Et François Hollande, ce matin,
me
faisait penser à Louis XVI, et je ne lui souhaite pas sa fin. C'est-à-dire, mais ils n'ont pas de pain, ou Marie-Antoinette, qu'on leur apporte des brioches. Je crois que ces gens vivent hors du temps, sont totalement prisonniers d'un monde
et
ils ne vivent plus sur terre. Et moi, je veux rendre le pouvoir
à
la majorité silencieuse, parce que c'est elle qui est le peuple.
Alors, il y a un ancien ministre de Bercy qui vous a séduit, c'est Arnaud Montebourg. Il a escaladé le Mont-Beuvray hier. Il a fait un petit pas vers 2017. On l'écoute, vous réagissez.
Je
vous propose de bâtir dans les mois qui viennent un grand projet alternatif pour le pays. Alternatif aux appareils politiques et hors leur censure, et audacieux dans l'invention de notre futur.
Le
système politique est devenu
une
grande machine à trahir.
Il
en est définitivement épuisé.
Est-ce que vous l'incitez à poursuivre ou reprendre son combat courageux, dites-vous,
pour une
alternative ? Je l'incite à venir me rejoindre, s'inscrire à Debout la France. Il y a déjà entre 6 et 8% des Français qui disent dans les sondages qu'ils nous sous-estiment toujours à nous rejoindre. Vous savez, moi je suis convaincu d'une chose comme lui d'ailleurs.
C
'est que ça ne passera pas par les deux principaux appareils
qui
aujourd'hui s'effondrent. Ce sont des fins de système. Le Parti Socialiste qui finira, j'ai toujours dit que le Parti Socialiste finirait comme le PASOC grec,
à
3%, donc il va y arriver. Et puis comme les Républicains qui sont
en
train de répéter ce qu'ils répètent
depuis 20 ans. Là, vous confirmez effectivement. Donc je
pense sincèrement
qu
'Arnaud Montebourg, de l'autre côté de la barrière, tient un discours assez proche du mien. Donc je l'invite à me
rejoindre.
C'est heureux de vous entendre dire du bien d'un homme politique. Parce que dans
votre livre... Moi, je dis beaucoup
de bien
de beaucoup d'hommes
politiques. Ah oui, oui, oui. Alors, attendez.
Si, si,
si. Il y en a beaucoup. Je
parle notamment des sangras, de ces députés,
de ces sénateurs.
Oui,
et tous les autres sont
des oligarques, des incompétents, des manipulateurs, lâches, traîtres, médias, carriéristes, cyniques, le troupeau de cils. Oui. C'est
un peu comme Mélenchon,
qu'ils s'en aillent tous. Non, pas tous, parce que justement, j'explique dans mon livre que vous avez des milliers de maires qui font leur boulot sur le terrain, que vous avez des députés,
des
sénateurs. Je les cite, ces députés. Vous vous souvenez du passage. Je les cite, qui font un superbe boulot. Mais est-ce qu'on va continuer
à
être le seul pays au monde,
le
seul,
la
seule démocratie au monde, à recycler des gens
qui
nous ont ruinés,
la
dette a été multiplie par trois, le chômage par deux, la misère, l'immigration,
des
gens qui nous ont ruinés et qui se croient au-dessus du suffrage. Stop.
Ça
suffit. Alors, on va voir ce que vous, vous présentez maintenant, puisqu'on va évoquer votre programme, Nicolas Dupont-Aignan, avec Michael Zames, le public Sénat. Souhaitez-vous d'abord la fin de l'Europe, puisque vous réclamez la renégociation, pour être précis.
C'est vrai que l'Europe est
un continent qu
'on ne peut pas faire disparaître sous les
flots. En
tous les cas, la construction que vous voulez
renégocier. Alors, les traités, d'ailleurs, en les soumettant par référendum aux Français, d'ailleurs, vous proposez au total cinq référendums. On va en parler. L'Europe aujourd'hui en crise, notamment face aux réfugiés, l'accord avec la Turquie est combattu. Mais ce matin, François Hollande lui a apporté à nouveau son soutien.
J
'étais au Conseil européen et j'ai travaillé avec Mme Merkel pour qu
'il
y
ait
un accord avec la Turquie.
Donc,
je ne
vais
pas, aujourd'hui, me désengager. Pourquoi il fallait un accord avec la Turquie ? La Turquie, c'est un pays voisin de l'Europe,
où
il y a 2,5 millions de réfugiés, qui, pour certains d'entre eux, traversaient au péril de leur vie pour aller jusqu'en Grèce. Ce qui a créé l'afflux que l'on sait. Nous n'étions pas les premiers concernés. C'était l'Allemagne, l'Autriche, la Suède, qu'il était davantage. Mais j'ai considéré
que
ce n'aurait pas été loyal à l'égard de Mme Merkel, ce n'aurait pas été européen, que ne pas avoir un accord avec la Turquie. Cet accord, il est exigeant. Les milliards dont vous parlez ne peuvent être versés que si les conditions sont respectées. Et les visas ne pourront pas être attribués pour les Turcs si 72 critères ne sont pas eux-mêmes respectés. Alors, je ne suis pas d'accord avec les décisions que prend M. Erdogan, mais il y a un accord qui a été passé avec la Turquie. Cet accord doit être pleinement exécuté.
Bonsoir, Michael Zames. Bonsoir, Michel. Bonsoir, M. Dupont-Aignan. Bonsoir, Michael Zames. François Hollande assume l'accord et en somme, il dit que ceux qui sont contre cet accord ne sont pas européens. Vous citez
où ? Mais
c'est tellement grotesque, pathétique. Je pensais à Daladier quand je voyais
M. Hollande.
C'est
que dit François Hollande ou
l'accord ? C'est tel... Mais,
cette
espèce de Munich migratoire
où
l'Europe,
l
'Europe, pour moi, c'est quelque chose de bien. C'est une civilisation. Oui, la belle Europe, comme vous l
'avez
dit.
La
belle Europe
se
couche devant
un
chef d'État qui lui fait du chantage et menace. Qui s'est couché ? François Hollande ? Angela Merkel ?
Qui est
allé discuter avec... François Hollande, contrairement à ce
qu'il
dit, était absent. Absent au sens État.
La lumière était... Il ne peut pas être
déloyal vis-à-vis d'Angela Merkel. Vous l'avez entendu. Ah non, mais il est le valet, pour le coup, de Mme Merkel, donc on connaît. Mais le problème de fond,
c
'est comment peut-on accepter qu'un État voisin important,
qui
doit être un partenaire, je n'ai jamais été contre la Turquie comme partenaire.
J
'ai toujours été hostile à son entrée dans l'Union Européenne. Mais comment peut-on accepter de négocier avec quelqu'un qui vous menace ? Est-ce que vous avez accepté, dans votre vie professionnelle, de négocier avec un pistolet sur la tempe ? Moi, jamais. Donc on ne
peut
pas avoir confiance dans la Turquie
? Pas
dans la Turquie, gouvernée par M. Erdogan, et je pèse mes mots, qui a joué double jeu avec l'État islamique. J'ai été en polémique avec M. Voloscovici sur une chaîne concurrente et j'ai retrouvé l'article que je n'ai pas pu citer du Guardian, c'est un article britannique qui montre les liens de la famille de M. Erdogan avec l'État islamique, qui
se
sert du robinet des migrants pour faire pression sur l'Union Européenne et ce faisant a laissé des passeurs exploiter la misère humaine et qui, de surcroît, est en train de mettre en place un régime antidémocratique.
Je
croyais que les valeurs de l'Europe, c'était la démocratie. Alors, on cherche des poux, pardonnez-moi, à M. Orban, qui est quand même élu démocratiquement. C
'est un homme bien,
M. Orban.
Mais
c'est un homme qui est élu démocratiquement. Bien sûr, il est élu démocratiquement et il dit des choses très justes. Et, en même temps, on négocie avec M. Erdogan. Mais je me demande jusqu'où on va aller.
De
surcroît... est en face totalement avec les valeurs de la belle Europe qu'évoque Mickaël à
l'instant. Je ne vois pas en
quoi
le pouvoir
hongrois n'est pas en face avec les valeurs de la belle Europe.
C
'est un pouvoir démocratique et je ne vois pas au nom de quoi je le contesterais.
Et c'est un des seuls qui
sauve l'honneur de l'Europe dans cette affaire en disant stop
à
une folie migratoire qui met en marche des millions de personnes vers le continent européen contrairement à l'intérêt de ces pauvres migrants comme à l'intérêt des Européens.
Mais ça fonctionne. Regardez, 6 milliards que l'on donne à la Turquie. Il y a moins de migrants notamment qui viennent de Grèce. Dix fois moins,
dit-on. C'est un constat. Aujourd'hui, c'est un constat de laisser par contexte. Vous oubliez
quelque chose.
C
'est que ce tarissement est la preuve
exacte
que M. Erdogan pouvait très bien
s
'attaquer aux passeurs sans avoir besoin des 6 milliards. Il a suffi que M. Erdogan dise je stoppe, j'ai été en Turquie, j'ai été à Léros.
Tout
le monde savait que les passeurs étaient protégés par la police turque. Donc ça veut dire qu'on accepte
qu
'un État voisin, un partenaire nous manipule et manipule nos opinions et se
sert de la misère humaine. C'est conscient. C'est
inconscient.
Bien évidemment, puisque derrière,
vous avez la
libéralisation des visas
qui
est un problème majeur, libre circulation sur Schengen
de
80 millions de Turcs.
Et quand
vous
savez,
pardonnez-moi, comment sont donnés les passeports turcs
aux
turcophones, c'est un problème de sécurité publique majeur et un problème d'immigration majeur. Donc, je vous le dis très clairement, nous avions d'autres moyens pour contraindre Erdogan à respecter la démocratie et aussi
à
contrôler les passeurs.
Mais vous niez que le président Erdogan ait été élu démocratiquement
en Turquie ? Non, je ne le dis pas, mais je ne nie pas non plus que M. Erdogan s'accommode de la démocratie de manière assez curieuse. Et je remarquerai aussi que ça ne choque personne que M. Erdogan massacre les Kurdes qui sont quand même nos alliés face à l'État islamique qui, je vous le rappelle, a tué 130 personnes sur les trottoirs de Paris. Et je suis indigné
de
cette faillite morale du pouvoir français et allemand comme je suis certain que cet accord ne va pas régler le problème migratoire car vous savez
qu
'il y a aussi la règle du un pour un. C'est-à-dire que pour tout migrant qui repartirait de Grèce vers
la Turquie,
on en accueille
un. Donc,
ne trompons pas les Français sur cet accord scélérat. Il y a derrière cet accord scélérat que vous dénoncez un pas peut-être supplémentaire vers le processus. Non, le processus d'union de la Turquie. Oui,
il y a ça en
plus.
Alors, on écoute sur ce
point, Pierre Moscovici, que vous avez cité, le commissaire européen qui était à votre place il y a 15 jours.
On doit être, par rapport à la Turquie, à la fois dans une attitude de coopération nécessaire et aussi dans une attitude de fermeté sur les principes. C'est un pays qui est démocratique avec lequel il faut coopérer, notamment sur cette crise de réfugiés, mais pas seulement, qui est aussi un important partenaire économique. À terme, à 15 ans, à 20 ans, la porte peut être ouverte si nous sommes capables justement de dessiner un arc de valeur de principe et d'intérêt commun.
Donc,
ça veut dire que dans 15 à 20 ans, la Turquie sera dans l'Union européenne. Mais c'est le projet de M. Moscovici, c'est le projet des socialistes.
Sans nous le dire, c
'est ça.
Mais bien évidemment, ça avance pas à pas. D'ailleurs, je lisais Nicolas Sarkozy dans Le Monde ce soir et je lisais qu'il était opposé, je m'en réjouis qu'il ait évolué parce qu'il a ouvert 12 chapitres de négociation. Donc moi, je suis candidat à
l
'élection présidentielle parce que j'en ai assez de ces menteurs successifs. C'est un danger majeur. Je serai le candidat à la présidentielle qui fera tout pour qu'on ne fasse pas cette politique catastrophique.
Alors que vu que vous lisez les journaux, vous avez peut-être vu La Croix ce matin, l'interview qu'accorde le pape François à ce quotidien. Le pape qui
dit
de la France qu'elle exagère la laïcité. Ensemble, on en fait trop.
Écoutez, je respecte le pape comme autorité religieuse mais je crois que c'est l'honneur de la France d'être un pays laïque et que c'est la condition pour permettre
aux
Français de vivre ensemble quelle que soit leur religion d'origine ou leur religion présente. Il va un petit peu plus loin.
Il
dit si une femme
musulmane veut porter le voile,
elle
a totalement le droit de le faire comme un catholique peut porter la croix.
Ça
dépend où. Voilà. Il y
a
des lois pour ça. Exactement. Et c'est pourquoi je propose avec mon mouvement, nous allons faire une proposition de loi bientôt. Nous sommes en train de la peaufiner. Qui sera quoi ? Qui sera l'interdition du voile à l'université, à l'hôpital, à l'école c'est déjà fait, et dans les services publics et que les chefs d'entreprise aient le droit par un règlement intérieur de l'interdire. Quand est
-ce
que vous faites cette proposition ? Bientôt, elle va bientôt sortir. Je vous en donnerai la primeur.
L'enjeu pape est très explicite. Il dit nous ça. Je finis juste sur un point. Le
modèle français,
ce
modèle républicain auquel je crois,
c
'est le seul modèle qui peut permettre à des gens différents
qui
gardent leur identité, il ne
s
'agit pas de leur renier leur identité, de vivre ensemble dans la paix et le respect. Et donc, libre au pape
de
régner sur les consciences, mais nous avons une séparation, que je rappelle, qui vaut autant pour l'islam que pour le
pape. Quand vous l'entendez ou que vous le lisez dans la Croix ce matin, effectivement, dire que la France est en quelque sorte victime de l'héritage des Lumières et de la Révolution
française... Eh bien, écoutez,
on n'a pas fait la Révolution pour rien. On n'a pas fait la loi de 1905 pour rien. C'est l'honneur de la France. C'est l'honneur de la France d'avoir un espace neutre. C'est l'honneur de la France que ce ne soient pas les autorités religieuses qui gouvernent. Parce que c'est au peuple français de gouverner.
Et
le peuple français,
il
est libre dans sa tête. Et la différence aujourd'hui, vous savez, elle n'est pas entre la droite et la gauche. La différence aujourd'hui, elle est entre ceux qui veulent rendre le pouvoir au peuple français et ceux qui veulent diriger sa conscience. Eh bien, non, le peuple français est libre. On en déplaise aux uns, aux autres, aux
parcs, aux journalistes, aux chefs d
'entreprise, à la loi El Khomri, à Bruxelles. Le peuple français est libre et il va se réveiller.
On
va le réveiller, le peuple français. Vous allez voir. On
verra ça.
Est-ce que vous croyez
aux racines chrétiennes de l'Europe ? Mais elles sont une évidence. Pour autant, ça ne veut pas dire qu'elles ont le monopole de l'Europe.
Mais
un arbre a des racines ?
Vous
savez, vous êtes en désaccord avec le pape, parce que ce n'est pas du tout un vibrant avocat. Mais non, sur
le sujet des racines chrétiennes, on
peut dire qu'il est à
sa place. Il fait ce qu'il veut. En tout cas, mais
j'ai le droit d'avoir... Tout le monde sait que l'Europe a des racines chrétiennes. Est-ce que ça veut dire... Ça fait peur manifestement
au
pape de le dire. C'est absurde. Est-ce que ça veut dire que l'Europe est chrétienne à 100% de nom, bien évidemment
?
Mais l'Europe, c'est l'Europe gréco-latine. L'Europe, c'est une sédimentation d'influence. Il y a eu une influence, bien évidemment, aussi musulmane.
Il
y
a
eu une influence de plusieurs religions. Mais il y
a cette
racine. Comment peut-on imaginer qu'un arbre
prospère,
pousse, si on lui coupe les racines ? C'est absurde. Donc ce débat est un débat, comment dire, absurde. J'entendais M. Moscovici qui niait les racines chrétiennes de l'Europe. Mais pourquoi ? D'ailleurs, moi je vais vous dire, j'ai souvent dans les signatures de livres, des gens qui viennent me voir, il y en avait un qui m'a dit je ne suis pas venu en France, il s'appelait Karim, il était musulman. Il m
'a
dit je ne suis pas venu en France pour retrouver ce que j'ai quitté. Et il m'a dit je vous félicite de défendre une idée de la France qui est une idée laïque, généreuse,
mais qui
tient bon sur ses valeurs.
Alors vous avez déjà beaucoup cité Nicolas Sarkozy, je le constate, pour cette interview sur l'Europe.
Parce
que ça
m'a impressionné. Ça vous a impressionné ? Alors il y a beaucoup de
questions qui en découlent, Michael.
Ça m'a
impressionné. Et notamment, il veut créer un Euro Schengen, c'est-à-dire une sorte de grand ministère avec tous les ministres de l'intérieur qui formeraient donc un grand ministère de l'Europe. Ça changerait
quelque chose ? Une fameuse
harmonisation, celle que
vous vous êtes
réclamée.
Est-ce que ça change quelque chose ? Ça fait 20
ans, depuis le traité d'Amsterdam,
qu
'on nous répète la même chose. Alors j'ai lu justement ce que j'ai vu ça dans la presse, alors je me suis précipité et j'ai compris que Nicolas Sarkozy ne serait pas le prochain président de la République. Pourquoi ? Parce qu'il faut vraiment prendre les Français pour des imbéciles qu'ils ne sont pas.
Pour
une raison très simple, c'est que comment imaginez-vous qu'au nombre de pays de Schengen, on puisse mettre en place un gouvernement Schengen ?
C
'est absurde. Ça voudrait dire que les frontières sont gérées par des autorités, alors définitivement par l'Anne Merkel et ses copains. Ça voudra dire que nous n'avons plus la maîtrise définitive de nos frontières. Et ça veut bien dire qu'en fait Nicolas Sarkozy n'a pas changé,
qu
'il est, et c'est son droit, profondément européiste, qu'il abandonne la nation, qu'il ne veut pas que les Français contrôlent leurs
frontières. Et donc pour lui, il ne sera pas
élu parce qu'il a un programme
qui ressemble à ce qu'il a déjà fait. C'est ça ? Bien
évidemment. Moi je suis clair, je suis candidat car je veux rendre la France à nos concitoyens, je veux des frontières, je veux que les Français soient maîtres de leur destin, ce qui n'interdit pas
une
politique européenne et une politique africaine.
Vous voulez un référendum ? J'ai été surpris
de voir que
pas
un mot sur l'Afrique, si ce
n'est pour voir le doublement démographique, mais pas un
mot sur l'aide à l'Afrique.
On
peut être ferme sur nos frontières nationales, si parallèlement aussi, on met en place un vrai plan Marshall pour développer l'Afrique, car l'enjeu, c'est de stabiliser les populations africaines et de leur donner une dignité
et un avenir. Il y a quelque chose qui
a dû vous plaire dans cette interview, c'est sur le référendum européen, vous le souhaitez, Bruno Le Maire également, mais en somme, Nicolas Sarkozy vous dit que le référendum, ce n'est pas la meilleure façon de répondre à une question si complexe, et gentiment vous dire en gros que vous avez tout faux.
Il
me fait penser à ces avocats du suffrage censitaire et à ce beau texte de Victor Hugo qui expliquait justement que le peuple était tout à fait capable de voter.
Je le sais, il a violé
le... Des
questions
complexes, une
réponse binaire ? Oui,
bien
sûr. Et lui, il a une réponse complexe. Ah
oui, puisqu'il ne passe pas pas le référendum.
En revanche, sa réponse, elle a été très binaire quand il s'est agi de s'asseoir sur le vote des Français de 2005. Tous ceux qui m'écoutent savent que les Français ont voté non en 2005 et celui qui a trahi la parole du peuple,
c
'est Nicolas Sarkozy avec le soutien des socialistes. Alors oui ou non, ce sont
les Britanniques qui vont voter.
Eux, ils ont de la chance, ils ont le droit d'être consultés. Non, alors,
Boris Johnson a comparé l'Union européenne à Hitler ou à Napoléon. Vous allez pouvoir réagir alors que le président du Conseil européen international, Tust, lui, il s'est fâché, mais enfin, on va le voir sans véritable excès dans les mots.
Boris Johnson
a dépassé les limites d'une discussion rationnelle, faisant preuve d'amnésie politique. D'une certaine façon, il a illustré l'état d'esprit et le sentiment de beaucoup d'Européens,
pas seulement au Royaume-Uni.
Bon,
il
est allé
trop loin, faute politique. D'un mot,
Hitler.
Chacun son style.
Ça vous a choqué. Ce qui
est sûr,
ce
qui est sûr,
c
'est que le système bruxellois est une forme de nouvelle occupation et que la démocratie est en péril. La démocratie est en péril en Europe. Moi, je pense
qu
'une Europe des nations démocratiques qui récupèrent leur souveraineté sur les points clés
et
des projets en commun, et c'est ce qui me différencie du Front National, je crois à des projets européens, comme Airbus. Vous croyez au rêve européen ? Non, non, ça c'est un cauchemar. C'est, je crois, on l'a vu, je crois à des projets concrets tels que l'imaginaire général de Gaulle et Konrad Adenauer,
c
'est-à-dire la lutte contre le cancer, par exemple, pourquoi pas un beau projet européen, à trois ou quatre pays,
le
plan de développement de l'Afrique, pourquoi pas un beau projet européen, l'union pour la Méditerranée avec les pays du Maghreb
et
du nord de la Méditerranée, c'est-à-dire France, Espagne, Italie, Grèce, un beau projet. Quand on va sortir
de
ce système binaire, soit on accepte d'avaler l'huile de foie de morue de Bruxelles, c'est-à-dire un système de nivellement par le bas et d'immigration massive, soit on est anti-européen. Non, on peut vouloir une Europe des nations
qui partagent
des
projets communs. Une dernière question, on reviendra sur
vos différences que vous revendiquez avec le Front National
qui
sont
contestées. Il y a des conditions
de la bataille de Verdun d'ici peu de jours. Le concert du rappeur Black M a été annulé. Est-ce que vous en réjouissez ?
Oui, bien sûr, parce qu'il fallait avoir une idée bien saugrenue pour confier
une
sorte
d
'hommage au combattant, à quelqu'un
qui
a des paroles choquantes, pour ne
pas
aller plus loin. Et la célébrité et l'argent n'achètent pas tout. Valéry
Pécriès
dit qu'il aurait mieux fait chanter la Marseillaise.
Oui,
c'est sûr. Mais je vais vous dire, si Black M était venu gratuitement chanter la Marseillaise et faire amende honorable et dire « Je me suis trompé, j'ai dit des paroles que je regrette, j'aime la France, mais que ce soit Black M ou X ou Y, je m'en fiche. »
Ce
qui m'a choqué,
c
'est qu
'on
croit qu'on puisse acheter comme ça des célébrités qui ont craché sur notre pays. Ça suffit. Les Français ont envie d'aimer la France. Et moi, j'aimerais qu'on parle aussi, on a parlé de beaucoup de choses négatives parce que les événements sont tristes, mais il y a dans notre pays de merveilleux acteurs, des gens sur le terrain qui font des choses incroyables
et
ces gens-là se sentent abandonnés. Et bien moi, je veux qu'on fasse réussir la France. C'est ça l'enjeu de demain. Et on fera réussir la France. Il
y
a quantité de chanteurs
qui
aimeraient chanter La Marseillaise à Verdun et qui sont bien mieux et qui le feront gratuitement.
Merci, Mickaël. Troisième partie de Preuve par Troie maintenant avec Guillaume Daudin, notre confère de l'agence France Presse. Nicolas Dupont-Aignan, souhaitez-vous une alliance de tous les souverainistes hostiles à l'euro, par exemple, jusqu'aux extrêmes, de l'échiquier politique, jusqu'à
l'extrême droite ? Ah,
je vous vois venir. Vous me voyez venir. Eh bien, sur ce point, vous allez peut-être être surpris. Écoutez d'abord ce que nous disait ici même Jean-Pierre Chevènement il y a quelques semaines.
Jean-Pierre Chevènement aurait,
comme tout le monde, intérêt à me rejoindre quand j'ai raison. Mais vous aussi, vous auriez intérêt à m'en rejoindre. Et je m'adresse également aux socialistes. Je m'adresse également aux républicains de l'autre rive, comme je l'ai fait en 2002.
Je
pense que les solutions... Aurélie Guénaud, par exemple. Je pense que les solutions, oui, que j'ai invitées il n
'y
a pas très longtemps dans une réunion de République moderne aux côtés d'Arnaud Montebourg. Eh bien, je pense qu'en effet, la solution, c'est une solution de rassemblement
autour du
salut public. Jusqu'au Front National. Mais l'électorat du Front National, croyez-moi, il est mobile et il saura venir là où
est l'intérêt du pays. Mais là, on parle des
appareils.
Mais ce qui désespère notre pays, c'est que les hommes politiques ne s'expriment plus en fonction de son intérêt fondamental. C'est cela qui explique la crise de la démocratie, le désarroi du pays. Et je pense qu'à partir du moment où on lui montrera un chemin, où il y aura à nouveau un projet censé, intelligent pour la France, un projet d'Europe européenne qui ferait de l'Europe une entité stratégique à l'échelle des problèmes du XXIe siècle qui sera dominée par la Chine et
par les Etats-Unis, eh bien, à ce moment-là,
le peuple français
retrouvera confiance. Vous avez bu ces paroles, Jean-Pierre Chevènement.
Bonsoir Guillaume Daudin.
Bonsoir, Monsieur le Président.
Bonsoir
Guillaume Daudin. Non, mais parce que Jean-Pierre Chevènement, que j'avais invité d'ailleurs à mes universités d'été en août dernier, résume exactement ce que je tente de faire et ce que nous allons faire. Nous allons réussir à faire parce que les choses changent. Je vois le nombre de soutiens qui commence à venir pour ma candidature et je peux vous assurer qu'il y
a
des gens de gauche comme de droite. Et il y a même des gens du Front National qui nous rejoignent et qui avaient été vers Marine Le Pen et qui en reviennent. Donc, je pense qu'on est tout à fait capable de bâtir cette alternative politique.
Mais Monsieur Chevènement ne parle pas de la personne pour l'incarner. J'imagine que vous pensez que c'est vous qui avez
cette possibilité.
Il n'est pas à
moi de le décider. Moi, je suis candidat. Je présente dans mon livre un projet pour la France qui est un projet patriotique et républicain.
Qui
est un projet pour revoir complètement le fonctionnement de l'Europe sans abandonner des coopérations avec nos voisins. C'est un projet sérieux.
C
'est un projet solide.
Il y
a
le projet et il faut
la
machine politique.
Et la machine politique, elle existe. Vous avez appelé
Arnaud Montebourg à vous rejoindre. J'imagine que vous aimeriez que Jean-Pierre
Chevènement vous rejoigne aussi. Et puis Henri Guénaud et beaucoup d'autres.
Je
vais vous dire une chose, Guillaume Dedin. Sur le terrain, il y a des maires
qui
étaient à gauche, à droite. Certains responsables Front National qui nous ont rejoints. Pourquoi ils le font
?
J'étais dans les Vosges. Le responsable du Front National des Vosges nous a rejoints. Pourquoi a-t-il quitté un parti qui est à 30% des voix pour
aller vers un candidat ? Il m'a rejoint en
disant voilà, je retrouve chez vous
ce
que j'avais eu au RPR. Il venait du RPR.
J
'ai cru que ça existait au Front National et puis c'est un tel bazar. Je préfère venir soutenir quelqu'un qui a un vrai projet et une équipe dont on n'a pas à rougir.
Des
élus de terrain, des responsables associatifs, des lanceurs d'alettes comme Stéphanie Gibault, des gens purs, droits, cohérents. Et on va gagner à cause de ça parce que nous sommes des résistants.
Nous
sommes des résistants et nous luttons. C'est vrai avec mille fois moins de moyens que les autres. Mais nous allons gagner. Vous pensez que le Front
National
fait partie de cette espèce d'arc souverainiste qui s'oppose à la construction actuelle ? Beaucoup de gens au sein
du Front National.
Oui, bien sûr. C'est toujours la même question. On parle du Front National.
Écoutez, quel Front National ? Monsieur Guillaume Dodin. Vous le connaissez bien, je crois.
Il y a une direction
Marine Le Pen que vous connaissez aussi. C'est beaucoup plus compliqué que ça, vous le savez. C'est le Front National de Jean-Marie Le Pen,
c
'est le Front National de Golnich, c'est le Front National d'Arnoutou, c'est le Front National de Philippot, c'est le Front National, etc.
Vous le connaissez bien
aussi. Comme observateur, je regarde.
C'est un sacré bazar.
Et vous en prenez une partie ? Je prends tous ceux qui veulent défendre un patriotisme républicain qui redresse nos entreprises et qui relocalise un million d'emplois, qui rétablit la sécurité en mettant les voyous en prison, qui apprend à lire et à écrire à nos enfants, qui remet l'hôpital public sur les rails, qui renégocie tous les accords européens et qui rend à la France le contrôle de ses frontières. C'est un programme de salut public que je propose et je le propose avec mon caractère, mes soutiens, dans un esprit de rassemblement gaulliste.
Qu'est-ce qu'il faut pour que le Front National soit acceptable et rentre dans ce
champ
politique ? Mais je n'ai pas à donner des brevets. Il y a une élection présidentielle. Nous ne sommes pas sous la 4ème République. Je me présente à l'élection présidentielle.
Je
suis enfin heureux que les sondages frémissent, alors qu
'ils
me sous-estiment en
plus. Et
être à 6% actuellement.
Vous présentez
6 à 8.
8% c'est moins fréquent.
6% à 8, il n
'y a
pas eu un sondage en dessous de 5%. 6 à 8%
un
an avant l'élection, alors qu'il y a 20 millions de Français
qui
s'abstiennent aux dernières élections régionales. Donc ça veut dire quoi ? Ça veut dire que les Français attendent une autre offre politique. Cette autre offre politique, je la bâtis, je la présente, et on verra au soir du premier coup.
Est-ce qu'en voyant le Front National justement à 30% dans les
sondages... Aujourd'hui.
Aujourd'hui, vous ne
vous
dites pas que c'est plutôt
lui qui incarne cette autre offre
politique ?
Non, parce que vous savez, dans l'histoire,
ce
n'est pas au poids. Moi, j'ai regardé les élections régionales. Et j'ai constaté
que
les Français aimaient protester avec le Front National parce qu'ils n'avaient pas toujours connaissance
d
'une autre offre alternative.
Et
j'ai remarqué aussi que les Français, au deuxième tour, avaient des réticences à confier le pouvoir au Front National. Pourquoi
? Pourquoi
?
Il
faut essayer de comprendre. Et j'imagine que les leaders du Front National se posent la question. C'est pourquoi ils se divisent tant en ce moment. Tout simplement, comme pour le Parti Communiste à une époque,
parce
que les Français
constituent
un vieux peuple sage,
ils
ne veulent plus de ceux qui nous gouvernent,
mais
ils ne lâcheront pas la proie pour l'ombre. Ils changeront de cap
quand
on aura défini très précisément où on veut les emmener.
Et
c'est pourquoi
je
présente avec mes amis de Debout la France un cap très précis, un projet très sérieux
qui
va leur permettre enfin,
et
c'est ça la nouveauté, de ne plus être dans ce piège monstrueux. Soit on continue avec des incompétents incapables, soit on part à l'aventure. Eh bien moi, je refuse l'aventure patriotique aléatoire et excessive
et
je propose un chemin patriotique républicain sérieux. Et
puis
les Français choisiront. Il
me
reste un an pour les convaincre.
Quand on regarde votre programme et celui du Front National, on distingue plus de similitudes que de différences. Qu
'est
-ce qui vous différencie pour vous
? C
'est la méthode ou c'est le programme ? Il y a deux choses. Il y a une partie de programme. Je pense par exemple sur l'Europe, où je ne crois
pas
qu'on puisse envoyer balader toute l'Europe. Je pense qu'il faut des coopérations. Je propose le Front National aussi. Avec moins de précision. Sur l'économie, mon programme est beaucoup plus en faveur de la libre entreprise, des PME, et beaucoup moins collectiviste, si je puis dire. sur la société, notamment la peine de mort et des choses comme ça.
Mais
je vais vous dire, c
'est surtout la méthode,
c'est surtout la méthode, je vous reprendrai. C'est surtout la méthode.
Vous
savez, il y a trois parties
en
France aujourd'hui
qui
veulent tourner la page.
Il
y en a trois à peu près. Mélenchon,
pour
être honnête, il propose de tourner la page avec le Front de Gauche. Marine Le Pen, elle propose de tourner la page. Et, petit nouveau, Debout la France. Au Régional, pardonnez-moi, vous souriez. Non, je ne souris pas.
Non, non,
non, parce qu'il y
a
ce
sourire. Non, parce que vous
parlez des trois larrons, les trois gros partis
adversaires. Et comment vous vous définissez, vous, les trois
? Au Régional, Debout la France, comme ça, sans un journal télévisé pour les
régionales, a
fait autant de voix que les
Verts ou
que le Front de Gauche. Dans 13 départements, Debout la France, et devant, et le quatrième parti de France, dans 2000 communes, je
suis
au-dessus de 10%. Donc,
on
est récents,
mais on progresse. Vous
avez
fait votre
record de voix au Régional. On progresse. Mais vous
êtes en dessous
d'un million, voilà, c'est un
peu long. Peut-être,
mais les Verts et le Front de Gauche, on en entend beaucoup parler. Nous, nous sommes nouveaux.
Ce
que je veux dire, c'est qu'enfin, les Français, à la présidentielle, vont avoir la possibilité de voter contre le système sans tomber dans les extrêmes. Et moi, j'en suis content
de leur
offrir ce choix. Vous
appelez à l'Union, tous les souverainistes. On vous entend, Nicolas Dupoyant.
Mais pas que les souverainistes. Oui, mais
les autres aussi,
bien
sûr.
Non,
attendez, excusez-moi. Pas que les souverainistes. Attention, le mot est piégeux. Ah, c'était pas mon attention. Non, mais moi, je vous réponds. Gaullistes. Gaullistes de progrès. C'est pas la même chose. Souverainistes, c'est récupérer la souveraineté. Mais après, on en fait quoi ?
D
'accord. Alors, vous appelez
à
l'Union, mais alors, en face, et Guillaume, effectivement, vous pourrez le confirmer, M. Philippot, Florian Philippot, eh bien, il appelle aussi à l'Union de son côté. On l'écoute. Alors, vous avez dû répondre cette fois.
On a le courage d'aller au fond des problèmes. Parce que tous ceux qui viennent vous voir en vous disant on va tout changer demain sans rien changer, c'est-à-dire en restant dans les mains de l'Union européenne qui vous empêche de protéger vos frontières, qui vous empêche de faire du patriotisme économique, qui vous empêche d'avoir la souveraineté monétaire, sont des menteurs. Ou alors, ou alors, ils assument, comme Juppé, comme Juppé, Fillon, et ils vous disent eh bien, nous, on ne veut pas l'euro, on ne
veut
pas baisser la monnaie, on préfère baisser vos salaires et vos retraites. Mais ce n
'est
pas le modèle que moi, je veux pour la France.
Voilà. Donc, on a Florian Philippot qui dit il faut une alliance des patriotes, c'est la seule solution. Et il dit par contre, s'il n
'y a
pas d'alliance des patriotes, ce n
'est
pas la faute du FN, mais je cite de petits groupes qui veulent
exister pour
des
raisons
égotiques. Eh bien, écoutez,
ce
n
'est
pas la hauteur de l'histoire.
Ce
sont des petites polémiques. Florian Philippot est embringué au FN. Il aurait pu être chez vous, vous pensez ? Dans
une autre vie
? Je
ne sais pas
ce qu'il aurait pu faire dans sa vie. Il est maintenant dans ce marigot. Il le gère comme il veut, c'est son problème. Je considère qu'on est en démocratie. Je considère que les Français sont piégés, je vous l'ai dit, par
soit
on continue, soit on va au FN. Et c'est ce qui plaît au système.
Comme
le Parti communiste, à l'époque, renforçait considérablement le système existant, d'ailleurs c
'est
le système gaulliste, parce qu'il n'y avait rien entre. Ça a été le génie de Mitterrand de construire une alternative. Moi, je veux construire une alternative pour tous les Français qui aiment la France, qui ne veulent pas les excès du FN, mais qui pensent qu
'on
doit se débarrasser de ceux qui nous mènent à la ruine.
C'est
obligatoire qu'il y
ait
des points communs avec le FN, puisque je dis des choses évidentes que dit parfois le FN, mais que dit aussi Jean-Pierre Chevènement ou Arnaud Montebourg.
Mon
mérite, c'est
d
'être opiniâtre
et
de continuer mon chemin parce que je suis certain que le bon sens viendra. Et que vous verrez, nous allons bouleverser le jeu politique. Je le bouleverserai à la présidentielle. J'ai un an pour convaincre.
Alors,
il y a un certain nombre de gens qui ne se contentent ni du FN ni des Républicains aussi, qui se réunissent à Béziers à la fin du mois sous l'égide du maire de cette ville, Robert Ménard. On les appelle la droite hors les murs.
Il
y a plusieurs noms. Vous avez été
invité,
je crois, à vous rendre là-bas. Vous y serez ? Je ne peux pas y aller. Je lirai avec attention les comptes rendus. C'est une démarche intéressante de réflexion. Mais moi, je suis candidat à la présidentielle. Ma réflexion est bien avancée. J'ai un projet, un livre.
J
'invite à lire. Nous sortirons un programme par tranche, si je puis dire, c'est-à-dire par thème, pour que les Français soient au courant du cap. Et puis, que mille fleurs s'épanouissent, comme disait Mao Tse-Tung.
En annonçant assez tôt votre candidature à la présidentielle, c
'était
une manière un peu de
leur
couper l'herbe sous le pied ? Oh, vous voyez le mal partout. Ce n
'est
pas du tout ça. Moi, je suis plus récent. Beaucoup de Français ne me connaissent pas. Ne connaissent pas ceux qui m'accompagnent, dont on ne parle jamais, parce que ce ne sont pas des personnalités
médiatiques,
mais ce sont des gens sur le terrain. Vous
en voulez beaucoup au
système médiatique. On va en dire un mot.
Non,
je
trouve qu'il enferme trop dans des combats
symboliques
qui désespèrent les gens et qui nourrissent l'abstention.
Et je
veux
m'adresser aux abstentionnistes.
Est-ce que le
système médiatique et, j'ai envie de dire, politico-médiatique va vous faire exister pendant encore un
an, puisqu
'il y a de nouvelles règles
pour le faire des
prises de parole ? On verra. Moi, vous savez,
je
vais dans trois départements par semaine. Je fais un travail souterrain, de terrain, parce que j'aime ça, parce que j'écoute, parce que je ne
suis
pas là pour déverser un programme clé en main. Je suis là pour des échanges. Et je pense que si les ministres faisaient en ce moment où les grands leaders, entre guillemets, grands de droite faisaient ce que je fais en ce moment depuis des années,
je
pense que, par exemple, les travailleurs détachés, les frontières, l'aide à la science, comment développe la France le paradis des chercheurs, bref, tout ça, ils en parleraient plus. Moi, je crois qu'on n'est plus vraiment en démocratie. Je vous le dis franchement. Et la vraie question, elle est démocratique. Comment faire revivre la démocratie française ?
Et
je crois que c'est par la base. Et je vous invite, vous journalistes, et je vous remercie de m'inviter, à faire en sorte qu'il n'y ait pas, comme dans certains médias, 90% de l'antenne pour les deux parties qui nous ont menés à la ruine et qui ne représentent pas plus de 50% des
élections. Nous sommes hiver.
Ce
que les gens, ce que les téléspectateurs ont peut-être envie de savoir, justement, c'est ce que vous feriez si vous étiez président. Vous aviez dit en 2012, Marine Le Pen, Arnaud Montebourg, Jean-Pierre Chevènement, Premier ministre,
vous signez. Vous signeriez toujours
? Oui,
bien sûr. La question, c'est de savoir sur quel cap
et
s'ils seraient d'accord. Ce que je veux dire, c'est quand vous voyez Henri Guénaud,
homme
remarquable, est-ce qu'Henri Guénaud
peut
cautionner
le
programme délirant,
mais
délirant que viennent de sortir sur le plan économique Alain Juppé, François Fillon, Bruno Le Maire
et
Nicolas Sarkozy ? Délirant ! Vous ne réduiriez pas le niveau des dépenses publiques ? Bien évidemment qu'il
faut...
Non.
D
'abord, je relancerai la croissance économique et progressivement, je maîtriserai la dépense publique. Mais dire comme eux qu'on va supprimer 100 milliards de dépenses comme ça,
c
'est soit mensonger, soit casser définitivement et créer un million de chômeurs de plus. C'est de la folie. Mettre la retraite à 65 ans, comme le proposent Alain Juppé, Fillon, Sarkozy et les autres, c'est créer des chômeurs de plus. Parce que,
en attendant de faire la retraite, ils seront
au chômeur. Je maintiens comme aujourd'hui. Marine Le Pen fait de la démagogie dans un sens avec Mélenchon, 60 ans, et les autres font de la démagogie dans l'autre sens. Je veux relancer la croissance économique par le produire français.
Voilà. Donc, pendant votre campagne, pour reprendre l'expression que vous utilisez dans votre livre, à propos des trois larrons, vous allez combattre François Hollande,
Nicolas Sarkozy, tous
les autres... Non,
mais
vous allez vous opposer...
Je vais vous opposer...
Non. Vous
opposez aussi.
Non. Non. Je vais vous demander si vous alliez vous opposer aussi à Marine Le Pen. Je vais
proposer un projet alternatif, positif, pour mon pays, car mon pays que j'aime a tout pour s'en sortir.
Et
vous attendez...
Et on
peut réussir. Et la France n'est pas condamnée à décliner et à ressembler à la Bulgarie ou à la Chine.
Vous attendez que la France se lève et marche.
C
'est le titre de votre livre. Merci.
Merci,
Guillaume. Merci à tous. Bonsoir. Et la semaine prochaine, c'est Christian Eckert, le secrétaire d'État au budget, qui sera l'invité de Preuve par Troie sur Public Sénat avec l'agence France Fraise. Bonsoir à tous.
Nicolas Dupont-Aignan